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Full text of "Paris médical : la semaine du clinicien"

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PARIS MÉDICAL 


XXXVII 



PARIS MÉDICAL 


PARIS MÉDICAL paraît tous les Samedis (depuis le i“ décembre 1910). Les abonnements partent du 
1" de chaque mois. 

Prix de l’abonnement : France, 25 francs. — Étranger, 35 francs. 

Adresser le montant des abonnements à la Librairie J.-B. BAILLIÈRE et FILS, 19, rue Haute- 
feuille, à Paris. On peut s’abonner chez tous les libraires et à tous les bureaux de poste. 

Le premier numéro de chaque mois, consacré à une branche de la médecine (Prix : 1 fr. 5 o). 

Tous les autres numéros (Prix : 5 o cent, le numéro. Franco : 65 cent.). 

Le troisième numéro de chaque mois contient une Revue générale sur une question d’actualité. 


ORDRE DE PUBLICATION DES NUMÉROS SPÉCIAUX 


Janvier.... — Physiothérapie; — physiodiagnostic. 
Février_— Maladies des voies respiratoires; — tuber- 

Mars. — Dermatologie ; — syphilis ; — maladies 

vénériennes. 

Avril. — Maladies de l’appareil digestif et du foie. 

Mal.— Maladies de la nutrition ; — Eaux miné¬ 

rales, climatothérapie; — diététique. 
Juin. — Maladies infectieuses. 


Juillet. — Maladies du cœur, du sang, des vaisseaux 

Août. —Gynécologie, obstétrique; —maladies des 

reins et des voies urinaires. 

Septembre. — Maladies des oreilles, du nez, du larynx; 
des yeux; des dents. 

Octobre... — Maladies nerveuses et mentales; — méde- 
Novembre.. — Thérapeutique. 

Décembre.. — Médecine et Chirurgie infantiles; — Pué¬ 
riculture. 


U nous reste encore un nombre limité d’exemplaires complets des années tgi 1 à 1920, 
formant 38 volumes. 250 fr. 


CoRBEn,. — Imprimerie CrétS. 









PARIS MÉDICAL 

LA SEMAINE DU CLINICIEN 


DIRECTEUR : 

Professeur A. GILBERT 

PROFESSEUR DE CLINIQUE A LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE PARIS, 

MÉDECIN DE L’HOTEL-DIEU, MEMBRE DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE 

COMITÉ DE RÉDACTION : 

Jean CAMUS Paul CARNOT DOPTER 

Professeur agrégé à la Professeur à la Professeur au Val-de-Grâcc. 

Faculté de Médecine de Paris, Faculté de Médecine de Paris, Membre de l'Académie de Médecine. 

Médecin des hôpitaux. Médecin de l'hôpital Bcaujon. 

R. GRÉGOIRE P. LEREBOULLET G. LINOSSIER MILIAN 

Professeur agrégé à la Faculté Professeur agrégé Professeur agrégé à la Faculté Médecin de 

de Médecine de Paris, ô la Faculté de Médecine de Paris, de Médecine de Lyon. l'hôpital 

Chirurgien de l'hôpital Tenon Médecin de l'hôpital Laënnec. Saint-Louis. 


MOUCHET C. REGAUD A. SCHWARTZ 



Partie Médicale 


J-‘B. BAILLIÈRE & FILS, ÉDITEURS 

- 19, RUE HAUTEFEU1LLE, PARIS - 

1920 




TABLE ALPHABÉTIQUE 

(Partie Médicale, tome XXXVII) 

Juillet 1920 à Décembre 1920. 


Abcès froids tuberculeux (dan¬ 
ger du drainage filiforme 
dans les), 84. 

— du lobe pariétal droit, 36. 

— multiples du cerveau avec 
évolution suraiguë, 446. 

Abdomen (la pncumo-séreuse 
péritonéale dans les épan¬ 
chements de 1'), 447- 

Abdominopérinéalc (extirpa¬ 
tion du cancer rectal par 
la voie), 367. 

Académie de médecine, 35, 
50, 65, 126, T38, 304, 319, 
35i, 365, 381, 398, 432. 446. 

— des sciences, 35, 49, 65, 95, 
125. 137. I5i. 164, 206, 230, 
303i 3i9i 365, 380, 398, 432, 
446, 463, 477- 

Achard, 36, 51, 207, 365. 

Achard (Ch.).— I,es aspects 

CLINIQUES DE L’ENCÉPHA- 
L1TE LÉTHARGIQUE, 69. 

Aciiard (Ch.). — Les rap¬ 
ports DE L’ENCÉPHALITE 
LÉTHARGIQUE AVEC D’AU¬ 
TRES ÉTATS MORBIDES, 209. 

Adde sulfhydrique libre dans 
les gaz thermaux de Royat 

(Présence de 1'), 398. 

— urique (procédé colorimé- 
trique de dosage de 1’) dans 
le sang, 352. 

Acnitis, 67. 

Acoustique (tumeurs de), 367. 

Actualités médicales, 48, 94, 
150, 162, 194, 220, 230, 264, 

Adénite chancrellcusc suppu- 
rée (traitement de 1’), 230. 

— primitive du zona (1’), 208. 

i ifiéuoïdiens (les faux), 446. 

Adénome de l’intestin grêle 

480. 

Adénopathies trachéo-bron¬ 
chiques (sur le diagnostic 
des), 419. 

Adhérences (rupture des), dans 
la pratique du pneumotho¬ 
rax artificiel, 288. 

Adrénaline (!’) et ses grou¬ 
pements ATOMIQUES PHY¬ 
SIOLOGIQUEMENT ACTIFS, 390. 

— (essai physiologique de 1’), 
sensibilité et constantes 
d’action, 448. 

Adulte (contribution a 
l’étude de l’inconti¬ 
nence nocturne de l’), 
153- 

— (infantilisme tardif de 1’) 
d’origine hypophysaire, 277. 


Air (de l'influence de l’humi¬ 
dité de 1’) sur les épidémies, 

138. 

Albumine du liquide cérébro 
spinal dans les psychoses 
(les variations de 1’), 207. 

Alcoolisme chronique (lésion 
de Mardiiafava). La dégéné¬ 
rescence du corps calleux 

Algérie (lutte contre le palu¬ 
disme en), 293. 

Alglave, 448. 

Algie à type radiculaire au 
décours de l’encéphalite épi¬ 
démique, 382. 

Algues (la gélose des), 164. 

pouvant fournir de la gélose, 

303- 

Alimentation et ses orienta¬ 
tions nouvelles (la science de 
1’), 149- 

Alliage invariable (sur un), 65. 

Alsace-Lorraine (les gaz rares 
en), 380. 

Altération du liquide céphalo¬ 
rachidien dans les paralysies 
diphtériques du voile du 
palais et à type de poly- 

Amauqrut, 399. 

Ameuille (P.), 139. 

Amibiase (1’) en Egypte, 365. 

Ammoniaque (sur la synthèse 
de), 380. 

Amputation de cuisse, d’em¬ 
blée, dans les gangrènes 
spontanées du membre infé¬ 
rieur, 478. 

— (préparation des inoiguons 
d’), 313- 

Amputés (appareils pour), 447 

Amaurose unilatérale (crise d’) 
d’origine tobagique pro¬ 
bable avec changement de 
coloration de l’iris, 65. 
Amyotrophiques (encépha¬ 
lites) du type médullo-radi- 
culaire et du type périphé¬ 
rique (névraxite), 381. 

Anale (anesthésie locale de 
la région), 367. 

Anaphylactique (pour éviter 
le choc), 319. 

Anaphylaxie, 288. 

— (nouvelle conception de 

1’). 463- 

Anémies graves relatives à des 
infections multiples en Am- 
nam. Ankylostomiase, palu¬ 
disme, syphilis, 319. 


Anesthésie (le choix de l’) 

EN GYNÉCOLOGIE, I03. 

— locale de la région anale, 
3^7. 

Anesthésie des nerfs dor- 



QUES DU TABÈS, 349. 

Anesthésie splanchnique, 
ses applications a la chi¬ 
rurgie GASTRIQUE, 348. 

Anesthésie tronculaire du 

NERF DENTAIRE INFÉRIEUR 
(INDICATIONS et technique 
DE L’), 193. 

Anévrysme syphilitique de 
l’aorte (comment faut-il 
TRAITER L’), 15. 

Angine diphtérique grave, gué¬ 
rison (gangrène du pharynx 
d’origine fuso-spirillaite 
compliquant une), 478. 

— gangréneuse rapidement 
guérie par le sérum anti- 
gangréneux, 383- 

— de poitrine (traitement chi¬ 
rurgical de 1’), 304. 

Angiome du foie ayant revêtu 
les apparences d’une tumeur 
gastrique, 208. 

Ankylostomiase, 31g. 

Annam (anémies graves rela¬ 
tives à des infections mul¬ 
tiples) ankylostomiase, pa¬ 
ludisme, syphilis, 319. 

— (athrepsie infantile et sy¬ 
philis congénitale en), 381. 

Anophèles (action de la trimé- 
thylamine sur les), 65 . 

— (les) dans les Ardennes, 95. 

Anthony, 151. 

An ti-aunphylaxie (nouvelle mé- 
tliodc d’). Méthode méta- 
trophique, 232. 

Anticorps (les) dans l’enléro- 
coecie expérimentale, leur 
mise en évidence par la 
réaction de fixation du 

Antigonocotcique (vaceino- 

Antituberculeu-e (état actuel 
de la thérapeutique) par les 
sels de terre cériques, 478. 

Anlityphlque (sérum), 331. 

Antoine (E-), 164. 

Apert, 35, 52, 68. 

— (deux cas d’hirsutisme d’) 
avec virilisme et psycho¬ 
pathie^ 381. 

Aphteuse (la fièvre) et la pro¬ 
duction laitière, 95. 


Aphteuse (sur la fièvre), 432. 

Apophysites de croissance 
(des), 430. 

Appareils pour amputés, 447. 

- pour la luxation congé¬ 
nitale de la lianc'e, 368. 

— pour le traitement des 
fractures de l’humérus, 
381. 

Appendice (pincement latéral 
du corps de 1’) dans une hcr 
nie crurale étranglée et ap¬ 
pendicite du segment apé- 
xien, 398. 

Appendicites à diaud (ferme¬ 
ture sans drainage dans le 
traitement des), 66. 

— (traitement de 1’), 384. 

— herniaire (fistule pyo-ster- 
corale de la région ingulno- 
crurule droite consécutive 

— (indications du drainage 
dans le traitement de 1’) 

— du segment apexien (pin¬ 
cement latéral du corps de 
l’appendice dans une hernie 
crurale étranglée et), 398. 

— (traitement de 1’) à chaud 
399- 

Aorte abdominale (sur le dia¬ 
gnostic radioscopique de), 

383- 

Aorte (comment faut-il 
TRAITER L’ANÉVRYSME SY¬ 
PHILITIQUE DE L’), 15. 

— descendante (particularités 
radioscopiques de 1’), 127. 

— (trois cas d’oblitération de 

1'), 5i- 

Aortite avec asvslolie (para¬ 
lysie transitoire à répétition 
dans un cas d’), 207. 

Arbert, 353. 

Ardennes (les anophèles dans 
les), 95. 

Arête nasale (technique du 
redressement de 1') par in¬ 
clusion cartilagineuse, 272, 

Arloing, 448. 

Armand-Delille, 383, 478. 

Arsenicaux (érythèmes du neu¬ 
vième jour), 275. 

Arsénobenzèues (ictère par), 

Arséuobenzol (analyse de 1’). 

— (éruption au cours d'un 
traitement par 1’), 67. 

Artère pulmonaire (lésion com¬ 
plexe de 1’) d’origine con¬ 
génitale, 399. 










II 


TABLE ALPHABETIQUE 


tère vertébrale (traitement 
des plaies de 1’), 275. 

Artério-cléreux (l'hypertension 
( bligatoire des néphro et 

Arthrite blennorragique (trai¬ 
tement de(hy.’ropyoarthose) 
par l’injection sous cutanée 
du liquide articulaire, 399. 

Arythmie complète (les 

ARYTHMIES DÉSORDONNÉES) 
(DIAGNOSTIC DE l’), 85. 

Arythmies désordonnées 
(les). Diagnostic de l’ary¬ 
thmie COMPLÈTE, 85. 

Arsenic (sur la recherche de 
1’), 463. 

Assainissement de l’air souillé 
par des gaz toxiques, 463. 

Asthme (l’hypertonie pneu¬ 
mogastrique dans l’). Im¬ 
portance pathogénique 

ET THÉRAPEUTIQUE, 37. 

— et des états asthmati- 
formes. (Valeur pratique 
de l’examen cytologique et 
chimique des crachats pour 
le diagnostic de 1’), 446. 

Astre (sur un nouvel), 230. 

Athrepsie infantile et syphilis 
congénitale en Annain, 381. 

Atrophie génitale (diabète in¬ 
sipide expérimentalavec) ,52. 

Auscultation (les foyers 
d’) du rétrécissement 
pulmonaire, 12. 

— pulmonaire (sur une mé¬ 
thode d’), combinée au frot¬ 
tement de la paroi thora¬ 
cique, 65. 

— du tube digestif, 365. 

Auscultatoire (la méthode). 

Moyen d’étude du mode 

DE RÉPLÉTION ARTÉRIELLE. 

Trous auscultatoires, 25. 

Ausset, 368, 398. 

Auto-observation d’encé¬ 
phalite léthargique, 316. 

Autoplastie esthétique du cuir 
chevelu, 67. 

Autopsie d’un cas d’ophtal- 
moplégie congénitale et fa- 

AuvrAy, 320. 

Avitaminose et inanition, 446. 

Aymès, 447. 

Azote albuminoïde (1’) dans le 
sérum sanguin des cancé- 

— résiduel dans les néphrites 
(1'), 52. 

Azotémie dans les infec¬ 
tions aigues. Sa valeur 
séméiologique et pronos¬ 
tique, 465. 

— (le facteur vésical comme 
cause d’) chez la femme, 52. 

Azotémique (étude des tech¬ 
niques dans la détermina¬ 
tion du rapport), 67. 

Azoulay, 478. 

Babeurre (la molécule albumi¬ 
noïde dans le), scs modifi¬ 
cations, sa digestibilité, 68. 

Babinski (signe de) et tempé¬ 
rature des pieds, 94. 


Bacillaires (myocardites) et 
myocardites tuberculeuses, 
352- 

Bacille de Koch (la recherche 
du) dans le pus des tuber 
culeux), 400. 

— (les) du lait pasteurisé, 152. 

— pyocyaniques (les diffé¬ 
rents stades de transfor¬ 
mation des cultures de), 152. 

— tuberculeux (modifications 
de l’expectoration tubercu¬ 
leuse après injection inlra- 
trachéalc d’huile chargée 
des produits de macération 
<!u), 352- 

— (recherches du) dans le 
sang), 352. 

Badllémie tuberculeuse (pro¬ 
cédé de recherche de), 368. 

Bacilloses histologiques (la 
diathèse bacillaire et les), 
138. 

Bactériopliage (surle microbe), 

463- 

— (présence du) dans la terre 
et dans l’eau, 368. 

Balard (P.), 128. 

Balzer, 67, 140. 

Banu, 68. 

Barbary, 381. 

Barland, 432. 

Barbier (H.)', 68. 

Baron, 479. 

Bary (P.), 206. 

Basedow (l’étude du c méta¬ 
bolisme basal » dans la 
maladie de), 245. 

Basedow (syndrome de) et 

Baudet, 464. 

Bazy (I,.), 66, 128. 

Bazy (P.), 128. 

Béhague, 51, 65, 126. 

Bénard (h.), 96. 

Benon (R.), I,a slnistrose, 
285. 

Bensaude (A.), 164. 

Bercher (J). — Indications 

ET TECHNIQUE DE L’ANES¬ 
THÉSIE TRONCULAIRE DU 
NERF DENTAIRE INFÉRIEUR, 
293- 

BERCÉ (A.), 36, 479. 

Bernard (M lle S.), Claude 
(II.), PlÉDELIÈVRE (R.). — 
Contribution a l'étude 
DES TROUBLES DE L'ÉQUI¬ 
LIBRE ENDOCRINIEN. Mɬ 
THODE DES TESTS BIOLO¬ 
GIQUES, 197. 

Bernard (I,.), 35, 304, 478. 

Berthelin, 368. 

Berthelon, 352. 

Bertin. — Election, vice- 
président pour 1921. Aca¬ 
démie des sciences, 463. 

Bertrand (G.), 95, 319. 

Bertrand, 398. 

Besredka, 49, 196. 

Bezançon, 446. 

Bidon, 447. 

Bigourdan, 137, 164. 

Billard, 398. 

Biologie (société de), 352, 368, 
400. 


Biopsies laryngées (tech¬ 
nique ET INDICATIONS DES), 

185. 

Biotropisme microbien (Sy¬ 
philis. Réaction d’Hers- 
cheimer), 91. 

Blé (matières azotées et l’adde 
pfaosphorique dans la matu¬ 
ration du), 303. 

Blennorragie aiguè chez l’hom¬ 
me (du traitergient de la), 
163. 

Blennorragique (lésions os¬ 
seuses articulaires daus le 
rhumatisme), 366. 

Bloch (M.), 195. 

Bœck-Darier (sarcoides de), 

275. 

Bollacii, 52. 

BORDET (F.), 51. 

Bordet (F.), voir Ralliery (F.) 
345- 

Bordet-Wussermanu en cli- 
nique infantile (la valeur de 
la réaction de), 464. 

Borel, 140. 

Bosc, 127. 

Boss (J.-C.), 128. 

Botulisme (un cas de), 479. 

Boucheron (M.) et Rathery 
(F.). — Valeur théra¬ 
peutique DES INJECTIONS 
INTRAVEINEUSES DE SOLU¬ 
TIONS HYPERTONIQUES DE 
GLUCOSE AU COURS DES 
NÉPHRITES AZOTÉMIQUES, 
50. 

Boucheron (M.), voir Rathe- 

Boues activées (sur l’épu¬ 
ration par les), 65. 

Bouffard (G.), 196. 

Bouillons-toxiues (les spec¬ 
tres des), 230. 

Bouley, 66. 

Bourges (If.), 35, 382. 

Bourquelot, 49, 446. 

Boutéuer, 152. 

Boutroux, 50. 

BOUTTIER, 139, 381. 

Bovidés (les piroplasmes des) 
et leurs hôtes vecteurs, 231. 

Brai (cancer des ouvriers qui 
travaillent le), 365. 

Braquehaye, 84. 

Briand (M.), 140. 

Brizard, 152. 

Broca, 84, 128. 

Bhocq (Iv ), 163- 

BRODIER.—I,A LUTTE CONTRE 
LE PALUDISME EN ALGÉRIE, 
293- 

Brodin (P.), 52, 65, 232. 

Bronchites chroniques avec 
sclérose pulmonaire (étude 
critique de l’étiologie des), 

Brossart, 368. 

Brousseau, 140. 

Brown-Séquard (étude sémio¬ 
logique d’un cas de syn¬ 
drome de), 96. 

Brulé (M.), 94, 400, 478. 

Brumpt (E.), 231. 

Brun, 84. 

Bruneau de J.aborie. — 


Traitement du lupus par 

LES SCARIFICATIONS SUI¬ 
VIES DE PANSEMENTS AU 
RADIUM, 149. 

Bugues, 352. 

— (bulleuses) schéma des 
éruptions, 163. 

Busquet (II.), 52. 

Caballero, 127. 

Caïn (A.), 164. 

Calcium (dosage du) et du 
magnésium dans différents 
milieux salins, 230. 

Cambessedès, 52. 

— (voir Carnot [P.]), 349. 

Cambier, 65. 

Camus, 126, 398. 

Camus (J.), 152. 

Camus (Jean). — Neurologie 
en 1920, 233. 

Canal vagino-péritonéal (pa- 
chyvaginalite du), 447. 

Canals, 230. 

Cancer de l’estomac (traite¬ 
ment chirurgical du), 150. 

— de la langue (la cure radi¬ 
cale du), 194. 

— des ouvriers qui travaillent 
le’’brai, 365. 

— du poumon chez un sujet 
à évolution silencieuse, bru¬ 
talement terminée par com¬ 
pression de la veine cave 
supérieure, 480. 

— rectal (extirpation du) par 
la voie abdomiuopérinéaler 

367. • . 

— du rectum (diagnostic par 
le toucher rectal), 307. 

— (traitement du), 383, 384, 
464. 

— testiculaires (traitement 
des), 84, 128. 

— du testicule (traitement 
du), 66. 

Cancéreuses (présence de try¬ 
panosomes dans des tu¬ 
meurs) observées au Para¬ 
guay, 384. 

Cancéreux (augmentation pa¬ 
radoxale de l’albumine du 
sérum chez certains, 128. 

— (l’azote albuminoïde dans 
le sérum sanguin des), 126. 

— (le ferment protéolytique 
des tumeurs et le sang des), 

67. 

Cancroïde (traitement du) pal¬ 
pébral par le rissolagc iodo- 
enfumé, 288. 

Cantonnet (A.). — Ea neu¬ 
tralisation CHEZ LE STRA- 
BIQUE, 171. 

CAPETTE, 84. 

Carabelli (tubercule de), 140. 

Carbonate de soude (traite¬ 
ment des varices par les 
injections intravoriqueuses 
de), 399. 

Cardiopathies (les ressour¬ 
ces THÉRAPEUTIQUES DE LA 
DIGITALE DANS LES), 17 . 

Cardiospasme (un cas de 
mégaœsophage consécutif à 

CARNIOL (A.). — EA HÉR1T0- 



III 


NÉOCENTÈSE EXPLORATRICE 
PRÉCOCE, 202. 

Carnot, 52. 

Carnot (P.) et Cambess 
— 1/anesthésie des nerfs 

DORSAUX ET SPLANCHNI¬ 
QUES DANS LES CRISES G/ 
TRIQUES DU TABÈS, 349- 

Carnot (P.) et Rathery (F.). 
— L’hypertension o: 

GATOIRE DES NÉPHRO El 
DES ARTÉRIOSCLÉREUX, 221, 
Carnot (P.) et Ratiiery (F.), 

— La thérapeutique 
1920, 321. 

Carotide primitive (ligature de 
la), 128. 

— (ligature de la ) pour exo¬ 
phtalmos pulsatile, 84. 

Cartier, 152. 

Cartilagineuse (technique du 
redressement de l’arête na¬ 
sale par inclusion), 272. 
Cassar (A.), 163. 

Cassoute, 368. 

Castex, 446. 

Cathala (J.) voir Lereboul- 
let (L0.3O5. 

Cathala (J.) et Lian (C.). — 
L’hypertonie pneumogas¬ 
trique dans l’asthme. Im¬ 
portance pathogénique et 

THÉRAPEUTIQUE, 37. 

Cathala (J.), voir I.ian. 
Caussade, 96. 

Céphalhématoine (pathogénie 
du), 368. 

Céphalopodes (les) des grands 
fonds marins, 95. 
Céphalo-rachidien (la réac¬ 
tion de précipitation du 
benjoin colloïdal avec le 
liquide) des syphilitiques 
nerveux, 382. 

Cerighelli, 303. 

raiguë (abcès multiples du), 
446. 

Chabrol (E.) et Dumont (J.). 
— Un cas de dilatation 


Rôle du cardiospasme. 
Le syndrome médiastinal 

SECONDAIRE, 22Ô. 

Chabrol (F,.), voir Gilbert. 
Chabrol ( 15 .) et Gilbert (A.). 

— Les foyers d’ausculta¬ 
tion DU RÉTRÉCISSEMENT 
PULMONAIRE, 12. 

Champignons (empoisonne¬ 
ments par les), 478. 

— (sur la diagnose des), 432. 
Chancre mixte tertiaire, 152. 

— mou de la narine, 152. 

— syphilitiques multiples et 
réinfection après un traite¬ 
ment par le 60b, 138. 

Chardonnet, 95. 

Charpin. — Tremblement in¬ 
tentionnel et intoxication 
plcrique, 379. 

Charrier, 127. 

Chastenet de Géry, 208. 
Chauffard, 365. 

Chauvin (ii.), 94. 

Chéron (A.), 477- 


TABLE ALPHABETIQUE 


Chevallery, 52. 

Chevrier, 367. 

Chevrotier, 319. 

Chimie à la guerre (la), 380. 

Chirurgie gastrique (anesthésie 
splanchnique, ses applica¬ 
tions à la), 348. 

Chirurgie infantile et l'or¬ 
thopédie EN 1920 (LA), 425. 

— (société de), 320, 366, 383, 
398, 480. 

— des uretères doubles (la), 
381. 

Chloropicriue (action de la) 
sur les ferments solubles, 95. 

— (destruction des termites 
par la), 206. 

Chlorure de sodium à travers 
les membranes (diffusion du), 

384- - 

Choc anaphylactique (pour 
éviter le), 319. 

Cholécystites aiguës (traite¬ 
ment des), 448. 

— chronique traitée par l’uro- 
tropine en injections intra¬ 
veineuses, 96. 

Cholécysto-gastrostomie, 367. 

Choléra infantile (sur un 
cas de méningite ù bacille 
de la pseudo-tuberculose 
zoogléique survenue dans 
la convalescence d'un), 68. 

. Cholérique (le prolêide du 
vibrion), 196. 

Chorée d’origine syphilitique 
(trois cas de), 368. 

— de Sydenham bénigne et 
apyrétique consécutive à 
une encéphalite léthargique 

Chorio-rétimte syphilitique et 
maladie de Morvan, 478. 

ClNÉMATISATION DES MOI¬ 
GNONS, 394. 

ClVATTE (A.), 275. 

Classes de plein air sur les 
fortifications de Paris, 368. 

Claude, 446. 

Claude. — Quelques parti¬ 
cularités DE L’ÉTAT MEN¬ 
TAL DANS LE SYNDROME PAR¬ 
KINSONIEN, 241. 

Claude (II.), Bernard (M lle S) 
ET PlÉDELIÈVRE (R.). — 

Contribution a l’étude 
DES TROUBLES DE L’ÉQUI¬ 
LIBRE ENDOCRINIEN. Mɬ 
THODE DES TESTS BIOLO¬ 
GIQUES, I97. 

Claudication intermittente 

(LA COURBE OSCILLOMÉ- 
TRIQUE CHEZ LES MALADES 
ATTEINTS DE), 6o. 

Climat parisien (l’influence du) 
sur ses habitants, 230. 

Coagulabillté du sang et hé¬ 
morragie utérine de la gros¬ 
sesse. Action thérapeutique 
des injections de peptone, 
400. 

Cochez, 138. 

Cœur (les difficultés du dia¬ 
gnostic des malformations 
congénitales du), 464. 


Cœur (les maladies du) et 

DES VAISSEAUX EN I920 
(REVUE ANNUELLE), I. 

Coma frontal (le), 256. 

Compression des branches du 
plexus brachial consécutive 
aux luxations de l’épaule, 
320. 

COLARDEAU, 398. 

Colique mercurielle (la), 
437- 

Colite membraneuse, 138. 

Collignon, 36. 

Colonies de vacances des ré¬ 
gions libérées au sanato¬ 
rium dejZuydcoote (les), 398- 

Congénitales du cœur (les dif¬ 
ficultés du diagnostic des 
malformations), 464. 

— (lésion complexe de l’ar¬ 
tère pulmonaire d’origine), 
399- 

Congestion pulmonaire aiguë 
tuberculeuse (typho-badl- 
lose avec érythème poly¬ 
morphe), 96. 

— (septicémie gonococcique 
avec), 36. 

Congo (état sanitaire et dépo¬ 
pulation au), 275. 

Considérations cliniques et 
expérimentales sur un cas 
de scléroses en plaques, 382. 

CONSTANTINESCU (C.-D.). — 
L’ENCÉPHALITE LÉTHAR¬ 
GIQUE EN ROUMANIE, 158. 

Contagion familiale d’en¬ 
céphalite LÉTHARGIQUE 
(cas de), 364. 

Cordon spermatique (lympha¬ 
tiques du), 464. 

Corps anaplasmutiqucs eudo- 
globulaires dans un ictère 
splénomégalique, 96. 

— strié (les syndromes phy¬ 
sio-pathologiques du), 247. 

— métalliques (à propos de 
l’emploi des) dans le trai¬ 
tement des fractures, 66. 

Costantini, 480. 

Cotard (syndrome de) consé¬ 
cutif des idées de persé- 

COURBE OSCILLOMÉTRIQUE 
CHEZ LES MALADES ATTEINTS 
DE CLAUDICATION INTER¬ 
MITTENTE (LA), 60. 

Cousin, 140. 

Coutela (Ch.). — Des com¬ 
plications RÉTINIENNES OU 
DIABÈTE SUCRÉ, 173. 

Cranioplaslie par lambeaux 
périostiques, 464. 

Crétin, 383. 

Crises gastriques du tabès 
(anesthésie des nerfs dor¬ 
saux et splanchniques dans 
les), 399. 

Croissance (des apopliysites 
île), 340. 

Crouzon, 51. <> 5, 126, 139, 

CruciisT (R.), 399 382. 

Crustacés (étude sur l’oxyda¬ 
tion du carotène des) et 


sur la présence parmi les 
produits d’oxydation d’un 
corps qui donne les réac¬ 
tions d’une cholestérine, 

67. 

Cuir chevelu '(autoplastic es¬ 
thétique du), 67. 

— (pachydermie vertioellée 
du), 264. 

Cuivre (action du) sur la végé¬ 
tation, 50. 

— sur les végétaux, 95. 
Culture (milieux de) à base 

de sang total citraté laqué 
par l’éther, 363. 

Cure thermale (immunité 
et), 41. 

Cyanure de mercure, 276. 
Dalsace, 220. 

Danleau, 446. 

DANYSZ, 151. 

Darier, 67. 

D’Arsonval, 380. 
Dautrebande (!,’), 67, 128. 
Débâcle hydatique cliolédoco- 
vatérieuue, 3S4. 

Debray (M.), 52. 

Debré (R.), 67, 128, 284, 
304. 

Décalcification par troubles 
de la nutrition (neurasthé¬ 
nie) démontrée par la radio¬ 
graphie, 366. 

Decherfs, 128. 

Decp.op, 231. 

Dégénéré (tentative de suicide 
d’), 304. 

Dégénérescence du corps cal¬ 
leux dans l’alcoolisme chro¬ 
nique (lésion de Marchia- 

— des pommiers à cidre (sur 
la). 432 . 

Deguignaud, 207. 

Dehelly, 39S. 

Delage, 125. 

Delahkt, 304. 

De I,apersonne, 477. 

De Baroche. — Un cas de 

CONTAGION FAMILIALE D’EN¬ 
CÉPHALITE LÉTHARGIQUE, 
229, 364. 

Delater. Auto-observation 
d’encéphalite léthargi¬ 
que, 316. 

Delaunay, 206. 

Delbecq, 352, 368. 

Delbet (Pierre), 66, 127,398. 

— (traitement des infections 
chirurgicales par la bouil¬ 
lon de), 84, 128. 

Délivrance(note Sur l’étio¬ 
logie DE LA PATHOGÉNIE 
DES HÉMORRAGIES DE LA), 
123. 

DELLERAY, 480. 

DELORT, 208, 448. 

DE Martel. — Ba névralgie 
DU TRIJUMEAU. SON TRAI¬ 
TEMENT, 254. 

Demelin. — Notes sur l’é¬ 
tiologie ET LA PATnOGÉNIE 
DBS HÉMORRAGIES DE LA 
DÉLIVRANCE, I23. 

Delorme, 126. 

Démence précoce (encéphalite 






IV 


léthargique à forme (le), 52. 

Demoussy, 50. 

Déperet, 152. 

Dépopulation et état sanitaire 
au Congo, 275. 

Dermatite provoquée par les 
plantes, 49. 

Déroché, 13g. 

Descomps, 84, 464. 

Descrez, 125. 

Deslandres, 65. 

Devé (F.), 368, 384. 

Diabète glycuronique (un 
cas de), 472. 

— insipide expérimental avec 
atrophie génitale, 52. 

— (syndrome pluriglandulaire 
avec) efficacité de l’opo¬ 
thérapie hypophysaire sur 
la polyurie, 139. 

— sucré (des complications 

RÉTINIENNES DU), 173. 

Diabétiques (le sucre protéi- 
dique chez les), 52. 

Diagnostic des adénopa¬ 
thies TRACHÉO-BRONCHI¬ 
QUES (SUR LE), 419. 

— PAR LE TOUCHER RECTAL, 
307 . 

—des malformations congé¬ 
nitales du cœur (les diffi¬ 
cultés du), 464. 

— de la peste, 459. 

— bubonique, 352. 

— (la pyélographie dans le) 
des kystes hydatiques du 

— radioscopique de l’aorte 
abdominale (sut; le), 382. 

Diagnose des champignons 
(sur la), 432. 

Diathèse bacillaire (la) et les 
bacilloses histologiques, 138. 

Digestion des graisses et insuf¬ 
fisance pancréatique, 303. 

Digitale (les ressources 

17. 

Dilatations cardiaques (oua- 
baïne et), 195. 

— congénitale des uretères, 

— gastrique (ulcère du duo¬ 
dénum avec .une grande), 6fi. 

— idiopathique de l'oesophage 
et mégaœsophage, 127. 

— PRIMITIVE DE L'ŒSOPHAGE 
(UN CAS DE). ROLE DU CAR- 


Dionis du Séjour, 66. 
Dispensaire antisyphilitique, 


NITÉ GRIPPALE ACQUISE, 
289. 

Dorlencourt, 68. 

Dorsaux (anesthésie des nerfs) 
et splanchniques dans les 
crises gastriques du tabès 
349- 

Douglas (le signe de) dans 


TABLE ALPHABETIQUE 


LES RUPTURES DE GROSSESSE 
TUBAIRE, IL3- 

Douleur locale à la pression 
chez les tuberculeux (la), 
446. 

Doumer (K.), 96. 

Drainage filiforme (danger du) 
dans les abcès froids tuber¬ 
culeux, 84. 

Dubreuilh (W.). — Radio¬ 
thérapie DES ÈPITHÉUO- 

TIIODB DES DOSES MASSIVES, 


265- 

Dufour (II.), 52, 366 , 399- 
Dufourmentel (15.). — I/oto 

RIIINO-LARYNGOLOGIH EN 

1920 (Revue annuelle), 

176. 

— (TECHNIQUE du RRDRESSE- 

PAR INCLUSION CARTILAGI¬ 
NEUSE, 272. 

DUJAKIER, 66, 84. 

Dumas, 368. 
Dumitrescu-Mante, 304. 
Dumont, 96. 

Dumont (J.) et Chabrol (E.). 
— Un cas de dilatation 

PRIMITIVE DE L'œSOPBAGE. 

Rôle du cardiospasme. 

I,E SYNDROME MÉDIASTINAL 
SECONDAIRE, 226. 

Duodénum (traitement des 
ulcères perforés au), 84. 

— de l’uleus perforé du), 320. 

— (ulcère du) avec une grande 
dilatation gastrique, 66. 

Dupuy de Frenelle. —Tech¬ 
nique DE L’OSTÉO-SYNTHÈSE 
PAR PLAQUE VISSÉE, 146. 
Durand, 138, 150. 

Duval (F.), 6fi, 320, 448. 
Ilyscrasie (la) endothélioplas- 
matique hémorragique, 151. 
Dysenterie amibienne chez un 
enfant de huit aus. Inci¬ 
dents et posologie du traite¬ 
ment par le néosalvarsan 
et l’ipéca, 68. 

— épidémique dans la Bible, 
3 <> 5 . 

Dyspepsie banale (syphilis 
gastrique à forme de), 139. 
Faux minérales (rapport gé¬ 
néral), 381. 

Ebcrthémie au cours d’un trai¬ 
tement par le novoarséno- 
benzol. Vaccinothérapie ; 

cas d’j, 368. 

avec l’atmosphère, 303. 
Eclipses totales (luminosité 
de la lune pendant les), 446. 
Effet de l’injection de la sécré¬ 
tion du coq, 398. 

Effets de l’intoxication pliéni- 
quée sur l’excitabilité des 
muscles et des nerfs sensi¬ 
tifs et moteurs, 448. 
Egypte (l’amibiase en), 363. 
Einliom ( 3 e l’emploi du tube 
d’) pour l’étude de la sécré¬ 
tion gastrique, 288. 
Embolies intestinales et pul¬ 


monaires ; abcès du pou¬ 
mon, guérison par pneumo¬ 
thorax thérapeutique, 399. 

Emile-Weil (P.), 151. 

Emploi des solutions sensibi¬ 
lisées d’or colloïdal dans la 
réaction de Lange, 384. 

Empoisonnements par les 
champignons (les), 478. 

Emphysème staphylococcique 
traité par la vaccination et 
guéri sans intervention, 480. 

nisée par A. Jiauté (traité 
de la fièvre typhoïde par 


Encéphalites amyotrophiques 
du type médullo-radicu- 
laire et du type périphé¬ 
rique (névraxite), 381. 
— épidémique (Algie à type 
radiculaire au décours de 1’), 


— intercurrente, 366. 

— (le syndrome excito-mo- 
te “ r de P), 302. 

Brest (note à propos de 
quelques cas d’), 35. 

— (troubles des mouvements 
associés des yeux, nystag- 
inu9 et perturbation du 
nystaginus vestibulaire au 
cours de 1’), 

— léthargique (à l’occasion 
des difficultés du diagnostic 

de 1’), 304. 

-(à propos de la contagion 

de 1’), 127. 

—(auto-observation d’),316. 

-avec crise épileptique 

initiale, 352. 

-à évolution chronique 

(deux cas d’), 478. 

——à forme délirante et lial- 

-- de démence précoce, 52. 

-chez un enfant (chorée 

de Sydenham bénigne et 
apyrétique, consécutive à 

-(état de narcolepsie dite 

hystérique ayant simulé 
une), 352. 

-(LES ASPECTS CLINIQUES 



avec d’autres états mor- 


- — (le terrain dans les), 398. 

-- (Myoclonus et formes 

myocloniques suraiguës nui. 
lignes dans 1’), 127. 

_ (paraplégiespasmodiquc, 

seul reliquat d’une), 36. 

- — (présentation d’un cas d’), 

-en Roumanie (F), 158. 

-(séquelles de 1’), 352. 

—. — (six mois après le début 
de la maladie. Viruse ncéplia- 
litiques atténués), 479. 

-(sur la contagion de 1’), 

atteinte successive des trois 
enfants (l’une même fa¬ 
mille, 96. 


Encéphalite léthargique (syn¬ 
drome incomplet de Millan 1 - 
Gubler il évolution subaiguë 
terminé par la guérison 
et paraissant devoir sc 
rattacher à), 368. 

— — (un cas de contagion 


-(UN CAS DE CONTAGION 

FAMILIALE), 229, 364. 

Eneéplialo-myélite i pidémique 
(les formes myoclonique et 
myorylhmique de 1’), 399. 

— (le pronostic de), 382. 

Endocardite maligne ù évo¬ 
lution lente (forme ménin¬ 
gée de 1’), 51. 

— à forme lente (deux cas d’). 


— du type Jaccoud-Osler (la 
forme « raccourcie » de 1’), 
478 . 

— (psoriasis, psychoseet), 44 7. 

Enfance (les purpuras de la 

première), 412. 

— (recherches sur la sécrétion 
rénale dans 1’), 52. 

Enfants (les maladies des) 
en 1920. 401. 

Engelhard, 207. 

Enseignements psychiatri¬ 
ques DE LA GUERRE, 2ÔO. 

Entéro-anastomose dans le 
traitement de l’occlusion 
aiguë du grêle, 367. 

Eutérococcle expérimentale 
(les anticorps dans l’),leur 
mise en évidence par la 
réaction (1e fixation du com¬ 
plément, 128. 

Entérocoques (septicémie à). 
Traitement par un auto- 

• vaccin. Guérison, 36. 

Epaississements pleuraux (dé¬ 
faut de perceptibilité radio¬ 
logique des), 139. 

Epaule (lésion du plexus bra¬ 
chial dans les luxations de 
1’), 384. 

Epidémies (de l’influence ( 1 e 
l’humidité (le l’air sur les), 
138. 

Epidémique (encéphalite) in¬ 
tercurrente, 366. 

-— (le pronostic de l’eucépha- 
lomyélite), 382. 

Epilepsie jaeksonienne (trai¬ 
tement chirurgical de), 480. 

— traumatique (traitement 
chirurgical de 1’), 127, 367. 

Epileptiques. Sur la néces¬ 
sité de vérifier la pureté du 
tartrate borico-potassique 
dans le traitement des), 381. 

Epithéliomes (radiothérapie 
des) de la peau par la mé¬ 
thode des doses massives. 

Epuration par les boues acti¬ 
vées (sur 1’), 65. 

— des sérums thérapeutiques. 

Éruptions bulleuses (scliéma- 
des), 163. 

— au cours (l’un traitement 
par l'arseuobenzol 67. 





TABLE ALPHABETIQUE V 

Érysipèle de la face (halluci- stomatologie en 1920 (re- rythmique de l’eucéphalo- libre dans les), 398. 

cinations lilluputieunes au vue annuelle), 188. myélite épidémique (les), Gazés (rapport de la commis- 

cours d’un), 140. Faroy, 67. 399- sion des), 381. • 

Erythèmes arsenicaux du neu- Faucheraud, 230. Fossiles (vie des), 319. Gelma (F,.). — Deux obser- 

vième jour, 275. Faure (J.I,.), 128. , Fouassier, 152. vations d’hémiplégie or- 

— polymorphe (typho-badl- Fémur (fracture en T de l’ex- Fractures (à propos de l’em- ganique au cours de l’in- 

laire avec) et congestion trémité inférieure du), 448. ploi des corps métalliques fection syphilitique rê- 

pulmonaire aigue tubercu- ■— (modification au traite- 'dans le traitement des), 66. cente, 144. 

leuse, 96. ment des fractures du col du) —-du col du fémur par la Gélose des algues (la), 164. 

liscHBAcii, 139. par l’enchevillement, 399. méthode de Delbet (causes — (algues marines- •floridées 

lissais d’immunisation de l’or- — (traitement des fractures d’échec dans le vissage des), indigènes pouvant fournir 

ganisme tuberculeux, 381. du col du) par la méthode 480. de la), 313. 

-physiologique de l’adré- de Delbet, 448. -par le vissage (traite- Génèvrier, 368. 

naline, sensibilité et cons- — (traitement des fractures ment des), 127. Genou (voie d’accès transrotu- 

lantes d’action, 448. du col du) par le vissage, — (modifications au traite- lieunc transversale sur l’ar- 

Ksmein (Cli.), 195, 127. ment des) du col du fémur ticulation du), 448. 

Estomac biloculaire (traite- Fer médicamenteux (la ques- par l’enchevillemcnt, 399. Gilbert (A.) et Chabrol (E.). 
ment de 1’), 464. tion du), 268. — obliques de la jambe (trai- — I,es foyers d’asculuta- 

— (fonctionnement pliysiolo- Ferments solubles (action de temcnt des), 464. tion du rétrécissement 

gique de 1’) après différents la chloropicrine sur les), — en T de l’extrémité infé- pulmonaire, 12. 

procédés de gastro-pylo- 95 rieure du fémur, 448. Giraud, 368. 

rectomie, 320. Ferrand, 52. —par la prothèse métallique " Girault, 138, 139. 

— (hernie diaphragma tique de Ferreyrolles (P.) — Immu- (traitement des), 84. Giroux (R.). — Méningite 

1’) et du côlon, 398. nité et cure thermale, — vcrtico-frontale (en coquil- tuberculeuse secondaire 

— (images diverticulaires et 41. le d’huître) de la rotule, 39S. a des lésions pulmonaires 

lacunaires de 1’) indépen- Ferrier, 2P8. Fredet, 66. Fonction lombaire néga- 

dantes de l’ulcère et du Feytan, 125. Prœlich. —• Des apophysites tive, 46. 

cancer, 52. Feytaud, 206. de croissance, 430. Glucose (valeur thérapeu- 

— (traitement chirurgical du Fiessinger (N.), 96, 304. Fucus (sur une mouche des), tique des injections in- 

cancer de 1’), 150. Fièvre aphteuse (moyeu de 380. traveineuses de solu- 

Iitat actuel de la thérapeu- traitement de la), 230. Gallavardin (I,.) et Tixier tions hypertoniques de) 

tique anti-tuberculeuse par — (la prévention et le traite- (I,.). — Ra méthode aus- au cours des néphrites 

les sels de terres cériques, ment de la) par le sérum ou cultatoire. Moyen d’étu- azotémiques, 56. 

478. le sang des animaux guéris. de du mode de réplétion GIuc< shles de l’orchidée (sur 

méningé primitif à forme-et la production lai- artérielle. Trous auscul- les), 206. 

léthargique ; autosérothéra- tière, 95. tatoires, 25. Glycurouique (un cas de dia- 

pie intrarachidienne ; gué- - — (sur la), 432. Galippe, 319. bète), 472. 

rison. -(transmission de la) Gangrène du pharynx d’ori- Gougerot, 67. 

— mental dans le syndro- par le lait, 164. ginc fuso-spirillairc compli- Gouverneur (R.), 275. 

me parkinsonien (quel- —intermittente (septicémies quant une angine diphté- Graisses et insuffisance pan- 

QUES particularités de éberthiennes à type de), 382. rique grave. Guérison, 478. créatique (digestion des), 

L’), 241. — maligne autochtone, 207. — pulmonaire guérie par le 303. 

— morbides (les rapports —méditerranéenne, 319. sérum antigangréneux, 383. Grégoire, 320, 384, 479. 

de l’encéphalite léthar- — tierce maligne autochtone — - - traitée et guérie par Grenet (II.), 207, 447, 47S. 
gique avec d’autres), 209. mortelle (un cas de), 366. les injections intratrachéa- Grigant, 352. 

— sanitaire et dépopulation —typhoïde (traitement de la) les, intraveineuses et intra- Grimaux, 464. 

au Congo, 275. par une émulsion micro- musculaires de sérum anti- Grippale (preuves de l’exis- 

Ether (milieux de culture à bienne préconisée par A. gungréneux et nntistrepto- lence d’une immunité) ac- 

base de sang total dtraté Mauté, 208. coccique, 51. quise, 289. 

laqué par F), 363. Fistule pyo-stercorale de la — spontanées du membre in- Gros (H.). — Contribution 

Etienne (G.), 150. région inguino-crurale droite férieur (l’amputation de A l’étude des lésions 

Etude anatomo-pathologique consécutive à une appendi- cuisse, d’emblée dans les), anatomiques dans la tu- 

des centres nerveux dans un dte herniaire, 66. 478. berculose des noirs, 132. 

cas d’ophtalmoplégie ex- Fleury (M de), 365. Gandy (Ch.), '447 - Grossesse tubaire (le signe 

terne familiale, 47g. Florand, 138, 139 208,. Castro - entérostomie posté- de Douglas dans les rup- 

— comparative de la réac- Flurin (II.), 232. rieure dans le traitement de tures de), 113. 

tion du benjoin colloïdal Foie (kyste ealdfié du), 365. l’ulcère perforé de l’esto- Gruat (E.), 5-- 

et de la réaction de la gom- Foie (kyste hydatique du), mac, 366. Guerre (la chimie à la), 380. 

jmc-masticd’Enimanuel, 400 opéré et suturé sans drai- Gastro-pylorectomie (fonction- Guillain (G.), 96, 352, 382, 

— sur quelques signes pliy- nage, 320. nement physiologique de 400, 477. 

siques du pueumothcnx, Foie (kystes hydatiques sup- l’estomac après différents Guillaume (Ch. E.), 65. 

366. purés du) et du mésocôlon, procédés de), 320. Guinon, 68. 

Exoplitalmos pulsatile (liga- 84. Gastrostomie (cholécysto-), Gynécologie (la) en 1919 

ture de la carotide primi- Foix (Ch.), 207, 208, 382. 367. (revue annuelle), 97. 

tive pour), 84. ' Fonctionnement physiolo- Gauduchkau, 368. — (le choix de l’anesthésie 

Exostoses ostéogéuiques mul- gique de l’estomac après dif- Gay (R.), 36. en), 103. 

tiples avec déformations férents procédés de gastro- Gauthier (de I.uxcuil), 366. Hagueneau, 139, 3841 4°o. 

. concomitantes de certains pylorectomie, 320. Gaz de guerre (étude comparée IIallé, 68. 

os longs (un cas d’), 479. Forestier (J.). — I.A pyélo- du pouvoir lacrymogène Hallopeau (P.), 275, 320, 

Extirpation du cancer rectal graphie dans le diagnos- des), 303. 3<>7- 

par la voie abdominopéri- tic des kystes iiydati- Gaz lacrymogènes (sur les), Hallucinations lilliputiennes 

néalc, 367. QUES du rein, 282. 398. au cours d’un érysipèle de 

Fabre, 84. ForGue (E-). — I«e choix de Gaz-rares en Alsace-I/irraine la face, 140. 

Face (lichen atrophique de l’anesthésie en cynéco- (les), 380. Hanche (appareil pour la 

la), 152. loGIE, 103. Gaz therfnaux de Royat (pré- luxation congénitale de la), 

Fargin-Fayolle (P.). — I,a Formes myoclonique et myo- sence de l’acide sulfhydrique 368. 










VI 


TABLE ALPHABETIQUE 


Hanches ballantes (traite¬ 
ment des), 66. 

Harvier, 47g. 

Hartmann, 50, 384. 

Ha y em (G.), 207, 319, 365. 

Hébert (P.), 195. 

Heitz-Boyer, 399. 

Heitz (Jean). — I,a courbe 

OSCILLOMÉTRIQUE CHEZ LES 

malades atteints de clau¬ 
dication INTERMITTENTE, 

- ET BEREBaULLET (P.). — 

I y ES MALADIES DU CŒUR ET 
DES VAISSEAUX EN 1920 
(REVUE ANNUELLE), I. 

- voir I.EREBOULLET. ■ 

Héinicraniose, 366. 

Hémiplégie organique 
(DEUX OBSERVATIONS D’) 

au cours de l’infection 

SYPHILITIQUE RÉCENTE, 144. 

Hémoculture jiositive à Pro- 
teus x 19 chez un malade 
atteint de typhus exanthé¬ 
matique, 36. 

Hémolymphangiome, 67. 

Hémoptysie tuberculeuse fou¬ 
droyante (un cas de maladie 
de Hodgkin terminé par), 
68 . 

Hémorragies de la déli¬ 
vrance (NOTE SUR L’ÉTIO¬ 
LOGIE ET LA PATHOGÉNIE 
DES), 123. 

— intestinale d’origine syphi¬ 
litique elles un nourrisson 
de deux mois, 464. 

Hépatites et néphrites la¬ 
tentes (ulcus gastriques), 
399- 

Hérédo-ataxie (les lésions mé¬ 
dullaires au cours de P) dans 
la maladie de Friedreich 
et de la paraplégie spastique 
familiale, 208. 

— syphilitique (pathogénie 
de la surdité) à forme fou¬ 
droyante, 374. 

Hérelle (quelques particula¬ 
rités du phénomène de d’), 
400. 

Hérissey, 49. 

Hernie diaphragmatique de 
l’estomac et du côlon, 398. 

Herseher, 383. 

Hersciieimer (. Syphilis. 
Réaction d’). Biotropisme 
microbien, 91. 

Hesnard (A.), voir A. Porot, 

Hétérothérapie, 337. 

Heure (la transmission de 1’), 

Hirsutisme (deux cas d’) 
d’Apert avec virilisme et 
psychopathie, 381. 

Hodgkin (un cas de maladie 
de) terminé par hémoptysie 
tuberculeuse foudroyante, 
68 . 

Holmboé, 288. 

Hôpitaux (société médicale 
des), 352, 366, 381, 399. 

Hoquet épidémique (le), 47g. 

Houdart, 480. 


Houzel, 383. 

Howard, 351, 365. 

Hudelo, 152. 

Hufnagel (l’). 36. 

Huile iodée (injections intra¬ 
veineuses d’), 152. 

— dans le sang (disparition 
de i’) après injection intra¬ 
veineuse, 52. 

Huîtres (une maladie des), 448. 

Hydatique (la débâcle) cho- 
lédoco-vatérienne, 384. 

— (la pyélographie dans le 
diagnostic des kystes) du 

Hydronéphrose congénitale 
chez un enfant de trois mois 
et demi (autopsie) (double), 
479- 

Hyperalbuminosc et l’hypcr- 
glycorachie chez un certain 
nombre de malades atteints 
de troubles moteurs ou 
convulsifs d’origine pithia¬ 
tique, 399. 

Hyperémotivité (les petits si¬ 
gnes de P), 140. 

Hypertension obligatoire 
(l’) des néphro et des 

ARTÉRIOSCLÉREUX, 221. 

— PAROXYSTIQUE aigue, 433 

Hypertonie pneumogastri¬ 
que DANS L’ASTHME (L’). 
Importance pathogénique 
ET THÉRAPEUTIQUE, 37. 

Hypnotiques (sur une nou¬ 
velle classe d’), 303. 

Hypophysaire (infantilisme 
tardif de l’adulte d’origine), 

Hypophyse (syndrome adipo- 
so-génltal chez un malade 
porteur d’une tumeur de 1’), 
radiothérapie ; régression 
des symptômes, 139. 

Hypospadias péno-scrotal 
traité par tunellisaliou du 
pénis et du gland et tapis¬ 
sage du tunnel par lambeau 
préputial, 84. 

Hystérie (troubles vaso-mo¬ 
teurs et trophiques dans 1’), 
378. 

Hystéro-épilepsieà crises sépa¬ 
rées (un cas d’), 140. 

Ictère pararsenobenzéues, 152. 

— hémolytique (splénectomie 
dans 1’), 50. 

— PRIMAIRE syphilitique 

(L’),I 4 I. 

— (septicémie streptococcique 

— spléuomégalique (corps 
anaplasmatiqucs cndoglo- 
bulaires dans un), 96. 

Ictéro-hémorragique apyré 
tique à forme grave (sur un 
cas de spirochétose), 383- 

-chez l’enfant (à propos 

d’un cas de spirochétose) 44 3. 

Idkac, 65. 

Immunisation (essais ci’) de 
l’organisme luberculeux,38r. 

Immunité et cure tiier- 


IMMUNITÉ GRIPPALE (PREUVES 

del’kxistenced’une), 289 

— chez les insectes, 303. 

Inclusion cartilagineuse (tech¬ 
nique du redressement de 
l'arête nasale par inclusion 
cartilagineuse, 272. 

Incontinence nocturne de 

L'ADULTE (CONTRIBUTION A 
L’ÉTUDE DE L’), 153. 

Indications du drainage dans 
le traitement de l’appen¬ 
dicite à chaud, 3*67. 

Indications de l’entéro-anas- 
tomose dans le traitement 
de l’occlusion aiguë du 
grêle, 367. 

Indications de ia gastro-enté¬ 
rostomie postérieure dans 
le traitement de l’ulcère 
perforé de l’estomac, 366. 

Inégalité de longueur des 
membres inférieurs et spina- 
bifida occulta, 368. 

Infantilisme dyslhyroïdien (un 
cas de nanisme par), 383. 

— TARDIF DE L’ADULTE D’ORI- 
GINE HYPOPHYSAIRE, 277 - 

Infections aiguës. Si valeur 
séméiologique et pronos¬ 
tique (l’azotémie dans les), 
465- 

— chirurgicales (traitement 
des) par le bouillon de 
Delbet, 84, 128. 

— et vaccination par voie 
trachéale, 196. 

Influence de la température 
sur la pêche à la sardine, 

INGEHRIGSTEN, 367. 

sels de radium et de méso- 
thorium dans la tuberculose, 
335- 

Inlialation. Intoxication ni¬ 
treuse aiguë par inhalation, 

369. 

Injection et l’ingestion 

DES SELS DE RADIUM ET DE 
MÉSOTHORIUM DANS LA TU¬ 
BERCULOSE, 335. 

— intrapéritonéales post- opé¬ 
ratoires de sérum, 66. 

— INTRARACHIDIENNES DE 
NOVARSÉNOBENZOL, 353. 

— intraveineuses d’huile io- 

— uovarsénicales sous-cuta- 
nées quotidiennes (les), 480. 

— de la sécrétion du coq (effet 
de 1’), 398. 

—• de terres cériques (tuber¬ 
culoses locales traitées par 

Insectes (embryogénie des eu- 
tozoaires et chromosomes 
des), 125. 

Instituts médicaux, 319. 

-(discussion ^ur les), 50. 

-(rapport sur les), 35. 

-(suite de la discussion 

sur les), 126. 

Insuffisance cardiaque au 
cours de la puerpéralité 
(le critère osdllométrique, 


élément de diagnostic et de 
pronostic de I’), 128. 

Insuffisance triscuspidien - 
ne(lediagnosticdel’), 31. 

Intoxication nitreuse aiguë 
par inhalation, 369. 

— oxycarbonée (de la réac¬ 
tion au cours de certaines 
formes d’), 138. 

— phéniquée sur l’excitabi¬ 
lité des muscles et des nerfs 
sensitifs et moteurs (ef¬ 
fets de 1’), 448. 

— (tremblement intentionnel 
et) picrique, 379- 

Intrarachidienne (les injec¬ 
tions) de novarséuobenzol, 
353- 

Invagination intestinale et 
diverticule de Jleckel, 66,84. 

Jaccoud-Osler (la forme a rac¬ 
courcie « de l’endocardite 
maligne du type), 478. 

Jacoulet. — De l’intoxi¬ 
cation NITREUSE AIGUE 
PAR INHALATION, 369. 

Jambe (traitement des frac¬ 
tures obliques de la), 464. 

Janet (M me M.), 52. 

Janet (H.), 96, 304. 

Jamot (E.), 275- 

Janowski (W.). — Sur 

QUELQUES RARES LOCALISA¬ 
TIONS DU RHUMATISME MUS - 
CULAIRE ET ARTICULAIRE, 
I29. 

Jean, 128. 

Jessart, 152. 

Joltrain. — Diagnostic de 
la peste, 459. 

Jonesco (Thomas), 304. 

JOSUÉ (O.). - I,ES RESSOUR 

CES THÉRAPEUTIQUES DE LA 
DIGITALE DANS LES CARDIO¬ 
PATHIES, 17. 

JOUBRIN, 95. 

Kahn (P.), 447. 

Kinésalgic droite (syndrome 
alterne de) et d’hémiatro¬ 
phie linguale gauche, sé¬ 
quelle de névraxitc épidé- 

Kohn-Abrest, 463. 

Kopaczewski, 288. 

Kyste calcifié du foie, 365. 

— hydatiques du foie (siège 
et orifices de communica¬ 
tion des) ouverts dans les 
voies biliaires, 368. 

-dans les voies bi¬ 
liaires (l'élimination pério¬ 
dique prolongée des), 

— — suppurés du foie et 
du mésocôlon, 84. 

— — _ opéré et suturé sans 
drainage, 320. 

— (la pyélographie dans le 
diagnostic des) hydatiques 
du relu, 282. 

— séreux du rein, 128. 

Kuss (G.), 94. 

Dabbé (Henri), 303. 

I.abbé (Marcel), 303. 

I.aborde (P.). —Anesthésie 

SPLANCHNIQUE. SES APPLI- 






TABLE ALPHABETIQUE 


CATIONS A LA CHIRURGIE 

lyERMOYEZ (J.), 138. 

LUTEMBACHER (R.). — LES 

GASTRIQUE, 348. 

Lésion complexe de l'artère 

ARYTHMIES DÉSORDONNÉES. 

X, A COMME, 126. 

pulmonaire d’origine cou- 

Diagnostic de l’arythmie 

LACROIX, 206. 


COMPLÈTE, 85. 

lacrymogènes (sur les gaz), 

— osseuses articulaires dans 

; Lutte contre le paludisme 

398. 

le rhumatisme blennorra- 

en Algérie, 293. 

Lagoutte, 320. 

gique, 366. 

— — la tuberculose de 

IyAIONEL-IyAVASTINE, 96, 207, 

— du plexus brachial dans 

la première enfance, 320. 

38l, 479- 

les luxations' de l’épaule, 

Luxation congénitale de la 

Lait pasteurisé (les bacilles 

384. 

hanche (appareil pour la), 

du), 152. 

- PULMONAIRES (MÉNINGITE 

368. 

— (transmission de la fièvre 

TUBERCULEUSE SECONDAIRE 

Luxations de l’épaule (coin- 

aphteuse par le), 164. 

A DES). PONCTION LOMBAIRE 

pression des branches du 

LANCE, 368, 464. 

NÉGATIVE, 46. 


Lange (emploi des solutions 

— tuberculeuses (traitement 

rives nux), 320. 

sensibilisées d’or colloïdal 

des) par la méthode scléro- 

-(lésions du plexus lira- 

dans la réaction de), 384. 

gène (injection de chlorure 

chiai dans les), 384. 

lyANNELONGUE, 352. 

de zinc au dixième), 84. 

Lymphatiques du cordon 

— (traitement du Mal de 

IyESNÉ, 68, 208, 464. 

spermatique, 464. 

Pott par le lit de) sausplâ- 

— A PROPOS D’UN CAS DE 

Mac Auliffe, 65, 230. 

tre, 368. 

SPIROCHÉTOSE ICTÉRO-nÉ- 

Maoris (d’Athènes). Troubles 

I.APOINTE, 320, 463. 

MORRAGIQUE CHEZ L’EN- 

vaso-moteurs et trophiques 

IyARDENNOIS, 464. 


dans l’hystérie, 378. 

LAROCHE, 139. 

Léthargique (les séquelles de 

Maillet, 68. 

IyAUBEUF, 230. 

l’encéphalite), 352. 

Mal perforant dans la syphilis 

IyAUBRY (CH.), 65, 127, 382, 

Leucocytaire, (procédé de re- 

sans tabès, 36. 

399- 

cherche de l’équilibre), 448. 

— de Fott par le corset plâtré 

I.AUDAT, 67. 

Leucocytose digestive (là) chez 


LAUNAY (DE), 50. 

le nourrisson normal, 68. 

gouttière (traitement du), 

lyAUNOY, 448. 

Levaditi (C.), 206, 274. 

464. 

LAVERONE (DE), 366. 

Levure alcoolique (la) des 

Maladie de Basedow (l’étude 

I,E Bailly, 164, 230. 

vignobles, 206. 

du « métabolisme basal » 

IyEBAILLY, 303, 432. 

Lévy (P.-P.), 96. 

dans la), 245. 

IyEBEL (R.), 208. 

Lévy (M Ue Gabkielle), 302. 

— DU CŒUR (LES) ET DES 

LEBLANC, 52, 207. 

Lhermitte (J.), 195. 

VAISSEAUX EN I920 (REVUE 

XyECÈNE, 84, 367, 398. 

— I< ES SYNDROMES PHYSIO- 

annuelle), I. 

IyÉCHELLE, 96, 352. 

PATHOLOGIQUES DU CORPS 

— DES ENFANTS EN I920, 40I. 

LECLERC, 66. 

STRIÉ, 247. 

— de Raynaud (la crise hérno. 

Leçon d’ouverture du cours 

Lion (C.), 208. 

clasique dans la), 126. 

de pathologie et de théra¬ 

— et Cathala (J.). — L’hy- 

Mallet, 127. 

peutique générales de la 

PERTOMIE PNEUMOGASTRI¬ 

Manouvrier, 50. 

Faculté de Lyon, 449. 

QUE DANS L’ASTHME. IM¬ 

Maquenne, 50. 

Le Danois, 432. 

PORTANCE PAT1I0GÉNIQUE ET 

Marcandier (A.), 35, 304. 

Liïfas, 384. 

THÉRAPEUTIQUE, 37. 

Marfan (A.-B.), 68, 164, 

LEGRAND, 365, 448. 

Lichen atrophique de la face, 

446- 

I.EGRAIN, 152. 

152. 

Marie, 65. 

IyKGRY, 138. 

— de Wilson (conception 

Marie, 479. 

IvEGUEU (F.), 231, 381. 

GÉNÉRALE DU), 385. 

Marie (A.), 230, 274, 381. 

I.EJARS, 365, 478. 

IylOUVILLE, 151. 

Marie (Pierre), 302. 

IylîMAIRE, 68, 464. 

Liquide cérébro-spinal (les 

Marion, 84. 

IyEMIERRE (A.), 65. 

variations de l’albumine du) 

Marinksco (G.), 231. 

L.EMOINE, 446. 

dans les psychoses, 207. 

Marquis, 66. 

IyENOBLE, 138, 352. 

Livet (L.), 140. 

Martel (de), 367, 480. 

Le Noir, 139, 208. 

Lobbé, 139. 

Martin, 66, 84, 365, 480. 

IyENORMANT, 66, 84, 127, 128. 

Lœper, 67, 128. 

Massary (de), 478. 

I,ÉOBARDY (J. DE), 36. 

Lombaires (crises) ù détbu 

Mathieu, 367, 412. 

I.ÉPINE, 398. 

brusque et sacralisation, 208. 

Matières azotées et l'acide 

IyEREBOULLET (P.), 31. 

Lombalgie ayaiu prêté à de 

phosphorique dans la matu¬ 

— Infantilisme tardif de 

nombreuses erreurs de dia¬ 

ration du blé, 303. 

L’ADULTE D’ORIGINE HYPO¬ 

gnostic chez une femme pré¬ 

Mauclaire, 66, 84, 126. 

PHYSAIRE, 277. 

sentant une sacralisation 

May (Iît.), 52, 96. 

— LES OPOTHÉRAPIES ASSO¬ 

bilatérale de la cinquième 

Meckcl (invagination intesti 

CIÉES EN THÉRAPEUTIQUE, 

vertèbre lombaire, 208. 

nale et diverticule de), 66, 

341. 

Lombricose (syndrome d’ictère 

84. 

— et Cathala (J.). — Pur¬ 

hémolytique acquis au cours 

Médiastin antérieur (tumeur 

pura ET MÉNINGOCOCCIE, 

d’une), 47g. 

maligne primitive du). Lym- 

305. 

Lumière (A.), 137, 303, 319 

phadénome d’origine ty- 

— ET HEITZ (J.). — I,ES 

365, 380, 446, 463. 

niique, 36. 

MALADIES DU CŒUR ET DES 

— A PROPOS DES RÉSERVES 

Médicamenteux (In question 

VAISSEAUX EN 1920 (REVUE 

DE VITAMINES, 474. 

du fer), 268. 

ANNUELLE), I. 

Luminosité de la lune pendant 

Méditerranéenne (fièvre), 319. 

- ET SCHREIBER (G.). — I.ES 

les éclipses totales, 446. 

McUlére, 381. 

MALADIES DES ENFANTS EN 

Lupus (traitement du) par 

Mégaœsophage consécutif à 


LES SCARIFICATIONS SUI- 

un cardiospasme (un cas de), 

IyÉRI (A.), 36, 138, 207, 366, 


382. 

479- 

RADIUM, 149. 

Membre supérieur (uu cas de 


VII 

nœvus du)’ à topographie 
pseudo-radiculaire, 96. 
Ménard, 140. 

Ménétrier, 138. 

Méningite à bacille de la pseu¬ 
do-tuberculose zoogléique 
survenue dans la convales¬ 
cence d’un choléra infan' 
tile (sur un cas de),68. 

— cérébro-spinale (urétriteni- 
guë-méningococcique au 
cours d’une), 479. 

— CHRONIQUE SYPHILITIQUE 

LYSIEGÉNÉRALE (DELA), 258 

— suppurée à bacille para- 
typhique B., 208. 

— TUBERCULEUSE SECONDAIRE 
A DES LÉSIONS PULMONAIRES 

Ponction lombaire néga- 


, +6. 


195 . 


ÉPI- 


Ménlngococde et purpura, 305- 
Mercurielle (la colique), 437- 
Merklen (P.), 36, 208. 

— 1/AZOTÉMIE DANS .LES IN¬ 
FECTIONS AIGUES, SA VA¬ 
LEUR SÉMÉIOLOdlQUE ET 
PRONOSTIQUE, 465. 

MÉRY, 65. 

Méseulérite rétractile, 398. 
Mésothorium (l’injection et 
l’ingestion des sels de radium 
et de) dans la tuberculose, 
335- 

Mestrezat, 52. 

Métabolisme basal dans la 
maladie de Basedow (lՎ 
tude DU), 245. 

Métal rare (sur un), Le scan- 

Métiiode auscultatoire(la) . 
Moyen d’étude du mode 

DE RÉPLÉTION ARTÉRIELLE. 

Trous auscultatoires, 25. 

— de< doses massives dans la 
radiothérapie des épithé- 
liomes de la peau, 265. 

Méthylène (polyéosinate de 

'leu de), 383. 


Meui 


125. 


MlCHON (L-). — XyA PYÉLO- 
GRAPIIIE DANS LE DIAGNOS¬ 
TIC DES KYSTES HYDATIQUES. 

Microbe bactériophage (sur le)i 

4<>3- 

Microbes (atténuation des ef¬ 
fets pathogènes de certains) 
par des mélanges avec les 
mêmes microbes morts, 151. 

Milian, 67, 13g, 140, 152, 
275, 276. 

Mii.ian. - Hétérotiiérapie, 

337- 

— 1,’lCTÉRE SYPHILITIQUE 
PRIMAIRE, 141. 

— I,A COLIQUE MERCURIELLEi 

— I,E COMA FRONTAL, 256. 

— Syphilis. Réaction d’Her. 
scheimer. Biotropisme 











VIII 


TABLE ALPHABETIQUE 


DE SANG TOTAL CITRATÉ 

Néphrectomie (orientations 

Ophtahnop'égie externe fami¬ 

laqué par l’éther, 363. 

nouvelles du problème de 

liale (étude anatomo-patho¬ 

JIinet (J.), 96, 480. 


logique des centres nerveux 

Miramond de Raroquette, 

Néphrites(l’azote.résiduel dans 


195. 

les), 52. 

— unilatérale à marche rapi¬ 

Marées (sur l’utilisation de la 

— AZ0TÉMIQUES (VALEUR 

dement progressive (syn¬ 

force des), 137. 

THÉRAPEUTIQUE DES INJEC¬ 

drome de la paroi externe 

Mocquot, 384. 

TIONS INTRAVEINEUSES DE 

du sinus caverneux), 382. 

Modes d’infection et les modes 

SOLUTIONS HYPERTONIQUES 

ÔPOTIIÉRAPIES ASSOCIÉES EN 

de préservation de la tuber¬ 

DE GLUCOSE AU COURS DES), 

THÉRAPEUTIQUE, 341. 

culose chez les enfants du 

56. 

Orchidée (sur les glucosides 

premier âge, 304. 

Nepveux, 139. 

de 1’), 206. 

Modifications de l’expectora- 

Nerf dentaire inférieur 

Orthodiagrammes cardiaques 


(INDICATIONS ET TECHNIQUE 

(de l’interprétation des), 208. 

jectiou inlratrachéale d’hui¬ 

DE L’ANESTHÉSIE TRONCU- 

Orthopédie en 1920 (la chi¬ 

le chargée des produits de 

LAIRE DU), 193. 

rurgie infantile et P), 425. 

macération du bacille tuber¬ 

— dorsaux et splanchniques 

Os (les tumeurs secondaires 

culeux, 352. 

(auesthésie des) dans les 

des), 398. 

Moignons (la cinématisa- 

crises gastriques du tibès, 

Ostéo-diondrite déformante in¬ 

tion des), 394. 

349- 

fantile de l'épiphyse supé¬ 

— (préparation des) d’ampu¬ 

— sciatique (résultats opé¬ 

rieure du fémur (P), 480. 

tation, 313. 

ratoires dans les plaies du) 

Ostéome chez un tabétique, 

Moreau, 126. 

ou de ses branches, 320. 

140. 

Morestin (H.), 194. 

Netier, 50, 127. 

— du muscle iliaque, 447. 

Mort subite au cours d’une 

Neurologie en 1920, 233. 

— musculaires (traitement 

ponction pleurale explora¬ 

Neutralisation (la) chez 

chirurgical des), 463. 

trice diez uu enfant de qua¬ 


Ostéosynthèse inétallique(sur), 

tre ans. Myocardite, 35. 

Névralgie sdatique et sacra¬ 

480. 

Morvan (maladie de). Chorio¬ 

lisation de la cinquième 

— (TECHNIQUE DE L’) PAR 

rétinite syphilitique et, 478- 

lombaire, 48. 

plaque vissée, 136. 

Motet, 39. 

— du trijumeau. Son trai¬ 

Oto-rhino-laryngologie en 

Mouche des fucus (sur une), 

tement (la), 254. 

1920 (l’) (revue annuelle), 

380. 

Nicaud (P.), 208. 

176. 

MOUCHET (A.), 480. 

Nobécourt (P.) et Mathieu 

Ouabaïne et dilatations car¬ 

— et Roëderer (C.) - I,A 

(R.). 

diaques, 195. 

CHIRURGIE INFANTILE ET 


Ouvriers (le rendement des), 

L’ORTHOPÉDIE EN 19ZO, 425. 

PREMIÈRE ENFANCE, 412. 

164. 

Moureu, 303, 380. 

Noël Fiessinger, 478. 

Oxycéphalie et nanisme, 13g. 

MOURIQUAND. — I,A SCIENCE 

Nœvus du membre supérieur 

Pachydermie verticellée du 

DE L’ALIMENTATION ET SES 

(uu cas de) â topographie 

cuir chevelu, 264. 

ORIENTATIONS NOUVELLES, 

pscudoradiculaire, 96. 

Pachyvaginalite du canal va- 

44g. 

Noica, 194. 

gino-péritonéal, 447. 

Moure (P.), 464. 

Nordmann, 230. 

Pagniez (Ph.), 65, 448. 

Mouziols, 36. 

Nourrisson normal (la leuco- 

PAILLOT, 303. 

Mouzon (J.), 51. 

cytose digestive chez le), 68. 

Paissot, 67. 

— Infantilisme tardif de 

Novarsénobcnzol (les injec¬ 

Palnio-meulonnier (réflexe cu¬ 

l’adulte d'origine hypo¬ 

tions intrarachidiennes de), 

tané nouveau. Réflexe), 231. 

physaire, 277. 

353. 

Palpébral (traitement du can- 

Mozer, 400. 

Nouveau-nés (sur la vaccina¬ 

croïdc) pur le rissolage iodo- 

Murard, 398. 

tion précoce des), 126. 

enfumé, 288. 

Muratet (I,.), 128. 

OBSTÉTRIQUE (l’J EN I920 

Paludisme, 31g. 

Muscle iliaque (ostéomes du), 


— autochtone à « plasmo¬ 


Obstruction intestinale par 

dium faleiparum », syndrome 

Myatonie congénitale (mala¬ 

étranglement d’une hernie 

de cachexie hydroémique 

die d’Oppenheiin), 162. 

diaphragmatique méconnue. 

primitive, 478. 

Myocardites bacillaires et myo¬ 

480. 

— (lutte contre le) en Algérie, 

cardites-tuberculeuses, 352. 

Odin, 398. 


— tuberculeuses et myocar¬ 

(IÎSOPIIAGE (DILATATION PRI¬ 

Pancréatique (digestion des 

dites bacillaires, 352. 

MITIVE DE L’). Un cas de 

graisses et insuffisance), 303. 

Myodonus et formes myoclo- 

ROLE DU CARDIASPASME. I<B 

PAPASTRATIGAKIS. — CON- 

niques suraiguës malignes 

SYNDROME MÉDIASTINAL SE¬ 


dans l’encéphalite létliar- 

CONDAIRE, 226. 

L’INCONTINENCE NOCTURNE 


UîrTINGER, 127, 207. 

DE L'ADULTE, 153. 

Nanlsme par infantilisme dys- 

(JÎTTiNGER (William). — Com¬ 

PARAF (J.), 67, 128. 

thyroïdien (un cas de), 383. 

ment FAUT-IL TRAITER L’A- 

Paraguay (présence de trypa¬ 

- (oxycéphalie et), 139. 

NÉVRYSME SYPHILITIQUE DE 

nosomes d'ans des tumeurs 

Narcolepsie (état de) dite hys¬ 

l’aorte, 15. 

cancéreuses observées au), 

térique ayant simulé une 

Oiseaux (sur le vol plané des),65 

384- 

encéphalite léthargique, 352. 

Okinczic, 398. 

Paralysie agitante (lésions du 

Narine (diancre mou de la), 

Olivitsatos, 208. 

« locus niger », dans trois 

152. 

Ombrédanne, 66, 39g. 

cas de), 126. 

Nasale (technique du redresse¬ 

Ophtalmologie (l’) en 1920 

— (altération du liquide cé¬ 

ment de l’aréte) par inclu¬ 

(revue annuelle), 165. 

phalo-rachidien dans les) 

sion cartilagineuse, 272. 

Ophtalmoplégie congénitale et 

diphtériques du voile du 

Nécrologie (J. Bucquoy), 

familiale (autopsie d’un cas 

palais et il type de polyné¬ 

448. 

d‘), 51. 

vrite, 366. 


- — juvénile (un cas île), 

nique syphilitique au tabès 
et à la), 258. 

-(les résultats de la 

réaction de Bange dans la), 


i‘J5- 

— transitoire, à répétition 
dans un cas d’aortite avec 
asystolie, 207. 

Paraplégie spasmodique, seul 
reliquat d’une encéphalite 
léthargique, 36. 

Parfum de la « Reine des Bois », 

Parkinsonien (quelques parti¬ 
cularités de l’état mental 
dans le syndrome), 241. 

Paroi abdominale (les zones 
neutres de la), 128. 

Pasteurella (la pyomyosite, 
maludie humaine à), 196. 

Pasteur Vallery Radot, 35. 

Pa- 


. 3û5- 


Pathogénie du cephalliema- 
tome, 368. 

— de la surdité liérédo- sy¬ 
philitique à forme foudro¬ 
yante, 374- 

Pauciiet (V.), 150 ■ 

Payciière, 68. 

Pêche à la sardine (Influence 
de la température sur lu), 

Pédiatrie (société de), 368. 

PÉHU, 150. 

Pelade (sim l’étiologie de la), 

Pellissikr, 206. 

PÉRITONÉOCENIÈSE EXPLORA¬ 
TRICE PRÉCOCE (I,A), 202. 

Péritonite aigue à forme enté- 
ritique, 479. 

— (traitement des) appendi¬ 
culaires, 367. 

Perrin (Félix), 303. 

Peste bubonique (diagnostic 
de la), 352- 

— (diagnostic de la), 459. 

Petit-IJutaillis, 84. 

Petit (Paul), 448. 

Pezard, 398. 

Pharynx d'origine fuso-spl- 
rillaire compliquant une 
angine diphtérique grave. 
Guérison (gangrène du), 478. 

Phlébites éberthiennes et para- 
typhoïdiques primitives,150. 

— variqueuse ; embolies in¬ 
testinales et pulmonaires, 
abcès du poumon. Guérison 
par pneumothorax théra 
peutique, 399. 

Phoneudoscopie pulmonaire 
(les variations d’étendue 
de la), 96. 

Phoques (les) du pôle sud, 151. 

Photographie stéréoscopique 
(la), 380. 

Pian (un cas de) (Frambœsia 
tropica), 163. 






TABLE ALPHABÉTIQUE 


Picrique (tremblement inten¬ 

Pneumothorax (rupture des 

Prothèse métallique (traite¬ 

tionnel et intoxication), 379. 

adhérences dans la pratique 

ment des fractures par la), 

Piédallu, 477. 

du), 288. 

84. 

Piédelièvre(R.),Claude(II.) , 

— (études expérimentales sur 

Proust, - 127, 139. 

BERN ARD (M 1 »'S. )CONTRIBU- 

le), 9.1. 

Proust (R.). — I,e signe de 


— (études sur quelques signes 

Douglas dans les rup¬ 

BLES DE L’ÉQUILIBRE ENDO¬ 

physiques du), 368. 

tures DE GROSSESSE TU¬ 

CRINIEN. Méthode des 

Pneumotomie (trous obser¬ 

BAIRE, II3. 

TESTS BIOLOGIQUES, I97. 

vations de), 480. 

Pseudo-kyste d'origine pan¬ 

Pieds (signe de Babinski et 

Polyéosinate de bleu de mé¬ 

créatique cliez un enfant, 

tempérarure des), 94. 

thylène, 383. 


— des tranchées (le), 94. 

Polynévrite (de l’altération 

Psoriasis, psychose et endo¬ 

Piezomélrie osdllograpliique, 

du liquide céphalo-rachi¬ 

cardite, 447. 

discussion des critères dias¬ 

dien dans les paralysies 

Psychiatriques de la guerre 

toliques (sur la), 448. 

diphtériques du voile du 

(les enseignements). 2O0. 

Pinard (M.), 67, 140, 320. 

palais et à type de), 366. 

Psychopathie (deux cas d’hir¬ 

Pincement latéral du corps de 

Polypes placentaires (a piio - 

sutisme d’Apert avec viri¬ 

l’appendice dans une hernie 

POS DE LA RÉTENTION PRO¬ 

lisme et), 381. 

crurale étranglée et appen¬ 

LONGÉE DE DÉBRIS ET), loq. 

Psychopathique (fausses tu¬ 

dicite du segment apexien, 

Pommiers à cidre (sur la 

berculoses de nature), 365. 

3<j8.‘ 

dégénérescence des), 432. 

Psychose et endocardite. Pso- 

Piroplasmes (les) des bovidés 

Ponction pleurale explora¬ 


et leurs hôtes vecteurs, 231. 

trice chez un enfant de qua¬ 

— (les variations de l'albu¬ 

Placentaires (a propos de 

tre ans (mort subite a'u 

mine du liquide cérébro- 


cours d’une). Myocardite. 

spinal dans les), 207. 


Porcher, 95, 140. 

Puériculture (résultats d’un 

Plaies de l’artère vertébrale 

POROT (A.) ET TlESNARD (A.). 

essai cantonal de), 351. 

(traitement des), 275. 

— I,ES ENSEIGNEMENTS PSY¬ 

Pulmonaire (sérothérapie) par 

— du ventricule gauche opérée 

CHIATRIQUES I)E LA GUERRE, 

voie trachéale, 345. 



Purpura et méningococcie, 

Troubles de conduction car¬ 

Portmay (G.). — Pulhogéiiie 


diaque ultérieurs, constatés 

de la surdité hérédo-syphi¬ 

— DE LA PREMIÈRE ENFANCE 

à l’électrocardiogramme, 

litique à forme foudroyante 

(LES), 412. 

127. 

371- 

Purulentes aiguës (traitement 

Plantes (dermatite provoquée 

— Technique et indica¬ 

des pleurésies), 352. 

par les), 49. 

tions DES BIOPSIES LARYN¬ 

— (pleurésies), 383. 

— employées en médecine 

GÉES, 185. 

Pyélographie dans le diagnos¬ 

populaire (les principes ac¬ 

Pothbnot, 128. 

tic des kystes hydatiques 

tifs de quelques), 446. 

Pott (mal de) (traitement du) 

du rein, 282. 

Plaques pigmentaires buc¬ 

par le lit île Rmmelongue 

Pylorique (traitement de l'ul¬ 

cales et syphilis, <38. 


cère) perforé, 384. 

— VISSÉE (TECHNIQUE DE 


— perforé (traitement de l'ul¬ 

l’ostéosynthèse par), 146. 

Pouls du chien critère oscil- 

cère), 464. 

Pleurésies appendiculaires, 84. 

lographique- de la pression 

Pyomyosite (la) maladie hu- 

— (contractures des muscles 

diastolique (le signe du), 448. 


de la paroi abdominale au 

Pouvoir réducteur des tissus 

Pyothorax considérable pur 


(le), 400. 

rupture d’un abcès amibien 

— interlobaire guérie par les 

Pratique du pneumothorax 


insufflations intrapleurales 

artificiel dans la rupture 


d’azote et par les injections 

des adhérences, 288. 

pies ponctions, l'émétine 

intraveineuses d’arsénobeu- 

Préparation des moignons 

et le novarsénobenzol, 139. 

zol, 304. 


Quaternaires (coordination des 

— purulentes, 383. 

Prévention (la) et le traite¬ 

temps), 152. 

— (traitement des), 304. 

ment de la fièvre aphteuse 

Quénu (H.), 84, 94, 384. 

— aiguës, 352. 

par le sérum ou le sang des 

Queyrat, 87, 139, 140. 

Plexus brachial (compression 

animaux guéris, 303. 

quioc (G.). — Extension 

des branches du) aux luxa¬ 

Principes actifs de quelques 

DE I.A SYPHILIS PRIMAIRE 

tions île l’épaule, 320. 

plantes employées en méde¬ 

ET PHÉNOMÈNES RÉACTION- 

-(lésions du) dans les 

cine populaire (les), 44Ô. 


luxations de l’épaule, 384. 

Prix Paul Regeudre, 447. 

Rabéait, 355. 

— — (sérothérapie antitéta¬ 

Procédé biologique pour em¬ 

Rabut, 140. 

nique et paralysie du), 195. 

pêcher certaines putréfac- 

Radiations solaires (action 

l’LICHET, 3G6. 


■les), 93. 

Pneumonie caséeuse traitée 

— colorimétrique de dosage 

Radicotomie gassérienne (ré¬ 

« in extremis « par le pneu¬ 

de l’acide urique dans le 

flexe oculo cardiaque), 479. 

mothorax artificiel. Gué- 

sang, 352. 

Radiographie (décalcification 


— de diagnostic de la syphilis 

par troubles de la nutrition 

consécutive (un aïs de), 447. 

(sur un nouveau), 398. 

(neurasthénie) démontrée 

Pneumo-séreuse péritonéale 

— de préparation des sérums 

par lu), 366. 

dans les épanchements de 

thérapeutiques, 365. 

— des tableaux (la), 477. 

l’abdoincu (la), 447. 

—- de recherche de la lnieillé- 


Pneumothorax, 382. 

mie tuberculeuse, 368. 



—-de l’équilibre leuco¬ 



cytaire, 44S. 


(un cas de pneumonie ca¬ 

Protéide au vibrion cholé¬ 

Radium (l'injection et l'inges¬ 

séeuse traitée par le), 417- 

rique (le), 19Ô. 

tion des sels de) et de méso- 


IX 

thorium dans la tubercu¬ 
lose, 335. 

Radium (traitement du 

LUPUS PAR LES SCARIFICA- 

MENTS AU), 149. 

RADOIRCI, 9.1. 

Radovici (A.), 231. 

RAMOND (£,,), 139, 208. 
Ramond (F.), 52, 139. 
Rapport général sur le ser¬ 
vice de la vaccine, 398. 

- sur la déclaration du tra¬ 
chome maladie contagieuse, 


-demandes eu autori¬ 
sation des stations clima- 

-une demande du minis¬ 
tère de la Guerre, 478. 

— sur les services d'hygiène 
de l’enfance, 446. 

RAthery, 51, 52. 

Ratiikry (F.) ET Boucheron 
(M.). — Valeur théra¬ 
peutique DES INJECTIONS 
INTRAVEINEUSES DE SOLU¬ 
TIONS HYPERTONIQUES DE 

NÉPHRITES AZOTÉMIQUES,56. 
Rathery (F.) ET Bordet (F.). 
- SÉROTHÉRAPIE PULMO¬ 
NAIRE PAR VOIE TRACHÉALE, 
J 15 - 

Rathery (F.) (voir Carnot 

(!*.), 321. 

Rathery (F.) et Carnot (1*.). 
—- VhYI'ERTENSION OBLIGA¬ 
TOIRE DES NÉPIIKO ET DES 
ARTÉRIOSCLÉREUX, 221 . 
RAVAUT (P.), 207. 

Ravaut (P.), Arbeit-Rabeau 
— Dans le traitement 

DES SYPHILIS NERVEUSES, 
353- 

Rayuaud (la crise hémocla- 
siiiue dans la), 126. 
Rayonnement d’un courant 
électrique (sur le), 446. 
Réaction de précipitation du 
benjoin colloïdal avec le 
liquide céphalo-rachidien 
des syphilitiques nerveux, 

382. 

Ricboul, 446. 

Recherche du bacille tuber¬ 
culeux dans le sang, 352. 

— expérimentales sur la per¬ 
sistance de la slercobiline 
malgré l'obstruction du ca¬ 
nal cholédoque, 400. 

Rectal (diagnostic du cancer 
du rectum par le toucher), 

Recto-colite hémorragique d'o¬ 
rigine urémique, 164. 
Rectum (diagnostic du cancer 
du) par le toucher rectal, 
3°7- 

— (traitement du cancer du), 

383, 384, 481. 
Redressement (technique du) 

de l’arête nasale par indu- 














x TABLE ALPHABETIQUE 

sion cartilagineuse, 272. Richet (Ch.), 232. Sanitaire (état) et dépopula- gine gangréneuse rapide- 

Réflexe cutané nouveau : Rist, 366, 447. tion au Congo, 275. ment guérie par le), 383. 

réflexe paUno-mentonnier, Rio-Banco, 52. Sarazin, 140. -et antistreptococcique 

231. Robin, 126. Sarcoïdes de Boeck-Darier, (gangrène pulmonaire trai- 

— naso-palpébral (réflexe tri- Robineau, 480. 275. tée et guérie par les injec- 

jumeau-facial) et sa valeur Robuteau (M lle ), 68. Sartory, 206. lions iutratracliéales, intru- 

pronoslique dans la paraly- Roederer, 425, 464. Savignac (I,.). — Diagnostic veineuses et intraïuuscu- 

sie faciale, 400. Rœderer. — LA cinémati- du cancer du rectum par laires de), 51. 

— oculo-cardiaque et radi- sation des moignons, 394. le toucher rectal, 307.-- (gangrène pulmonaire 

cotomie gassérienne, 479. Rœderer (C.). — I,A prêta- Sauvageau, 303. guérie par le), 383. 

Rein (à propos d’une note ration des moignons d’am- Sauvageon, 164. — autitypliiquc, 351. 

de M. Ch. André sur l’éli- putation, 313. Sauvé (I,.). — I,a gynécolo- — (injections intrapéritonéa- 

mination des matières colo- Roger, 384, 400. GIEEN1919 (revueannuel- les post-opératoires de), 66. 

rantcs par le), 128. Romanidiels (sur les), 65. le), 97. — (rapport sur l’autorisation 

— (kyste séreux du), 128. Rosenbach, 95. Scandium (sur un métal rare de préparer des), 365. 

— (la pyélographie dans le Rotule (fracture vertico-fron- le), 206. salés (sérums sucrés et) 

diagnostic des kystes hyda- taie « en coquille d’huître » Schiîffer, 206. étude comparative, 53. 

tiques du), 282. de la), 398. Sciatiques (traitement élec- — sanguin des cancéreux (Vu- 

Rémond (de Metz), 352. Roubaud, 65. trique et radiothérapique ' zole albuminoïde dans le), 

Rénales et hépatiques (à pro- Rouger du porc (un cas de) des), 94. 126. 

pos de l’assodation de l’ul- chez l’homme, 128. Schick (à propos de la réac- — thérapeutiques (épuration 

cère simple et des lésions), Rougier, 365. tion de), 65. des), 49. 

447. Rouillard, 36, 51. Scihckelé (G.). — A propos —-(procédé de prépara- 

Renaud (M.), 36, 304, 352, Roumanie (l’encéphalite de la rétention prolon- tion des), 365. 

383, 480. léthargique en), 158. gée de débris et polypes -(sur un nouveau pro- 

Renaud, 96. Rouquier, 139, 399. placentaires, 109. cédé de préparation des) 

Renaud-Badet, 276. Rousseau (J.), 232, 303. Sciireiber (G.), 401. 351. 

Renault, 67. Rousset, 67. Schwarz (A.), 367. Sicard, 127, 366, 381, 39g, 

Renault (J.), 68. Roussy, 52. Science de l’alimentation 479; 

Rénon, 478. Roussy (G.). — L’étude du et ses orientations nou- Sièges et orifices de communi- 

Rénon (L-). — L’injection «métabolisme basal» velles (la), 449. cation des kystes hydatiques 

et l’ingestion des sels dans la maladie de Base- Sclérœdème, 464. du foie ouverts dans les 

DE RADIUM ET DE MÉSOTHO- Dow, 245. Sclérodermie en bandes et voies biliaires, 368. 

RIUM DANSLA TUBERCULOSE, ROUVILLOIS, 66, 84. syphilis, 68. SIGNE DE DOUGLAS (LE) DANS 

335. Roux, 49. —ulcérée, 152. les ruptures de grossesse 

Reims liquide à éléments cons- Roux-Berger, 84. Scléroses en plaques (consi- tubaire, 113. 

tants et exactement dosés Rhumatisme blennorragique dérations cliniques et expéri- Silicates (les) en tliérapeu- 

pour l’étude de l’évolution (lésions osseuses articulaires mentales sur un cas de), 382. tique, 206. 

du chimisme gastrique, 448. dans le), 366. — pulmonaire (étude critique Simon (Cl.), 152. 

Réplétion artérielle (la — musculaire et articu- de l’étiologie des bronchites Sinistrose (La), 283. 

MÉTHODE AUSCULTATOIRE. LAIRE (SUR QUELQUES RARES chroniques), 220. SlREDEŸ, 50. 

Moyen d’étude du mode localisations du), 129. Scorbut parisien (un cas de), Sirot, 303. 

de). Trous ausculta- Rupture des adhérences dans étude biochimique, 139. Société de biologie, 32, 67, 

TOIRES, 25. la pratique du pneumotho- Scoliose et spina-bifida lombo- 128, 352, 368, 400, 448. 

Résultats opératoires dans rax artificiel, 288. sacré, 464. — chirurgie, 66, 84, 127, 366, 

les plaies du nerf sciatique Sabathé, 352. Sée, 67. 383, 398, 447, 463, 480. 

ou de ses branches, 320. Sabouraud (Ch.), 220. Sécrétion gastrique (de l’em- — clinique de médecine nien- 

Rétention prolongée (a Sabrazès (J.), 128. ploi du tube d’Einliom pour talc, 140. 

PROPOS de LA) de débris Sacralisation de la cinquième l’étude de la), 208. — de dermatologie et de 

de polypes placentaires, lombaire (névralgie scia- — rénale dans l’enfance (re- sypliiligrapliie, 67, 139, 152. 

10j. • tique et), 48. cherches sur la), 32. —médicale des hôpitaux, 35, 

Rétiniennes ( des compli- Sacrum (trophcedème cliro- Seguin, 477. 51, 96, 126, 138, 207, 304, 

cations) ou diabète sucré, nique avec anomalie d’oc- Septicémie eolibadllaire (qua- 352, 366, 381, 399, 478. 
173- clusion du), 479. tre cas de), 65. — de pédiatrie, 68, 368, 464. 

Rétrécissement pulmonaire Saint-Girons (F.), 232. — ébertliiennes à type de — savantes, 35, 49, 65, 84, 

(les foyers d’ausculta- Salimbeni, 463. fièvre intermittente, 382. 95, 123, 137, 151, 164, 206, 

tion du), 12. Salle, 231. — àentérocoques.Traltemenl 303,319,365,380,398,446,- 

Réveil de la terre, 365. Salomon (J.), 140. par un nuto-vacdn. Gué- 463,477. 

Reverchon, 139. Sanarelli (G.), 196. rison, 36. Solutions hypertoniques 

Reynès, 304. Sang (disparition rapide de — gonococcique avec ■ con- de glucose au cours des 

Ribadeau-Dumas, 68. l’huile dans le) après injec- gestion pulmonaire, 36. néphrites azotémiques 

Ribadeau-Dumas. — Sur le tion intraveineuse, 52. — strcptocococdque avec ic- (valeur thérapeutique 

diagnostic des adénopa- — (dosage de l’urée dans le) 1ère, 94. des injections intravei- 

tihes trachéo-bronciii- par le xanthydrol ; des Séquelles de l’encéphalite lé- neÙSs^he), 56. 

ques, 419. conditions rigoureuses pour thargiquc, ■ 352. Sonorité thoradque (des rap- 

Ribierre (Paul), 36, 195. une évaluation rigoureuse, Sergent (E.). — Syndrome ports du frottement uus- 

Ribierre(P.). — Lediagnos- 52. de Hasiîdow et tubercu- culté et de la), 126. 

tic de l’insuffisance tri- — (milieux de culture h base losb, 80. Soufre colloïdal (le), 206. 

cuspidienne, 31. de) total dtraté laqué par Séro auapliylaxie humaine (la) Souques, 126. 

Richaud (A.).—I,A question l’éther, 363. 150, Sous-marin océanographique 

DU FER MÉDICAMENTEUX, — (procédé colorimétrique de Sérothérapie antitétanique, et 230. 

268. dosage de l’adde urique paralysies du plexus bra- Spectres (les) des boüillons- 

Richaud (A.). — Sérums dans le), 352. chiai, 195. toxines, 230. 

salés et sérums sucrés. — (recherche du bacille tuber- — pulmonaire par voie tra- — du rayon vert, 365. 

Etude comparative, 53. culeux dans le), 352. chéale, 345. * Spina bifida occulta (trophce- 

Ricuer (P.), 381. - — éléments du), 125. Sérum nutigangréueux (an- dème chronique et), 207. 





TABLE ALPHABETIQUE XI 

Spirochètes buccaux, 477. dément progressive, 382. sion cartilagineuse, 272. Traitement chirurgical de 

Spirochétose ictérigène béni- Syndromes physio-pathologi- Tension artérielle dans la l'angine de poitrine, 304. 

gne d’origine parisienne ques du corps strié (les), 247. tuberculose, 164. -de l’épilepsie jackso- 

(deux observations de), 138. —pluriglonduloire avec dia- —intrapleurales et thora- nienue, 480. 

-(un nouveau cas pari- béte insipide : efficacité de ceutèse sans aspiration, 232.-traumatique, 367. 

sien de) forme de transition l’opothérapie hypophysaire Termites (destruction des) par-des ostéomes niuscu- 

entre les spirochétoses icté- sur la polyurie, 139. la chloropicrine, 206. laires, 463. 

riques et anictériques, 96. Synthèse de l’ammoniaque — (sur les colonies de), 125- — électrique et radiothéra- 

— ictéro-hémorragique apyré- (sur la), 380. Terrien, 478. pique des sciatiques, 94. 

tique à ferme grave (sur un Sypliilidcs (tuberculides ou) Terrien (F.). — 1 ,’ophtal- — de l’appendicite à chaud, 

cas de), 383. 152. mologie en 1920 (revue 384, 399. 

— — —chez l’enfant (à pro- Syphilis, 319. annuelle), 165. -(indications du drai- 

pos d un cas de), 443. — congénitale en Annam Testicule (traitement du can- nage dans le), 367. 

Splanchnique (anest ésie) ses (athrepsie infantile et), 381. cer du), 66. — del’arthrite blennorragique 

applications à la chirurgie —des enfants indigènes du Tests biologiques (contri- (hydro-pyoarthrose) par l’in- 

gastri .ue, 348. Maroc, 231. bution a l’étude des trou- jection sous-cutanée du li 

— (— des nerfs dorsaux et — gastrique à forme de dys- blés de l’équilibre endo- quide articulaire, 

dans les crises gastriques pepsie banale, 139. crinien. Méthode des), —del’estomacbiloculaire,464 

du tabès, 349. -à forme de gastrite 197. — de l’ulcère' duodéno-pylo- 

Splénèclomie dans l’ictère hé- chronique, 138. Thérapeutique en 1920,321. rique perforé, 398. 

molytique, 50. — nerveux (dâns le traite- — antituberculeuse par les-perforé de l’estomac 

Strabique (la neutralisa- meut des), 353. sels de terre cérique (état (Indications de la gastro- 

tion chez le), 171. —(plaques pigmentaires et), actuel de la), 478. entérostomie postérieure 

Station assise et travail, 95. 138. — (les opothérapies associées dans le), 366. 

— climatiques (rapport sur — primaire (extension de en), 341. --pylorique perforé, 384 

les demandes en autorisa- la) et phénomènes réac- — (sérum), 351. 464. 

lion des), 320. tionnels, 161. Thermale (immunité et —de l’ulcus perforé du duodé- 

Stéréoscopique (la pliotogra- — Réaction d’Herscheimer. cure), 41. uum, 320. 

phie), 380. Biotropisme microbien, 91. Thibierge, 152. —des cholécystites aiguës, 448. 

Stomatologie (la) en 1920 — (réaction de Wassermann Thibierge. — Conception — des épileptiques (sur la 

(revue annuelle), 188. en dehors de la), 151. générale du lichen de nécessité de vérifier la pureté 

Substances vénéneuses (rnp- — sans tabès (Mal perforant Wilson, 385. du tartrate borieo-potas- 

ports de:.), 50. dans la), 36. Thierry, 128. sique dans le), 381. 

Sucre protéidique chez les — (sclérodermie en bande et), Tliieulin, 384. — des fractures du colet du 

diabétiques (le), 52. 68. Tioroux, 319, 381. fémur par l’euchcvillement 

Suicide d’un dégénéré (ten- — (sur un nouveau procédé Thoracentèse (tensions intra- (modifications au), 399. 

talive de), 304. de diagnostic de la), 398. pleurales et) sans aspiration,-col du fémur par la 

Sulfates de terres rares (trai- — (traitement de la), 67. 232. méthode de Delbet, 448. 

tement des tuberculoses lo- — au tabès et à la paralysie Thromboses veineuses au cours-obliques de la jambe, 

cales parles), 478. générale (de la méningite d’états hémorragiques chro- 464. 

Surdité (pathogénie de la) chronique), 258. niques, 382. — des péritonites appendicu- 

hérédo-syphilitiquc à forme — chez un nourrisson de deux Tiffeneau. — T’adrénaline laires, 367. 

foudroyante, 374. mois (hémorragie intestinale et ses groupements ato- — des plaies de l’artère verté- 

Syndromeadiposo-génitalchez d’origine), 464. miques physiologique- braie, 275. 

un malade porteur d'une — (deux observations d’hé- ment actifs, 390. — des pleurésies purulentes, 

tumeur de l’hypophyse ; miplégie organique au Tinel, 96. 304. 

radiothérapie, régression des cours de l’infection) RÉ- Tissus (le pouvoir réducteur-aigues, 352. 

symptômes, 13g. cente, 144. des), 384, 400. — des syphilis nerveuses, 353. 

— de Basrdow et tuber- — et maladie de Morvan Tixier (!».), 68, 464. — tuberculoses locales par 

culose, 80. (choriorétinite), 478. Tixier (I,.) et Gallavardin les sulfates de terres rares, 

— Brown-Sequard (étude — (l’ictère primaire), 141. (L,.). — I.A méthode aus- 478. 

sémiologique d’un cas de), —nerveux (la réaction de cultatoire. Moyen d’é- —des varices parlesinjeetions 

96. précipitation du benjoin tude du mode de réplé- intravariqueuses de car- 

— cachexie hydroémique pri- colloïdal avec le liquide tion artérielle. Trous bonate de soude, 399. 

mitive. Paludisme auloch- céphalo-rachidien des), 382. auscultatoires, 25. — du cancer du rectum, 383, 

tone_ à « plasmodium falci- — (pathogénie de la surdité Tixier (I,.) (voir Gallavar- 384, 464. 

parum », 478. liérédo-) à forme foudro- din. — du cancroïdc palpébral par 

— Cotard consécutif à des yante, 374. Tonnet, 128. lerissolageiodo-enfumé,288. 

idées de persécution, 140. —(trois.cas de chorée), 368. Toucher rectal (diagnostic du —du mal de Pott par le corset 

— exdto-moteur de l’encé- Tabès (anesthésie des nerfs cancer du rectum par le), plâtré opposé au traitement 

phalite épidémique, 302. dorsaux et splanchniques 307. > par la gouttière, 464. 

— d’ictère hémolytique ac- dans les crises gastriques Touraine (A.), 151. —-lit de Iainnelonguc 

quis au cours d’une lom- du), 349. Toux d’origine gastrique (un sans plâtre, 368. 

bricose, 479. — et à la paralysie générale cas de), 207. Tranchées (le pied des), 94. 

— incomplet de' Millard-Gu- (de la méningite chronique Trachéale (infection et vacci- Transfusion veineuse (tech- 

bler à évolution subaiguc syphilitique au), 258. nation par voie), 196. nique pratique de), 96. 

terminé par la guérison et Tabétique (ostéome chez un), Trachéale (sérothérapie pul- Travail (station assise et), 95. 
paraissant devoir se ratta- I4°- monaire par voie), 345. Tremblement intentionnel et 

cher à l’encéphalite léthar- Tartrate borico - potassique Trachéo-bronchiques (sur le intoxication picrique, 379. 

gique, 368. sur la nécessité de vérifier diagnosticdesadénopalliies), Tréponèmes (la culture), 206. 

— parkinsonien (quelques par- la pureté du) dans le traite- 419. — ueurotrope et paralysie 

tlcularités de l’état mental meut des épileptiques, 381. Trachome (rapport sur la générale, 274. 

dans le), 241. Technique de la gastrectomie, déclaration obligatoire du) Trétiakoff, 5t, 126, 208. 

— de la paroi externe du sinus 480. maladie contagieuse, 477. Trêves (A.), 368. 

caverneux. Ophtalmoplégie — du redressement de Traitement(appareilpourle)des Trêves, 68. 

unilatérale à marche rapi- l’arête nasale far inclu- fractures de l’humérus, 384. Trêves (H.), .368. 




XII 


TABLE ALPHABETIQUE 


TRiconœ (R.), 128. 

Tricuspidienne (le diagnos¬ 
tic DE L’INSUFFISANCE), 31. 

Trijumeau (la névralgie du). 
Son traitement 254. 

Trillat, 138. 

Triméthylamine (action de la) 
sur les anophèles, 65. 

Trophiques (troubles vaso¬ 
moteurs et) dans l’hystérie, 
378. 

Trophœdème avec sacrum bi- 
fidum (nouveau cas de), 366. 

— chronique avec anomalie 
d’occlusion du sacrum, 479. 

-et spina bifida occulta, 

Troubles de l’équilibre 

ENDO-CRINIEN (CONTRIBU¬ 
TION A L’ÉTUDE DES). Mɬ 
THODE DES TESTS BIOLO- 

— vaso-moteurs et trophiques 
dans l’hystérie, 378. 

Trous auscultatoires (la 

MÉTHODE AUSCULTATOIRE. 
Moyen d’étude du mode 
DE RÉPLÉTION ARTÉRIELLE), 

Trypanosomes (présence de) 
dans des tumeurs cancéreu¬ 
ses observées au Paraguay, 

384. 

Tube digestif (auscultation 

Tubercule de Carabelli, 140. 

Tuberculeuses (myocardites) 
et myocardites bacillaires, 
352. 

Tuberculeuse (procédé de re¬ 
cherche de la bacillénuc). 
3G8. 

Tuberculeux (essais d’immu¬ 
nisation de l’organisme), 381. 

Tuberculeux (la douleur locale 
à la pression chez les), 446. 

Tuberculides ou syphilides, 
152. 

— DES NOIRS (CONTRIBUTION 
A L’ÉTUDE DES LÉSIONS ANA¬ 
TOMIQUES DANS LA), 132. 

— expérimentale du cobaye 
(la période auteallergique 
dans la), 67, 128. 

— (fausses) de nature psy- 
chopatique, 365. 

— (l’injection et l’ingestion 
des sels (1e radium et de 
niésotliorium dans la), 335. 

— locales par les sulfates de 
terres rares (traitement des), 

-traitées par les injec¬ 
tions de sulfate de terres 


Tuberculose (lutte contre la) 
de la première enfance, 320. 

— (modes d’infection et les 
modes de préservation de la) 
chez les enfants du premier 
âge. 

— ostéo-articulaires (traite¬ 
ment des) par la méthode des 
injections sclérogènes, 127. 

— SYNDROME DE llASEDOW 
ET), 80. 

— (tension artérielle dans la), 

T° 4 ' 

Tumeurs de l’acoustique, 367. 

— gastrique (angiome du foie 
ayant revêtu les apparences 
d’une), 208. 

— maligne primitive du mé- 
diastin antérieur, hymplia- 
dénome d’origine thymique, 
3ê- 

— (présence de trypanosomes 
dans des) cancéreuses obser¬ 
vées au Paraguay, 384. 

— secondaires desos (les), 398. 

Tunellisation du pénis et 

du gland et tapissage du 
tunnel par un lambeau pré¬ 
putial (liypospadias péno- 
scrotal traité par), 84. 

Turcihni (J.), 128. 

Typho-badllose avec érythè¬ 
me polymorphe et conges¬ 
tion pulmonaire aigue tu¬ 
berculeuse, 96. 

Typhus exanthématique (hé¬ 
moculture positive à I’ro- 
teus x 19, chez un malade, 
atteint de), 36. 

Urée dans le sang (dosage de 
P) par le xantliydrol ; ses 
conditions expérimentales à 
réaliser pour une évaluation 
rigoureuse, 52. 

Urémique (recto-colite hé¬ 
morragique d’origine), 164. 

Uretères (dilatation congé¬ 
nitale des), 220. 

— doubles (la chirurgie des), 
381. 

Urétrite alguè méningococ- 
cique, au cours d’une ménin¬ 
gite cérébro-spinale, 479. 

Ulcère duodéno-pylorique per¬ 
foré (traitement de P), 398. 

— du duodénum avec une 
grande difatatiou gaslri- 

— perforés du duodénum 
(traitement des), 84. 

— — de l’estomac (indica¬ 
tions de la gastro-entéros¬ 
tomie postérieure dans le 
traitement de P), y>0. 


Ulcère pylorique perforé (trai¬ 
tement de P), 384, 464. 

— simple et des lésions réna¬ 
les et hépatiques (à propos 
de l’association de P), 
447. 

Ulcus gastriques. Hépatites 
et néphrites latentes, 399. 

— perforé (traitement de P) 
perforé du duodénum, 320. 

Utilisation des sources d’éner¬ 
gie, 398. 

Vaccination (infection et) par 
voie trachéale, 196. 

— précoce des nouveau-nés 
(sur la), r26. 

Vaccine (rapport général sur 
le service de la), 398. 

Vacdnotliérapie anligouococ- 

V aisseaux (les maladies du 

CŒUR ET DES) EN I9ZO 
(REVUE ANNUELLE), I. 

Valeur pratique de l’examen 
cytologique et diimique des 
crachats pour le diagnostic 
de l’asthme et des états 
asthmatiformes, 446. 

— de la réaction de Bordct- 
Wassermann en clinique 
infantile (la), 464. 

Vallery-Radot (P.), 138. 

Vannieuwenhuy.se (J.-B.), 

164. 

Vaquez (H.), 50. 

— hypertension paroxys¬ 
tique AIGUE, 433. 

Varicelle (origine commune 
de la) et d’un certain nom¬ 
bre de zonas, 50. 

Varices (traitement des) par 
les injections intra-vari- 
queuses de carbonate de 
soude, 399. 

Variétés, 446. 

Variot, 31.8, 479. 

Vaso-moteurs (troubles) et 
trophiques dans l’hystérie, 
378. 

Végétation (action du cuivre 
sur la), 50. 

Végétaux (action du cuivre 
sur les), 95. 

— (la croissance des), 128. 

— (les vitamines et la nutri¬ 
tion des), 137. 

Vertébrale (traitement des 
plaies de l’artère), 275. 

Vibrion dtolériquc (le pro- 
téide du), 196. 

Vidal, 351. 

Vie des fossiles (la), 319. 

Vigne (P.), 275. 

VIGNES (H.). .— I/OBSTÉ- 


trique en 1920 (revue 
annuelle), 115. 

Vignobles (la levure des), 206. 

VlLLARET (M.), 96, 382. 

Villars (René), 398. 

Vin rosé (la préparation du) 

Vincent (Cl.). — Df. la mé¬ 
ningite chronique syphi¬ 
litique AU TABÈS ET A LA 
PARALYSIE GÉNÉRALE, 258. 

VlOLLE (H.), 352. 

Virilisme (deux cas d’hirsu¬ 
tisme d’Apert avec) et 
psychopathie, 381. 

— (un nouveau cas de) cor- 
tico-surrénal, 126. 

Virulence des centres nerveux 
dans l’encéphalite léthar¬ 
gique six mois après le 
début de la . maladie, virus 
cucéphali tiques atténués, 
479- 

Vischniac (Ch.), 52. 

Vitamines (à propos des ré¬ 
serves de), 474. 

— (les) et la nutrition des 
végétaux, 137. 

Vlès, 230. 

Voie d’accès transrotuliennc 
transversale sur l’articu¬ 
lation du genou, 448. 

Wallioi, 400. 

Walther, 84, 127. 

Wassermann (la réaction de) 
en dehors de la syphilis, 151 

Weber. — Un cas de dia¬ 
bète GLYCURONIQUE, 472. 

Weil ( 13.), 366, 382, 447. 

Weissenbacii. — Milieux de 
CULTURE A BASE DE SANG 
TOTAL CITRATE LAQUÉ PAR 
L’ÉTIIER, 363. 

WIDAL (F.), 52, 65. 

Wilson (conception générale 
du lichen de), 385. 

WORMS, 139, 447. 

Xanthomc généralisé, r3g. 

Xanthydrol (dosage de l’urée 
dans le sang par le) ; des 
conditions expérimentales à 
réaliser pour une évaluation 
rigoureuse, 52. 

Zeller, 65. 

Zinc dans les tissus, 319. 

Zona (l’adénite primitive du), 
208. 

— (origine commune de la 
varicelle et d’un certain 
nombre de), 50. 

Zoopatliie interne (deux accès 
de) chez le même malade. 
Présentation de malade, 

— 140. 


IMPRIMERIE CRtTÈ. 








P. LEREBOULLET et J. HEITZ. — LES MALADIES DU CŒUR 


REVUE ANNUEUEE 

LES MALADIES DU CŒUR 
ET DES VAISSEAUX EN 1920 


Pierre LEREBOULLET 


Si depuis 1914 aucune revue d'ensemble n’a paru 
dans Paris médical, de nombreux articles parus dans' 
des numéros spéciaux ou à d'autres moments ont tenu 
régulièrement nos lecteurs au courant des progrès 
constants réalisés en cardiologie. A maintes reprises 
notamment, les questions, soulevées par la guerre, de 
l’aptitude des cardiaques au service militaire, des 
rapports des cardiopathies avec le traumatisme, du 
coeur des aviateurs, de l'action des gaz asphyxiants 
suri’appareil circulatoire, etc., ont étéenvisagéesdaus 
ce journal. Aussi laisserons-nous de côté tout ce qui 
a trait à la cardiologie de guerre, qui heureusement a 
aujourd’hui beaucoup perdu de sou intérêt. Nous 
nous appliquerons eu revanche à bien mettre eu relief 
les progrès des méthodes d’exploration cardiaque, 
de plus en plus nécessaires à bien connaître pour qui 
veut préciser un diagnostic de cardiopathie. O11 ne 
saurait notamment se passer du secours de la radio¬ 
logie. Quelle que soit parfois l'aridité apparente de 
ces questions, leur intérêt pratique est incontes¬ 
table et le rapide aperçu que nous allons en donner 
montrera que bien des notions nouvelles ont pu ainsi 
être mises en lumière. Les articles parus dans ce 
numéro complètent cet exposé. MM. Gilbert 
et Chabrol précisent les foyers d’auscultation du 
rétrécissement pulmonaire. M. Ribierre apporte 
une intéressante contribution à l'étude de l’insuf¬ 
fisance tricuspidienne. MM. Gallavardin etTixier 
nous ont réservé la primeur de nouvelles et sug¬ 
gestives recherches sur la méthode auscultatoire. 
L’étude de la digitale eu thérapeutique cardiaque 
faite par M. Josuéet celle du traitement de l’ané¬ 
vrysme syphilitique par M, CEttinger ont une portée 
pratique qui en augmentent encore l'intérêt. 


I. — Méthodes d’exploration du cœur. 
Méthodes graphiques. Études cardio¬ 
graphiques. 

Ou sait le merveilleux développement qu’ont pris 
au cours de ces quinze dernières années les méthodes 
d’exploration cardiaque ( 1). Les progrès réalisés dans 
ce sens ont été exposés d’une manière à la fois très 
complète et très claire parle D r de Meyer, de l'Institut 
de physiologie deBmxelles, dans un livre de 400 pages 
paru malheureusement quelques semaines avant 

(1) Db Me ver, Les méthodes modernes d’examen du cœur et 
des vaisseaux, un vol., Paris, 19 r 4. — De Me ver et Gallkmakkts , 
Arch. mal. cœur, sept. 1919. — W. Janowski, Arc/1. mal. cœur, 
oct. 1919. —P. ScitRUMPP, Arck. mal. cœur, déc. 1919.— 
Vaquez et Donzelot, Presse médicale, 17 janv. 1920. — Dr. 
Meyer, Acad. roy. de Belgique, 1919, f. 2-3. —- Einthoven et 
Hugenholtz, Ncdcrl. Tijds. v. Gcnccsk., 1919. I, p. 310, n° 4. 

N° 27. — 3 Juillet 1920. 


l’explosion de la guerre mondiale, mais qui reste 
plein d’actualité. Dans un mémoire rédigé à la même 
époque, mais qui vient seulement d’être publié. 
De Meyer étudia eu collaboration avec Gallemaerts 
les bruits perceptibles à l’auscultation du pouls 
jugula re, signalés pour la première fois par Josué et 
Godlewski en 1913. De Meyer a réussi à photo¬ 
graphier ces bruits par la méthode d’Eintlioveu (un 
microphone faisant varier l’intensité d'un courant 
qui mettait en vibration le fil d’un galvanomètre à 
corde). Les tracés obtenus par ce procédé établissent 
de façon péremptoire l’exactitude des observations 
de Josué et Godlewski, à savoir qu'on peut percevoir, 
au golfe jugulaire, un bruit d’origine auriculaire et 
deux bruits ventriculaires ; de plus, il existe d'autres 
bruits plus difficilement perceptibles à l'oreille et 
correspondant à certaines ondes du plilébogramme. 

Janowski (de Varsovie) a repris l’étude des diffé¬ 
rents accidents du pouls veineux ; dans un article 
très documenté, il a rappelé les interprétations qu’en 
ont données les principaux travaux de ces dernières 
années, et se fondant sur les explications qui ressortent 
de ces travaux, il propose de renoncer aux dénomi¬ 
nations primitivement proposées par les auteurs des 
différents pays et d'adopter des noms définitifs, 
rappelant la période de la révolution cardiaque à 
laquelle répondent ces accidents, et tirés du latin 
pour être compris universellement. 

I/électrocardiographie a été utilisée pour de nom¬ 
breux travaux dont plusieurs de grande valeur. 

P.Sehrumpf (de Genève) apublié, chez des malades 
atteints d’arythmie complète ou d'insuffisance 
tricuspidienne, des photographies simultanées de 
l’électrocardiogrannne et des pouls artériels et jugu¬ 
laires. Ces photographies, remarquablement réussies 
lui ont permis d'élucider toute une série de questions 
encore controversées : c’est ainsi qu'il n'y aurait pas 
de différence essentielle entre la fibrillation des 
oreillettes et leur tacliysystolie ( flatter des auteurs 
anglais), cette dernière n’étant qu’une forme plus 
lente et plus énergique de la fibrillation. Il est impos¬ 
sible de diagnostiquer une insuffisance tricuspi¬ 
dienne d’après la forme du pouls veineux (le pouls 
positif considéré autrefois comme un signe certain de 
l'insuffisance des valvules tricuspides pouvant se 
produire indépendamment de cette dernière). De 
plus, la majeure partie des cas d'arvtlimie complète 
(c’est-à-dire par fibrillation auriculaire) n'est pas 
accompagnée d’insuffisance tricuspide ; par contre, 
les cas d'insuffisance tricuspide grave sans ary¬ 
thmie complète sont extrêmement rares. Le pouls 
veineux positif, eu cas d'arytlunie complète, avec 
fusion des ondes c et d’, est un signe d'insuffisance 
tricuspide ; eu pareil cas, ou trouve presque tou¬ 
jours un pouls hépatique. 

O11 sait que les dcxtrocardics congénitales avec 
inversion viscérale totale donnent un électro car¬ 
diogramme renversé en dérivation I (main droite 
main gauche). Par contre, les dcxtrocardics congéni¬ 
tales pitres (sans autre inversion viscérale) donnent 
un électrocardiogramme normal, en dérivation I 
N« 2; 




PARIS MEDICAL 


comme viennent de le montrer Vaquez et Donzelot 
par deux observations. A plus forte raison en est-il 
de même dans les dextrocardies acquises. 

De Meyer a étudié à nouveau l 'origine des phases 
ventriculaires de l'clectrocardiogranmie : par compa¬ 
raison avec la forme du courant d’action d’autres 
muscles de l’organisme, il arrive à cette conclusion 
•que le complexe Q R S qui coïncide avec la mise en 
tension du ventricule représente le vrai courant 
-d’action de la systole ventriculaire. Quant à l’éléva¬ 
tion T, elle correspond à la phase de contraction des 
ventricules et dure autant qu'elle. 

Einthoven et Hugenholtz ont repris l’étude de 
• ces faits troublants où le galvanomètre enregistrait 
im électrocardiogramme sur un cœur d’animal mou¬ 
rant, alors qu’aucune contraction de ce cœur n’était 
plus visible : ils ont reconnu que ces divergences 
tenaient simplement à ce que nos procédés d'ins- 

■ cription mécanique sont trop grossiers pour enre¬ 
gistrer des contractions très faibles. 

II. — Radioscopie. 

Nos connaissances sur d’interprétation des ombres 
du cœur et des vaisseaux de la base ont progressé sur 
plusieurs points importants, grâce à l’effort persé¬ 
vérant du professeur Vaquez et dé son fidèle collabo¬ 
rateur E. Bordet. Celui-ci a (i) récemment remis au 
point les données considérées comme classiques, il y a 
quelques années, sur les images de la région médiasti¬ 
nale supérieure. Il commence par affirmer que la 
veine cave, contrairement à ce qu’on croyait autre¬ 
fois, est parfaitement visible dans toutes les positions : 
deux fragments de veine cave et d’aorte, remplis de 
sérum, donnent sur une plaque radiograpliique des 
ombres à peu près aussi denses. En somme, le pédi¬ 
cule de la base du cœur est formé de trois vaisseaux, 
tous trois opaques, et dont on ne peut dissocier les 

■ ombres qu’eu les examinant dans plusieurs positions 
obliques successives. Il importe que le radiograplie, 
au cours de l’examen, ait continuellement présents 
dans l’esprit les rapports de ces trois vaisseaux, pour 
chaque obliquité. 

I e bord droit de l’ombre commune, eu position 
frontale, répond à la veine cave supérieure ; toutefois, 
chez l’adulte, pour peu qu’il y ait dilatation aortique, 
l’aorte ascendante, décrivant une courbe à convexité 
droite, vient affleurer la partie moyenne de ee profil : 
on peut la voir battre à chaque systole à ce niveau, 
.alors que la veine cave ne bat pas. En oblique anté¬ 
rieure gauche, la veine cave se dissimule derrière 
l’aorte dont la saillie devient prédominante. En 
oblique antérieure droite, on voit au-dessus de 
l’ombre du cœur un bourgeon vertical entre deux 
plages claires. B a partie antérieure de ce bourgeon 

(i) E. Bordet, Arch. des malail. du cœur, février 1919. — 
Mougeot et Pacaut, Paris médical, 8 npv. 1919. — Salmond, 
Arch. of Radiology, sept. 1919.— Dausset, Soc. de radiol. de 
France, janv. 1919. — Vaquez et Bordet, Ibid., juillet 1919. 
— Eaubry et Bordet, Presse mid., 29 oct. 1919. — VAyuae 
et Bordet, Paris médical, 13 déc. 1919. 


3 Juillet IQ20. 

est formée par l’aorte ascendante ; sa partie posté¬ 
rieure, plus étroite et plus claire, a été longtemps 
considérée comme formée par l’aorte descendante, 
bien que l’anatomie ne paraisse pas expliquer un sem¬ 
blable aspect : en effet, les dissections montrent que 
la crosse de l’aorte, se recourbant d’avant en arrière 
pour gagner le bord gauche de la colonne vertébrale, 
ne peut pas doubler l’aorte ascendante dans les posi¬ 
tions obliques. Et des expériences de Cerné, de Mou¬ 
geot (injection de l’aorte sur le cadavre avec des sels 
opaques, pyis radiographie eu position oblique) 
confirmaient que 1 ' aorte suivait bien sur les plaques le 
trajet indiqué par les anatomistes. Et cependant, 
la radiographie sur le vivant donnait l’image d’un 
bouigeon médian, replié sur lui-même, qu’aucune 
ombre transversale ne rattachait à l'ombre rachi¬ 
dienne. Bordet commence par montrer que la partie 
postérieure du bourgeon médian, un peu plus claire que 
la partie formée par l’aorte ascendante, correspond 
à la veine cave. Quant à la position de la crosse aor¬ 
tique se dirigeant directement en arrière vers le 
rachis, son ombre est noyée par la clarté du tissu 
pulmonaire et de la trachée. Dans la position oblique 
postérieure gauche qui rapproche au maximum le 
vaisseau de l’écran, on voit quelquefois l’aorte, 
quand elle est athéromateuse, se rapprocher de la 
colonne vertébrale, pour s’effacer avant de la re¬ 
joindre ; quant à l'aorte descendante, elle est tou¬ 
jours cachée dans l’ombre du racliis. 

En oblique postérieure droite, on peut quelquefois 
voir la crosse de l’aorte dans toute sa continuité, 
lorsqu’elle est athéromateuse et quelque peu 
dilatée. 

Quant à l’artère pulmonaire, elle fait en avant et 
à gauche de la partie inférieure de l’aorte une saillie 
modérée ; mais lorsqu’elle est très dilatée (atliérome 
de ses branches, rétrécissement de l’orifice pulmo¬ 
naire), on peut lavoir, surtout en oblique antérieure 
droite sous un angle de 50 0 , se détacher très nette¬ 
ment sur l’ombre de l’aorte ascendante sous la 
forme d’une ombre ampullaire plus noire. 

Si l’on mesure le diamètre transversal de l’aorte 
en position oblique, comme l’indique Bordet, et en 
dissociant son ombre de celle des vaisseaux voisins, 
on trouve ce diamètre toujours inférieur à 3 centi¬ 
mètres à l’état normal (1 à 2 centimètres de seize à 
vingt ans, 2 Ù2,5 centimètres de vingt à quarante ans, 
2,5 à 3 de quarante à soixante ans). 

Nous avons vu qu’il était impossible de distinguer, 
même en position oblique, l’ombre de l’aorte descen¬ 
dante de celle du racliis; eu position frontale, on peut 
assez souvent se rendre compte de la dilatation de 
l’aorte descendante à son origine par l’allongement 
de la corde de l’hémi-cercle aortique gauche, qui, au 
lieu de former une saillie arrondie au-dessous de la 
clavicule, vient finir en mourant sur l’arc moyen 
constitué par l’artère pulmonaire. Mougeot et Pacaut 
ont insisté à nouveau sur ce caractère. 

On savait depuis longtemps qu’une radiographie 
à faible distance déformait en l’agrandissant l’ombre 



P. LEREBOULLET et J. HEITZ. — LES MALADIES DU CŒUR 3 


du cœur. Sahnond a montré, par des radiographies 
en séries à distances progressives, que la déformation 
devenait négligeable quand l’anticathode était au 
moins à 2 “,43 du corps examiné. 

Dausset a considéré l’étalement de l’ombre car- 



Aorte et veine cave supérieure; fragments de ces vaisseaux 
contenant un sac de baudruche rempli de sérum physio¬ 
logique et radiographiés (fig. 1). 


diaque dans le décubitus dorsal comme un phéno¬ 
mène anormal, indiquant une hypotonie du myo¬ 
carde. Pour Vaquez et Bordet, le fait s’observe 
couramment et tient au changement de direction de 
l’axe du cœur; mais il est beaucoup plus marqué quand 
les dimensions transversales du cœur prédominent, 
ce qui est le cas chez tous les cœurs hypotoniques. 

Laubry et Bordet ont montré que ces mêmes cœurs 
hypotoniques ont, eu position frontale, un aspect 
triangulaire qui tient à la dilatation isolée du ven¬ 
tricule droit, sans que l’oreillette droite soit aug¬ 
mentée dans ses dimensions : l’ensemble de l’ombre 


ventricule droit subit .plus que le g auclie, 1 ' influence d e 
la fatigue. 

Quant au ventricule gauche, on sait qu’il contribue 
à peine'à former, sur la face antérieure du cœur, la 
partie tout à fait gauche de cette dernière, au 



Imageanatomiqueducœur Aorte athéromateuse dont ou voit 
et du méliastin posté- nettement, en position frontale, le 
rieur en position latérale contourdéborder le profitde la veine 

droite (fig. 2 ). cave (fig si- 

voisinage de la pointe. Ou mesurera mieux le déve¬ 
loppement anormal du ventricule gauche en éva¬ 
luant la saillie qu’il forme en profondeur sur la face 
postérieure du cœur. Vaquez et Bordet ont proposé 
une manœuvre ingénieuse pour se rendre compte de 
la valeur de cette saillie postérieure. Après avoir 
inscrit sur l’écran le profil de la pointe, on déplace 
l’ampoule de 10 centimètres vers la droite du sujet 
examiné, de telle sorte que le faisceau de rayons 
tangeant obliquement à la paroi postérieure du cœur 
rejette le profil de la pointe vers la gauche : l’écart 
ainsi produit entre les deux profils est dit l’indice de 





OAD, 40° environ 
(fig- 4)- 


rie athéromateuse, 
(fig- 5). 


Aorte athéromateuse en OrG (à gauche) 
etenOPD (à droite) (fig. 6). 


a un siège plus médian qu’à l’état normal, et le bord 
droit présente une obliquité particulière en bas et à 
droite, le développement de l’ombre cardiaque domi¬ 
nant au niveau du diaphragme. Le cœur triangulaire 
s’observe encore dans les affections respiratoires 
capables de gêner la circulation pulmonaire, dans 
certaines lésions mitrales, enfin chaque fois que le 


profondeur. Il oscille normalement entre 7 et 14 mil¬ 
limètres. Dans l’hypertrophie ou la dilatation du 
ventricule gauche, ce chiffre peut atteindre 2 cen¬ 
timètres. 

Toutes ces données récentes concernant l'inter¬ 
prétation de l’ombre du cœur et des vaisseaux de la 
base se trouvent exposées dans la troisième édition 


4 

de l'ouvrage de Vaquez et Bordet (i) qui vient de 
paraître, il y a quelques semaines, et qui constitue le 
guide clair, indispensable à qui veut se familiariser 
avec le radiodiagnostic des cardiopatliies, si utile à 
bien connaître, mais si riche en erreurs, dès que l’on 
cesse de suivre les règles fixes établies par ces auteurs. 

III. — Pression artérielle. 

a. Technique sphygmomanométrique. — 

1/événement .de l’année, eu matière de sphygtno- 
manométrie, a été l’apparition, retardée par la guerre, 
de la deuxième édition du livre de Gallavardin (2). 
A la vérité, il s’agit d’un livre nouveau, qui dans ses 
720 pages illustrées de 200 figures ou schémas, ren¬ 
ferme un nombre considérable de documents ori¬ 
ginaux et critiques. La première moitié du volume 
est consacrée à la technique mauométrique. L’auteur 
a toujours été un fidèle partisan, pour la mensuration 
de la pression systolique, de la méthode de Riva- 
Rocci. Elle s’y trouve exposée avec toutes sortes de 
détails pratiques. Notons surtout deux points : la 
nécessité, quand on n’emploie pas un manomètre à 
mercure, mais un manomètre métallique, de le faire 
vérifier tous les quelques mois, ces manomètres se 
déréglant souvent ; et l’utilité qu’il y a à rechercher 
la pression résiduelle, c’est-à-dire le chiffre qu’on 
obtient après plusieurs mensurations successives, et 
qui est souvent inférieur de 1 à 3 centimètres Ilg 
au chiffre obtenu la première fois : l’oubli de cette 
précaution, selon Gallavardin, enlèverait beaucoup 
de leur valeur documentaire aux travaux concernant 
les variations de la pression (par exemple dans les 
essais thérapeutiques). 

Tixier (de Nevers), qui a mis si clairement 
nos lecteurs au courant de la méthode ausculta- 
toire, a donné récemment une excellente étude 
des modifications qui se produisent au cours de 
mensurations successives, tant dans la pression sys¬ 
tolique que dans la pression diastolique (celle-ci 
à un moindre degré d’ailleurs). La cause de cette 
baisse de pression résiderait dans la disparition du 
spasme artériel local. 

Les méthodes dérivées du procédé primitif de Ri va- 
Rocci, telles que la méthode auscultatoire et la mé¬ 
thode graphique, sont étudiées par Gallavardin dans 
des chapitres distincts. Exposant la méthode oscillo- 
métrique, il la rejette pour la recliercliede la pression 
systolique, mais il lui reconnaît au contraire des 
avantages considérables pour la recherche de la 
pression diastolique. En pratique on peut, selon 
l’habitude prise, préférer l’usage de l’appareil de 
Paclion — ou la recherche des tous vibrants à l’aus- 

(1) Vaquez et ISordkt, I,e cœur et l’aorte, études de radio¬ 
logie clinique, 3 0 édition, Paris, 1920, 

(2) I,. Gallavardin. I,a tension artérielle en clinique, sa 
nature, sa valeur séméiologique, 2 e édition, Paris, 1920. — 
L. Tjxiiïr, Arch. mal. cœur, août 1919. — Vaquez et I.aubrv, 
Lespliygmo-tensiométre (Soc.méd. Mp., 31 oct. 1919). — Gal- 
I.ÀVARD1 N et Tixier, Arch. mal. coeur, oct. 1919. — G. Billard, 
Journ. midic. français, sept. 1919. — Duntze, Thèse Paris, 
1920.— Bret, Arch. mal. cœur, nov. 1919.— Aubertin, Presse 
médicale, 18 février 1920.— Vuxaret et Dufour, Soc. méd. 
hùp., 5 déc. 1319. 


3 Juillet 1920 . 

cultation en utilisant le nouveau dispositif Vaquez- 
Laubry — ou celle de la vibrance humérale au pli 
du coude. 

Gallavardin reconnaît qu’il est d’assez nom¬ 
breuses conditions cliniques où la transition entre la 
zone desgrandes et des petites oscillations, des bruits 
cinglants ou non cinglants, reste délicate : la mesure 
de la pression diastolique est alors assez difficile, que 
la cause tienne à l’état anatomique de l’artère ou à 
la présence d’une insuffisance aortique. Avec Tixier, 
Gallavardin a récemment publié l’observation d’un 
malade atteint d’une double lésion aortique chez 
laquelle la mensuration de la pression diastolique 
était particulièrement délicate : c’était la méthode 
oscillométrique qui, grossissant les différences grâce 
à la sensibilité de l'appareil de Paclion, permet¬ 
tait le mieux de fixer la fin de la zone des grandes 
oscillations. Gallavardin admet qu’ il reste d’ailleurs 
des cas absolument illisibles. 

Abstraction faite de ces exceptions, en pratique 
courante, on peut dire qu’avec un brassard, une 
soufflerie et un manomètre, tout médecin exercé peut 
eu une minute mesurer les pressions systolique et 
diastolique. On y ajoutera un stéthoscope biauricu- 
laire si l’on préfère l’auscultation à la palpation du 
pouls. 

Dans ce numéro même, Gallavardin et Tixier 
apportent une fort intéressante contribution à 
l’étude de la méthode auscultatoire. Il peut y 
avoir intérêt cependant, dans certaines conditions 
cliniques, à étudier par d’autres procédés les diffé¬ 
rents moments de la pression artérielle. Ou sait que' 
simultanément, en octobre-novembre 1917,1!. Delau- 
nay (de Bordeaux), Billard (de Clennout-Perrand) 
et Barré (de Strasbourg), ont proposé de dresser la 
courbe oscillomélriqite d’un malade donné. Sur un 
papier quadrillé, on trace deux coordonnées rectan¬ 
gulaires : la pression se compte en centimètres de 
mercure sur la ligue des abscisses à partir de o. Sur 
la ligne des ordonnées, on inscrit, en partant de o,des 
valeurs progressivement croissantes correspondant 
à des oscillations de l’aiguille qui couvrent 1, 2, 3, etc. 
divisions du cadran du Paclion. On 11’a plus alorsqu’à 
inscrire sur ce quadrillé les amplitudes d’oscillation 
notées successivement au cours de la décompression 
du brassard : tous ces points, réunis en mie courbe, 
donnent la courbe oscillométrique. D’aprèsDelauiiay, 
de l’examen de cette courbe, ou déduirait avec facilité 
et avec plus de précision qu’au simple examen visuel 
de l’oscillomètre, le niveau des pressions maxima 
et minima. 

Billard a surtout étudié les variations de forme 
de la courbe.au point de mie clinique : si l’on a soin 
de se servir d’un papier dpnt le quadrillage soit tou¬ 
jours de dimensions identiques, l’aspect seul de la 
courbedomiedéjàune indication diagnostique. Lapar- 
tie inférieure de la courbe (correspondant à une faible 
compression du brassard) domierait des indications 
intéressantes sur la pression veineuse : une chute 
brusque serait en rapport avec une réplétion vei¬ 
neuse faible ; l'étalement de cette partie de la courbe 


PARIS MÉDICAL 



P. LEREBOULLET et J. HEITZ. 

indiquerait une charge veineuse élevée par gêne de 
la petite circulation. La partie supérieure de lacourbe, 
normalement souple en S renversé, tend à prendre 
l’aspect d'une droite quand les artères ont perdu de 
leur élasticité. Cette partie varie d’ailleurs inces¬ 
samment connue le fait, d’ailleurs, le niveau de la 
maxima, soumise aux influences successives des 
mouvements, de la respiration, etc. Il n’y a pas, chez 
un sujet donné, une nraxima, mais des maxima conti¬ 
nuellement changeantes. 

Villaret et Dufour, après avoir construit la courbe 
oscillométriquc, comparentles renseignements donnés 
par cette dernière à ceux de lamétliode auscultatoire ; 
construisant de la sorte un triangle compris dans la 
concavité de la courbe, ils le découpent et en éva¬ 
luent la surface par pesée : la valeur obtenue, fonc¬ 
tion de Mx, et de Mn, de 1 ’ amplitude oscillatoire, réalise 
une sorte de constante, en rapport avec les divers 
caractères physiologiques et dont les variations cli¬ 
niques peuvent être intéressantes à constater. Cen’est 
toutefois, pas une méthode d'application clinique 
courante. 

Reprenant toute la spliygmomanométrie dans une 
vue d’ensemble, Aubertin conclut que si l’on veut 
noter les tensions eu chiffres, il faut préférer pour la 
maxima la méthode de Riva-Rocci, pour la minima 
la méthode auscultatoire, et qu’eu pratique courante 
ces procédés sont suffisants. Dans certains cas qu’on 
désire étudier de plus près, la construction d'une 
courbe oscillométrique complétera heureusement les 
données précédentes : elle permet tout d’abord de 
figurer l’amplitude des plus grandes oscillations, et 
elle indique aussi la proportion relative des grandes 
oscillations, La forme de la courbe, en clocher ou en 
plateau, présente, au point de vue clinique, un cer¬ 
tain intérêt. Dans les insuffisances aortiques, on peut 
voir des oscillations assez amples persister presque 
jusqu’ à décompression totale du brassard : eu général, 
chez ces malades, les oscillations ont beaucoup 
d’amplitude, quoiqu’on puisse exceptionnellement 
les trouver peu étendues. Ce sont là autant de parti¬ 
cularités que seul nous montre l’emploi de l'appa¬ 
reil de Paclion. 

b. Clinique sphygmomanométrique. — 

On trouvera, dans le livre de Gallavardin, des pages 
intéressantes consacrées à l'hypertension diastolique 
des néphrites subaiguës, ou qui se voit chez les hyper¬ 
tendus dont le cœur gauche commence à se fati¬ 
guer. 

Onconuait l ’hypotension diastolique del'insuffisance 
aortique. Gallavardin a vu des insuflisances aortiques 
sans hypotension diastolique ; d’après Bret, il eu 
était ainsi dans les cas (observés par lui avec autopsie 
démonstrative) d'insuffisance aortique fonctionnelle 
où, comme on peut le comprendre, la fuite sigmoï¬ 
dienne est presque toujours minime. Mais d’autre 
part on peut voir, chez certains hypertendus une 
hypotension diastolique relative, en dehors de toute 
insuffisance aortique. Gallavardin, qui a signalé ces 


- LES MALADIES DU CŒUR 5 

faits il y a plusieurs années déjà, les confirme dans sou 
livre par de nouveauxcas dont plusieurs où l'autopsie 
a montré des valvules sigmoïdes parfaitement suffi¬ 
santes. Le souffle diastolique qu’on doit chercher 
non seulement au foyer aortique, mais à l’appeudice 
xiphoïde (Landouzy) ou à gauche (lu sternum, par¬ 
fois dans le deuxième espace (Trémolières et Caus- 
sade), reste donc le véritable signe de l'insuffisance 
aortique : il n’y a toutefois que des avantages à en 
rechercher les signes périphériques (tension dias¬ 
tolique liasse, double souffle crural de Durozier). 

Il faut citer, à propos de la tension de la pression 
artérielle dans l'insuffisance aortique, la thèse de 
Duntze (travail du service du P r Vaquez) : cet auteur 
a trouvé, chez des militaires, mie proportion assez 
considérable d'insuffisances aortiques avec pression 
différentielle normale. Il a confirmé la fréquence de 
l’hypertension systolique dans les artères tibiales, 
par rapport aux eliiffres constatés à l’humérale, chez 
les porteurs d'insuffisance aortique examinés dans le 
décubitus dorsal. 

Pouls alternant. — Avant de quitter la technique 
sphygmomanométrique, signalons quelques travaux 
récents sur les méthodes de recherche et la significa¬ 
tion clinique du pouls alternant. 

Ou sait, depuis les premières publications de 
Gallavardin, de P. -D. Wliite eu Amérique, et la thèse 
de Gravier (1914), qu’il s’agit d’un état sinon banal, 
du moins assez fréquent dans les affections car¬ 
dio-vasculaires surtout hypertensives, et qui traduit 
un état d’insuffisance ventriculaire gauche assez 
prononcé. Gallavardin dit même, dans son livre récent 
sur la tension artérielle en clinique, qu'il n’y a peut- 
être pas un seul ancien hypertendu à myocarde 
fléchissant, qui ne présente d’alternance à un certain 
moment de son évolution. Il ne s’agit pas toujours 
d’alternance continue, évidente; souvent c’est une 
alternance fruste, qui s’accuse lorsqu’on exerce une 
pression en amont par un brassard gonflé sur l’hu¬ 
mérale pendant qu’on palpe le pouls radial, ou par la 
simple compression digitale sur l’humérale au pli du 
coude pendant que l’autre main palpe la radiale. 

Danielopolu a montré qu’ou mettait facilement 
en évidence l’alternance fruste au moyen del’oscil- 
lomètre de Paclion,en interrogeant surtout les oscil¬ 
lations supramaximales. Toutefois, ce procédé est 
inférieur à celui dans lequel on guette la réapparition 
des plus fortes pulsations au-dessous du brassard, 
pendant la décompression, lors de la manœuvre de 
Riva-Rocci : car 011 peut ainsi juger de la différence 
de pression entre les pulsations fortes et les pulsa¬ 
tions faibles successives. 

Selon Bard (de Strasbourg), un excellent moyen 
de reconnaître ces cas frustes est de noter la différence 
d’intensité des bruits successifs qui se produisent 
au-dessous du brassard lorsqu’on décomprime lente¬ 
ment ce dernier pendant la manœuvredeRiva-Rocci. 
O11 sait que les premiers bruits apparus donnent le 
niveau de la pression systolique : or c'est à ce mo- 



6 


PARIS MEDICAL 


3 Juillet iQ2o. 


meut qu’on peut le mieux juger l’alternance régu¬ 
lière des pulsations fortes et faibles. 

Par l’injection de i milligramme à i mi ',5 à.’atro¬ 
pine, on peut révéler des alternances latentes, c’est- 
à-dire qui sont pour le moment masquées, mais qui 
reparaîtraient sous l’influence d’une fatigue, d’un 
écart de régime (Dauielopolu) : l’atropine montre 
l'alternance latente, même lorsqu’elle n’accélère pas 
le rythme cardiaque. 

D’après 25 observations rapportées par Ch. Es- 
mein et J. Heitz, l’alternance serait d’une manière 
presque constante liée à un certain degré d’azotémie : 
(le taux d’urée sanguine dépassait 0,50 par litre dans 
24 observations, pouvant s’élever à x gramme, et 
même dépasser ce chiffre). Or, il est à noter que 
presque tous les malades observés par ces auteurs 
étaient maintenus depuis longtemps à un régime 
hypoazoté. Selon Josué, il s’agirait d’une azotémie 
par oligurie relative, comme il en a décrit avec 
M. Parturier chez les malades en état d’insuffisance 
cardiaque. Mais les cardiaques atteints d’alternance 
observés par Esrnein et Heitz, presque tous hyperten¬ 
dus, urinaient eu général assez abondamment. I.a 
constancede l’azotémie chez les alternants semble in¬ 
diquer que le trouble du rythme pourrait être lié 
à une intoxication du myocarde par les produits de 
désassimilation des albumines retenus dans le sang : 
Hering et ses élèves ont obtenu expérimentalement 
l’alternance du cœur par l’acide glyoxylique, produit 
de destruction de l’acide urique eu présence d’ex¬ 
traits d’organe, et cette substance doit être rete¬ 
nue dans le sang des azotémiques. Quoi qu’il en 
soit, le régime sans azote exerce sur l’alternance et sur 
l’état général de ces malades mie influence générale¬ 
ment très heureuse (1). 

Il faut en pareil cas toujours songer à une étiologie 
syphilitique possible. Chez 52 malades atteints 
d’alternance observés par J. Heitz, 16 étaient cer¬ 
tainement syphilitiques, 3 l'étaient vraisemblable¬ 
ment, et ou pouvait penser que quelques autres 
encore avaient été infectés, la réaction de Bordet- 
Wassermann n’ ayant pu être pratiquée dans un certain 
nombre de cas. Le traitement spécifique (uéosalvarsan 
et surtout injections de cyanure Hg) a donné dans un 
certain nombre de cas des résultats encourageants ; 
il a été difficilement toléré, par contre, chez deux 
malades de Parvu. 

A ces ressources, 011 associera la digitale, si utile 
chez nombre de cardiopathes alternants. 

Parmi les travaux récents consacrés à l’hypoten¬ 
sion, signalons le récent article de Marfan et Van- 
nienwenhuyse (2) sur l 'hypotension des tuberculeux. Ces 

(1) L. Gallavardin', I,a tension artérielle en clinique, 1920.— 
Danielopolu, Soc. mid. hûp. Bucarest, 6 nov. et 31 déc. 1919. 
— Bard, Arch. mal. cœur, mai 1915. — Ch. Iîsmein et J. IIeitz, 
Soc. mid. hôp., 6 févr. 1920. — Josué, Soc. mid. hôp., 6 févr. 
1920. — J. Heitz, Congrès des mid. de langue française, 
Bruxelles, mai 1920. — Parvu, Thèse Paris, 1919. 

(2) Marfan et Vannienwenhuyse, Annales de médecine VII, 
»° 1, 1920. — Burnand, Arch. m l coeu , sept. 1919. 


auteurs ont repris cette étude avec le dispositif 
Vaquez-Laubry (les recherches précédentes de 
Marfan, qui montrèrent la fréquence et la signi¬ 
fication de l’hypotension chez les tuberculeux pulmo¬ 
naires chroniques avaient été faites avec l’appareil 
Potain). D’une façon générale, les nouvelles cons¬ 
tatations confirment les antérieures : l’hypotension 
artérielle (c’est-à-dire moins de 12 pour la pression 
systolique) est habituelle chez les tuberculeux, et le 
pronostic apparaît d’autant plus sombre que la 
tension est plus basse.C’est un phénomène très pré¬ 
coce, au pohit qu’on peutse demander sil’liypotension 
n’est pas un élément de prédisposition à la maladie 
plutôt qu’un effet de cette dernière. Lorsque les 
signes d’auscultation n’imposent pas nettement 
le diagnostic, la constatation d’une tension très faible 
doit faire pencher, en cas d’altération récente de l’état 
général, vers l’idée d’une germination bacillaire dont 
les signes se révéleront un peu plus tard. Dans les 
poussées évolutives si bien décrites par Bezançon et de 
Serbonnes, la pression s’abaisse encore davantage 
(de 1 à 2 centimètres), mais seulement quelques jours 
après le début de la poussée, et elle persiste autant 
qu’elle. Si, la fièvre tombée, la pression tarde à se 
relever, on doit craindre une récidive proche. 

La pression s’élève d’une façon presque générale 
en cas à'hémoptysie, et même, disent les auteurs, sou¬ 
vent on peut prévoir un jour ou deux à l’avance la 
production de l’hémoptysie par une légère élévation 
de la courbe de tension. Il en est ainsi, même pendant 
les poussées évolutives, même dans les hémoptysies 
dues chez les cavitaires, à la rupture d’un anévrysme 
de Rasmussen. 

Dans la pleurésie sèche, la pression n’est abaissée 
au’autant que le poumon participe au processus 
pleurétique. Dans la pleurésie avec épanchement, 
le degré d’abaissement de la pression dépend avant 
tout de l’abondance de l’épanchement ; lorsque 
celui-ci est résorbé, il est en relation étroite avec le 
pronostic. 

La production de diarrhée par ulcérations intes¬ 
tinales, l’association de laryngite abaissent encore la 
pression. 

Il est certains tuberculeux dont la pression reste 
au-dessus de la normale. On sait depuis longtemps 
qu’en pareil cas l’évolution est beaucoup plus traî¬ 
nante ; les hémoptysies, qui ne sont pas rares, pré¬ 
sentent moins de gravité. C’est le cas chez la plupart 
des syphilitiques devenus ultérieurement tubercu¬ 
leux ; par contre, les tuberculeux qui contractent la 
syphilis s’aggravent rapidement, comme en témoigne 
leur baisse de pression. 

La mesure de la pression peut, chezles tuberculeux 
améliorés et qu’on rend à la vie ordinaire, aider à 
déterminer la dose de travail physique que ces 
malades sont à même d’exécuter. 

La détermination de la pression diastolique rend 
rarement des services chez les tuberculeux pulmo¬ 
naires : généralement elle reste à un niveau normal 
(ce niveau d’après les auteurs, en accord avec Galla¬ 
vardin, devant être fixé entre 8,5 et 7,5). La pression 





P. LEREBOULLET et J. HEITZ. 

diastolique ne s’abaisse que chez les mourants, ou 
en cas de pneumothorax spontané qui déprime sur¬ 
tout la pression systolique, mais aussi la diastolique 
dont le niveau peut s’abaisser d'un centimètre envi¬ 
ron. 

Bumand (de Beysiu) emploie depuis cinq à six ans 
systématiquement la digitale (o ir ,io de poudre trois 
jourssur dix, ou un quart de milligramme de digitaline 
par semaine) chez les tuberculeux hypotendus, avec 
gêne de la circulation pulmonaire, et il en a obtenu 
souvent une amélioration nette de l’état général, ’a 
disparition de la cyanose et de la dyspnée, un relè¬ 
vement marqué de la pression artérielle générale. 

Clovis Vincent (i) a bien montré toute l'importance 
de l’hypotension comme élément préparatoire au 
sliock chez les soldats en campagne. 1/hypotension 
est presque constante, d’après les constatations qu’il 
a faites comme médecin de régiment, chez la plupart 
des fantassins qui se battent : la fatigue, la boue, le 
froid, l’angoisse abaissent notablement la pression. 
Aussi toute hémorragie un peu importante provo¬ 
quera- t-elle un état de sliock presque immédiat ; 
une maladie infectieuse (paratyphoïde par exemple), 
une néphrite occasionnelle pourront abaisser la 
tensionmaxima. BosquetteetF. Moulonguet, d’après 
leurs constatations à un poste de triage de corps 
d’année, ont pu confirmer les remarques de Vincent : 
ils attachent une grande importance aux fatigues 
antérieures à la blessure comme cause prédisposante 
du sliock. I/hémorragie serait le facteur principal du 
sliock immédiat. Dans le sliock immédiat, la pression 
humérale, mesurée à l’appareil de Vaquez, dépasse 
rarement 5 centimètres Hg : au moindre mouvement, 
le pouls radial disparaît. En cas d’évolution heureuse, 
la pression se relève subitement, souvent sans cause 
apparente, trente-quatre ou quarante-huit heures 
après le début des accidents : le pouls est lent, bien 
frappé; la pression, systolique a remonté à 10 ; 
les urines reparaissent. Dans sa thèse, Ducastaing 
avait déjà noté que des blessés pouvaient guérir, après 
être restés sans pouls pendant plus de vingt-quatre 
heures. 

Pour la clinique de l’hypertension artérielle per¬ 
manente, nous renvoyons le lecteur à la bonne et très 
complète description’qu’eu donne Gallavardindaus 
son livre sur la tension. 

Vaquez a rappelé (2) que certaines maladies infec¬ 
tieuses, la fièvre typhoïde, la pneumonie, la grippe 
surtout, abaissent souvent le chiffre de la tension chez 
les grands hypertendus permanents, au point 
qù’on pourrait ignorer, si 011 ne les avait coimus 
auparavant, qu'ils présentaient cette anomalie 
circulatoire. Vaquez fait remarquer que les maladies 

(1) Clovis Vincent, Arcli. mal. tœur, sept. 1918. — J. Bos- 
quette et P. Moulonguet, Lyon chirui g., sept-oct. 1919. — 
Ducastaing, Thèse Paris, 1918. 

(a) H. Vaquez, Acad, médecine, 11 mars 1919.— Pasteur- 
Vallery-Radot, Thèse Paris, 1918. — Aubertin, Paris 
média!, 5 juillet 1919. — Cordier, Boulud et Coliiat, l yon 
m.'dic il, 25 janvier 1920.— Cordier, Arcli. mal. cœur, julu 1920. 
— Etienne et Richard, Paris médical, 9 août 1919. 


— LES MALADIES DU CŒUR 7 

infectieuses provoquent presque toujours une insuf¬ 
fisance, parfois des lésions, des capsules surré¬ 
nales : ces constatations viendraient à l’appui 
de la thèse soutenue par l’auteur d’après laquelle 
l’hypertension permanente serait due à un trouble 
dans les fonctions du système chromaffine. Dans sa 
récente thèse sur le fonctionnement rénal dans 
les néphrites chroniques, Pasteur Vallery-Radot 
considère au contraire que toute hypertension per¬ 
manente est d’origine rénale : il reprend les argu¬ 
ments soutenus déjà par Ambard, par Géraudel, etc., 
à savoir qu’à l’autopsie de ces malades on trouve 
toujours des lésions rénales, et que tôt ou tard dans 
l’évolution des cas où ne se manifestait aucune 
tare rénale, ou voit apparaître de l’albuminurie,de la 
clilorurémie ou de l’azotémie. Ces arguments ne 
répondent pas cependant à l’opinion qui explique 
cette évolution vers la sclérose rénale par l’hyper¬ 
tension elle-même, provocatrice d’artérioliles rénales 
comme d’athérome aortique. D’observation d’Au- 
bertin, concernant une éclamptique,à l’autopsie de 
laquelle on trouva les reins normaux (avec une hyper¬ 
trophie cardiaque prononcée et des surrénales en 
hyperplasie) vient à l’appui de la théorie de Vaquez : 
malheureusement la pression artérielle n’a pu être 
suivie pendant la vie. 

D’ailleurs la pathogénie de l’hypertension n’est 
sans doute pas miivcque. Cordier, Boulud et 
Co'rat ont publié l’observation d’un grand hyper¬ 
tendu avec forte albuminurie, sans azotémie, mais 
dont le sang contenait une très forte proportion de 
cholestérine (6« r ,^o par litre par le procédé de 
Grigaut) : l’évolution montri qu’il s’agissait d’un 
hypertendu bien plus que d'un briglitique. Cordier 
a également observé le développement d'une hyper¬ 
tension permanente chez des soldats qu’il dut faire 
évacuer des tranchées pour des crises douloureuses 
de vaso-constriction des extrémités qui survenaient 
sous l’influence du froid et qui s’accompagnaient 
d’hypertension transitoire : ultérieurementil apparut 
de l'albuminurie, et la pression s’éleva en perma¬ 
nence. 

Il estpossible aussi que lésé motions répétées tendent 
à élever la pression, connne le croient Étienne et 
Richard. Pendant le bombardement de Nancy, ils ont 
constaté chaque fois un court stade d’hypertension 
d'abord suivi de détente liypoteiisive ; puis l’hyper¬ 
tension tendait à se maintenir chez les personnes 
âgées en particulier, et surtout pour la minium. Ces 
auteurs tendent à attribuer les modifications de la 
tension à une hypersécrétion d’adrénaline par sti¬ 
mulation du syfnpatliique, et dans quelques cas, à 
mie dysthyroïdïe (basedowisme fruste). 

Gallavardiu signale aussi la fréquence d’un cer¬ 
tain degré d’hypertension chez le.; sujets porteurs de 
goitre exophtalmique. 

IV. — Oscillométrie. 

Ba mensuration des pressions maxima et miuinia 
11e constitué qu’uu des modes d’utilisation de l’ap- 





8 


PARIS MEDICAL 


3 Juillet 1920. 


pareil de Faclion. Par la détermination de l’ampli- 
tnde des plus grandes oscillations, cet appareil permet 
encore de se rendre corniste de l’état de la circulation 
périphérique, du degré de vaso-constriction relatif 
des différentes artères des membres, et jusqu’à un 
certain point de leur état anatomique. 

La première indication de l 'indice oscillomélrique 
(ou mesure de l’amplitude des plus grandes oscil¬ 
lations) sc trouve dans la thèse de Léger (Bordeaux, 
mars 1914). Dans mie revue d’ensemble récemment 
parue sur la question (1), Faclion expose deux lois qui 
permettront, dans tous les cas, d’interpréter l’indice : 

a) Toutes choses égales du côté de l'artère explorée, 
l’indice oscillomélrique traduit la valeur de l’impulsion 
cardiaque. 

b) Toutes choses égales du côté de l'impulsion car¬ 
diaque, l’indice oscillomélrique traduit la valeur du 
calibre vasculaire, c’est-à-dire l’état de resserrement 
ou de relâchement des vaisseaux artériels explorés. 

Autrement dit, l’indice oscillométrique sera l’ex¬ 
pression visuelle du pouls total du membre, la résul¬ 
tante des expansions des diverses artères qui y sont 
contenues.Ünemême artère traduira d’un indice oscil- 
lométrique inégal une même impulsion cardiaque selon 
son état de resserrement ou de dilatation. Et c’est ce 
qu’on remarque en effet quand on examine un 
membre en état de vaso-constriction (suite de bles¬ 
sure par exemple), ou dont l’artère principale a été 
liée, par comparaison au membre symétrique dont 
les artères sont restées normales. A ce propos, Faclion 
a passé en revue, dans un? étude historique, les tra¬ 
vaux, tous exclusivement français, qui ont fondé l’oscil- 
loiuétrie clinique. Des lecteurs du Paris médical ont vu 
naître ces études en 1913. I,a guerre, en multipliant 
les atteintes vasculaires (spasmodiques ou organique ;), 
a multiplié en même temps les occasions d’appliquer 
cette méthode et en a étendu dans tous les sens les 
indications. C’est ainsi que l’épreuve du bain chaud 
proposée par Babinski et Heitz (2) permet, par uni 
simple comparaison oscillométrique, de distinguer à 
coup sûr les spasmes artériels des oblitérations. 

Les applications de l’oscillométrie à la médecine 
générale sont actuellement en voie d’étude. Delauuay 
étudie les variations de l’indice et de la courbe oscil¬ 
lométrique dans les vaso-constrictions et les vaso¬ 
dilatations physiologiques. Et. May a proposé de noter 
le rapport oscillométrique, c’est-à-dire le quotient de 
l'indice par la pression différentielle, dans l’idée 
d’éliminer ce facteur d’amp'itude de -t’oscillation et 
de laisser subsister seulement l’influence du calibre 
de l’artère et de l’élasticité de la paroi artérielle : en 
dehors des variations individuelles qui peuvent être 
intéressantes, on pourrait étudier les modifications 
du rapport oscillométrique qui dépendent des repas, 
de la température ambiante, de l’effort, des 
barrages ou des fuites existant dans la circulation 
générale, enfin de l’état de sclérose vasculaire. 

1) Paciion, Journal médical français, sept. 1919. 

(2) Babinski et J. Heitz, Soc. m/d. hôpit., 14 avril 1916. ■— 
Delaünay, Soc.biol. / juin 1919 .—Iît. May, Arch. mal. cœur, 
iiov. 1919. 


Mais la physiologie et la pathologie de l’appareil 
circulatoire ne sont pas les seules branches de l’art 
médical auxquelles l’oscillométrie s’est offerte comme 
un nouveau procédé d’exploration. Maintes spécia¬ 
lités s’eu sont aidées avec profit pendant la guerre, 
et continueront à s’en servir. 

Rappelons qu’en pathologie circulatoire (3), 
l’oscillomètre a été appliqué à l’étude des anévrysmes 
artériels (Cawadias,Billard, Paillard), des anévrysmes 
cirsoïdes (F. Ramond et François), des oblitérations 
artérielles traumatiques (Babinski et J. Heitz, dans 
une étude portant sur plus de 100 cas dont plusieurs 
ont été suivis deux ou trois années, ont montré que 
cette méthode permettait de suivre de mois en mois 
le rétablissement de la circulation parles voies colla¬ 
térales), des endartérites oblitérantes (Pagniez, 
Babinski et Heitz). André-Thomas et Lévy-Valensi 
ont montré, dans ce journal même, comment l’oscil- 
lomètr.'e permettait de comprendre le mécanisme de 
la claudication intermittente, les oscillations très ré¬ 
duites déjà au repos s’éteignant au moment de la 
douleur provoquée par la marche. 

Un art'cle de l’un de nous (J. Heitz), qui paraîtra 
très prochainement dans ce journal, insiste à nouveau 
sur cette intéressante question. 

Delauuay a appliqué l’oscillo'.nétrie à l’étude du 
syndrome de Raynaud ; Roussy et d’CElsnitz au dia- 
gosntic des œdèmes spontanés ou provoqués ; Cotteta 
étudié par ce procédé les vaso-constrictions avec cya¬ 
nose de? extrémités, si fréquentes chez les soldats en 
campagne et exposés à toutes les intempéries. 

En pathologie pleuro-pulmonaire(^),d’CElsnitzet 
Comil ont noté des modifications de l’indice oscil¬ 
lométrique au membre supérieur du même côté, 
symptômes d’irritation ou de parésie du sympa¬ 
thique du même ordre que les modifications pupil¬ 
laires signalées par Sergent. 

Eu pathologie nerveuse (5), Babinski, Froment et 
Heitz ont étudié par l’oscillomètre les vaso-cons 
trictions ou vaso-dilatations qui s’observent presque 
constamment du côté paralysé chez les hémiplégiques 
(par artérlte ou embolie, ou par traumatisme crânien), 
et qu’on voit aussi chez de nombreux paraplégiques, 
surtout dans le syndrome de Browh-Séquard. Logre 
et Bouttier ont décrit avec Lecène les vaso-contric- 
tions ou vaso dilatations dimidiées qui suivent les 
commotionsou traumatismes crâniens même quand il 
n'y a pas hémiplégie, et ils ont montré que ces troubles 
disparaissaient souvent par la ponction lombaire. 

(3) Cawadias, Arch. mal. cœur, mai 1916. — Billard, Journ. 
m ’d. franç., sept. 1919. — Paillard, Progrès médical, 13 déc. 
1919. — Babinski et J. Heitz, Arch. mal. cœur, nov. et déc. 
1918. — André-Thomas et Lévy-Valensi, Paris médical, 
19 janv. 1918. — Delaünay, Soc. biologie, 7 juin 1919. — 
Cottet, Arch. mal. cœur, oct. 1919. 

(4) D’CElsnitz et Cornil, Soc. m/d., hôp., 24 oct. 1919. 

(5) Babinski, Froment et Heitz, Annales de médecine, III, 
n° 5, sept.-oct. 1917. — I,ogre et Bouttier, Soc. tien roi., 6 déc. 
1917; Paris médical, 14 déc. 1918. — Roussy, Boisseau et 
d’CElsnitz, Soc. méd. hôp., 14 nov. 1917, et Presse méd., 12 déc. 
1918. — Souques, Soc. méd. hôp., 15 nov. 1917. — Souques et 
IIeitz, Soc. ncurol., 10 janv. 1918. — D’CElsnitz, Journ. méd. 
/ranç., oct. 1919. 



P. LEREBOULLET et J. HEITZ. — LES MALADIES DU CŒUR 9 


Babinski et ses collaborateurs ont étudié par le 
même procédé la vaso-constriction ou la vaso-dila¬ 
tation qui succèdent aux sections nerveuses (la der¬ 
nière plus fréquente dans les lésions du sciatique et 
dans celles du médian, surtout quand il y a causalgie, 
■comme l’a montré d’Cfflsuitz). 

La même vaso-constriction avec réduction consi- 
sidérable de l’amplitude des oscillations se voit sur 
les membres atteints de parésie ou de contracture 
pliysiopatliique (d’ordre réflexe) ou de simples troubles 
vaso-moteurs suite de traumatisme. Roussy, Boisseau 
■et d’CElsnitz ont montré que cette vaso-constriction 
peut s’observer, à un moindre degré, aux membres 
symétriques. Elle tend à s’atténuer sous l’influence des 
traitements physiques et de la rééducation. 

Les paralysies infantiles anciennes s’accompagnent 
d'hypothermie et d’une réduction des oscillations que 
Souques et Ileitz ont attribuée à une atrophie arté¬ 
rielle parallèle à l’atrophie musculaire, en se basant 
sur les résultats de l’épreuve du bain chaud. 

La section du sympathique cervical, tout en déter¬ 
minant du côté de la face la vaso-dilatation connue 
depuis Claude Bernard, provoque au membre supé¬ 
rieur du même côté une vaso-dilatation plus discrète 
que traduit l’augmentation de l’indice oscillomé- 
trique (d’CElsnitz). Le même auteur a étudié avec 
Comil, par ce procédé, la vaso-dilatation périphérique 
•qui suit la compression oculaire ou l’application de la 
bande d’Esmarch. 

En psychiatrie(i)',G.Laroclie et Richard ont étudié 
par l’oscillométre la microsphygmie des idiots 
signalée par Yariot il y a quelques années. C’est aussi 
l'instrument de choix, comme le dit Pacliou, pour 
l’étude des émotions et des réactions psychiques. 

En chirurgie (2), l’oscillométrie a rendu des services 
considérables et 011 peut dire que cette méthode a 
puissamment aidé nos opérateurs du front à sauver 
nombre des blessés confiés à leurs soins. Pour le dia¬ 
gnostic des plaies vasculaires (J eannen.-y), pour les 
indications de la ligature en cas de plaie ou d’aué- 
vrysme (Gosset, J eanneney), pour la surveillance de la 
circulation dans l’extrémité après ligature ou suture 
artérielle (Guyot, Jeanneney), pour le diagnostic des 
gangrènes par lésion artérielle ou par gelure (Jean- 
neuey), pour la fixation du niveau où doit être pra¬ 
tiqué- l’amputation en cas de gangrène (J eanneney), 
pour l’étude du syndrome de Volkmaun (Babinski et 
Iieitz, Moulinier), pour la surveillance des sympa¬ 
thectomies périartériellcs (Lericlie et Heitz), pour 
la surveillance et le traitement des états de sliock 
(Paclion, Prével, Moreau et Benhamou), l’oscillo- 
mètre est devenu l’auxiliaire usuel du chirurgien. 
De Martel a montré les services qu’il pouvait 
rendre en cliirnrgie crânienne ou médullaire, Duval, 
en cliirnrgie thoracique, dans un service d’hôpital. 

En obstétrique (3) enfin, l’oscillomètre permet, 
comme l’a imaginé Balard, de reconnaître la mort 

(1) G. I.arociie et Richard, Annales de médecine, mai 1919. 

(2) Jeannenky, Thèse Bordeaux, avril 1919 ; Journal méd. 
français, sept. 1919.— Lericiie et Heitz, Soc. biologie, 3 fé¬ 
vrier 1917. — Moreau et Benhamou, Soc. chirurgie, 31 juillet 

(3) Balard, Jour», méd. français, sept. 1919. 


apparente du nouveau-né; de surveiller et de régler 
l’effort du cœur de la parturiente, de suivre les effets 
du traitement en cas d’hémorragies. 

Nous avons vu plus haut les discussions auxquelles 
a donné lieu l’emploi de la méthode oscillatoire pour 
l’estimation de la pression systolique : il est certain 
que nombre de médecius tendent à lui préférer dans 
ce but la méthode de Riva-Rocci. Mais l’appareil de 
Paclion permet seul de fairede l’oscillométrie clinique. 

Après la revue d’une série si importante de 
travaux, qui tous ont été publiés en France oq sont 
d'inspiration française, le lecteur arrivera sans doute à 
cette conclusion que l’oscillomètre conservera une 
place marquée, non seulement sur le bureau du pra¬ 
ticien occupé de clinique générale, mais dans la salle 
d’examen du neurologiste et du psychiatre, dans la 
salle d’examen et dans la salle d’opération même du 
chirurgien et de l’accoucheur. 

V. — La diurèse chez les cardiaques. 

LatlièsedeM.Parturier(4) constitue mie excellente 
étude des troubles du fonctionnement rénal liés à 
l’oligurie d’origine cardiaque. Complétant par de 
nombreuses observations les faits déjà publiés par lui 
avec Josué, l’auteur montre que la sécrétion aqueuse 
dépend surtout de la vitesse de la circulation rénale, 
qui elle-même est commandée par l’énergie du cœur. 
Lorsque ce dernier est enétatd'insuffisauce, lesurines 
diminuent en quantité, et il en résulte inévitablement 
mie diminution notable de l’excrétion des chlo¬ 
rures, de l’urée, et des divers produits excrémentitiels. 

Par suite, l’azotémie peut augmenter, au point 
d’atteindre de 0,50 à 1 gramme, avec élévation de la 
constante d’Ambard jusqu’à 0,4 et 0,6 ; eu même 
temps il y a clilorurémie et production d’œdème-, et 
cela en dehors de toute atteinte anatomique des 
reins. C’est dire que chez les asystoliques il faut 
interpréter avec prudence les résultats des dosages 
d’urée sanguine et de la constante d’Ambard. 

Le tableau clinique provoqué par l’oligurie peut 
simuler, selon les cas, la îiéplirite hydropigène ou la 
néphrite interstitielle hypertensive. Mais ce goût de 
faux rénaux et de faux cardio-rénaux. Traités comme 
des cardiaques par des doses suffisantes de digitale, 
les malades présentent une diurèse libératrice, avec 
fortes éliminations de chlorures et d’urée; leur 
urée sanguine tombe au-dessous de 0,40; et la cous- 
tante d’Ambard, des chiffres que nous avons vus, 
revient à la normale. 

Il paraît impossible, en pleine asystolie, de distinguer 
ce qui relève, parmi les symptômes, de l'insuffisance 
cardiaque et de l’insuffisance rénale. Il faut d’abord 
rétablir mie énergie cardiaque suffisante, et c’est 
alors seulement qu’on pourra rechercher le degré 
d'imperméabilité rénale par les méthodes cliniques. 
La distinction est surtout délicate chez les hyper¬ 
tendus avec lésion rénale légère chez lesquels la poly¬ 
urie est indispensable pour assurer l’excrétion de 
l’urée, cette polyurie 11e pouvant se maintenir 

(4) O. Josué et M. Parturier, Soc. méd. kôp., 28 juin 1918, 
et Journ. midic. français, juillet 1918. —M. Parturier, Les 
syndromes rénaux de l’asystolie, Thèse Paris, 1919. 



PARIS MEDICAL 



3 Juillet ig20. 


qu’autant que le myocarde a gardé mie capacité 
fonctionnelle nettement au-dessus de la normale. 

VI. — L’endocardite maligne à évolution 
lente. 

L’endocardite maligne àévolution lente a fait le sujet 
d’une remarquable étude d’ensemble de R. Debré ( i ) : 
il en résulte qu’il s’agit là d’une entité morbide par¬ 
faitement définie, ayant une allure clinique toujours 
identique, et qui malheureusement aboutit toujours 
à la mort. L’existence de cette forme semble avoir été 
signalée pour la première fois par Jaccoud. En 1901, 
Claude déclarait.à la Société médicale des hôpitaux 
que sa fréquence 11’était pas suffisamment connue. 
Depuis lors de nombreuses observations ont été 
rapportées, en particulier par Osler et ses élèves 
anglo-américains, en Allemagne par Lenliartz et 
Schottmuller, en France par Vaquez et par Lutem- 
bacher qui montra la fréquence avec laquelle cette 
affection se greffe sur d'anciennes lésions vascu¬ 
laires, à l’occasion d’une infection intercurrente 
banale. 

L’endocardite maligne à évolution lente frappe 
de préférence les adultes jeunes. Le début en est 
insidieux ; pendant des semaines et des mois, le sujet 
pâlit, maigrit, se plaint de douleurs vagues, de 
poussées fébriles irrégulières. La période d’état est 
caractérisée par l’apparition de signes caractéristiques : 
purpura, nodosités érythémateuses d’Osler (qui 
siègent souvent au bout des doigts ou des orteils, par 
quatre ou six à la fois) ou placards de même nature 
sur différents points de la surface des membres ; ar- 
thropatliies douloureuses avec parfois gonflement ; 
douleurs musculaires ; splénomégalie constante, 
mais variable de degré, avec brusques poussées dou¬ 
loureuses; albuminurie; anémie grave. 

Le plus souvent rien n'attire l'attention du côté du 
cœur (Vaquez) ; l’examen direct même ne fait perce¬ 
voir aucune modification des signes physiques exis¬ 
tant antérieurement, ou ces modifications n’appa¬ 
raissent que tardivement. Il faut attacher mie cer¬ 
taine importance à la tachycardie, et aussi, semble- 
t-il, à la faiblesse extrême de la pression artérielle. Les 
embolies, souvent multiples, à plusieurs jours d’in¬ 
tervalle, constituent un symptôme à peu près cons¬ 
tant : elles provoquent dans le rein, le foie, la rate des 
infarctus ; dans le cerveau, des foyers de ramollisse¬ 
ment cérébral ; aux membres, des oblitérations qui 
peuvent être transitoires ou aboutir à la gangrène. 
On peut voir aussi se développer à la suite de ces 
embolies, des anévrysmes artériels. Jamais il 11e se 
produit d’abcès métastatique, comme dans les endo¬ 
cardites pyohémiques. 

La maladie procède par poussées successives, avec 
température oscillant entre 38° et 40° ; entre les 
poussées, la température peut retomber à la normale 
pour une durée qui ne dépasse guère une ou deux 
semaines. Ces alternatives d’aggravation et de rémis¬ 
sion se succèdent pendant des mois, quelquefois peu- 
(1) R. Debré, Revue de médecine, uiars-avril, mai-juin, sept.- 
oct. igip. 


dant un ou deux ans; mais, malgré la bénignité du 
début et cette longue durée, la maladie aboutit tou¬ 
jours à la mort. Debré fait remarquer que les sujets 
meurent rarement par le cœur, mais par ramollisse¬ 
ment cérébral, par embolie spécialement grave, par 
rupture d’anévrysme abdominal. Dans les faits 
observés par Lutembacher. chez de3 cardiaques eu 
général assez avancés dans leur évolution, la marche 
des accidents asystoliques est au contraire précipitée. 

h’hémoculture est indispensable pour assurer le 
diagnostic : plusieurs essais peuvent être négatifs ; 
il faudra les répéter avec patience, eu choisissant 
pour les prélèvements les périodes d’aggravation et 
de frisson, s’il y en a. On ensemencera du bouillon 
glucosé, du bouillon-ascite, du bouillon-sérum de 
cheval, et un milieu liquide dont la formule est 
donné-* par Debré (peptone, sel, glucose) où la vitalité 
du germe persiste plus longtemps. On ensemencera 
également des milieux solides qui permettront de 
juger l’action du microbe sur l’hémoglobine etde faire 
une numération approximative. Le plus souvent, 
ce nombre est faible, ce qui explique que les cultures 
soient souvent négatives. 

Un examen superficiel des observations publiées 
ferait croire que l’endocardite maligne à évolution 
lente peut être causée par des microbes variés. En 
réalité, si l’on écarte les erreurs évidentes, onarrive à 
conclure que l’agent de cette affection est toujours le 
streptocoque (3 cas personnels de Debré sur 4, l’hé¬ 
moculture ayant été négative dans le dernier cas ; 
de même dans les cas de Vaquez) : c’est un coccus 
en chaînette variant comme nombre et groupement 
selon les milieux, prenant le Gram, n’ayant pas de 
capsule, donnant des colonies plus abondantes sur 
milieux liquides, cultivant mieux en milieux sucrés ou 
additionnés d’albumines animales, coagulant ou 
non le lait, insolubles dans la bile, déterminant l’hé¬ 
molyse in vivo et in vitro (Bordet, Besredka), pro¬ 
duisant assez souvent une teinte vert^d’eau autour 
du point de culture (d’où le nom de Streptococcus 
viridans que lui a donné^Schottmuller). Cé strepto¬ 
coque paraît très voisin du Sir. fœcalis et du Sir. 
salivarius, saprophytes des cavités naturelles de 
l’homme; sa faible virulence permet d’expliquer la 
lenteur de l’évolution del’endocarditequ’ilprovoque. 

Retenons donc la notion de cette lenteur d’évolu¬ 
tion qui n’empêclie pas la malignité constante de l’é¬ 
volution. Tors les sérums, les vaccins, autovaccins 
même ont toujours échoué. Comme l’ont bien vu Va¬ 
quez et Lutembacher, la mort par endocardite lente 
secondaire, survenant à l’occasion d’une infection 
banale, constitue une des manières de mourir, rela¬ 
tivement fréquente, pour les cardiopalliesvalvulaires. 

L’allure clinique vaiiable et les manifestations 
à distance si diverses expliquent la fréquence des 
erreurs de diagnostic. Récemment l’un de nous a 
observé avec M. Mouzon une forme à début méuin- 
gitique en ayant imposé successivement, malgré 
l’existence d’une cardiopathie rlnunatismale ancienne, 
pour mie syphilis cérébro-méningée puis pour mie 





P. LEREBOULLET et J. HEITZ. — LES MALADIES DU CŒUR n 


gratiulie. Ce fait, qui peut être à certains égards rap¬ 
proché des faits anciens d’Osler, d’un fait plus récent 
de H. Claude, montre bien le polymorphisme clinique 
possible de cette curieuse affection. 

Un certain nombre de cas d’endocardite maligne 
ont été signalés à la suite de blessures de guerre, en 
particulier par Karsner (de Cleveland) qui a trouvé 
des végétations récentes sur les valvules dans quatorze 
autopsies de blessés ayant succombé à des septicé¬ 
mies (deux fois elles s’étaient greffées sur des altéra¬ 
tion antérieures). U’agent pathogène était générale¬ 
ment le streptocoque, une fois associé au perfringens ; 
trois fois on trouva du staphylocoque doré. 

VII. — Thérapeutique. 

Toute mie série de travaux (i) ont été consacrés à 
Vouabaïne d’Arnaud, qui constitue certainement, de 
l’avis de Vaquez et I/utembaclier et des auteurs qui 
l’ont employée àleur suite, le plus maniable desmédi- 
camènts du groupe de la stropliantine : elle agit 
d’une manière élective sur la contractilité et le tonus 
cardiaque et n’a sur l’excitabilité et surtout sur la 
conductibilité qu’une influence restreinte. L’asthénie 
du myocarde, survenue en dehors de l’arythmie com¬ 
plète, constitue laprincipale indication de l’ouabaïne, 
surtout lorsqu’elle se traduit par une dilatation aiguë 
du cœur, ou par une dilatation progressive rebelle aux 
autres médicaments comme la digitale. Après emploi 
de l’ouabaïne, on peut revenir à la digitale dont 
l’action se trouve réactivée. 

L’ouabaïne agit avec succès dans le collapsus car¬ 
diaque des maladies aiguës, comme la fièvre typhoïde 
ou la pneumonie. 

Ce n’est que dans des conditions exceptionnelles 
qu’on peut trouver, à la suite de l’administration de 
l’ouabaïne, un rythme couplé analogue à celui que donne 
assez souvent la digitale. Après Lutembacher, Laubry 
et Leconte en ont signalé un cas, chez un asystolique 
avec double lésion aortique : le malade avait reçu en 
tout i m < ! ,25 d’ouabaïne en trois jours. En même 
temps qu’un peu d’oppression, on constatait un 
rythme couplé par extrasystoles ventriculaires qui 
ne dura que vingt-quatre heures. Quelques jours 
après, une injection intraveineuse d’intrait de 
strophantus provoqua le même phénomène qui 
persista neuf joins de suite sans que l’atropine ait eu 
d’action sur ce trouble du rythme. Les auteurs con¬ 
sidèrent cette réponse à l’ouabaïne comme l’indice 
d’une profonde déchéance du myocarde. r •, 

Dans le même numéro des Archives, Simici (de 
Bucarest) rapportait également un cas de rythme 
couplé avec fausse bradycardie chez un asystolique 
avec gros foie et arythmie complète permanente qu’il 
avait traité par la stropliantine en injections intra¬ 
veineuses : le trouble du rythme s’était accompagné 
de suffocations et d’une faiblesse extrême du malade. 

(i) Vaquez et Lutembacher, Paris médical, 4 mai 1918. — 
Simici, Arch. mal. cœur, mai 1919. — Laubry et Leconte, 
lirch. mal. cœur, mai 1919. — C11. Lsmein , Revue de médecine, 
1920, n° 1. — H. Dufour et Semelaigne, Soc. mèd. Mp., 

• 6 déc. 1919. — Simici, Arch. mal. cœur, mai 1919. 


Quelques semaines plus tard, une nouvelle injection 
de stropliantine provoqua les mêmes troubles, et le 
malade ne tarda pas à mourir. 

Eu opposition avec ces faits, Esmein a rapporté 
récemment un certain nombre d’observations de 
cardiopathies avec grande dilatation et rythme 
couplé chez lesquelles l’actionde l’ouabaïneseinontra 
tout à fait remarquable. 

Giez un malade de Dufour et Semelaigne, 
atteint de cirrhose alcoolique avec ascite, œdème 
des jambes, tachycardie, trois injections d’oua¬ 
baïne d’un demi-milligramme chacune, à quarante- 
huit heures d’intervalle, établirent une diurèse 
de 3 à 4 litres qui fut prolongée par l’administration 
d’ouabaïne en lavements. L’ascite, qui se reproduisait 
après chaque ponction, disparut complètement. 

Contre l 'insuffisance cardiaque des formes graves 
de la grippe, pendant l’épidémie de 1918-1919 en 
Roumanie, Simici a utilisé les injections intravei¬ 
neuses de stropliantine, avec de réels succès : il a 
employé la méthode de Danielopolu, à petites doses 
répétées (2 dixièmes de milligramme, deux ou trois fois 
par jour et plusieurs jours de suite). Les résultats 
ont été excellents, en ce sens que l’accéliration du 
cœur a disparu, en même temps que les forces se 
relevaient. Jamais, par contre, il n’a influencé par 
ce médicament l’hypotension artérielle si prononcée 
chez les grippés graves. 

On avait cru pouvoir, par l'adrénaline, débloquer 
le cœur en état de dissociation auriculo-ventriculaire 
complète. Les expériences de Routier, de Danielo¬ 
polu et Danulescu en Roumanie, de Ilardy et 
Houssay en Argentine (2) ont montré que l’injection 
intraveineuse d’adrénaline accélérait simultané¬ 
ment les deux cavités, mais sans qu’il y. ait déblo¬ 
cage. Récemment Arrillaga (de Buenos-Aires) a con¬ 
firmé encore une fois ces faits; mais il ajoute que 
l’adrénaline devrait être essayée dans les dissocia¬ 
tions passagères (médicamenteuses ou toxiques), 
surtout quand le malade présente des signes d’hypoé 
pinéphrie. 

Les composés quiniques paraissent exercer une 
influence heureuse dans certains cas de fibrillation 
auriculaire (arythmie complète).Frappé d’une obser 
▼ation de Wenckebach qui avait vu la fibrillation 
céder à la suite de l’emploi de la quinine, Frey a 
étudié d’une manière systématique les composés 
quiniques et est parvenu, par la quinidine, à ramener 
rlniKi plusieurs cas le rythme sinusal pour un certain 
temps (au maximum cinq semaines). Von Bergmann, 
eu augmentant les doses, a réussi à ramener un 
rythme régulier chez 6 malades en état d’arythmie 
complète; dans 2 cas, le résultat ne fut que relatif, 
en ce sens que l’arythmie se transforma eii tachy- 
systolie auriculaire. Dans un seul cas, le résultat fut 

(2) Hardy et Houssay, Joum.de phys.cl pal h. génér ., XVII, 
n° 4. — Arrillaga, un vol., Buenos-Aires, 1919. — Frey, 
Berl klin Woch., 1918, n° 18. — Von Bergmann, Münch. 
mediz. Woch., 1919. n» 26. — A. Clerc et Fezzi, Acad, des 
sciences, 8 die. 1919. — Parvu, Thèse Paris, décembre 1919. 



12 


PARIS MEDICAL 


3 Juillet iQ2o, 


négatif. On commence par deux pilules de o« r ,io de 
quinidine; on monte à quatre pilules le jour suivant, et 
on peut progressivement arriver à quinze et vingt 
pilules par jour, en arrêtant si le cœur venait à trop 
se ralentir. 

Dans un travail récent, Clerc et Pezzi rapportent 
les résultats d’expériences qui montrent que la qui¬ 
nine tend à paralyser le centre bulbaire du pneu¬ 
mogastrique, ralentissant et déprimant le myocarde. 
Elle constitue à ce point de vue le véritable anta¬ 
goniste de l'adrénaline. 

Il en est de même en ce qui concerne la pression 
artérielle, que l’adrénaline élève et que la quinine 
abaisse : on comprend son action utile chez les sujets 
en état d'arythmie complète, où le myocarde est 
liyperexcitable, surtout au niveau des oreillettes. 

Signalons enfin la bonne revue d’ensemble que 
représente la thèse de Parvu sur le traitement spé¬ 
cifique dans les affections syphilitiques du cœur et des 
vaisseaux. Rappelant les travaux antérieurs de 
Vaquez et de I.aubry sur les résultats du mercure et 
du salvarsan dans les aortites syphilitiques et les 
anévrysmes, il montre que chaque malade réagit 
d’une manière élective à l’un ou l’autre de ces médi¬ 
caments, parfois aussi aux préparations iodées (telles 
que le lipiodol) : il faut arriver à déterminer cette 
élection par le tâtonnement. De traitement doit être 
intensif d’emblée, sauf quand le myocarde doime des 
signes de souffrance : extrasystoles fréquentes, crises 
d’asthme nocturne. On ne dépassera pas toutefois 
0^,25 de néosalvarsan, surtout s’il y a des antécé¬ 
dents hépatiques. En général, les crises douloureuses 
s’espacent et diminuent d’intensité ; le calibre aor¬ 
tique diminue à l’orthodiagrapliie ; les souffles ne 
sont modifiés qu’exceptionnellenient. 

En cas d’anévrysme, le volume de la poche n’est 
guère diminué, mais les signes de compression 
médiastinale s’atténuent, par régression de la péri- 
aortite gommeuse, et ces résultats peuvent se main¬ 
tenir quelques aimées. 

Parvu rapporte aussi 3 cas de dissociation dans 
lesquels le traitement spécifique donna les résultats 
qu’on a déjà quelquefois publiés : dans un cas le 
pouls resta à 39, mais les accidents syncopaux dis¬ 
parurent; dans un second cas, la dissociation partielle 
évolua vers la dissociation totale avec disparition des 
crises épileptiformes ; dans le troisième cas, la disso¬ 
ciation elle-même disparut. 

On trouve enfin dans cette thèse deux observations 
de claudication intermittente par artérite avec 
Bordet-Wassermann positif : les douleurs à la marche 
disparurent dans ces deux cas à la suite d’injections 
de cyanure de mercure. 

llestsans doute des cas encore nombreux où le trai¬ 
tement spécifique reste sans action,mais les résultats 
obtenus sont assez souvent satisfaisants pour que 
l’on puisse affirmer que la notion de la syphilis à 
l’origine des affections cardio-vasculaires en a large¬ 
ment et heureusement modifié le pronostic et le 
traitement. 


LES FOYERS D'AUSCULTATION 
DU RÉTRÉCISSEMENT PULMONAIRE 


A. GILBERT et E. CHABROL 



Tous les auteurs qui ont écrit sur le rétrécisse¬ 
ment de l’artèrç pulmonaire s’accordent à localiser 
son souffle systolique et son frémissement cataire 
dans le second espace intercostal du côté gauche, 
à 2 ou 3 centimètres du sternum. Cette localisa¬ 
tion est admise sans conteste depuis le mémoire de 
Constantin Paul et la thèse de Vimont, et il n’est 
point de traité classique qui ne l’ait affirmée. 

On ne saurait cependant en faire un critérium. 
Ayant observé un malade qui était atteint de 
rétrécissement pulmonaire, et chez lequel le 
souffle et le thrill présentaient leur maximum 
non pas dans le deuxième espace, mais à l’extré¬ 
mité interne du troisième espace intercostal 
gauche, nous avons eu la curiosité de rechercher 
dans la littérature médicale s’il existait des 
observations comparables (1). Dans ce but, 
nous avons compulsé 100 observations de 
rétrécissements acquis ou congénitaux, et nous 
avons été fort surpris de constater que dans 
plus d’un tiers des cas, soit exactement dans 
35 p. 100 des faits, le souffle et le thrill du rétré¬ 
cissement pulmonaire avaient pour foyer électif 
le troisième espace intercostal gauche. 

Il ne semble pas que l’attention des cliniciens 
ait été retenue par cette localisation anormale, 
quoique fréquente, du souffle valvulaire. Ta plu¬ 
part la mentionnent incidemment ; c’est à peine 
si, à l’exemple de Constantin Paul, un petit 
nombre cherchent à l’expliquer en invoquant la 
topographie variable de la sténose pulmonaire. 

Et cependant cette anomalie d’auscultation 
présente pour le praticien un certain intérêt ; 
elle a été le point de départ de plusieurs erreurs de 
diagnostic, auxquellesM. Barié (2) fait allusion dans 
son article sur le rétrécissement pulmonaire, lors¬ 
qu’il écrit : « ; Ee siège un peu bas du souffle fait 
que le rétrécissement préartériel a été confondu 
parfois avec l 'insuffisance mitrale (Ch. Bernard). 
Dans ce.tte dernière affection, le souffle systolique 
siège au niveau même de la pointe du cœur et se 
propage dans l’aisselle gauche et même quelque- 

(1) A. Gilbert, Chabrol et M llu Guinsbourg, Sur la fré¬ 
quence de la localisation dans le troisième espace intercostal 
gauche du souffle systolique du rétrécissement pulmonaire 
(C. K. Soc. de biologie, 4 juillet 1914). —M 110 Guinsbourg, 
Thtse de Paris, 1014. 

(s) Barié, Traité pratique des maladies du cœur et de 





A. GILBERT et E. CHABROL.— RETRECISSEMENT PULMONAIRE 


fois dans le dos, alors que celui de la sténose infun- 
dibulaire se perçoit plus haut et ne se propage 
pas vers l’aisselle ; les deux affections donnent 
lieu à un frémissement cataire systolique, mais, 
dans l’iusuffsance mitrale, le frémissement est 
plus rare et surtout moins intense que dans le 
rétrécissement pulmonaire, où son timbre rude et 
râpeux est tout à fait particulier. Enfin, la sténose 
pulmonaire s’accompagne de signes de dilatation 
du cœur droit beaucoup plus précoces que dans la 
lésion mitrale. » 

Il est un autre diagnostic que peut faire discu¬ 
ter la localisation du souffle dans le troisième 
espace : c’est l’association au rétrécissement d’une 
malformation cardiaque congénitale, et enparticulier 
d’une communication interventriculaire. Le 
souffle de communication interventriculaire, 
souffle dit de Roger, serait perceptible, lui aussi, 
à la partie interne du troisième espace intercostal 
gauche et de l’articulation sternale du quatrième 
cartilage costal gauche. Comme le souffle du 
rétrécissement, il serait systolique, invariable, 
rude, râpeux, à tonalité haute, et coexisterait avec 
un frémissement cataire systolique très intense. 

On conçoit que le diagnostic différentiel appa¬ 
raisse ici beaucoup plus délicat. Il est classique 
de dire que le souffle de la maladie de Roger se 
distingue du souffle de rétrécissement pulmo¬ 
naire par sa propagation : son irradiation se 
ferait dans le sens transversal et non pas en haut 
et à gauche vers la clavicule; mais, en fait, le 
clinicien a rarement l’occasion d’utiliser cet 
élément différentiel. La communication des ven¬ 
tricules ne constitue guère une malformation 
isolée ; presque toujours elle coexiste avec un 
rétrécissement pulmonaire congénital, si bien 
qu’en pratique, devant un souffle du troisième 
espace, on est plutôt conduit à songer d’abord 
au rétrécissement pour se poser ensuite la ques¬ 
tion suivante : La localisation anormale du 
souffle n’est-elle point sous la dépendance d’une 
malformation cardiaque associée et en particulier 
d’une maladie de Roger? ! 


Les observations que nous avons réunies vont 
nous permettre de discuter le bien-fondé de cette 
hypothèse, Elles nous serviront également à élu¬ 
cider un autre point de physiologie pathologique, 
en montrant dans quelle mesure le siège de la 
sténose au niveau de l’infundibulum pulmonaire 
peut influer sur la localisation du souffle dans le 
troisième espace. 


Nos ioo observations peuvent être réparties 
en trois groupes : 



56 observations de rétrécissements congénitaux avec autopsie. 
Souffle dans le 3 1 ' espace j 

gauche. 16 cas [ 16/56 

Souffle dans le 2“ espace , soit : ay p. 100. 

gauche. 40 cas J 


25 observations de rétrécissements sans autopsie. 
Souffle dans le 3 0 espace 



Cette statistique d’ensemble nous permet déjà 
de répondre ù la première question que nous 
avons posée : Le souffle du troisième espace est-il 
nécessairement sous la dépendance desmalformations 
cardiaques qui sont très souvent associées an rétré¬ 
cissement pulmonaire ? Evidemment non, puisque 
ce souffle s’observe aussi bien dans les rétrécisse¬ 
ments acquis que dans les rétrécissements con¬ 
génitaux. Il semblerait même que dans ces der¬ 
niers sa fréquence soit un peu moins élevée : 
29 p. 100, au lieu de 31,5 p. 100. 

Une lecture attentive des 56 observations de 
rétrécissements congénitaux avec autopsie (1) 

Ï iious montre également que la communication 
interventriculaire ne modifie point la topographie 
du souffle, comme le laisseraient supposer les 
descriptions classiques. 



23 avec communication interventriculaire simple, 
ix avec communication infcrauriculairc simple... 
11 communications interventriculaire et aurici 

6 avec malformations multiples . 

5 sans mal/onnations associées . 

















PARIS MEDICAL 


14 


3 Juillet 1920. 


Dans les 23 observations où la maladie de 
Roger est associée au rétrécissement pulmonaire, 
le souffle du troisième espace ne figure que 6 fois, 
alors que dans les communications interauricu- 
laires, on le rencontre 5 fois sur il. 

En fait, c’est ^surtout dans une localisation 
particulière du rétrécissement, au niveau de l’in- 
fundibulum, que les auteurs ont cherché l’origine 
du souffle systolique du troisième espace. On sait que 
la sténose peut intéresser l'orifice, le tronc, ou en¬ 
core l’infundibulum de l’artère pulmonaire. Cons¬ 
tantin Paul (1) a été le premier à écrire : « Quand 
la sténose siège non plus aux valvules, mais au 
niveau de l’infirndibulum, les signes fournis à l’exa¬ 
men du malade sont à peu près les mêmes, à une 
exception près: le bruit desouffle s’entendplusbas, 
dans le troisième espace intercostal »; et quelques 
années plus tard, Jaccoud (2)_a été encore plus 
explicite lorsque, dans ses Leçons de clinique médi¬ 
cale, il s'est exprimé en ces termes : « Congénital 
ou acquis, le rétrécissement pulmonaire a deux 
sièges possibles : il occupe la région valvulaire du 
vaisseau, constituant un rétrécissement artériel 
proprement dit (rétrécissement supérieur), ou bien 
il occupe la région sous-valvulaire, la région de 
l’infundibulum, constituant alors un rétrécisse¬ 
ment infundibulaire ou préartériel (rétrécisse¬ 
ment inférieur). Dans le premier cas, le maximum 
du souffle est dans le second espace intercostal 
gauche, à 3 centimètres du bord sternal ; dans le 
second cas, le maximum est plus bas, sur l’articu- 
ation du troisième cartilage costal avec le ster¬ 
num. » Cette opposition entre le rétrécissement 
supérieur et le rétrécissement inférieur devait être 
reprise en 1895 par M. Barié (3),dans son impor¬ 
tant mémoire sur le rétrécissement préartériel. 
C’est elle qui a inspiré à cet auteur les restrictions 
que nous avons signalées au début même de 

(1) Constantin Paul, Sur le rétrécissement pulmonaire 
acquis (mémoire lu & la Soc. mid. des hûp. de Paris, séance 
du ir août 1871). — Diagnostic et traitement des maladies 
du cœur, Paris, r883. 

(2) Jaccoud, leçons de clinique médicale de la Piüé, 1887, 
p. 489. 

(3) Barié, De rétrécissement préartériel de l’artère pulmo¬ 
naire ( Bull. Soc. mid. des hûp. de Paris, 19 juillet 1895). 


notre article et qui se traduisent encore en ces 
lignes : « Dans le rétrécissement infundibulaire ou 
préartériel,... le maximum d’intensité du souffle se 
trouve en une zone limitée entre la troisième arti¬ 
culation choudro-stemale gauche et la pointe du 
cœur. t> 

Des observations que nous avons pu réunir ne 
permettent pas d’accepter cette opinion sans faire 
quelques réserves. Nous n’entrerons pas ici dans 
le détail des-chiffres ; bornons-nous à rappeler que, 
sur 75 observations de rétrécissements acquis ou 
congénitaux (4), nous en avons trouvé 27 intéres¬ 
sant des sténoses infundibulaires ou mixtes. Parmi 
ces 27 observations, 12 seulement mentionnent la 
localisation du souffle dans le troisième espace 
intercostal gauche. Ce qui revient à dire : le 
souffle du troisième espace n’existe que dans 
44 p. 100 des rétrécissements infundibulaires ou 
préartériels. 

D’autre part, envisageant le groupe des sténoses 
pulmonaires par lésions sigmoïdiennes, nous avons 
pu constater qu’une dizaine de malades présen¬ 
taient un souffle dans le troisième espace, sans 
avoir la moindre altération de l’infundibulum. 

Nous nous croyons donc autorisés à conclure : 
Da localisation du souffle dans le troisième espace 
s’observe souvent chezlessujets attemtsd'un rétré¬ 
cissement infundibulaire, mais elle est loin d’être 
pathognomonique de ce rétrécissement, comme le 
pensaient Constantin Paul, Jaccoud et Barié. 


Il ressort de ces différentes statistiques que, 
dans le rétrécissement pulmonaire, le souffle du 
troisième espace intercostal gauche ne peut être 
interprété il la faveur d’une altération particulière 
de l’endocarde ou du muscle cardiaque. Cette ano¬ 
malie de l’auscultation existe, ou fait défaut, au 
cours des sténoses valvulaires comme durant l’évo¬ 
lution des rétrécissements de l’infundibulum ; elle 
peut coïncider avec l’inocclusion du trou de 
Botal, comme avec la malformation interventri¬ 
culaire, mais elle n’en est pas nécessairement le 
témoin. 

Il semble que la solution du problème doive 
être cherchée dans une tout autre voie ; peut-être 


(4) 75 observations de rétrécissements pulmonaires 
acquis ou congénitaux, avec autopsie 

Topographie du souffle. 
3* espace. a« espace. 

27 observations de sténoâes infitndibulaites ou mixtes. ) 19 rétrédssements congéuitàûx! ! t 11 

, ,, ,, . l 11 rétrécissements acquis. 2 9 

48 observations de sténoses sigmoïdiennes. j 37 rétrécissements congénitaux.. 8 29 







■ty. ŒÏTINGER. — L’ANÊVRYSME 

faut-il lu demander à l'anatomie topogmphique i 
en tenant compte dee variations que l’orifice de 
l’artère pulmonaire présente dans ses rapports 
vis-à-vis de la paroi du thorax. 

Si l’on consulte les traités classiques, oü est sur¬ 
pris de voir que les auteurs professent à ce sujet 
des opinions quelque peu différentes. Tandis que 
Lusclika projette l’orifice de l’artère pulmonaire 
sur une ligne oblique en bas et à gauche, coupant 
le deuxième espace intercostal, Tillaux le fait 
correspondre exactement à l'articulation cliondro- 
sternale de la troisième côte et Sappey va même 
jusqu’à fixer son siège au-dessous de cette arti¬ 
culation. Ettgel, Brandt et surtout Hencke par¬ 
tagent son avis. Ces contradictions s’expliquent 
aisément : il est rationnel de penser que la topo¬ 
graphie de l’artère pulmonaire peut présenter 
d’assez grandes variations individuelles, suivant 
la conformation de la cage thoracique et, pour 
ce motif, il serait illogique d’opter rigoureuse¬ 
ment entre l’opinion de Luschka et celle de 
Sappey. lin pratique, retenons simplement que 
dans 35 p. ioo des faits, le souffle du rétrécisse¬ 
ment pulmonaire peut avoir pour territoire le 
troisième espace intercostal gauche, et qu'il ne 
faut point baser sur ce seul caractère un dia¬ 
gnostic de sténose préartérielle ou de malforma¬ 
tion cardiaque associée. 


COMMENT FAUT.1L TRAITER 
L’ANÊVRYSME SYPHILITIQUE DE 
L’AORTE ? 

WILLIAM ŒTTINGEH, 

Médecin de l’hôpital Cochin. 

V origine syphilitique des anévrysmes de l’aorte 
est devenue actuellement une notion pour ainsi 
dire banale, mais, durant de longues années, cette 
étiologie a été longuement et âprement discutée. 

Vobservation clinique, la première, a précisé 
cette donnée ; puis, lorsque des réactions biolo¬ 
giques, comme la réaction de fixation du complé¬ 
ment, sont venues apporter leur appui à l'obser- 
vatioii pute, le rôle de la syphilis dans la genèse 
des lésions vasculaires a pu être précisé avec une 
netteté beaucoup plus grande. 

Des recherches anatomo-pathologiques récentes 
et des recherches microbiologiques que nous devons 
au docteur V. Manouélian (i), sont venues nous 
apporter des notions d’un très grand intérêt et nous 

(i) V. Manouélian, Tréponème pUeet anévrysme aortique 
[Bull, de la Soc. méd. des hôpitaux, 7 mai iy20). 


SYPHILITIQUE DE L’AORTE 15 

faire mieux comprendre quelle était la véritable 
nature et l’évolution des anévrysmes. 

Ce savant, travailleur consciencieux et habile, 
a pu montrer que l’anévrysme était, à proprement 
parler, une véritable tumeur artérielle, qu’il u a 
s’agissait pas, en réalité, d’une artérite, mais 
d’une véritable gomme développée dans la paroi 
du vaisseau. 

Une coupe pratiquée sur la paroi anévrysmale 
montre que, depuis la zone sous-jacente aüx caillots 
actifs jusqu’aux adhérences les plus éloignées, le 
tissu qui constitue la poche est constitué exclu¬ 
sivement par du tissu Scléro-gommeux. 

O11 retrouve, évidemment, en certains endroits, 
des fibres élastiques et quelques fibres lisses, reli¬ 
quats des tissus qui constituaient la paroi artérielle 
normale, mais ce ne sont là que des débris perdus 
dans un tissu de nouvelle formation. 

Celui-ci présente tous les caractères du tissu 
scléro-gommeux : charpente fibreuse composée 
de tissu collagène, pauvre eii fibres élastiques, et 
riche, par contre, en vaisseaux de toutes sortes 
représentés soit par des capillaires à parois épais¬ 
sies, soit par de petites artères ou des veinules 
atteintes, les Unes et le3 autres, de lésions scléro¬ 
santes. 

Autour de ces vaisseaux, dumoins lespluspetits, 
existent des amas de lymphocytes et de plasma- 
zellen et, dans le Voisinage, des zones plus ou moins 
étendues de nécrose où l’on ne yoit plus aucun 
élément cellulaire reconnaissable. 

Enfin, par une technique particulière, M. Ma¬ 
nouélian a pu démontrer la présence dans ce tissu 
gommeux de nombreux tréponèmes pâles qui se 
retrouvent presque exclusivement dans les Zones 
de tissu nécrosé. 

Si la nature syphilitique de l’anévrysme aortique 
est donc démontrée d’une manière irréfutable, ces 
recherches, eh outre, nous apprennent que l’ané¬ 
vrysme est une véritable gomme développée dans 
la paroi du vaisseau. 

Lorsque la maladie est arrivée à un certain degré 
de son évolution, c’est donc le tissu scléro-gommeux 
qui constitue la paroi propre de la poche anévrys¬ 
male, celle-ci tapissée par une couche plus ou 
moins épaisse de caillots. 

Ces notions anatomiques ne nous expliquent- 
elles pas, d’une façon lumineuse, l’évolution de 
l’anévrysme aortique? Oncomprendaisémentpour- 
quoi celui-ci se comporte comme Une véritable 
tumeur, envahit et détruit les tissus voisins et ne 
se contente pas de les comprimer, comme le ferait 
une simple distension vasculaire. Il suffit égale¬ 
ment de se rappeler quelle difficulté l’on rencontre 
habituellement pour disséquer, à l'autopsie, un e 



i6 


PARIS MEDICAL 


poche anévrysmale, celle-ci adhérant intimement 
aux organes voisins qu’elle a, pour ainsi dire, 
envahis. En se souvenant que la poche et les pro¬ 
longements qu’elle envoie à son pourtour sont cons¬ 
titués, non pas par du tissu .inflammatoire, mais 
par un véritable tissu néoplasique, syphilomateux, 
ces notions anatomiques jettent sur la clinique une 
grande clarté. 

Si l’anévrysme est une lésion syphilitique, il 
faut le traiter comme toute lésion de ce genre doit 
l’être, mais il ne faut pas oublier que le tissu qui 
le constitue est un tissu gommeux, et que ce tissu, 
dans l’immense majorité des cas, constitue seul 
la paroi de la poche ; c’est la seule défense de 
l’organisme contre une rupture de la paroi. 

De cette notion résulte ce premier principe, 
c’est que l’on ferait courir un grand danger à 
un malade atteint d’anévrysme aortique, si on 
le soumettait à un traitement intensif, suscep¬ 
tible de déterminer de rapides modifications du 
tissu scléro-gommeux. Il y a là un péril qu’il 
faut signaler. 

Faut-il s’abstenir de tout traitement spéci¬ 
fique ? ce serait, d’un autre côté, sans essayer 
la moindre lutte, laisser la maladie évoluer vers 
une issue fatale plus ou moins rapide. Ce serait 
aussi se priver d’un moyen d’action très efficace 
contre l’élément douleur qui joue parfois un rôle si 
important dansl’histoire de l’anévrysme de l’aorte. 

En effet, pour notre part, nous avons vu, à de 
nombreuses reprises, de violentes douleurs sous la 
forme soit de névralgies intercostales, soit de 
névralgies lombo-abdominales, être rapidement 
calmées sous l’influence d’un traitement antisy¬ 
philitique. 

D’action des médicaments, en favorisant la 
résorption d’adhérences enserrant des filets ner¬ 
veux de voisinage, adhérences constituées, comme 
nous l’avous dit; par une véritable néoplasie syphi¬ 
litique, explique suffisamment les résultats obte¬ 
nus. 

Nous pensons, en conséquence, qu’il n’y a pas 
de raisons suffisantes pour renoncer à l’emploi 
d’un traitement spécifique, mais que ce traitement 
doit être fait avec beaucoup de prudence. 

Il faut, tout d’abord, étudier avec soin la poche 
anévrysmale sous l’écran radioscopique, en mesu¬ 
rer les dimensions, les noter sur un orthodiagramme, 
puis en étudier les contours et l’expansibilité. 

. Ces données précisées, il faudra tout d’abord 
recourir à la méthode que préconisaient Dance- 
reaux et Paulesco, c’est-à-dire à une série d’injec¬ 
tions de sérum gélatiné à 2 à 3 p. 100, qui se pro¬ 
posent comme but de favoriser la coagulation 


3 Juillet IÇ20. 

du sang dans la poche, c’est-à-dire de contribuer à 
la constitution d’un véritable mur de protection. 

Dans la plupart des cas, ces injections pratiquées 
à la dose de' 50 à 100 centimètres cubes sont bien 
supportées. 

Il est incontestablement difficile de préciser dans 
quelle mesure cette pratique favorise la formation 
des caillots, mais il nous a paru cependant, en 
étudiant sous l’écran radioscopique le contour de 
la poche et sou expansibilité, que certains résultats 
favorables pouvaient être obtenus : l’expansibi¬ 
lité est moindre et les contours de l’image devien¬ 
nent souvent moins nets, plus pâles, différences 
qui pourraient s’expliquer par la précipitation de 
la fibrine sur la paroi. 

En même temps que ce traitement, on aura 
recours à un traitement spécifique, soit mercuriel, 
soit mercurio-arsenical : nous avons l’habitude 
d’utiliser surtout des injections intraveineuses de 
cyanure de mercure à la dose de os r ,oi en injections 
répétées tous les deux jours ; en même temps, 
une fois par semaine nous utilisons en injections 
intraveineuses une petite dose (os r ,io) de novar- 
sénobenzol. Nous pratiquons ainsi un traitement 
de six semaines environ comportant 20 injections 
de cyanure de mercure et 6 injections de novar- 
sénobenzol, traitement durant lequel on peut 
pratiquer, chaque semaine, une injection de sé¬ 
rum gélatiné. 

Si, pour une raison quelconque, le traitement 
par le novarsénobenzol ne pouvait être réalisé, on 
ferait suivre le traitement mercuriel d’une série 
d’injections d’hectine. 

Lorsqu'on a pu étâblir un diagnostic d’anévrysme 
aortique à une période qui n’est pas trop éloignée 
encore du début, lorsqu’il ne s’agit point d’une de 
ces volumineuses tumeurs ayant tout détruit 
devant elle et faisant une volumineuse saillie sous 
la peau, on peut espérer arrêter la maladie dans 
son évolution. Ce qui nous a paru évident dans 
plusieurs cas, c’est que les douleurs disparaissent, 
que la tumeur n’augmente point de volume et 
devient moins expansible. 

Il n’est pas besoin d’ajouter qu’il faudra être 
toujours parfaitement renseigné par l’étude radio¬ 
scopique, par la recherchede la réaction de Wasser¬ 
mann et que, suivant les cas, il y aura lieu de 
faire desséries plus ou moins nombreuses de trai¬ 
tement spécifique. 



O.JOSUÉ. — LA DIGITALE DANS LES CARDIOPATHIES 17 


LES RESSOURCES THÉRAPEUTIQUES 
DE LA DIGITALE DANS LES 
CARDIOPATHIES 

le D' O. JOSUÉ, 

Médecin de l’b&pital de la Pillé. 

La digitale est souvent prescrite avec crainte. 
Les hésitations et les incertitudes des médecins 
trouvent leur origine dans les publications co¬ 
pieuses d’auteurs timorés qui ne cessent de les 
mettre en garde contre des accidents toxiques et 
contre des modifications du rythme cardiaque qui 
sont parfois au contraire l'indice d’une action 
thérapeutique énergique. 

Nombre d’échecs ne reconnaissent pas d’autre 
cause que l’insuffisance des doses. On n’a pas osé 
faire prendre au malade les quantités nécessaires 
pour obtenir ces sortes de résurrections cardiaques 
que donne la digitale. Dans d’autres cas on n’a 
pas continué la médication assez longtemps pour 
maintenir un cœur défaillant et conserver en 
quelque sorte l’énergie latente que J. Mackenzie 
appelle la « force résiduelle s> du cœur. 

Si le médecin cesse le traitement d’une façon 
prématurée, c’est en général parce qu’il redoute 
des accidents toxiques par accumulation. Il est 
classique d’insister sur la propriété que possède 
la digitale de s’accumuler dans l’organisme. Certes 
il est exact que l'action du médicament se pro¬ 
longe pendant un certain temps. Il faut évidem¬ 
ment tenir compte de cette particularité et tou¬ 
jours se rappeler l’action cumulative de doses 
successives. Ce phénomène est réel. Loin d’être 
un défaut, il représente d’ailleurs, comme le fai¬ 
sait à juste titre remarquer Huchard, une des 
qualités essentielles de la digitale, puisqu’il per¬ 
met à l’action toni-cardiaque de persister un 
certain temps. 

Cependant il faudrait se garder de tirer de ce fait 
des conclusions pratiques erronées par exagé¬ 
ration. L’activité de la digitale persiste assez 
longtemps, mais elle disparaît néanmoins au 
bout d’un certain temps. Non seulement il n’y 
a pas lieu de craindre de continuer le traitement 
chez certains malades, mais il est parfois néces¬ 
saire de le prolonger pour maintenir l'énergie 
cardiaque. 

L’idée que la digitale ne s’élimine pas et s’accu¬ 
mule est à tel point admise que l’on considère 
surtout la quantité globale de digitaline donnée 
au malade. C’est ainsi que j’entends souvent dire 
qu’un sujet a pris L gouttesde digitaline en tant de 
jours. On semble attacher plus d’importance à la 


quantité totale du'médicament qu’à la façon dont 
celle-ci a'été répartie. En réalité, il est au contraire 
essentiel^de savoir combien le malade a pris de 
digitaline par jour. Un exemple fera bien saisir 
notre pensée. Autre chose est de prescrire L gouttes 
de digitaline en une fois, ou cinq jours X gouttes, 
ou dix jours V gouttes, et pourtant dans tous ces 
cas la quantité globale est la même. La quantité 
prise par jour et la répartition diffère seule. Cette 
dernière notion est la plus importante. En effet, 
si la digitale s’accumule dans une certaine mesure, 
l’élimination, bien qu’assez lente, s’accomplit ce¬ 
pendant. Il y a donc lieu de considérer les doses 
quotidiennes plutôt que la dose globale ingérée. 
■"JLa posologie de la digitale est d’ailleurs délicate; 
La digitale représente à coup sûr un médicament 
d’une efficacité merveilleuse, à condition de la 
manier d’une main experte, de n’en prescrire ni 
trop peu, ni trop, pendant assez longtemps, mais 
pas trop. 

Pourjatteindre à cette précision, il est néces¬ 
saire d’avoir à sa disposition un médicament tou¬ 
jours identique à lui-même. C’est pourquoi il est. 
préférable de faire usage de la digitaline cristal¬ 
lisée (1), substance définie dont l’efficacité e3t 
toujours la même, contrairement aux prépara¬ 
tions de feuilles de digitale dont la teneur en 
substances actives varie dans de larges mesures. 
La digitaline présente de plus un autre avantage. 
Elle est nettement moins toxique avec une effi¬ 
cacité en général supérieure à celle des prépa¬ 
rations de feuilles. Elle détermine notamment 
bien moins souvent des troubles gastro-intes¬ 
tinaux. La digitaline se prescrit par gouttes de 
la solution au millième dans un peu d’eau ; 
L gouttes contiennent un milligramme de digi¬ 
taline. On peut aussi donner des granules d’un 
quart de milligramme ou d’un dixième de milli¬ 
gramme. 

* * 

Nous avons signalé la crainte exagérée des acci¬ 
dents toxiques qui empêche souvent de donner le 
médicament à dose suffisante. En réalité, l’admi¬ 
nistration de la digitale peut déterminer deux 
ordres de modifications. Les unes, pour être 
toxiques par leur pathogénie, sont cependant 
intimement liées à l'action thérapeutique du 
médicament. Elles indiquent que la digitale agit 
et ne sont pas toujours une contre-indication à sa 
continuation. Elles signifient seulement qu’il faut 
surveiller le malade et procéder avec prudence. 
Les autres troubles représentent au contraire de 
véritables accidents toxiques, 
ses 

(1) Nnus]fttisons t usage de la digitaline cristallisée N'aliveUe. 



18 PARIS MEDICAL 3 Juillet 1920 


Dans la première catégorie entrent les modifi¬ 
cations du rythme cardiaque. Ou ne se rend pas 
toujours un compte exact de la valeur de ces 
niodifications. Souvent le médecin s’en pré¬ 
occupe d’une façon exagérée, croyant voir une 
manifestation dangereuse dans ce qui n’est que 
le résultat d’une action thérapeutique énergique. 

Da digitale ralentit le rythme des contractions 
cardiaques en même temps qu’elle les- renforce. 
Cette action est favorable et bienfaisante. D’accé¬ 
lération considérable du cœur dans l’asystolie 
gêne beaucoup la circulation du sang. Des cavités 
cardiaques n’ont pas le temps de se remplir 
pendant les diastoles trop courtes et les contrac¬ 
tions rapides des ventricules sont par suite 
inefficaces. Un des premiers effets heureux de la 
digitale est d'espacer les systoles, d’allonger la 
diastole pendant laquelle le sang s’écoule dans le 
cœur et de permettre aux ventricules qui se con¬ 
tractent avec plus d’énergie, de lancer avec 
efficacitéjles ondes sanguines plus copieuses. 

[Aussi voit-on souvent apparaître de la brady¬ 
cardie. Des contractions cardiaques tombent à 60, 
50 et même moins, à la minute. Des doses qui 
déterminent la bradycardie sont d’ailleurs va¬ 
riables suivant les cas. Tantôt on voit survenir une 
bradycardie marquée pour des doses faibles de 
digitaline. Tantôt on observe seulement un léger 
ralentissement pour des doses relativement fortes. 

Da bradycardie digitalique indique uniquement, 
comme l’a fait remarquer Dian, l’imprégnation de 
l’organisme par la digitaline. Elle n’est pas autre¬ 
ment redoutable. Da crainte de la voir survenir 
ne doit en aucune façon empêcher de donner la 
digitaline à doses suffisantes. Cependant, quand 
le pouls tombe à moins de 60 à la minute, une 
surveillance étroite s’impose. Il est prudent de 
diminuer la digitaline, de façon à ce que le nombre 
des contractions ne s’abaisse pas au-dessous de 55 à 
la minute. I’ar conséquent, une bradycardie même 
notable ne doit pas faire priver le malade du bé¬ 
néfice du traitement, qui peut être continué, si 
nécessaire, mais avec modération 

On observe aussi, sous l’influence de la digitale, 
du bigéminisme cardiaque ou rythme couplé, 
caractérisé par l’apparition d’une extrasystole 
suivie d’un repos compensateur après chaque con¬ 
traction cardiaque. Par suite, on constate à l’aus¬ 
cultation du cœur des groupes de deux révolutions 
cardiaques rapprochées, suivis d’un intervalle, et 
au pouls’des groupes de deux pulsations. Il arrive 
aussi que la deuxième contraction cardiaque du 
groupe soit trop faible pour lancer l’onde san¬ 
guine jusqu’à l’artère radiale. De pouls ést alors 
très ralenti ; 'on~ne perçoit qu’une pulsation pour 


deux contractions cardiaques; il y a de la brady¬ 
sphygmie 

On a prétendu que le rythme couplé se produit 
toujours alors qu’il y a déjà de la bradycardie. Il 
en est ainsi dans la majorité des cas. Cependant 
il n’est pas exceptionnel de constater le rythme 
couplé sans ralentissement notable du cœur. 

De rythme bigéminé est l’indice d’une impré¬ 
gnation marquée par la digitale. On considère 
généralement cette modification du rythme 
comme un incident sérieux et redoutable. Cette 
appréciation est certainement exagérée. Il n’y 
pas lieu de redouter l’apparition de ce trouble du 
rythme. Dans les cas où un traitement éner¬ 
gique est nécessaire, on peut continuer l’adminis¬ 
tration de la digitaline jusqu’à l’apparition du 
rythme couplé ; c’est également l’opinion de 
J. Mackenzie qui ne craint pas de donner de fortes 
dcses de digitale. - Cependant, à partir de ce mo¬ 
ment, il faudra, si possible, cesser la médication et, 
si l’on est obligé de la continuer, ne le faire qu’à 
petites doses et avec la plus grande prudence. 

Da digitaline peut encore déterminer d’autres 
modifications du rythme. C'est ainsi que l’on 
constate quelquefois, à l’aide de la méthode gra¬ 
phique et de l’électrocardiographie, une disso¬ 
ciation auriculo-ventriculaire incomplète et rare¬ 
ment la dissociation complète (Josué et God- 
lewski). Enfin la digitaline peut déterminer de 
l’arythmie complète passagère. Nous étudierons 
plus loin l’action du traitement digitalique chez 
les malades présentant de l’arythmie complète. 
Nous n’insistons pas sur ces derniers troubles, 
dissociation auriculo-ventriculaire et arythmie 
complète, parce que leur apparition ne comporte 
aucune indication thérapeutique particulière. 

Nous arrivons maintenant au deuxième groupe 
de troubles digitaliques. Ce sont à proprement 
parler des accidents toxiques qui empêchent la 
continuation du traitement. Des uns sont bénins, 
les autres sont au contraire très graves. Des acci- 
accidents bénins sont des troubles gastro-intes¬ 
tinaux. Certains malades ne supportent pas la 
digitale. Us sont pris de vomissements après l’in¬ 
gestion du médicament ; certains sujets présen- 
sentent une susceptibilité marquée à l’égard de la 
digitale. De traitementdevientparfois impossible, 
l’intolérance gastrique pouvant se manifester 
même à l’occasion de petites doses. 

On peut observer un délire en général léger 
avec un peu d’obnubilation et quelques halluci¬ 
nations. C’est un accident déjà plus sérieux qui ne 
se montre qu'après un traitement prolongé, sou¬ 
vent alors que le pouls est déjà ralenti ou bigé¬ 
miné, Il faut cesser l’administration de la digitale, 



O.JOSUÉ. — LA DIGITALE DANS LES CARDIOPATHIES 


et les troubles nerveux ne tardent pas à dispa¬ 
raître. Cet accident est rare et ne survient, en 
général, qu’après des doses considérables. 

Enfin, à titre tout à fait exceptionnel, et chez 
des malades qui ont continué longtemps des doses 
que le médecin n’avait prescrites que pour peu de 
jours, on peut voir des phénomènes d’intoxi¬ 
cation suraiguë: troubles gastro-intestinaux avec 
vomissements et diarrhée, douleurs gastriques 
violentes, refroidissement des extrémités, taclii- 
cardie intense, dyspnée, lipothymies et syncopes. 
I,e malade livide, couvert de sueurs, succombe 
parfois rapidement. Dans d’autres cas, les phéno¬ 
mènes s’amendent sous l’influence des injections 
d’huile camphrée, des applications de boules 
d’eau chaude, et naturellement après suppression 
de la digitaline. 

On n’oubliera pas enfin qu’une syncope mor¬ 
telle est toujours possible chez un sujet atteint 
d’une maladie du cœur par le fait même de la car¬ 
diopathie, sans que l’intervention thérapeutique 
puisse être incriminée. Cet' accident est particu¬ 
lièrement à redouter dans les cardiopathies graves# 
chez les asystoliques, les cardiaques en arythmie 
complète, etc. Il ne faudrait -pas, en pareil cas, 
attribuer au traitement par la digitale ce qui revient 
à la maladie. 


Huchard insiste sur l’action différente de la 
digitaline suivant la manière de la prescrire. 
« Dans un médicament, écrit-il, il y a plusieurs 
médicaments. » D’où la notion encore classique 
des trois doses de digitaline. 

La quantité globale restant toujours d’un milli¬ 
gramme, on peut la donner de trois façons diffé¬ 
rentes, suivant les cas. 

Contre l’asystolie, Hucliard conseille la dose 
massive d’un milligramme, L gouttes de la solu¬ 
tion au millième en un jour ; contre l’éréthisme 
cardiaque, dans l’endocardite, les doses séda¬ 
tives, un milligramme en quatre à cinq jours, 
c’est-à-dire X à XII gouttes par jour ; enfin les 
doses cardio-toniques, un milligramme en dix à 
douze jours, c’est-à-dire IV à V gouttes par jour. 

En donnant la dose massive en une fois, Hu¬ 
chard cherche à exercer une action immédiate sur 
le cœur ; il compte de plus sur la lenteur de l’élimi¬ 
nation pour que le médicament continue d’agir 
pendant plusieurs jours. Mais on remarquera que 
la dose administrée d’emblée est trop considé¬ 
rable ; elle est supérieure à celle qui est nécessaire 
pour agir énergiquement ; elle présente de plus le 


19 

grave inconvénient d’interdire de nouvelles prises 
les jours suivants, même si l’action cardio-tonique 
et la diurèse tardaient à se manifester. Enfin l’éli¬ 
mination du médicament ne se fait pas toujours 
exactement de la même façon, par conséquent 
on 11e peut pas être absolument certain de la durée 
de son action. 

Il est de beaucoup préférable de faire prendre 
au malade tous les jours la quantité de digitaline 
nécessaire. Cette méthode est plus sûre et plus 
rationnelle que celle qui consiste à faire ingérer 
en une fois une dose trop forte et à compter 
sur la lenteur de l’élimination pour répartir le 
surplus. 

Les doses de X à XII gouttes de la solution de 
digitaline au millième pendant quatre ou cinq 
jours agissent utilement dans certains cas d’in¬ 
suffisance cardiaque légère ; mais nous n’avons 
pas constaté l’action sédative que leur attribuait 
Huchard. 

Les doses d’entretien cardio-tonique de IV 
à V gouttes pendant dix à douze jours fournissent 
le moyen de maintenir l’énergie cardiaque chez 
des sujets dont le cœur n’est pas tout à fait en 
compensation parfaite. 

Mais, en somme, cette manière d’enserrer la 
médication digitalique dans trois formules est 
trop étroite. La limitation à la dose globale d’un 
milligramme est arbitraire, elle empêche de 
mettre en œuvre toute l’action thérapeutique du 
médicament. 


La digitaline est indiquée quand le cœur est 
défaillant. C’est la notion qui domine l’appli¬ 
cation de la médication digitalique. Mais que de 
modalités, de variétés, de nuances dans l’asthénie 
du cœur I Aussi n’allons-nous pas envisager le 
traitement digitalique comme une sorte d’entité, 
nous l’étudierons dans la réalité concrète, comme 
il faut l’appliquer au cardiaque. Nous passerons 
en revue les grandes questions de clinique théra¬ 
peutique, en nous tenant strictement au point de 
vue pratique. 

Tout d’abord une question se pose : peut-on 
appliquer le traitement digitalique dans toutes 
les variétés d’affections cardiaques? On sait que 
trop souvent les médecins n’osent pas donner de 
digitale aux malades atteints d’une affection 
aortique. Cette opinion prédomine encore malgré 
l’avis qu’avaient déjà formulé Potain et Huchard. 
Il faut savoir qu’une seule considération doit 
compter : le malade présente-t-il un cœur défail- 



20 


PARIS MÉDICAL 


lant? S’il existe de l’insuffisance cardiaque, le 
malade est justiciable du traitement par la digitale, 
quelle que soit la lésion initiale. La digitale est 
essentiellement le remède de la défaillance car¬ 
diaque ; par conséquent, la présence d’une alté¬ 
ration aortique, d'une insuffisance aortique par 
exemple, ne constitue nullement une contre-indi¬ 
cation au traitement par la digitale. 

Si nous considérons là carrière d’un cardiaque, 
par exemple d’un malade atteint .d’une affection 
mitrale, il existe d’abord une période où la com¬ 
pensation est parfaite. Cette période se prolonge 
longtemps dans certains cas, parfois même indé¬ 
finiment, la lésion valvulaire donnant lieu 
uniquement à des signes d’auscultation sans pro¬ 
voquer aucun trouble fonctionnel. 

Mais le plus souvent, on voit survenir d'une 
façon plus ou moins précoce quelques troubles 
fonctionnels: légère dyspnée d’effort, quelques 
extrasystoles. A ce moment, sans qu’il y ait à 
proprement parler de décompensation, il est déjà 
utile d'aider le cœur avec la digitale. On prescrira 
tous les mois, pendant huit à dix jours,V gouttes 
de digitaline en une fois dans un peu d’eau, ou un 
granule d’un dixième de milligramme. Le malade 
fera trois ou quatre périodes ; puis, si le sujet se 
trouve mieux, on pourra interrompre la médica¬ 
tion, pour la reprendre ensuite. 

Si la maladie évolue, on voit se préciser les 
signes de défaillance cardiaque : dyspnée d’effort 
plus marquée, crises de dyspnée nocturne, léger 
œdème vespéral des cous-de-pied, palpitations, 
extrasystoles, et ensuite arythmie complète avec 
fibrillation auriculaire. A ce moment, la décompen¬ 
sation devient plus nette. Il s’agit, par un traite¬ 
ment approprié, de soutenir l'énergie du cœur 
et de retarder l’échéance asystolique. La quantité 
de digitaline prescrite sera déjà plus grande et la 
durée du traitement plus longue. Dans le mois, le 
sujet prendra de la digitaline pendant dix jours ; 
suivant le cas, VII ou VIII ou même X gouttes 
pendant les cinq premiers jours, et pendant les 
cinq jours suivants V gouttes de la solution de 
digitaline au millième. Quand les accidents Bont 
plus marqués et si la tendance à l'asystolie devient 
plus nette, il faudra imposer en même temps tous 
les mois plusieurs jours de repos au lit, puis 
sur une chaise longue; faire prendre un purgatif 
drastique (teinture de jalap composée et sirop de 
nerprun, io grammes de chaque avant de com¬ 
mencer la digitaline, mettre le malade au régime 
lacté absolu et peu abondant (i litre et demi par 
jour) pendant deux ou trois jours, puis au régime 
lacto-végétarien pendant quatre à huit jours. 


3 Juillet IQ20. 

Grâce à ce traitement, on arrivera à maintenir, 
dans une mesure variable suivant les cas, l'énergie 
cardiaque et à permettre au malade une vie relati¬ 
vement active pendant les périodes intercalaires. 
La sévérité du régime, la quantité quotidienne de 
digitaline à prescrire pendant les périodes de trai¬ 
tement mensuel, véritables périodes de récupé¬ 
ration cardiaque, varieront d’ailleurs suivant 
l’atteinte plus ou moins profonde de l’énergie du 
muscle cardiaque, suivant aussi la situation 
sociale du malade et ses occupations, facteurs que 
le médecin appréciera à leur juste valeur. 


Prenons maintenant un malade en pleine crise 
d’asystolie aiguë. La digitaline est le remède 
souverain, mais à condition d'être prescrite sui¬ 
vant certaines règles. 

Il faut d’abord préparer le malade. On lui 
prescrira un purgatif drastique : teinture de 
jalap composée et sirop de nerprun, de chaque 
io grammes (il n’est pas nécessaire de donner 
une purgation plus énergique) ; souvent il sera 
utile depratiquerune saignée de300 à400grammes. 
S’il existe un grand épanchement pleural, on 
commencera par l’évacuer ; de même si l’on cons¬ 
tate une ascite abondante. Le malade est mis 
au régime lacté restreint : un litre et demi de 
lait ; une partie du lait peut être remplacée 
par du képhir n° 2. Parfois il est utile de mettre 
le malade, le premier jour, àl’eaulactosée: un litre 
d’eau avec 150 grammes de lactose dont une 
partierestera en suspension, à prendre par quarts de 
verre ou demi-verres dans les vingt-quatre heures. 

Quand la potion purgative aura agi, on donnera 
la digitaline au malade. Il prendra XXV ou 
XXX et même XXXV gouttes de la solution de 
digitaline au millième, en une fois, dans un peu 
d’eau, pendant trois ou même quatre jours, puis 
XX ou XV gouttes pendant deux, trois ou quatre 
jours, puis X gouttes pendant trois, quatre jours 
ou plus, puis V gouttes si nécessaire. Pendant 
toute la période oüf le malade prend de fortes doses 
de digitale, supérieures à X gouttes, il est très 
important qu’il reste au régime lacté absolu et 
qu’il 11e commette aucun écart de régime. 

Généralement, dès le deuxième ou le troisième 
jour, la diurèse libératrice survient. Elle constitue 
un indice de premier ordre de l’activité de la médi¬ 
cation. En même temps le pouls, qui était très 
rapide, se ralentit. Les signes de congestion hépa¬ 
tique et pulmonaire, la dyspnée s’amendent; les 



O.JOSUÉ. — LA DIGITALE DANS LES CARDIOPATHIES 


œdèmes, les épanchements se résorbent. Dans 
certains cas, l’amélioration est très rapide et l’on 
voit parfois les accidents asystoliques disparaître 
dès le quatrième ou le cinquième jour. Il est inutile, 
en pareil cas, de continuer aussi longtemps la digi¬ 
taline à forte dose et l’on pourra tomber immé¬ 
diatement à X gouttes pour continuer cette dose 
pendant quelques jours. 

Il est souvent utile, quand on sera arrivé à 
XV gouttes, de faire prendre en même temps 
i gr ,5o à 2 grammes de théobromine par jour, en 
trois ou quatre fois. En procédant de la sorte, on 
arrive souvent à augmenter et à prolonger la 
polyurie libératrice. 

Ee malade est maintenu au régime lacté absolu 
jusqu’à ce qu’il arrive à X gouttes. A ce moment 
on ajoute au régime lacté quelques cuillerées à 
soupe de purée de pommes de terre sans sel. Par¬ 
fois, quand la faim est trop impérieuse, ce qui se 
voit surtout dans les cas où la polyurie a été très 
abondante, on pourra donner un peu de purée en 
plus du lait quand le malade prend encore 
XV gouttes, mais il faudra agir avec la plus grande 
prudence. 

On aura soin, pendant tout le traitement, de 
suivre le malade de près et de prendre régulière¬ 
ment le pouls. On ne se laissera pas impressionner 
par le ralentissement du pouls ; celui-ci peut 
tomber à 60, à 55 pulsations à la minute et l’on 
pourra continuer le traitement en modérant ce¬ 
pendant la quantité de digitaline, dans les cas où 
les phénomènes asystoliques n’auraient pas dis¬ 
paru. Cependant, si le ralentissement tendait à 
s’exagérer encore, il faudrait suspendre le traite- 
tement. Si l'on constate un pouls bigéminé, il est 
indiqué de suspendre le traitement, à moins que 
les troubles asystoliques ne nécessitent la conti¬ 
nuation de la digitaline ; il y aura lieu, en tout 
cas, de diminuer dans une large mesure la digi¬ 
taline et d’adjoindre immédiatement la théobro¬ 
mine à la dose de i« r ,5° à 2 grammes par jour si 
la diurèse n'a pas été suffisante ; on parviendra 
ainsi à maintenir la diurèse malgré la réduction 
de la digitaline. 

Une fois la crise d’asystolie terminée, il faudra 
s’appliquer à maintenir l’énergie cardiaque récu¬ 
pérée et à éviter le retour des accidents. En pareil 
cas encore, on aura recours à la digitaline. Comme 
nous l’avons montré plus haut pour la période 
de décompensation et d’imminence d’asystolie, 
on fera prendre tous les mois, pendant un temps 
plus ou moins long, V à X gouttes de digitaline, 
avec, si nécessaire, adjonction de repos et de régime. 
Mais il est des cas où ce traitement ne suffit pas. 


J’ai observé quelques malades chez lesquels la 
digitaline est devenue un adjuvant indispensable 
de la contraction cardiaque. Après une série 
d’essais, on est amené à leur faire prendre de la 
digitaline en petite quantité (un granule d’un 
dixième de milligramme, ou V gouttes de la solu¬ 
tion au millième) ou en quantité déjà notable 
(deux dixièmes de milligramme, ou X gouttes) 
d’une façon continue, avec de petites périodes 
d’interruption, ou même sans aucune interruption. 
J’ai dans mon service une malade qui y était entrée 
fin décembre 1913 en pleine crise d’asystolie 
semblant irréductible. Elle était dans un état 
tout à fait précaire et paraissait sur le point de 
succomber, Ea guérison a été cependant obtenue 
grâce à un traitement digitalique énergique. 
Depuis le milieu de 1915, nous avons été obligé de 
la maintenir à V gouttes jusqu’à il y a deux ans, 
puis de porter la dose à X gouttes. Chaque fois 
qu’on a essayé de diminuer ou à plus forte raison 
de supprimer la digitaline, elle est retombée eu 
asystolie. De temps en temps, malgré le traite¬ 
ment digitalique continu, elle présente des retours 
d’insuffisance cardiaque que l’on fait disparaître 
en portant pendant quelques jours la dose à 
XX gouttes avec purgation drastique et régime 
sévère. Puis, l’incident terminé, la malade revient 
à sa dose habituelle de digitaline en même temps 
qu’elle reprend sa vie ; elle se lève un peu et aide 
même au nettoyage de la salle. Certainement cette 
malade aurait succombé depuis longtemps sans 
la digitaline qui soutient son cœur. Il est bien 
évident aussi que, chez cette malade du moins, la 
digitaline ne s’accumule guère. Certes le cas de 
cette malade est tout à fait exceptionnel, mais 
il est cependant d’un grand intérêt pratique. Il 
montre qu’il faut scruter en quelque sorte la tolé¬ 
rance de chaque malade à l’égard de la digitaline 
et qu’il ne suffit pas d’invoquer la notion com¬ 
mode et inexacte d’une dose globale uniforme. 


Il est des cas où l’asystolie semble irréductible 
et où le traitement digitalique paraît impuissant 
à déterminer la régression des accidents. 

Plusieurs catégories de faits sont à considérer. 
A côté des malades chez lesquels la digitale se 
montre réellement impuissante, il en est d’autres 
chez lesquels la médication est sans action, soit 
parce qu’il existe un obstacle périphérique qu’il 
est possible de lever, soit parce que la digitale 
n’a pas été prescrite à dose suffisante. 

C’est- ainsi qu’un épanchement pleural ou une 



22 


PARIS MÉDICAL 


ascite abondante, des œdèmes très marqués, 
une congestion hépatique intense constituent 
parfois des obstacles à l’activité de la digitale. 
Il suffit d’évacuer les épanchements par la ponc¬ 
tion, les œdèmes par des mouchetures, de di¬ 
minuer la congestion du foie par des prises de 
calomel à doses réfractées (3 centigrammes, 
trois ou quatre fois par jour pendant trois à 
cinq jours), pour que la digitaline, prescrite ensuite, 
se montre efficace. 

Parfois 011 ne trouve rien de pareil. Cependant 
on apprend que le sujet n’a eu que des doses 
insuffisantes et parfois minimes de digitale. En 
tout cas il n’a jamais subi de traitement éner¬ 
gique. Il suffit quelquefois, pour obtenir la ré¬ 
gression des manifestations asystoliques, de pres¬ 
crire un traitement moyennement énergique : 
deux ou trois jours XXV gouttes, puis deux ou 
trois jours XX gouttes, puis XV gouttes pendant 
quelques jours, puis X et enfin V gouttes de la 
solution de digitaline au millième, avec en plus 
I er ,50 de théobromine à partir du moment où le 
malade prend XV gouttes. On aura eu soin de 
préparer le malade par un drastique (teinture de 
jalap composée et sirop de nerprun) et une saignée 
de 300 à 350 grammes, et de" mettre le sujet au 
régime de l’eau lactosée, puis’du lait. Sous 
l’influence du traitement bien conduit, on verra 
parfois s’établir la polyurie libératrice, en même 
temps que le cœur récupère son activité, et que 
les œdèmes et les congestions diminuent. 

Mais parfois aussi l’asystolie semble plus rebelle. 
Elle dure depuis un certain temps. Des traite¬ 
ments que l’on croyait très énergiques ont été 
tentés en vain. On peut encore obtenir chez de 
tels malades des succès inespérés en prescrivant 
la digitaline à des doses beaucoup plus élevées et 
continuées plus longtemps. Parfois on voit appa¬ 
raître le résultat désiré en donnant, après prépa¬ 
ration préalable du malade, trois ou quatre jours 
XXX gouttes ou même un ou deux jours XXXV, 
puis un ou deux jours XXX gouttes, puis XXV 
gouttes pendant deux ou trois jours,puis XX, puis 
XV, puis X gouttes, avec addition de 1^,50 à 
2 grammes de théobromine à partir du moment 
où l’on sera dsecendu à XV gouttes, il n’est pas 
rare de réduire, en procédant ainsi, des asystolies 
qui semblaient définitives. Il va de soi qu'il faut 
redoubler d’attention et suivre le malade de très 
près quand on fait usage de ces fortes doses. On ne 
craindra pas, en pareil cas, de voir se produire un 
ralentissement marqué des contractions cardiaques 
et un pouls bigéminé. Il est indiqué de pousser le 
traitement assez loin, surtout si l'on est encouragé 


3 Juillet IQ20. 

par l’apparition de la diurèse libératrice'et par les 
premiers indices de la diminution des œdèmes et 
de l’amélioration des troubles fonctionnels. 

Enfin il reste encore des cas d’asystolie, mais 
ils sont rares, où, malgré le traitement énergique, 
l'asystolie persiste irréductible. Peu de chances 
de guérison subsistent en pareil cas. Ou pourra 
mettre en œuvre l’action d’autres toni-cardiaques. 
Par exemple, après cessation de la digitale pen¬ 
dant un certain temps, ou essaiera l’ouabaïne. 
Mais souvent, malgré les tentatives thérapeu¬ 
tiques, le malade en pleine cachexie asystolique 
finit par succomber après un temps plus ou moins 
îong. 

La digitale est particulièrement utile chez 
les vieillards, dont elle permet souvent de pro¬ 
longer les jours. D’insuffisance cardiaque est 
menaçante à un âge avancé. Elle est Souvent 
latente. Nombre de vieillards souffrent de bron¬ 
chites interminables ou de troubles d’insuffi 
sance rénale, ou seulement de fatigue générale, 
qui en réalité sont atteints de défaillance 
cardiaque. D’autres enfin supportent mal une 
atteinte infectieuse même légère : angine, em¬ 
barras gastrique ; ou grave : pneumonie, bron¬ 
cho-pneumonie ; parce que le cœur dévient faci¬ 
lement insuffisant et a peine à fournir le travail 
supplémentaire nécessité par la maladie générale. 
Dans tous ces cas, la digitaline doiine d'excellents 
résultats, démontrant par son action thérapeu¬ 
tique la part du cœur dans les troubles. Il suffit 
de donner pendant six à dix jours X gouttes 
par jour, en une fols, de la solution de digitaline 
au millième pour voir guérir rapidement une 
bronchite qui semblait interminable ou cesser la 
fatigue ou l'affaissement que l’on craignait devoir 
être définitifs, se rétablir la diurèse, disparaître 
les phénomènes inquiétants au cours d’une 
maladie infectieuse : la langue, de sèche, devient 
humide, les urines sont abondantes ; l’état général 
se relève. 

Dans certains cas, 11 est bon de maintenir 
l’énergie cardiaque en donnant de la digitaline 
tous les mois (V gouttes de la solution aü mil¬ 
lième, huit à dix jours par mois, ou V, VII et 
même X gouttes cinq jours,et les cinq jours sui¬ 
vants V gouttes). On évitera ainsi le retour des 
accidents. On peut, grâce A cette médication, pro¬ 
longer pendant fort longtemps la vie de certains 
vieillards dont le cœur est facilement défaillant. 


D’arythmie complète qui s’observe fréquem- 



Ô. JOSUÉ. — LA DIGITALE DANS LES CARDIOPATHIES 23 


ment ail cours des cardiopathies ne contre-indique 
en rien l’usage de la digitaline, qui exerce avec 
avantage en pareil cas son action toni-cardiaque 
et ralentissante ; bien plus, cette arythmie néces¬ 
site souvent le traitement digitalique, parce 
qu’elle mène à l'insuffisance cardiaque. 

V arythmie complète est caractérisée par ce 
fait que les ventricules se contractent d’une 
façon irrégulière ; le pouls est par suite tout à fait 
irrégulier, les temps qui séparent les pulsations et 
la force de celles-ci étant complètement inégaux, 
lin même temjw que les ventricules se contractent 
irrégulièrement, les oreillettes sont animées con¬ 
tinuellement d’un tremblement fibrillaire irré¬ 
gulier et inefficace. 

Quand on donne de la digitaline à un sujet qui 
présente de l’arythmie complète et qui est en 
usystolie, ou constate que les ventricules se ralen¬ 
tissent comme chez les autres malades, en même 
temps que les contractions deyiennent plus éner¬ 
giques. Les tracés et les électrocardiogrammes 
montrent que la digitaline agit uniquement sur 
les ventricules ; la fibrillation auriculaire per¬ 
siste. 

L’action favorable de la digitaline s’exerce chez 
les malades en arythmie complète comme chez 
les autres sujets. Il convient d’ailleurs d’ajouter 
que la plupart des asystoliques et que bon nombre 
de malades qui sont en imminence d’asj-stolie pré¬ 
sentent de l'arythmie complète. La digitaline 
sera prescrite de la même façon, qu’il y ait ou non 
arythmie complète ; seul le degré d’insuffisance 
cardiaque importe. 

Cependant nous devons signaler que l’on 
constate dans de rares cas la disparition de 
l’arythmie complète avec fibrillation auriculaire, 
sous l’influence du traitement par la digitaline. 
La disparition de l’arythmie complète est parfois 
définitive. Dans d’autres cas, l’arythmie, reparaît 
après un temps plus ou moins long quand le 
malade a cessé le traitement. La disparition 
de l’arythmie complète représente une amélio¬ 
ra tionrimportante. Eu effet, l’arythmie complète 
est toujours un phénomène grave et comporte 
un pronostic-sérieux au cours des cardiopathies. 

On peut enfin, mais très rarement, voir sur¬ 
venir l’arythmie complète sous l’influence de la 
digitaline. Cette complication est tout h fait 
exceptionnelle. I/arythmie complète est alors pas¬ 
sagère et disparaît quand oh cesse la digitaline. 


La digitaline est indiquée dans la tachycardie 
paroxystique ; elle peut faire cesser un accès, ou 
prévenir l’apparition de nouveaux accès. 


Au début de la crise de tachycardie paroxys- 
. tique, il faut essayer d’arrêter l’accès en provo¬ 
quant des efforts de déglutition, par exemple en 
faisant avaler une grosse boulette de mie de pain, 
par la compression des pneumogastriques au cou, 
par un vomitif. Si tous ces moyens ont échoué ou 
si le début de la crise remonte à vingt-quatre 
heures, il y a lieu de prescrire la digitaline à la 
dose de XXX gouttes de la solution au millième 
en une fois, dans un peu d’eau : en général, les 
accidents ont disparu au bout d’un ou de deux 
jours, et on cessera la médication, sinon il faudra 
encore continuer XXV ou XX gouttes pendant 
deux ou trois jours. 

A titre préventif, Caruot a préconisé de donner 
V gouttes de la solution au millième pendant 
vingt à trente jours consécutifs. Cette méthode 
est excellente ; elle m’a donné les meilleurs ré¬ 
sultats. Non seulement les crises ne se repro¬ 
duisent plus pendant la période où le malade 
prend la digitaline, mais encore pendant un cer¬ 
tain temps après la cessation du traitement. 

Enfin, dans certains cas, l’asystolie aiguë suit la 
crise. Ou prescrira alors la digitaline comme dans 
les autres cas d’asystolie. 


Si la digitaline est le plus puissant des toni-car- 
diaques, il y a cependant certaines circonstances 
où elle ne semble exercer que peu ou pas d’action. 

C’est ainsi que les troubles d’asthénie cardiaque 
que l’on voit survenir aü cours des maladies infec¬ 
tieuses aiguës sont peu influencés par ce médi¬ 
cament ; il convient cependant de faire une excep¬ 
tion pour la pneumonie. On connaît l’effet bien¬ 
faisant de petites doses de digitaline (X gouttes 
de la solution au millième) pendant les jours 
qui précèdent la crise et au moment de la crise, 
quand les fonctions cardiaques paraissent le plus 
troublées. Enfin la digitaline prescrite de la même 
manière rend de grands services dans la pneu¬ 
monie des vieillards. 

Certaines formes d’asystolie représentent de 
véritables crises de rhumatisme subaigu se loca¬ 
lisant sur le cœur. J’ai décrit ces formes d’asys¬ 
tolie qui s’accompagnent en général de fièvre 
(asystolie fébrile) et j’ai montré que ces malades 
ne réagissent pas à la digitaline seule ; ils doivent 
être traités par le salicylatç de soude, seul ou 
associé à la médication digitalique. 

Sous le nom d’asystolie surrénale, j’ai décrit 
une forme d’asystolie occasionnée par l’insuffi¬ 
sance relative des glandes surrénales incapables 
de fournir l’excitant physiologique (adrénaline et 




24 


PARIS MEDICAL 


corps analogues) nécessaire à un cœur très hyper¬ 
trophié. Ici encore la digitaline seule n’agit pas. 
Il convient de prescrire l’adrénaline ou les extraits 
surrénaux, seuls ou en même temps que la digi¬ 
taline. 

Enfin il est un autre cas où le traitement par la 
digitaline ne donne pas toujours des résultats 
favorables, c’est dans le cœur gras des obèses. Il 
faut, quand on soupçonne cette affection car¬ 
diaque, agir avec prudence et commencer par se 
rendre compte de la susceptibilité du malade. 


L’hypertension artérielle est trop souvent consi¬ 
dérée à-tort comme une contre-indication à l’admi¬ 
nistration de la digitaline. Cette opinion s'appuie 
principalement sur des considérations théoriques 
et expérimentales. On craint d’augmenter l’énergie 
des contractions cardiaques et d’amener par ce 
mécanisme une nouvelle ascension de la pres¬ 
sion. Expérimentalement, on a constaté que 
l’injection de doses considérables et plusieurs 
fois mortelles de digitaline détermine chez l’animal 
une élévation de la pression artérielle. Il convient 
de remarquer que les expérimentateurs ont opéré 
dans des conditions trop différentes de celles de la 
clinique pour que l’on soit en droit de tirer des 
conclusions de leurs recherches. 

Cependant on avait signalé que la digitaline 
pouvait être employée chez des malades ayant 
une pression élevée (Potain, Iluchard). J’ai 
montré, avecM. Godlewski, que la digitaline, même 
à forte dose, n’exerce pas d’action hypertensive, 
aussi bien chez les sujets dont la pression était 
normale, que chez ceux qui avaient une pression 
élevée. La digitaline n’a une action sur la pression 
artérielle que chez les sujets qui sont en état 
d’insuffisance cardiaque. A ce point de vue, deux 
éventualités sont possibles. 

Dans certains cas, la tension artérielle était plus 
élevée avant le fléchissement du cœur. Sous l’in¬ 
fluence de l’insuffisance cardiaque, la pression 
maxima est tombée, la pression minima restant 
au même point ou augmentant même légère¬ 
ment. Chez ces malades, la pression artérielle 
maxima remonte à son niveau antérieur quand le 
cœur reprend son énergie sous l’influence de la 
digitaline. Nous avons souvent observé ce phéno¬ 
mène, qui a pu faire croire à une action hyperten¬ 
sive inexistante. 

Dans d’autres cas, la pression artérielle, loin de 
baisser pendant la crise d’asystolie, monte au con¬ 
traire au-dessus de son taux habituel. L’hyper¬ 
tension porte en général sur la pression maxima 


3 Juillet IÇ20. 

et'sur la minima. Ces asystolies hypertensives 
(Portocalis), dont le mécanisme est encore obscur, 
offrent un grand intérêt pratique. Au point de vue 
thérapeutique, l'insuffisance cardiaque compte 
seule. Ces malades doivent être traités par la 
digitaline comme les autres asystoliques. Sous 
l’influence du traitement, on voit disparaître les 
troubles asystoliques ; la diurèse s’établit et la 
pression artérielle s’abaisse pour revenir au taux 
habituel. 

La digitaline a donc tendance à ramener au 
taux habituel la pression artérielle des sujets 
asystoliques ; elle la fait remonter si la pression a 
fléchi au cours de l’asystolie ; elle la fait baisser 
si la pression a monté sous l'influence de l’asys- 
tolie. 

Il arrive enfin que des sujets ayant une pression 
élevée présentent à un moment un certain degré 
d’affaiblissement du cœur, sans tomber à propre¬ 
ment parler en asystolie. Ils se plaignent de 
dyspnée un peu plus marquée, surtout au mo¬ 
ment de l’effort ; ou constate parfois un léger 
œdème ; enfin la pression artérielle a baissé. En 
pareil cas, l’abaissement de la pression maxima 
avec conservation d’une pression minima élevée, 
avec, par conséquent, diminution de la pression 
différentielle, loin d’être considéré comme favo¬ 
rable, doit attirer l’attention sur la possibilité 
d’un fléchissement cardiaque. On donnera de la 
digitaline à ces malades; si l’asthénie cardiaque est 
marquée, le traitement sera assez énergique : 
XXV gouttes de la solution au millième pen¬ 
dant deux ou trois jours, puis XX ou XV gouttes 
pendant quelques jours, puis X gouttes. Le trai¬ 
tement sera moins énergique si l’affaiblissement 
du cœur est léger : XX gouttes un jour, puis 
XV gouttes deux jours, puis X gouttes trois, 
quatre ou cinq jours. Les doses et la durée du 
traitement varieront suivant les cas. 

En somme, quelle que soit la pression artérielle, 
au point de vue de l’administration de la digita¬ 
line l'insuffisance cardiaque entre seule en ligne 
de compte. 


La préoccupation de l’état des reins retient 
souvent aussi le médecin quand il doit prescrire 
la digitaline à doses suffisantes et assez prolongées, 
dans la crainte que l’imperméabilité rénale 
augmente encore l’accumulation de la digitale et 
favorise ainsi l’apparition de phénomènes d’intoxi¬ 
cation. 

C’est là une erreur qui entraîne des conséquences 
pratiques sérieuses, empêchant de mettre en 
œuvre le traitement approprié 



GALLAVARDIN et TIXIER.— LA METHODE AUSCULTATOIRE 25 


J’ai montré avec M.M.Parturier que l’asystolie 
est capable de déterminer des syndromes rénaux 
en l’absence de toute lésion des reins. C’est ainsi 
que l’on peut constater une azotémie inférieure à 
1 gramme, de l’albuminurie, divers symptômes 
appartenant soit à la rétention azotée, soit à la 
rétention liydroclilorurée ; toutes ces manifes¬ 
tations étant la conséquence des troubles circu¬ 
latoires rénaux et de l’oligurie. 

Ees troubles rénaux qui semblent parfois 
occuper une place dominante dans le tableau cli¬ 
nique, s’amendent en même temps que les 
symptômes cardiaques, quand ou donne la digi¬ 
taline en quantité suffisante et en suivant les 
règles que nous avons exposées plus haut. En 
même temps que le cœur se régularise, la diurèse 
s’établit, la teneur du sang en urée revient à la 
nonnale, l’albuminurie disparaît ainsi que les 
autres manifestations d’apparence rénale. C’est 
à ce moment seulement, quand le cœur a repris 
son énergie sous l’influence de la digitaline, qu’on 
pourra apprécier l’état des fonctions rénales à 
l'aide des diverses méthodes d’exploration dont 
nous disposons. 

On ne manquera donc pas de donner la digi¬ 
taline à forte dose malgré la présence de troubles 
rénaux. Il est possible, sans qu’on en puisse juger 
pendant la période d’asystolie, que toutes les 
manifestations soient sous la dépendance de 
l’insuffisance cardiaque et que, tous les phéno¬ 
mènes rénaux disparaissent après le retour de 
l’énergie du cœur. 

Mais, en procédant ainsi, ne risque-t-on pas 
d’exercer une influence nocive dans le cas où les 
reins seraient lésés, ce que l’on 11e pourrait cons¬ 
tater qu’après a v ction de la digitaline? Bien au 
contraire, en venant au secours du cœur défaillant 
à l’aide de la digitaline, on améliore du même coup 
l’élimination rénale, chez les sujets ayant les reins 
lésés. Et par le fait, le malade se trouve très 
soulagé par la médication digitalique, même 
quand les méthodes d’exploration rénale dé¬ 
montrent, après la réduction de l’asystolie, la pré¬ 
sence d’altérations des reins. 

C’est qu’en effet le cœur et les reins sont des 
organes' intimement unis. Ees lésions rénales 
nécessitent un effort plus considérable du cœur 
pour maintenir la diurèse et le fléchissement du 
cœur ne tarde pas à retentir sur le fonctionne¬ 
ment des reins malades. 

Par suite aussi, certaines aggravations des mani¬ 
festations rénales au cours des néphrites sont en 
réalité la conséquence du fléchissement cardiaque. 
Non seulement on 11e doit pas craindre de donner 
de la digitale en pareil cas, mais le traitement 


digitalique amène une amélioration notable en 
faisant disparaître toutes les manifestations ré¬ 
nales surajoutées, dues en réalité à l’insuffisance 
cardiaque. Ees doses de digitale qu’il faut donner 
à ces malades varient évidemment suivant le 
degré du fléchissement cardiaque, mais il est 
nécessaire qu’elles soient suffisantes. Il n’y a pas 
lieu de redouter, en raison de la néphrite, l’appa¬ 
rition de phénomènes toxiques par accumulation 
excessive de la digitaline. 


LA MÉTHODE AUSCULTATOIRE 
MOYEN D’ÉTUDE DU 
MODE DE RÉPLÉTION ARTÉRIELLE 

TROUS AUSCULTATOIRES 

L. GALLAVARDIN et L. TIXIER 

Médecin des hôpitaux de Lyon: (de Nevers). 

Il peut y avoir intérêt à savoir comment se 
remplit le système artériel pendant la systole car¬ 
diaque. Ea pénétration de l’ondée sanguine dans 
l’aorte et ses branches ne s’effectue pas toujours 
avec le même rythme : normalement assez brusque 
par suite de la large communication entre le ventri¬ 
cule et la crosse aortique, plus brutale-dans l’in¬ 
suffisance aortique, elle devient lente et progres¬ 
sive dans le rétrécissement aortique, et peut sans 
doute affecter d’autres modalités dans divers 
cas. 

Ea mesure de la tension artérielle, maxima et 
minima, par les procédés ordinaires nous indique 
un point de départ et un point d’arrivée, mais ne 
nous dit rien sur la manière dont s’effectue le 
passage de l’un à l’autre. Ea courbe oscillatoire 
elle-même, obtenue en figurant l’amplitude de la 
série des oscillations artérielles obtenues au 
Pachon à chaque degré de compression ou de dé¬ 
compression, ne nous en apprend pas davantage ; 
elle.nous renseigne sur le degré de la dilatation 
artérielle, nullement sur le mode de cette dilatation 
et nous ne savons pas si cette dilatation est sou¬ 
daine ou paresseuse, brusque ou progressive. 

A. Les anciens moyens d’étude du mode 
de réplétion artérielle. — Deux moyens se 
trouvaient jusqu’ici à notre disposition : apprécia¬ 
tion au doigt, par la ■palpation artérielle, de la 
modalité du soulèvement du vaisseau ; examen, sur 
les tracés spliygmographiques, des caractères de la 
phase ascendante de la pulsation artérielle. 

1° Palpation artérielle. — Ee doigt exercé 
qui explore l’artère, pèse sur ses parois, et suit 
attentivement leur expansion en faisant varier 



26 


PARIS MEDICAL 


sans cesse la résistance qu’il leur oppose, arrive à 
percevoir autre chose que des dilatations globales. 
Il acquiert des données importantes sur la manière 
dont l’artère se dilate, c’est-à-dire se remplit. 
On a depuis longtemps distingué, du pouls nor¬ 
mal, le pouls cinglant de l’insuffisance aortique, 
et le pouls paresseux, en dôme, du rétrécissement 
aortique. Cette méthode a l’avantage de la sim¬ 
plicité ; mais sa sensibilité est très relative et elle 
se prête mal aux comparaisons et aux mesures 
précises. 

2° Tracés sphygmographiques. — C’est pour 
obvier à de tels inconvénients qu’ontété proposés à 
l’origine les tracés sphygmographiques. Il existe 
deux moyens principaux de les recueillir. 

a. Tracés sphygmographiques simples. — Ce sont 
ceux que l’on prend à l’àide des divers modèles de 
sphygmographes. Tes indications qu’ils fournissent 
sont des plus précieuses, car ils permettent l’ana¬ 
lyse à tête reposée delà phase ascendante de la pulsa¬ 
tion artérielle, qui est la marque écrite que laisse le 
remplissage du vaisseau; ces indications sont parti¬ 
culièrement lisibles sur les tracés en grande vitesse 
qui permettent la mensuration en centièmes de 
seconde de l’espace qui sépare le début du soulè¬ 
vement artériel de son point maximum. Ta durée 
de cette phase ascendante, qui est normalement 
de 0,05 à 0,06 centièmes de seconde, s’abaisse sen¬ 
siblement dans le pnlsus celer de l’insuffisance aor¬ 
tique, s’élève notablement, jusqu’à 0,20 centièmes 
de seconde et même davantage, dans le pulsus 
tardus du rétrécissement aortique qui, comme on 
le sait, s’accompagne presque toujours d’anacro¬ 
tisme. 

Ces tracés • sphygmographiques ont cependant 
quelques inconvénients. Ce qu’il importe de 
connaître, dans les recherches qui nous occupent, 
c’est la durée de la crue tensionnelle, c’est-à-dire 
le temps que met dans chaque cas la pression pour 
passer de son taux minimum à son taux maximum. 
Or, sur les tracés, si le point où la pression com¬ 
mence à s’élever dans l'artère est d’ordinaire assez 
facilement repérable, il n’en est pas toujours de 
même du point de ce tracé qui correspond au 
fastigium systolique. Te sommet de la pulsation 
s’étale parfois en un dôme plus ou moins arrondi, 
ou figure un véritable plateau sur lequel il devient 
périlleux de choisir un point de préférence à un 
autre. Ta durée de la crue tensionnelle — ou, si 
l’on veut, de l 'espace systolo-tnaximal compris entre 
le début de la systole cardiaque et le moment où la 
pression rnaxima est atteinte dans l’artère — n’est 
donc pas exactement mesurable. D’autre part, 
on sait que la forme du tracé sphygmograpliique, 
et notamment de sa phase ascendante, varie beau¬ 


3 Juillet IÇ20. 

coup au gré de conditions qui n’ont que des rap¬ 
ports très lointains avec le mode de réplétion arté¬ 
rielle et parmi lesquelles il faut compter le point 
exact d’application de la pelote sur l’artère, le 
degré de compression de cette artère, la résistance 
variable du ressort du sphygmographe, etc. Si bien 
que, chez un même sujet, c’est presque un jeu de 
recueillir en quelques minutes des tracés sphygmo¬ 
graphiques d’allure très disparate. 

Ta principale cause d’infériorité des tracés sphyg 7 
mographiques tient à ce qu’en réalité on ne sait 
jamais la part respective qu’il faut attribuer, dans 
la forme du graphique, aux valeurs de dilatation 
artérielle et aux valeurs de décollapsus. A suppo¬ 
ser que le ressort soit appliqué exactement au 
milieu du cylindre artériel, le tracé sera diffé¬ 
rent suivant que la compression initiale de l’ar¬ 
tère sera assez superficielle pour 11’enregistrer 
que les valeurs de dilatation, ou assez profonde 
pour leur surajouter d’importantes valeurs de 
décollapsus. D’autre part, avec un même degré 
d’écrasement artériel, la dureté du ressort oppo¬ 
sera une barrière plus ou moins précoce à l’expan¬ 
sion de l’artère. On peut bien régler cette tension 
du ressort avec les appareils nouveaux, mais pas 
le lieu, central ou marginal, de la compression du 
vaisseau, ni surtout son degré ; de là un polymor¬ 
phisme souvent déconcertant qui porte non seule¬ 
ment sur la hauteur du sphygmogramme, mais 
altère sa forme,et, ce qu’ilya de plus grave dans le 
cas qui nous occupe, n’épargne pas cette portion 
ascendante du sphygmogramme dont nous atten¬ 
dions tous nos renseignements. 

b. Tracés oscilla graphiques. — C’est pour 
obvier à ces inconvénients que de nombreux au¬ 
teurs ’se sont efforcés, depuis une quinzaine d’an¬ 
nées, d’enregistrer, non le pouls d’une artère, mais 
le pouls de la manchette. Te dispositif est simple. 
Une manchette pneumatique est appliquée sur le 
bras ; les variations de pression de l’air de cette 
manchette sont transmises à un tambour de Marey 
et inscrites à l’aide d’un stylet sur du papier enfumé. 
De cette façon, on a l’avantage d’exercer dans 
chaque cas une compression uniforme sur l’artère, 
puisqu’elle porte régulièrement sur tout son pour¬ 
tour. Connaissant d’autre part la pression exacte 
dont on surcharge le vaisseau, on sera à même de 
juger, en s’aidant du taux des pressions systolique 
et diastolique, de la déformation imposée au tube 
artériel; on saura si tel tracé sphygmographique est 
l’expression de la simple dilatation artérielle, com¬ 
plète ou limitée, ou si, à ces valeurs de dilatation, 
viennent s’adjoindre sur tel autre d’importantes 
valeurs de décollapsus. Des tracés recueillis de 
cette façon seront plus comparables entre eux et se 



GALLAVARDIN et TIXIER. — LA METHODE AUSCULTATOIRE 27 


prêteront plus facilement à l’étude de la phase 
ascendante de la pulsation artérielle. Les modifica¬ 
tions du rythme des oscillations de l’aiguille du 
mano-oscillomètre ou del'oscillomètre, sous les dif¬ 
férentes pressions de la manchette, qui ont inspiré 
également de nombreuses remarques, ne sont que la 
traduction optique des tracés recueillis de cette 
façon ; comme eux, ils peuvent donner quelques 
indications sur le mode de dilatation artérielle. 

La substitution de ces « oscillogrammes » aux 
anciens « sphygmogrammes » est cependant loin de 
représenter la perfection dans l’analyse de la 
phase ascendante de la pulsation artérielle. Tout 
d’abord, ce u’est pas le pouls d’une artère, mais le 
pouls total du membre que l’on interroge, c’est- 
à-dire en définitive la pulsatilité globale de très 
nombreuses branches artérielles dans lesquelles le 
taux de la pression systolique ou diastolique n’est 
pas rigoureusement égal et qui s’affaissent par 
suite inégalement sous la pressioii uniforme de la 
manchette. Même en ne considérant que l’artère 
principale du membre, son affaissement ne s’effec¬ 
tuera pas au même degré sous la partie centrale et 
sous les bords de la manchette ; par suite, les 
valeurs de dilatation et dedécollapsusse marieront 
dans des proportions différentes au niveau de la 
partie centrale et des parties latérales du cylindre 
artériel. Il faut compter enfin avec l’amortissement 
et la déformation de l’onde pulsatile dus à la pré¬ 
sence d’une masse aérienne non négligeable (dont 
la pression n’est du reste pas absolument fixe au 
moment de la pulsation) entre l’artère et le stylet 
inscripteur, à l’interposition obligée d’un sphyg- 
moscope, à l’inertie des diverses membranes de 
caoutchouc mises en jeu dans la manchette, dans 
le sphygmoscope, dans le tambour 1 C’est pour 
toutes ces raisons que des tracés sphygmographi- 
ques simples, recueillis avec soin, doivent à leur 
origine directe sur la paroi artérielle d’offrir des 
caractères plus tranchés que certains tracés oscil- 
lographiques et ne semblent pas leur être très 
inférieurs dans la pratique courante. 

B. Un nouveau moyen d’étude emprunté 
à la méthode auscultatoire. — Il s’agit de mo¬ 
difications curieuses de la courbe auscultatoire 
qui nous ont paru constituer un procédé nou¬ 
veau et élégant d’analyse de la phase ascendante 
de la pulsation artérielle. 

i° Trous auscui/tatoires. — Lorsque, dans une 
lésion de l’orifice aortique, il existe, outre l'insuffi¬ 
sance, un rétrécissement aortique — caractérisé, 
non par un de ces vagues souflles systoliques de la 
base quel’on retrouve presque uniformément dans 
la plupart des cas d’insuffisance, mais par un 
souffle rude accompagné de frémissement systo¬ 


lique, et par un tracé sphygmographique avec 
■pulsus tardus et anacrotisme — on note une sin¬ 
gulière altération de la courbe auscultatoire con¬ 
sistant en un « trou » plus ou moins étendu, pou¬ 
vant conduire, dans certains cas, à un «effacement» 
complet ou presque complet de cette courbe. Nous 
eu avons publié un premier exemple en octobre 
1919 (1) ; depuis ce moment l’un de nous a pu en 
recueillir six cas nouveaux exactement superpo¬ 
sables, ce qui prouve bien qu’il ne s’agit pas là de 
faits exceptionnels (2). 

Disons de suite qu’une telle altération n’est pas 
particulière à la courbe auscultatoire. Elle a son 
pendant dans des modifications similaires de la 
courbe vibratoire. Il s’agit donc, comme nous le 
disions, d’une véritable dissociation entre la courbe 
oscillatoire, qui conserve ses caractères normaux, 
et la courbe vibro-auscultatoire qui acquiert des 
caractères nouveaux. Mais connue ces modifications 
vibro-auscultatoires sont en général plus nette¬ 
ment perçues à l'aide de la méthode auscultatoire 
et que cette méthode suffit à leur étude, nous ne 
parlerons ici que des modifications de la courbe 
auscultatoire. 

On connaît l’aspect de la zone mensurante aus¬ 
cultatoire ordinaire : premiers tons artériels 
apparaissant lorsque la pression s’abaisse dans la 
manchette au taux de la pression systolique, tons 
croissant régulièrement d’intensité (après avoir 
passé ou non par une phase légèrement soufflante) 
au fur et à mesure que la pression tombe, puis fai¬ 
sant brusquement place au silence ou à des tons 
extrêmement amortis au moment où la pression 
de la manchette s’est abaissée au taux de la ten¬ 
sion diastolique. Or, dans les conditions que nous 
signalons, on voit la continuité de cette courbe 
-auscultatoire se creuser d’une véritable lacune. 



dans un cas banal d'insuffisance aortique (fig. i). 

(1) X,. Gallavardin et Tixiijr, Dissociation sphygmomano- 
métrique oscillatoire et vibro-auscultatoire dans un cas de 
rétrécissement aortique serré et insuffisance aortique, avec 
pulsus tardas et anacrotisme ( Archives des maladies du cœur, 
octobre 19 9), 

(z) Ces cas seront publiés en juillet dans une thèse de Lyon: 
M. Poui-ain, Deux signes sphygmomanométriques du rétrécis¬ 
sement aortique ; trou auscultatoire et labilité tensionnelle 
systolique. . 




28 


PARIS MEDICAL 


Les tons artériels supérieurs apparaissent comme 
à l’ordinaire ; mais, au lieu d’assister à leur renfor¬ 
cement graduel, on est étonné de les voir s’atténuer 
brusquement, disparaître un temps, puis réappa¬ 
raître quelques instants après, lorsque la pres¬ 
sion s’abaisse, pour s’évanouir définitivement 
au moment classique. 

Autant que nous pouvons en juger par les sept 
cas où il nous a été possible de l’étudier, ce « trou 
auscultatoire » peut offrir différents aspects. 



dû à la disparition momentanée de la vibrance humérale. I*a 
courbe oscillatoire ne montre aucun phénomène anormal 
(fig- 2)- 


Il s’agit d’ordinaire d’un trou complet caractérisé 
par un silence absolu entre deux zones sonores. 
D’autres fois, on observe un trou incomplet dans 
lequel on assiste simplement à un amortissement 
accusé et passager des tons artériels ; la courbe 
apparaît alors comme creusée et donne l’impres- 

• I i Courbe mbratoire 

1111111111 il 11 11111 iT 


Courbe auscultatoire 


Superposition de courbes vibratoire et auscultatoire dans un cas 
de rétrécissement aortique serré avec insuffisance. — I,e trou 
auscultatoire, complet, est situé vers ln partie supérieure 
de la courbe et eût pu conduire un observateur non prévenu à 
une sous-estimation de la tension systolique auscultatoire, 
par méconnaissance du talus sonore supérieur (fig. 3). 

sion d’une sorte de vallée dans l’espace sonore, 
vallée dont les talus supérieur et inférieur sont à 
pente plus ou moins brusque. — L’étendue de ce 
trou est très variable. Il occupe parfois un à deux 
centimètres seulement dans l’échelle de pression, 
mais peut dans d’autres cas s’étaler sur 5 à 6 cen¬ 
timètres Hg. D’une façon générale, il a d’autant 
plus de tendance à s’élargir que la zone de pres¬ 
sion variable est plus étendue. — Sou siège diffère 
suivant les cas. Presque central chez certains ma¬ 
lades, il a leplus souventtendance à se rapprocher de 
l’extrémité supérieure ou de l’extrémité inférieure 
de la courbe. Au point de vue pratique, le fait a une 


3 Juillet 1920. 

grande importance. Si l’on n’y prend garde, les 
trous supérieurs peuvent conduire à une sous-esti¬ 
mation de la pression systolique par méconnais¬ 
sance du talus supérieur sonore à peine indiqué. 
Les trous inférieurs peuvent de même, par mécon¬ 
naissance du talus inférieur plus ou moins amorti, 
conduire à placer le chiffre de tension diastolique 


0 _w\M 


'/AVw 

Courbe vibrdfoire 

Mil! 


„ . 1 . Courte auscu/tstoire 

•ru... 

Superposition de courbes oscillatoire, vibratoire et auscultatoire 
dans un cas de rétrécissement aortique serré avec insuffisance 
aortique. I,e trou auscultatoire est incomplet, situé au bas de 
la courbe, et aurait pu conduire un observateur non pré¬ 
venu à une surestimation considérable de la tension diasto¬ 
lique. Même phénomène, atténué, sur la courbe vibratoire. 
Aucune modification de la courbe oscillatoire (fig. 4). 


singulièrement plus haut qu’il ne devrait l’être. Il 
est certain que, pour un observateur non prévenu 
de cette cause d’erreur, surtout lorsque le trou est 
complet et situé à la partie moyenne ou inférieure 
de la zone mensurante, la fixation de cette ten 
sion diastolique par la méthode vibro-ausculta- 
toire peut présenter de grandes difficultés, qui 
seront levées par la méthode' oscillatoire. — 
Notons encore que, chez le même sujet, ces 
trous auscultatoires Sont capables d’offrir une cer¬ 
taine variabilité. Nous avons constaté que ces trous 
augmentaient de netteté, d’étendue aussi, lorsque, 
sous l’influence de l’exercice, la tension systolique 
s'élevait de quelques centimètres de Hg et agran¬ 
dissait ainsi le champ de la pression variable. 

Dans des cas extrêmes, on peut concevoir que 
ces trous auscultatoires, en s’étendant sur toute 
l’étendue de la zone sonore et en rongeant les 
talus supérieur et inférieur, aboutissent à l’extinc¬ 
tion de tout bruit. Il y a sans doute tous les inter¬ 
médiaires entreles courbes simplement creusées, net¬ 
tement trouées, ou complètement éteintes. L’un de 
nous a observé un de ces cas où, malgré la persis¬ 
tance de très belles oscillations, il n’existait aucun 
bruit perceptible. A la vérité, de tels cas sont 
sujets à discussion, car il arrive parfois (bien rare¬ 
ment, il est vrai, chez des aortiques) que, par suite 
de certaines modifications dans la tonicité de la 
paroi vasculaire ou autres, 011 11e perçoive aucun 
ton artériel ; et, en présence d’un silence ausculta 
toire complet, il peut être difficile de décider s’il 
s’agit d’un trou particulièrement vaste ou d'une 
modification de la tonitié artérielle n’ayant rien ù 
voir avec le remplissage du vaisseau. La preuve 




GALLAVARDIN etTIXIER. — LA MÉTHODE AUSCULTATOIRE 29 


cependant qu’un certain mode de réplétion arté¬ 
rielle, particulièrement lent et progressif, peut 
conduire à l’extinction de toute zone sonore se 



trouve dans les constatations que nous avons pu 
faire chez une femme présentant une compression 
marquée d’une sous-clavière par une poche ané¬ 
vrysmale. Alors que, du côté sain, la zone mensu- 
rante auscultatoire était normale, il existait un 
silence artériel complet du côté comprimé. 



Courbe auscultatoire 

Aucun ton artériel perceptible 


Compression unilatérale d'une artère sous-clavière, avec tracé 
sphygnw graphique et courbes sphygmomanomètriques recueillis 
sur la radiale et l’humèrale du côté malade. — Le tracé artériel 
a revêtu les caractères du pulsus tardas avec anacrotisme. 
Extinction complète de tout ton artériel, comme de toute 
vibrance. Réduction d’amplitude de la courbe oscillatoire 
avec fixation impossible de l'index diastolique (fig. 6'. 

2° Explication de ces trous auscultatoires. 
*— Nous passerons rapidement sur l’explication 
de ces faits singuliers, ayant suffisamment déve¬ 
loppé ce point ailleurs. 

1/extinction de tout bruit, comme cela peut se 
manifester dans l’ensemble du système artériel en 
cas de rétrécissement aortique particulièrement 
serré, ou plus communément dans un tronc donné, 
â la suite de compression localisée, secomprendfaci- 


lement.I/ondée sanguine, comme passée à la filière, 
distend la paroi artérielle trop lentement et trop 
progressivement pour la faire vibrer et déterminer 
l’apparition d’aucun ton artériel, comme d’aucune 
vibrance tactile. 

Si l’on comprend bien une telle extinction to¬ 
tale, il est plus difficile d’expliquer pourquoi, 
dans la très grande majorité des cas de rétrécisse¬ 
ment aortique, l’extinction sonore ne se produit 
que dans la zone médiane. En réalité, comme nous 
l’avons montré, la série des décollapsus artériels 
qui se produisent périodiquement dans une artère 
soumise à une compression croissante ou décrois¬ 
sante ne sont pas l’œuvre de la même partie de la pul¬ 
sation artérielle. Interroger les décollapsus artériels 
et les tons qu’ils produisent, entre le chiffre de la 
pression systolique et celui de la pression diasto¬ 
lique par exemple, c’est interroger séparément chaque 
tranche de la phase ascendante de la.pulsation arté- 
■ rielle. Tout se passe comme si, par ce procédé, on 
étirait dans le temps cette phase ascendante si 
courte, afin d’analyser à loisir la qualité pulsatile 
de chacun de ses segments. Or, il semble bien 
qu’il y ait, peut-être à l’état normal et à coup sûr 
dans le rétrécissement aortique, au niveau de 
la partie moyenne de cette phase ascendante de 
la pulsation, une sorte de point mort qui corres¬ 
pond au plateau faisant immédiatement suite à 
l’ondulation anacrote et contribuant à individua¬ 
liser cet accident. Pendant cette courte phase, la 
pulsation artérielle semble manquer d’élan et ne 
parvient pas à provoquer une distension suf- 


mW- 


Tracé sphygmographique avec pulms lardus et anacrotisme dans 
un cas de rétrécissement aortique serré avec insuffisance. — 
On remarque sur ce tracé l’allongement considérable de la 
période d’ascension de la pulsation artérielle qui mesure 
o',22 au lieu de o’,o.ï. A la partie moyenne de cette 
Phase d’ascension, il existe un méplat, une sorte de point 
mort, qui isole sous forme d’ondulation anacrote la pre¬ 
mière partie du soulèvement. C’est lorsque le décollapsus 
artériel est effectué pay cette partie de la portion ascendante 
de la pulsation artérielle qui correspond à ce point mort, que 
la distension artérielle perd ses qualités de vibrance et de 
sonorité et qu’on assiste fi la production du trou ausculta¬ 
toire, ou vibro-auscultaloirc (fig. 7}. 


fisamment brusque de la paroi vasculaire pour la 
faire vibrer ou chanter. Il est difficile de dire si 
l’existence de ce point mort répond à une modalité 
particulière du mode d’évacuation ventriculaire 
qui serait plus brusque au début et à la fin, comme 
nous le pertsons, ou à la simple réalisation d’une 
















30 


PARIS MEDICAL 


3 Juillet IÇ20. 


crue tensionnelle plus rapide au début et à la fin 
du remplissage de l’artère. 

Jusqu’à présent, nous n’avons eu l’occasion de 
rencontrer ces trous auscultatoires que dans des 
rétrécissements aortiques accompagnés d’insuffi¬ 
sance aortique, car la chute diastolique profonde et 
la vacuité artérielle interviennent sans doute pour 
rendre plus apparents les effets de la lenteur du 
remplissage de l’artère. Il n’est cependant pas im¬ 
possible qu’on puisse arriver à les mettre en évi¬ 
dence dans certains rétrécissements aortiques purs 
dont la constatation en clinique est infiniment plus 
rare. 

3 ° Extinctions ou réductions sonores d’au¬ 
tre origine. — D’étude du trou auscultatoire 
rencontré au cours de certains rétrécissements 
aortiques et du silence auscultatoire noté dans 
certaines compressions artérielles n’a pas la pré¬ 
tention de résumer la totalité des causes d’extinc¬ 
tion partielle ou totale des tons artériels perçus 
par la méthode auscultatoire. Elle en met seule¬ 
ment en évidence une des causes lesplus curieuses, 
tenant à un mode particulier de réplétion arté¬ 
rielle. 

Dans la plupart des cas, ce sont les modifications 
de la tonicité artérielle qui semblent modifier l’in¬ 
tensité ou l’étendue de la zone sonore. Il y a des 
artères qui crient sous la distension brusque de 
l’onde pulsatile, et il y en a qui restent muettes. 
Bien mieux, une artère qui donnait d’assez beaux 
tons artériels peut voir, comme l’a montré l’un de 
nous, ces tons s’atténuer, se rétrécir, surtout dans 
la zone inférieure, lorsque des compressions répé¬ 
tées ont fait céder le spasme artériel, déterminant 
ainsi une ascension apparente de l’index diastolique 
auscultatoire. Pour qu’une artère vibre ou chante, 
il semble nécessaire (même avec un mode de 
réplétion normal) que sa paroi ait conservé une 
certaine tonicité ; le relâchement excessif de la 
tunique musculaire tend à la rendre muette. 
Mais, dans ce cas, l’altération de la zone sonore 
mensurante a cela de particulier qu’elle consiste 
en une atténuation générale de l’intensité des tons, 
avec tendance au rétrécissement de l’aire sonore. 
Tout se liasse alors comme si la courbe ausculta¬ 
toire, au lieu d’être trouée en son centre, était 
amortie dans son ensemble et quelque peu ron* 
gée à ses deux extrémités. 

Il resterait à voir si le trou auscultatoire est 
absolument caractéristique d’un mode de réplétion 
artérielle particulièrement lent et progressif, et 
si d’autres conditions que le rétrécissement aor¬ 
tique peuvent lui donner naissance. Des recher¬ 
ches que iious avons entreprises ne nous per¬ 
mettent pas de répondre encore d’uns façon caté¬ 
gorique à cette question. 


Malgré les apparences, les altérations de la 
courbe auscultatoire que nous venons de signaler 
doivent plutôt être mises à l’actif qu’au passif de 
la méthode auscultatoire. Sans doute, comme nous 
l’avons dit, ces altérations peuvent, pour un obser¬ 
vateur non prévenu, être l’occasion de certaines dif¬ 
ficultés ou erreurs dans l’appréciation des tensions 
systolique et surtout diastolique. Mais, si l’on ap¬ 
prend à évitfer ces causes d’erreur, quels renseigne¬ 
ments précieux ne donnent-elles pas.? 

Voici toute une catégorie de malades qui présen¬ 
tent une grosse, lésion aortique. Si l’on prend la 
tension chez eux par la méthode oscillatoire, à 
l’aide duPachon par exemple, de tels cas semblent 
banaux ; on constate une hypotension diastolique 
accentuée, comme il est de règle dans les insuf¬ 
fisances aortiques larges, et c’est tout. Da véritable 
particularité de ces cas échappe complètement. 
Si, au contraire, on cherche chez ces malades à 
fixer les chiffres de tension et surtout la tension 
minima par la méthode auscultatoire, l’exploration 
attentive de la succession des tons artériels arrive 
à montrer, outre l'hypotension diastolique, le trou 
singulier qui déchire la courbe auditive. Dès 
lors, onsait que non seulementl’artèrese vide d’une 
façon insolite dans la diastole, ce que nous appre¬ 
nait déjà la courbe oscillatoire, mais encore qu’elle se 
remplit mal pendant la systole, point sur lequel 
la courbe oscillatoire ne nous donnait aucun ren¬ 
seignement. A lui seul, ce trou auscultatoire nous 
renseigne sur l’existence concomitante d’un rétré¬ 
cissement aortique serré venant compliquer l’in¬ 
suffisance, nous permet de prévoir la forme du tracé 
sphygmographique avêc pulsus tardas et anacro¬ 
tisme (i), nous explique enfin que de tels malades 
(qui présentent cependant mie hypotension diasto¬ 
lique souvent énorme) offrent un pouls qui n’ait au¬ 
cun des caractères du pouls de Corrigan. Il est en 
effet curieux de voir ces sujets, à grosse hypoten¬ 
sion diastolique et double souffle crural .montrer un 
pouls à soulèvement lent, semblant parfois se faire 
comme eu deux temps, au lieu du pouls cinglant et 
bondissant que l’on rencontre d’ordinaire dans de 
tels états tensionnels. Ceci prouve que ce n’est pas 
l’hypotension diastolique qui suffit à elle seule 
à produire le pouls de Corrigan, mais bien le rem- 

(i Cette forme du tracé sphygmographique se voit surtout 
dans les cas où le rétrécisseineut est intense. Dans des cas ù la 
limite, l'ondulation anacrote s’élève progressivement jusqu’à 
figurer le véritable sommet de la pulsation qui se trouve alors 
uu niveau ou même un peu au-dessus du ressaut systo¬ 
lique qui lui fait suite. Voy.sur la parenté étroite entre le som¬ 
met de certaines pulsations et l’ondulation anacrote : I,. Galla- 
vardin, Signification de l’anacrotisme [Lyon médical, 24 mars 
ipo7). 



RIBIERRE. DI A GNOSTIC DE VINS UFFISANCE TRICUSPIDIENNE 31 


plissage artériel brusque qui se greffe d’ordiuaire 
sur cette hypotension diastolique. 

En résumé, dansles cas quenous venons d’étudier, 
la méthode oscillatoire nous apprend comment 
l’artère se vide, ha méthode yibro-auscultatoire 
nous l’apprend aussi, si l’on sait éviter certaines 
causes d’erreur ; mais elle nous apprend de plus 
comment elle se remplit. A l’appréciation mas¬ 
sive et brutale du taux de la dilatation artérielle, 
la méthode auscultatoire, par un procédé d’une 
extrême simplicité et sans tracés, ajoute une nou¬ 
velle donnée, dynamique celle-là, concernant le 
mode suivant lequel se fait cette dilatation. En 
un mot, la méthode auscultatoire ajoute à la 
séméiologie du rétrécissement aortique un signe 
périphérique important que la méthode oscilla¬ 
toire est impuissante à lui donner. 


LE DIAGNOSTIC DE L’INSUFFISANCE 
TRICUSPIDIENNE 

P. RIBIERRE, 

Professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, 
médecin de l’hôpital Tenon. 

I v e diagnostic d’insuffisance tricuspidienne est 
certainement un de ceux qui sont le plus rarement 
posés par la majorité des médecins. Cependant cette 
insuffisance valvulaire est loin d’être exception¬ 
nelle, même si l’on se refuse à admettre, avec 
Mackenzie (1), que la moindre élévation de pression 
dans le ventricule droit soit capable de déterminer 
un reflux auriculaire par l’orifice tricuspide. 
D’autre part, il ne nous est pas possible de consi¬ 
dérer, avec le grand cardiologue anglais, dont on 
connaît le mépris pour les diagnostics de lésions 
orificielles, que l'insuffisance tricuspidienne ait 
très peu d’importance. Dans un travail d’un grand 
ntérêt, suri equel nous aurons l’occasion de revenir, 
Lutembacher (2) insiste sur les erreurs de dia¬ 
gnostic que peut entraîner la méconnaissance du 
syndrome tricuspidien terminal dans les sclé¬ 
roses étendues des poumons. 

Le diagnostic de l'insuffisance tricuspidienne 
ne peut, à tous égards, être considéré connue un 
exercice de virtuosité cardiologique, dénué d’in¬ 
térêt pratique réel : à défaut de sanctions théra¬ 
peutiques réellement efficaces, il comporte des 
conséquences pronostiques certaines. C’est pour¬ 
quoi il ne nous a pas paru oiseux de revenir sur 
cette question de sémiologie cardiaque. 

La répugnance certaine des médecins à poser 

(1) Mackenzie, Ees maladies du cœur (trad. Françon), 
Paris, F. Alcan, 1911, p. 318. 

(2) I,utembaciier, Syndrome tricuspidien terminai dans 
les lésions chroniques du poumon ( Arch. des mal. du cœur, 
des vaisseaux et du sang, avril 1919, p. 141). 


ce diagnostic s’explique, tout d’abord, parla diffi¬ 
culté réelle que rencontre un praticien pour 
recueillir, enregistrer et reconnaître comme 
valables les données sémiologiques qui, d’après 
la majorité des classiques, sont seules pathogno¬ 
moniques de l’insuffisance tricuspidienne. Que, 
d’autre part, ce praticien, averti, ait eu connais¬ 
sance des critiques élevées, dans ces dernières 
années, grâce à la technique cardiologique moderne, 
en particulier à la méthode graphique, contre ces 
signes prétendus pathognomoniques, le décou¬ 
ragement fait place en lui au scepticisme, et il se 
tient désormais à l’écart d’un diagnostic dont 
l’incertitude n’a d’égale que les difficultés. 

« Les signes physiques les plus importants de 
l’insuffisance de la tricuspide, écrit Barié (3), sont 
ceux fournis par la régurgitation sanguine qui, à 
chaque systole, s’établit du ventricule droit dans 
l’oreillette et dans les veines qui s’y déversent et 
donne lieu aux phénomènes importants du pouls 
veineux vrai de la jugulaire et des battements vei¬ 
neux vrais hépatiques . Potain a fait ressortir que 
ces signes veineux ont, pour ce qui concerne l’in¬ 
suffisance’tricuspidienne, une valeur supérieure à 
celle des signes présentés par le cœur... » 

Sous des formes à peine différentes, la même 
notion se retrouve dans la plupart des traités 
classiques : pour tous, c’est le pouls veineux ventri¬ 
culaire ou pouls veineux positif ou encore pouls 
veineux vrai qui est le signe capital et décisif de 
l’insuffisance tricuspidienne. Le souffle systolique 
de la région xiplioïdienne, tout en ayant une très 
grande valeur, doit être rejeté au second plan : il 
ne constitue qu’un signe de présomption. 

Or, tout d’abord, le médecin ne laisse pas 
d’éprouver quelque embarras à se reconnaître au 
milieu de ces dénominations de pouls veineux vrai, 
de pouls veineux ventriculaire, de pouls veineux 
systolique, etc., opposées à celles de faux pouls 
veineux, de pouls veineux auriculaire, de pouls 
veineux physiologique ou présystolique, etc. Sou 
embarras augmente encore lorsqu’une réflexion 
un peu prolongée lui permet de se rendre compte 
que le terme de faux pouls veineux s’applique, 
précisément à la pulsation veineuse physiologique, 
normale, de la jugulaire, tandis que le vrai pouls 
veineux constitue un phénomène pathologique, qui 
serait pathognomonique de l’insuffisance tricus¬ 
pidienne. Notons, en passant, sans y trop insister, 
cette cause d’erreur et de confusion et, tout en 
reconnaissant avec Esmein (4) que cette nomen- 

(3) Barié, Traité pratique des maladies du cœur et de 
l’aorte, Paris, Vigot, 1912, p. 619. 

(4) Esmein, I,es symptômes caractéristiques de l'insuffi¬ 
sance tricuspidienne et particuliérement le pouls veineux ven¬ 
triculaire {Annales de médecine, 15 août 1914, p. 193). 



32 PARIS MEDICAL 3 Juillet 1920. 


clature due à Potain a pour elle une profonde 
logique physiologique — la pulsation jugulaire 
normale n’étant pas, en effet, un pouls véritable, — 
admettons, une fois pour toutes, comme seules 
dénominations celle de pouls veineux normal, cor¬ 
respondant à l’état physiologique, et celle de 
pouls veineux ventriculaire, résultant d’un état 
pathologique qui, pour les classiques, se résumerait 
en l'insuffisance tricuspidienne. 

Nous rappellerons que le pouls veineux normal 
comporte, sur les tracés recueillis aux jugulaires, 
trois soulèvements successifs, séparés par des 
dépressions : soulèvement a, présystolique, cor¬ 
respondant à la systole auriculaire ; soulèvement c, 
contemporain de la clôture des valvules auriculo- 
ventriculaires ; soulèvement v, apparaissant à la 
fin de la systole ventriculaire. 

Le pouls veineux ventriculaire correspond à la 
fusion du soulèvement v, dont l’importance est 
considérablement accrue, avec le soulèvement c, 
de telle sorte que toute la durée de la systole ven¬ 
triculaire est occupée par un soulèvement d’une 
amplitude inusitée. Accessoirement, on peut noter 
la disparition de a, mais celle-ci est contingente, 
compliquant fréquemment, il est vrai, le pouls 
veineux ventriculaire, mais sans lui appartenir 
en propre. 

Les notions essentielles que nous venons de rap¬ 
peler 11e peuvent être enregistrées avec certitude 
que par la méthode graphique. Il est certain qu’il 
existe, de ce fait, une première difficulté pour la 
clinique courante. Nous pouvons affirmer, à la fa¬ 
veur d’une certaine expérience, qu’il est extrême¬ 
ment difficile de fixer les caractères des pulsations 
jugulaires par la simple inspection jointe à la 
palpation du pouls radial : c’est cependant ce 
que réclamaient du médecin les auteurs clas¬ 
siques. 

Quant à l’ingénieuse méthode d’auscultation du 
pouls veineux, due à Josué, elle comporte des 
difficultés au moins comparables à celles de l’ins¬ 
pection. En fait, il faut donc recourir à la méthode 
grapliiquepour établir la réalité (Tun pouls veineux 
ventriculaire. La constatation de ce signe permet- 
elle, au moins à elle seule, de conclure avec une 
quasi-certitude à l’existence d’une insuffisance 
tricuspidienne? 

Il semble bien qu’il n’en est rien. C’est ce qui 
résulte tant de considérations physiologiques que 
de nombreux travaux d’ordre expérimental et 
d’ordre clinique. Cette question a été mise au 
point d’une façon parfaite, en 1914, par notre très 
regretté collègue Esmeiu (1). Aux mêmes conclu¬ 


sions aboutit un travail récent de Pierre Schrumpf 
(de Genève) (2). 

Il existe des insuffisances tricuspidiennes sans 
pouls veineux ventriculaire. Mackenzie, Bard 
le faisaient prévoir en remarquant que, sauf dans le 
cas de stase considérable dans l’oreillette droite, 
celle-ci constitue une large chambre vide capable 
d’absorber toute l’onde rétrograde créée par l’in¬ 
suffisance tricuspidienne. En tout cas, cette onde 
ne peut agir sur le régime circulatoire des jugu¬ 
laires qu’à la phase télésystolique. Entre les mains 
de Rihl, de Bondi, de Muller, l’expérimentation a 
démontré que la dilacération des valves tricuspides 
11e s’accompagne très fréquemment d’aucune 
modification du pouls veineux normal. Enfin et 
surtout, de nombreux plilébogrammes ne laissent 
aucun doute sur l’absence de pouls veineuxventri- 
culaire dans des cas authentiques d'insuffisance 
tricuspidienne vérifiés nécroptiquement (Mac¬ 
kenzie, Zielinski, etc.). Dans un cas d’insuffisance 
tricuspidienne liée à une sclérose pulmonaire 
ancienne chez une gibbeuse pottique, que nous 
avons observé récemment dans notre service, avec 
vérification anatomique, les tracés recueillis avec 
le concours du D r Leconte et de M. Yacoël n’ont 
montré aucun des caractères du pouls veineux 
ventriculaire : le soulèvement c était nettement 
distinct du soulèvement v, lequel se signalait seule¬ 
ment en quelques points du tracé par une saillie 
plus nette. 

Ainsi, le pouls veineux ventriculaire fait défaut 
dans certains cas d’insuffisance tricuspidienne. 
Toutefois il n’est pas douteux qu’il existe dans 
maint autre cas. Par une analyse très serrée, 
Esmein a pu établir que ces cas comportent une 
stase sanguine considérable et de son argumentation 
aussi bien que des constatations de Schrumpf se 
dégage, en définitive, cette donnée que faire le 
diagnostic de l’insuffisance tricuspidienne par le 
pouls veineux ventriculaire, c’est attendre un 
stade très avancé de ce trouble orificiel, correspon¬ 
dant à une stase veineuse intense, c’est risquer de 
méconnaître les insuffisances tricuspidiennes 
encore relativement discrètes, les plus intéres¬ 
santes de toutes en pratique. 

Que,d’autrepart, la stase sanguine soit capable, 
à elle seule, en dehors de toute insuffisance tricus¬ 
pidienne, de donner au pouls veineux la fonne 
ventriculaire, c’est ce qui résulte d’autres expé¬ 
riences de Hering et de Rihl. Mais, dans de tels cas, 
pratiquement, l’insuffisance auriculo-ventriculaire 
droite est toujours imminente. Beaucoup plus 

(2) P. Schrumpf, I,e plilébogramme dans l’arythmie coin- 
plète et dans l’insuffisance tricuspidienne (Arch.dcs mal. du 
cœur, des vaisseaux et du sang, décembre 1919, p. 5 29). 


(1) Esmein, loc. cit. 



RIBIERRE. DIAGNOSTIC DE L’INSUFFISANCE TRICUSPIDIENNE 33 


intéressants et troublants sont les cas d'arythmie 
complète, réalisant le pouls veineux ventriculaire, 
sans intervention de l’insuffisance tricuspidienne. 
Ces faits résultent des observations de Vaquez, de 
Hering, de I/ian, de Schrumpf. Qu’il y ait en 
réalité, dans ces cas, une très légère insuffisance 
tricuspidienne, par défaut de la contraction auri¬ 
culaire normale, on peut l’admettre avec Clerc et 
Pezzi, Clarac, etc. Mais ce n’est certainement pas 
ce reflux insignifiant dans l’oreillette, à la fin de la 
systole ventriculaire, qui peut suffire à créer le 
pouls veineux ventriculaire. Enfin il semble que 
certains faits de tachycardie paroxystique s’ac¬ 
compagnent de cette farine spéciale de pouls vei¬ 
neux, sans qu’on puisse faire intervenir, en pareil 
cas, l’insuffisance tricuspidienne. 

Ees considérations qui précèdent et qui résultent 
de l’étude du pouls jugulaire s’appliquent, en 
grande partie.au pouls hépatique. Celui-ci, lorsqu’il 
existé, est certainement plus facile à percevoir et à 
localiser, dans le temps, par la simple palpation 
et sans le secours de la méthode graphique. Il 
suffit de penser aux causes d’erreur, relativement 
faciles à éviter, qui pourraient résulter de batte¬ 
ments artériels, battements aortiques transmis par 
le foie. Lorsqu’on se trouve en présence d’un état 
d’insuffisance cardiaque avec gros foie pulsatile, 
il est, en général, assez aisé d’apprécier le carac¬ 
tère nettement systolique de ces pulsations. Or. 
ainsi que le remarque Esineiu.il est à peu près 
impossible de concevoir la présence du pouls hépa¬ 
tique ventriculaire chez un sujet dont la valvule 
tricuspide serait restée suffisante. En revanche, le 
pouls hépatique ventriculaire est loin d’exister 
dans tous les cas d’insuffisance tricuspidienne, 
Si le pouls jugulaire ventriculaire n’est pas un 
signe constant de ce trouble orificiel, le pouls 
hépatique ventriculaire est encore beaucoup plus 
rare : de lui, plus encore que du premier, ou peut 
dire qu’il constitue surtout un signe d’insuffisance 
tricuspidienne à un stade très avancé de l’évolu¬ 
tion vers la terminaison fatale, donc un signe dont 
la valeur pratique est assez réduite. Même à cette 
phase, l’existence d’une cirrhose hépatique peut 
en supprimer la manifestation. 

On voit ce qui subsiste du signe considéré par les 
classiques comme pathognomonique de l'insuffi¬ 
sance tricuspidienne : c’est un signe inconstant, 
souvent tardif, et qui peut s’observer indépendam¬ 
ment del’insuffisance auriculo-ventriculaire droite, 
en particulier dans l’arythmie complète. 

Le second signe fondamental de l’insuffisance 
tricuspidienne est, pour les classiques, le souffle 
systolique de la région xiphoïdienne, ne se 
propageant pas au delà de la pointe ni dans la 


région dorsale. La plupart des auteurs ont placé 
le souffle xiplioïdien au second plan par rapport 
au pouls veineux ventriculaire. Cette hiérarchi¬ 
sation fait déjà pressentir que les signes d’auscul¬ 
tation peuvent être infidèles pour le diagnostic de 
l’insuffisance tricuspidienne. Or le fait n’est pas 
douteux. Le souffle tricuspidien a ses caractères 
les plus nets dans la variété la plus exceptionnelle 
d’insuffisance tricuspidienne, celle que réalise 
l’endocardite de l’orifice auriculo-ventriculaire 
droit. En revanche, dans 1 a forme la plus commune, 
l’insuffisance tricuspidienne fonctionnelle secon¬ 
daire aux lésions mitrales, aux insuffisances ventri¬ 
culaires gauches des hypertendus, compliquées de 
dilatation du cœur droit, le souffle xiphoïdien est 
inconstant, variable, souvent difficile à isoler du 
souffle d’insuffisance mitrale concomitant. « Il ne 
faudrait jamais conclure à l’absence d’insuffisance, 
écrit Mackenzie (1), parce qu’on n’entend pas de 
souffle, car il arrive fréquemment de constater des 
signes d’insuffisance tricuspidienne dans le carac¬ 
tère des pouls jugulaire ét hépatique, et dans 
l’orifice très élargi constaté à l’autopsie, alors que, 
pendant la vie, il n’y avait pas de souffle tricus¬ 
pidien. Une paroi musculaire affaiblie, et un large 
orifice peuvent ne donner lieu à aucun souffle. s> 
Chez les gibbeux, les sujets à déformations 
vertébro-thoraciques considérables, d’origine pot- 
tique ou rachitique, la localisation et surtout la 
propagation du souffle peuvent s’éloigner des 
caractères classiques. Lamal ade, observée par nous 
récemment, et à laquelle nous avons fait allusion 
plus haut, à propos de l’absence de pouls jugulaire 
ventriculaire, était une ancienne pottique avec 
aplatissement bilatéral du thorax, saillie eu carène 
de la région sternale. Sujette depuis des années à 
des poussées de bronchite, sans aucun antécédent 
rhumatismal, elle était cyanosée, œdématiée, 
oligurique ; son foie ne débordait pas 1 e rebord 
costal et on percevait à l’auscultation un énorme 
souffle systolique s’étendant de l’appendice xi- 
phoïde à la région interscapulo-vertébrale gauche. 
Eort des données étiologiques, de l’existence d’un 
état liyposystolique déjà ancien parvenu à l’asys- 
tolie irréductible, avec cyanose, des signes de 
sclérose et d'emphysème pulmonaires, nous avons 
affirmé la réalité d’une insuffisance tricuspidienne,' 
malgré l’absence de pouls jugulaire ventriculaire, 
l’absence de pouls hépatique et même d’augmenta¬ 
tion de volume du foie. Nous avons rejeté formel¬ 
lement le diagnostic illogique d’insuffisance mitrale, 
malgré l’extension paradoxale du souffle systolique 
à la pointe et dans le dos. Quelques semaines plus 


(1) Mackenzie, toc. cit. 




34 


PARIS MEDICAL 


tard, l’autopsie révélait l’existence d’une dilatation 
considérable du cœur droit avec cœur gauche 
indemne : l’orifice tricuspidien, dont les valves 
présentaient un certain degré de sclérose, admettait 
sans difficulté trois doigts, tandis que l’orifice 
mitral n’offrait aucune lésion. L’absence de pouls 
hépatique et dq distension passive du foie s’expli¬ 
quait par la présence d’une cirrhose cardiaque 
évoluant certainement depuis des mois. La carni¬ 
fication, la sclérose et la bronchiolite diffuse des 
poumons complétaient le tableau anatomique. 


L’exemple que nous venons de citer nous 
paraît montrer nettement la voie à suivre pour 
établir le diagnostic d’insuffisance tricuspidienne. 
Il n’est pas un signe qui, à lui seul, puisse être 
considéré comme pathognomonique d’une lésion 
valvulaire. Un’est mêmepasun seul groupe de signes 
auquel puisse être reconnue cette qualité. Contrai¬ 
rement à une conception aussi commune qu’er¬ 
ronée, une telle affirmation s’applique particu¬ 
lièrement au groupe des signes d’auscultation : 
se ruer d’emblée à l’auscultation, en sémiologie 
cardio-vasculaire, c’est aller presque fatalement à 
l’erreur de diagnostic. Or, plus encore que tout 
autre diagnostic de lésion orificielle, le diagnostic 
d’insuffisance tricuspidienne ne peut s’établir que 
sur un ensemble de données dans lesquelles 
figurent, tout à la fois, les notions étiologiques, les 
considérations fournies par l’évolution des troubles 
et des accidents, l’analyse des troubles fonction¬ 
nels, l’exploration méthodique des signes phy¬ 
siques. Ainsi pourraient être reconnus en clinique 
les principaux types d’insuffisance tricuspidienne 
dont chacun a une physionomie bien spéciale et 
suscite des difficultés d’interprétation d’ordre 
bien différent. 

A l’insuffisance tricuspidienne fonctionnelle 
observée à la période d’insuffisance cardiaque 
des cardiopathies appartiennent : le long passé 
cardiaque des malades, les commémoratifs d’endo¬ 
cardite rhumatismale ou d’hypertension artérielle 
avec insuffisance ventriculaire gauche, l’existence 
d’une arythmie complète. C’est dans de tels cas 
que l’on a pu observer les plus beaux tjq>es de pouls 
jugulaire et de pouls hépatique ventriculaire. 
Toutefois ce dernier manque fréquemment et 
même-l’hypertrophie du foie peut faire défaut, 
dans les formes avancées de cirrhose cardiaque. 
En pareil cas, l’erreur la plus commune consiste 
à méconnaître la part de l’insuffisance tricus¬ 
pidienne dans ce tableau de l’asystolie avec 


3 Juillet IÇ20. 

arythmiecomplète.Eten effet,le souffle xiphoïdien 
est très difficile à percevoir : ' doux, transitoire, 
variable suivant le degré de dilatation du cœur 
droit, l’intensité de la tachy-arythmie, il est, en 
outre, couvert par les souffles mitraux et aortiques 
coexistants. 

Le syndrome tricuspidien terminal des 
scléroses étendues des poumons, à l’étude 
duquel se rattachent les noms de Gouraud, de 
Bard, de Marucheau, a été particulièrement bien 
étudié et analysé dans ses moindres détails par 
Lutembacher (i). L’observation personnelle que 
nous avons résumée plus haut en constitue un 
exemple très net. Tuberculeux fibreux, scléreux 
pulmonaires avec dilatation des bronches, pneu- 
mokoniosiques, emphysémateux avec poussées 
répétées de bronchites, sont exposés à pareille 
éventualité, surtout si les déformations thora¬ 
ciques, liées au mal de Pott', au rachitisme, se 
surajoutent à ces états morbides, contribuent à 
gêner le libre jeu des poumons et à précipiter 
l’apparition de l’insuffisance secondaire du cœur 
droit. L’erreur, ici, qonsiste à attribuer la dyspnée, 
la cyanose, aux seules lésions de l’appareil broncho¬ 
pulmonaire. Mais un observateur averti et attentif 
saura déceler les premiers signes de l’insuffisance 
ventriculaire droite qui prépare et conditionne 
l’insuffisance tricuspidienne plus tardive : point 
de côté hépatique persistant, augmentation de 
volume du foie, bruit de galop droit, œdèmes des 
membres inférieurs avec acrocyanose et abaisse¬ 
ment thermique local. Dès cette époque, l’examen 
orthodiagraphique décèle au moins l'ébauche du 
type radiologique dit « cœur en sabot », qui cor¬ 
respond à l’hypertrophie avec dilatation du ven¬ 
tricule droit et que l’on n’observe guère que dans 
ces insuffisances cardiaques secondaires aux états 
pulmonaires chroniques et dans la sténose de 
l’artère pulmonaire. L’insuffisance tricuspidienne, 
dans ce cas, ne s’accompagne pas, en général, 
d’arythmie complète : c’est que l’iusuflfisance 
ventriculaire l’emporte, contrairement àce que l’on 
observe dans le type précédent, sur l’insuffisance 
auriculaire. Pour la même raison,le pouls veineux 
ventriculaire fait fréquemment défaut. Âu con¬ 
traire, le souffle xiphoïdien, tout en se montrant 
intermittent dans les premières étapes de la défail¬ 
lance du ventricule droit, est beaucoup plus net, 
en général assez intense, n’étant ni soumis aux 
caprices d’une arythmie complète ni dissimulé 
par d’autres souffles orifidels ou confondu avec 
eux. Toutefois, sou foyer maximum et sa propa¬ 
gation peuvent offrir quelques caractères para- 

(l) I.UTEMEACHER, lOC. CÎt. 



SOCIETES SAVANTES 


35 


doxaux, ainsi que nous l’avons vu, lors de défor¬ 
mations thoraciques notables. C’est l’illogisme 
d’une insuffisance mitrale, dans un semblable cas, 
qui ramène l’observateur dans la bonne voie. 

1/insuffisance tricuspidienne organique, liée 
à un processus endocarditique ou d’origine congé¬ 
nitale, est une véritable rareté. Il est très remar¬ 
quable de noter que, dans cette insuffisance tri¬ 
cuspidienne qui réalise le type pur et achevé de la 
lésion orificielle, les signes veineux prétendus 
pathognomoniques sont le plus souvent absents, 
tout au moins pendant une très longue période de 
l’évolution, parce que l’oreillette droite est vigou¬ 
reuse et ne présente pendant longtemps aucun 
phénomène de fibrillation. De même, pendant très 
longtemps, il n’existe aucun signe de congestion 
hépatique. Dans de tels cas les^deux symptômes 
capitaux sont l’existence du souffle holosystolique 
constant, intense, à timbre grave et à siège 
xiphoïdien, et la déformation en sabot de l’ombre 
Tadioscopique du cœijr, traduisant l’hypertrophie 
ventriculaire droite. Telles furent les constatations, 
tant positives que négatives, dans un beau cas 
d’insuffisance tricuspidienne primitive, d’origine 
indéterminée, probablement congénitale, observé 
par Daubry (i) chez un soldat de trente-cinq ans, 
d’aspect vigoureux. D’absence de tout passé pul¬ 
monaire chez ces malades, qui se présentent d’em¬ 
blée comme des cardiaques, les différencie, d’ail¬ 
leurs, suffisamment des tricuspidiens secondaires 
aux pneumopathies. 

Tels sont les trois types principaux d’insuffi¬ 
sance tricuspidienne. D’esquisse que nous en avons 
tracée montrera, nous voulons l’espérer, sur quelles 
bases, bien différentes de celles admises par les 
auteurs classiques, doit s’établir ce diagnostic. 
Comme tous les diagnostics cardiologiques, il doit 
résulter d’une analyse méthodique et d’une synthèse 
raisonnée, non de la constatation d’un ou de deux 
signes prétendus pathognomoniques : ni une 
acuité auditive exceptionnelle, ni une habileté 
toute particulière à recueillir des graphiques ne 
pourront jamais dispenser le médecin de réflé¬ 
chir et de raisonner. 

(i) Daubry, Soc. mitl. hôp., i” mars 1918. 


SOCIÉTÉS SAVANTES 

ACADÉMIE DES SCIENCES 

Séance du 21 juin 1920. 

De président prononce l’éloge funèbre de M. Adolphe 
Carnot et la séance est levée en signe de deuil, 

ACADÉMIE DE MÉDECINE 

Séance du 22 juin 1920. 

Rapport sur les Instituts médicaux. — M. DÉON 


Bernard expose que la commission, au nom de laquelle 
ce rapport est présenté, a tenu avant tout à marquer la 
situation précaire des installations universitaires, pré¬ 
judiciable à l’enseignement comme au prestige du pays. 
Da distinction a été adoptée des établissements d’ensei¬ 
gnement et des instituts de recherches, tout en concé¬ 
dant que les maîtres de l’enseignement peuvent s’adonner 
à des recherches et que les savants sont amen és à ensei¬ 
gner le fruit de leurs recherches. Da commission estime 
que les établissements d’enseignement doivent être 
rattachés aux Facultés de médecine. X%lle estime qu’il 
y a lieu pour le gouvernement de créer des instituts 
spécialisés de culture des sciences médicales, et que le plus 
urgent est l’Institut d’hygiène. 

M. DEI.ORME montre ensuite que l’entretien de cet 
Institut d’hygiène coûterait plus de 700 000 francs 
par an et que la création de cet institut en faveur d’une 
seule Faculté au détriment de toutes les autres n’est pas 
à souhaiter, chaque Faculté pouvant parfaitement 
réclamer pour elle aussi la création d’un Institut d’hygiène. 
Il y a d’autre part une hygiène régionale qui ne peut 
être bien enseignée que par des médecins locaux. D’au¬ 
teur désire la décentralisation et non un organe global 
et unique qui coûterait très cher. Il montre que jusqu’ici 
l’hygiène a été très bien enseignée et assurée par des chefs 
d’école renommés dont la majorité sortent du Val-de- 
Grâce. Pour lui, l’enseignement de l’hygiène et de l’épi¬ 
démiologie doit être assuré dans toutes les Facultés, sans 
qu’il soit nécessaire de créer un grand Institut d’hygiène 
à Paris, ce qui serait un véritable mono; oie. 

M. Hayem demande la parole pour fa prochaine 
séance. H, MaréCHAI,. 

SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX 

Séance du 18 juin 1920. 

Note à propos de quelques cas d’encéphalite épidémique 
observés en ce moment à Brest — MM. H. Bourges 
et A. Marcandier. communiquent à la Société cinq 
nouveaux cas d’encéphalite épidémique ayant affecté 
des allures diverses : myoclonique, myoclono-létliar- 
gique atténuée, myoclono-délirante mortelle, myoclono- 
névralgique, et complètement étudiés en ce qui con¬ 
cerne les réactions de laboratoire. SIM. Bourges et 
Slarcandier attribuent une certaine valeur pronostique 
à l’hyperglycorracliie et à l’hyperglycémie conco¬ 
mitante, de même qu’à la constatation d’un taux 
élevé d’urée dans les humeurs de l’organisme, tous signes 
eu rapport avec une infection sévère. Ils ont, à la thé¬ 
rapeutique classique (abcès de fixation, administration 
d’urotropine), ajouté l’auto-hématothérapie, laquelle 
provoque des réactions sanguines intéressantes : dimi¬ 
nution de nombre des polynucléaires, augmentation 
de nombre des mononucléaires et apparition des éosi¬ 
nophiles, et est suivie, dans la plupart des cas, d’une 
amélioration manifeste. Da méthode semble donc effi¬ 
cace. Elle est aussi inoffensive, puisque, chez aucun des 
patients ainsi traités, elle n’a déterminé d’accidents. 

Mort subite au cours d’une ponction pleurale explo¬ 
ratrice chez un enfant de quatre ans. Myocardite. — 
MM. AperT et Pasteur Vaixery-Radot rapportent 
l’o' servation d’un enfant de quatre ans bien portant en 
apparence qui a succombé brusquement au cours d’une 
ponction exploratrice de la plèvre, au milieu de 
phénomènes syncopaux et convulsifs. D’autopsie a mon¬ 
tré la présence d’un double hydrothorax de moyenne 
quantité sans adhérences pleurales ni fausses mem- 




PARIS MEDICAL 


36 

branes, un peu de liquide dans le péricarde, mais sur¬ 
tout des lésions incontestables de myocardite. Ces cas, 
rares chez l’enfant, montrent avec évidence le rôle des 
lésions organiques, du cœur en particulier dans la patho¬ 
génie d’accidents qu’on serait tenté de croire uniquement 
réflexes. 

Présentation d’un cas d’encéphalite léthargique. — 
MM. A. Bergé et L. Hotnagee. 

Fixation et conservation avec leurs couleurs des pièce s 
anatomiques par un procédé simple et peu coûteux. — 

M. JI. Renaud procède de la façon suivante, qui lui 
a donné d’excellents résultats et coûte moins cher que 
le Kayserling : 

i° Fixation pendant quelques jours dans une solu¬ 
tion renfermant, pour xoo grammes, 15 grammes de 
formol et 10 de NaCl ; 

2 0 Après lavage rapide, immersion dans de l'alcool 
auquel on a ajouté 2 p. 100 d’acétate de potasse ; 

3° Quand la pièce a repris une teinte un peu foncée, 
l’alcool de lavage est étendu de son volume d’eau, et 
6ert de liquide conservateur. 

Abcès du lobe pariétal droit. — M. Pr. Merkeen 
relate un cas d’abcès du lobe pariétal droit intéressant 
par la période de latence, d’ailleurs fréquemment relevée, 
qui a précédé les manifestations cliniques. Celles-ci ont 
consisté en crises épileptiques gauches répétées, avec 
un accès jacksonien droit topographiquement inexpli¬ 
cable, en fièvre, en phénomènes d'hébétude, d’obnu¬ 
bilation et d’indifférence. Polynucléose abondante du 
liquide céphalo-rachidien. L’origine de l’abcès se trouve 
dans une sclérose pulmonaire ancienne, sillonnée de 
petites bronches dilatées, pathogénie qui est loin de se 
montrer rare. 

Septicémie gonococcique avec congestion pulmonaire. 
— MM. RibierrK et J. DE LÉobardy ont observé un 
cas de septicémie gonococcique à début bruyant, mais 
à évolution rapidement favorable. A la veille de la défer¬ 
vescence se manifeste nettement une localisation pul¬ 
monaire, sous forme d’une congestion du sommet droit 
frisant la pneumonie. Si la septicémie gonococcique a été 
rigoureusement démontrée par l’hémoculture, la nature 
gonococcique de la congestion pulmonaire ne peut être 
tenue que pour infiniment probable, en raison des 
caractères cliniques et de l’évolution, de l’absence de 
bacilles de Koch et de pneumocoques dans l’expecto¬ 
ration, tandis qu’on y peut déceler des nids de cocci 
ayant la morphologie et les caractères de coloration du 
gonocoque. 11 existe d’ailleurs dans la littérature médi¬ 
cale quelques rares observations de localisations^ pul¬ 
monaires métastatiques de la septicémie gonococcique. 

Mal perforant dans la syphilis sans tabes.—JIM. Achard 
et Rouillard ont'vu un mal perforant plantaire, sié¬ 
geant sous l’articulation métatarso-phalangienne du 
quatrième orteil gauche, chez une femme de quarante- 
deux ans, entrée à l’hôpital pour tuberculose pulmonaire. 
L’examen ne révéla aucun signe de tabes et le liquide 
céphalo-rachidien ne renfermait pas de lymphocytes. 
Mais la réaction de Wassermann était positive nette¬ 
ment dans le sérum. 

Cette femme ne présentait pas de stigmates de syphilis. 
Elle avait eu dix grossesses, dont une double, et avait 
perdu sept enfants en bas âge. 

On peut se demander; comme dans les cas analogues 
d’arthropathies et dé fractures spontanées chez des 
syphilitiques, s’il n’y a pas de lésions encore latentes 
de tabes. 

Tumeur maligne primitive du médiastln antérieur. 
Lymphadénome d’origine thymique. — MM. Ch. Gandy 


3 Juillet IÇ20. 

et R. PiedeeiÉvrë rapportent l’histoire d’un homme de 
quarante ans entré à Lariboisière avec des signes d’épan¬ 
chement pleural gauche chez lequel apparut bientôt 
un volumineux œdème des deux membres supérieurs 
avec cyanose des mains, bouffissure et cyanose du 
visage, dyspnée croissante, etc. ; la radioscopie révéla 
une large zone opaque ovalaire surmontant l’ombre 
cardio-aortique. Le diagnostic porté fut celui de tumeur 
du médiastin antérieur développée aux dépens du thymus, 
avec syndrome d’obstruction de la veine cave supérieure. 
Le malade succomba douze jours après le début de ce 
syndrome. I/autopsie montre une volumineuse tumeur 
occupant l’emplacement du thymus, commençant à 
infiltrer la face antérieure du cœur, les faces médias- 
tines des poumons et englobant les gros vaisseaux de la 
base du cœur ; la lumière de la veine cave est occupée 
par un volumineux caillot. Au microscope, lymphadé¬ 
nome typique, qui tend à infiltrer les organes adjacents. 
Un point intéressant de l’observation est l’existence 
d’un bourgeon néoplasique qui, après avoir détruit et 
effondré la paroi de la veine cave, est venu obturer une 
grande partie de sa lumière. Malgré l’absence de corpus¬ 
cules de Hassall dont la présence ne doit plus être regardée 
comme un critérium nécessaire, MM. Gandy et Piedelièvre 
insistent sur l’origine thymique indubitable de ce genre 
de tumeurs, dont les caractères cliniques, anatomiques 
et évolutifs offrent d’ailleurs un tableau actuellement bien 
défini. 

Paraplégie spasmodique, seul reliquat d’une encépha¬ 
lite léthargique. — MM. André LÉRI et René Gay ont 
observé une malade atteinte de paraplégie spasm idiqtie, 
d’origine indiscutablement organique, dans les antécé¬ 
dents de laquelle on ne trouve qu’une encéphalite léthar¬ 
gique. Celle-ci s’était produite à une époque où la maladie 
commençait à peine à être connue ; mais elle s’était 
présentée sous sa forme typique et peut être rétrospecti¬ 
vement diagnostiquée avec certitude. Les symptômes 
traînants de la maladie initiale s’enchaînent, pour ainsi 
dire, avec les débuts de la paraplégie spasmodique, de 
sorte que la filiation des accidents et les relations de 
cause à effet paraissent à peu près évidentes. 

L'affection, suivie actuellement depuis plus d’un an, 
présente d’ailleurs une marche lente, mais complète¬ 
ment régressive ; la malade est actuellement à peu près 
guérie, ce qui est peu en rapport avec l’évolution habi¬ 
tuelle de la plupart des paraplégies spasmodiques dues 
à d’autres causes. 

Cette observation est, semble-t-il, la première où une 
paraplégie spasmodique, d’ordre nettement médullaire 
et non cortical, ait pu être considérée comme le seul 
reliquat d’une encéphalite épidémique. 

L'éventualité d’une paraplégie spasmodique par encé¬ 
phalite léthargique est une des nombreuses surprises 
que nous a procurées l’étude de cette affection si singu¬ 
lièrement polymorphe. 

Hémoculture positive à Proteus X 19 chez un malade 
atteint de typhus exanthématique. — MM. Coi.ijGNon 
et MoNZior.S, sur 97 hémo cultures faites chez des 
malades atteints de typhus exanthématique, ont pu dé- 
céler une fois du Proteus X iç, agglutiné par le sang 
des typhiques. 

Septicémie à entérocoques. Traitement par un auto¬ 
vaccin. Guérison. — MM. Coeeignon et Monzioes. — 
Le malade observé par les auteurs a présenté d’abord 
un syndrome méningé, puis un syndrome typhique. 
L’hémoculture a décelé l’entérocoque ; l’auto-vaccin 
a amené la guérison. 

Fr. Saint Girons. 


Le Gérant: J.-B. BAILLIÈRE. 


7865-20. — Corbeie. Imprimerie Crété. 




L‘HYPERTONIE PNEUMOGASTRIQUE 37 


C.LIAN et J. CATHALA. — 

L’HYPERTONIE PNEUMOGASTRIQUE 
DANS L’ASTHME 
IMPORTANCE PATHOGÉNIQUE ET 
THÉRAPEUTIQUE 

Camille LIAN, et Jean CATHALA, 

Médecin des hôpitaux de Paris. Interne des hôpitaux de Paris. 

Da pathogénie de l’astlmie, malgré les acquisi¬ 
tions récentes, compte encore de nombreuses 
inconnues. Avant l’apparition des notions nou¬ 
velles sur les rapports de l’astlnne avec l’aiiapliv- 
laxie et l’hémoclasie, l’asthme était classiquement 
attribué à une névrose du pneumogastrique, 
mais cette théorie demandait à être plus rigou¬ 
reusement étayée. A ce point de vue les recherches 
pharmacodynamiques et cliniques de Eppiuger et 
Hess ont apporté des faits intéressants, et ont 
conduit ces auteurs à décrire un syndrome vagoto- 
nique, dans lequel ils font rentrer l’asthme. 
D’autre part, de nombreux auteurs, eu particulier 
MM. Lœper et Mougeot, ont montré que le 
réflexe oculo-cardiaque permettait d’explorer le 
tonus du pneumogastrique. C’est ainsi que nous 
avons été amenés à rechercher de parti pris le 
réflexe oculo-cardiaque dans un certain nombre de 
cas de dyspnée nocturne astlunatiforme, chez des 
bronchitiques emphysémateux. Nous nous propo¬ 
sions ainsi d’apporter de nouveaux faits permet¬ 
tant d’établir si l’asthme était, au moins en partie, 
sous la dépendance du pneumogastrique. Cette 
série d’investigations nous a fourni des résultats 
assez concordants pour nous permettre quelques 
déductions intéressantes au point de vue patho¬ 
génique et thérapeutique. 

Observation I. — R..., cinquante-sept ans, papetier, 
vient le 3 février 1920 à la consultation de l’hôpital Tenon. 
Toux fréquente et oppression constante s’exagérant la 
nuit. 

Poumons : inspiration humée et quelques râles sous- 
crépitauts disséminés. 

Cœur normal ; Mx 16, Mil 10: pas d'albumine. 

R. O. C. (i) : 22, 21 | compression oculaire | 20, 23, 17, 
18. 

Pendant la compression qui a duré trente secondes 
environ, le pouls a été compté au bout de cinq secondes ; 
et, pendant le premier quart de minute, alors que le 
malade était immobile, ou a senti une seule pulsation ; 
puis, nouvel arrêt, mais dans le cours des quinze secondes 
suivantes le malade s’est comme réveillé brusquement, a 
gémi, a voulu s’asseoir sur son lit. Il déclare avoir eu 
l’impression de perte complète de la connaissance. 
Quand il est revenu à lui, il était encore étourdi. A ce 

(1) Réflexe oculo-cardiaque. I,es chiffres indiquent le 
nombre des pulsations comptées au quart de minute, avnnt, 
pendant et aimés la compression. I,es chiffres placés entre 
deux barres verticales ont été notés pendant la compression 
oculaire. 


moment il fait un effort pour s’asseoir et présente un .- 
ébauche de crise convulsive épileptiforme. 

Traitement pur des pilules de elladone (poudre et ex¬ 
traie àa o« r ,qi), trois ou quatre par vingt-quatre heures, 
lin quatre jours la dyspnée s’améliore et l’oppression noc¬ 
turne disparaît ; il peut reprendre son travail. 

Obs. II. — Rog..., quarante-deux ans, 209 e infanterie 
territoriale (juillet 1915). 

Depuis l’âge de vingt-cinq ans présente tous les mois 
environ une crise d’asthme pendant trois à quatre nuits 
de suite. Il calme habituellement ses crises avec une 
poudre anti-asthmatique. 

Il vient à la visite parce que la nuit précédente il a été 
pris d’une crise d’asthme et ne se sent pas la respiration 
tout à fait libre. 

Poumons, cœur : rien d’anormal. Mx 12, Mu 7. 

R. O. C. H* recherche : 14, 13, 14 , 11 | 12, 13, 13, 15. 

2" recherche : 17, 15, H>, 17 | 5 | 12, 13, 14, 15. 

Dans la deuxième recherche, la compression a été plus 
forte, le malade a eu l’impression qu’il avait perdu con¬ 
naissance. De cœur était passé de 60 à 20 pulsations par 
minute, d’où un ralentissement de 46 pulsations, formi¬ 
dable, pour un cœur non rapide. 

D’après : midi Rog. . a une petite crise d’astlime.à l’in¬ 
firmerie. Il prend à 17 heures une pilule de belladone, à 
20 îi. 30 une deuxième pilule. Vers 1 heure du matin il se 

sur son lit. Il prend alors une troisièmepiluleet se rendort. 

La nuit suivante il prend une pilule avant le dîner, une 
eu se couchant et la nuit est bonne. 

De sujet a ensuite l’impression que sa g -ne respiratoire 
est bien calmée; on cesse la médication. 

En somme, la belladone semble avoir eu une action très 
favorable, puisque le sujet, au lieu d’avoir une série de 
crises comme d’habitude, a vu sa gêne respiratoire s’atté¬ 
nuer rapidement. 

Obs. III. — Ch..., trente-neuf ans, infirmière. Crises 
d’asthme depuis l’âge de trente-trois ans, la première sur¬ 
répétées fréquentes par périodes de quinze jours avec 
paroxysmes cinq à six fois dans les vingt-quatre heures. 
Entre à la Charité, salle Krère Côme, le 18 août 1919 après 
une crise d’asthme particulièrement violente. Da malade, 

toutes les nuits de grandes crises dyspnéiques durant 
cinq â six heures, et terminées par une abondante expec¬ 
toration muco-purulente. 

A l’examen, respiration rude, ronflante, avec nombreux 
râles ronflants, sibilants et sous-erépitants ; variation du 
périmètre thoracique de l’inspiration à l’expiration 
forcée : 2 à 3 centimètres. 

Cœur régulier, bruits normaux ; Mx 11,3; Un 7 ; foie 
un peu gros ; pas d’œdème, pas de pouls jugulaire, pas 
d’albumine. 

R. O. C. : 29. 28, 28 | 16, 15 | 22, 25, 25, 26. 

De pouls passe de 112 à 60 ; ralentissement 50 : 

Traitement. quatre pilules de . elladone ; amélioration : 
les crises nocturnes se reproduisent toutes les nuits, 
mais 11e durent plus qu’une heure; cependant la malade, 
trouvant le résultat insuffisant, obtient de l’infirmière de 
veille quelques injections de morphine ; apprenant cela, on 
substitue à la morphine des injections de sulfate d'atro¬ 
pine (un milligramme) qui amènent un soulagement net 
île la crise en cours, mais inférieur, au dire de la malade, 
à celui provoqué par la morphine. Da malade sort du 
service très améliorée, après deux mois de traitement 
discontinu. 


N» 28. — 10 Juillet iç2o. 


N» 28 






PA RIS MEDICAL 


38 

Obs. IV. — Ja..., cinquante-cinq ans, employé de 
magasin, vient ley février 1920 à la consultation de Tenon, 
se plaignant de troubles respiratoires d'abord légers et 
consécutifs à une pleurésie. Toux ; dyspnée d’effort qui 
depuis quatre mois s’est exagérée et s’accompagne de 
crises de dyspnée nocturne, qui se reproduisent presque 
toutes les nuits et l’obligeant à rester assis sur son lit. 

Emphysème léger, sclérose pulmonaire, pleurite 
ancienne de la base gauche, très manifeste à l’examen 
radioscopique. 

Mx 15 ; Mil 10. 

R. O. C. : 26, 27, 27 | 14, 14, 13, 12, 13 | 29, 30, 28. 

Donc le pouls passe de 108 à 4 -1 ; ralentissement : 60. 

De malade passif dit qu’il étouffait; à noter pendant la 
compression oculaire la pâleur du visage et des mains 
habituellement cyanosées. De traitement par les pilules 
de belladone amène eu trois jours une amélioration 
nette. De malade, qui n’a plus de dyspnée nocturne, 
conserve seulement de la dyspnée d’effort. 

R. O. C. ■ 28, 29, 29-| 19, 21 | 29, 30, 31, 29. 

De pouls passe de 116 à 76; ralentissement : 40. 

Obs. V. — II..., vingt-deux ans, 226 e : rtillerie (février 
1919). 

Scarlatine sans néphrite à cinq ans. Intoxication par 
gaz; dyspnée, crachats hémoptoïques, puis douleurs lom¬ 
baires et albuminurie. 

Diagnostic d’évacuation : ■< oedème aigu du poumon 
par néphrite aigue». Actuellement pas d’albumine. 
Mx 14,3 ;Mn 6. I’oids: 110 kilos. Gêne respiratoire la nuit, 
l’obligeant à laisser la fenêtre ouverte et à rester presque 
assis dans son lit. 

Appareil respiratoire : thorax globuleux, diminution 
du murmure vésiculaire, quelques râles ronflants. Am¬ 
pliation du périmètre thoracique : 5 centimètres. 

R. O. C. : 22, 20, 22 | 10, 9, 11 | 15, 15, 16, 16, 17, 19. 

De pouls passe de 84 à 36 ; ralentissement : 48. 

Pendant la compression oculaire, grande gêne respira¬ 
toire. Da médication belladonée 11e donne pas de résultats 
bien nets, tandis que XXX gouttes d’adrénaline amènent 
un soulagement notable. 

Obs VI. — Dem..., quarante et un ans, 70° R. A. D. 
Chauff ur de taxi (mai 1918). 

Emphysème, crises asthmatiformes, bronchites fré¬ 
quentes. Rien noté d'anormal. 

Cœur ; Mx 13 ; Mu 8. 

R O. C. : 19, 22, 21, 20 | 13, 9, 10, 13 | 18, 20, 18, 17 

De pouls passe de 80 à 36 ; ralentissement : 44. 

Pendant la compression oculaire, le malade a l'impres¬ 
sion qu’il va perdre connaissance. 

Obs. VII. — Ch..., vingt-huit ans, 20° escadron du 
train, sans profession (avril 1918). 

Crises d’asthme typique. Ultérieurement emphysème; 
bronchite aiguë. Cœur, rien noté d’anormal : Mx -12,5, 
Mn 8 ; pas d’albumine. 

R. O. C. : 16, 17. 17 | 7, 12 | 18, 20, 18. 

De pouls passe de 08 à 28 ; ralentissement : 40 pulsa- 

De malade présente, pendant la compression r culaire, 
une respiration très accélérée, 15, 12 au quart,puisu, 10, 
8, 9 après la compression. 

Obs. VIII. — Gau..., vingt-quatre ans, fleuriste, 
129 e R. I. (mars 1918). 

Intoxication par gaz. en août 1917. Crises asthmati- 
formes tous les soirs avec tachycardie, oppression, 
dyspnée très vive. A ctuellemeut, rj luphyse pleurale avec 
sclérose pulmonaire et emphysème léger. Des crises de 
dyspnée nocturne très fréquentes l’obligent à se lever 
entre 1 heure et 2 heure; du matin. 


10 Juillet 1920 

Mx 13,5 ; Mn 8. Cœur : rien noté d’anormal. 

R. O. C. : 18, 19 | 9, 12, 13, 14 | iû, 19, 18. 

De pouls passe de 76 à 36 ; ralentissement : 40 pulsations. 

Obs. IX. — Ba..., trente et un ans, mécanicien, 
67 e artillerie (janvier 1919). 

Crises de dyspnée asthmatiformes nocturnes accompa¬ 
gnant ce l’emphysème léger et des poussées de bronchite. 

Mx 16,5 ; M11 9. 

R. O. C. : 15, 15 | 5, 10, 11, 10 | 16, 18, 18, 16. 

De pouls passe de 60 à 20; ralentissement: 40 à la 
minute. 

Pendant la compression Ba... a eu la sensation qu’il 
allait perdre connaissance et, vers la fin, qu’il étouffait. 

De malade, qui a toutes les nuits des crises d’étouffe-, 
meut, prend deux pilules de belladone. Amélioration 
nette, puis suppression des crises qui reprennent quand 
on supprime la médication. Elle est reprise et les crises se 
suppriment. Après un mois de traitement, les nuits 
restent bonnes sans belladone. A ce moment on trouve : 

R. O. C. : 17, 18, 17 | 5, 9, 10, 10 | 16, 17, 17. 

Il est noter que Ba... c'ouserve un réflexe oculo- 
cardiaque fortement positif alors que les crises de 
dyspnée ont cessé depuis plusieurs jours. 

Obs. X. — Ma..., vingt-deux ans, 29 e dragons (3 mars 
1916). 

Première maladie, bronchite aiguë à dix-huit ans ; 
depuis lors bronchites fréquentes. Depuis deux mois, 
toutes les nuits il est très gêné pour respirer vers 2 heures 
du matin, 11e pouvant se rendormir qu'à 5 ou 6 heures ; 
parfois véritables accès d’étouffement l’obligeant à se 
lever et même à sortir. 

Signes de bronchite, aiguë. Cœur et urines, rien noté 
d’anormal. Mx 13 ; Mn 8. 

R. O. C. : 18, 16, 17, 17 | 7 | 17, 15, 15. 16. 

De pouls passe de 68 à 42 ; ralentissement: 26. 

Traitement : XXX gouttes de teinture de belladone; a 
été nettement amélioré, mais conserve une gêne respira¬ 
toire nocturne plus marquée que le jour. 

Obs. XI. — Mor..., vingt ans, 26 e artillerie, coiffeur 
(10 janvier 1919). 

Crises d’asthme depuis l’âge de dix ans. Emphysème, 

R. O. C. : 22, 21 | 17, 16, 15, 14, 14 | 20. 24, 27, 28, 27, 
25, 24. 

De pouls passe de 84 à 56 ; ralentissement : 28. 

Pendant la compression oculaire, gêne respiratoire, 
impression de crise imminente. 

Obs. XII. -— Bap..., vingt ans, 26 e artillerie, boucher 
(janvier 1919). 

Emphysème, cris 2s d’asthme, bronchites fréquentes. 
Mx 12 ; Mu 8. 

R. O. C. : 15, 16 | 9, 9, 10 | 10, 15, 14, 15. 

De pouls passe de 62 à 36 ; ralentissement : 26. 

Obs. XIII. — Duf..., I er artillerie (décembre 1917). 

Crises d’asthme depuis l’âge de trois ans. 

R. O. C. ; 18, 19 | 18, 16, 13, 14 | 21, 19. 

De pouls passe de 74 à 52 ; ralentissement : 22. 

Obs. XIV. — M..., i et artillerie, trente-neuf ans, méca¬ 
nicien (janvier 1918). 

Asthme, emphysème pulmonaire. Mx 13 ; M11 7,5. 

R. O. C. : 20, 21 | 16, 15, 15. ib , 22, 21, ai. 

De pouls passe de 80 à 60 ; ralentissement : 20. 

Pendant la compression, le malade dit avoir une sensa¬ 
tion vertigineuse et une gêne respiratoire ressemblant 
un peu au début d’une crise d'asthme. 

Obs. XV. — Van..., aviateur (18 décembre 1918). 

Bronchite avec crises d’asthme remontant à deux ans 
et ayant débuté après une pleurésie séro-fibrineuse. 
Mx 12,3 ; Mn 7,-. 






C. LIANet J. CATHALA. — LHYPERTONIE PNEUMOGASTRIQUE 39 


R. O. C. : 20, 11, 19 | 15, 15 | iq, 22, 19: 

Le pouls passe de 80 à <3o ; ralentissement : 20. 

Obs. XVI. — Loi..., 319 0 R. I., trente ans (17 janvier 
1918). 

Astlime depuis huit ans. Ms 16 ; Mn 10. 

R. O. C. : 20 | i 7 , 17, 17, 20 | 22, 22. 

Le pouls passe de 80 à 68 ; ralentissement : 12 

Pendant la compression, le malade a éprouvé une 
sensation de suffocation avec constriction du larynx 
tout à fait analogue à celle qu’il éprouve au début d’une 
crise d’asthme. 

Obs. XVII. — 01..., quarante ans, ébéniste, 201 0 R. I. 
(26 mai 1916). 

Emphysème, grosse bronchite aiguë, dyspnée à 
paroxysmes nocturnes. Mx 14 ; Mn 10. 

R. O. C. : 23, 24 | 21, 22 | 24. 

Le pouls passe de 96 à 84 ; ralentissement : 12. 

Nous avons pu en outre rechercher le réflexe 
■oculo-cardiaque chez quatre emphysémateux 
bronchitiques présentant des crises typiques 
d’ictus laryngé, comme des observations en ont 
déjà été.rapportées par l’un de nous avec M. le 
professeur Jeanselme (1). 

Il y a lieu de noter que chez ces quatre 
malades le réflexe oculo-cardiaque a été forte¬ 
ment positif, car l’hypertonie du vague mise ainsi 
en évidence intervient vraisemblablement dans le 
mécanisme des ictus laryngés. 

Obs. XVIII. — Lav..., cinquante-sept ans, colporteur, 
admis d’urgence à la Charité le 3 juillet 1919 après une 
perte de connaissance dans la rue. Ancien colonial ayant 
eu scorbut, paludisme, pas de syphilis. 

En 1904, bronchite aiguë; depuis, bronchites tous les 
hivers, avec toux fréquente et dyspnée intense. Peu à peu 
s’installe une dyspnée permanente avec grosse dyspnée 
d’effort et de décubitus, mais sans crises asthmatiformes 
nocturnes. 

Le malade dort bien demi-assis dans son lit et n’est 
réveillé par une dyspnée notable que s'il glisse dans son 
lit en dormant. 

Depuis 1915, est sujet à des pertes de connaissance 
assez fréquentes. Ces crises surprennent le malade en 
marchant ; le début est marqué par une quinte de toux 
plus forte et plus longue que les quintes habituelles. Au 
bout de quelques secousses de toux il se sent très gêné et 
perd connaissance. La crise se déroule très rapidement 
en une à deux minutes. Il reprend aussitôt connaissance, 
mais reste essoufflé deux ou trois heures et reste assis 
avant de reprendre ta marche. 

Indépendamment de ces grandes crises avec syncope, 
Lav... présente presque tous les deux jours en moyenne, 
à l’occasion de quintes de toux, une ébauche de crise 
avec malaise intense, mais sans perte de connaissance. 

A l’examen : emphysème avec grosse bronchite chro¬ 
nique. Le périmi tre thoracique ne varie que de 2 centi¬ 
mètres de l’inspiration à l’expiration forcée. Cœur 
normal. Mx 15 ; Mn 7,5. Ni sucre, ni albumine dans les 
urines. Pas de modification des réflexes. 

R. O. C. : 19, 19, 18 | 5 | 23, 20, 17, 15. 

Ralentissement considérable. Au début de la compres- 

(1) Jeanselme et Lian, Les ictus laryngés des bronchi¬ 
tiques {Société médicale des hôpitaux, 9 juillet 1915). 


sion oculaire, il y a eu une pause cardiaque de 8 secondes. 
La respiration, à 32 au moment de l’épreuve, s’arrête 
au début de la compression oculaire ; dès la fin de la 
compression, ou remarque de la pâleur du visage et une 
légère transpiration. 

Obs. XIX. — Fou..., cinquante-six ans, mécanicien 
(lonsultation de l’hôpital Tenon, février 1920). Pas 
de maladie jusqu’à une forte bronchite aiguë il y a trois 
ans. L’hiver dernier, nouvelle bronchite. 

Depuis lors, quelques crises d’étouffement surtout 
diurnes et grosse dyspnée à l’effort. Depuis trois mois 
mie trentaine d’ictus laryngés. 

Pris de toux plus forte que d’habitude, il sent, après 
troisou quatre secousses de toux, des fourmillements avec 
un menu tremblement dans les jambes, dans les bras, et 
en même temps une constriction laryngée. Aussitôt sa 
vue se brouille et il tombe, perdant connaissance. La 
perte de connaissance est très courte, sans mouvements 
convulsifs ; aussitôt relevé, il se sent très bien. 

Examen : Inspiration humée avec expiration pro¬ 
longée, quelques ronehus, bronchites légères. Mx 13,5 ; 
Mn 9 ; ni gros foie, ni œdème. 

R. O. C. : 21. 21 | 6, xo j 26,, 20, 18, 17. 

Le pouls passe de 84 à 24 ; ralentissement : 60. 
Traitement : trois pilules de belladone par jour. Le 
malade, qui toutes les nuits est réveillé de 1 heure à 
3 heures par des étouffements, n’a plus de crises noc¬ 
turnes après une semaine de traitement. 

Le traitement est prolongé, l’amélioration nocturne 
persiste, mais le malade présente à nouveau quelques 
ictus laryngés, francs ou ébauchés. 

Obs. XX. — Emphysème pulmonaire et ictus laryngés. 
Réflexe oculo-cardiaque fortement positif (observation 
perdue, les détails manquent). 

OBSi XXI (publiée avec M. leprofesseur Jeanselme). — 
Emphysème, bronchite, ictus laryngés. 

R. O. C. : 19, 20 | 11 | 16,17, 19. 20. 

I^es malades dont nous venons de rapporter les 
observations rentrent tous dans la même catégorie. 
Ce sont des emphysémateux sujets à des poussées 
fréquentes de bronchite, et présentant des crises 
de dyspnée nocturne paroxystique qui les obligent 
à rester assis dans leur lit, et même contraignent 
certains à se lever. Tous nos malades sont des 
pulmonaires, c’est là un point sur lequel nous vou¬ 
lons insister, et ces crises dyspnéiques ne sont 
point en rapport avec une insuffisance ventricu¬ 
laire gauche (2), comme celles que l’on observe 
au cours des néphrites hypertensives. 

Dans tous nos cas, le réflexe oculo-cardiaque a été 
positif ; 

Dans 3 cas (obs. I, II et XVIII) il est formi¬ 
dable, 011 craint la syncope ; 

Dans 9 cas, le ralentissement varie de 36 à 72 
pulsations, il est fortement positif ; 

Dans 6 cas, le ralentissement est de 20 à 
30 pulsations, il est moyennement positif ; 

(2) C. Lian, Le diagnostic des souffles systoliques apexiens 
et l’insuffisance mitrale fonctionnelle ( Thèse de Paris, 1909, 
256 pages). —Le syndrome d’insuffisance ventriculaire gauche 
( Presse mid., 22 janvier 1910, et Gaze'.tedcs hôp. (revue g’nér.), 
13 déc. rgi3). . 


28. 




A° 


PARIS MEDICAL 


Dans 2 cas, le ralentissement est seulement de 
Ï2 pulsations, il est faiblement positif. 

Nous sommes donc autorisés à conclure que 
l’exagération du réflexe oculo-cardiaque (i) est un 
attribut très fréquent des dyspnées astlmatiformes 
des bronchitiques, et vraisemblablement de l’asthme 
dit essentiel (2). Ces résultats sont pleinement 
d’accord avec la notion classique qui faisait 
jouer au nerf pneumogastrique une part impor¬ 
tante dans la genèse du syndrome asthme, aVéc 
les recherches pharmacodynamiques de IvppiUger 
et Hess *, et avec les observations de I,œper et 
Codet qui, dans 2 cas d’asthme traumatique par 
blessure de guerre, ont observé Une exagération du 
réflexe oculo-cardiaque (3). 

Ainsi nos faits contribuent à démontrer que 
l’aSthme est à bon droit considéré comme un élément 
du syndrome d’hypertonie pneumogastrique ou 
syndrome vagotonique. 

Il est intérèssant d’envisager comment cette 
notion de l’hypertonie du vague chez les asthma¬ 
tiques peut se relier aux notions nouvelles sur les 
rapports de l'asthme et des chocs anaphylac¬ 
tiques. Il ne nous semble paS que ceS faits soient 
en opposition. Nous sommes portés à penser que la 
vagotonie est un véritable élément constitutionnel 
congénital ou acquis, représentant une particu¬ 
larité du terrain de certains sujets ; elle constitue 
une amotee, une direction pour les manifesta¬ 
tions morbides qui sont susceptibles d’intéresser 
le nerf pneumogastrique. C’est à une hypothèse 
analogue que viennent d’ètre conduits MM. Widal, 
Abrami et Brissaud (4). 

« Si parmi tous les sujets qui sont exposés... un 
très petit nombre seulement est capable de 
s’anaphylactiser ét devient asthmatique, n'est-ce 
pas aussi en raison d’une susceptibilité spéciale, 
d’une vulnérabilité particulière des cellules de ce 
centre bulbo-ihëdullaire, qui, pour certains auteurs, 
serait le siège fonctionnel de l’attaque de dyspnée 
asthmatique ? >> 


Nos faits sont encore intéressants à envisager 
en ce qui concerne les ictus laryngés des bronchi¬ 
tiques. Ils montrent que cet accident est .loin 

(1) Pour être dans de bonnes conditions, il importe que la 
compression oculaire soit forte, et il est bon que le sujet se 
laisse aller au lieu de gêtair ou de S’agiter. 

(2) Certains de nos malades paraissent bien avoir eu des 
crises d’asthme essentiel, avant de présenter des signes d’em¬ 
physème pulmonaire. 

(3) I,œPER et Codet, I/astlune traumatique (Progrès 
médical, r» r septembre 1917). 

(4) Widal, Abrami et Brissaud, Étude sur certains phé¬ 
nomènes de choc observés en clinique (Presse médicale, 
3 avril 1920). 


10 Juillet 1920 

d’être rare et que lè réflexe oculo-cardiaque est 
fortement positif chez de pareils malades. Oh peut 
donc conclure dans ces cas à l’existence d’une 
hyperexcitabilité du noyau bulbaire du pneumo¬ 
gastrique et on comprend, dans ces conditions, 
que l’excitation partie du nèrf laryngé supérieur, 
conduite à un noyau hyperexcitable, puisse déclen¬ 
cher les phénomènes d’inhibition brutale qui cons¬ 
tituent l’ictus laryngé. Il serait assez tentant de 
penser qu’eu raison de leur point de départ, ces 
phénomènes d’inhibition sont respiratoires et 
cardiaques, qu'il s’agit en somme d’une syncope à 
la fois respiratoire et cardiaque. Mais il ne faut 
adopter cette interprétation qu’avec des réserves, 
tant que l’on n’aura point eu l’occasion d’obser¬ 
ver le malade pendant un accès. 


tvn fin cettè lidtion de l’hypervagotonie dans 
le syndrome asthme permet quelques déductions 
thérapeutiques. Depuis longtemps l'emploi de la 
belladone est classique dans de tels cas, et elle 
fait partie de presque toutes les poudres anti- 
asthmatiques. I/hypervàgotonie fait encore res¬ 
sortir l’intérêt de cette médication qui agit, comme 
011 le sait, eu paralysant les terminaisons péri¬ 
phériques du pneumogastrique. Par conséquent, 
chez un sujet ayant de la bronchite et présentant 
des crises asthmatifûrmes, On peut espérer, par 
la belladone, diminuer notablement les incitations 
qui, parties de l’appareil respiratoire, gagnent le 
noyau bulbaire hyperexcitable, et en outre 
atténuer les résultats des influx centrifuges lancés 
dans le pneumogastrique par son noy-au bulbaire. 

Nos observations montrent bien les excellents 
résultats qu’il y a lieu d'attendre de la belladone 
employée en doses assez fortes. Nous estimons 
qüe, chez les asthmatiques, il faut essayer de parti 
pris la belladone, à dose moyenne ou forte. Trop 
souvent, eu particulier dans l’emphysème avec 
crises astlimatiformes, on se contente d’ordonner 
de la codéine, associée ou non à quelques gouttes 
de teinture de belladone. Il en avait été ainsi chez 
plusieurs de nos malades : les résultats avaient été 
tout à fait insuffisants, tandis qu’ils furent 
excellents avec une dose appropriée de belladone. 

Nous prëcOiiiSèronS les pilules classiques (poudre 
et extrait de belladone âà 1 centigramme) à la dose 
de deux, trois', ou quatre pilules par jour, et dans 
les cas plus tenaces le sulfate d’atropine en inges¬ 
tion ou en injection sous-cutanée deux prises 
d’un quart ou d’un demi-milligramme. 

Ce n’est point, à vrai dire, le traitement de choix 
de l’accès dyspnéique lui-même, car l’action d’une 



P. FERREYROLLES. — 

injection d’atropine peut se faire attendre quinze, 
trente minutes, et à ce point de vue une injection 
intramusculaire d’un demi-milligramme de 
chlorhydrate d’adrénaline, ou encore l’inhalation 
des fumées produites par les poudres classique^, 
sont d’action plus rapide et plus certaine. Mais la 
belladone et l'atropine constituent les éléments 
du traitement de fond qui, en modérant le dyna¬ 
misme pneumogastrique, pourra espacer, atténuer 
ou supprimer les crises dyspnéiques. 


IMMUNITÉ 

ET CURE THERMALE 

le D' Paul FERREYROLLES (Je la Bourboule). 

« Il faut considérer la médecine thermale, a dit 
Ambroise Tardieu, comme la grande école de la 
médecine naturelle, la plus vaste clinique de ces 
maladies chroniques qui s’établissent en quelque 
sorte au sein de la constitution et n’en peuvent 
être expulsées que par l'action mystérieuse et 
puissante des eaux minérales. » 

Action en effet mystérieuse et puissante que 
depuis quelques années nous essayons de nous 
expliquer en appliquant à l’étude des eaux miné¬ 
rales les dernières données des sciences physiques, 
chimiques, biologiques et physiologiques. Mais que 
d’inconnus restent encore qui rendent impossible 
actuellement la solution si demandée et si difficile 
à résoudre du problème de la spécialisation de 
chaque source thermale. 

On y arrivera sans doute ; mais puisqu'il est 
impossible actuellement de cataloguer pour ainsi 
dire les afïeotions auxquelles ont répondu telles-ou 
telles eaux minérales, tâchons de définir mieux, 
pour chacune d’elles, le type morbide auquel elle 
convient, quelles que soient les manifestations 
par lesquelles il se traduit. 

C'est sur le type morbide seulement qu’agissent 
certaines eaux minérales ; c’est lion seulement en 
modifiant ce que tout le inonde convient d’appeler 
aujourd’hui le terrain, mais encore en modifiant 
le tempérament de chaque individu ayant >00 
même type morbide, qu’agit la cure thermale. 
C’est cette réaction de défense qui doit -être tou¬ 
jours la même, quel que soit l’agent envahisseur, 
qu’il faut aider, si elle existe, faire naître si elle 
fait défaut, modifications de terrain et de tempé¬ 
rament qui mettront le malade â l’abri des mani¬ 
festations morbides nouvelles, qui linmiu/mseront 
si Ton peut dire contre ses futursenmemis dudéhors. 

, Ces faits sont connus ; on les a constatés sous 
l’influence d’une même eau minérale chez diffé- 


4 r 

rents individus et chez le même individu sous 
l’influence de différentes eaux minérales, sans- 
qu’on ait pu lès expliquer d’une façon satisfaisante, 
les sceptiques ont souri ; ils ont expliqué le succès 
de la cure thermale en faisant intervenir ; repos, 
régime, altitude et grand air, alors qu’il's’agissait 
d’uue action profonde, extrêmement impartante 
de la médication hydro-minérale, action à laquelle 
nous nous sommes proposé d’apporter quelques 
précisions. 

Dans une étude antérieure plus complète, le 
D r Billard et moi, étudiant l’eau de ■ Choussy 
Perrière, avons montré qu’elle pouvait être consi¬ 
dérée comme un véritable sérum médicamen¬ 
teux arsenical avec une minéralisation totale de 
Geqqgqy par litre et une teneur en arsenic de 
0,00705 par litre ; la densité de cette eau est, à 
25°,de 1050; son poids cryoscopique est A = o°,3 i ; 
sa conductivité électrique de 67 X 10— J . Laborde 
a constaté que 10 litres de cette eau renfermaient, 
quatre jours après l’extraction, d’émanation 

de radium et que les gaz de la source correspon¬ 
dent à 11,02 milligrammes-minute. 

A l’examen ultra-microscopique, dans un tra¬ 
vail publié en collaboration avec le D r Gaston, 
nous avons constaté des cristaux, des cristalloïdes 
et des colloïdes électro-négatifs que nous pensons 
être des colloïdes arsenicaux, nous basant, pour 
émettre cette hypothèse, sur la similitude qui 
existe entre l'arsenic colloïdal électrique et l’eau 
de Choussy Perrière. Même sens électrique, même 
toxicité (plus faible, à teneur égale d’arsenic, 
que l’hectine ou le 606), même pouvoir cata¬ 
lytique, même action microbicide, etc. Nous- 
en avons étudié l’action physiologique et théra¬ 
peutique, l’action locale et générale en injec¬ 
tions hypodermiques. C’est un point de leur action 
générale propre au mode dfadministrntion par 
injections hypodermiques sur lequel nous allons 
nous arrêter, en étudiant les modifications de la 
•réaction leucocytaire et les phénomènes d’ana¬ 
phylaxie sons l’influence de doses très faibles 
d’eau minérale, 'de doses infinitésimales, par con¬ 
séquent, rie leurs différents éléments constituants. 

Nous nous rendons parfaitement compte rie 
l’insuffisance du nombre de nos expériences, de 
la difficulté que présentent ees expériences pour 
être à l’abri de toute critique. M. le professeur 
Richet, M. Beliu ont fait ides études analogues 
sur l’immunité avec toutes les garanties scienti¬ 
fiques .désirables. Nous avons calqué nos expé¬ 
riences sur les leurs, nos’ résultats se sont trouvés 
superposables ; mous les publions donc, aurais mous 
paraissent très intéressants, nous réservant, dans 
une étude plus.complète, de préciser certains points • 


IMMUNITE ET CURE THERMALE 



42 


PARIS MEDICAL 


10 Juillet iQ2o. 


Réaction leucocytaire. — La réaction leuco¬ 
cytaire peut être définie : la variation du nombre 
des globules blancs du sang suivant certaines 
influences physiologiques ou pathologiques. Une 
toxine, une alimentation, une hémorragie, un trau¬ 
matisme agissent sur les leucocytes et modifient 
le nombre de ceux qu’on constate dans l’unité 
de volume du sang circulant. 

Sur la cause de cette variation, nous ne nous 
étendrons pas, nous laisserons de côté cette ques¬ 
tion très complexe, nous contentant de voir ce 
qui se passe sous l’influence de la cure en boisson 
d’abord, puis sous l’influence de l’injection intra- 
tissulaire d’une eau minérale. 

a. Influence de la cure externe. — Claisse 
est le premier qui ait fait des constatations. Il a 
montré, à Biarritz, que les bains chlorurés sodiques 
forts abaissaient le chiffre des globules blancs, 
tant chez le sujet normal que chez les individus 
atteints de tuberculose locale. 

Les observations faites à Vichy par Salignat et 
Léger ont démontré l'alternance de phases d’hypo- 
leucocytose et d’hyperleucocytose sous l'influence 
de la cure thermale ; ils ont vu que la polynucléose 
disparaissait à la suite de la cure de Vichy ; les 
modifications leucocytaires tendaient toujours' 
vers la mononucléose ; l’éosinophilie apparaissait 
assez fréquemment vers la fin de la cure. Avec les 
eaux d’Ahusquy, le D r Feuillé a observé également 
des phases d’hypo et d’hyperleucocytose. 

Ainsi donc, « la suite d’une cure thermale interne 
et externe,, réaction leucocytaire irrégulière, hyper¬ 
leucocytose tardive, peu intense en tout cas. 

b. Influence de la cure par injection. — 
Que se passe-t-il sous l’influence d’une injection 
d’un centimètre cube d’eau de Choussy Perrière? 

Toutes les numérations des leucocytes ont été 
faites par la méthode de Lassablière, qui est extrê¬ 
mement précise. Pour simplifier, nous rapporte¬ 
rons, comme il le fait, nos chiffres, non plus au 
millimètre cube, mais au centième de millimètre 
cube. Soit par exemple 80 le chiffre trouvé chez 
un cobaye normal ; après réaction leucocytaire, il 
y a, je suppose, 150 : je n’inscris pas 150, mais'la 
moitié de 150, plus la moitié du rapport de 80 à 
150, soit 115, c'est-à-dire 115/2 = 57. Par consé¬ 
quent j’inscrirai le nombre 75 + 57=132, qui 
tiendra compte aussi bien pour moitié du chiffre 
absolu 150 etpourmoitié durapportentrelechiffre 
absolu et le chiffre constaté antérieurement chez 
ce même animal. Ce qui nous permettra également 
de comparer la réaction de deux animaux ayant 
le même chiffre absolu, tout en n’ayant pas le 
même chiffre initial. 

i° Injeotion féritonéaee et réaction eeu- 


cocytaire. — Si l’on injecte à un cobaye ou à un 
lapin une très petite dose d’eau Choussy Perrière, 
dans le péritoine, on constate, cinq heures après, 
une réaction -leucocytaire extrêmement nette : 

Trois cobayes ayant successivement 75, 80, 
79 globules blancs présentent, cinq heures après 
une injection d’un centimètre cube d’eau Choussy 
P®rrière (c’est-à-dire de 6 milligrammes de sa 
minéralisation totale), une numération globulaire 
de 178, 158,147. 

Cette réaction a été sensiblement la même chez 
trois cobayes ayant reçu 5 centimètres cubes d’eau, 
c’est-à-dire une dose d’eau cinq fois plus forte. 

Ainsi donc, pour l’eau de la Bourboule, la réaction 
leucocytaire consécutive à une injection est très 
marquée et paraît, dans une large mesure, indé¬ 
pendante de la dose injectée. 

Ces résultats sont absolument comparables à 
ceux obtenus par M. le professeur Richet, qui 
avait étudié la réaction leucocytaire d'un très 
grand nombre d’animaux à la suite de l’injection 
de différentes doses de chlorure de sodium ou d’une 
solution de peptone stérilisée, et qui concluait : 

« De ces expériences se dégage la conclusion 
bien importante au point de vue thérapeutique, 
c’est qu’on emploie probablement pour les injec¬ 
tions des doses trop fortes. Cette efficacité des 
faibles quantités de solution donne à réfléchir. 
Il est indifférent d’injecter un centimètre ciibe de 
plasma ou un centimètre cube de liquide ne conte¬ 
nant qu’une dix-millième partie du plasma muscu¬ 
laire. >> 

Immunité leucocytaire après injection périto¬ 
néale. — Si, quinze jours après, je fais à ces mêmes 
cobayes une seconde injection d’eau Choussy 
Perrière, je constate que ces animaux, qui avaient 
réagi très fortement à la première injection, ne 
réagissent pas à la seconde et passent de 178,158 
et 147 à 145,114 et 135 ; autrement dit, ils ont 
acquis l’immunité leucocytaire pour l’injection 
d’eau de la Bourboule. 

Ainsi donc il s’est fait chez ces cobayes, à la 
suite d’injections intrapéritonéales d’eau de la 
Bourboule, une immunité contre l’eau de la Bour¬ 
boule, et cette immunité met une quinzaine de 
jours à s’établir. 

Ni à la première, ni à la seconde injection, aucun 
symptôme grave n’apparaît, et, si l’on 11’avait pas 
constaté la différence entre les •hiffres précédents, 
on serait tenté de dire que la première injection 
a été sans effet et que la deuxième a été de même 
sans effet. Si nous nous reportons encore aux 
expériences de M. le professeur Richet, nous 
arrivons à ses conclusions : 

« Pour provoquer cette immunité quinze jours 



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P. FERREYROLLES.— IMMUNITE ET CURE THERMALE 


43 


après, il a suffi de doses prodigieusement faibles, 
tellement faibles que j’ai longtemps hésité à y 
croire. Mais en multipliant mes expériences, j'ai 
dû me rendre à l’évidence. Peut-être les médecins 
trouveront-ils là matière à réflexion et essayeront- 
ils d’obtenir de grands effets avec de petites 
causes. » 

2° Réaction "leucocytaire et injections 
intraveineuses, -n- Nous avons constaté, dans 
une nouvelle série de lapins, qu’à la suite d’in¬ 
jections intraveineuses d’eau Ghoussy Perrière 
dans la veine marginale de l’oreille, nous avions 
une réaction leucocytaire superposable à celle 
consécutive à l’injection intrapéritonéale. 

Le professeur Richet a montré qift l’injection 
intraveineuse de la solution de chlorure de sodium 
à 7 p. iooo produit une hyperleucocytose qui dure 
jusqu’à six mois, tandis qu’avec des doses très 
faibles le nombre des leucocytes revient à la nor¬ 
male au bout d’une dizaine de jours. 

a: Quinze jours après, nous ayons fait à ces 
animaux une nouvelle injection d’eau de Choussy 
Perrière : nous n’avons eu aucune réaction ; nous 
pouvons donc dire que nous avons une immunité 
consécutive comme dans le cas précédent. 

. Supposons maintenant qu'au bout de quinze 
jours, chez les animaux auxquels nous avons 
injecté une première dose d’eau de Choussy Per¬ 
rière, nous injections une dose de toxine quel¬ 
conque : que va-t-il se passer? 

Nous avons injecté à nos cobayes une dose 
d’un centimètre cube de toxine typhique, préparée 
suivant la méthode de Lesrerlka, et nous avons 
constaté que leur numération leucocytaire, qui 
après la première injection d’eau minérale don¬ 
nait 178,158, 147 -145, ji4,135 après la seconde, 
donnait après l’injqctiou de toxine typhique : 
« 7 . 92 . 95 - 

i. Dix jours après, ils reçoivent une dose d’mi cen¬ 
timètre cube de bouillon de culture de colibacille: 
ils ne réagissent pas davantage. 

Les cobayes témoins ont eu des réactions 
extrêmement fortes, deux d’entre eux sont morts ; 
d’où nous sommes autorisés à dire qu’à la suite 
d'injection d'eau de Choussy Perrière, il est possible 
de faire acquérir à des animaux une immunité leur 
permettant de résister à des injections microbiennes 
mortelles variées et répétées, en même temps qu’une 
résistance suffisante pour leur permettre de lutter 
avec succès contre CCS différentes injections- 

Supposons maintenant que nous fassions à des 
animaux d’abord mie injection de toxine à dose 
toxique ; qu’arrivera-t-il si nous les traitons aussi¬ 
tôt par une injection d’eau minérale? Nous avons 
injecté d’abord de la toxine typhique, puis une 


culture de colibacille jeune de vingt-quatre 
heures à une série de cobayes et de lapins ; à un 
certain nombre d’entre eux nous avons fait, tous 
les jours pendant cinq jours, une injection d’eau 
de la Bourboule dans le péritoine ; tous les ani¬ 
maux traités ont résisté à l'infection, alors que 
les témoins sont morts dans un temps variant 
entre trois et cinq jours. 

Quatre nouveaux lapins ont reçu, dans la veine 
marginale de l’oreille, un centimètre cube de cul¬ 
ture jeune de vingt-quatre heures de colibacille. 
Les deux témoins sont morts le troisième jour; les 
deux autres, qui ont reçu de l’eau de Choussy Per¬ 
rière dans la veine, 5 centimètres cubes tous les 
jours pendant quatre jours consécutifs, ont guéri. 
Nous devons ajouter cependant qu’ils ont mis 
près de trois semaines à reprendre leur poids pri¬ 
mitif ; six semaines après, leur numération globu¬ 
laire est revenue sensiblement à la normale. Néan¬ 
moins, ils ont réagi légèrement à une nouvelle 
injection d’eau de la Bourboule : 99 à 112 (les 
témoins ont passé de 95 à 157). 

Ces expériences récentes ne font que confirmer 
celles que j’avais faites en 1906 dans le laboratoire 
du professeur Charrin au Collège de France et 
que j’avais signalées dès cette époque, sans 
m’appesantir davantage sur ce point, mon atten¬ 
tion se trouvant alors fixée ailleurs. Je les ai 
reprises, cqr elles reprennent toute leur impor¬ 
tance et démontrent l’action profonde de cer¬ 
taines eaux minérales dans certains états 
pathologiques, expériences du reste en concor¬ 
dance absolue avec les importantes et très 
curieuses recherches de Relin de Tours que je vais 
brièvement résumer. 

Expérience I. — U y a plus lie (leux ans, (p 8 juin ?9ï), 
j’injectais dans les muscles de trois lapins du virus rabique 
(virus fixe). L’un d’eux reçut pendant douze jours du 
carbonate de sodium en solution dans l’eau distillée à 
raison de 2 centimètres cubes par kilogramme d’animal, 
trois fois par jour. lin témoin et le traité 11e présentè¬ 
rent aucun symptôme rabique, le troisième succomba. 

Vingt et un jours après la dernière injection saline, 
j’injectai dans le péritoine de chacun d’eux un demi- 
centimètre cube d’une culture de streptocoque en bouil¬ 
lon glycériué, tuant le lapin neuf en vingt-quatre heures 

Le lapin témoin de )'expérience précédente meurt en 
vingt-quatre heures. ^ 

aucun trouble. 

Dix-huit jours après, il reçoit impunément deux fois la 
dose sûrement mortelle de streptocoques. 

Enfui, cinq uioip après l’injection de virus rabjque, il 
supporte admirablement bien trois quarts de centimètre 
cube de culture de colibacille dans le péritoine, dose qui 
tue trois lapins témoins en dix-neuf, quatorze et viugt- 

ExiÉrience IL —^ A trojs lapins j'injecte, le ?3 juin 




44 PARIS MEDICAL io Juillet ig20. 


i y 11, sous la peau, un demi-centimètre cube (dose non 
mortelle) d'une culture de vingt-quatre heures en bouil¬ 
lon peptoné de streptocoques. 

Beux de ces lapin? reçoivent, l’un du carbonate de 
sodium, l’autre du chlorure de calcium par la voie sous- 
cutanée à raison de 3 centigrammes par kilogramme, 
trois fois par jour pendant trois jours, puis deux fois par 
jour pendant sept jours. 

Bix jours après l’injection de streptocoques, j’inocule 
dans le péritoine de chacun d’eux une dose mortelle de 
culture de choléra des poules. 

Le témoin meurt en dix-huit heures. 

Le lapin CO’Na* ne présente aucun trouble. 

Le lapin CaCl* a de la diarrhée, il maigrit, mais au bout 
d'une dizaine de jours il est guéri. 

Expérience III. — Le 18 août ign, trois lapins 
reçoivent sous la peau un demi-centimètrecubcd’uneeul- 
ture de vingt-quatre heures de choléra des poules (dose 
non mortelle). 

Les injections de C 0 3 Na“ et CaCl* sont faites pendant 
sept jours, à raison de deux injections par jour, 3 centi¬ 
grammes par kilogramme d’animal. 

Cinq jours après la dernière injection, on administre à 
chaque lapin une dose mortélle de colibacille dans le 
péritoine. 

Le témoin meurt en quarante-huit heures. 

Les deux sujets traités ne présentent aucun trouble. 

Trois mois après le début de l’expérience, le colibacille 
injecté dans les mêmes conditions, mais à dose plus forte, 
tue les deux lapins en dix-neuf et trente-deux heures. 
L’immunité conférée par les injections salines avait 
disparu. 

Anaphylaxie et cure thermale. — Pour 
être complet, rappelons l’action de l’eau de la 
Bourboule sur les phénomènes d’anaphylaxie, 
action démontrée par les expériences publiées 
l’an dernier par Daupeyroux. 

Comme antigène, le D r Daupeyroux, a employé 
l’hémostyl du D r Roussel, qui, tout en provo¬ 
quant de fortes réactions anaphylactiques, n’est 
pas immédiatement mortel et permet de suivre 
plus aisément la succession des phénomènes 
qu’il voulait étudier. 

Après avoir préparé ses animaux, il en a traité 
une série par l’eau en boisson, en la mélangeant 
au son dont ils étaient alimentés. 

Une deuxième série par des injections d'un 
centimètre cube d'eau tous les jours, une troisième 
série par 2 centimètres cubes d'eau tous les jours. 

L’eau a été recueillie au griffon et employée 
quelques secondes après. Les lapins ont reçu de 
Peau de la Bourboule vingt-quatre heures après 
avoir reçu l'antigène. 

Pendant vingt-quatre heures consécutives, les 
injections ont été faites au même taux et dans les 
mêmes conditions ; au bout de ce temps, le 
D r Daupeyroux fit une injection déchaînante et 
ci nstaté : 

i° Que l'eau de la Bourboule prise par la voie 
buccale 11e paraît pas modifier sensiblement l’état 


anaphylactique (peut-être à cause de la façon dont 
elle a été administrée) ; 

2° L’eau de la Bourboule a, en injections, un 
pouvoir anti-anapliylactique certain, surprenant 
même, puisqu’elle peut rendre les animaux abso¬ 
lument réfractaires ; 

3° La question des doses semble avoir une 
grosse importance ; les doses faibles semblent être 
plus actives que les doses fortes ; 

4° Il semble que plus l’on s’éloigne de la période 
d’action des eaux, plus l’action des doses faibles 
disparaît, tandis que l’action des doses fortes per ¬ 
siste. 

Ainsi donc, toute une série d’expériences faites 
par différents auteurs : Ricliet, Belin, Daupeyroux 
et moi, expériences pouvant être comparées les 
unes avec les autres, donnent des résultats ana¬ 
logues et se confirmant. 

De la partie de ces expériences relative aux 
résultats obtenus avec l’eau minérale, se dégagent 
un certain nombre de faits ; 

i° On peut, par l’injection d’eau minérale, 
conférer une immunité générale à l’organisme, 
diminuer sa réceptivité et le mettre à l’abri d'in¬ 
fections ultérieures ; 

2° On peut conférer à l’organisme infecté une 
résistance suffisante pour lui permettre de résister 
victorieusement à une affection antérieure qui 
peut être mortelle pour des animaux témoins ; 

3° Dans toutes ces expériences, l’importance 
de la dose d’eau minérale injectée a été très nette. 
Les doses faibles et espacées confèrent une immu¬ 
nité égale à celle des doses fortes ; elles se montrent 
d'une efficacité plus grande que ces dernières, 
dans le cas où il faut désintoxiquer un organisme 
ou augmenter sa résistance ; 

4° Les injections à doses fortes prolongent la 
durée de la période d’inununité. Dans la pratique, 
par exemple, il semblerait rationnel d’envisager 
d’une façon générale deux cas : a. le cas d’un 
individu dont la résistance est au-dessous de la 
normale, par exemple, le cas d’un enfant qui, à 
l’examen, ne présente aucune lésion apparente 
mais qui, sous une apparence de santé, est fragile 
et dont les parents disent : « Il prend tout ce qui 
passe ». A cet enfant, nous ferons tous les huit ou 
dix jours une injection de 8 à 10 centimètres cubes 
d’eau, par exemple, nous basant sur sa réaction 
leucoçytaire, et nous terminerons soii traitement 
par une injection de 50 centimètres cubes environ, 
lorsque nous aurons constaté qu’il a acquis une 
immunité leucocytaire, et cela dans le seul but de 
prolonger cette immunité ; 

b. Le cas d’un organisme qu'il s’agit de débar¬ 
rasser d’une toxine exogène ou endogène, et c’est 




P. FERREYROLLES. — IMMUNITE ET CURE THERMALE 45 


le cas pour beaucoup de malades des stations 
thermales. Si l’on considère, comme on semble 
le faire très justement, après les travaux deBillard, 
Bévy, Eaisné, Galup, et beaucoup d’autres, les 
manifestations des maladies diathésiques comme 
des accidents d’anaphylaxie, nous devons faire 
tous les jours,ou tous les deux jours, une injection 
à dose faible, puis, lorsque l’organisme sera pour 
ainsi dire désanapliylactisé, injecter une dose forte 
intraveineuse ou sous-cutanée pour le mettre à 
l’abri de nouveaux accidents. 

Du reste, pratiquement, cette immunité consé¬ 
cutive à la cure thermale est manifeste et tous les 
ans. nous voyons des malades que nous avons 
traités pour telle ou telle affection, ne pas avoir 
eu de nouvelles manifestations jusqu’en janvier, 
février, par exemple, de l’année suivante, et tous 
les ans, nous revoyons des enfants, très fragiles 
jusqu’ici, qui ont passé un hiver sans le moindre 
accroc. Mais nous- pensons qu’ainsi traités, en 
nous basant sur toutes ces expériences, nous 
obtiendrons un résultat bien supérieur à celui 
obtenu par l’emploi des méthodes toutes faites 
d’empirisme actuellement en usage et qui, du 
reste, ont fait leur preuve, et donnent, dans la 
majorité des cas des résultats tout à fait suffisants ; 
mais chaque fois que l'état du malade nous don¬ 
nera quelques appréhensions, nous n’hésiterons 
pas à ajouter au traitement habituel quelques 
injections, ou à substituer le traitement par injec¬ 
tion au traitement par ingestion. 

Mais, pourrait-on objecter, les expériences de 
Richet, de Belin semblent prouver qu'il ne s’agit 
pas là d’une propriété propre aux eaux minérales. 
Quel avantage trouverait-on donc à les utiliser de 
préférence aux solutions de chlorure de sodium, 
de bicarbonate de soude ou de carbonate de cal¬ 
cium? Nous répondrons à cela d’abord que l’action 
intime de l’eau minérale n’a jamais pu être com¬ 
parée à celle d’une préparation identique faite 
artificiellement, à cause des nombreux éléments 
qui la composent et de l’état physique sous lequel 
se trouvent ces différents éléments constituants. 
Puis, cette propriété générale que nous attribuons 
à beaucoup d’eaux minérales, n’est pas commune 
à toutes. Toutes n’ont pas le même pouvoir anti¬ 
toxique, les expériences publiées sur leur état 
anti-anaphylactique en sont la preuve ; il faudra 
les étudier' à cet égard et bien déterminer celles 
qui ont des propriétés communes et quelles sont 
ces propriétés ; il faudra tenir compte de l’action 
propre spéciale de chacune d’elles sur tel ou tel 
organe, dans telle ou telle affection. Quelle est 
l’action locale propre de la solution de chlorure de 
sodium ou de carbonate de calcium par exemple, 


où se localise cette action? Pour les eaux miné¬ 
rales, l’observation a depuis longtemps fixé, pour 
chacune d’elles, un domaine d’élection : la peau, 
les muqueuses, les reins, le système circulatoire, 
par exemple, et l’expérimentation confirme ces 
données ; ainsi, pour le cas qui nous occupe, les 
expériences faites au laboratoire de physiologie du 
D r Billard à Clermont-Ferrand ont montré que 
si l’on cherche à désanaphylactiser partiellement 
seulement un animal par une injection d’eau 
. minérale et que l’on considère les accidents qui se 
produiront lors de l’injection déchaînante, on 
constate que si l’on a employé l’eau de la Bour- 
boule, par exemple, l'animal présente des lésions 
surtout du côté des muqueuses respiratoires et de 
la peau, qui se traduisent par une dyspnée assez 
nette et des lésions de grattage très accentuées. 
Si au contraire on a employé de l’eau de Châtel- 
Guyon, ces accidents se traduisent par de l’enté¬ 
rite avec diarrhée abondante, même parfois san¬ 
guinolente. Si l’on emploie de l’eau de Vichy, les 
troubles digestifs surtout sont accentués. Et c’est 
l’étude de cette action spécifique de chaque médi¬ 
cation thermale qui fixera notre choix, suivant que 
les accidents à combattre, relevant d’uu même état 
général,setrouverontlocalisés sur tel ou tel organe. 

Comment expliquer l’action générale de la 
médication hydro-minérale, que nous venons 
d’étudier? Nous 11’avons pas l’intention de ré¬ 
soudre cette question ; pourtantles travaux publiés 
jusqu’ici nous permettent de formuler des hypo¬ 
thèses satisfaisantes. D’abord l’action sur ■ les 
leucocytes dont le rôle défensif nous est connu, 
puis peut-être l’action des colloïdes que contient, 
dans le cas particulier, l’eau de la Bourboule. 
Nous connaissons, en effet, par les expériences de 
Victor Henri, de M Ue Cemovodéanu, Monnier- 
Vinard et beaucoup d’autres, le grand pouvoir 
antiseptique des solutions colloïdales. Foa et 
Aggazotti, entre autres, ont montré que si l’on 
injecte à des lapins infectés par le staphylocoque 
et le streptocoque, une heure après, une injection 
d’argent colloïdal électrique, on retarde la mort 
de l’animal, tandis que dans les infections par le 
diplocoquo et le bacille d’Eberth, ces injections 
faites une heure, douze heures, vingt-quatre heures 
même après l’injection, sauvaient l'animal de la 
mort. 

Sur les toxines, Foa et Aggazotti ont vu qu’m 
vitro les toxines tétanique, diphtérique, dysen¬ 
térique, ne sont pas modifiées, tandis qu’m vivo 
l’injection de métal colloïdal, faite aussitôt après 
l’injection toxique, permet aux animaux de résis¬ 
ter à une dose de toxine dix fois supérieure à la 
dose mortelle. 



46 PARIS MEDICAL jo Juillet ig20. 


Partie aussi à la composition cle l’eau minérale, 
aux propriétés catalytiques de certains de ses 
éléments constituants, propriétés oxydantes dont 
Belin a montré toute l’importance dans une série 
de travaux publiés ces derniers temps et qui sont 
du reste confirmés par ceux de Lumière, Chevra- 
tin, Delçourt, Rapin, etc. 

Y aurait-il alors modification du chimisme de 
l’organisme directement ou indirectement et les 
agents infectieux ne trouveraient-ils plus alors 
les éléments nécessaires à leur pullulation? Y 
aurait-il production abondante d’oxydase au 
moment opportun? I v a question est à l’étude. 

iMais de très nombreuses expériences sont 
nécessaires encore pour bien préciser le rôle de 
ces différents facteurs, la durée de l’immunité 
obtenue et le pouvoir immunisant des eaux miné¬ 
rales vis-à-vis des différentes intoxications. 

Conclusions. — Iîn tout cas, l’immunité géné¬ 
rale conférée par l’injection d’eau minérale n’est 
pas une hypothèse ; elle serait supérieure, autant 
qu’on peut en juger maintenant par la physiologie 
expérimentale et la clinique hydro-minérale, à 
celle conférée par les procédés habituels, étant 
■donnée la rapidité avec laquelle elle est obtenue, 
la valeur de son pouvoir protecteur, sa non-spéci¬ 
ficité relative et la facilité avec laquelle elle est 
déterminée. 

Cette méthode doit être utilisée chaque fois 
qu’il s’agit, soit de mettre un individu à l’abri 
d’infections ultérieures eu diminuant sa récepti¬ 
vité, soit qu’il s’agisse d’augmenter sa résistance 
pour lui permettre de lutter contre des toxines 
endogènes ou exogènes. 

L’administration de la médication hydro¬ 
minérale en injections, chaque fois qu’elle sera 
possible, donnera toujours des résultats supérieurs 
à l’administration de l’eau en ingestion, résultats 
plus rapides, plus complets, plus durables. 

La connaissance plus complète de l’action élec¬ 
tive de chaque eau minérale sur tel ou tel organe 
permettra d’utiliser à la fois l’action générale et 
locale, de déterminer dans chaque cas particulier, 
d'une façon précise, les indications de chacune 
d’elles. 


MÉNINGITE TUBERCULEUSE 

SECONDAIRE A DES LÉSIONS 
PULMONAIRES 

PONCTION LOMRAIRE NÉGATIVE 

FAR 

René GIROUX 

Interne des hôpitaux de Paris 

La méningite tuberculeuse est souvent l’épisode 
terminal de l'évolution de la tuberculose pulmo¬ 
naire. Nous avons eu L’avantage d’en observer 
cinq cas dans le service de notre maître M. Lau- 
bry à l’hôpital La Rochefoucauld. Trois d’entre 
eux ont évolué avec les signes cliniques de la loca¬ 
lisation méningée que la ponction lombaire et 
l’examen anatomique ont confirmée ; nous ne 
croyons pas utile de les résumer. Par contre, les 
deux autres - observations offrent certaines parti¬ 
cularités qui nous paraissent intéressantes par 
elles-mêmes. Elles sont en tout cas, en dehors de 
leur rareté, si instructives pour le clinicien que 
nous n’avons pas pensé superflu de les signaler. 

Observation I (résumée). — Histoire clinique. — P..., 
quarante-trois ans, manœuvre, entre salle Ménard le 
16 octobre 191g pour tuberculose pulmonaire. 

Bien portant jusqu’en 1915, il présente à cette date une 
légère hémoptysie (simple crachement de sang) qui ne 
s’est accompagnée d'aucun phénomène général et pour 
laquelle le malade n’a pas interrompu ses occupations. 

Iîn 1918, il est soigné pour une grippe et une laryngite, 
mais c’est surtout depuis mal 1919 que ses forces ont 
diminué, qu’il a maigri et que la toux est devenue per¬ 
sistante. 

Le 9 mai, il se plaint d’une douleur de la région inguinale 
gauche s’irradiant dans le testicule et la région anale. 
On porte le diagnostic de colique néphrétique. 

Les douleurs persistent néanmoins quelques semaines, 
se reproduisent à la moindre fatigue. Les mictions devien¬ 
nent douloureuses. Se sentant très fatigué et ayant maigri 
de 10 kilos, il entre 4 l’hôpital en octobre 1919. 

A son entrée, le malade apparaît très fatigué et anémié. 

L’examen pulmonaire permet de constater l’existence 
d’une caverne aux deux sommets. L'examen des crachats 
est positif. 

L’auscultation du cœur est normale. Il existe une légère 
hypotension : 12,5-7 au epliygmotensiomètre. 

Le foie n’est pas augmenté de volume ; la rate est nor¬ 
male: L’examen des reins permet de se rendre compte, à 
la palpation bi-mnnuelle, que le rein gauche est aug¬ 
menté de volume et douloureux. Les urines sont troubles, 
présentent un aspect dépoli et la quantité émise en vingt- 
quatre heures atteint 3 litres. Elles contiennent du 
pus et la recherche du bacille de Koch est positive. 

L’urée sanguine est de 0^,34 par litre et la constante 
d’Ambard atteint o, jo, 

Les signes généraux sont peu marqués. La température 
est de 38°,4. Le pouls, régulier, bat 4 84 par minute. 

Etant données les lésions pulmonaires, nous écartons 
immédiatement l’idée d’une néphrectomie. 

Pendant son séjour 4 l’hôpital, le malade continue 4 
maigrir. L-s signes rénaux s’accusent; la pyurie devient 





L’Eau de Mer par la Voie Gastro-Intestinale 


« Il n'est pas douteux qu’en mettant en 
évidence des métaux, même à doses infinité¬ 
simales, dans l'eau de mer, le Professeur 
Garrigou a ouvert des voies nouvelles à 
la thérapeutique marine ». 

D' Albert ROBIN, 
(XoDgrèi Intercatioial de Thlusgtheripit, Biarritz 1103). 


« Les travaux de M. Cussac basés 
sur l’absorption de Veau de mer par la voie 
gastro-intestinale, sont venus combler une 
lacune dans l'utilisation du liquide marin 
au jioint de vue thérapeutique ». 

D r F. GARRIGOU, 

(Rapport du Président de Tbise s U. le Recteur d'icidémie, 1911). 


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Inaltérable — De Goût Agréable. 


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Méthylarsinate disodique. 

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1 ar jour f NourrissonSj 2 à 3 cuillerées 4 café. 


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décernée sur la proposition de l’Académie de Médecine 

{Journal O/flciel. Arrêté Ministériel du 10 Janvier 1913). 

TRAVAUX COURONNÉS PAR L'ACADÉMIE DE MÉDECINE 

{Bulletin de CAcadémie, Paris, 11 Février 1913). 


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- favorables - 


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URIQUE 
































R. G1R0UX. — MENINGITE TUBERCULEUSE 


abondante. Les lésions pulmonaires et rénales évoluant, 
l’état général s’aggravé de jour en jour. 

I/-'9février 1920, lemalade apparaît prostré, se plaignant 
d’une fatigue extrême. La température monte le soir à 
39°,5 pour retomber le lendemain à 380,5. 

Le 11, la prostration est plus évidente encore et le 
soir le malade présente un peu de délire, doux, tran¬ 
quille. 

Le 12, le délire persiste, intermittent. Le malade répond 
très bien à l’interrogatoire. Il n’accuse ni céphalée, ni 
douleurs musculaires. Il n’existe aucune modification 
des réflexes, aucune contracture. Ou note toutefois une 
notable instabilité du pouls qui reste régulier. 

Le 1.3, les signes cliniques n’ont pas varié.| Nous son¬ 
geons, devant la persistance du délire, àla possibilité d’une 
méningite ou d’accidents urémiques. Une ponction lom¬ 
baire est pratiquée et l’examen du liquide ne décile ni 
lymphocytose (un lymphocyte tous les deux à trois champs) 
ni hyperalbuminose. La recherche du bacille de Koch est 
négative. L’examen chimique du liquide a eu outre permis 
de constater 0^,40 d’urée par litre. 

Nous basant sur cet examen, nous réservons notre dia¬ 
gnostic, mais le malade succombe dans la nuit. 

L’autopsie pratiquée a fourni les renseignements sui- 
' varits : 

Les deux poumons se montrent très adhérents. A la coupe 
on constate une infiltration généralisée avec poussé.- 
granulique récente. Au sommet droit on note une caverne 
du volume d’une mandarine et au sommet gauche trois 
petites cavemesduvolumed’uue noisette. Il existe en outre 
une légère congestion œdémateuse des deux bases. 

Le cœur est normal. 

Le 1oie est atteint de cirrhose graisseuse. La rate est nor¬ 
male. Le rein droit, de volume normal, est pâle à la coupe. 
Par contre, le rein gauche est très augmenté de volume, 
dur au toucher. 

Tout l’arbre génito-urinaire est disséqué et enlevé en 
bloc. Le rein gauche est adhérent à sa loge. Sa surface est 
bosselée. A la coupe le parenchyme rénal est envahi par 
des amas volumineux de substance caséeuse qui, eu cer¬ 
tains endroits, sont en voie de ramollissement. Au niveau 
du pôle inférieur existe une petite caverne du volume 
d’une noisette. 

Le bassinet est épaissi (3 millimètres d’épaisseur). 

Uuretère gauche mesure 12 millimètres de diamètre 
environ ; il est très adhérent aux organes voisins sur tout 
son trajet. Sur une coupe, ses parois sont très épaissies et 
la lumière du canal est remplie de pus. 

La vessie contient environ 200 centimètres cubes d’urine 
purulente. La muqueuse est d’aspect normal. Seul l’orifice 
urétéral gauche est un peu boursouflé. 

La vésicule séminale, le déférent et le testicule du côté 
gauche semblent normaux. 

Au contraire, à droite, la vésicule est volumineuse (le 
double de la gauche). Elle est dure et montre à la coupe 
de nombreux noyaux caséeux eu voie de ramollissement. 
Le déférent droite d’un calibre sensiblement plus gros que 
le gauche, est très adhérent à la vésicule. 

La vaginale du testicule droit contient un peu de li¬ 
quide citrin et l’épididyme présente sur toute son étendue, 
maïs principalement au niveau de la queue, des granula¬ 
tions jaunâtres, de la grosseur d’un grain de plomb. 

Le testicule n’offre macroscopiquement aucune lésion. 
La prostate, de volume normal, montre à la coupe dans 
ses deux lobes latéraux de gros amas caséeux. 

Encéphale. — Il n’existe pas d’adhérences de la dure- 
mère. Lorqu’on incise cette dernière, il s’écoule une quan¬ 


tité de liquide séreux plus abondant ? que normalement. 
Sous la pie-mère, suivant le trajet des vaisseaux, notam¬ 
ment le long de la sylvienne, accolant les bords de la 
scissure de Rolando, on remarque des traînées séro-puru- 
lentes. L’aspect est semblable mais moins marqué à la 
base, au niveau du chiasma, des pédoncules et de la pro¬ 
tubérance. On note enfin l’existence de quelques granu¬ 
lations disséminées à la base et réunies en îlots sur la face 
convexe et la face interne des lobes frontaux. 

En résumé, l’examen anatomique montre : 

i° Des lésions tuberculeuses pulmonaires avec cavernes 
aux deux sommets ; 

2° La tuberculose fibro-caséeuse du rein gauche-, 

3° Des lésions tuberculeuses de l’appareil génital droit. 

4° Enfin une méningite tuberculeuse généralisée avec 
prédominance des lésions à la convexité. 

Observation II (résumée). — V..., vingt-quatre ans, 
sténographe, entre salle Lecerf le 18 décembre 1919. 

Réformé d’avant-guerre pour bronchite. 

Hémoptysie en 1917 et avril 1918. 

Eu décembre 1919, nouvelle hémoptysie pour laquelle 
il est hospitalisé. 

L’auscultation pulmonaire permet de constater mie 
caverne du sommet gauche et une infiltration de tout le 
poumon droit. 

Le cœur est normal. La tension artérielle est de 14-7. 

Le foie est normal. Il existe quelques troubles intes¬ 
tinaux : alternatives de diarrhée et de constipation. 

Le 6 février, le malade seplaiutdecéphalée.Le7février 
la céphalée persiste et continue, s’accompagnant de 
nausées. Le pouls est régulier et bat à 110 par minute. Il 
n’existe ni contractures, ni troubles occulaires, ni modi¬ 
fication des réflexes. 

Le 8 février, une ponction lombaire est pratiquée. 
L’examen du liquide est négatif : ni lymphocytose, ni 
hyperalbuminose; la recherche du bacille de Koch est 
négative. 11 existe seulement une légère hypertension du 
liquide. 

Lacéphalée persistante devientsi violente le 16, qu’elle 
arrache des cris au malade. La température, qui, jusqu’à 
cette date, oscillait entre 37°,5 et 38°, monte à 40° 

Les vomissements apparaissent. Le pouls bat à 120, 
régulier mais d’inégale amplitude. 

Une deuxième ponction lombaire reste négative, mais 
améliore sensiblement la céphalée. 

La température se maintient aux environs de 40° les 
17, 18 et 19 février. Le 20 février la température tombe 
038°, la céphalée diminue,les vomissements disparaissent 
en même temps que le malade accuse une sensation de 
bien-être. 

Le23février, une troisième ponction lombaire est néga¬ 
tive, le pouls présente quelques irrégularités. 

Le 25 février la céphalée, les vomissements, la consti¬ 
pation réapparaissent en même temps que la fièvre qui 
atteint 40°. L’examen des réflexes est normal. 

Une quatrième ponction lombaire donne issue à un 
liquide clair non hypertendu dont l'examen cytologique, 
bactériologique et chimique est négatif. 

Le 26 février, apparaissent des troubles dyspnéiques 
avec inégalité d’amplitude des mouvements respiratoires. 
Le pouls est rapide, in égal, atteint 140. Lemalade succombe 
dans la nuit. Une ponction lombaire faite quelques heures 
avant la mort reste toujours négative. 

L 'autopsie, pratiquée le 28, montre une méningite tuber¬ 
culeuse typique avec traînées purulentes le long des 
vaisseaux et des granulations disséminées et surtout pré¬ 
dominantes à la convexité, notamment au niveau des 




PARIS MEDICAL 


48 

lobes frontaux. La base montre le même aspect» seule 
la région du chiasma paraît normale. 

On note en outre une caverne irrégulière, anfractueuse, 
du volume d’une mandarine, au niveau de la partie 
moyenne du poumon gauclie. 

A droite, infiltration du sommet et au niveau de la 
base tout le lobe inférieur apparaît dur, irrégulier, pré¬ 
sentant à la coupe de nombreux nodules caséeux. 

Le cœur est normal. 

Le foie est atteint de cirrhose graisseuse. 

Ces deux observations mettent en évidence 
deux points intéressants. 

Dans le premier cas, l’atteinte de l’appareil 
génital du côté opposé aux lésions rénales, la loca¬ 
lisation méningée terminale montrent à 11’en pas 
douter qu’à lafaveur des lésions pulmonaires, l’in¬ 
fection tuberculeuse a évolué par poussées aiguës 
successives, selon la pathogénie actuellement 
admise.La richesse des lésions anatomiques cons¬ 
tatées chez notre malade apporte en effet à l’appui 
de cette théorie la valeur d’un fait expérimental. 

Mais, chez nos deux malades, se dégage surtout 
un enseignement très instructif pour le clinicien. 
Ils ont présenté l’un et l’autre une méningite 
tuberculeuse, sans que celle-ci ait pu être décelée 
par l’examen du liquide céphalo-rachidien. 

Eu présence du délire intermittent et des 
signes cliniques de tuberculose rénale, on était en 
droit de penser, dans ta première observation, à 
des accidents urémiques. A ce propôs nous espé¬ 
rions obtenir du laboratoire les indications per¬ 
mettant d’affirmer soit les manifestations uré- 
miquas soit l’existence d’une méningite tuber¬ 
culeuse atypique comme c’est souvent le cas cht z 
l’adulte. Or la ponction lombaire a montré cette 
particularité troublante que l’examen du liquide 
céphalo-rachidien était négatif. De même, chez le 
deuxième malade, la localisation méningée termi¬ 
nale a évolué sans lymphocytose et sans hyperal- 
buminose. 

Bien qu’il existe dans la littérature médicale 
certains cas très rares où une méningite tubercu¬ 
leuse ait pu évoluer sans lymphocytose [cas de 
Laekowikz (1), deVillaret et Tixier (2), de Ber¬ 
nard {5)], il nous a paru intéressant de signaler nos 
deux observations. De plus, l’absence d’hyper- 
albuminose est une coïncidence exceptionnelle. 
En effet, si les remarquables travaux de Widàl et 
de Sicard nous ont appris qu’il n’y a dans la ménin¬ 
gite tuberculeuse aucune relation entre le taux 
de l'albumine et le degré de lymphocytose, on note 
habituellement, quand la lymphocytose est légère 
(cas où l'autopsie montre une prédominance 

(1) Lackowikz, Soc.pèd., 18 janvier igor. 

(2) Villaret et Tixikr, Soc. 'Biol., t. Il, 1905. 

(3) BCRNARi), Lyon médical, 1901. 


10 Juillet 1920. 

notable de l’élément granuleux sur l’élément 
inflammatoire), que l’albumine existe en forte 
proportion. 

Il se peut donc, et c’est là notre conclusion, 
que la méningite tuberculeuse évolue sans aucune 
modification du liquide céphalo-rachidien. Ce 
fait très exceptionnel est néanmoins utile à 
connaître, surtout au moment où la lymphocytose 
et l'hyperalbuminose dans la. méningite tuber¬ 
culeuse sont Ojrposées à la quasi-intégrité du 
liquide céphalo-rachidien dans l’encéphalite aigue 
épidémique. 


ACTUALITÉS MÉDICALES 


Névralgie sciatique et sacralisation 
de la cinquième lombaire. 

Des présentations récentes de M. Hauclnire à la Société 
de chirurgie (g) et un article de M. Nové-Josserand (5) 
appellent l'attention sur une cause de névralgie sciatique, 
qu’il faut connaître pour la soigner comme il convient. 

Il s’agit de la sacralisation de la cinquième lombaire. 
c’est-à-dire de la fusion plus ou moins complète de cette 
vertèbre avec le sacrum. L’apophyse transverse lombaire 
se développe exagérément, s'allonge, s’étale en 0 aile de 
papillon », et tend à prendre la forme de l’aileron sacré. 
Elle vient ainsi se mettre au contact de celui-ci, soit en se 
soudant, soit en s’articulant avec lui. Il en résulte que le 
cinquième nerf lombaire — l’une des radnes du plexus 
sacré — est compris à son origine dans un orifice osseux 
étroit, analogue aux trous de conjugaison sacréB. 

Cette anomalie de la-cinquième lombaire a été décrite 
depuis longtemps par les anatomistes. Elle fut remarqua¬ 
blement-étudiée, mais au seul point de vue morphologique, 
par Ledouble (6). Elle attira depuis l'attention des aocou- 
chenrs, comme cause possible de dystocie, et des -ortho¬ 
pédistes, dans ses rapports avec la scoliose (7). Dans ces 
dernières années, la radiographie, entre les mains de lîer- 
tolotti (8), Ricliaïds (9), a montré le rôle de cette malfor¬ 
mation dans un grand nombre de cas de douleurs sacrées 
—• douleurs à caractères spéciaux, et connues en Italie 
sous le nom de syndrome de Ilertolcttli. 

Cette affection se traduit par un signe-capital, la douleur. 
Celle-ci se manifeste entre vingt et trente ans, âge où 
s’achève l’ossification du sacrum. Elle apparaît en général 
spontanément. Parfois la -déformation, latente, n’est 
révélée que par une chute, une crise de rhumatisme. 
Elle siège à la régioii lombaire, le plus souvent du coté de 
l’anomalie, si celle-ci est nnilntérale. Elle irradie toujours 
du côté de la malformation, le long du sciatique. 

Continue et-soinrde, cette douleur subit Clés paroxysmes» 
provoqués par la fatigue, les mouvements, ou «pmrtanqs. 
Les crises à début violent et soudain, rappelant la méta- 
tarsalgie, sont de durée très variable. 

(4) Séance du 21 avril 11920.et du .12 niai 1930. 

(5) Lyon .chirurgical, .nov.—léc. 1919, t. XVI, n° 6. 

,(6) Ledoublb (de Tours), Traité des variations de la colonne 
vertébrale de l’homme, Paris, Vigot édit., 1912. 

(7) Vignard et Monod, Lyon chirurgical, février 1909. 

'(8) BERTOLOTTI, La radiologinmedicn, 1917. 

( (y) Richards, American Journal vf Koentgenology, 1919. 





SOCIETES SAVANTES 


On peut noter accessoirement des troubles nerveux : 
amyotrophie, troubles sensitifs, modifications des réac¬ 
tions électriques, surtout dans le domaine du grand 
fessier ; des déformations, scoliose, dos plat. 

On différenciera cette affection de toutes les autres 
causes de douleurs sacro-lombaires : mal de Pott (i). Scia¬ 
tique rebelle, souvent accompagnée de scoliose (2), coxal¬ 
gie, sacro-coxalgie, arthrite sacro-iliaque, lumbago» 
colique néphrétique. 

Seule la radiographie assurera le diagnostic, en mon¬ 
trant la déformation de la cinquième vertèbre lombaire 
qui prend le type d’une vertèbre sacrée. 

Deux facteurs pathogéniques ont été incriminés : l’un 
mécanique, l’autre nerveux. 

i° lia nature du premier est discutée. S’agit-il de frotte¬ 
ment entre cette apophyse anormale et la face postérieure 
de l’os iliaque (Goldthwait) (3), de là compression lots d’un 
traumatisme des tissus mous entre le sacrum et la cos- 
toïde, d’arthrite rhumatismale des articulations anor¬ 
males, d’entorse chronique des ligaments sacro-vertébraux 
due aux mouvements de suppléance des articulations du 
côté opposé, qui expliquerait les douleurs siégeant du côté 

2° Bertolotti, Rossi reconnaissent une cause nerveuse, 
la neuro-radiculite delà queue de cheval, due à la compres¬ 
sion et au tiraillement des tissus nerveux. Ces lésions sont 
mises en doute par M. Nové-Josserand. 

En dehors d’un traitement symptomatique, On a pro¬ 
posé, soit un traitement orthopédique : repos de quelqu- s 
semaines pour faire céder la contracture et port d’une 
ceinture en celluloïd ; soit un traitement chirurgical : 
résection de l'apophyse transverse sacralisée ; et c’est l’in¬ 
tervention que compte pratiquer M. Mauclaire chez une 
malade dont il a présenté la belle radiographie à la So¬ 
ciété de chirurgie. Cette intervention a déjà été pra¬ 
tiquée par quelques chirurgiens avec des résultats variés. 

Georc.es Moutïer. 

Dermatite provoquée par des plantes. 

Sous le nom de ragweed dennatilis, Richard L. SuïTon 
( Thejourn. ofthe Americ.Med. Assoc., 8uov. 1919) déc it 
une éruption cutanée provoquée par les mêmes plantes 
que celles qui produisent vraisemblablement la fièvre 
des foins, c’est-à-dire VAmbrosia elatior (comnton rag- 
weed), VAmbrosia trifida (giant ragweed ), VAmbrosiapsi'.o- 
slachya (western ragweed), l'armoise (Artemisia hetcro- 
phylla), et plus rarement une variété de bardane (Ira 
xanthifolia). I,'auteur en rapporte 3 observations, concer- 
cemant toutes des fermiers de Kansas City ; la plupart 
d’entre eux n’avaient jamais eu de fièvre des foins ; un 
seul avait eu, pendant neuf ou dix ans, la « fièvre des 
roses », mais la dernière atteinte datait de dix ans. I,’érup¬ 
tion revient périodiquement tous les ans, en août et sep¬ 
tembre, et persiste pendant deux ou trois mois. Elle con¬ 
siste en macules, papules, vésicules et bulles, accompa¬ 
gnées de démangeaisons plus ou moins vives. Elle siège 
principalement sur la face, la poitrine, les'mains et les 
avant-bras ; accessoirement, elle peut occuper le tronc et 
les membres inférieurs. 

(1) J. Cai.vé, Orthopédie et tuberculosechir. n° 1, janvier 1904, 

p. 68.. 

(2) DenücÊ, La soi-disant scoliose sciatique (Revue d’ortho¬ 
pédie, rbv. 1913). 

(3) üoi,dthwmi, A11 anatomie explauatimi oï matiy o‘f the 
cases of weaker paimful backs ( Boston medical and surgical 
Journal, vol. CI,XVIII n° 4, janvier 1913 p. 128-131). 


49 

Chez un de ces malades, le voisinage des plantes provo¬ 
quait invariablement une recrudescence des lésions en 
une à trois heures ; et douze heures après, la face était 
si enflée que l’œdème rendait la vision difficile. Un autre 
avait une susceptibilité cutanée telle qu’il lui suffisait 
de respirer tant soit peu de poussière dégagée par Une 
botte de ces plantes, pour éprouver-une exacerbation vio¬ 
lente des symptômes. Chez ce dernier malade, l'ingestion 
de capsules contenant du pollen et des parcelles de feuilles 
n’avait eu aucune action sur l'éruption. 

Deux malades seulement purent être soumis à la mé¬ 
thode de vaccination par le pollen à doses progressives. 
L’un d’eux obtint ainsi un soulagement notable et, après 
deux ans d’interruption du traitement, il n’avait plus 
que de légères poussées éruptives. Chez l’autre, les déman¬ 
geaisons disparurent presque immédiatement et, après- 
douze injections faites à doses croissantes, ce malade put 
se considérer comme guéri. 

L’épreuve du polleu est relativement simple. Celui-ci 
est broyé dans un mortier, avec une ou deux gouttes 
d’eau stérilisée, jusqu’à ce que l’examen microscopique 
ne révèle plus de grains. On dilue alors la préparation 
avec la solution salée physiologique à laquelle on a ajouté 
10 p. 100 dè glycérine et 0,5 p. 100 d’aeide pliénlque. La 
dilution est faite de telle sorte que 1 centimètre cube ren¬ 
ferme 10 milligrammes de pollen. 

La même préparation, diluée en proportions convena¬ 
bles, peut servir au traitement par la vaccination. La dose 
initiale ne doit pas dépasser un à trois dixièmes de milli¬ 
gramme de pollen ; suivant la réaction obtenue, on aug¬ 
mente progressivement la dose employée ; les injections, 
du vaccin sont répétées tous les trois jours ou tous les 
cinq jours. La réaction consécutive à l’injection est parfois 
si violente qu’il convient d’avoir sous la main de l’atro¬ 
pine et de l’adrénaline, pour s’en servir au besoin. Le 
traitement local est celui de l’eczéma, mais il est peu 
efficace. 

Dernièrement, H'mm h a publié un cas de ragweed 
dennatilis datant de cinq ans, chez une femme de qua¬ 
rante-neuf ans. L’épreuve du pollen permit de vérifier le 
diagnostic, et les injections hypodermiques d’extrait de 
pollen produisirent une amélioration rapide des lésions. 
_ L. B. 

SOCIÉTÉS SAVANTES 

ACADÉMIE DES SCIENCES 

Séance du 28 juin 1920. 

Epuration des sérums thérapeutiques. — Dans une note 
lue par M. Roux, M. Besredka montre qu’après avoir 
chauffé, séché des sérums thérapeutiques, puis après en 
avoir fait une émulsion, celle-ci a la propriété d’agir sans 
produite de choc anaphylactique. Si l’on mouille la 
substance ainsi traitée, on constate que la couche supé¬ 
rieure liquide contient toute l’antitoxine. 

Il est donc possible de trouver dans ees intéressantes 
constatations une nouvelle méthode thérapeutique où 
lé choc anaphylactique ns serait pas à craindre. 

Le parfum de la <1 reine des bols ». — On sait que le 
méHlot, légumineuse papilionaeée, et surtout l’aspérule 
odorante, petit muguet ou reine des bois, de la famille 
des rubiaeées, dégagent, quand ils sont secs, une odeur 
agréable, ce qui, dans les campagnes, les fait placer dans 
les armoires à linge. 5151. Bourqueloï et Uérisshy 
montrent que l’apparition de cette odeur est due à ce fait 
que la dessiccation donne naissance à un principe bien 
connu : la coumariue. Celle-ci provient de la déeoiupo- 



5° 


PARIS MEDICAL 


io Juillet 1920. 


sition d’un glucoside dont elle est libérée par l’action 
liydrolysante d’un ferment soluble, l’émulsine, qui se 
trouve avec le glucoside dans la plante. 

Action du cuivre sur la végétation. — MM. Maquennë 
et DEMOUSSY ont cultivé de jeunes plantes dans des solu¬ 
tions nutritives additionnées de sulfate de cuivre à des 
doses infinitésimales (quelques cent-millionièmes) ; ils ont 
constaté un effet très avantageux de cette addition, sur¬ 
tout sur le développement des racines qui s’accroissent 
deux ou trois fois plus vite. Tour ces auteurs,le cuivre a 
une utilité évidente et caractéristique sur la végétation. 

Diverses notes sont présentées par MM. BoURQUEEOT 
et BRIDEE sur «l’obtention, par la biochimie, du saccha¬ 
rose à partir du gentianose » — de M. DE Launay sur 
<■ les rapports de la houille avec les synclinaux ». 

Election. — Pour la chaire d’histoire des sciences du 
Collège de France, sont présentés : en première ligue, 
M. P. Boutroux, en deuxième ligne, M. Manouvrier. 

H. Maréchai,. 


ACADÉMIE DE MÉDECINE 

Séance du 29 juin 1920. 

Rapports sur des substances vénéneuses. — A la suite 
de la communication de M. Jeanselme, le I e » juin, relative 
aux difficultés créées pour le traitement des syphilitiques 
par laloi du 12 juillet 1916, concernant la vente des sub- 
' stances vénéneuses, M. Sirëdëy présente les conclusions 
de la commission composée de MM. Bourquelot, Balzer, 
Jeanselme et Siredey. L’Académie émet le voeu que: 
i° l’article 38 de la loi du 12 juillet 1916 concernant la 
vente des substances vénéneuses cesse d’être applicable 
aux préparations mercurielles opiacées et que le médecin 
puisse prescrire en une seule fois la quantité de ces prépa¬ 
rations nécessaire pour une cure spécifique de quatre à 
six semaines de durée. 

2 0 Que, lors de la délivrance de ces préparations, le 
nom et l’adresse du malade lie soient pas inscrits sur le 
registre du pharmacien en regard de ces médicaments qui 
décèlent la nature de la maladie et que seul y figure le 
nom du médecin, auteur de la prescription ; 3 0 que le 
pharmacien soit autorisé pour les formules de prépara¬ 
tions mercurielles spécialisées à substituer au mot « mer¬ 
cure » le mot « hydrargyre » ou la notation chimique Hg, 
ou mieux encore le numéro de l’ordonnance. 

Origine commune de la varicelle et d’un certain nom¬ 
bre de zonas. — M. A. Netter rapporte trois séries d’ob¬ 
servations dont deux personnelles recueillies en 1919 et en 
1920 et qui montrent, dans une salle d’hôpital jusque-là 
indemne de ces maladies, l’entrée d’un malade atteint de 
varicelle ou de zona suivie de la succession de cas'de vari¬ 
celle et de zona séparés par des-intcrvalles dont la durée 
est le plus souvent de quatorze jours, c’est-à-dire le temps 
moyen de l’incubation de la varicelle. Des faits analogues 
ont déjà été mentionnés par Bokay, de Budapest, et par 
Le Feuvre, de Buluwayo. Us doivent être interprétés 
comme établissant la communauté d’origine de la vari¬ 
celle et d’un certain nombre de zonas. L'éruption affecte 
la disposition du zona quand le virus de la varicelle se 
fixe au niveau des ganglions intervertébraux ou de leurs 
homologues. On a quelquefois noté la coexistence de la 
varicelle et du zona chez le même sujet. Il convient d’in¬ 
terpréter ainsi les éléments dits aberrants du zona. Le 
petit nombre de ces éléments, leur apparition précoce 
s'expliquent par l'auto-immunisation déjà invoquée par 
Gougerot et Salin. 

Si des faits dont nous nous occupons sont rarement 
signalés, cela tient à la fréquence de la varicelle chez les 


sujets en bas âge, à la nécessité des facteurs particuliers 
intervenant dans la localisation du virus sur les ganglions 
intervertébraux. 

Splénectomie dans l’Ictère hémolytique. — M. Hart¬ 
mann présente un malade du service du professeur Gil¬ 
bert, chez lequel il a pratiqué la splénectomie pour un 
ictère hémolytique splénomégalique. L’ictère a disparu 
dans les jours qui ont suivi l’opération et l’état anémique 
s’est déjà considérablement amélioré quatre semaines 
après celle-ci. C’est la troisième fois qu’il obtient un 
succès. Ses trois observations sont les trois premières 
guérisons obtenues en France. 

M. H. Vaouëz. — Je tiens à rappeler, à propos de la 
communication de M. Hartmann, que c’est moi qui le pre¬ 
mier fis pratiquer en 19071a splénectomie dans un cas 
d’ictère hémolytique splénomégalique. Malheureusement 
la malade succomba par faute opératoire. Mon initiative 
fut, à l'époque, assez sévèrement jugée, elle n’en était pas 
moins justifiée et on a eu tort en France de se désinté¬ 
resser de la question. A l’étranger, l’opération a été faite 
un très grand nombre de fois et, de l’avis unanime, elle 
constitue le traitement de choix de cette affection. Les 
cas cù elle amène la guérison ne se comptent plus, et 
M. Hartmann vient de nous en apporter un nouveau. La 
disparition de l’anémie et de l’ictère suit en général de 
près la splénectomie. Dans certaines observations, il a été 
noté que la rate augmentée de volume était saine à l’exa¬ 
men histologique et que la fragilité globulaire a persisté. 
L’intégrité de la rate ne nous surprend pas, car dans le 
compte rendu de notre cas, publié avec M. Aubertin, nous 
avions bien indiqué que l’organe n’était pas malade et 
qu’il était seulement eu état de suractivité fonctionnelle. 

La persistance de la fragilité globulaire, qui n’est pas 
constante d’ailleurs, montre que l’affection ne consiste 
pas exclusivement dans une diminution de la résistance 
des hématies, sinon la guérison n’aurait pas eu lieu, mais 
qu’elle dépend de deux facteurs : de la fragilité des glo¬ 
bules d’une part.de l’autre de l’action liémolysante de la 
rate sur les globules moins résistants. 11 n’est pas éton¬ 
nant que l’ablation de l’organe puisse supprimer les effets 
de la destruction des hématies, sans que la résistance soit 
modifiée. C’est ce que nous avions pensé dès le début, et 
les heureux succès de la splénectomie nous ont donné 
raison. 

M. Hayëm pense que l’hérédo-syphilis pourrait être la 
cause de ces ictères hémolytiques avec grosse rate. 

Discussion sur les Instituts médicaux. — M. IIayëm 
expose l'utilité de la culture des sciences médicales; il 
voudrait que pour l’enseignement toutes ces sciences 
fussent réunies dans un seul établissement où l’étudiant 
serait comme dans une sorte de cité médicale et où il 
trouverait aussi du personnel enseignant nombreux. 11 
déplore que, malgré de Jouables efforts, rien de durable 
n'ait été fait en France pour la culture des sciences médi¬ 
cales. 

Les bâtiments de la Faculté de médecine sont vétustes, 
disloqués, désuets ; les services de clinique, de dissection,, 
les laboratoires, le futur Institut d’hygiène, sont très 
éloignés les uns des autres; l’étudiant perd son argent et 
son temps en déplacements, « quand il ne se perd pas en 
route ». U y a trop peu de personnel enseignant, si bien 
que le bagage scientifique des jeunes médecins est très 
réduit. Evidemment, il y a une élite recrutée parmi les 
externes et surtout les internes, mais c’est une élite dans 
laquelle tous les médecins français devraient pouvoir 
entrer. M. Hayem pense qu’il serait possible de créer une 
admirable « cité médicale » sur l’emplacement de la h al- 



SOCIETES SAVANTES 


5i 


pêtrière actuelle, avec toutes les cliniques, tous les labo¬ 
ratoires, etc... Quant aux Instituts d’hygiène, leur créa¬ 
tion est urgente, mais l’auteur ne voudrait pas que celui 
de Paris fût installé dans les vieux bâtiments, rajeunis, 
de la rue de Vaugirard. Si, sur ce terrain, on veut créer 
quelque chose, il faut tout démolir pour reconstruire 
ensuite. Il estime que le professeur d’hygiène, s’il veut 
s’occuper sérieusement de son Institut, devra s’y adonner 
entièrement sans avoir d’occupatious extérieures. 

Il montre encore l’extrême urgence de ces instituts 
dont la création s’impose pour le plus grand bien du 
pays. H. Maréchal. 


SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX 

Séance du 25 juin 1920. 

Forme méningée de l’endocardite maligne à évolution 
lente. —■ MM. P. Lkreboullet et J. Mouzon présentent 
une pièce d’endocardite maligne à évolution lente. Il 
s’agissait d’une femme de vingt-sept ans, ancienne rhu¬ 
matisante, qui fut atteinte, à la fois, d'une nouvelle 
poussée articulaire, de signes d’infection générale et de 
symptômes méningés accompagnés d’hémiplégie tran¬ 
sitoire. Les douleurs articulaires disparurent, mais les 
symptômes méningés persistèrent, s’accompagnant de 
lymphocytose permanente du liquide céphalo-rachidien. 
Ungrossouffle d’insuffisance mitrale, constaté à l’examen, 
-pouvait être attribué à une endocardite rhumatismale 
ancienne. Les autres signes d'endocardite maligne n’appa¬ 
rurent que tardivement et restèrent particulièrement 
frustes. L’hémoculture était négative. Mais les lésions 
marquées étaient celles de l’endocardite maligne à évo¬ 
lution lente avec infarctus septiques de la rate, et elles 
contenaient le streptocoque en abondance. On ne retrou¬ 
vait, au niveau de l’encéphale, qu'une petite hémorragie 
sous-araclin>ïdienne récente. 

Les auteurs estiment que, dans ce cas, comme dans un 
cas antérieur de M. H. Claude, la réaction méningée était 
due à une irritation ou à une infection atténuée déve¬ 
loppée au contact d’un foyer limité d’encéphalite ou de 
méniugo-encéphalite, comme peuvent eu provoquer les 
lésions d’artérite cérébrale qui sont fréquentes dans cette 
maladie. 

Deux cas d’endocardite maligne à forme lente. - - 

MM. Aciiard et Rouit,LARD rapportent deux cas. Dans 
le premier, chez une jeune fille de dix-huit ans, atteinte 
déjà d’une lésion mitrale rhumatismale, l'endocardite 
aiguë se manifeste par de la fièvre à grands accès et des 
embolies multiples, dans les reins à deux reprises, le 
membre supérieur gauche, le membre inférieur droit, le 
cerveau. L’hémoculture fournit un streptocoque. Mort en 
cinq mois et demi. 

Dans le second, contrairement à la règle, l’endocardite 
était primitive et non greffée sur une ancienne lésion, 
comme on peut le vérifier à l’autopsie. Les premiers signes 
ont été ceux d’un infarctus pulmonaire, un mois après un 
accouchement et sans aucun signe de phlébite. Après une 
accalmie, apparurent de grands accès fébriles, des infarctus 
rénaux avec hématurie et albuminurie abondante* de 
l’anémie et une prostration progressive. La maladie dura 
quatre mois et demi. Les tentatives d’hémoculture ont 
donné deux fois un résultat négatif et deux fois un sta¬ 
phylocoque. 

L’endocardite maligne à forme lente est la variété la 
mieux individualisée des septicémies prolongées. Celles-ci 
peuvent évoluer sans aucune atteinte cardiaque. 
MM. Achard et Rouillard citent à ce propos le cas d’une 


femme de trente-sept ans qui, après un accouchement, eut 
de grands accès de fièvre sans accidents localisés pendant 
trois mois et chez qui, au bout de ce temps, l’apparition 
de deux foyers de suppuration mit fin à la maladie. 

Trois cas d'oblitération de l’aorte. — MM. Aciiard, Le¬ 
blanc et Rouillard. - Une première malade, atteinte de 
tabes et d'insuffisance aortique, entrée à l’hôpital pour une 
fracture spontanée du col fémoral, mourut subitement. 
A l’autopsie, ou trouva un sac anévrysmal de la crosse, 
avec une forte dilatation de l’aorte descendante jusqu’au 
diaphragme. L’aorte, très athéromateuse, était obstruée 
en cette p rtie par un très gros caillot de .) à 5 centimètres 
de diamètre sur 16 de long. Le gros volume de ce caillot, 
sa structure lamelleuse et son adhérence, faiîile il est vrai, 
à la paroi, montrent qu’il s’agit d’une thrombose. 

Chez une seconde malade, atteinte d’un ancien rétré¬ 
cissement mitral, survinrent,à l’occasion d’une grippe, des 
signes d’oblitération des deux fémorales avec gangrène 
de la jambe droite. La mort étant survenue un mois après, 
ou trouva à l'autopsie la terminaison de l’aorte obstruée 
par un caillot embolique dont l’origine était une throm¬ 
bose cardiaque. 

pital dans un demi-coma avec des signes d’oblitération des 
deux fémorales. La mort étant survenue le lendemain, 
l'autopsie montra un caillot dans la terminaison de l’aorte 
et une thrombose cardiaque développée au niveau d'un 
infarctus myocardique de la pointe. 

Il n’est pas toujours facile de distinguer cliniquement 
ni même à l’autopsie, l’embolie de la thrombose aortique ; 
car les accidents emboliques ne sont pas toujours subits 
et ne se traduisent pas toujours par des troubles siégeant 
d’emblée dans les deux membres inférieurs. Un caillot 
embolique n'est pas toujours assez volumineux pour 
obstruer du premier coup toute l'aorte et l’oblitération se 
complète alors sans doute par addition de coagulations 
secondaires. 

On a fait quelques tentatives de désobstruçtiou chirur¬ 
gicale de l’aorte. L'intervention ne peut être que précoce 
et il n'en pouvait être question dans les cas qui précè¬ 
dent. 

Autopsie d’un cas d’ophtalmoplégie congénitale et 
familiale. — MM. Crouzon, Béiiagnis et TréTiakoFF 
montrent l’encéphale d’une malade atteinte d’ophtal¬ 
moplégie congénitale et familiale et qui a fait l’objet d’une 
communication précédente à la société le 12 mars 1910. 

L’examen macroscopique montre une atrophie des 
deux nerfs oculo-moteurs communs. Il existe également une 
absence de la faux du cerveau dans la partie antérieure. 
Enfin on'constate une méningite chronique de la base et 
deux plaques d’état vermoulu de l’hémisphère gauche. 

L’examen miscroscopique sera fait ultérieurement : 
ce n’est que plus tard qu’il sera possible de donner une 
interprétation des lésions'constatées aujourd’hui. 

Gangrène pulmonaire traitée et guérie par les injections 
lntratrachéales, intraveineuses et intramusculaires de sérum 
antigangreneux et antistreptococcique. — F. RaThery et 
F. BordeT rapportent l’observation d’un cas de gangrène 
pulmonaire guéri par la méthode combinée des injec¬ 
tions intralaryngées et intratrachéales, intraveineuses 
et intramusculaires de sérum antigangreneux et anti¬ 
streptococcique. 

Le malade reçut quatre injections intratrachéales, 
une injection intraveineuse, une sous-cutanée et trois 
intramusculaires. 

L’expectoration et la fétidité diminuèrent aussitôt 
après les premières injections, pour cesser ensuite com- 




52 

plètement. L'examen radioscopique peimit de suivre es 
modifications locales pulmonaires. 

Images diverticulaires et lacunaires de l’estomac Indé¬ 
pendantes de l'ulcère et du oancer. — FEux Ramond et 
Jean Ferrand. — Des images diverticulaires peuvent ne 
pas traduire l’existence d’un ulcère mais être causées par 
un spasme ou par des adhérences. 

De même une image lacunaire peut s’observer dans un 
cancer d’un organe voisin refoulant l’estomac ou dans un 
cancer de l’estomac sans répondre au siège de la tumeur. 

Le facteur vésical comme cause d’azotémie chez la 
femme. — MM. II. Dufour et Maurice Debray. — 
Etudiée par le professeur Legueu chez les prostatiques 
rétentionnistes, l’azotémie par rétention vésicale, en 
dehors de toute cause dépendant d’un mauvais état des 
voies urinaires, ne semble pas avoir attiré l’attention des 
médecins. 

Une jeune femme de trente-deux ans, atteinte de sclé¬ 
rose en plaques avec paraplégie, fait de la rétention vési¬ 
cale. La vessie doit être vidée deux fois par jour. Il n’y a 
ni albumine, ni cylindres dans les urines. Lorsqu’on la 
sonde très régulièrement, l’azotémie Varie de 0*1,25 à 
o* r ,2o par litre de sang. Si on la laisse trente heures sans 
sondage, l’azotémie s’élève à osqqo par litre. Si on la laisse 
vingt-cinq heures sans sondage, l’azotémie ne monte qu’à 
o* r ,50. Bien entendu le régime alimentaire n’a pas subi 
de modifications au cours de ces dosages. 

Par la connaissance de faits semblables, on évitera, dans 
les cas de tabes, de sclérose en plaques, de compression 
de la moelle, etc., compliqués de rétention vésicale, de 
croire à une lésion du parenchyme rénal, superposée aux 
affections précédentes. 

Aux facteurs rénaux et cardiaques conditionnant l’azo¬ 
témie, il faut en ajouter un troisième dont le siège est en 
aval du rein : c’est le facteur vésical. 

Encéphalite léthargique à forme de démence précoce. - 
MM. F.Widae, Ed. May et Ciievai.i.ery rapportent l’ob¬ 
servation d’un jeune homme de vingt ans qui présente, au 
décours d’une encéphalite léthargique,un syndrome mental 
rappelant de très près la forme eatatonique de la démence 
précoce, et caractérisé par de la catatonie, des stéréo¬ 
typés, un négativisme accentué, des actes bizarres, de 
l’indifférence affective, et une intégrité presque complète 
des facultés intellectuelles. Ce fait pose la question des 
rapports entre l’eucéplialite léthargique et la démence 
précoce. 

Recherches sur la sécrétion rénale dans l'enfanoe. — 
MM. Apbrt, CambessEdès et M m ' de Rio-Banco ont 
étudié la concentration maxima de l’urée chez des enfants 
de quatre à quatorze ans. Les chiffres trouvés ont été 
dentiques à ceux relevés chez l’adulte, ce qui se com¬ 
prend puisque ce chiffre a uniquement comme facteur la 
qualité du parenchyme rénal. 

Au contraire, la constante uréo-sécrétoireestfonction à 
la fois de la qualité et de la quantité du parenchyme 
rénal. Or le poids des reins est, d’un à dixans, relativement 
plus fort chez l’enfant que chez l’adulte. Il faut donc in¬ 
troduire dans le calcul un coefficientcorrecteurqu’ontfixé 
les auteurs. Avec cette correction on trouve les mêmes 
chiffres chez l’enfant que chez l’adulte.- 

Troubles des mouvements associés des yeux, nystagmus 
et perturbations du nystagmus vestibulaire au cours de 
l’encéphalite épidémique. - M. J. Bou.ach fait 
remarquer la rareté de l’atteinte caractérisée, partielle ou 
totale, des nerfs oculo-moteurs dans l’encéphalite épidé¬ 
mique. 11 faut lui opposer la fréquence particulière des 
troubles des mouvements associés, pouvant porter soit sur 


10 Juillet 1920. 

la convergence, soit sur les mouvements parallèles hori¬ 
zontaux ou verticaux, et à des degrés allant de la para¬ 
lysie vraie à la simple parésie. A ces troubles doivent sans 
doute être rattachées les secousses nystagmiformes, appa¬ 
raissant dans certaines positions extrêmes du regard ver¬ 
tical ou-horizontal, qui, parleur ténacité et leur fréquence 
particulière (21 fois sur 24 cas étudiés), constituent un 
signe diagnostique important. 

L’intérêt de ces phénomènes est accusé par l’existence 
de perturbations du nystagmus vestibulaire, que l’auteur 
a pu constater, avec le concours du D* Halphen, dans un 
assez grand nombre de cas. 


SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE 

Séance du 12 juin 1920. 

Le sucre protéldique chez les diabétiques. — MM. E. 

Gruat et F. RatiiERY, eu utilisant la technique de 
Bierry, montrent les variations parfois très marquées 
du sucre protéidique chez les diabétiques. Outre les 
variations dYn malade à l’autre (les chiffres élevés 
correspondent souvent aux cas de diabète conÿomptif), 
les chiffres varient chez le même sujet d’un moment à un 

.Sans poser de conclusions définitives, les auteurs mon¬ 
trent l’importance de cette étude du sucre protéidique 
chez les diabétiques. 

L’azote résiduel dans les néphrites. — M. I’. Brodin. - 
Comme MM. Carnot et Ratiiery, l’auteur montre qu’il 
peut y avoir augmentation de l’azote résiduel au cours 
de certaines néphrites. Mais cet azote résiduel n’est pas 
sous la dépendance directe de la lésion rénale, il est la 
conséquence d’une lésion hépatique surajoutée, il permet 
d’apprécier l’importance de cette insuffisance hépatique. 
Son dosage peut donc présenter un réel intérêt pro- 

Disparition rapide de l’huile dans le sang après injection 
intraveineuse. — MM. H. Busqukt et Ch. Vischniac. — 
Après injection intraveineuse d’huile, à la dose de 2 à 
3 centimètres cubes par kilogramme d’animal, chez le 
chien, 011 ne retrouve dans le sang au bout d’un quart ' 
d’heure ni l’huile, ni l’acide gras résultant de son dédou¬ 
blement. Ce fait explique l’innocuité relativedes injections 
intraveineuses d’huile pratiquées accidentellement, ou 
dans un but thérapeutique. 

Diabète insipide expérimental avec atrophie génitale. — 
— Mil. Jean Camus et Roussy ont réalisé expérimen¬ 
talement chez un chien le diabète insipide permanent 
par lésion de la région hypophysaire de la base du cerveau. 
L’animal présente en outre une atrophie évidente du 
pénis et des testicules qui sont mal descendus, avec obé¬ 
sité, et réalise par conséquent le syndrome adiposo- 
génital de Frôlich. 

Les recherches antérieures des auteurs ont établi que 
le diabète insipide est dû à une lésion de la région opto- 
pédonculaire. L’autopsie montrera s’il y a en outre une 
lésion de l’hypophyse. Il n’est pas impossible d’autre part 
que, les reins et lés testicules ayant une même origine 
embryologique, le Corps de Wolff, une même lésion ner¬ 
veuse puisse intéresser en même temps le centre fonc¬ 
tionnel et trophique des deux groupes d’organes. 

Election. — MM. LcEper et Girard sont nommés 
membres titulaires. P. J ACQUET. 

Séance du 19 juin 1920. 

Dosage de l'urée dans le sang par le xanthydrol ; des 
conditions expérimentales à réaliser pour une évaluation 
rigoirt-euse. — M. Mestrezat et M mo Marthe J anet>- 
Le dosage de l’urée par le xanthydrol dans les humeurs 
de l’organisme,déféquées au réactif de Tanret suivant la 
technique de Fosse, Robyn et F. François, ne fournit de 
résultats rigoureux (approximation de I p. 100 ou de 
moins de 1 p. 100) qu’à la double condition de ramener 
la teneur du liquide essayé à être voisine de un demi- 
gramme par litre et d’employer une quantité de xan¬ 
thydrol (solution m éthylique à 10 p. 100) égale au 
dixième du volume de la liqueur acéto-uréique, soit le 
double de la quantité généralement utilisée. 

Travaux neurologiques de guerre. —MM. G. Guii.i.ain 
et J. A. BarrE. — Présentation d’ouvrage. P. Jacquet. 


PARIS MEDICAL 


Le Gerant: J.-B. BAILLIÈRE. 


7SO5-20. — CoRBEii.. Imprimerie CrEtE. 



A. RICHAUD. — SÉRUMS SALÉS ET SÉRUMS SUCRÉS 


SÉRUMS SALÉS ET SÉRUMS SUCRÉS 

Etude comparative. 

le D' A. RICHAUD. 

On sait que la sérothérapie, c’est-à-dire la 
méthode thérapeutique qui utilise les sérums arti¬ 
ficiels comme agents médicamenteux, reposait à 
l’origine sur l’emploi de solutions purement mine- 
raies, que l’on distinguait, suivant leur concen¬ 
tration moléculaire, eu sérums isotoniques et sérums 
hypertoniques. Les premiers, parce qu’ils peuvent 
sans inconvénients être introduits dans l’orga¬ 
nisme en quantités relativement considérables, 
sont les agents de la méthode que Landouzy avait 
appelée la sérothérapie maxima ; les seconds, 
parce que, en raison même de leur hypertonieité, 
ils ne peuvent être injectés qu’en quantités 
minimes, sont les agents de la méthode que Lan- 
douzv avait appelée la sérothérapie tninima. La 
sérothérapie basée sur l’emploi des sérums hyper¬ 
toniques purement minéraux est aujourd’hui 
à peu près abandonnée, et d’ailleurs, ni ses effets 
physiologiques, ni ses indications ne rentrent 
dans le même cadre que ceux de la sérothérapie 
par les sérums artificiels minéraux ou sucrés, et 
nous ne nous en occuperons pas plus longtemps, 
notre but étant de faire ressortir ici les analogies 
ou les différences qu’il y a lieu d’établir entre deux 
classes de sérums que l’on confond trop souvent : 
les sérums minéraux isotoniques d’une part, et 
les sérums sucrés, iso ou hypertoniques d’autre 
part. Les sérums artificiels employés au début de 
la sérothérapie maxima étaient toujours; et exclu¬ 
sivement, constitués par des solutions iso ou 
para-isotoniques au sérum sanguin ; mais ilapparut 
bientôt que ces solutions n’étaient pas celles qui 
convenaient le mieux au maintien de l’intégrité 
morphologique et fonctionnelle des éléments ana¬ 
tomiques du sang ou des tissus. Kt cela était 
d’ailleurs évident a priori, puisque les humeurs 
organiques et notamment le sérum sanguin ne 
renferment pas que du chlorure de sodium, mais 
d.’autres éléments minéraux encore, tels que des 
carbonates alcalins, des phosphates alcalins ou 
terreux, une petite quantité de sulfate de potasse. 
Aussi, peu à peu, les solutions dites isotoniques de 
chlorure de sodium furent-elles remplacées par des 
solutions salines, toujours isotoniques ou para-iso¬ 
toniques, mais de composition plus complexe : 
sérum de Hayem, sérum de Cantani, sérum de 
Locke, etc., etc. Ce dernier sérum contient, en plus 
des sels minéraux divers, un gramme de glucose 
par litre, c’est-à-dire une quantité de sucre voisine 
N» 29. — j 7 Juille! 1920. 


53 

de celle que l’on rencontre normalement dans le 
sérum sanguin. 

Le chlorure de sodium n’en demeure pas moins 
l’élément principal de ces divers sérums artificiels 
qui, tous, peuvent en définitive être englobés sous 
la désignation générale de sérums salés. 

Ce n’est que beaucoup plus tard, et en raison 
même des inconvénients du chlorure de sodium 
dans certains cas pathologiques où peuvent cepen¬ 
dant se poser les indications de la sérothérapie 
maxima, qu’on songea à substituer aux sérums 
salés des sérums simplement sucrés. Pour bien 
comprendre les indications particulières de ces 
sérums, et en quoi ils diffèrent des sérums salés, il 
convient de rappeler brièvement : 

i° Ce que l’on sait des effets généraux des grandes 
injections de sérums salés ; 

2° Ce que l’on sait sur l’action diurétique des 
sucres et sur les conditions qui règlent cette 
action, c’est-à-dire qui sont susceptibles de l’aug¬ 
menter, de la diminuer ou même de la rendre nulle. 

Effets généraux des grandes injections de 
sérums salés. — L’étude des effets des grandes 
injectionsde solutions chlorurées iso ou para-isoto¬ 
niques, tant du point de vue expérimental que du 
point de vue clinique, a été abordée par un très 
grand nombre de physiologistes et de médecins, 
mais ce sont les travaux de Dastre et Loye, de 
Delbet, d’Enriquez et Hallion, de Achard et 
Galliard qu’on trouve à la base de cette étude. 
Tous ces travaux ont abouti à quelques notions 
physiologiques ou thérapeutiques essentielles et 
qui sont les suivantes : 

i° Chez l’animal sain, et à condition de faire 
pénétrer le liquide avec lenteur (1 à 2 centimètres 
par minute et par kilogramme d’animal), on peu‘, 
sans aucun danger pour l’animal, faire pénétrer 
dans l’organisme par la voie veineuse des quantités 
relativement énormes de solutions salines isoto¬ 
niques, supérieures à la masse du sang. 

2° Ce n’èst pas, naturellement, l’appareil vascu¬ 
laire seul qui emmagasine cet excès de liquide. Dès 
que l’augmentation de tension produite par le 
liquide injecté dépasse dans l’appareil vasculaire 
une certaine limite, l’excès passe dans les organes 
d’entrepôt (séreuses, foie, etc.). 

3 ° Mais ces organes d’entrepôt eux-mêmes ont 
une capacité limitée et il arrive un moment où ils 
11e sont plus aptes à emmagasiner le liquide injecté. 
C’est alors que le rein joue-le rôle de vanne et donne 
issue au liquide qui ne trouve plus à se loger dans 
les organes d’entrepôt. L’animal, suivant l’expres- 
sionde Dastre, està l’état de vase percé. Il s’établit 
en définitive, à travers les séreuses d’abord, à 
travers le rein ensuite, un mécanisme régulateur 
K° 29 



54 


PA RIS MEDICAL 


(le cette espèce d’épandage hydraulique. 

4° Certains états physiologiques (l’anesthésie 
chloroformique par exemple) peuvent s’opposer au 
bon fonctionnement de ce mécanisme régulateur, 
et le liquide, ne pouvant sortir par les reins, s’ac¬ 
cumule alors dans les tissus où il va constituer des 
œdèmes, a dèmes en vérité peu graves quand ils 
ne se forment que dans le tissu conjonctif sous- 
cutané, mais beaucoup plus graves et pouvant 
amener la mort quand ils atteignent les viscères. 

6° Chez l’homme, certains traumatismes des 
centres nerveux peuvent aussi gêner les échanges 
régulateurs et aboutir, comme chez les animaux 
anesthésiés, à des œdèmes viscéraux graves ou 
mortels. On conçoit aussi que, chez les brightiques 
où la pathogénie des œdèmes est en relation si 
étroite avec l’insuffisance rénale pour le chlorure 
de sodium, l'injection de sérums salés ne pourra 
que favoriser la production des œdèmes et aug¬ 
menter leur importance. 

Tels sont les principaux faits qu’a révélés 
l’étude physiologique proprement dite des sérums 
salés, et dont la thérapeutique s’est inspirée pour 
fixer les indications et les contre-indications de ces 
sérums, ainsi que pour définir le mécanisme de 
leur action dans les différents cas pathologiques 
où ils ont été utilisés. Au point de vue thérapeu¬ 
tique, en effet, abstraction faite des circonstances 
physiologiques ou pathologiques qui créent une 
insuffisance fonctionnelle rénale susceptible d’en¬ 
traver le mécanisme régulateur de l’épandage 
hydraulique, les effets des grandes injections de 
sérums salés isotoniques aboutissent : 

i° A une augmentation de la pression‘sanguine, 
ou à un relèvement dans le cas où cette pression 
était tombée à un niveau inférieur à celui qui est 
sans doute nécessaire pour que la fibre musculaire 
et les appareils nerveux intra ou extracardiaque ; 
puissent accomplir convenablement leurs fonctions: 
d’où leurs indications dans les grandes hémorragies. 

Cette suppléance du sérum sanguin par un 
sérum salé isotonique étant d’ordre surtout mé¬ 
canique, ne peut être que momentanée, mais elle 
n’en a pas moins un intérêt capital puisque, en 
maintenant l’appareil cardio-vasculaire en état 
d’équilibre physique, elle donne à l’organisme le 
temps de refaire son équilibre physiologique inté¬ 
gral. 

2° Les quantités même massives de sérums 
introduites dans un organisme plus ou moins 
déshydraté seront retenues dans cet organisme et 
en provoqueront la réhydratation : d’où leur 
indication dans les entérites infantiles graves et, 
d’une manière générale, dans toutes les diarrhées 
profuses cholériformes. 


IJ Juillet 1920. 

3° Les sérums salés injectés dans le système 
vasculaire, en quittant l’organisme par la voie 
rénale, voire par la voie intestinale après s’être 
épandus dans les tissus, entraîneront avec eux un 
certain nombre de produits résiduels plus ou moins 
toxiques ; ils réaliseront par conséquent un 
lavage du sang (suivant l’expression de Dastre), 
une hématocatharsise (suivant l’expression de 
Delbet) : d’où leur indication dans certaines intoxi¬ 
cations où leur emploi, combiné avec une saignée 
évacuatrice, constitue la saignée-transfusion. 

Action diurétique des sucres. — Les physio¬ 
logistes ont étudié depuis longtemps déjà les effets 
des différents sucres dans la production de la 
diurèse, et il suffit de rappeler ici les travaux de 
Ch. Richet et de Moutard-Martin, ceux d’Alber- 
toni, de Hédon et Arrous, de E. Jeanbrau sur ce 
sujet. 

Ch. Richet et R. Moutard-Martin les premiers 
(1880) ont montré que les propriétés diurétiques 
du lait, connues de toute antiquité, étaient dues 
probablement en majeure partie au sucre de lait, 
et qu’en fait, l'injection intraveineuse de sucre de 
lait déterminait une polyurie intense, telle que 
dans certains cas la quantité d’urine émise en une 
minute est quarante fois plus grande que la 
quantité émise à l’état normal. Ces mêmes phy¬ 
siologistes ont montré que, dans tous les cas, le 
volume de liquide sécrété dépasse de beaucoup le 
volume de liquide injecté, ce qui revient à dire 
que, sous l’influence de la sécrétion rénale exagérée, 
il se fait une véritable déshydratation du sang, 
d’où la soif intense manifestée par les animaux 
auxquels on a fait une injection intraveineuse de 
sucre. Il va sans dire que cette déshydratation du 
sang ne peut pas dépasser certaines limites et 
qu’il arrive un moment où de nouvelles injections 
de sucre, non seulement ne produisent plus de 
polyurie, mais aboutissent à une véritable anurie, 
bientôt suivie de phénomènes diarrhéiques entraî¬ 
nant une intense élimination intestinale du sucre 
introduit en excès dans la circulation. 

Il n’y a d’ailleurs pas que le sucre de lait qui se 
comporte de la sorte : les injections intraveineuses 
(le tous les sucres se comportent également comme 
des diurétiques. Toutefois, chaque sucre a un 
ce,efficient‘diurétique propre, et si l’on appelle V le 
volume de solution sucrée injectée, V' le volume 
éliminé, D le coefficient diurétique, ou a ainsi la 

relation V' = YD ou D = 

Arrous s’est attaché à la détermination de ce 
coefficient pour les principaux sucres (employés en 
solutions à 25 p. 100), et bien que dam ces expé- 




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IODALOSE 

GALBRUN 






RICHAUD. — SERUMS SALES ET SERUMS SUCRES 


55 


rieuces il ait omis de tenir compte de certains 
éléments, notamment, ainsi que l’a fait remarquer 
Ch. Richet, du temps pendant lequel il mesurait 
l’élimination urinaire consécutive à l’injection, on 
peut sinon accorder une valeur absolue aux coeffi¬ 
cients diurétiques établis par Arrous, du moins les 
considérer comine indicatifs du sens du phéno¬ 
mène et admettre que le coefficient diurétique des 
sucres, autrement dit leur action diurétique, croit 
en raison inverse de leur poids moléculaire, et par 
conséquent, eu raison directe de leur tension 
osmotique. Enfin Arrous a également établi que 
pour un même sucre, la valeur du coefficient diuré¬ 
tique est, dans certaines limites, indépendante de 
la dose de suére injectée. Ra concentration de la 
solution, par contre, aune influence sur ce coeffi¬ 
cient, qui augmente avec la concentration. 

Emploi thérapeutique des sérums sucrés. 
— Bien qu’au cours de ses études sur l'action diu¬ 
rétique-des sucres Ch. Richet ait démontré que 
l’administration par la voie stomacale des solutions 
sucrées était loin d’équivaloir à l’injection intra¬ 
veineuse des mêmes sucres, les cliniciens n’utili¬ 
sèrent tout d'abord que la voie stomacale dans le 
but d’exercer uueactiondiurétique à l’aide de sucre 
de lait. Res résultats obtenus furent variables, et 
il n’en pouvait être autrement car, on le sait bien 
maintenant, surtout depuis les recherches expéri¬ 
mentales de C. Eleig (de Montpellier), l’action 
diurétique provoquée par l’ingestion de solutions 
sucrées dépend avant tout du degré de concen¬ 
tration de la solution administrée. Res solutions 
sucrées hypertoniques prises par la voie gastrique, 
même à hautes doses, n’ont absolument aucune 
action diurétique, et les solutions isotoniques 'de 
sucres lie fout pas éliminer plus d’urine que l’in¬ 
gestion d’un même volume d’eau ordinaire; au 
contraire, ^élimination est moins rapide que dans 
le cas d’ingestion d’eau pure. 

11 résulte eu outre de ces données expérimen¬ 
tales que l’effet diurétique produit par l’ingestion 
même de grandes quantités de solutions isoto- 
uiques de lactose, par exemple, n’est pas un effet 
diurétique vrai, c’est-à-dire dû à une soustraction 
d’eau à l’organisme, mais résulte plutôt de la 
simple filtration à travers les tissus du liquide 
ingéré : c’est une diurèse par lavage et’ non une 
diurèse par déshydratation. 

Aussi bien cette méthode est aujourd’hui à peu 
près abandonnée, et c’est par la voie veineuse 
ou par la voie sous-cutanée qu’on administre le 
plus souvent les solutions sucrées iso ou hyper¬ 
toniques. Voyons donc quels sont les avantages 
particuliers de ces sérums, autrement dit leurs 
indications spéciales, leur préparation et leur 
mode d’emploi. 


Sérums sucrés isotoniques. — En ce qui con¬ 
cerne les indications de ces sérums, on peut dire ; 

i° Res sérums sucrés isotoniques étant aussi diu¬ 
rétiques que les sérums salés, ils peuvent être em¬ 
ployés dans toutes les circonstances où ces der¬ 
niers sont employés ; 

2° Ils doivent leur être substitués dans toutes les 
circonstances où l’on a à redouter la rétention 
chlorurée. 

3° Res sérums sucrés ayant, tant sur la diurèse 
liquide que sur la diurèse solide, des effets plus 
intenses que ceux des sérums chlorurés, on a sou¬ 
vent intérêt à les substituer à ces derniers, même 
dans les cas où il n’y a pas de rétention chlorurée 
à redouter. 

Res sucres étant des corps aussi peu toxiques que 
possible, beaucoup moins toxiques que les subs¬ 
tances salines les moins toxiques, y compris le 
chlorure de sodium, sont d’ailleurs admirablement 
tolérés par l’organisme, et l’on peut sans incon¬ 
vénient injecter dans les veines jusqu’à 1300 cen¬ 
timètres cubes de solution iso ou para-isotonique 
de glucose, de saccharose ou de lactose. Sous la 
peau, Fleig a pu injecter jusqu’à 700 centimètres 
cubes ; mais, par la voie sous-cutanée, l’effet diu¬ 
rétique, bien qu’intense, est cependant un peu plus 
lent à se produire, de telle sorte que, du moins 
dans les cas d’anurie ou d’oligurie toxi-infectieuse, 
la voie de choix est la voie veineuse. 

Re choix du sucre destiné à la préparation des 
sérums sucrés n’a pas pratiquement une grande 
importance. En principe, étant donnée la relation 
inverse trouvée par Arrous entre l’effet diurétique 
des sucres et leur poids moléculaire, c’est aux 
glucoses qu’il conviendrait de donner la préférence. 
Res glucoses (C 6 H 12 O 0 ) ont, en effet, un poids 
moléculaire égal à 180, tandis que les saccharoses 
(C 12 I 1 22 0 U ) ont un poids moléculaire égal à 342. 
Re pouvoir diurétique des glucoses, comparé à 
celui des saccharoses pris pour unité, serait donc 

comme le rapport = 1,9, c’est-à-dire presque 

deux fois aussi grand. Mais, en fait, cette relation 
entre le pouvoir diurétique des sucres et leur poids 
moléculaire n’a pas la rigueur d’une loi, et le pou¬ 
voir diurétique des glucoses est environ 1,3 ou 1,4, 
celui des saccharoses étant 1. Aussi, enpratique, des 
considérations d’ordre économique doivent faire 
préférer des saccharoses tels que le sucre de canne 
ou le lactose auglucose. 11 est à peine besoin de dire 
que les mêmes considérations obligent à écarter, 
parmi les saccharoses, le màltose, dont le prix est 
prohibitif. 

Quoi qu’il eu soit, pour obtenir avec ces deux 
groupes de sucres des solutions isotoniques, on 
emploiera, pour 1 litre de sérum, soit 47 grammes 
29.1 



56 

de glucose, soit d’üh isaCChdrbsë. Prati¬ 

quement, il n’ëst d’ailiëürs fiüllèmëfit nécessaire 
dë së servir dë solutions rigdüfëiisëmënt isoto- 
riiquës ; il suffit de së servir dë solütiôtis voisines 
de i'isotonië, dë solutions para-isbtoniqUës 
(45 grammes de glucose ou 96 à <35 graniméS dë 
sucre dë canne oii dë ldCtOsë). 

Sêfùins sucrés hypertoniques. — Là diüfëse 
provoquée par les injections de sérunis SÜcrés 
hypertoniques eët extrêmement abbhdante, et la 
tolérance de l’otgdiiismë vis-à-vis dë la plupart des 
sucres ést très tëmafqüdblë. Poiir fixer les idées, 
lidUsdifons qUël'ori peUt, sUüSpfovoqüerléinoiüdfè 
accident, iüjëctëf dans les veines d’un àntifial 
15 grammes par kilogramme d’un sucre qüéicbiitjuë 
en solution à 25 p. iod. 

Chez l'homme, tant chëz dès iùdividüs prësdi- 
tant dë l’bliguriè bii inême dë l’aniirië, ati cours de 
divërsës maladies ihfèCtieusës (ptitiCipalement Chez 
dès tÿphiquèsj qUë chèz des itidividUs hbrinaüx, 
Plëig à pii injecter àCesindividüsjUsqU’à 1 itidcëii- 
tiinètfës cubes, en vingt-quatre hëüfes, de solutions 
à 2$ et mèmè 30 p. 100 dé différents sucres, et il d 
ainsi prdvoqüé des poiÿuries extrêmement ab'oh- 
dantès ët obtenu dans les vingt-quatre heüres 
fstiivaütës dès quantités d’ürihe trois et quatre 
fois supérieures à la quantité dë liquide injectée. 

îïoiis avons vu qiië, chez les àniirtaux, Ch. RicÜët 
et R. Moutard-Martin avaient, dans fcèftains cas, 
enregistré dès excrétions urihâires ehCorë bien 
siipérietifes. On peut répéter souvent lés injections, 
dë préférence un jour sür dëux d’après Plëig, sans 
avbir â redoütër lë moindre phénoniènë d’intOxi- 
cation, et on arrive ainsi à so'üstraire à l’organisme 
dès quantités dë liquide biëü süpéfiëUrës à celles 
qu’dn y a introduites par les injections. Ainsi lès 
chosës së passent chëz l'homme corfiffié Ch. Richet 
avait vu qu’elles se passaient Chez lës àiiimatix, et 
l’on ddit en cdhclüre qtie, tandis giiè là diiirèsè 
prbvoqtiéë par les injections dë solutions isoto- 
niques de sucres aboutit à une diurèse par lavage 
du sang, la diurèse provoquée par les injections de 
sérüffis suCtés hypertoniques se fait aux dépens 
dë l’èau dû sang èt des tissus, que c’ëSt ëfi Un mot 
une diurèse par déshydratation. Èt c’est Cëtte 
déshydratation qui explique et la sdif intettse 
manifèstée par lés sujets auxquels On fait cës injec¬ 
tions intrâvëineUsës, et l’oligdrie ou mèhië l’anurie 
à laquelle On aboutit fatalement en répétant 
ces injections chëz dès sujets auxquels on ne prend 
pas la précaution de restituer sons forme de bois¬ 
sons l’èau ainsi soustraite au sang et aux tissus. 

Les indications des sérums sucrés hypertoniques 
décbulënt dü mécanisme même de l’action diuré¬ 
tique qu’ils sont susceptibles de provoquer; et 


ïy juillet ig2o. 

AChard d’inie part, JédhbrUU d’àutië part; oht 
montré tOüt je parti qU’OU èn poÜvait tirer dâüs le 
traitëiiiënt dë certaines afihriës. MdiS lés effets dës 
ifijeCtidiiS dë solutions SÜëiëeS hÿpërtohiquës fié Se 
boriiënt pas à la ditirëfee désîiÿd ratante dbüt. ridiis 
avons parié plüs haut. Plëig a iüsisté d’ühe part 
sur l’action tdhi-cUrdibvascUlaitë de cës sérums, 
èt d’autre part sur ie fait, bien connu depuis les 
travaUX dë Ch. RiCliet fils et È. LeSrié; de l'action 
antitoxiqüë des sucres vis-à-vis de certaines subs¬ 
tances. C’est efiSeb’aSaiit sut Cëtte triplé action dës 
injëctiohS dës SOliitiOhS sübrëès hypërtoüiqüës qUb 
Flëig a cOiiseillë l’emploi pbst-dnësthésiquë dë Ces 
Séruins pciUr f aVorisër mécaUlqüéihèdt l'élimination 
dë PanëSthésiqüë iihprëgiiant les cëhtTes nérvetix, 
pOUr lutter contré là Cliüté de pressidü et l’affai¬ 
blissement cardiaqüë consécutifs Uiix anèsthësiës 
prolongées, pbür lUttèr fefifitt cOntfè les vbiüiSse- 
mëhts post-chldrbformiqties, si tâiit est toutefois 
qUë cës vdffiissèhiehtë, Comffie lë veulent cèrtdihs 
âütëürS, dbivëtit être attribués à Une toxéiüiè 
d’origiUe hêpàtiqUe, cë qdi, à hotrë avis; Soit dit ëii 
passant,. ëSt loin d’êtrë dëniOntré. BièU que lë 
poüydir diürétiqüë dës glüCoSes soit üëttëtüëht 
Süpérièur à celui dës sUcCharbsë'S; les cbnsidéra- 

tibrfs qui font que dans la pratique ou S’adresse 
plutôt aux saccharoses qu’aux gluCdsëS pdtir lh 
préparation dëS sérüffis SUCrës isotb'fiiqües but Une 
valeur plüS gtafidë ënCOte qdànd il s’agit de la 
préparation dés sérUUis süciéS hÿpëttohiqttës. Bieii 
qüë la quantité dèS différents sucrés à employer 
poür la préparation dès sérünis sucrés hyper- 
toniqUës puisse varier dans d’asSëz larges limites, 
èllë oscille habitüëilëiiiëUt èritrë 200 et23d grammes 
p. ibbo pbUr les SaCcharoses. 


VÀLÉtik THÈRÂfrEÜÜQÜÈ DES injections 
INTRAVEINEUSES DE 
SOLUTIONS HYPERTONIQUES DE 
GLUCOSE AU 0OURS DÈS 
ftÉPHklTES AZOTÊMIQUES 

F. RA'THERY et M. BOUCHERON 

Professeur agrégé à la Faculté, Auden externe des hôpitaux 
Médecin de l’hôpitai Tenon. de Paris. 

Les injections hypertoniques de glucose ont été 
préconisées chëz l’homme comme des agents ex¬ 
trêmement actifs de diurèse. 

Moutard-Martin et Richet, Albertoni, Hédon et 
Arrous ont montré la tolérance remarquable des 
animaux vis-à-vis des solutions hypertoniques 
de siicrës (15 grammes par kUogramme d’animal 
en solution à 25 p'. 100). 


PARIS MÉDICAL 




F. JRATHERY et M. BOUCHERON. — 

Eu l8çjcj, Àrrcitis et Jeanbrau obtëhaient, par 
injection intraveinetiséHypertonique dé tacchârbse 
chez rhdinriiè, dés polyuries imiiiécliàtës et très 
aboiidâiitës. jeàiibi dit signalé chez dès litiudsiqüès 
anüriqües deux bbsétvâtldhs où la. secrétion Uri- . 
nairë se rétablit àtissi ràj)idènieiit. Fléig a opéré 
avec des solutions de iactose, giücose et marmite 
de 25 à 30 p. 100 chez des oliguriques et des anu¬ 
riques au cours de la typhoïde et de la scarlatine ; 
il a injecté jusqu’à 1100 centimètres cubes en 
vingt-quatre heiires et a obtenu des diurèses dè 
4 litres en vihgt-ç[üàtre hëiirës salis bllgtirië consé¬ 
cutive, pourvu qu’on ait soin de faire boire le 
malade après la débâcle urinaire. 

Fleig a étüdié coniparativèment l'action dés 
solutions sdlées, lâëtbsées ët glucosées, isotoniquës 
et para-isotohiqües ; ii conclut que ie « sérum 
giucosé nécessite poirr une même élimination 
moléculaire de matériaiix d’élaboration un travail 
rénal beautoup hloindte qüe celui qu’exerce le 
sétuni brdihaire ».j 

i/diriÿ, Mayer et Rathery ont pu, à la suite des 
injections hypertoniques de sucre (glucose, sac¬ 
charose, lactose),étudier les modifications de l’épi¬ 
thélium rénal fit üéfctirë l’iiistophysiolbgie de la 
sëcrëtioh rénale (2). 

Enriquez et Gutmann (3), chez cinq malades, 
ont obtenu un relèvement dë là diurèse à la suite 
d’injections hypertoniques dë giücose (30 p. 100) ; 

(x) Soc. biol., 1907. 

(2) J. phys. et p'dth. gen., igo6. 

(3) Soc. biol., janv. 1913. 

obs. I. — M m ° Col _ 


SOLUTIONS HYPERTONIQUES 57 

ils notent ëü plus de cette action rénale une amé¬ 
lioration de l’état général et de la force des con¬ 
tractions cardiaqüesët ils ( préconisaient cësjnjec- 
tioüs àücdùrs dès états toxi-infectieux graves.’ 

Un petit donc cbnclùrè dé cès dillërents travaux: 

1° (Jue l'injection hypertonique de glucose chez 
l’animal sain amène une diurèse très abondante 
et presque immédiate ; cètte diurèse se carac¬ 
térise par dès modifications typiques de l’épithé- 
liitin rëiial, modifications transitoires traduisant 
l’activité du parenchyme réhai. 

2° Qüe cës injections hypertoniques ont donné 
dans un certain nombre de cas chez l’homme des 
résultats excellents, en rétablissant une diurèse 
défaillante. 

On emploie une solution à 300 p. 1 000, stéri¬ 
lisée, et on pratique l’injection très lentement 
(une demi-heiire pour un demi-litre) ; on voit 
survenir assez souvent pendant l’injection un 
peu d'oppression, une légère angoisse cardiaque, 
des sensations de battements dans la tête; on 
arrêté quelques minutes pour reprendre ensuite. 

Ces injections constituent donc un excellent 
procédé thérapeutique. Ambard les a employées 
maintes fois au cours de toxi-infections aiguës ët 
nous avons pu nous-mêmes constater avec lui, 
dans plusieurs cas, les heureux effets de cette 
méthode. 

Noiis àvohs voülü, chez üh certain nombre de 
néphritiques chroniques, pratiquer ces injections 
pour remédier à une oligurie persistante et nous 
avons observé assez souvent que, chez ces sujets, 












58 


PA RIS MÉDICAL iy Juillet 1920. 


les résultats obtenus ne répondaient pas à notre 
attente. 

Dans le remarquable rapport de Pic sur les 
diurétiques, les sucres sont indiqués comme le 
type des diurétiques azoturiques et il est classique 
de J es prescrire chez les urémiques azotémiques et 
oliguriques. 

Un certain nombre de recherches que nous 
venons de pratiquer semblent démontrer, non 
seulement que ces injections sont sans effet, mais 
que même elles peuvenUétre'Mm'sîè/es. Sans vou¬ 
loir généraliser d’une façon absolue les conclusions 


qu’on pourrait tirer de nos observation, nous 
pensons, étant données les conditions très mini- 
tieuses d’observations dans lesquelles ces recher- 
Obs. Il M.Demer... 


ches ont été faites, qu’il y a lieu de tenir compte 
dans l’avenir de ces résultats. 

Il s’agit de trois malades, mis à un régime fixe 
et dont les analyses d’urine ont été pratiquées avec 
beaucoup de soin pendant fort longtemps (vingt à 
trente jours) ; l’injection de sucre était faite après 
huit à dix jours de régime fixe et d’examens 
d’urine. 

Obs. I. Chez cette malade, l’injection de 250 centimè¬ 
tres cubes de sérum glucosé à 300p. I oooamène (Tableau X 
et courbes J) : i° Une baisse notable du volume des 
urines (plus de moitié) ; baisse persistante. 

2 0 Uue diminution dans l’excrétion 
de l’azote total et de l’urée : diminution 
très marquée pendant deux jours et qui 
persiste ensuite jusqu’à la mort. 

3° Une chute pendant deux jours de 
l'excrétion ammoniacale. 

4 0 Une élévation de l'azotémie : 4* ,4 2, 
4«\87 au lieu de 2«\3ô. 

Obs- II.— Chez ce malade (Tableau II 
courbes II). qui avait une azo¬ 
témie de moyenne intensité correspon¬ 
dant cependant à une constante nette¬ 
ment défectueuse, l'injection intravei¬ 
neuse de 250 centimètres cubes de solu¬ 
tion de glucose à 300 p. 1 000 a amené 
les résultats suivants : 

i° Le volume des urines a nettement 
baissé — et cette baisse a été surtout 
marquée le premier et le quatrième jour 
après l’injection. 

2° L’excrétion des chlorures a plutôt 
légèrement diminué (sans augmentation 
de poids). 

3° L’excrétion d’ammoniaque a été 
peu influencée (légère augmentation). 

4° L’excrétion d’azote total et d’urée a nettement 
baissé, et cette baisse a persisté pendant plusieurs jours. 

5° L’azotémie a augmenté et la constante a passé de 
0,106 à 0,28. 


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Courbes I. 



Tûbleâu II. 
















F. RATHERY et M. BOUCHERON . — SOLUTIONS HYPERTONIQUES 59 

I/exaipep dp sang et la recherche <|e lp çonstapte pra- ÇfêS. I|I. — Ce malade, du 13 juin ap 12 août, a été 

tiqués lijpt'jours après les dernières dates inscrites au mis à un régime fixe; les examens d’uripe opt été prati- 



tableaU ont montré que l’azotémie persistait à i« r ,223 et qués pendant cette période tous les jours ; nous ne pou- 
que la constante restait à’ 0,28. vous les rapporter ici ; on les trouvera dans la thèse de 

Ce malade revu deux mois après avait une azotémie Boucheron. Nous nous contenterons de rapporter les 
de o,8§ avec constants 4 e 0/16. examens du 29 juillet au 12 août. (Tabl. III et courbes III). 


coniitures. 

Soolait 

+ 500 gr. tisane 
250 lait 

+ 500 gr. tisane 
sucrée. 
i 56 lait 

+ 500 gr. tisane 
sucrée. 


inj. intrav. 
250 cc.de s. gluc. 
û 300 p. 1 000. 



Tableau 111 . 


































6o 


PARIS MEDICAL 


Chez ce malade, il s’agissait d’une azotémie dépassant 
notablement i gramme. 

I,es résultats sont un peu moins probants, parce que 
l’ingestion de lait a été réduite les jours qui ont suivi 
l’injection intraveineuse de glucose, le malade refusant 
de s’alimenter davantage ; il est vrai qu’il prenait 
un demi-litre de tisane sucrée en plus (150 grammes de 
sucre par litre). 

Les urines, à partir du 10, étaient alcalines, ce qui 
empêchait certains dosages ; cependant il est inté¬ 
ressant, ces réserves une fois faites, de constater les résul¬ 
tats de l'injection intraveineuse de 250 centimètres cubes 
de glucose à 300 p. ï 000. 

a. Diminution notable du volume des urines. 

b. Diminution de l’excrétion de NaCl (expliquée par la 
diminution de l’injection de lait). 

c. Diminution de l’excrétion d’ammoniaque le premier 
jour (le seul où les urines n’étaient pas alcalines). 

d. Diminution de l’excrétion d’azote total et d’urée 
(de moins d’importance, étant données les conditions 
d’observation). 

e. Augmentation de l’azotémie, qui passe de ib t ,6i à 
4 ,r >®7- 

Conclusion.— 4 I1 semble donc que, de l’examen 
de nos trois malades, on peut conclure que, chez 
les sujets atteints d’azotémie marquée (et terminée 
par la mort pour deux d’entre eux), l’injection 
intraveineuse de 250 centimètres cubes de solution 
hypertonique de glucose non seulement n’a amené 
aucune diurèse, mais a provoqué une diminution 
nette de celle-ci avec diminution de l’urée, de 
l’azote total urinaire, et une élévation marquée 
de l’azotémie. 

Si les injections intraveineuses de glucose don¬ 
nent d’excellents résultats chez les sujets présen¬ 
tant un rein intact.il ne paraît pas qu’il en soit de 
même dans les néphrites urémigènes; elles seraient 
au contraire absolument contre-indiquées, et c’est 
à tort, selon nous, que chez de semblables sujets, 
on indique comme diurétique azoturique l’injec¬ 
tion hypertonique de sucre. 

Nous ne parlons ici que de l’injection intravei¬ 
neuse hypertonique de sucre. Nous ne donnons 
aucune conclusion concernant l’ingestion de 
sucre ou le goutte à goutte rectal sucré. 


iy Juillet IQ20. 

LA COURBE OSCILLOMÉTRIQUE 
CHEZ LES MALADES ATTEINTS DE 
CLAUDICATION INTERMITTENTE 

le D r Jean HEITZ (de Royat) 

Ancien interne des hôpitaux de Paris. 

On sait que la courbe oscillométrique a été ima¬ 
ginée. à peu près simultanément dans l'automne 
de 1917, par Delaunay (de Bordeaux), Billard (de 
Clermont-Ferrand) et Barré (de Strasbourg). I> 
premier de ces auteurs a cherché à préciser, par la 
construction de cette courbe, la détermination 
de la pression systolique et de la pression diasto¬ 
lique (1). Billard s’est surtout occupé de la forme 
générale de la courbe, et il en a tiré des indications 
concernant l’état anatomique de l’artère d’une 
part, le degré de résistance périphérique et les con¬ 
ditions de la circulation de retour d’autre part (2). 

Dans un article récent, Aubertin a montré que 
la courbe oscillométrique nous donne une image 
fidèle des oscillations croissantes et décroissantes, 
de leur situation par rapport aux grandes oscilla¬ 
tions, et de l’amplitude comparée des oscillations 
correspondant aux diverses contre-pressions du 
brassard (3). 

Cette amplitude des oscillations, c’est-à-dire le 
nombre de divisions du cadran qu’elles couvrent 
à chaque systole, a été surtout étudiée jusqu'ici 
pour les plus grandes oscillations. Pachon désigne 
cette amplitude des plus grandes oscillations sous 
le nom d'indice oscillométrique. Il considère que, 
toutes choses égales du côté de la circulation pé¬ 
riphérique, l’indice traduit la valeur de l’impul¬ 
sion cardiaque ; par contre, toutes choses restant 
égales du côté de l’impulsion cardiaque, l’indice 
traduit la valeur du calibre artériel (4). 

C’est cette dernière considération qui nous a 
paru surtout intéressante par ses applications cli¬ 
niques. Avec Babinski et Froment (5), nous avons 
montré, en particulier chez des blessés de 
guerre, où des troubles vasomoteurs persis¬ 
taient sur le membre traumatisé, que la réduction 
d’amplitude des oscillations était proportionnelle 
en général au degré d’hypothermie de l’extrémité 
et, par conséquent, au degré de constriction des 

(1) Delaunay, Gaz. hebd. Sc. mid., Bordeaux, 28 oct. 1917. 

(2) Billard, Soc. Biol, nov. 1917, et Journ. mid. français, 
sept. 1919. 

(3) Aubertin, Presse médicale, 18 fév. 1920. 

(4) PACnov, Journ. mid. français, sept. 1919. 

(5) Babinski et J. Heitz, Oblitérations artérielles et troubles 
vasomoteurs ; leur diagnostic différentiel par l’oscillométrie et 
l’épreuve du bain chaud (Soc. mid. hôp., 14 avril 1916). — 
Babinski, Froment et J. Heitz,. Des troubles vasomoteurs et 

thermiques (dans les paralysies et les contractures d’ordre 
réflexe (Annales de médecine, III, sept.-oct. 1916). 



J. HE1TZ. — LA COURBE OSCILLOMÊTRIQUE 


artères du membre : la réduction de l’amplitude 
des plus grandes oscillations peut, en pareil cas, 
ramener ces dernières à la moitié, au quart même 
des dimensions quelles présentent du côté sain. 
Mais le réchauffement du membre, en provoquant 
une vaso-dilatation locale, ramène toujours les 
oscillations à leur amplitude normale. Or il est évi¬ 
dent que ces variations de l'amplitude des oscil¬ 
lations sont tout à fait indépendantes de l’ac¬ 
tion du cœur, et qu’elles ne traduisent que les 
modifications de la perméabilité artérielle. 

Un autre exemple de ces variations locales de 
l’amplitude ou indice oscillatoire est fourni par 
les oblitérations artérielles (ligatures, embolies, 
thromboses, endartérites chroniques) : ici l'ampli¬ 
tude des oscillations est encore réduite, et on peut 
voir les oscillations complètement abolies. 

De plus, l’épreuve du bain chaud ne donne 
qu’un résultat insignifiant ou même tout à fait 
nul, ce qui se comprend puisque la réduction de 
la perméabilité artérielle est due, non pas à un 
spasme qui cédera à une-influence physique, mais 
à des lésions permanentes qui ne se peuvent modi¬ 
fier eu un court espace de temps (i). 

Eu dehors de l’amplitude des plus grandes oscil¬ 
lations, il peut y avoir intérêt, chez les malades 
atteints de troubles vasomoteurs comme dans les 
oblitérations artérielles, à étudier l’amplitude 
des oscillations croissantes et décroissantes, et à 
noter le degré de contre-pression du bras¬ 
sard où naissent et où s’éteignent ces oscillations : 
c’est-à-dire à étudier tout le champ oscillatoire,’à 
dresser la courbe oseillométrique. Eu 1913 déjà, 
j’attirais ici même l’attention sur l’intérêt que pré¬ 
sentait Y étendue de la zone oscillatoire. J'avais cons¬ 
taté chez 50 sujets normaux que cette zone était 
normalement plus longue la fémorale qu’àl’humé- 
rale(de3 à qcentimètres Hgeu moyenne),et qu’elle 
était aussi en général plus longue (de 2 à 4 centi¬ 
mètres Hg) au cou-de-pied qu’à l’humérale et 
surtout qu’à la radiale. 

Or,la courbe oseillométrique figure, par notation 
sur un papier quadrillé, les amplitudes d’oscilla¬ 
tions pour toute la série des contre-pressions du 
brassard depuis l’apparition dés oscillations jus¬ 
qu’à leur disparition. Si l’on dresse la courbe oscil- 
lométrique pourries différents membres, à leurs 
racines et à leurs extrémités, il devient facile de 
lire et de comparer non seulement l’amplitude des 
plus grandes oscillations aux différentes régions 
artérielles, mais encore l’éteudue des zones oscil- 

(1) J. IIeitz, Paris médical, 12 avril 1913. — Babinski et 
J. IIeitz, Soc. nturol., 3 mai 1917.— Babinski et J. Heitz, Les 
oblitérations artérielles traumatiques ( Arch. mal. cœur, nov. 
et déc. 1918). 


6 l 

latoires, c-t le point de pression où elle se trouve 
placée (2). 

Pour montrer l’intérêt que peuvent présenter 
ces schémas, comme représentatifs de troubles 
circulatoires locaux, j’ai reproduit ci-dessous 
quelques courbes oscillométriques dressées chez 
des malades atteints de claudication intermittenle 
par endartérite des membres inférieurs. Dans tous 
les cas, j'ai donné, à côté des courbes fémorales et 
tibiales, la courbe de l'artère humérale droite, 
pour permettre de comparer les oscillations d’une 
artère normale avec celles que l’on constate sur 
les artères malades. 


La figure r représente les courbes oscillométriques d'un 
homme de cinquante ans qui, depuis quatre mois, se 
plaignait de ressentir, dés qu'il marchait un peu vite, un 
engourdissement et une coustriction du pied droit. Ces 
sensations ne tardaient pas, s’il persistait, à se transfor¬ 
mer en une douleur irradiée à toute la jambe. Pression 
artérielle normale. Les pulsations pédieuse et tibiale pos¬ 
térieure, normales à gauche, manquaient au pied droit. 
La figure montre que l’affection se limitait au membre 
inférieur droit : la courbe tibiale, réduite à une étendue 
totale de 3 à 4 centimètres Hg, s’élève à peine à une divi¬ 
sion du Pachon, alors qu’à gauche son étendue dépasse 
12 centimètres, et qu’elle s'élève jusqu’à 12 divisions. La 

(2) L’amplitude des plus grandes oscillations, ou indice 
oseillométrique, ne peut être considérée comme présentant une 
valeur absolue, car l’appareil de Pachon n’est pas étalonné 
quant à l’amplitude des oscillations : cette amplitude peut 
varier pour un même sujet, examiné dans les mêmes condi¬ 
tions successivement avec plusieurs appareils de Pachon. Il 
s’agit donc d’uue étude purement relative, et c'est pourquoi 
nous n'attachons d’importance qu’aux variations de cette 
amplitude par rapport aux autre membres. 

Pour donner une base à la comparaison, j’ai mesuré chez 
50 sujets normaux l’amplitude comparée des oscillations sur 
les quatre membres : à la partie moyenne de l’humérale, au 
tiers inférieur de la fémorale, au poignet et au cou-de-pied 
[Arch. des mal. du cœur, jânv. 1906). J’ai constaté que, d’uu 
côté à l’autre, il pouvait exister, chez des sujets sains, des diffé¬ 
rences appréciables et qu’il ne fallait, par suite, attacher d’im¬ 
portance qu'à des écarts assez considérables (atteignant d’un 
côté la moitié de l’amplitude du côté opposé). Sur le même 
membre, le chiffre obtenu à l’extrémité est toujours sensible¬ 
ment inférieur (d’un quart ou de moitié) à celui de la racine du 
membre. Le plus habituellement, les oscillations sont légèrement 
plus amples aux membres inférieurs qu’aux membres sui>é- 

Pour mesurer l’amplitude des oscillations, j’ai utilisé unifor¬ 
mément le brassard de 12 centimètres de hauteur, tel qu’on le 
trouve dans le spliygmomanomètre de Vaquez. Ce brassard 
était modérément serré sur le membre, le milieu de la poche 
répondant au trajet artériel. Supposons l’aiguille oscillant sur 
le cadran de 3 à 12, par exemple: je compte 12 — 3= 9 degrés, 
chiffre que je multiplie par 2 en raison du trait secondaire qui 
divise chaque degré sur le cadran du Pachon, soit un total de 
r8 divisions couvertes par l’aiguille sous l'influence du flot 
artériel. 

La moyenne de mes relevés a été (pour l’osdllomètre de 
Pachon n° 82, qui a servi à cette étude, comme à toutes nos 
études ultérieures) de 20 divisions sur l’humérale, de 7 divisions 
et demie au poignet, de 21 divisions et demie au tiers inférieur 
de la cuisse, de 10 divisions et demie au cou-de-pied. ' 




62 


PARIS MÉDICAL 


ij Juillet IÇ20. 



Claudication intermittente de la jambe droite avec perméabilité 
à peine diminuée de la fémorale droite. Membre inférieur 
gauche porpial (fie. i). 



Claudication intermittente du membre inférieur droit par 
lésion de tout l’arbre artériel de ce membre. A gauche, 
la perméabilité’des tibiales est déjà altérée (fig.|a). 


courbe fémorale droite est elle-même légèrement rêtrécje 
par rapport à celle <lu côté gauche, quj, ejle-mépie, se 
trouve par rapport à la courbe humérale dans les rapports 
normaux. Comme nous le verrons, il est rare de voir l’en- 
dartérite oblitérante se limiter d’une façon aussi nette à 
l’un des membres inférieurs. 

La courbe 2 donne un exemple de lésion artérielle 
prononcée d’un côté, encore légère au membre inférieur 
opposé. Il s’agissait d’un homme de soixante-deux ans, 
un peu hypertendu, souffrant depuis cinq ans de claudi¬ 
cation intermittente à droite. Il existait une hypothermie 
prononcée du pied droit. Jamais de douleur à gauche. 
On constate une réduction considérable, à lafois en éten¬ 
due et en amplitude‘d’oscillation, des courbes tibiale et 
fémorale droites ; les pulsations du pied droit manquent. 
Il en est d’ailleurs de même à gauche, où la courbe fémo¬ 
rale se montre normale, alors que la courbe tibiale esttrès 
diminuée (surtout çoiftpic amplitude d'oscillation). Chez ce 
malade, nous ayons, reproduit le phénomène intéressant 
signalé dans ce journal par André-Thomas et Lévy- 
Valensi (1), à savoir qu’il suffisait de faire marcher le 
malade à grands pas pendant quelques instants pour voir 
les oscillations tibiales droites (c’est-à-dire du côté de la 
crampe) s'effacer çonjplèteipent. 

Avec la courbe 3, nous nous trouvons en présence de 



Claudication intermittente des deux membres inférieurs ; per¬ 
méabilité artérielle très diminuée déjà aux fémorales. Lu 
courbe humérale n’est figurée qu’en partie (fig. 3). 
lésions beaucoup plps graves, siégeant aux deux membres. 
A gauche, pas d’oscillatious tibiales ; à droite, elles ne sont 
visibles que sur 2 à 3 centimètres, avec amplitude d’une 
division ; les pulsations sont abolies aux deux pieds. Les 
oscillations fémorales sont très peu amples (4 djvisjons à 
gauche, 6 divisions & drojte), et jeirr étendue est notable¬ 
ment réduite par rapport à la courbe humérale. H s’agis¬ 
sait d’un homme de soixante ans, grand diabétique et 
albuminurique, avec pression artérielle cependant nor¬ 
male. Claudication intermittente très prononcée gpx 
deux jambes. 

La courbe 4 est semblable à la précédente, avec cette 
différence que la fémorale droite a gardé une perméabilité 
J (1) André-Thomas et Lévv-Valknsi, Le spasme artériel 
dans la claudication intermittente du membre inférieur (Paris 
médical, iq janv. 1918). 












































64 

De même, chez ic malade de ia courbe 5, l’épreuve du 
bain chaud ue donne qu’une amplification insignifiante 
des oscillations fémorales des deux cotés. Il s’agissait d’un 
homme de dnquaffte-cinq ans, hypertendu, souffrant du 
membre inférieur droit depuis un an, et à g il u elle depuis 
trois mois. Il ri’y a pas d’oScillatloiis tibiales à droite, et 
elles sont presque nulles à gauche, non niodifiées par le 
bain chaud. 

Nous publions les courbes de la figure G parte qu’elles 
représentent un degré très prononcé de l’affection : les 
oscillations fémorales sont extrêmement diminuées à 
droite ; elles sont presque nulles à gauclle (à certains jours 
même, elles étaient tout à fait huiles de ce côté). l’as d’os¬ 
cillations aux tibiales des deux côtés. Ce malade, âgé de 
quarante-neuf ans, souffrait beaucoup fl là iiiarcbe,tantôt 
d’un côté, tantôt de l’aulre. b’ii notait une lotte liypo- 



(Janvier iijio, hiéme inffladê). jjl ciaiiiiicaiion intermittente 
^ siège à droite depuis quelques semaines ; il hé S’est plus 
manifesté de douleur dù côté gâtiche depuis pliis de deux 
ans (fife. 8). 

soixante ans, dont i’dffCctiôff s’est niodifiée d’ulie manière 
remarqhable ah cours de ces trois dernières affilées. 

En juillet 1917; il souffrait depuis trois inois de la 
jambe gâtiche : les oscillations étaient tfès réduites aux 
tibiales ÜC Ce Côté, et les pulsations abolies du pied. Quant 
aux oscillations dé la féffioiale gâtiche, elles se montraient 
presque ffônnales. A droite, atictiff signe anormal ; pul¬ 
sations au pied normales ; cependant la courbe fémorale 
droite paraissait un peu diminuée dans son ensemble, si 
on la comparait à la courbe humérale. Quelques mois 
plus tard, dans l’automne de 1917, la crampe douloureuse 
de la jaffibe gauche disparut peu à peu, et le malade put 
même recommencer à courir après le tramway. 


ij Juillet IÇ20. 

Un traitement avait été élièrgiqtiefflènt poursuivi par 
le lipiodol associé à aile bonne hygiène générait. 

Eu janvier 1920,1e malade se plaint dé uoiivCaü, depuis 
quelques semaines, d’une crampe douloureuse à la marche, 
mais qui siège cette fois dâus le molli t droit. L’exploration 
oscillométricjue montre que la courbe tibiâlè gauche a 
repris presque entièrement son ampleur normale (les pul¬ 
sations du pied gauche sont nettement perceptibles) ; 
quant à là courbe fémorale gauche, elle paraît toujours, 
comme en 1917, un peü inférieure à la courbe humérale. 
A droite, c’est-à-dirë dvi côté où siège maintenant la dou¬ 
leur, la courbe tibiale est à peu près nulle, et la courbe 
fémorale s’est affaissée. 

Par comparaison avec les courbes précédentes, 
nous reproduisons fig. 9 lés courbes oscillométri- 
qties humérales et radiales des deux membres 
supérieurs d’un malade atteint d'imcVrysmc de 
l'artère sous-dnvicre droite. Eii pareil cas, les 
courbes sont nettement diminuées au-dessous de 



Anévrysnie de l’artère soi s-i laviére iriite. Iis traits 
verticaux indiquent le niveau de la pressa n systolique 
mesurée par la méthode de Riva-Rocci (fg. 9). 

l'anévrysme ; mais ce qùi distinguait ce trouble 
circulatoiie dè i'ëndartérite oblitérante, c’est que 
le pouls était retardé en même temps qu'affaibli. 
Le retard du potils, comble on sait, ne s’observe 
jamais dâhs lès oblitérations artérielles. 

En iésiimé, les courbes oscillométriques prove¬ 
nant de malades atteints de claudication inter- 
mittebie permettait d’objtctiver et de rendre 
frappantes, pour une démonstration publique, les 
particularités de chaqüé cas particulier. Elles per¬ 
mettent aussi de se rendre corhjite, par dix coup 


PARIS MEDICAL 











SOCIETES SAVANTES 


d’bell jeté sur les états successifs d’iin inêiiie iiia- 
lade, de la manière dont a évolué soii afféctioü. 
■C’est ainsi que la comparaison des courbes 7 et 8 
■montre bien un des caractères habituels de ces 
évolutions, t[üi est de së faite par étapes plus ou 
moins espacées : tantôt les poussées se répètent 
sur le môme membre ; tantôt elles frappent 
simultanément à un degré variable l’un et l’autre 
des membres inférieüls ; parfois, alors qu’un côté 
sënible guérir, l'aütre sé tfoüve affecté d’tine 
maniéré pliis ou moins subite. 

De cette dernière forme, nous avons vu plusieurs 
exemples ; ruais aucun 11’était aussi caractéris- 
tiqüè qUë fcelui auquel se rapportent les courbes 
dès figufës 7 et 8. 

d#a thérapeutique qui repose sur l'iiygiènë géné¬ 
rale, les injections de lipiodol, le traitement spé¬ 
cifique (en cas d’antécédents syphilitiques), les 
curés dé bains de Royat, doit teildre à accentuer 
lés rémissions et à eirijjêchèr où àtténùer les 
rechutes. t,a figuration des courbes oscilibmé- 
triques permettra de surveiller d’une manière pré¬ 
cise les effets du traitement eu cours, et, daiis une 
certaine ifièstire, d’arrêter iès àggravàtioiis en¬ 
core à leur période de.préparation. 


SOCIÉTÉS SAVANTES 


ACADÉMIE DES SCIENCES 

Séance du 5 juillet 1920. 

Stlr l’épuration par les boues activées. — M. Cambier 
üioüttè qtt’ll s’agirait bien plus d’un phénomène chimique 
qiie d’ttn phénomène tnicrobien. Ce qui semble bien le 
faire croire, c’est l’influence très grande qu’exerce sur 
lé phénomène l’addition d’un peu de sulfure de fer. 

Siir lés romanichels. — MM. Mac Auwfme et Marie 
ont étudié l’origine des romanichels. Ceux-ci sont entrés 
en France au xv° siècle. Des caractères importants les 
différencient de la race française : la taille, la couleur des 
yettx et des cheveux et surtout l’indice eépllalique qui est 
de 79 (82-85 Chez les Français). Cette race 11’a pas varié 
depuis leur immigration. I Y es romanichels constituent bien 
Utie facC étrangère spéciale. 

Aétiondela trlméthylamine sur les anophèles. -M. Kou- 
11 AUD, dans une note lue pqrM. BOUVIER, montre que cette 
trlméthylamine tue les anoplièles par paralysie des gan¬ 
glions thoraciques et en même temps empêche la putré¬ 
faction de ces insectes. Favre avait déjà remarqué que 
certains insectes paralysent et conservent leur proie en 
leur injectant de l’acide formique sécrété par des glandes 
spéciales. 

Sur le vol plané des oiseaux.- -M. Idrac, dans une note 
lue par M. Deseandres, fait une étude très complète sur 
les courants de convection de l'atmosphère, expliquant 
le vol plané des oiseaux. L’auteur a fait l’étude expéri¬ 
mentale de ces courants, analogues à ceux qu’on peut 
rencontrer dans les liquides chauffés. 

Sur un alliage invariable. — M. C11.-K. Guieeaumë a 
étudié les propriétés d’alliages contenant, outre du fer et 
du nickel, des doses massives de métaux additionnels et 


65 

notamment du chrome. Guidé par une idée théorique dilr 
lés propriétés dé ces alliages, il est parvenu à dblüier lit 
formulé d’un acier dont l’élasticité est constante sur ùh 
très large intervalle de température, de telle sorte que, 
s’il sert à la confection d’itii spiral, ce dernier, associé à iiii 
tiàlancler mdiiomëtalliqtib, assurera l’égalité parfaite de 
niarohe des montres et même des chronométrés à toutes 
les tbiiipénitures. II. Mari':cÜai,. 


ACADÉMIE DE MÉDECINE 

Au début de là séance, M. LavÉRÀn, président dé l’Aca¬ 
démie, prononce l'éloge funèbre dé M. Iiucorov. 

La séance est levée en signe de deuil. La prochaine 
réuiiion est fixée ait 20 juillet. 

SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX 

Séance du 2 juillet 1920. 

A propos do la réaction de Sehlck. - - M. ZELEES. 

Crises d’ariiaurose unilatérale, d’origine tabagique 
probable, avec changement de coloration do l’Iris. — 

M. Pu. l’AGMKz rapporte l'observation d’un homme de 
vingt-six ans atteint de néphrite albumineuse simple 
sans azotémie iii hypertension, (pii a présenté à plusieurs 
reprisés des Crises d’diiiàurosC unilatérale brusque durant 
plusieurs heures et au cours desquelles l’iris cliaugèdit dé 
couleur. Ce phénomène montre ((ne cette crise d’amdu- 
rose doit être considérée comme due au spasme vasculaire, 
portant à la fois sur l’artère de la rétine et sur les artères 
ciliaires. Cet équivalent du doigt mort semblait, pour if hé 
part iriiportdnte, relever du tabagisme. La particularité du 
changement de coloration de l’iris daiis l’amaurose tran¬ 
sitoire ne paraît pas avoit encore été signalée. 

M. Laubry à observé des premiers, avec M. Labadic- 
Lagrave, le spasme des artères de la rétine, chez lin hyper¬ 
tendu. Il rapproche, avec prb, ces crises de la claudication 
intermittente. 

Quatre cas do septicémie colibacillaire. — MM. F. 

Widai., A. LëMiERRK et F. ilRObix rapportent quatre 
observations de septicémies colibacillaires vérifiées par 
l’hémoculture. Le premier cas concerne une fièvre conti¬ 
nue consécutive à une poussée aiguë d’entérite ; dans la 
deuxième, l’infection s’est développée chez une accouchée, 
sans que l’origiue utérine soit nettement démontrée ; les 
deux dernières ont trait à des ictères infectieux, l’un 
très bénin, survenu pendant la grossesse, l’autre plus 
sévère, compliqué d’hémorragies avec anémie et myélé- 

se sont terminés par la guérison! 

• Ces quatre observations sont une démonstration du 
polymorphisme des septicémies colibacillaires, pour les¬ 
quelles il n’existe aucun symptôme pathognomonique 
et que l’hémoculture seule permet de diagnostiquer. 

Lorsque ces infections générales surviennent comme 
complication d’une suppuration locale colibacillaire. 
elles affectent en général une alliae pyohémique. Lors¬ 
qu’elles sont consécutives à de simples troubles intesti¬ 
naux, elles prennent assez, volontiers l’aspect d’une 
fièvre continue plus ou moins prolongée et tendent, 
comme les infections à bacilles typhiques et paraty- 
phiques, à donner des localisations secondaires au foie 
et aux voies urinaires. 

M. Méry a constaté, avec M. Legueu, (l’exceilents 
effets de la vaccinothérapie, dans un cas de cet ordre. 

Sur une méthode d’auscultation pulmonaire combinée 
au frottement do la paroi thoracique. — MM. Crüuzon et 
F. B&iaguë exposent le résultat de leurs* recherches sur 




PARIS MEDICAL 


66 

cette méthode nouvelle. La technique consiste à explorer 
une région du thorax par le frottement de la paroi (peau, 
ou mieux côte, suivant son grand axe) avec lé bord ex¬ 
terne du pouce ou avec la pulpe de l'index. En môme 
temps on place dans le voisinage de cette région le pa¬ 
villon d’un stéthoscope bi-auriculaire : on perçoit un 
bruit qui est sensiblement le même dans toutes les régions 
thoraciques dans les cas normaux et qui est augmenté, ou 
diminué, suivant l’état des viscères sous-jacents. 

Les modifications de ce frottement ausculté sont le 
plus souvent parallèles aux modifications de la sonorité 
et elles peuvent apporter un élément de diagnostic 
supplémentaire quand les vibrations thoraciques font 
défaut. 

L’exagération du frottement ausculté est un signe de 
condensation ou d'hépatisation pulmonaire ; la diminu¬ 
tion, au contraire, s’observe dans les épanchements 
liquides de la plèvre, dans les cavernes pulmonaires 
pleines, et dans les scléroses pleuro-pulmonaires apicales. 

Dans les pneumothorax et dans les grandes cavités 
vides du poumon, il semble qu’il y ait plutôt exagération 
du frottement ausculté. 

Cette méthode, qui nécessite une technique analogue 
à celle de la phonendoscopie simplifiée, en diffère quant 
au principe puisqu’elle utilise la valeu s émiologique des 
vibrations de la paroi thoracique conditionnée par la 
résonnance viscérale sous-jacente et non la vibration 
des organes comme la phonendoscopie. 

Elle doit être associée, au cours de l'exploration thora¬ 
cique, à la percussion et à la recherche des vibrations, 
qu’elle complète utilement, et plus spécialement dans le 
diagnostic différentiel des condensations pulmonaires 
et des épanchements liquides de la plèvre. 

M. Laubry insiste sur la valeur de la percussion 
comme moyen d'exploration, et sur les causes d’erreur 
tenant à l’emploi du stéthoscope bi-auriculaire. 

Fr. Saint-Girons. 


SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE 

Séance du 23 juin 1920. 

Invagination Intestinale et diverticule de Meckel. — 

M. Boueey (deVersailles).Rapport de M.Louis Bazy.— 
Une jeune femme commença par présenter des accidents 
abdominaux qui firent penser à une appendicite, puis 
l’apparition de selles sanguinolentes fit faire le diagnostic 
d’invagination. A l’opération faite à la trentième heure, 
ou constata l’invagination de 20 centimètres d’intestin 
grêle dans le côlon ; après désinvagination, on vit sur 
le grêle une petite masse qu’on réséqua avec 6 centi¬ 
mètres de grêle, et dans laquelle on trouva le diverti¬ 
cule de Meckel. Anastomose tcrmino-terminale. Guéri¬ 
son. Les jours suivants, la malade rendit par vomissement 
un ascaris. 

Fistule pyo-stercorale de la région lnguino-crurale droite 
consécutive à une appendicite herniaire. — M. Lenor- 
mant rapporte un cas de M. LECtERC (de Dijon) tout 
à fait analogue au cas de Moure, précédemment rapporté. 
Ici aussi les accidents d’appendicite ont évolué à bas bruit, 
sans aucune réaction péritonéale. 

Ulcère du duodénum avec grande dilatation gastrique. 
— M. Martin (de Toulouse).— Chez un malade qui pré¬ 
sentait depuis longtemps des phénomènes gastralgiques 
et particulièrement une douleur survenant régulière¬ 
ment trois heures après les repas. M. Martin a trouvé, 
à l’intervention, un ulcère duodénal et a fait une gastro- 
entérostomie. Les douleurs consécutives aux repas ont 
disparu, mais il a persisté de la pesanteur et l’examen 


ij Juillet 1 (JJO. 

radioscopique a montré un estomac dilaté. Six semaines 
après la première intervention, M. Martin a fait une 
gastro-plicature et une gastropexie. 

M. LknormanT, rapporteur, estime que cette deuxième 
intervention a été un peu hâtive et que peut-être la -dila¬ 
tation gastrique aurait disparu avec le temps, à la suite 
de la gastro-entérostomie. 

M. Pierre Duvai, estime que la gastro-entérostomie 
n’était pas l’opération indiquée en présence d'un ulcère 
de la face antérieure du duodénum. 

Traitement du cancer du testicule. — M. Mauci.aire 
a pratiqué quatre fois l’opération large. Deux fois il 
n’a pas trouvé de ganglions ; deux fois il les a trouvés 
inextirpables. Il appelle l’attention sur la difficulté du 
pronostic d’après l’examen histologique de la tumeur. 

A propos de l’emploi des corps métalliques dans le 
traitement des fractures. - - M. Dujauier estime que la 
prothèse métallique est un excellent moyen de conten¬ 
tion des fragments. C’est à tort qu’on lui a reproché 
les retards de consolidation, la nécrose osseuse, l’élimi¬ 
nation des pièces employées. Ces pièces peuvent être 
englobées dans le cal ; elles sont mieux tolérées sur les 
os profonds que sur les os superficiels. Les vis et agrafes 
sont mieux tolérées que les cerclages ; M. Dujarier se 
sert cependant volontiers des lames de Parham. 

Dans plus des deux tiers des cas les pièces métalliques 
sont parfaitement tolérées et M. Dujarier ne les enlève 
pas préventivement.. 

M. Fredet, après avoir confirmé ce que vient de dire 
M. Dujarier et ce qu’avait déjà dit M. Hallopeau, apporte 
ses résidtats personnels, certains datant de quatre, six, 
sept et huit ans. 

Il a observé qu’autour de la lame ou de la plaque il 
se forme d’al ord un cal exubérant (phase de croissance 
active), puis ce cal est' remanié et s’affine (phase de 
régression). Les retards de consolidation sont dus aux 
décollements opératoires et non aux pièces métalliques ; 
ou bien encore à une prothèse mal faite. A ce propos 
l’auteur insiste beaucoup sur la nécessité de soigner le 
taraudage et le filetage des orifices préparés pour les 
vis. 

M. Rouviiaois confirme ce qui a été dit. Il ‘fait une 
réserve sur l’emploi des lames de Parham ; elles sont 
contre-indiquées pour fixer des os friables à la Suite 
d’ostéite et de suppuration. 

Injections intrapéritonéales post-opératoires de sérum.- - 
M. Marquis (de Rennes) trouve à cette voie trois avan¬ 
tages : élévation très marquée de la tension artérielle; 
absorption rapide, d’autant plus rapide que la solution 
est plus chaude; enfin le péritoine modifie cl régularise 
le liquide avant son entrée dans la circulation, ce qui n’a 
pas lieu dans l’injection intraveineuse. 

M. Pierre Dkebet, qui, à la suite des laparotomies, 
remplit depuis longtemps le péritoine d’une solution 
isotonique chaude, dans le but de réchauffer les anses 
intestinales, a observé la production constante de grandes 
inspirations et un gros afflux de leucocytes vers le péri¬ 
toine. 

Traitement des hanches ballantes. - - M. Dionis du 
Séjour est intervenu dans 3 cas eu avivant le cotyle, 
excisant le tissu cicatriciel et fixant le fémur dans le 
cotyle par une longue vis de Lambottc. Il a obtenu deux 
ankylosés osseuses complètes et une pseudarthrose très 
serrée améliorant considérablement l’état fonctionnel. 

Fermeture sans drainage dans le traitement des appen¬ 
dicites à chaud. — M. OMBRÉDANNE.lorsqu’il est appelé 
à intervenir d’urgence pour une appendicite et qu’il 
























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trouve une péritonite libre, enkystée, avec collections 
étendues ou multiples, ou un abcès péri-appcndiculaire, 
referme sans drainage, <1 condition que l’appendice ait 
pu être enlevé. Il laisse à la diète absolue quarante-lmit 
heures, et applique de la glace sur l’abdomen. Souvent 
il se produit du troisième au cinquième jour un abcès 
pariétal qu’il suffit d’évacuer en enlevant uue agrafe. 

De cette façon,M. Ombrédanne a vu ses résultats 
s’améliorer aussi bien eu ce qui concerne les appendi¬ 
cites à chaud prises en bloc qu’en ce qui concerne les 
péritonites libres ou à grands foyers multiples. 

Il se conduit de la même façon lorsque, opérant à froid, 
il rencontre un abcès résiduel. J ean Madiicr. 

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Séance dit 3 juillet 1920. 

La période anté-allergique dans la tuberculose expéri¬ 
mentale du cobaye. — MM. 1t. Debré, J. Parai' et 
L. Dautrebaxde ont étudié chez le cobaye la durée de 
la période anté-allergique après inoculation de doses de 
bacilles de Koch variant de un centigramme à un mil¬ 
lième de milligramme, et en pratiquant chez ces ani¬ 
maux des intradermo-réactious à la tuberculine tous les 
deux joins depuis la date de l’inoculation. La durée 
de la période anté-allergique, c’est-à-dire de la période 
qui s’écoule entre l’inoculation des bacilles et la première 
intradermb-réaction positive, est essentiellement fonc¬ 
tion de la dose de bacilles inoculés. Elle varie de trois 
jours pour un milligramme à vingt-huit jours pour un mil¬ 
lième de milligramme. I/apparition de l’allergie coïncide 
toujours exactement avec lu première lésion perceptible 
au point d’inoculation. 

Etude sur l’oxydation du carotène des crustacés et sur 
la présence parmi les produits d’oxydation d’un corps qui 
donne les réactions d’une cholestérine. — M. J. VERNE. 

Etude des techniques dans la détermination du rapport 
azotémique. — M. LaudaT apporte les résultats d'une 
série de vérifications qu’il a faites des techniques qui 
servent actuellement à déterminer le rapport azotémique. 
Il eu résulte qu’en opérant dans les conditions indiquées 
par l’auteur on peut doser l’urée et l’azote total même 
sur de faibles quantités de sérum, avec une erreur qui ne 
dépasse pas 2 p. 100. Les résultats obtenus en appliquant 
cette technique paraîtront dans de prochaines commu- 

Le ferment protéolytique des tumeurs et le sang des 
cancéreux. — MM. LŒPF.r, FaRoy et R’OUSSET ont étudié 
l’activité de ce ferment par l’action sur une solution de 
peptones d’un extrait de tumeur maligne ou du sérum 
des malades. Comme l’érepsine dont il est très voisin, 

La transformation est plus grande avec l’extrait de tumeur 
digestive qu’avec l’extrait de tumeur du sein. De plus, 
l’activité du sérum des cancéreux est près du double de 
celle du sérum normal. Ces recherches ne visent pas, 
comme celles d-’Abderlialden, à établir la spécificité du 
ferment pour chaque variété de tumeurs, mais à donner 
un procédé de dosage comparatif. Elles permettent 
d’expliquer la richesse, constatée par les auteurs, eu 
acides aminés, du sang des cancéreux, et comportent 
. peut-être des conclusions diagnostiques et pronostiques. 

_ Paul Jacquet. 

SOCIÉTÉ DE DERMATOLOGIE 
ET UE SYPHIUGRAPHIE 

Séance du 10 juin 1920. 

Mycose due au « Mycoderm? pulmoneum ». M. Gou- 


GERor présente un homme atteint de lésions ulcéreuses, 
de lésions végétantes verruqueuses et squameuses ; la 
réaction de Wassermann était légèrement positive, mais 
un traitement par l'arsénobenzol resta sans résultat. 
La biopsie 11e montra que des lésions banales et un gros 
.infiltrat embryonnaire. Les cultures révélèrent la présence 
du Mvcodenna pulmoneum dans les lésions ouvertes. 
Cette mycose est très peu influencée par l’iodure de 
potassium ; le meilleur traitement est le raclage ou la cau- 

Hémolymphangiome. — M. Mii.ian. — La malade 
atteinte d’hémolymphangiome, et présentée antérieure¬ 
ment, a été opérée ; après quelques semaines de guérison 
apparente, la lésion a récidivé au niveau de la cicatrice 

Eruption au cours d’un traitement par l’arsénobenzol. 

— M. SKIS. —- Une femme, syphilitique secondaire, soi¬ 
gnée déjà par deux séries d’injections intraveineuses 
d’arsénobenzol, a présenté, après une injection de o B, ,.)3 
du produit, une éruption érythémateuse et prurigineuse, 
que Mil. Renault et Bal'/ER considèrent comme de 
l’urticaire due à l’arsénobenzol, et que M. Mii.ian consi- 

Acnltis. — MM. Bloch et BuRxiKR présentent un 
homme atteint de tubereulides de la face simulant des 
syphilides acnéiformes ; la réaction de Wassermann était 
négative, et trois injections de uovarsénobenzol ne 
donnèrent pas de résultat ; sur les coupes, on constate 
une structure tuberculoïde ; les inoculations au cobaye 
furent négatives., 

D’après M. Dartkr, les nodules 11e sont pas nettement 
sous-cutanés comme dans l’acnitis ; la lésion est inter¬ 
médiaire entre l’acnitis et les tubereulides papulo- 

Autoplastie esthétique du cuir chevelu. — M. Paissot, 
chez un malade atteint de calvitie, a prélevé, au niveau 
des parties encore chevelues, une bande de 8 centimètres 
de large, qu’il a greffée avec succès sur le côté correspon¬ 
dant de la ligne médiane du crâne. Une seconde opéra¬ 
tion analogue, pratiquée de l’autre côté, complétera 
la guérison. 

Traitement de la syphilis. — MM. Qukyrat et Marcel 
Pinard commencent le traitement le plus tôt possible, 
alors que la réaction de Wassermann est encore négative. 
Ils font deux séries de traitement par l’arsénobenzol, 
séparées par un mois de repos ; chaque série comporte 
une dose totale de 3»,Go d’arsénobenzol. Un mois après 
la fin de la deuxième série, la réaction de Heelit restant 
ordinairement négative, ils commencent le traitement 
mercuriel et font deux séries de huit injections muscu¬ 
laires d’arquéritol, séparées par un mois de repos. La 
durée de ce traitement est d’environ onze mois. Ou sus¬ 
pend alors toute thérapeutique, et pendant un an, on 
recherche de temps à autre les réactions de Wassermann 
et de Heclit. Si ces réactions demeurent négatives, 
même après réactivation, le malade peut être considéré 
comme guéri. Ce traitement est beaucoup moins efficace 
et beaucoup' plus long, quand il n’est commencé qu’à la 
période secondaire de la syphilis. 

M. Mii.ian conseillle d’administrer un centigramme 
de salyarsau ou un centigramme et demi de novarséuo- 
beuzol par kilogramme du poids du corps. 11 administre 
aussi le mercure par voie buccale, afin d’atteindre plus 
directement le foig. 

L.B. 



68 


PARIS MEDICAL 


SOCIÉTÉ DE PÉDIATRIE 

Séance du 15 juin 1920. 

M. J. RENAULT, à propos du procès-verbal de la séance 
précédente, rapporte les résultats qu’il a obtenus dans 
son service, par le traitement de la syphilis héréditaire 
par le novarsénobonzol. Ceux-ci ont été remarquables ; 
les accidents cutanés et muqueux ont été modifiés eu 
quinze jours, le foie et la rate ne continuant à diminuer 
qu’après 5 à 6 injections. Lorsqu'on peut suivre l’enfant 
assez longtemps et continuer à le traiter, son développe¬ 
ment se fait normalement. 

M. J. Renault injecte un centigramme un tiers de 
novarsénobenzol par kilogramme d’enfant (dose consi¬ 
dérée comme optima chez l’adulte), il emploie la dose 
rnaxima d’emblée et n’a jamais vu d’accidents. Il pra¬ 
tique l’injection tantôt dans les veines jugulaires, tantôt 
dans les veines épicraniennes. 

M. H. Barbier a fait beaucoup d’injections chez les 
syphilitiques héréditaires, surtout chez les atrophiques, 
avec d’excellents résultats. 

Il se sert depuis quelque temps d’une préparation 
préconisée par Balzer, le glycarsénobenzol qui s’injecte 
dans les muscles. 

M. H. Barbier injecte dans les veines une dose un peu 
plus faible chez les atrophiques, 1111 centigramme en tout, 
et augmente progressivement les doses. C’est un excellent 
moyen de traitement et il n’a jamais observé d’accidents. 

M. LESNÉ préconise le mode d’administration par 
suppositoires, à la dose d’un centigramme par kilo, 
renouvelant la dose deux à trois fois par semaine. 

M. L. Tixiiîr a observé après injections intraveineuses 
chez des nourrissons une série d’accidents graves et 
même mortels dus au médicament. 

M. Trêves a vu également des crises nitritoïdes. 

M. IIai.U':. — M. Renault a-t-il vu des ictères après 
le novarsénobenzol? 

M. J. RENAtrt, T. — Jamais, sur une centaine d’en¬ 
fants traités. 

Sclérodermie en bandes et syphilis. — M. 11 ARE AN 
et II 11 ' 1 RobüTEAU présentent une fillette de six ans et 
demi qui porte une bande de sclérodermie suivie me 11I re 
inférieur gauche et un vitiligo zoniforme sur l’abdo en. 
Ces deux lésions ont une disposition métamériqu ■ Le 
liquide rachidien est tout à fait normal. La réacti 11 de 
Wassermann était positive. Le traitement spécifique 
(par frictions mercurielles, puis par injections de ovtr- 
séuobenzol) a déterminé une amélioration très notable 
des lésions en même temps qu’une reprise de croissance 
du membre atteint dont le développement était arrêté. 

Cette observation présente un grand intérêt par l’asso¬ 
ciation de la sclérpdermie en bandes et de la syphilis. 
On 11e connaissait antérieurement qu’une observation 
analogue, d’Kxcliaquet (de Lausanne). 

II Apert rappelle l’observation de sclérodermie en 
bandes qu’il avait présentée dans la dernière séance et 
donne des détails complémentaires. La ponction lom¬ 
baire a fourni une lymphocytose nette sans hyperalbu- 
minose ; la réaction de Wassermann, négative avec les 
antigènes usuels, s’est montrée positive pour l’antigène 
cliolestériné. 

M. H. Barbier emploie le mercure avec l’arséno- 
benzol dans le traitement des syphilis infantiles. 

M. Hallopeau présente un enfant atteint de paralysie 
infantile chez lequel il a fait des transplantations mus¬ 
culaires multiples. Il possède maintenant des mouve¬ 
ments d’abduction du bras et de flexion de l’avant-bras 
et peut se servir de sa main gauche. 

M. LESXÊ présente un enfant de onze ans. d’aspect 
' Le Gérant. 


ij Juillet 1920. 


infantile, hérédo-syphilitique, qui a eu des fractures 
spontanées multiples (28 fractures). I,a décalcification 
est très considérable. 

M. Guinon a vu une jeune fille de douze ans tellement 
décalcifiée qu’elle surnageait dans l’eau. 

MM. MoUCHET et Rœde.RER rapportent une observa¬ 
tion de scoliose congénitale avec double hémi-vertèbre 
lombaire gauche et dorsale droite. Ils croient que ce cas 
est tout à fait exceptionnel. 

M. Apert en a présenté récemment un cas analogue. 

Sur un cas de méningite à bacille de la pseudo-tuber¬ 
culose zoogléique survenue dans la convalescence d’un 
choléra infantile. — M..H. LEMAIRE. — Chez un enfant 
de neuf mois le coccobacille de Grancher et Ledoux- 
Lebard, microbe saprophyte, est devenu patliogène 
à la suite d’un choléra infantile et a déterminé la mort 


par septicémie et méningite. 

Un cas de maladie de Hodgkin terminé par hémoptysie 
tuberculeuse foudroyante. — MM. L. Tixiër et M. 
MAILLET. — La coexistence de lésions tuberculeuses et 
de lésions particulières a donné lieu chez ce malade, un 
garçon de quatorze ans atteint d’adénopathie cervicale 
volumineuse, de splénomégalie, de cachexie, à des 
difficultés de diagnostic considérables. Seul l’examen 
histologique a permis de préciser l’existence d’une maladie 
de Hodgkin qui, pour les auteurs, serait un lymphome ou 
un granulome malin. ^ 

I,e traitement, soit par radiothérapie, soit par injec¬ 
tions intraveineuses ou intraganglionnaires de sulfate 
de mésothorium, ist resté complètement inefficace. 

M. RibadEAV-Dumas. .— On trouve dans ces tumeurs 
un mélange de lésions inflammatoires et néoplasiques. 
Ni M. Ribadeau-Dumas, ni M. Tixier n'ont retrouvé le 
bacille spécial signalé par les auteurs américains dans la 
maladie de Hodgkin. 

M. H. Barbier vient d’observer un cas de cette termi¬ 


naison peu fréquente par hémoptysie foudroyante. Il 
s'agissait d’une fillette de huit ans chez laquelle existait 
une caverne ganglionnaire ayant ulcéré une branche de-' 
l’artère pulmonaire. M. H. Barbier considère que la mala¬ 
die de Hodgkin offre des rapports avec la tuberculose. 

Dysenterie amibienne chez un enfant de huit ans. 
Incidents et posologie du traitement par le néosalvarsan 
et l’Ipéca. — M. L. Tixiiîr relate l’observation d'un enfant 
dysentérique chez lequel le traitement par l'émétine 
eu injections sous-cutanées et le 914 en injections intra¬ 
veineuses (o« r ,io) détermina l’apparition d’un érythème 
scarlatiniforme avec état général grave. La guérison 
clinique fut obtenup en instituant une variante de la 
technique de Ravaut : alternativement, un jour sur deux, 
injection intrarectale de os r ,io de néosalvarsan et inges¬ 
tion de pâte â base de bismuth, d’ipéca et de charbon. 
Une semaine de traitement était suivie d’une semaine de 
repos, et cela pendant des mois. 

- La molécule albuminoïde dans le babeurre : ses modi¬ 
fications, sa digestibilité. - MM. Dorlençourt et 
PAYCHÊRE ont recherché les raisons qui expliquent le 
bon résultat fourni par l’alimentation par le babeurre, un 
des aliments de choix à employer chez le nourrisson en 
convalescence de diarrhée grave et soumis antérieure¬ 
ment à la diète hydrique, ils attribuent la plus grande 
digestibilité du babeurre à ce que la caséine de cet ali¬ 
ment est beaucoup plus vulnérable que la caséine du lait 
ordinaire à l’action dès sucs digestifs intestinaux. 

La leucocytose digestive chez le nourrisson normal. 
mm. Dorlençourt et BÀnu. — Les modifications leuco¬ 
cytaires se succèdent dans l’ordre suivant, aussitôt après 
la tétée ou le biberon : 1° phase de leucopénie accusée et 
brusque ; 2» phase de relèvement du taux des leucocytes, 
n’atteignant pas le taux initial; 3° nouvelle phase de 
diminution, de faible intensité; 4 0 phase d.hyperleuco- 
cytosc accusée (12 à 18 000), suivie du retour progressif 
vers le taux initial. . , , , . , 

Contrairement à l’opinion qui a été émise, la lcuco- 
cvtose digestive existe aussi bien chez l’enfant au s 
que chez l’enfant nu biberon. H. STÉVENIN. 


J.-B. BAILLIÈRE. 


7 tC 5 -2 


— Corbüil. Imprimerie Crêté. 



CH. ACHARD. — L'ENCEPHALITE LETHARGIQUE 


LES ASPECTS CLINIQUES 
DE L’ENCÉPHALITE LÉTHARGIQUE 

le P' CH. ACHARD 

Professeur A la Faculté de médecine de Paris, 

Médecin de l'hûpllal Btaujou. 

1 /encéphalite léthargique est une des maladies 
■dont la symptomatologie est la plus riche et la 
plus variée. Parmi les désordres nerveux, qui sont 
les plus fréquents, figurent : la somnolence avec 
ses degrés variables et la diversité de ses aspects 
cliniques ; le délire avec ses formes multiples de 
subdélire, de délire confusionnel, de délire aigu; 
les paralysies oculaires avec des localisations et des 
combinaisons nombreuses ; des paralysies de 
la face et des membres, le plus souvent incom¬ 
plètes et transitoires ; toute la gamme des phéno¬ 
mènes spasmodiques, depuis la simple exagé¬ 
ration de quelques réflexes tendineux ou la 
simple hypertonie musculaire, jusqu’aux myo¬ 
clonies les plus violentes, aux convulsions épilep¬ 
tiformes, aux mouvements choréiques, à l’athé- 
tose; le tremblement, les troubles de l’équilibre et 
l’asynergie cérébelleuse ; diverses modifications 
de la démarche et du faciès ; des douleurs de 
siège varié ; des troubles vaso-moteurs ; des 
trùübles des sphincters. 

A ces accidents nerveux s’ajoutent souvent 
d’autres phénomènes, tels que, surtout au début, 
du catarrhe des premières voies respiratoires et 
de la fièvre; puis des modifications du pouls et de 
la tension artérielle et des altérations humorales. 

Parmi ces dernières, les plus intéressantes jus¬ 
qu’ici s’observent dans le liquide céphalo-rachi¬ 
dien. Port souvent il est à peu près normal ; mais, 
moins rarement qu’on ne le pensait d’abord, il 
peut révéler une réaction méningée, caractérisée 
surtout par une lymphocytose généralement de 
courte durée, mais qui peut persister légère 
dans certains cas prolongés. Quant aux caractères 
chimiques du liquide, c’est la présence d’un taux 
de sucre normal ou un peu supérieur à la normale 
qui en est le trait le plus saillant. 

Il est relativement facile de faire de ces nom- 
breux et divers symptômes une étude analytique. 
Mais cette sorte de dissection clinique serait 
insuffisante ; il faut remettre ensuite à sa place 
chacun de ces symptômes, le situer dans 
l’ensemble du tableau symptomatique, voir 
comment il s’associe aux autres et comment il se 
modifie au cours de l’évolution morbide, afin de 
composer une description synthétique de la 
maladie. Or c’est là, il faut l’avouer, une tâche 
singulièrement difficile et peut-être même irréa¬ 
lisable, car dans l’encéphalite léthargique, plus 
N° 30. — 24 Juillet 1920. 


69 

que dans la plupart des autres maladies, il y a 
d’un cas à l’autre des dissemblances considérables, 
tant par la nature des symptômes que par la 
façon dont ils évoluent chacun et dont ils s’asso¬ 
cient entre eux, non moins que par la manière 
dont ils s’enchaînent les uns aux autres dans le 
cours des phases successives de la maladie. Distin¬ 
guer dans l’encéphalite léthargique des formes 
bien tranchées 111e paraît même un travail à peu 
près illusoire, car aucune forme n’est vraiment 
pure et. l’on pourrait presque décrire autant de 
formes qu’il y a de malades différents. 

Ce sont précisément ces caractères dè dissem¬ 
blance et de variabilité, cette symptomatologie 
multiple, mobile et acyclique, qui donnent à 
l’encéphalite léthargique son cachet propre et 
permettent au clinicien de la distinguer d’autres 
maladies qui lui pourraient ressembler. 

Un résumé des observations de nos malades, 
en fixant vos souvenirs, vous le fera, je crois, 
mieux saisir que toute description théorique (1). 

A. Observations de cas légers de courte 
durée. — Parmi ces malades vous en avez vu 
quelques-uns dont la maladie était relativement 
légère et courte. 

I. — Notre malade de la crèche, âgée de vingt-sept 
ans, soufrait depuis un mois de céphalée intense, de 
fatigue progressive, puis de somnolence invincible ; 
elle s’endormait plusieurs fois par jour à l’atelier et 
ne pouvait plus allaiter son enfant à des heures régulières. 
Quand elle est entrée dans notre service le 20 mars, 

11 fallut la réveiller pour lui faire prendre ses repas 
et lui faite donner le sein à son enfant ; elle s’endor¬ 
mait pendant que l’enfant tétait et ne s’apercevait pas 
qu’on le retirait. Ses paupières étaient légèrement tom¬ 
bantes, son visage immobile, ses yeux sans expression. 
Elle répondait aux questions, mais avec lenteur, d'une 
voix basse et monotone. On trouvait une légère ébauche 
du Signe de Kemig. Il n’y avait pas de modification 
des réflexes. La tension artérielle était normale : 16 Mx, 

12 ÎVIn ; le pouls à 86. La malade pouvait se tenir debout 
et marcher, mais il fallait la guider pour traverser la 

Les jours suivants, un peu de fièvre apparut, le ther¬ 
momètre s’élevant seulement trois fois entre 38° et 38°,6 
du 21 au 26 mars. Puis la somnolence diminua graduelle¬ 
ment ainsi que la céphalée et la malade sortit le 6 avril, 
11e conservant, après six semaines de maladie légère, 
qu’un faciès un peu apathique. 

II. — Le jeune garçon boucher de dix-sept ans qüi 
était au n° 32 de la salle Sandras, après une sorte de 
grippe qui avait duré cinq jours, est pris brusquement 
deux jours plus tard, le 17 janvier, de céphalée, fièvre 
à qo°, agitation, mouvements désordonnés, excitation 
verbale avec cris, délire violent, insomnie ; le 19, il est 
gêné pour parler ; il lui semble que sa langue se para¬ 
lyse ; ses jambes sont faibles, et il ne peut se tenir debout; 
le bras gauche se prend â son tour. Transporté à l’hôpital, 
nous le trouvons dans un état d’immobilité absolue, 

(1) Cet article réstlme une leçon clinique faite à l’hôpital 
Beaujon. 


N° 30 



70 


PARIS MEDICAL 


couché sur le dos, les yeux grands ouverts, le regard 
fixe, ne répondant pas aux questions et ne semblant pas 
entendre. Le membre supérieur gauche est complète¬ 
ment inerte et flasque; les réflexes tendineux sont tous 
abolis aux quatre membres ; il y a de l’incontinence 
d’urine et des matières. 

Le malade reste dans cet état d'« étonnement o pendant 
trois jours; à ce moment, la température, qui était de 40°. 
est tombée à 37 0 ,2 pour ne plus remonter ; les réflexes 
tendineux sont revenus, sauf au bras gauche. Le 25 jan¬ 
vier, il recommence à parler, répondant avec une cer¬ 
taine lenteur aux questions, mais toujours avec précision, 
et raconte que, pendant qu’il ne pouvait parler, il enten¬ 
dait et comprenait, mais que sa langue était comme 
paralysée. 

Le 30, il se lève; sou membre supérieur gauche a 
retrouvé à peu près toute sa force. L'état général se 
remonte et le malade j eut être considéré comme guéri 
après trois semaines à peine de maladie. 

III. — Chez le jeune apprenti sellier de seize ans 
que vous avez vu au n° 28 de la salle Sandras, nous 
trouvons aussi à l’origine une période prodromique de 
grippe avec faiblesse progressive ; puis au bout de huit 
jours, le 19 janvier, brusquement il s’aperçoit qu’il voit 
double et que cette anomalie^ dispara't quand il ferme 
un œil. Le 26, quand nous l’examinons, il a l’aspect figé ; 
sou corps n’est pas complètement étendu, sa tête 11e 
reposant pas sur l’oreiller ; il reste des heures sans bouger, 
le regard fixé droit devant lui, les traits immobiles, les 
paupières ne clignant qu’à de longs intervalles. Inter¬ 
rogé, il réponcLlentement, avec effort, détachant chaque 
syllabe, mais sans achoppement. Ses réponses sont toujours 
précises et bien adaptées aux questions. Puis il retombe 
dans sou immobilité. Si l’on soulève ses membres, ou 
constate qu’ils gardent plusieurs minutes des attitudes 
catatouiques. Mis debout, le malade n’a pas de troubles 
de l’équilibre ; mais il marche le corps raide et très droit, 
la tête rejetée eu arrière, se déplaçant tout d’une pièce 
comme un automate. Sa diplopie du début a disparu 
et l’on ne trouve plus aucun trouble oculaire. 

En fait de troubles généraux, on ne constate qu’un 
léger état saburral avec constipation rebelle. La tem¬ 
pérature n’est cependant pas tout à fait normale et 
monte parfois à 38° le soir sans descendre tout à fait à 
370 le matin, et cela jusqu’au 14 février. D’ailleurs, l'état 
de torpeur et la lenteur des mouvements ne s’atténuent 
que lentement. Quand il sort, le 20 février, après environ 
un mois de maladie, il conserve encore un certain degré 
d'immobilité des traits, de raideur d'attitude, de fixité 
du regard. 

IV. — La jeune fille de dix-neuf ans, qui occupait 
le n°35 de la salle Béhier, et qui était domestique chez un 
médecin, avait été prise, le 31 janvier, de malaise, 
courbature, étourdissements, avec une température 
de 38°. Elle se plaignait de diplopie et on constatait un 
léger strabisme divergent. Pendant quatre jours, la tem¬ 
pérature s’éleva jusqu'à 39°,5, puis diminua pour reve¬ 
nir aux environs de 38° le 5 février. La malade était 
somnolente et parlait plus lentement que d’habitude. 
A ce moment, nous l'examinons et lui trouvons un fades 
un peu figé, peu expressif, un léger ptosis bilatéral, une 
raie mêningitique très nette et un peu de somnolence. 
Les jours suivants, nous constatons une tendance à la 
catatonie aux membres supérieurs et l’abolition des réflexes 
rotuliens. La malade peut se tenir debout et marcher 
d’uu pas uif peu saccadé, mais sans trouble de l’équilibre. 
Puis, le 8 février, l'apyrexie est complète, la somno¬ 


24 Juillet IÇ20. 

lence a disparu ; on trouve toujours une tendance cata- 
tonique et les membres inférieurs présentent une hyper¬ 
tonie musculaire qui empêche l’extension complète de 
la jambe sur la cuisse. Le 18, la malade sort et paraît à 
peu près guérie, dans la troisième semaine de sa maladie. 

V. — Une femme de trente-deux ans, que nous 
a présentée le D r Peuillié, avait ressenti le 15 décembre 
un point douloureux vers le milieu de la colonne 
vertébrale ; de plus son caractère changeait, elle prenait 
un air attristé et songeur. Le 20 au soir, elle est prise de 
délire avec hallucinations : elle croit que des cambrioleurs 
sont entrés chez elle, qu’on veut tuer ses enfants. Après 
quelques jours de médication calmante, vient une période 
de dépression et de somnolence qui dure une quinzaine 
de jours, et la fièvre, qui existait au début avec une tem¬ 
pérature de 380,5, descend graduellement. Les pupilles 
sont inégales et l’on constate le signe d’Argyll-Robert- 
son. Les réflexes tendineux ont toujours été normaux. 
La réaction de Wassermann est négative. La guérison a 
lieu en trois semaines environ. 

VI. — Un homme de trente-huit ans, également 
présenté par le D r Peuillié, avait éprouvé, le 24 février, 
au retour d’un voyage eu Tunisie, quelques bourdon¬ 
nements d’oreille qui disparurent en trois jours ; 
le 27, en se promenant, il s'aperçoit tout d’un coup 
qu’il ne voit plus qu’à travers un brouillard, et que, de 
plus, il voit double. Le lendemain survient de la cépha¬ 
lalgie, puis il perd la mémoire et la conscience. Le 29, la 
fièvre monte à 39® puis décroît graduellement pendant 
une semaine. En même temps, il délire la nuit, reste 
déprimé le jour, avec des périodes de somnolence dont 
on le tire momentanément pour le faire manger. Le 3 mars 
surviennent des secousses myocloniques, au bras gauche, 
à la tête qui tourne à gauche et s’incline sur l’épaule. Ces 
secousses durent seulement quatre jours. 

La pression artérielle est de 11,5 Mx et 8 Mn ; le pouls 
à 90. Il 11’y a pas de troubles des réflexes ni de ptosis. 
La réaction de Wassermann dans le sang est négative. 

Au bout d'une semaine, la somnolence cesse, mais 
la diplopie subsiste. lîlle disparaît ensuite et l’examen 
ophtalmologique, fait par le D r Ofïret le 6 mai, montre 
un peu de myopie, de la paresse du réflexe photo-moteur 
à gauche, un scotome central avec des lésions de choroïdite 
et de rétinite maculaire de ce côté. Bien que le malade 
11’eût rien remarqué dans sa vision jusque-là, il semble 
bien que ces dernières lésions soient anciennes. 

VII. — La jeune fille de quinze ans qui était au 
u° 2û de la salle Béhier avait éprouvé pendant quel¬ 
ques jours, à la suite d’un refroidissement, un peu d’op¬ 
pression sans toux et des fourmillements aux mains. 
Puis, brusquement, le jour de Pâques, 4 avril, elle 
s’éveille avec des douleurs très violentes dens le dos, 
survenant par accès de deux ou trois minutes, séparés 
par des rémissions de quinze à vingt minutes ; ces dou¬ 
leurs s’étendent dans les heures suivantes sur les côtés 
du thorax et le long du rebord costal ; elles sont si vives 
que, d’après le dire de la mère, la malade « hurlait de 
douleur ». Dans la journée surviennent de violentes 
secousses du diaphragme qui projettent le rebord des.côtes 
cinq ou six fois coup sur coup et alternativement d’uu 
côté et de l’autre. Le soir, les secousses gagnent les muscles 
de l’abdomen, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. Elles 
sont très douloureuses et la malade s’accroupit, se com¬ 
prime le ventre pour chercher un soulagement. Les jours 
suivants, les spasmes du diaphragme s’atténuent ; 
ceux de l’abdomen subsistent et gagnent les cuisses, puis 
les mains et les bras. Le D* Peuillié, qui voit la malade, 



CH. ACHARD. — L’ENCEPHALITE LETHARGIQUE 


lui donne des calmants (bromure, analgésiue, véronal) ; 
la malade parvient à dormir, mais les secousses persistent 
pendant le sommeil, La température oscille entre 38°,6 
et 38°,2. Vers le quinzième jour survient un peu de 
parésie du bras gauche. Les réflexes patellaires dis¬ 
paraissent. 

C’est à ce moment que la malade entre à l'hôpital. Ou 
lui trouve un faciès pâle, inexpressif ; la parole est mono¬ 
tone ; la malade se fatigue vite quand elle parle et ne peut 
fixer longtemps son attention. Elle a dans la journée un 
peu de somnolence et dort mal la nuit. Elle marche diffi¬ 
cilement parce que ses jambes sont faibles, mais n’a pas 
de troubles de l’équilibre. Les réflexes rotuliens sont 
abolis, les autres réflexes tendineux restant normaux. 
Le réflexe cutané abdominal est aboli. Il y a toujours des 
secousses myocloniques de l’abdomen, surtout dans la 
région sus-ombilicale, et l’on remarque aussi de petits 
mouvements choréiformes irréguliers des doigts et des 
mains. Les jours suivants, ces spasmes diminuent, mais 
quelques-uns apparaissent aux adducteurs des cuisses et 
aux quadriceps. On produit facilement la raie méuiugi- 
tique.La tension artérielle est à iG Mx et 9 Mn, le pouls 
à 84, la température autour de 38°. Une ponction lom¬ 
baire donne un liquide clair contenant quelques 
lymphocytes (8 par millimètre cube), pas d'excès d’albu¬ 
mine, et un taux normal de glycose (o* r ,56). Il n’y a 
jamais eu de' troubles oculaires, si ce n’est un peu de 
paresse pupillaire et une légère inégalité, la pupille 
droite étant un peu plus petite que la gauche. 

Lorsque la malade quitte l’hôpital, le 22 mai, au qua¬ 
rante-huitième jour de la maladie, elle n'a plus de fièvre, 
son visage est moins atone, mais elle reste faible et ses 
réflexes rotuliens sont toujours abolis ainsi que les 
réflexes cutanés abdominaux. 

VIII. — Le garçon de recettes de quarante-huit 
ans, qui était au n° 31 de la salle Sandras, a été pris 
graduellement, vers le 15 février, de rhume, céphalal¬ 
gie pariétale droite, surtout courbature et fatigue 
générale ; puis le 20, il s’est réveillé avec la vue toute 
brouillée, ne voyant plus que comme à travers un nuage 
et avec une diplopie manifeste ; le même jour, est sur¬ 
venue une somnolence invincible et telle qu’il s’assoupis¬ 
sait au cours d’une conversation et d'un repas. Il prend 
alors le lit et la somnolence fait place, à certains moments, 
à des accès d’agitation incohérente avec excitation ver¬ 
bale. 

Lorsque nous l’examinons, le 26, au onzième jour de 
la maladie, nous lui trouvons le visage immobile, les pau¬ 
pières mi-closes. Il sort de sa somnolence pour répondre 
aux questions puis y retombe. Les renseignements qu’il 
donne sur son état antérieur sont, d’ailleurs, peu précis, 
mais il est bien orienté, il sait où il est et le jour du mois. 
Il accuse de l’amblyopie et l'on constate de l'inégalité 
pupillaire avec signe d’Argyll-Robertson. 

Il n’y a qu’un léger état subfébrile, la température ne 
montant que de temps en temps à 380,3 au maxi-vum. 
La tendance à la somnolence, qui n’empêche pas le 
malade de s’éveiller pour manger, boire et faire ses 
besoins, persiste en diminuant jusqu’au 10 mars. Bientôt 
après, on constate la disparition du signe d’Argyll-Robert¬ 
son et le retour du réflexe acliilléen droit, le seul qui 
fût aboli lors du premier examen. 

Un mois après le début de la maladie, cet homme ne 
gardait plus guère qu’une certaine immobilité de ses 
traits et de l’amblyopie en rapport avec une légère névrite 
optique du côté gauche. Celle-ci devait d’ailleurs s’atté¬ 
nuer au point de n’être plus apparente ù l’ophtalmoscope 
le 14 mai. 


Voilà des formes assez courtes, guérissant assez 
bien et dont le tableau symptomatique est rela¬ 
tivement peu chargé. Sauf la malade du D r Feuillié 
et celle du n° 26, tous les autres ont eu de la 
somnolence, parfois mêlée d’agitation. Les deux 
premiers et celle du n° 26 n’ont pas eu de troubles 
oculaires; le troisième et la quatrième ont eu de 
la diplopie transitoire ; le dernier a eu de l’am- 
blyopie par névrite optique, accident qui paraît 
fort rare. Chez le second, la paralysie du membre 
supérieur gauche n’a été aussi qu’un phéno¬ 
mène passager. La malade du D r Feuillié n’a 
guère présenté que du délire et le signe d’Argyll- 
Robertson; celle du n° 26, que des douleurs et 
des myoclonies. Le malade du D r Feuillié a 
montré une symptomatologie un peu plus variée : 
troubles visuels, délire, somnolence et myoclo¬ 
nies. Remarquez encore que la fièvre n’a jamais 
eu beaucoup de durée, alors même qu’elle était 
vive, et que le deuxième et la quatrième malades 
n'en ont presque pas eu. E nfin, chez tous, dans un 
délai de trois semaines à un mois, la convalescence 
pouvait être considérée comme étant en bonne 
voie. 

Voici maintenant des formes plus accentuées. 

B. Observations de cas plus sérieux et 
plus prolongés. 

IX. — Au n° 13 de la salle Sandras vous avez vu 
uu Italien laveur de voitures, âgé de vingt-neuf ans, qui 
fut pris brusquement, le 20 janvier, de frissons, cour¬ 
batures, céphalée, toux et douleurs articulaires, débu¬ 
tant par les petites jointures de la main gauche, puis 
s’étendant aux deux membres supérieurs. Uu méde¬ 
cin fit le diagnostic de rhumatisme infectieux. Puis la 
vue se troubla et la somnolence survint. 

Quand nous l’avons examiné le 30 janvier, 011 pouvait 
le tirer de sa somnolence et obtenir des réponses précises, 
puis il y retombait, mangeant pourtant tout seul. 13e 
plus, il était de temps en temps secoué de contractions 
myocloniques très prononcées, débutant par l'épaule 
gauche et se propageant au bras et au côté gauche du 
thorax,rarement à l’autre bras ou aux membres inférieurs- 
O11 constatait un myosis bilatéral avec absence de réflexe 
photo-moteur et une abolition complète de tous les réflexes 
tendineux : troubles très passagers, car dès le lendemain 
les réflexes avaient reparu et le myosis n’existait plus. La 
fièvre persista jusqu’au 9 février en descendant graduelle¬ 
ment à partir de la température de 39°,4 ù l’entrée. 
Une épistaxis abondante eut lieu le 6.'A ce moment, les 
secousses myocloniques avaient disparu, mais elles 
reparaissent le 13 du côté gauche,puis,le 25, du côté droit. 
Pendant ce temps, le malade reste apathique,sou faciès est 
sans expression, sa parole lente et monotone. 

Le 5 mars, la somnolence a presque disparu, mais elle 
revient du 10 au 15 avec des secousses myocloniques. 
Le 19, l’amélioration s’accentue, les secousses n’existent 
plus, mais ont fait place â un tremblement généralisé, 
à très petites oscillations, surtout marqué aux mains et 
à la langue. 

Le 30 mars, après cinquante jours de maladie, cet 
homme est en pleine convalescence, mais il est apathique 
30.. 



72 

et reste presque toujours couché, immobile et iuoccupé. 

Vous voyez, dans ce cas, la somnolence et la 
myoclonie s’associer, vous voyez des retours de 
symptômes et une plus grande durée d’évolution 
que chez les malades précédents. 

X. — ha jeune fille de vingt ans du n° 24 de la 
salle Béhier avait été prise brusquement de fièvre et de 
céphalalgie vers le I er janvier. he 5, à son entrée 
à l’hôpital, elle présente d'une façon saisissante le type 
de « l’étonnement». Elle reste immobile, les yeux fixes, 
regardant droit devant elle, sans bouger la tête et lie cli¬ 
gnant les paupières qu’à de longs intervalles. Elle se 
laisse examiner sans dire un mot, ni paraître y prêter 
aucune attention. Elle semble complètement absente. 
Elle ne répond pas aux questions. O11 a les plus grandes 
difficultés à lui faire tirer la langue, ou fermer les yeux. 
Elle ne dort pas. Elle ne perd pas ses urines et de temps 
en temps elle boit du lait, ha langue est sèche et trému- 
lante. hes mains et les avant-bras sont parfois agités de 
petits soubresauts de tendons. On peut faire prendre aux 
membres supérieurs des attitudes catatoniques. ha raie 
méuingitique s’obtient avec facilité. 

Au neuvième jour de la maladie, la température 
monte brusquement de 38° à 40°,6 et l'on assiste à l’évo¬ 
lution d’une broncho-pneumonie dont le foyer principal 
est à la base gauche. Celle-ci dure jusqu’au 20 janvier. 
Mais déjà la malade suit de l’œil les mouvements qu'on 
fait autour de son lit, elle commence à exécuter quelques 
mouvements simples sur demande, tels que ceux d’ouvrir 
et fermer les yeux, écarter les doigts ; elle répond par 
signes de tête, elle indique par gestes qu'elle souffre de la 
bouche, et, en effet, on y découvre un peu de muguet. 
Debout, elle se tient immobile, mais elle marche les 
genoux légèrement fléchis et le corps rejeté en arrière, 
sans vaciller. 

Puis, peu à peu, elle commence à parler, demande un 
journal et dit que pendant sa maladie elle aurait voulu 
parler, mais 11e savait plus le faire. Elle conserve des tré¬ 
mulations de la langue et des paupières, avec un faciès sans 
expression, et l’on voit apparaître de la trépidation épi¬ 
leptique aux deux pieds, sans parésie ni contracture. I,e 
pouls reste accéléré ; de plus, de temps à autre, se pro¬ 
duisent de grands mouvements inspiratoires, sortes de 
myoclonies de la respiration. 

Elle sort le 28 février, après deux mois de maladie; mais 
nous avons appris qu’un peu plus tard elle était entrée 
pour une rechute dans le service du professeur Chauffard. 

Il s’agit donc d’un cas à longue évolution. 
Notez cette particularité de la broncho-pneu¬ 
monie intercurrente qui ne semble pas avoir eu 
beaucoup d’influence sur les accidents nerveux 
propres à l’encéphalite. 

XI. — I,a jeune malade de dix-sept ans, au n° 15 
de la salle Béhier, venait de l’hôpital Claude-Bernard où 
elle était soignée depuis deux mois pour encéphalite 
léthargique. Elle avait de graves lésions de tuberculose 
pulmonaire, principalement au sommet gauche où 
la matité, le souffle cavitaire, le gargouillement, le 
retentissement de la voix et de la toux, le voile radio¬ 
scopique 11c laissaient aucun doute sur l’existence de 
cavernes, h’expectoration, d’ailleurs, était assez abon¬ 
dante et purulente, ha fièvre était irrégulière et la tem¬ 
pérature montait parfois un peu au-dessus de 3g 0 . 


24 Juillet 1920. 

h’encéphalite se traduisait surtout par le faciès figé, 
le peu de clignements des paupières et la tendance à la 
somnolence intermittente. Ëort souvent la malade s’en¬ 
dormait en lisant ou eu travaillant à l’aiguille. Elle par¬ 
lait lentement, répondait en peu de mots aux questions et 
paraissait n’avoir qu’une activité psychique diminuée, 
car elle ne donnait guère de renseignements sur sa maladie. 
On constatait de l’hypertonie des membres inférieurs, 
accompagnée d’exagération des réflexes tendineux avec 
clonus du pied sans phénomènes de Babinski en extension. 

Elle ne resta que onze jours dans notre service sans que 
sou état eût varié d’une façon notable, et fut emmenée 
par sa famille au cours du troisième mois de sa maladie. 

Là encore, l’évolution est longue. La coexis¬ 
tence de la tuberculose pulmonaire parvenue à 
la période cavitaire contribue certainement à 
l’affaiblissement de l’état général et aggrave 
singulièrement le pronostic, mais ou ne peut dire 
qu’elle influence d’une façon manifeste les dé¬ 
sordres nerveux de l’encéplialite. 

C. Observations de cas prolongés à marche 
ondulante. — Voici maintenant des cas dans 
lesquels vous allez voir, en même temps qu'une 
durée longue, des oscillations dans les symp¬ 
tômes, des alternatives successives dans la 
marche de la maladie, qui prend un caractère 
ondulant en quelque sorte. 

XII. — he malade de vingt-deux ans, qui est entré 
le 4 janvier au n° 23 de la salle Sandras, a été pris le 24 
décembre de rhume, de violent mal de tête, de frissons et 
de fièvre, et de courbature générale. Il s’est alité et, les 
jours suivants, il a eu de l'agitation, à tel point qu’on avait 
beaucoup de peine à le maintenir au lit. 

Amené à l’hôpital au onzième jour.il a été agité toute 
la nuit, mais le matin à la visite nous le trouvons som¬ 
nolent, répondant assez mal aux questions. Il est couché 
sur le dos, les paupières closes. Ses membres sont agités 
de mouvements brusques, de soubresauts de tendons qui 
sont généralisés et parfois secouent tout le corps ; de 
plus, les avant-bras et les mains exécutent des mouve¬ 
ments de carphologie, qui paraissent ramener les couver¬ 
tures sur le malade ou qui restent inachevés, hes réponses 
du malade sont nettes et précises, mais il a une certaine 
gêne de l’articulation des mots, en raison de la sécheresse 
de sa langue et aussi de troubles moteurs de la langue. 
On constate mie parésie faciale gauche. 

Pendant deux jours il y a de l’incontinence d'urine. On 
entend quelques râles sibilants dans la poitrine, ha tem¬ 
pérature monte à 40° et retombe à 38° le 8 janvier, ha 
constipation est opiniâtre, ha somnolence persiste et l’on 
est obligé de faire boire le malade, ha nuit il y a des 
phases d’agitation, pendant lesquelles le malade rejette 
ses couvertures et se lève, en proie à du subdélire. Cette 
agitation s'efface au bout de quelques jours et l’apyrexie 
est complète le 13 janvier. 

Fuisla somnolence tend à diminuer ; il y a des moments 
où le malade peut manger seul, d’autres où la somnolence, 
les secousses tendineuses et la carphologie reparaissent, 
he malade peut marcher, mais neparait pas très solide sur 
ses jambes, bien qu’il n'ait pas de troubles de l’équilibre. 
Quant à la paralysie faciale, elle s’est un peu accentuée 
et présente le caractère périphérique. 

Cet état persiste quelque temps, pendant lequel le 


PARIS MEDICAL 



CH. ACHARD. — L’ENCËPHALITE LETHARGIQUE 


malade reste inerte, indifférent, mais lucide, car il répond 
nettement, quoique avec une certaine difficulté d’arti¬ 
culation, sortant aussi facilement de sa torpeur qu’il y 
retombe quand on l’abandonne à lui-méme. De temps en 
temps, il se lève, marchant comme un homme mal éveillé, 
les jambes écartées, avec de légères oscillations latérales, 
la tête droite et immobile, la bouche eutr’ouverte. le 
faciès atone, les yeux demi-fermés. Les secousses myoclo* 
niques sont rares et limitées aux épaules. 

Puis la marche de la maladie montre d'une façon 
manifeste son caractère ondulant. Après une amélioration 
très nette pendant laquelle la parésie faciale disparaît, 
survient, le 28 janvier, un retour de la somnolence et des 
myoclonies qui secouent tout le corps, eu même temps 
que le pouls et la pression s’abaissent. Nouvelle amélio¬ 
ration le I er février, avec relèvement du pouls et de la 
pression qui reste néanmoins inférieure à la normale. lin 
même temps, l’état général s’améliore; le malade reprend 
de l’embonpoint, mais reste pâle. Quand sa mère l’em¬ 
mène, le 7 mars, après deux mois et demi de maladie, 
il garde un état de torpeur et d'inertie physique et 
psychique et une immobilité persistante du fades. 

XIII. — Au n° 15 de la salle Sandras, nous avons 
depuis le commencement de janvier un malade âgé de 
quarante-deux ans, dont les premiers accidents 
remontent au 20 décembre. Il se sentit alors très fatigué, 
éprouvait de la courbature, de la céphalée en même temps 
que sa vue était gênée et qu’il avait peine à ouvrir les 
yeux. Incapable de continuer son travail de mécanicien 
dans lequel il ne pouvait plus conduire une scie à ruban 
sans risquer des acddents, il s’alita le g janvier, en 
proie à une somnolence invincible. 

Lorsque nous l’avons examiné à l’hôpital, le 11 janvier, 
il présentait la torpeur caractéristique, dont on pouvait 
le tirer momentanément en lui posant des quest ons 
auxquelles il répondait bien, mais lentement et en arti¬ 
culant mal, presque sans desserrer les'deuts. De temps 
en temps, il sortait spontanément de cette somnolence 
pour se lever, parler à ses voisins, boire, aller à la garde- 
robe. De plus.il avait du subdélire avec rêvasseries, de la 
carphologie, des soubresauts tendineux. La température 
s'élevait le soir à 3g 0 , mais elle tomba graduellement à 38° 
au bout de sept jours. Le pouls était lent, à 40, petit et 
dépressiblo, et la tension artérielle basse (Mx 10, Mn 6). 

Pendant quelque temps, cet état persista sans modi¬ 
fications importantes, si ce n’est que le malade maigrissait 
notablement, que ses forces baissaient et que sa démarche 
devenait titubante. 

Vers le cinquantième jour de la maladie, ce qui domi¬ 
nait dans le tableau clinique, c’étaient les alternatives 
de profond sommeil et d’agitation : cette dernière se 
manifestait par des paroles, mie excitation verbale 
continue, et par des actes: le malade se levait, malgré 
ses troubles très accentués de l’équilibre, défaisait et 
refaisait son lit. 

Une semaine plus tard, la somnolence et l’agitation 
avaient diminué, mais de la parésie des globes oculaires 
était apparue, ainsi qu’un tremblement généralisé, 
prédominant aux mains, empêchant le malade de faire 
correctement les mouvements commandés. 

Après deux mois de maladie, nouvelle recrudescence 
des accidents, coïncidant avec une baisse du pouls et de la 
pression artérielle : de nouveau apparaissent des alter¬ 
natives de torpeur et d’agitation délirante. Le malade 
tremble, est repris de secousses myocloniques ; il a la 
parole lente, saccadée, parfois un peu explosive. Quinze 
jours plus tard, la somnolence diminue, mais la loqua¬ 


cité, la fuite des idées persistent. Il y a de l’amblyopie 
et des secousses nystagmiques. Une amélioration se 
manifeste peu à peu, avec relèvement du pouls et de la 
pression ; l’agitation, le tremblement, les secousses 
musculaires diminuent, mais les troubles de l’équilibre 
sont toujours très prononcés. U y a un léger degré 
d’adiadococinésie, mais pas de dysmétrie. La langue 
tremble, l’articulation des mots se fait mal et certaines 
consonnes ne sont pas prononcées. I,e regard est fixe 
et le faciès atone. 

Depuis, l’amélioration se poursuit graduellement ; 
les troubles de l’équilibre diminuent et le malade peut 
descendre au jardin. La somnolence tend aussi à s’atté¬ 
nuer, après une recrudescence passagère, provoquée 
sans doute par la fatigue d’un transport à l’hôpital 
Lariboisière pour un examen otologique. Puis, après 
avoir été présenté, le 14 mai, à la Société médicale des 
hôpitaux, le malade fut repris de somnolence et même 
de paralysie passagère des quatre membres qui disparut 
d’abord aux membres supérieurs, puis au membre infé¬ 
rieur gauche et enfin au membre inférieur droit. 

Chez ce malade, vous avez vu se produire 
une série d’oscillations dans la marche des acci¬ 
dents ; vous avez vu la somnolence, le délire, les 
myoclonies, le tremblement, les troubles de 
l’équilibre, les troubles oculaires, subir des 
variations, et ces variations, pour chaque sorte 
d’accidents, se faisaient d’une façon indépen¬ 
dante des autres. On peut seulement remarquer 
que les abaissements du pouls et de la tension arté¬ 
rielle ont parfois concordé nettement avec les 
recrudescences de la somnolence et de l’asthénie. 

D. Observations de cas mortels. — Voici 
maintenant, d’après les exemples que vous avez 
eus sous les yeux, comment peuvent évoluer les 
formes mortelles. 

XIV. — Au n°3Sde la salle Béhicr entrait, le 2g dé¬ 
cembre, une femme de cinquante ans, souffrant depuis 
ciuq jours de céphalalgie, courbature et fièvre, accom¬ 
pagnées de somnolence.- Oq, remarque qu’elle paraît 
obnubilée, ne répond pas aux questions, 6i ce n’est, 
quand on lui demande si elle souffre de la tête, par un 
geste de dénégation. On arrive difficilement à lui faire tirer 
la langue et ouvrir la bouche. Il n’y a pas de paralysie, 
mais un certain degré d’hypertonie des membres infé¬ 
rieurs, variable suivant les moments. Il y a de la réten¬ 
tion d’urine. La langue est sèche. La température atteiut 
39°, 4. La somnolence est manifeste et l'état de la malade 
ne se modifie pas, si ce n’est que, le 31, l’on constate.un 
peu de parésie faciale gauche, du type périphérique, 
car il y a un léger degré de lagophtalmie, et de plus une 
résolution musculaire complète. La température est 
de 40°,4. La mort survient dans la coma le i 0 ' janvier 
au matin, au huitième jour de la maladie. 

XV. — La malade de vingt-cinq ans, qui était 
au 24 bis de la salle Béhier, avait été prise depuis une 
quinzaine de jours de troubles^psychiques et d’un 
état général grave, lorsqu’elle fut amenée à l’hôpital, 
le 25 janvier. Elle se présentait comme une typhique, 
couchée sur le dos, prostrée, le faciès vultueux, les 
lèvres sèches, la langue trémulante ; elle avait de petites 
secousses fibrillaircs à la face et des soubresauts de 
tendons aux membres supérieurs. Son abdomen était 




74 


PARIS MEDICAL 


un peu météorisé avec du gargouillement iléo-caecal 
et la rate étâit perceptible à la percussion. La tempé¬ 
rature était à 380,5. En raison de son état d’hébétude, 
la malade ne prononçait que quelques paroles, et l'on 
remarquait des achoppements qui rappelaient ceux de 
la paralysie générale. Bans la journée se manifestèrent 
de l'agitation et du délire. Le lendemain, l'aspect cli¬ 
nique avait changé : les symptômes méningés, qui n’exis¬ 
taient pas la veille, avaient apparu : raideur de la nuque, 
signe de Kemig, raie méningitique. La température 
s’est élevée à 390,4. La malade meurt dans l’après-midi, 
après dix-sept jours de maladie. 

Dans ces deux cas, l’évolution est aiguë, l’aspect 
clinique est trompeur et le diagnostic fût resté 
peut-être indécis sans les constatations anato¬ 
miques, dont je vous parlerai plus tard. 

Mais la mort ne survient pas toujours aussi rapi¬ 
dement ; elle peut terminer une forme à évolu¬ 
tion plus longue, comme cela s’est produit dans 
le cas de la malade qui était au n° 34 de la 
salle Béhier. 

XVI. — Cette femme était malade depuis la fin dé 
janvier ; soignée par le Dr Tilloy, elle avait été prise 
d’abord de courbature, céphalée, fièvre, puis brus¬ 
quement de somnolence entrecoupée d’agitatiou. Il 
fallait la réveiller pour manger, elle ne parlait pas spon¬ 
tanément, mais répondait aux questions. Elle aurait eu 
un peu d’oedème du visage à cette époque. Il s’est pro¬ 
duit aussi de la diplopie. Une amélioration s’était pro¬ 
duite au bout de quinze jours, lorsque, le 21 février, 
survint une grave crise convulsive, généralisée aux quatre 
membres, avec révulsion des globes oculaires, émission 
involontaire d’urine, et suivie d’un long et profond som¬ 
meil. Après cette crise apparurent aussitôt des mouve¬ 
ments choréiques du membre supérieur droit. La tem¬ 
pérature était à 38° et y devait rester quelques jours seu¬ 
lement; le pouls était à 108. 

Amenée à l'hôpital, elle présente le faciès figé, avec un 
peu de ptosis bilatéral et des secousses myocloniques 
du cou et du membre supérieur droit, surtout apparentes 
à la main, avec flexion rythmée des doigts et du coude, 
et exagérées par la moindre excitation et notamment 
par la recherche des réflexes. 

Trois jours plus tard, l’état s’est un peu amélioré, 
la malade cause avec les infirmières, elle boit volontiers 
du lait; les secousses myocloniques ont cessé, mais ont 
fait place à une parésie du membre supérieur droit, qui 
s’étend aussi, à un moindre degré, au membre inférieur 
de ce côté, où le réflexe rotulien est exagéré, alors que 
les réflexes olécraniens et radiaux le sont des deux côtés. 
La malade ne peut encore marcher, la jambe droite se 
dérobant. 

Quelques jours après, le 27 février, apparaissent du côté 
droit des mouvements athétosiques : les doigts exécutent 
des mouvements lents, comme si la main cherchait à 
envelopper quelque objet ; les orteils s’écartent en éven¬ 
tail et la plante du pied se renverse en dedans. La malade 
peut lire, mais 11e se rend pas bien compte de ce qu’elle a 
lu. Elle reconnaît bien, les yeux fermés, les objets qu’on 
lui met dans la main. On constate, de plus, une ataxie 
très marquée ; les yeux fermés, si on lui demande de 
porter le doigt sur l’extrémité de son nez, elle s’en 
écarte de plusieurs centimètres et la main plane quelque 
temps avant que le doigt se pose. 


24 Juillet 1 9 20. 

Le i 0r mars, amélioration notable; la paralysie dimi¬ 
nue, la malade peut fléchir et étendre le coude, serrer 
un objet dans sa main, porter la main à sa tête et même 
marcher ; on trouve pourtant de la trépidation épilep¬ 
toïde à droite. Cette amélioration se continue pendant 
dix jours, avec persistance du faciès figé et d’un peu 
d’ataxie, quand brusquement reparaissent l’agitation avec 
subdélire, les mouvements choréiques, cette fois plus 
intenses, plus fréquçpts et généralisés aux quatre mem¬ 
bres, qui entraînent le développement d’excoriations 
des téguments aux coudes et aux genoux ; l'hypertonie 
du membre inférieur droit empêche l’extension complète 
du genou et le réflexe'de Babinski se fait en extension. 
Le lendemain, les mouvements choréiques ont cessé 
pour faire place à des mouvements athétosiques de la 
main et du pied droits. Les jours suivants on observe 
une .attitude bizarre : à demi assise sur son lit, la tête 
penchée en avant, appuyée sur le côté droit, les genoux 
fléchis, elle répondait mal aux questions, que pourtant elle 
paraissait comprendre, et parfois répétait en écho les 
derniers mots d’une phrase qu’elle venait d’entendre. Au 
membre supérieur droit, l’attitude de la main était celle 
d’une paralysie des extenseurs et la malade ne pouvait, 
en effet, étendre la main, les doigts exécutaient quelques 
mouvements athétosiques ; aux membres inférieurs, 
l’hypertonie des jours précédents avait fait place ù une 
hypotonie telle que les genoux pouvaient être facilement 
amenés au contact du menton. 

Le 22 mars, la somnolence était plus accusée, la para¬ 
lysie des membres à droite était complète, le ptosis très 
prononcé et il y avait de l’incontinence des sphincters. 
C’est dans cet état lamentable que la malade fut emmenée 
par sa famille, et nous avons appris qu’elle avait succombé 
très rapidement, après deux mois de maladie. 

Vous voyez chez cette femme, avec la plus 
grande netteté, la variabilité de la maladie et 
le caractère ondulant de son évolution. Après 
une première phase soporeuse en voie d’amé¬ 
lioration, survient une première rechute du type 
myoclonique avec choréo-athétose, puis, après 
une atténuation nouvelle, une seconde rechute 
avec un mélange de chorée, d’athétose, d’hyper¬ 
tonie musculaire, de parésie. Remarquez d'ail¬ 
leurs que, dans chacune des phases successives, 
il y avait à la fois des phénomènes d’excitation 
et de dépression, et que chacun des symptômes 
présentait, à de courts intervalles souvent, des 
variations notables. 

Ces variations avaient été déjà notées dans 
l’observation de Gayet ; son malade avait des 
alternatives de phases de sommeil et de phases 
de réveil et son état se transformait à ce point 
que Gayet, pour le dépeindre, emploie le mot 
« résurrection ». On retrouve ces variations dans la 
plupart des manifestations cliniques de la maladie. 

R. Variabilité des symptômes et de l’évo¬ 
lution morbide. — Considérez séparément, en 
effet, chaque ordre de symptômes et voyez 
combien il peut varier selon les cas. J’ai suffi¬ 
samment insisté pour n’y pas revenir sur les di¬ 
verses formes de la somnolence et du délire, et je 




75 


CH. ACHARD. — LENCEPHALITE LETHARGIQUE 


vous ai fait voir chez nos malades leurs variétés 
et leurs modifications au cours de l’évolution 
morbide. Les paralysies oculaires ne nous ont pas 
montré moins de variété, soit dans leur forme et 
leur localisation, soit dans leurs changements 
successifs : elles manquaient chez quelques malades, 
se réduisaient à une diplopie passagère chez le 
n° 28 de la salle Sandras, consistaient en une 
paralysie totale de la 3 e paire chez le n 0 12. 
Chez le n°3i,le signe d’Argyll-Roberston fut très 
net, mais transitoire. 

La même diversité se retrouve dans les autres 
troubles moteurs, ha parésie brachiale duji 0 32 ne 
fut qu’éphémère ; chez la femme du n° 34, 
l’hémiplégie diminua, puis reprit, de même que 
les mouvements choréo-athétosiques. Le n° 13 
de la salle Sandras, entré -avec une myoclonie qui 
disparut, eut ensuite un retour de cet accident. 
Vous avez vu quelle diversité nous ont aussi 
montrée les réflexes tendineux : tous abolis pour 
reparaître ensuite chez les n 0s 13 et 32 de la 
salle Sandras, alors que le n° 31 n’avait perdu 
que le réflexe achilléen droit qui revint au bout de 
quinze jours ; et chez d’autres, comme les n 0 * 15 
et 34 de la salle Béhier, c’est l’exagération de 
ces réflexes que nous avons constatée. 

Envisagez maintenant les symptômes, non 
plus isolément, mais dans leurs rapports réci¬ 
proques, et les mêmes dissemblances vont vous 
apparaître. 

h ’ordre d’apparition des principaux accidents 
est très irrégulier. C’est tantôt la somnolence 
qui débute, comme chez la malade de la crèche 
et le n° 13 de la salle Sandras ; tantôt le délire 
comme chez le n° 32. Parfois c’est la diplopie 
comme chez le n° 28 de la salle Sandras et le n° 35 
de la salle Béhier. 

Dans les formes myocloniques, Sicard, H. Roger 
ont souvent noté que des algies de siège varié 
précédaient les mouvements anormaux. De 
nombreux observateurs ont fait des constatations 
semblables, et c’est ce qui s’est produit aussi 
chez la jeune fille du n° 26 de la salle Béhier. De 
plus souvent ces algies initiales s’effacent assez 
vite ; pourtant Sicard les a vues persister long¬ 
temps chez un malade. On peut voir associées les 
myoclonies et la somnolence, comme chez le 
n° 13 de la salle Sandras. Ou bien la somnolence 
suit les myoclonies, comme dans des cas de 
Dumolard et Aubry, Rémond et Minvielle, 
Souques, ou bien les précède comme dans un cas 
de Jeanselme. 

Un malade de Dopter eut d’abord des douleurs 
et des troubles oculaires, puis de la somnolence et 
de la myoclonie. La malade de Salmont, après huit 


jours de légers malaises, eut pendant trois jours 
des douleurs, puis de la somnolence avec sub¬ 
délire et ptosis. Dans un cas de Sainton, après 
une phase léthargique survint une phase typhoïde 
avec signes méningés. 

Le syndrome méningé (raideur de la nuque 
et signe de Kernig) peut être un épisode terminal 
d'un cas mortel, comme chez notre malade 
du n° 24 bis de la salle Béhier et dans une obser¬ 
vation d’Harvier et Levaditi, ou bien au con¬ 
traire un accident du début, comme dans 2 cas 
de Claude, 2 de Laubie, 2 de Papin, Denéchau et 
Blanc, dans le cas d’hémorragie méningée de 
Rathery et Bonnard et dans celui que j’ai publié 
avec Paisseau en 1904. 

Essayez maintenant d’embrasser dans leur 
ensemble les divers symptômes en suivant la 
marche générale de la maladie, et vous reconnaîtrez 
bien vite qu’il n’y a nul parallélisme dans le déve¬ 
loppement des différents ordres d’accidents. 

Si dans certains cas on peut voir un retour 
offensif ramener à la fois le mélange de somno¬ 
lence et d'agitation délirante comme chez le 
n° 15 de la salle Sandras, ou la somnolence 
associée à la myoclonie comme chez le u° 13 de la 
salle Sandras et le n° 23 de la salle Béhier, par 
contre, il en est d’autres où tel symptôme évolue 
indépendamment des autres et en quelque sorte 
pour son propre compte ; si bien que, si l’on vou¬ 
lait avoir une idée exacte de l’état du malade 
aux différentes époques de l’évolution morbide, 
il faudrait tracer pour chacun des symptômes 
son graphique propre. Ainsi chez le n° 15 de la 
salle Sandras, tandis que vers le cinquantième 
jour diminuaient la somnolence et l’agitation, 
apparaissaient des troubles oculaires et du trem¬ 
blement. Chez le n° 34 de la salle Béhier, alors 
que l’atténuation de la somnolence faisait croire 
la convalescence prochaine, survinrent une attaque 
convulsive et des myoclonies, suivies de clioréo- 
athétose, et quand ces myoclonies disparaissaient, 
une hémiparésie se manifesta ; c’est, ensuite, 
pendant la diminution de ce nouveau symptôme 
que reparurent les myoclonies, avec une hyper¬ 
tonie des membres antérieurement paralysés ; 
enfin de nouveau revinrent les paralysies. 

L’examen du liquide céphalo-rachidien, grâce 
auquel ou peut si souvent suivre la marche 
des processus morbides qui s'accompagnent de 
lésions méningo-encéphaliques, ne donne pas 
davantage une idée juste de l’ensemble de la 
maladie. Si, dans certains cas, des reprises d'ac¬ 
cidents coïncident avec une poussée lympho¬ 
cytaire, comme dans un cas ,de Jeanselme où 
la lymphocytose, tombée de 13 à 3 pendant une 



76 

rémission consécutive à une phase soporeuse et 
parétique, remonta à 12 quand survint une phase 
myoclonique, par contre vous avez vu, chez le 
n° 15 de la salle Sandras, qu’après la grande 
lymphocytose du début, les reprises successives 
des manifestations nerveuses ne donnaient pas 
lieu à des modifications notables de la réaction 
leucocytaire qui persistait atténuée. Et même 
chez la jeune fille du n° 35 de la salle Béhier, 
vous avez pu voir la lymphocytose s’élever de 
12 à go par millimètre cube, alors que la 
maladie était nettement en voie d’améliora¬ 
tion. 

Pas davantage la fièvre et les troubles de 
l’état général ne peuvent vous donner une idée 
précise de l'évolution morbide. Généralement la 
fièvre est courte, alors même que les divers 
accidents, la somnolence, les myoclonies, les para¬ 
lysies sont accentuées et prolongées. Ee n° 15 de 
la salle Sandras, atteint d’une forme lente, n’est- 
il pas" apyrétique depuis plus .de trois mois? 
Et la malade du n° 34, qui a quitté le service pour 
mourir chez elle, n’a-t-elle pas eu presque sans 
fièvre toute la série des accidents graves qui l’ont 
emportée? 

F. Durée, termina ; son, séquelles de la 
maladie. — Etudions maintenant la marche 
générale de la maladie, non plus du point de vue 
analytique du clinicien, dans chaque cas particu¬ 
lier, mais du point de vue synthétique du patho¬ 
logiste, dans l’ensemble des cas. 

Ee début de l’encéphalite léthargique est très 
fréquemment marqué par des symptômes qui 
rappellent de très près la grippe : céphalée, cour¬ 
bature, fatigue, fièvre et souvent même coryza et 
catarrhe des voies respiratoires supérieures. Il en 
était ainsi chez la plupart des malades de notre ser¬ 
vice sur lesquels nous avons pu obtenir des 
renseignements, notamment chez ceux des n 0s 13, 
28, 31, 32 et 23 delà salle Sandras,33 et 34 de la 
salle Béhier. Chez la malade du n° 24, la maladie 
débuta à la manière d’une fièvre typhoïde. Chez 
celle du n° 35, les étourdissements et la' diplopie 
du début avec la fièvre pouvaient faire songer 
à la méningite tuberculeuse. Ee malade du n° 15 
eut graduellement une fatigue croissante, de la 
gêne de la vue et de la somnolence. 

E’augine initiale est indiquée comme fréquente 
par Wegefortli et Ayer, signalée par Claisse, par 
Combemale et Duhot, et avec' la conjonctivite 
et l'œdème palpébral par Marinesco. Ee coryza, 
le catarrhe oculo-nasal du début figurent dans des 
observations de Harvier et Eevaditi, M. Eabbé 
et Hutinel, 

Combemale et Duhot ont vu chez un de leurs 


24 Juillet 1920. 

malades un début apoplectiforme avec monopa¬ 
résie transitoire. 

Ea somnolence, le délire, les troubles oculaires 
peuvent être les premiers symptômes. 

Ees ophtalmologistes, comme l’ont fait remar¬ 
quer Morax et Bollack, Eacroix et Pesme, de 
Eapersonne, sont souvent consultés au début de 
la maladie, pendant une phase ambulatoire. 
C’est ce qui est arrivé pour notre malade du n° 31 
de la salle Sandras. 

Dans d’autres ças, ce sont les douleurs, les 
algies, de siège et d’intensité variables. Un cas 
mortel de Sahnont a débuté par une douleur 
brachiale ; un autre de Roblin par un point de 
•côté sans signes pulmonaires. 

Chez la malade que nous a présentée le 
D r Peuillié, la douleur vertébrale a "précédé le 
délire initial. Chez la jeune fille du n°26; une dou¬ 
leur violente, bientôt suivie de secousses myoclo- 
niques, marqua le début des accidents. 

Ea durée de la maladie est des plus variables. 

Ees formes mortelles peuvent être très courtes. 
H. Roger a vu mourir un malade au cinquième 
jour. Notre malade du n° 38 de la salle Béhier a 
vécu douze jours, celle du 24 bis est morte dans 
la troisième semaine. Mais la mort peut tarder 
bien davantage et la malade du n° 34 a succombé 
au bout de près de deux mois. 

Ea cause de la mort n’apparaît pas toujours 
avec évidence. On peut songer à des accidents bul¬ 
baires, mais on ne saurait toujours préciser leur 
nature exacte. 

C’est parfois une complication qui occasionne 
la mort : des accidents pulmonaires comme dans 
des cas de Roger et Aymès, Carnot et Gardin ; 
des accidents septiques résultant d’escarres 
comme chez des malades de Chauffard et M Ile Ber¬ 
nard, de Caryophyllis. 

Ees cas qui guérissent peuvent se terminer très 
vite, en dix et vingt jours (Crespin), quinze 
jours (Oddo), trois semaines (Chauffard, Eortat- 
Jacob, Comby). C’est aussi en trois semaines à 
peu près qu’ont guéri nos malades du n° 32 de la 
salle Sandras et du n° 35 de la salle Béhier et la 
malade que nous a présentée le D r Feuillié. 

Ee plus souvent la durée de la maladie est plus 
longue et, à vrai dire, il est difficile d’en fixer 
exactement le terme, parce que la convalescence est 
lente, que les derniers troubles ne s’effacent qu’in- 
seusiblement, qii’on perçoit encore sur le visage 
du malade des traces de l’atonie et que les apti¬ 
tudes physiques et psychiques des convalescents 
restent diminuées souvent pendant un temps pro¬ 
longé. Ees myoclonies peuvent aussi durer long¬ 
temps : dans un cas de Froment et Bouchut, après 


PARIS MEDICAL 



CH. ACHARD. - L’ENCEPHALITE LETHARGIQUE 77 


deux mois et demi subsistaient des myoclonies 
résiduelles, localisées à quelques muscles d’un 
membre inférieur. Un syndrome parkinsonien 
n’avait pas encore disparu après six mois de 
maladie dans un cas de Eaignel-Eavastine. 

Il faut compter encore avec les reprises et 
rechutes de la maladie qui peuvent en prolonger la 
durée. Ces reprises et rechutes peuvent ramener les 
accidents qui s’étaient déjà manifestés, mais elles 
peuvent aussi en provoquer de nouveaux. Vous 
avez vu chez la malade du n° 34 de la salle Béliier 
une reprise d’accidents sous la forme de convul¬ 
sions, de myoclonies, de choréo-atliétose et de pa¬ 
résies, qui n’existaient pas dans la première phase, 
essentiellement soporeuse. Un malade de Chalier 
eut pendant neuf jours une phase d’excitation, 
suivie dë trois jours de somnolence ; puis après 
un rétablissement apparent d’une quinzaine de 
jours, il fut pris de myoclonies et de troubles 
cérébelleux. Chez une jeune femme observée par 
Eerebo'ullet et Mouzon, une rémision de vingt- 
quatre jours, après une phase soporeuse, fut suivie 
d’une phase choréique très sérieuse. 

Il y a, de plus, à compter, parmi les cas qui 
guérissent quoad vitam, avec la persistance de 
séquelles plus ou moins graves. Ces guérisons in¬ 
complètes laissent après elles des désordres psy¬ 
chiques et somatiques. Comby a signalé chez 
les enfants un déficit intellectuel, l’idiotie, 
comme suite de la maladie. H. Claude a relaté 
plusieurs cas d’accidents relativement éloignés : 
chez un malade, persistance de signes spasmo¬ 
diques, apparition de mouvements choréiformes 
au bout d’un an, possibilité de reprise des occu¬ 
pations après vingt mois seulement et léger 
retour des mouvements choréiformes au vingt- 
quatrième mois ; chez un autre malade, diminu¬ 
tion persistante de la capacité de travail. Bériel 
mentionne, comme séquelles, la démence précoce, 
l’épilepsie, la chorée chronique, les myoclonies ; il 
cite des cas dans lesquels il a observé à la suite de 
la maladie, la psychasthénie, des myoclonies cer¬ 
vico-faciales, des secousses rythmiques de la tête 
dans la position assise, l’atrophie musculaire d’un 
membre inférieur. Un malade de Papin, Dené- 
chau et Blanc avait conservé une attitude pen- 
■ chée, véritable plicature latérale, avec des mouve¬ 
ments choréiques. Chez trois malades, Pierre 
Marie et M Uo Lévy ont vu des mouvements anor¬ 
maux persister au delà d’un an, et chez un autre, 
une raideur parkinsonienne. 

Ea véritable maladie de Parkinson, parfois 
consécutive à une infection, pourrait être le reli¬ 
quat de l’encéphalite léthargique. 

Reverchon et Worms ont constaté la persis¬ 


tance de la diplopie et d’une parésie brachiale 
après deux ans. 

Netter signale, dans un cas, la persistance de 
quelques mouvements choréiques au bout de 
deux ans. 

Pierre Marie et M lle Uévy, chez un de leurs 
malades, ont vu s’installer un tic douloureux de 
la face qui se manifestait à l’occasion des mouve¬ 
ments de mastication et de phonation. 

Il ne paraît pas douteux que certaines chorées 
chroniques, certaines atliétoses, certains tics, cer¬ 
taines myoclonies, certains tremblements seront 
rattachés aux suites d’une encéphalite léthar¬ 
gique. 

Seulement, à l’heure actuelle.il 11’est pas facile, 
en général, de décider si, au bout de plusieurs 
mois, on peut considérer les désordres persistants 
comme de véritables séquelles, c’est-à-dire comme 
des infirmités définitives laissées par l’infection 
éteinte ; car nous ne savons pas quand le virus 
disparaît des centres nerveux, n’ayant aucun 
moyen clinique de le vérifier, et nous avons de 
bonnes raisons de penser que ce virus peut y rester 
fort longtemps actif. 

G. Types cliniques et formes de la maladie. 
— Passons maintenant à l’étude des formes de la 
maladie. 

Je vous ai dit déjà qu’il me semblait bien diffi¬ 
cile. de distinguer dans l’encéphalite léthargique 
des formes tranchées. Celles qu’on a proposé de 
créer n’ont le plus souvent pour attribut que la 
prédominance d’un ordre de symptômes pendant 
une période plus ou moins longue de la maladie. 

Ce qui a surtout frappé les cliniciens, ce sont 
les symptômes insolites ou les plus visibles. Parmi 
les troubles psychiques, la somnolence invin¬ 
cible, phénomène relativement rare en pathologie, 
ne pouvait manquer d’attirer leur attention plus 
que le délire, accident plus banal. Parmi les 
troubles moteurs, les secousses myocloniques, les 
paralysies sont des désordres trop manifestes 
pour qu’on n’ait garde de leur accorder une place 
en bon rang dans les descriptions cliniques ; c’est 
ainsi que Dubini considérait surtout les mouve¬ 
ments choréiques, n’attribuant la somnolence 
qu’à l’épuisement consécutif. En fait de troubles 
sensitifs, ce sont les troubles subjectifs, les 
douleurs, qui se révèlent le plus aisément, les 
anesthésies demandant à être recherchées, et 
d’ailleurs, étant relativement rares et peu mar¬ 
quées dans la maladie en question. 

Mais si certains symptômes attirent davantage 
l’attention du clinicien, il eu est d’autres qui 
méritent autant de la fixer, quoique moins 
visibles et moins bruyants, car ils n’en ont pas 



. PARIS MEDICAL 


78 

moins d’intérêt ni de valeur pour indiquer le 
siège et les progrès de la maladie : par exemple 
les troubles du tonus, les modifications de la 
pression artérielle, les réflexes, les légers troubles 
oculaires. 

Aussi n’accorderai-je qu’une brève mention 
aux formes déjà très nombreuses qu’on a, sans 
grand effort d’imagination, distinguées par des 
dénominations particulières plutôt que par 
de véritables descriptions. 

Déjà, d’après l’observation de 40 cas recueillis 
pendant la guerre à Bar-le-Duc, en 1916 et 1917,- 
c’est-à-dire avant la description de von Economo, 
R. Cruchet, Moutier et Calmettes distinguaient 
des formes mentale, convulsive, choréique, ménin- 
gitique, hémiplégique, ponto-cérébelleuse, bulbo- 
protubérantielle, ataxique, poliomyélitique. 

On a décrit ensuite des formes soporeuses, 
des formes délirantes et confusionnelles, des 
formes myocloniques, des formes ophtalmoplé- 
giques, des formes névralgiques ou algiques, des 
lormes myctoniques. 

Remarquez que les formes pures, où domine 
un seul ordre d’accidents, sont non seulement 
assez rares, mais n’ont souvent qu’une durée peu 
prolongée. Des formes soporeuses exemptes de 
myoclonies et de paralysies peuvent être légères 
et guérir dans un délai assez court, ou bien être 
graves et aboutir promptement au coma mortel. 
C’est ce que vous avez vu notamment chez la 
malade de la crèche et chez le n° 28 de la salle 
Sandras qui ont eu des formes bénignes et ont 
guéri en quatre à six semaines. C’est encore 
ce que vous avez observé chez la malade du n° 38 
qui a succombé au huitième jour d’une forme 
somnolente à peu près pure. Des myoclonies, 
dont Sicard a eu le mérite de montrer la fréquence 
dans l’épidémie actuelle, sont habituellement 
associées à la somnolence ; mais quand elles 
existent à peu près seules, dans les cas décrits 
par Sicard comme des formes myocloniques 
pures, sans, somnolence ni troubles oculaires, 
la durée n'est pas non plus très longue, puisque, 
sur 5 malades d’une petite statistique, 3 sont- 
morts aux vingt-cinquième, vingt-neuvième, 
trente-quatrième jour, et un a guéri en trois 
semaines. Aussi peut-on supposer que si la maladie 
avait duré plus longtemps, le type myoclonique ne 
fût pas resté pur, pas plus que le type soporeux 
dans les cas précédents. 

De toute façon, le plus grand nombre des obser¬ 
vations ne saurait être rangé dans ces catégories 
trop étroites. Dans laquelle de ces formes classe¬ 
rions-nous le n° 13 de la salle vSandras chez qui 
somno)ence et myoclonie ont évolué simultané- 


24 Juillet 1920. 

ment? et les n 0a 15 et 23 de la même salle qui 
avaient aussi, pendant la phase somnolente, 
surtout au début, des soubresauts myocloniques? 
Où ranger,encore le cas de cette femme du n° 34 
qui, après une phase somnolente, eut une reprise 
avec attaque convulsive, myoclonies, choréo- 
athétose et paralysies? 

Il est vrai qu’on a proposé de créer des formes 
mixtes où se grouperaient les symptômes associés ; 
mais encore est-il des cas où les grands symptômes 
fondamentaux se' succèdent plutôt qu’ils ne 
coexistent. 

Il serait facile d’imaginer une multitude de 
formes avec les combinaisons symptomatiques, 
en nombre presque indéfini, que nous offre la 
diversité clinique de cette encéphalite. Je ne crois 
pas que l’étude de la maladie puisse gagner en 
clarté à la création de pareilles divisions trop 
artificielles. 

Est-il vraiment bien utile d’énumérer, suivantla 
manière dont s’associent ou se succèdent quelques 
symptômes, des formes algo-myocloniques où les 
douleurs accompagnent les myoclonies, des formes 
léthargo-myocloniques où la somnolence précède 
les myoclonies, et myoclono-léthargiques où les 
myoclonies précèdent la somnolence ; — suivant 
la localisation d’un genre de symptômes, une 
forme hémimyoclonique ' alterne ; — suivant 
l’absence d’un des principaux symptômes, des 
formes sans léthargie, sans paralysie, sans fièvre ; 
— suivant l’âge des malades, des formes infantiles 
et des formes séniles ; — suivant certaines, par¬ 
ticularités de l’évolution, des formes à début 
apoplectiforme, des formes à rechutes; — suivant 
la présence de quelques accidents épisodiques, 
des formes convulsives, ataxiques, tétaniques, 
insomniques ? 

Que reste-t-il de ce bloc généralement si varié 
de manifestations cliniques, après qu’on l’a 
découpé de la sorte en une infinité de tranches? 
A vouloir trop préciser les caractères dominants 
des divers aspects cliniques sous lesquels se 
présente la maladie, on risque de n’en plus donner 
qu’une image défigurée. 

Il me paraîtrait bien préférable, au lieu de 
formes de la maladie, de distinguer simplement 
une série de types cliniques, susceptibles de se 
succéder chez certains malades. Ce sont alors 
des aspects cliniques différents, sous lesquels la 
maladie peut se manifester à de certaines phases 
de son évolution. On pourrait ainsi parler de 
type soporeux, de type étonné ou figé, de type 
délirant aigu, de type confusionnel, de type ménin- 
gitique, de type ophtalmoplégique, de type myo¬ 
clonique, choréique, chorêo-athétosique, de type 




CH. ACHARD. — L'ENCÉPHALITE LETHARGIQUE 


douloureux et même de type typhoïde. 

La distinction des formes serait limitée aux 
cas dans lesquels l’ensemble général de la maladie 
présente des particularités notables. Ainsi l’on 
peut parler de formes frustes, non pas seulement 
lorsque manque l’un des éléments du fameux 
trépied clinique des premières observations, non 
pas pour décrire des formes sans léthargie ou 
sans somnolence, ou sans fièvre; mais quand la 
symptomatologie, habituellement si riche et si 
variée, se limite à un tout petit nombre de mani¬ 
festations cliniques. Par exemple, chez notre 
malade de la crèche, la somnolence était la 
manifestation monosymptomatique de la maladie. 
Léri cite des malades qui n’eurent guère que de la 
fatigue pendant quelques jours ou quelques 
semaines. Dans des cas de Chauffard, de Lortat- 
Jacob, de R. Bénard, de Sicard, des algies bra¬ 
chiales et intercostales étaient l’expression mono¬ 
symptomatique de la maladie. Dans un cas de 
Sicard et Kudelski, une myoclonie oculaire succé¬ 
dant à une diplopie passagère et persistant plu¬ 
sieurs semaines, fut le seul accident morbide. 
Le hoquet spasmodique est un autre exemple 
de ces formes frustes du type myoclonique. 

Parmi ces formes frustes, il y aurait lieu sans 
doute de réserver une place à des cas dans lesquels 
les manifestations morbides seraient exclusive¬ 
ment viscérales : l'étude de quelques observations 
recueillies dans une même famille montre, en 
effet, que des personnes vivant au contact de 
malades ont été prises de fièvre et de troubles 
généraux sans désordres nerveux : c’est ce qu’on 
a proposé d’appeler les formes viscérales. Mais 
la preuve de leur existence n’est pas encore faite. 

En ce qui concerne la prédominance des 
symptômes, il n’y a guère que la forme myoclonique 
qui mérite une description particulière, parce qu’il 
y a vraiment des cas assez nombreux où les myo¬ 
clonies, avec des modalités diverses, accompa¬ 
gnées et le plus souvent précédées d’algies, sont 
les phénomènes fondamentaux. Encore ne con¬ 
vient-il pas de ranger dans cette forme tous les cas 
si fréquents où des myoclonies apparaissent 
d’une façon plus ou moins épisodique au milieu 
de beaucoup d’autres accidents. La forme myoclo¬ 
nique, ainsi considérée, représente une catégorie 
particulière de formes frustes, puisqu’elle ne 
comporte qu’un petit nombre de symptômes. 
Vous en avez un exemple dans l’observation 
de la jeune fille du n° 26, chez qui, après d’atroces 
douleurs et un peu de délire, il n’y a plus guère 
eu d’autres manifestations cliniques que les myo¬ 
clonies. Une variété de forme myoclonique pré¬ 
sente le type de la chorée de Sydenham. 


79 

Cette forme débute en général par une période 
douloureuse caractérisée par les algies, à laquelle 
succède une phase myoclonique, où les secousses 
sont localisées diversement ou généralisées, et 
accompagnées de fièvre et de troubles plus ou 
moins marqués de l’état général. Le délire 
n’est pas rare. Puis, si la terminaison est fatale, 
le coma survient, ce qui n’est pas exceptionnel, 
comme le montrait déjà la description de Dubini. 
Dans d’autres cas, la maladie guérit, et parfois les 
accidents restent légers et n’ont que peu de durée. 

On peut aussi reconnaître des formes ambula¬ 
toires, qui permettent aux malades de vaquer plus 
ou moins à leurs occupations habituelles : formes 
qui, d’ailleurs, ne sont pas toujours nécessaire¬ 
ment ni bénignes ni courtes. C’est à elles que se 
rapportent une série de cas observés par L. Ra- 
mond, Janet, Sicard, Chauffard, Comby. 

D’après la marche et la durée de la maladie, 
on peut distinguer des formes aiguës, avec des 
variétés comateuse, délirante, typhoïde, ménin- 
gitique, ascendante ; des formes subaiguës et des 
formes lentes ou prolongées. Il y a aussi des formes 
abortives, où rapidement la maladie tourne court. 
Sainton cite un cas de trois jours. Vous en avez vu 
un exemple chez le jeune homme du n° 32, qui, 
après cinq jours de fièvre et de parésie brachiale, 
devint apyrétique et retrouva ses facultés psy¬ 
chiques et motrices. 

Que dire encore des formes que l’on a prétendu 
distinguer d’après la topographie des lésions? 
Il y aurait des formes pédonculaires, protubé- 
rantielles", bulbaires, corticales, médullaires, névri- 
tiques même. Gordon a distingué un type supé¬ 
rieur pédonculaire, correspondant à la polio- 
encéphalite supérieure de Wernicke, et un type 
inférieur, bulbo-protubérantiel, correspondant à 
la myélite bulbaire de Leydeù. Ces classifications 
sont aussi bien artificielles. Les lésions ne 
s’étendent pas seulement en largeur mais en hau¬ 
teur, elles intéressent le plus souvent plusieurs 
étages du mésocéphale. Mais déjà ce que je vous 
ai dit de la variété des manifestations cliniques 
et de leur succession suffit à vous montrer 
combien il serait malaisé de classer la plupart 
des cas dans de pareilles formes étroitement dé¬ 
finies par une topographie limitée. Ce qui est plus 
intéressant que de telles classifications, c’est de 
chercher à situer dans le névraxe les symptômes 
constatés à un stade donné de l’évolution mor¬ 
bide. On peut dire alors légitimement que la mala¬ 
die, à un certain moment de sa marche, prend un 
type pédonculaire ou bulbaire. J’aurai, d’ailleurs, 
à vous montrer l’intérêt de cette recherche en 
vous parlant jde la physiologie pathologique. 



8o 


PARIS MEDICAL 


24 Juillet 1920. 


SYNDROME DE BASEDOW 
ET TUBERCULOSE 0 

FAX 

le D'E. SERGENT. 

Médecin de rhflpltal de la Charité. 

Il n’est pas exceptionnel de voir des tuber¬ 
culeux basedowiens ; il est plus fréquent, je crois, 
d’observer des basedowiens considérés et traités 
comme tuberculeux ; c’est surtout cette seconde 
catégorie de cas que j'aurai en vue dans cette 
conférence, en raison de l’importance pratique 
qui s’en dégage au point de vue du diagnostic 
différentiel de la tuberculose. 

I. Syndrome de Basedow dans la tuber¬ 
culose. — De syndrome dé Basedow, lorsqu’il 
coïncide avec la tuberculose, s’observe surtout 
chez la femme, ce qui n’est pas surprenant, puis¬ 
que, d’une façon générale, le goitre exophtal¬ 
mique est plus fréquent chez la femme que chez 
l’homme ; cependant, pendant la guerre, et de¬ 
puis, le syndrome de Basedow a paru plus fré¬ 
quent qu’autrefois chez l’homme, ce que peut 
expliquer la réunion simultanée des causes qui le 
provoquent habituellement ; pour ma part, j’ai 
vu un certain nombre de militaires plus ou moins 
basedowiens parmi les nombreux tuberculeux 
que j’ai eu à examiner. 

Dans l’association du syndrome de Basedow et 
de la tuberculose-y a-t-il une simple coïncidence 
ou une relation de cause à effet? 

Il semble bien que, parfois, on puisse invoquer 
une relation de causalité, si nous en jugeons, du 
moins, par quelques observations publiées. 

Gilbert et Castaigue ont trouvé dans la glande 
thyroïde des follicules tuberculeux contenant 
des bacilles. Daignel-Bavastine et Bloch ont 
constaté une thyroïdite scléreuse. Dans ces deux 
cas, on peut admettre, avec Poucet et son école, 
que les lésions tuberculeuses locales ont provoqué 
une excitation fonctionnelle de la glande et en¬ 
gendré le syndrome de Basedow. 

I'aut-il aller plus loin et admettre avec eux, 
avec Hufnagel et Hollos, que, si on ne constate pas 
de lésions glandulaires, cette excitation fonction¬ 
nelle locale peut être duc aux toxines tuberculeuses ? 
C’est là une hypothèse ; elle s’appuie sur certaines 
observations, telles celle de Ramond et Bloch 
constatant le syndrome de Basedow chez un 
coxalgique, celle de Mouriquand et Bouchut 
le signalant chez uu sujet atteint de rhumatisme 
tuberculeux. Ici, la part de l’hypothèse est un 
peu grande et je ne prends pas parti. 

(1) Conférence faite à la Cliarité le 2 juin 1930 et recueillie 
par M Ile Harmelin, externe du service. 


Du point de vue clinique, le syndrome de 
Basedow peut se présenter dans la tuberculose 
sous une quelconque des formes qui lui sont 
habituelles, depuis le grand syndrome complet 
jusqu’aux types ébauchés, plus ou moins frustes 
et atténués. Ces types ébauchés m'arrêteront 
seuls, car, seuls, ils semblent appartenir un peu 
plus spécialement à la tuberculose. Beur étude a 
fait l’objetd’un travail intéressant de Sabourin (2), 
qui leur assigne les caractères suivants. 

Vhabitus est particulier ; le faciès se caracté¬ 
rise par le volume des yeux qui, sans être exor¬ 
bités, sont gros, brillants et humides ; le cou est 
gros et la palpation permet de constater une 
hypertrophie plus ou moins marquée du corps 
thyroïde, en même temps que des battements 
exagérés et précipités des vaisseaux. Ce sont là 
les tuberculeux angioneurotiques de Sabourin, qui- 
présentent deux ordres de troubles: des troubles 
circulatoires et des troubles nerveux. Des trou¬ 
bles circulatoires consistent en une tare cardiaque 
plus ou moins bénigne, pas constante d’ailleurs, 
eu un état congestif de la peau et des muqueuses ; 
d’autres ont de l’acrocyanose, prenant parfois 
la forme dite en « paire de gants » ; certains 
sont des érythrodermiques ; presque tous se 
plaignent de palpitations et ont de la tachy¬ 
cardie. 

Des troubles nerveux sont représentés par une 
émotivité extrême, allant quelquefois jusqu’à 
l’état d’angoisse et d’anxiété permanente, et 
s’associant à une agitation constante avec insta¬ 
bilité et volubilité excessive. 

Un autre type est celui des phtisi-cardiaques de 
Sabourin. Ceux-ci se caractérisent surtout par 
une tendance toute particulière aux hémorragies ; 
les uns ont des hémoptysies répétées, les autres 
des épistaxis fréquentes, d'autres des flux hémor- 
roïdaires abondants et répétés. Ce sont des conges¬ 
tifs. 

Chez de tels tuberculeux, l’évolution des acci¬ 
dents est étroitement subordonnée à l’hygiène 
et à la thérapeutique mises en œuvre. S’ils se 
suralimentent et abusent des médications dites 
toniques, fortifiantes, ils voient leur état s’ag¬ 
graver ; si, au contraire, ils se soumettent aux 
prescriptions qui conviennent aux angioneuroti¬ 
ques et aux. congestifs, ils ne tardent pas à 
s’améliorer notablement. De tels sujets ne doivent 
pas être traités en tuberculeux; ce qu’il leur faut, 
c'est le repos complet, la réadaptation lente et 
progressive au mouvement et à la vie commune; 
la cure de désintoxication commençant par une 

. (2) Sabourin, I,e petit basedowisme chez les tuberculeux 
(Arch. de mtd., 1914). 



E. SERGENT. — SYNDROME DE BASEDOW ET TUBERCULOSE 81 


■diète hydrique de vingt-quatre à trente-six heures 
et suivie de restrictions alimentaires plus ou 
moins prolongées et sévères, la stimulation des 
fonctions de la peau par la douche, le tub, les 
frictions, la médication sédative de l’éréthisme 
■cardio-nerveux (valériane, etc.), enfin l’opothé¬ 
rapie (ovarine, hémato-éthyroïdiue, etc.). 

Je n’insiste pas davantage : j’ai hâte d’arriver 
au diagnostic différentiel de la tuberculose et des. 
états d’hyperthyroïdie; si j’ai un peu longue¬ 
ment étudié ces types cliniques de tuberculeux 
hyperthyroïdiens, c’est parce que nous allons 
les retrouver parmi les nombreux faux tuber¬ 
culeux qui ne sont que des basedowiens frustes, 
des hyperthyroïdiens plus ou moins apparents. 

II. Syndrome de Basedow simulant la tu¬ 
berculose. — De même que c’est surtout 
•chez la femme tuberculeuse qu'on peut observer 
•le syndrome de Basedow, de même c’est chez elle 
qu’on aura le plus souvent à éviter l’erreur qui 
consiste à prendre pour une tuberculose débu¬ 
tante un état pathologique qui traduit, en réa¬ 
lité, l’hyperf onctionnement thyroïdien. Mais, 
pour les mêmes raisons que celles que j’ai données 
au début de cette étude, il n’est pas rare aujour- ■ 
d’hui de constater la même erreur de diagnostic 
chez des hommes. 

D’erreur de diagnostic ou, si l’on veut, la diffi¬ 
culté du diagnostic, a sa source dans cette notion 
que le cortège symptomatique de l'hyperthy¬ 
roïdie est constitué par un ensemble de trou¬ 
bles fonctionnels et généraux qui accompagnent 
communément la tuberculose à sou début. 

Rist a insisté avec raison sur la fréquence de 
cette erreur dans un remarquable article dont je 
ne saurais trop vous recommander la lecture (i). 
Vous m’avez bien des fois entendu vous parler de 
cette même erreur et vous entretenir de cette simi¬ 
litude des symptômes. Dans les deux cas, dans 
l’hyperthyroïdie comme dans la tuberculose pul¬ 
monaire, vous pouvez constater, groupés en tota¬ 
lité ou en proportions variables, les symptômes 
suivants : 

a. L’instabilité thermique, la tendance de la 
courbe thermique à se déniveler, soit d’une façon 
constante, soit par périodes, par saccades ; bien 
des fois je vous ai dit que vous deviez vous garder 
de considérer toujours l’élévation de tempéra¬ 
ture comme un signe révélateur d’un état infec¬ 
tieux ; n’oubliez pas les centres thermiques et 
souvenez-vous qu’ils peuvent être influencés par 
d’autres causes que les toxines infectieuses et 

(i) Rist, X.es principes du diagnostic différentiel de la 
tuberculose (Presse médical :, 13 juillet 1916). 


qu’en particulier, l’hyperthyroïdie est pour eux 
un excitant particulièrement puissant. 

6 . L’instabilité du pouls, qui se traduit le plus 
souvent par des périodes de tachycardie plus 
ou moins accentuée. 

c. L’état de la tension artérielle; dans la tu¬ 
berculose, l’hypotension est la règle, mais l’hyper¬ 
tension n’est pas exceptionnelle; dans l’hyper¬ 
thyroïdie, la' tension peut varier par périodes. 

d. Les troubles menstruels; toutes les base- 
dowiemies ont des troubles menstruels ; le plus 
souvent, les époques sont irrégulières : il y a des 
arrêts, des suspensions pendant deux ou trois 
mois et même davantage ; vous connaissez tous 
les synergies fonctionnelles qui unissent la thy¬ 
roïde et l’ovaire, et vous savez que, dans la gros¬ 
sesse et la lactation, par exemple, il n’est pas 
rare de voir l’hypertrophie thyroïdienne accom¬ 
pagner la suspension de la fonction ovarienne. 

Ces troubles menstruels, nous les avons ob¬ 
servés bien souvent chez les tuberculeuses. 

e. Les bouffées de chaleur, la rougeur des 
pommettes, qui accompagnent ces troubles mens¬ 
truels, sont aussi fréquentes chez les hypertliyroï- 
diennes que chez les tuberculeuses. 

/. L’éclat brillant du regard comporte la 
même cause d’erreur. 

g. Les sueurs, les transpirations profuses, 

si fréquentes dans la tuberculose, sont de règle 
aussi dans le basedowisme. 

Ce qui est vrai pour les troubles fonctionnels, 
l’est également pour les troubles généraux. Tout 
comme la tuberculose en marche, le basedowisme 
provoque l’amaigrissement, considérable par¬ 
fois, la fatigue , pouvant aller jusqu’à l’asthénie 
complète, les crises ccclialgiques et entéralgiques, 
la diarrhée. 

Enfin, il est deux symptômes, sur lesquels votre 
attention doit être spécialement attirée : la toux 
et Y essoufflement. La petite toux, sèche, quinteuse, 
que les profanes regardent comme un signe fatal, 
n’est pas l’apanage des tuberculeuses ; elle est 
fréquente dans le basedowisme, et le professeur 
Pierre Marie en a montré la valeur sémiologique. 
Quant à Y essoufflement, vous savez qu’il accom¬ 
pagne volontiers la tuberculose commençante, 
et je vous ai dit bien souvent que la dyspnée des 
tuberculeux était plus fréquente chez les tuber¬ 
culeux au début que chez les tuberculeux ayant 
déjà de grands délabrements pulmonaires ; la 
dyspnée toxique du début est autrement impor¬ 
tante que la dyspnée mécanique des phtisiques. 
Or, cet essoufflement est presque la règle dans le 
petit basedowisme et, là, il s’associe souvent à 
un type particulier de la respiration, qui consiste 



82 PARIS 

en un rythme saccadé, spasmodique, qui n’est 
pas rare non plus dans la tuberculose et qui, 
pour une bonne part, a une cause nerveuse. 

En présence de cette similitude possible des 
troubles fonctionnels et généraux qui traduisent 
l’hyperthyroïdie aussi bien que la tuberculose 
évolutive, à quelques nuances près du moins, 
comment pourrez-vous faire le diagnostic diffé¬ 
rentiel, sur quelles constatations vous baserez- 
vous pour éviter l’erreur? 

Deux cas peuvent se présenter : ou bien le syn- 
. drome de Basedow est complet, ou bieD il est 
fruste et ne se révèle que par quelques-uns de ces 
petits signes d’hyperthyroïdie que nous venons 
de passer en revue. 

Dans les deux cas, le diagnostic comporte 
deux étapes : tout d’abord, reconnaître le syn¬ 
drome d'hyperthyroïdie, ensuite reconnaître l’ab¬ 
sence de toute lésion tuberculeuse. 

Reconnaître le syndrome d’hyperthyroïdie 
est chose simple quand le syndrome est complet : 
ici, le diagnostic est aisé ; il éclate dès le premier 
contact du malade et du médecin ; le faciès, 
l’exophtalmie, l’hypertrophie du corps thyroïde 
ne sauraient laisser de .doute; vous en avez vu 
un bel exemple à l’une de nos dernières policlini¬ 
ques du samedi ; en pareil cas, la difficulté n’est 
pas de constater le syndrome de Basèdow,elle se 
borne à rechercher si le malade n’est pas en même 
temps tuberculeux. 

Lorsque le syndrome d’hyperthyroïdie est 
fruste, il n’en va plus aussi simplement et c’est là 
que doit s’exercer votre sagacité clinique. Si 
votre attention est attirée par les notions que je 
viens de poser devant vous, vous songerez à la 
possibilité de l’hyperthyroïdie, et, sans vous 
laisser entraîner par une exagération sans con¬ 
trôle, vous la dépisterez ou en écarterez la pré¬ 
somption. 

Mais, dans tous les cas, vous ne serez autorisés 
à écarter le diagnostic de tuberculose que lors¬ 
que vous vous serez assurés, par un examen com¬ 
plet, stéthoscopique, radiologique, bactériolo¬ 
gique, qu’il n’existe certainement aucun signe de 
localisation tuberculeuse dans le poumon. C’est sur 
ce contrôle, méthodiquement et rigoureusement 
exercé, que repose le diagnostic différentiel que 
vous avez à établir. Ne l’oubliez pas. 

Pour illustrer de quelques images schéma¬ 
tiques et démonstratives les notions théoriques 
et sémiologiques que je viens de tracer devant 
vous, je crois opportun de vous raconter l’his¬ 
toire clinique, ou, si voiis voulez, l’observation de 
quelques malades que j'ai suivies de près pendant 
une période de temps suffisamment prolongée 


MÉDICAL 24 Juillet 1Q20. 

pour que je sois autorisé à considérer comme 
indiscutable le diagnostic. 

Voici, tout d’abord^ quelques observations 
de syndrome de Basedow complet, qui avaient 
été diagnostiquées tuberculose pulmonaire. 

Observation I. — Syndrome de Basedow complet 
ayant débuté au moment de lq ménopause. — M mo I,..., 
quarante-huit ans,_est réglée_très irrégulièrement depuis 
dix-huit mois; elle a maigri progressivement; sa tempé¬ 
rature se maintient constamment aux environs de 38®, 
avec de petites exacerbations périodiques ; elle a de la 
tachycardie ; elle a une petite toux sèche, incessante; 
elle est constamment essoufflée. On avait porté au début 
le diagnostic de tuberculose pulmonaire et on l’avait 
envoyée dans un sanatorium où elle resta six mois sans 
résultat. Quand je la vis, je fus influencé, tout d’abord, 
par ce passé et par ce diagnostic posé par quatre méde¬ 
cins. Ne constatant aucun signe stéthoscopique, mais, 
par contre, remarquant une légère exophtalmie, un gon¬ 
flement manifeste du corps thyroïde, notant un trem¬ 
blement rythmique, à petites oscillations, je formulai 
le diagnostic de syndrome de Basedow et fis faire une 
radiographie pour écarter toute erreur possible ou toute 
idée d’association ; la radioscopie et la radiographie 
furent absolument négatives. Traitée par l’hémato- 
éthyroïdine et l’ovarine alternativement, par l’irradia¬ 
tion du corps thyroïde, la malade ne tarda pas à s’amé¬ 
liorer ; aujourd'hui, à trois ans de distance, elle est 
absolument guérie et je puis affirmer qu’elle n’est point 
tuberculeuse. 

Obs. II. — Syndrome de Basedow survenu à l'occa¬ 
sion de circonstances émotionnelles, affectives, chez une 
Jeune fille de vingt-deux ans. — Le diagnostic de tuber¬ 
culose a été porté sur la constatation d’un amaigrisse- 
ment notable (6 kilos) accompagné d’élévation de tempéra¬ 
ture (380,2 à 38®,5), de tachycardie, de bouffées de cha¬ 
leur, d’essoufflement permanent avec petite toux sèche. 
Quand je vois la malade, je suis frappé par l’éclat bril¬ 
lant des yeux qui, sans être très exorbités, sont saillants, 
par les battements visibles des vaisseaux du cou, qui 
est gros, sans qu’il y ait à proprement parler hypertro¬ 
phie notable du corps thyroïde ; les doigts sont agités 
d’un petit tremblement rythmique. 

L’examen minutieux de l'appareil respiratoire ne 
révèle aucun signe de lésions localisées. 

Je fais le diagnostic de syndrome de Basedow. Mais, 
convaincue qu’elle est bien tuberculeuse, elle se laisse 
envoyer dans un sanatorium d'altitude et y séjourne dix 
mois sans autre résultat qu’une aggravation de sa tachy¬ 
cardie et de son essoufflement. Elle revient me voir, 
consent alors à suivre le traitement que je lui avais 
prescrit la première fois. Elle est en voie de guérison 
aujourd’hui. 

Obs. III. — Syndrome de Basedow diagnostiqué 
tuberculose pulmonaire.— M“ 0 X..., trente-trois ans, 
vient me voir dans l’automne de 1917. Elle se plaint 
de fatigue générale avec état subfébrile ; elle était 
traitée depuis dix-huit mois pour tuberculose pulmo¬ 
naire, quand elle consulta un médecin qui fit le diagnostic 
de maladie de Basedow et la traita comme telle. Quand 
je la vis, quelques mois après le début de ce traitement, 
elle allait déjà mieux. Sa tachycardie était modérée (110), 
sa tension artériellp, mesurée au Vaquez, donnait 14,5 Mx, 
7,5 Mn ; elle n’avait que peu d’exophtalmie; elle avait 



E. SERGENT. — SYNDROME DE 

encore un léger tremblement; le corps thyroïde restait 
assez gros. Il n'y avait aucun signe de lésions pulmo¬ 
naires, ni à l’auscultation, ni à l'examen radioscopique. 

J’ajoutai au traitement opothérapique qu’elle sui¬ 
vait déjà, des irradiations de corps thyroïde. Je l'ai 
revue il y a quelques mois. Elle allait trè| bien. 

A ces observations, je pourrais en ajouter 
d’autres : ce serait une répétition bien inutile. 

Je vous rappelle seulement la jeune fille dont 
je vous ai parlé il y a un instant et qui s’est pré¬ 
sentée à une de nos dernières policliniques du 
samedi. Vous vous souvenez tous que le diag¬ 
nostic fut fait, sans hésitation, par chacun de 
nous, dès son entrée dans le cabinet de consulta¬ 
tion, sur l’aspect de son faciès, aux yeux grande¬ 
ment exorbités, au regard brillant et humide, et de 
son cou volumineux ; un examen complémen¬ 
taire confirma rapidement notre première im¬ 
pression en nous permettant de constater une 
tachycardie très accentuée (160), des battements 
excessifs des vaisseaux du cou, du tremblement 
des doigts, le mouvement de pédale, etc... Ce 
qu’il y a d’intéressant pour notre sujet, c’est 
qu’elle se présentait à nous parce qu’un médecin 
lui avait dit l’avant-veille qu’elle était tubercu¬ 
leuse ; or, elle toussait depuis un mois seulement, 
n’avait jamais toussé de sa vie antérieurement et 
ne présentait aucun signe stéthoscopique de 
lésion pulmonaire ; l’examen de son expec¬ 
toration bronchitique ne montra pas de bacilles. 

Voici maintenant des observations de petit 
basedowisme ou, mieux, d’hyperthyroïdie fruste. 

Je laisse de côté celles que j’ai recueillies chez 
des soldats et qui forment une des catégories de 
ces instables de la température et du pouls dont 
Eaubry a entretenu la Société médicale des 
hôpitaux, il y a quelques mois, et je ne conserve 
que les observations qui ont trait à des femmes. 

En effet, je veux surtout attirer votre atten¬ 
tion sur cette donnée clinique, que je considère 
comme des plus importantes, à savoir que ces 
syndromes d’hyperthyroïdie se rencontrent surtout 
aux deux extrêmes de la vie génitale chez la femme. 
C’est surtout entre treize et dix-sept ans, et entre 
quarante-cinq et cinquante ans, que vous pourrez 
les observer, et c’est surtout à ces deux périodes de 
la vie féminine que vous devrez songer à la fausse 
tuberculose par hyperthyroïdie. 

Observation I. — Une fillette de quatorze ans et 
demi, réglée depuis l’âge de douze ans, voit ses règles 
s'arrêter depuis cinq mois. En même temps, le cou a 
augmenté progressivement de volume ; elle a remarqué 
qu’un petit collier, qui était large, est devenu trop étroit ; 
ses traits sont un peu bouffis ; elle n’a pas d’albumine 


BASEDOW ET TUBERCULOSE -83 

sa température est instable, toujours au-dessus de la 
normale, atteignant souvent 38» à 380,5 le soir.au repos.; 
elle tousse constamment, d’une petite toux sèche, sans 
expectoration. Elle a été examinée récemment à l’écran 
radioscopique et ou aurait trouvé une ombre légère à 
l’un des sommets ; il n’en a pas fallu davantage pour 
qu’on posât le diagnostic de tuberculose. C’est dans ces 
conditions que je suis appelé à l'examiner. Je ne relève 
aucun "antécédent personnel ni héréditaire ; mais 
j’apprends que la mère a le cou gros, elle aussi, et je !e 
constate moi-même. Ea fillette a des seins énormes ; 
son corps thyroïde est gros; elle n’a pas d’exophtalmie, 
pas de tremblement digital appréciable; le pouls bat 120 ; 
la tension artérielle est de 12 Mï- 8 JIn au Vaquez; elle 
a de fréquentes bouffées de chaleur. 

Je ne constate aucun signe d'auscultation aux pou¬ 
mons ; je fais faire une radiographie, qui montre l’inté¬ 
grité des deux poumons. 

Je conclus à l'existence d'un syndrome d’hyper¬ 
thyroïdie, avec perturbations endocriniennes complexes 
(aménorrhée, macromastie...) ; je prescris l’hémato- 
éthyroïdine, l’ovarine, la valériane. Assez rapidement 
les signes d'hyperthyroïdie s’amendent. • 

Obs. II. — Une jeune fille de vingt-quatre ans, qui 
fut infirmière pendant les premiers mois de la guerre 
dans un service de paludéens, se met à maigrir et à 
tousser;elle fait 38° tous les soirs et, de temps en temps, 
un petit accès plus fort; ses forces disparaissent ; elle 
devient asthénique; elle maigrit progressivement et perd 
rapidement 12 kilos. Tous ces troubles s’accentuent 
peu à peu. Ou la soigne, sans aucun succès, pour de la 
tuberculose pulmonaire. Elle vient alors à Paris, au 
bout de six à sept mois de traitement. Je la suis depuis 
trois ans. J’ai pensé au paludisme ; la recherche de 
l’hématozoaire a toujours été négative ; j’ai pensé à 
l’appendicite chronique, car elle avait de l’entérite ; 
mais, bientôt, j’ai eu l’attention attirée par la dysmé¬ 
norrhée, par le changement de caractère, qui, de calme, 
est devenu irritable, par les palpitations et les bouffées 
de chaleur, par la tachycardie persistante, par un petit 
tremblement de; doigts ; j’ai constaté une légère aug¬ 
mentation de volume du corps thyroïde. J’ai donné 
l’ovarine et l’hémato-éthyroïdine et, peu à peu, les 
troubles se sont amendés. Jamais il n’y a eu le moindre 
signe physique d’une localisation pulmonaire. 

Obs. III. -— Une fillette de quatorze ans, bien por¬ 
tante, opérée antérieurement de végétations adénoïdes 
et d’appendicite, n’a jamais été bien réglée ; elle a été 
formée à treize ans, màis n’a eu que quatre fois ses 
règles et à intervalles irréguliers ; chaque ' fois elle a 
souffert violemment au point d’être obligée à s’aliter. 
Depuis ses dernières règles, c’est-à-dire depuis trois 
mois, elle fait un peu de température le soir : 380,2 ; le 
matin, elle a 360,5 ; elle s’est anémiée et a maigri ; elle 
est devenue paresseuse, apathique, asthénique ; elle a 
perdu l’appétit et toussote. Ses parents la croient tuber¬ 
culeuse. Cependant, il est impossible de trouver le moin¬ 
dre signe stéthoscopique de lésions pulmonaires ; deux 
examens radioscopiques démontrent l’intégrité des 
poumons et du médiastin. 

Mais le corps thyroïde est nettement perceptible et 
un peu douloureux ; il y a des bouffées de chaleur fré¬ 
quentes. 

Ee traitement par l’ovarine et l’hémato-éthyroïdine 
est institué, combiné avec le repos ; les fonctions ova¬ 
riennes ne tardent pus à se régulariser et, peu à peu, 
tous les troubles disparaissent. 





84' PARIS 

. - 

Dans plusieurs' autres observations, que j’ai 
dans mes fiches, je relève le même cortège de 
symptômes chez des jeunes filles. 

Chez des femmes, aux approches de la méno¬ 
pause, même tableau général, avec cette diffé¬ 
rence que l’équilibre fonctionnel ne se rétablit 
que lorsque la ménopause est définitive ; pen¬ 
dant toute la phase préparatoire, c’est le même 
ensemble de symptômes d’hyperthyroïdie et 
d’insuffisance ovarienne. Dans ce cas, c’est, à un 
degré moindre, l’histoire de la première obser¬ 
vation de notre premier groupe, à cette diffé¬ 
rence près que l’hyperthyroïdie est fruste et 
n’atteint pas le complet développement qu’elle 
a eu dans cette observation. 


Cette étude est une démonstration à ajouter 
à toutes celles qui signalent les dangers de la 
tuberculophobie et les difficultés du diagnostic 
différentiel de la tuberculose pulmonaire. Elle 
montre une fois de plus ce que je vous ai dit bien 
des fois déjà, à savoir que ce diagnostic diffé¬ 
rentiel nécessite la mise en œuvre de tous les pro¬ 
cédés d’exploration dont dispose la clinique et 
la recherche de tous les groupes désignés phy¬ 
siques et de symptômes généraux et fonctionnels, 
qui doivent se contrôler les uns par les autres. 
Des troubles fonctionnels et généraux qui mar¬ 
quent l’évolution de la tuberculose ne lui appar¬ 
tiennent pas en propre. Ils n’ont de valeur que 
s’ils ont pour substratum une localisation nette¬ 
ment décelée par les signes physiques. Cette étude 
n’aura pas été inutile tout à fait si elle vous laisse 
dans l’esprit cette notion si importante dans la 
pratique, à savoir que, aux deux extrêmes de la 
vie génitale de la femme, vous devez toujours 
songer, en présence de certains de ces troubles 
fonctionnels et généraux, à l’hyperthyroïdie et 
n’admettre la présence de la tuberculose pulmo¬ 
naire que si elle fait sa preuve. 

SOCIÉTÉS SAVANTES 

SOCIÉTÉ DE C HIRURGIE 

Séance du 7 juillet 1920. 

Traitement des Infections chirurgicales par le bouillon 
de Delbet. — M. Rouvnj.ois a traité plusieurs anthrax de 
la nuque et du dos avec des résultats analogues à ceux 
qui ont été communiqués j récédemment par d’autres 
chirurgiens. 

M. Descomps a utilisé ce traitement dans 17 cas, dix 
fois dans des infections localisées (adénites, furonculose, 
anthrax, phlegmon mammaire, etc.) avec des résultats 
remarquablement constants; trois fois dans des infections 
septicémiques avec résultat nul (ce qui avait déjà été 
■signalé par M. Delbet) ; deux fois dans des états septlco- 
pyoliémiques avec un excellent résultat. M. Descomps 
insiste sur ces deux observations parce que jusqu’ici il 
n’en a pas été produit d'analogues. II s'agissait, d’une 
scptico-pyohémie succédant à un phlegmon périnéphré- 
tique avec apparition d’un nombre considérable d’abcès 


MEDICAL 24 Juillet ig'20. 

métastatiques (150 environ) et d’une autre succédant à’ 
une arthrite suppurée du genou. IJuns lès deux cas, amé¬ 
lioration progressive très nette et guérison alors que l’état 
paraissait désespéré. 

Traitement dos lésions tuberculouses par la méthode 
sclérogène (injections de chlorure de zinc au dixième). 

•— MauclajRE. a recours à ce traitement et.cn obtient 

les meilleurs effets dans les formes hydartlîrosiques. 

JI. WAI.TIIER en est très satisfait également pour traiter 
les lésions ostéo-articulaires. .’ . . 

Ligature de la carotide primitive pour exophtalmos pul¬ 
satile. — II. LenorMant, avec M. Petit-Dutaii.i.is, a 
dû.lier la carotide primitive pour exoplitalmos pulsatile 
succédant à une hémorragie secoi daire chez un blessé 
de la région pariétd-frontale gauche, sept jours après la 
blessure. Pas de troubles cérébraux; l’exophtalmos pul¬ 
satile n’a pas reparu. 

Invagination Intestinale par divertioule de Meokel. — 

M. Fabre (de Verueuil) (rapport de M. Savariaud) a 
obsevé l’invagination du grêle dans le grêle sur une lon¬ 
gueur de 16 centimètres au niveau du segment terminal. 
Quatre centimètres n’ont pu être désinvaginés ; il a fallu 
réséquer. Mort. Dansla pièce, on a trouvé le diverticule de 
Meckel, enflammé. Il y a eu invagination chronique avec 
petites crises d’obstruction, puis invagination aiguë avec 
occlusion qui a provoqué l’intervention. 

Danger du drainage filiforme dans les abcès froids tu¬ 
berculeux. —- M. CapETTe a observé deux tuberculeux 
(un-abccs froid costal, un pottique) porteurs de sétons de 
crins de Florence placés dans d’autres hôpitaux. Dans les 
deux cas, infection mixte caractéristique ; le pottique est 
mort cachectique, en trois mois. 

■ M. Broca, rapporteur, montre le danger de cette pra¬ 
tique lamentable, l’infection secondaire, d’autant plus 
grave qu’on a affaire à un foyer plus profond. 

Hypospadias péno-scrotal traité par tunellisation du 
pénis et du gland et tapissage du tunnel par un lambeau 
préputial. — M. Martin (de Toulouse). Rapport de 
M. Marion. 

Traitement dos ulcères perforés du duodénum. — 

M. Roux-Berger (rapport de M. Lkckniî), après avoir 
suturé un ulcère dù duodénum, en présence du rétrécis¬ 
sement créé par les sutures, a fait une gastro-entéro¬ 
stomie postérieure. La malade ayant succombé, on a pu 
vérifier quela gastro-entérostomie était absolument indis¬ 
pensable, en raison du rétrécissement de la .première .por¬ 
tion du duodénum. 

Kystes hydatiques suppurés du foie et du mésocôlon. — 
MM. Brun (de Tunis) et Braqueiiaye ont formolé, 
ouvert, extirpé et refermé sans drainage cinq kystes hy¬ 
datiques suppurés. Guérison sans accidents. 

M. LücEne, rapporteur, fait observer que cette pra¬ 
tique n’est pas absolument nouvelle et que de plus elle 
n’est pas exempte de dangers. Il faut distinguer entre les 
différents kystes hydatiques suppurés ; il y en a de peu 
virulents et c’est à des cas de ce genre que les auteurs ont 
eu sans doute affaire. Il y en a de franchement phleg- 
moneux, chauds, qu’on ne saurait sans danger refermer ; 
il serait bon, en tout cas, -avant d'expérimenter la ferme¬ 
ture sans drainage dans ces cas, de commencer par fermer 
tout en fixant à la paroi. 

M. Quif nu rapproche des cas observés ci-dessus les 
épanchements suppurés, peu virulents qu’on peut obser¬ 
ver dans la poche, après l’extirpation. H suffit d’une 
ponction pour les évacuer et les guérir. 

M. Broca, comme les orateurs précédents, distingue 
entre les différents kystes suppurés et fait observer que 
liquide puriforme ne veut pas toujours dire suppuration. 

M. Delbet s’associe à ces réserves. 

M. Dujarier n’aurait jamais l’idée de fermer un kyste 
véritablement suppuré, fébrile ; mais il a souvent fermé 
des kystes à contenu puriforme, sans grande fièvre. 

Pleurésie appendiculaire..— M. Lepouïre (de Lille). 
Rapport de M. Dujarier. 

Traitement des cancers testiculaires. — M. Descomps 
préfère l’opération large avec dissection systématique 
de toute la lame adipo-lympho-gangliounaire depuis le 
fond des bourses jusqu’au pédicule rénal — ce qui n’est 
pas à comparer avec la cueillette au hasard de ganglions 
supposés malades — à la castration simple, qui cependant 
peut donner des succès très certains. 

Traitement des fractures par la prothèse métallique. — 
M. TUPFIER s’est servi de tous les modes de contention 
des fragments, surtout des plaques et des agrafes. Les. 
plaques ont constitué un progrès, mais elles font partie du 
matériel non résorbable, et ou doit leur préférer les maté¬ 
riaux résorbables, notamment l’os. JEAN Madier. 


Le Gérant: J.-B. BAILLIÈRE. 


7855-20. — Corbeii,. Imprimerie CrêtA. 




R. LUTEMBACHER.— LES ARYTHMIES DESORDONNEES 85 


LES ARYTHMIES 
DÉSORDONNÉES 

DIAGNOSTIC DE L'ARYTHMIE 
COMPLÈTE 


le B' R. LUTEMBACHER 

Les anciens auteurs avaient isolé une forme 
<1’arythmie qu’ils désignaient sous le terme de 
delirium cordis et que caractérisait l’irrégularité 
extrême du rythme cardiaque. 

Ils avaient remarqué que cette forme d’aryth¬ 
mie une fois constituée est définitive, de telle 
sorte qu’il leur parut légitime de lui donner le 
nom de « pouls irrégulier perpétuel ». Des recher¬ 
ches ultérieures démontrèrent que ce caractère évo¬ 
lutif, malgré sa fréquence, est cependant incons¬ 
tant, et l’on dut rejeter l’épithète de perpétuel. 

Cette forme d’arythmie ne fut bien identifiée 
que lorsque l’on eut précisé sa nature et son subs¬ 
tratum anatomique. On la désigne actuellement 
par le nom à!arythmie complète. Elle est engendrée 
par des altérations fonctionnelles ou dégénéra¬ 
tives graves des oreillettes qui les mettent en état 
de fibrillation. 

L’arythmie complète ainsi comprise n’est qu’une 
forme, la plus fréquente peut-être, des arythmies 
désordonnées. Il en est d’autres dans lesquelles 
la fibrillation des oreillettes n’intervient pas. Elles 
sont uniquement déterminées par des troubles 
d’excitabilité et de conductibilité. 

L’irrégularité extrême du pouls ne suffit pas 
pour affirmer l’existence d'une arythmie complète. 
Nous chercherons dans cette étude à établir la 
distinction théorique et pratique de ces diverses 
formes d’arythmies désordonnées. Leur identi¬ 
fication précise est de toute importance pour la 
clinique, chacune d’elles ayant une signification 
propre qui nous permet de faire la part des 
troubles d’excitabilité, de conductibilité, de 
contractilité et de localiser les lésions dans le 
myocarde auriculaire, ventriculaire ou dans le 
faisceau primitif. 

I.— L’arythmie complète. 

Nous rappellerons toutd’abord ce qu’est l’aryth¬ 
mie complète dans sa forme pure. Anatomique¬ 
ment, elle est engendrée par une altération fonc¬ 
tionnelle ou dégénérative grave des fibres auricu¬ 
laires telle que celles-ci sont animées d’un trem¬ 
blement fibrillaire qui rappelle celui des fibres 
.striées en voie de dégénérescence. Elles cessent de 
N’ 31. — 31 Juillet igio. 


se contracter synergiquement, de sorte que les 
oreillettes, sans être complètement paralysées, 
sont physiologiquement inactives. 

La suppression de l’activité musculaire des oreil¬ 
lettes est sans conséquence grave pour la dyna¬ 
mique circulatoire, leur rôle n’est que secondaire; 
la cavité des oreillettes mêmes continue à se bien 
vider tant que les ventricules se contractent vigou¬ 
reusement. 

Mais l’état de fibrillation auriculaire apporte 
des perturbations considérables dans le rythme 
cardiaque. Le cœur, en effet, n’est pas seulement 
composé d’éléments musculaires, il est en quelque 
sorte doublé par un système de fibres spéciales 
ayant les propriétés des tissus nerveux, qui 
assurent sa contraction rythmique. Ces fibres 
naissent au sinus, au nœud de Keith et Flack ; 
s’éparpillent en un certain nombre de fibrilles qui 
traversent, les oreillettes sous l’endocarde ; ces 
fibrilles se rassemblent au nœud de Tawara pour 
former la partie tronculaire du faisceau primitif, 
c’est le faisceau auriculo-ventriculaire, qui se 
divise en deux branches, chacune d’elles se subdi¬ 
visant dans les deux cavités ventriculaires. 

Les lésions qui frappent les oreillettes intéressent 
non seulement les fibres musculaires, mais aussi 
le système primitif dans sa traversée auriculaire ; 
à ce niveau, nous l’avons dit, il est représenté 
par d’assez nombreuses fibrilles ; au cours de 
l’arythmie complète, ces dernières ne forment plus 
un réseau continu, elles sont anatomiquement ou 
physiologiquement fragmentées en de nombreux 
petits segments. 

Comment, dans ces circonstances, naît et se pro¬ 
page le stimulus qui déclenche la contraction des 
cavités cardiaques? Le stimulus sinusal ne peut 
traverser la partie auriculaire du faisceau ainsi 
morcelé, il cesse donc de diriger le rythme car¬ 
diaque. 

Des stimuli multiples, désordonnés et de force 
inégale, naissent à tout instant dans la partie auri¬ 
culaire du faisceau qui dégénère ; chaque petit 
fragment de tissu primitif forme autant de centres 
autonomes, en état d’irritation constante. C’est de 
ces foyers que vont naître les stimuli désordonnés 
qui dirigeront désormais le rythme du cœur. 

. Ces stimuli ne sont pas seulement anormaux 
par le fait qu’ils naissent hors du sinus, ils se 
distinguent des stimuli extrasystoliques qui 
tirent quelquefois leur origine de cette même partie 
auriculaire du faisceau. Le stimulus hétérotope 
et prématuré de l’extrasystole né dans un faisceau 
auriculaire intact en quelque point que ce soit, se 
transmet aussitôt à l’ensemble du faisceau auri¬ 
culaire et provoque la contraction synergique de 
N° 31 




86 


PARIS MEDICAL 


toutes les fibres musculaires de l’oreillette, c’est- 
à-dire une systole effective de celle-ci. 

Au cours de la fibrillation, des stimuli multiples 
naissent dans un réseau auriculaire fragmenté ; 
un grand nombre, à défaut de connexions, meurent 
sur place, d’autres interfèrent entre eux, quelques- 
uns seulement se frayent un passage jusqu'au 
faisceau auriculo-ventriculaire : là encore, beau¬ 
coup sont arrêtés, les plus forts seuls atteignent 
le ventricule. 

1/action de ces stimuli sur. le myocarde auri¬ 
culaire est tout autre que celle du stimulus extra¬ 
systolique; ils n’engendrent que des contractions 
fibrillaires désordonnées, asynergiques, qui n’abou¬ 
tissent pas à une systole effective des oreillettes. 

Quelque soit donc le caractère désordonné d’une 
arythmie extrasystolique de type auriculaire, on 
ne peut théoriquement la confondre avec l’aryth¬ 
mie complète : dans un cas, les oreillettes se 
contractent ; dans l’autre, elles sont en état de 
fibrillation. 

Nous avons dit qu’un petit nombre seulement 
des stimuli nés dans les oreillettes se transmettent 
jusqu’aux ventricules. Ees systoles ventriculaires 
qu’ils provoquent sont irrégulières dans leur hau¬ 
teur et leur espacement, sans qu’il y ait de rapport 
constant entre la longueur de la pause diastolique 
et la hauteur de la pulsation qui la suit. Une pulsa¬ 
tion forte peut succéder à une pause diastolique 
courte et inversement. 

Un tel cardiogramme semble dénoter une per¬ 
turbation profonde des propriétés fondamentales 
du cœur, et cependant l’irrégularité des stimuli 
nés dans les oreillettes en fibrillation, et surtout 
leur force inégale suffit pour déformer le cardio¬ 
gramme sans qu’interviennent les troubles de 
conductibilité ou de contractilité. 

Ea distinction théorique entre l'arythmie com¬ 
plète et les arythmies désordonnées par troubles 
de conductibilité ou d’excitabilité est donc bien 
établie. En pratique, leur diagnostic offre des dif¬ 
ficultés très inégales, suivant les circonstances. 
Nous étudierons successivement à ce point de vue 
les arythmies désordonnées par blocage simple, 
par extrasystole, par « flutter ». 

II.— Diagnostic des arythmies désordonnées. 

A. Arythmies désordonnées par blocage 
simple. — Des troubles légers de conductibilité 
gênent la progression du stimulus sinusal à tra¬ 
vers le faisceau de His, sans l’entraver complète¬ 
ment. Celui-ci continue à diriger le rythme ventri¬ 
culaire sans que le centre autonome intervienne. 

Ea traversée du faisceau est plus ou moins 
longue, suivant que le trouble de conduction 


31 Juillet IÇ20. 

s’atténue ou s’exagère. Ee passage même des 
stimuli fatigue en quelque sorte le faisceau, l’es¬ 
pace ac s’allonge jusqu’à ce que toute conduction 
devienne momentanément impossible. Ee stimu¬ 
lus sinusal est bloqué. A la faveur de cette pause 
ventriculaire, le faisceau récupère sa conducti¬ 
bilité et le cycle recommence. Cette succession de 
pulsations plus ou moins retardées et de pauses 
ventriculaires donne lieu à des arythmies pério¬ 
diques ou à des arythmies désordonnées (fig. 1). 

Celles-ci simulent, à l’auscultation, la brady¬ 
arythmie complète, mais l’erreur se dissipe si 
l’on prend soin de recueillir des tracés : ou 
retrouve toujours des ondes a bien formées, 
marques évidentes de l’activité auriculaire. 
E’interprétation des phlébogrammes ne devient 
difficile que dans les cas où des troubles d’excita¬ 
bilité s’ajoutent au défaut de conduction. 

B. Arythmies désordonnées par extra¬ 
systoles. — Des extrasystoles nombreuses, 
interrompant à tout instant le rythme sinusal, 
se mêlant à des « bouffées de tachysystolie », 
déterminent un tel désordre des pulsations que, 
sans le secours des méthodes graphiques, on 
conclurait à tort à une arythmie complète. 

E’analyse des tracés est simple quand les bouf¬ 
fées de tachysystolie s’isolent nettement des extra¬ 
systoles et dés reprises du rythme sinusal. 

Elle est plus complexe lorsque ces accidents 
s’intriquent et lorsque le foyer d’origine des stimuli 
hétérotopes subit de continuels va-et-vient sur le 
trajet du faisceau auriculo-ventriculaire les extra¬ 
systoles étant alternativement de type nodal ou 
supranodal (fig. 2, 3 et 4). 

Cependant, les reprises du rythme sinusal, l’ap¬ 
parition d’extrasystoles supranodales permettent 
de retrouver des ondulations a, et d'affirmer que 
la contraction auriculaire reste effective. 

E’analyse des tracés devient impossible, si les 
extrasystoles sont de type nodal et si les reprises 
du rythme sinusal sont très rares. 

En effet, nos méthodes d’investigation clinique 
ne sont pas celles de l’expérimentation. Chez 
l’animal, lorsque le thorax est ouvert, alors même 
que la contraction des oreillettes et des ventri¬ 
cules est simultanée, la systole auriculaire n’en 
est pas moins visible et facile à enregistrer isolé¬ 
ment par la méthode dite de suspension. 

Sur les phlébogrammes, on n’inscrit pas les 
variations de pression dans chaque cavité car¬ 
diaque, les ondes né se dissocient que si elles ne 
sont pas simultanées. 

Or, avec les extrasystoles nodales, les ondes 
a et c sont fusionnées ; dans un grand nombre 




























































PARIS MEDICAL 


31 Juillet 1920 

d’extrasystoles auriculaires, l’onde a prématurée 
se confond avec l’onde v précédente. 

Dans ces circonstances, si les extrasystoles se 
poursuivent nombreuses, on ne peut retrouver la 
marque de l’activité auriculaire et rejeter l’hypo - 
thèse d’une arythmie complète, d’autant qu’on a 
signalé, au cours de celle-ci, des réapparitions 
accidentelles de l’onde a. 

Pour trancher ces difficultés, on a voulu trouver 
dans la forme ventriculaire du pouls veineux une 































R. LUTEMBACHER. — LES ARYTHMIES DESORDONNEES 89 


preuve indirecte de l’inactivité des oreillettes, Da 
fermeture des valvules auriculo-ventriculaires se 
fait mal, si elle n’est pas préparée par un acte 
auriculaire. Il existerait, dans l’arythmie complète, 
une insuffisance fonctionnelle analogue à celle que 
l'on observe dans les pouls lents avec dissociation. 
Cette hypothèse est légitime, mais le léger reflux 
tricuspidien qui se produirait dans ces conditions 
n’atteindrait pas la jugulaire et s’épuiserait dans 
l’oreillette tant que celle-ci se viderait bien. 

En réalité, le pouls veineux ventriculaire dépend 
de la stase auriculaire, et c’est pourquoi ou l’ob¬ 
serve si souvent chez les cardiaques asystoliques, 
en l’arythmie complète. 

On ne peut considérer cette forme du phlébo- 
granime comme un signe indirect de l’inactivité 
des oreillettes. D’ailleurs, Clarac a rapporté plu¬ 
sieurs observations d’arythmie complète, dans 
lesquelles les ondes ce tv étaient séparées par une 
encoche. Toutefois, lorsque, au lieu de se limiter à 
une simple encoche, la dépression x est profonde, 
ce fait est toujours l’expression d’une forte dias¬ 
tole auriculaire et suppose la conservation d’une 
systole active de l’oreillette. 

De cardiogramme peut-il nous fournir un 
meilleur élément de diagnostic? C’est ce que 
nous devons envisager maintenant. 

Dans la fibrillation auriculaire, les systoles ven¬ 
triculaires sont irrégulières dans leur hauteur et 
leur espacement, sans qu’il y ait de rapport cons¬ 
tant entre la longueur de la pause diastolique et la 
hauteur de la pulsation qui la suit : une pulsation 
forte peut succéder à une pause diastolique courte 
et inversement. U11 tel cardiogramme dénote une 
perturbation profonde des propriétés fondamen¬ 
tales du cœur. Est-il caractéristique de l’arythmie 
complète et 11e peut-on l’observer dans les ary¬ 
thmies extrasystoliques? 

De cœur, après sa contraction, entre dans un état 
réfractaire et ne récupère que progressivement ses 
propriétés ; c’est pourquoi les extrasystoles sont 
habituellement plus faibles que les systoles, et cela 
d’autant plus qu’elles sont précoces. 

Cependant, Rilil a montré expérimentalement 
que les extrasystoles sont quelquefois plus vi¬ 
goureuses que les contractions normales. Nous 
avons observé le même fait chez l’enfant au cours 
de la diphtérie. Ce dernier, comme l’animal sain, 
possède un myocarde qui sort rapidement de son 
état réfractaire ; dès lors, il suffit que le stimulus 
liétérotope l’emporte en vigueur sur le stimulus 
sinusal pour que la force de l’extrasystole dépasse 
celle des'systoles. Il existe, en outre, dans les 
formes légères d’intoxication diphtérique, un cer¬ 
tain degré d’éréthisme cardiaque avec exagération 


brusque de la force contractile du cœur, qui favo¬ 
rise la production du phénomène. 

D’absence de tout rapport entre la longueur de 
la diastole et la hauteur de la pulsation qui la 
suit n’est donc pas pathognomonique de l’arythmie 
complète. 

Des caractères évolutifs de cette arythmie pré¬ 
sentent une plus grande valeur diagnostique. Une 
fois constituée, elle est le plus souvent définitive ; 
de telle sorte que les anciens auteurs avaient em¬ 
ployé, pour la désigner, l’expression de pouls irré¬ 
gulier perpétuel. Des arythmies extrasystoliques 
ont, au contraire, uiie évolution plus rapide et 
changent rapidement d’aspect. 

Cette règle n’est pas toujours vérifiée. Elle ne 
s’applique qu’aux états de fibrillation liés à des 
lésions organiques chroniques des oreillettes ; 
mais des troubles fonctionnels d’ordre toxique 
engendrent des arythmies complètes paroxystiques, 
semblables à celle que provoque la faradisation 
des oreillettes. 

Inversement aussi, des arythmies désordonnées 
par extrasystoles se prolongent parfois pendant 
plusieurs semaines. 

Seul, l’életrocardiogramme permet d’identifier 
l’arythmie complète dans les formes paroxys¬ 
tiques, en révélant l’état de fibrillation auriculaire. 

C. Arythmies désordonnées par tachy- 
systolie auriculaire ou « fiutter ». — Da 

tachysystolie auriculaire ou « fiutter » n’est 
qu’une forme de la tachycardie paroxystique. 
Celle-ci n’est pas seulement caractérisée par l’accé¬ 
lération extrême du rythme comme la tachycardie 
sinusale, mais encore par l’origine liétérotope du 
stimulus qui naît le plus souvent dans la partie 
auriculaire ou auriculo-ventriculaire du faisceau. 
Ce sont des « extrasystoles massées » qui, au lieu de 
s’intercaler de temps à autre au milieu du rythme 
sinusal, le remplacent complètement pendant un 
temps plus ou moins long. Dans le « fiutter », 
contrairement à ce qui se passe dans la tachycardie 
totale, les oreillettes seules précipitent leur 
rythme ; elles battent à 200 ou 300, alors que les 
pulsations ventriculaires 11e dépassent pas 70 
ou 80. 

Des contractions auriculaires et ventriculaires 
restent cependant solidaires ; il n’y a pas de disso¬ 
ciation complète, mais ce n’est qu’une fois sur 
deux ou trois que le stimulus auriculaire entraîne 
la contraction des ventricules. De rythme ventri¬ 
culaire reste régulier; lorsque le nombre des pul¬ 
sations auriculaires est exactement le double ou le 
triple de celui des ventricules, ou dit qu’il y a 
rythme 2/1 ou 3/1. Mais il existe des « fiutters » 



9 ° PARIS MEDICAL 31 Juillet ig2o 


irréguliers qui rentrent dans l’étude des arythmies 
désordonnées. 

Théoriquement, l'arythmie complète et le flutter 
sont distincts. La fibrillation auriculaire n’abou¬ 
tit pas à une systole effective des oreillettes. Le 
flutter, au contraire, est constitué par la succession 
de contractions rapides, plus ou moins énergiques, 
des oreillettes. 

L’irrégularité du rythme qui caractérise certains 
flutters tient sans doute à ce que les stimuli préci¬ 
pités qui entretiennent la tachysystolie auriculaire 
sont plus ou moins énergiques. En outre, lorsque 
le nombre des battements auriculaires n’est pas 
exactement le double ou le triple des pulsations 
ventriculaires, les stimuli nés dans les oreillettes 
atteignent le faisceau de His et le myocarde ven¬ 
triculaire à des périodes fonctionnelles qui ne sont 
pas équivalentes. Les uns surviennent en plein 
état réfractaire, ils sont bloqués ; les autres sur¬ 
prennent le cœur à un moment où il sort de cet 
état réfractaire sans avoir récupéré entièrement sa 
conductibilité et sa contractilité. Les pulsations 
ventriculaires qui répondent à ces incitations sont 
retardées et plus faibles. 

Comment peut-on pratiquement identifier ces 
flutters irréguliers? Comme la tachycardie paroxys¬ 
tique, ils évoluent par crise : leur début est subit, 
leur terminaison brusque ; ils sont accompagnés de 
palpitations et d’angoisse. 

O11 trouve parfois sur les plilébogrammes la 
trace des battements auriculaires, mais ils sont 
souvent trop rapides et trop faibles pour être enre¬ 
gistrés sans le secours de l’électrocardiograpliie. 

Dans certains cas complexes, le problème reste 
inextricable : il n’est pas toujours possible de 
distinguer sur l’électrocardiogramme la fibrilla¬ 
tion auriculaire et le « flutter ». Toutes les 
transitions existent en effet entre les grosses et 
les fines fibrillations, mais il s’agit là de faits de 
passage. 

Une étroite parenté relie entre elles toutes les 
arythmies auriculaires, et une nouvelle difficulté 
de diagnostic tient à ce qu’elles se succèdent par¬ 
fois avec une grande rapidité. Dans la diphtérie, 
on voit des arythmies désordonnées par extrasys¬ 
toles se transformer en « flutter », en arythmie 
complète, suivant le degré de l’intoxication. 
Schrumpf rapporte que, sous l’influence de la 
quinine, on voit l'arythmie complète se transfor¬ 
mer en flutter. 

Pour cet auteur il n’existe entre l’extrasystolie 
auriculaire, la tachysystolie auriculaire régulière 
ou irrégulière et la fibrillation que des différences 
quantitatives. Ces arythmies sont l’expression d’une 
même lésion de l’appareil nerveux intracardiaque 


intéressant la partie toute supérieure du faisceau 
primitif. Certains auteurs n’admettent plus eu 
effet la multiplicité des foyers d’excitation pour 
expliquer la fibrillation auriculaire. Celle-ci ne 
serait qu’une forme de « flutter » dans lequel la 
fréquence des stimuli nés dans la partie toute 
supérieure du faisceau serait telle que les contrac¬ 
tions auriculaires qu’ils provoqueraient seraient 
trop rapides pour être effectives. Cette conception 
de l’arythmie complète s’applique peut-être à 
certaines formes paroxystiques de fibrillations 
d’ordre toxique : est-elle applicable à toutes, en 
particulier à celles que l’on observe au cours des 
lésions scléreuses et dégénératives des oreillettes? 
Quoi qu’il en soit de ces notions pathogéniques, 
quelle que soit la parenté de ces arythmies, elles 
se distinguent par ce fait que la contraction effec¬ 
tive des oreillettes est conservée dans les unes, 
supprimée dans l’autre. 

III. — Les formes de l’arythmie complète. 

Le diagnostic des arythmies est encore compli¬ 
qué par ce fait, qu’elles se combinent suivant 
des modes variés. 

Dans l’étude comparative des arythmies désor¬ 
données, nous n’avons envisagé jusqu’ici que les 
formes pures de l’arythmie complète, celles dans 
lesquelles l’état de fibrillation auriculaire explique 
à lui seul tous les accidents observés, sans qu’inter¬ 
viennent des troubles de conductibilité ou de 
contractilité: 

Mais, fort souvent, les lésions ne se limitent pas 
aux oreillettes, la fibrillation auriculaire se com¬ 
plique d’altérations plus ou moins graves du fais¬ 
ceau de His ou des ventricules. 

Les troubles de conduction se décèlent aisément 
au cours de l’arythmie complète : la bradyaryth¬ 
mie remplace la tachyarythmie. Les lésions du 
faisceau de His sont-elles plus graves encore, 
la dissociation s’établit ; un rythme autonome 
régulier masque la fibrillation auriculaire. Ces 
transformations de l’arythmie présentent l’avan¬ 
tage de mettre les ventricules à l’abri des trop 
nombreuses incitations qui partent de l’oreillette 
et l’obligent à se contracter presque à vide, mais 
elle n’en indique pas moins une nouvelle extension 
des lésions. 

Quant aux troubles de contractilité qui accom¬ 
pagnent l’arythmie complète chez les cardiaques 
asystoliques, il est impossible de les déceler par 
les méthodes graphiques. L’irrégularité des pulsa- 
sions ne permet pas, comme dans les phénomènes 
d’alternance, de dépister la défaillance du myo- 



G. MILIAN. — SYPHILIS. RÉACTION D’HERXHEIMER 


9i 


carde ; la valeur inégale des stimuli qui naissent 
dans l’oreillette en fibrillation suffit pour déformer 
le cardiogramme. Mais les signes d’insuffisance 
cardiaque, les données radioscopiques mettent 
suffisamment en évidence la défaillance des ven¬ 
tricules et leur état de dilatation. 

On ne saurait trop insister sur la différence 
essentielle qu’il importe d’établir au point de vue 
du pronostic entre la forme pure de l’arythmie 
complète et ses formes compliquées. « Cette va¬ 
riété d’arythmie, dit M. Vaquez à propos de 
l’arythmie perpétuelle, a une singulière fortune. 
Iv’observe-t-on, comme il est si fréquent, au cours 
des états asystoliques, 011 l’estime d’une haute 
gravité ; vient-elle au contraire à être reconnue 
chez des sujets qui semblent par ailleurs indemnes 
de toute affection cardiaque, 011 la considère 
comme de peu de valeur et sans pronostic fâcheux. 
Pourquoi un jugement aussi différent? C’est 
apparemment que l'arythmie perpétuelle, si elle 
est l’arythmie la plus fréquemment rencontrée, 
est aussi la moins connue. » 

Schrumpf admet que la plupart des arythmies 
complètes sans insuffisance cardiaque prononcée 
sont dues au « flutter » et non à la fibrillation auri¬ 
culaire ; dans le flutter, en effet, le travail des 
oreillettes n’est pas perdu pour la circulation. Il 
est possible qu’un flutter irrégulier prenne le 
masque de l’arythmie complète, mais il n’est pas 
douteux non plus que certaines arythmies com¬ 
plètes par fibrillation auriculaire sont indéfiniment 
tolérées. Il suffit pour ce'a que les lésions des 
oreillettes soient isolées. L,e désordre extrême 
du rythme constitue tout le trouble morbide. 
Pes oreillettes ne jouant qu’un rôle secondaire 
dans la dynamique circulatoire, l’état de fibrilla¬ 
tion qui aboutit à leur suppression fonctionnelle 
reste sans conséquence. 

Pes formes graves de l’arythmie complète sont 
des formes compliquées dans lesquelles s’ajoutent, 
aux lésions auriculaires, des altérations du myo¬ 
carde ventriculaire. Aux désordres du rythme 
s’ajoutent tous les accidents de l’asystolie. 

Le ternie d’arythmie totale devrait être réservé 
pour ces formes compliquées de l’arythmie com¬ 
plète, puisque le désordre rythmique résulte d’une 
altération de toutes les propriétés du cœur. 


SYPHILIS 

RÉACTION D’HERXHEIMER 

BIOTROPISME MICROBIEN 


le D' G. MILIAN 

Médiciu de l'hô.dtal Sainl-I,ouis. 

Vobservation suivante est intéressante à plus 
d’un titre. Mais nous la rapportons surtout parce 
qu’elle est un exemple typique, et objectivement 
démontrable, de ce que j’ai décrit sous le nom de 
biotropisme microbien thérapeutique, c’est-à-dire 
de reviviscence d’un microorganisme latent (ici le 
streptocoque) sous l’influence de l’introduction 
dans l’organisme d’une substance médicamenteuse. 

Ce biotropisme microbien explique bien des 
accidents dits toxiques et bien des idiosyncrasies. 
Voici cette observation : 

' G... Marie, âgée de vingt-trois ans, entre le 8 juillet 1919. 
atteinte d’un vaste chancre syphilitique de la région lom¬ 
baire et de sypliilides cutanées maculeuses (roséole), 
papuleuses et croûteuses, extrêmement abondantes, les 
syphilides datant de huit jours. 

Le chancre présente une zone ulcérée centrale, couleur 
chair musculaire, deladimensiou d’unepiècedecinqfrancs; 
et une zone périphérique d’infiltration jambonuée. Il 
s’accompagne d’un gros ganglion inguinal droit. Il 
remonte à un mois et est consécutif à une morsure faite 
un mois auparavant au cours de rapports sexuels. Cette 
lésion avait été prise pour un furoncle. 

Il n’y a pas de lésions muqueuses buccales ou vulvaires. 
Le col de l’utérus est normal. 

Il y a quelques ganglions cervicaux, épitrochléens 
et axillaires. 

G... souffre de la tête surtout le soir et la nuit, et d’une 
insomnie accompagnée de cauchemars. Il existe de 
l’alopéciedela queue des sourcils et les cheveux tombent. 

La température se maintient matin et soir à 37°,9. 
Le système nerveux, le cœur, les poumons sont objecti¬ 
vement sains. 

La malade est en même temps atteinte de gale. 

Les antécédents personnels de la malade sont bons. 

Elle a eu une courte bronchite, il y a trois mois. Elle a 
donné naissance à un enfant à terme aujourd'hui âgé 
de sept ans et bien portant. Elle a fait une fausse couche 
il y a cinq mois, mais cette fausse couche a été voloutai- 
remuit provoquée. 

Une injection intraveineuse de 30 centigrammes^de 
novoarsénobenzol est pratiquée le 12 juillet. Cette 
injection provoque le jour même une violente réaction 
fébrile qui, neuf heures après l’injection, atteintJ41 0 . 
Céphalée, frissons et sueurs accompagnent cet accès. 

Le lendemain, 13 juillet, la température du matin est 
encore à 38°,4. L’éruption est elle-même considérable¬ 
ment modifiée par une violente réaction locale : la partie 
ulcérée du chancre est plus large et plus suintante, tandis 
que la zone papuleuse périulcéreuse est plus éteinte. Le 
reste de l’éruption a subi une recrudescence formidable : 
autour de chaque papule existe une zone érythémateuse, 
de la surface de deux francs, presque urticarienne, qui 
double ou triple l’étendue de l’éruptioné_Cette zone 





92 


PARIS MEDICAL 


érythémateuse conflue aux deux seins; au point que ceux- 
ci, assez volumineux par eux-mêmes, sont rouges en tota¬ 
lité. Les papules elles-mêmes sont devenues presque bul¬ 
leuses, l’œdème soulevant l’épiderme à leur surface. Il 
existe en effet du liquide sous cet épiderme. Examiné 
à l’ultramicroscope, ce liquide n’a pas montré de trépo¬ 
nèmes. La malade éprouve une grande fatigue. Elle 
montre une ligne blanche surrénale évidente. Son 
pouls est à 92. La tension artérielle au Paclion est de 
13,5 Mx-9 Mu. 

Le 1 j juillet le chancre est sec. Les syphilides périchan- 
creuses sont affaissées. Les autres lésions cutanées s’affais¬ 
sent également et sont en voie de décoloration. La tension 
artérielle est de 16-10. 

Le 17 juillet deuxième injection intraveineuse de no¬ 
varsénobenzol (osr,3o), Réaction générale d’Herxheimer 
moins marquée que la précédente : céphalée et frissons 
moins accusés. T. maxima = 40 dix heures après l’injection. 


31 Juillet 1920. 

(of.ts). Injection très bien supportée, avec seulement 
un peu de céphalée et de frissons. 

12 août, extension légère de la plaque érysipélateuse 
vers la hanche gauche. 

14 août, disparition de toute rougeur en dehors du 
sein. Le sein reste gonflé mais moins rouge. 

16 août, injection intraveineuse de novarsén >benzol 
(° er >45)• Très bien supportée. 

18 août, nouvelle poussée érysipélateuse du sein avec 
des douleurs moins fortes que la précédente. 

19 août, propagation vers la région préaxillaire gauche. 

20 août, chute de tout phénomène inflammatoire, 
mais il y a sur le sein.encore tendu, des canaux lympha¬ 
tiques dilatés, orientés en rayons vers le mamelon, trans¬ 
lucides. 

21 août, injection intraveineuse de novarsénobenzol 
(o«,6o). Céphalée, frissons, trois vomissements. Rien au 
sein les jours suivants. 



si 

1 

w 

1 

m 


Si 

ii 



\ | : 

m 


Réaction d’rteixiieimer récidivante. Reprise du syndrome fébrile mais décroissante à trois doses su tessives de o' r ,3o. 
Réapparition à chaque élévation de dose, deux fois à 45, une fois à 60, pour s’éteindre à 75 (fig. 1). 


Le 18 juillet, il n’y a pas de réaction locale. Au contraire! 
chancre et lésions cutanées s’affaissent. 

Le 19 juillet, traînée lymphangitique du coude droit 
galeux, sans exacerbation notable de la température. 

TA ■= 15 Mx-9 Mn. 

Le 23 juillet, rougeur érysipélateuse du sein gauche 
pris et gonflé en totalité. La température s’élève à 
4o°,5. Pendant deux jours la malade est mise au cyanure. 

Le 26 juillet, malgré la dermite érysipélateuse du sein, 
injection intraveineuse de novarsénobenzol (o* r ,3o), 
qui cette fois ne sla/compagne que d’une réaction fébrile 
faible, atteignant à peine 38°. 

Le27, l’érysipèle du sein est à peu près entièrement dis¬ 
paru et le 29 il est expressément noté que le bras droit et 
le sein gauche ont repris leur aspect absolument normal. 
Par contre, le 30, nouvelle poussée érysipélateuse de la 
masse totale du sein, véritable réveil de toute la rou¬ 
geur antérieure, sans aucune excoriation cutanée capable 
d’expliquer une contamination nouvelle. 

Le 2 août, retour du sein à l’état normal. T. = 37°,i. 

Le 4 août, inject'on intraveineuse de novarsénoben- 
;ol (o« r , |s). Céphalée vive, nausées, frissons. T. = 40°. 

5 août, réapparition d'une vive rougeur du sein gauche, 
qui est très douloureux et extrêmement tendu, bien que la 
température ne s'élève qu’à 370,5. La plaque érysipéla¬ 
teuse gagne le thorax et se propage jusqu’au dos. 

7 août, le placard diminue d’étendue, devient moins 
rouge, de couleur plus sombre. A la partie déclive du 
sein, une collection supputée est en imminence, saillante, 
presque fluctuante. 

10 août,rougeur moindre du sein. La collection semble 
se résorber. 

10 août, injeefon intaveineuse de novarsénob-nzol 


26 août, injection intraveineuse de novarsénobenzol 
(o« r ,6o). 

27 août, nouvelle poussée de dermite érysipélateuse du 
sein gauche, alors que celui-ci 11e présente toujours aucune 
éraillure, aucune porte d’entrée, mais beaucoup moins 
marquée qu’aux poussées précédentes. Le scia est néan¬ 
moins toujours gros, presque doublé de volume, tendu; 
toute sa masse paraît infiltrée. Il existe toujours sur 
la peau des saillies linéaires translucides de quelques 
centimètres de long, radiaircment dirigées vers le mame¬ 
lon, qui paraissent des lymphatiques dilatés. 

30 août, injection intraveineuse de novarsénobenzol 
(o« r ,6o). Nausées, un vomissement. Pas de réaction 
inflammatoire du sein les jours suivants. 

5 septembre, injection intraveineuse de novarséno¬ 
benzol (o* r ,75). 

6 septembre, légère réaction inflammatoire du sein qui 
dure quarante-huit heures. 

10 septembre, injection intraveineuse de novarséno¬ 
benzol (o«',75). Une heure après l’injection, le sein gauche 
devient rouge. 

Le 11, le sein est plus rouge encore et surtout plus 
tendu. 

Le 12, la poussée inflammatoire diminue. 

Le 14, le sein reste encore rouge et gonflé. 

17 septembre, injection intraveineuse de novarséno¬ 
benzol (o» r ,75). Sérum Leclainche, 50 centimètres cubes 
sous la peau de l’abdomen. 

18 septembre. Le sein est plus gros et plus tendu, mais 
il 11’y a pas de rougeur. 

23 septembre, injection intraveineuse de uovarsé- 
noben-.ol (o«',75). Au point de la piqûre du sérum de 
Leclainche, presque aussitôt après l’injection iutravei- 







G. MILIAN. — SYPHILIS. RÉACTION D’HERXHEIMER 


lieuse de novarsénotenzol, apparut une plaque érysipé¬ 
lateuse de la dimension d’une paume de main, qui le 
lendemain formait une vaste plaque rouge œdémateuse, 
chaude, très prurigineuse. 

Le 26, la plaque sous-ombilicale pâlit. 

Le 28, elle a fortement rétrocédé et ne laisse qu’une 
pigmentation. 

24 septembre, injection intraveineuse de novarséno- 
benzol (<)««,75). 

29 septembre, iuject'on intraveineuse de mvarséno- 
len ol (o«',9o). 

Cette fois, le sein n’a pas présenté de poussée infl m- 
matoire. Il reste encore rosé et un peu augmenté de 
volume des poussées précédentes. 

La malade sort de l’hôpital le i cr octobre. Pour tâcher 
d’en terminer avec ces poussées érysipélateuses, elle 
reçoit ce jour à nouveau 50 centimètres cubes de sérum 
de Leclainche. 

Or, le 10, elle fit au lieu injecté (face externe de la 
cu’sse droite) une grosse réaction locale occupant toute 
la hauteur de la cuisse et qui tint la malade au lit pen¬ 
dant trois jours. 

Cette malade a fait, le 15 octobre, un gros adénophleg- 
mon claviculaire droit qu’il a fallu inciser et dont le pus 
renfermait du streptocoque en abondance et à l’état 
«le pureté, montrant l’imprégnation streptococcique de 
cette malade. 

Plusieurs points de cette observation méritent 
(l’être mis en relief : 

i° La localisation rare, par morsure sexuelle, du 
chancre syphilitique à la région lombaire. 

2° L’intensité de la réaction d’Herxheimer, 
parallèle d’ailleurs à l’intensité des phénomènes 
éruptifs et qui se manifesta : 

a. Au point de vue général, par une température 
de 41 0 , avec violente céphalée, frissons et sueurs ; 
par sa reproduction à la deuxième injection avec 
40° de température, à la troisième avec 38°, mal¬ 
gré la persistance à même dose de 30 centigram¬ 
mes ; par sa réapparition à chaque élévation de 
doses, deux fois à 45, une fois à 60, pour s’éteindre 
à 751 

b. Au point de vue local, par la turgescence et le 
suintement du chancre ; par l’apparition autour de 
chaque élément papuleux d’un large halo, urti¬ 
cation et, au sommet de chaque papule, d’un 
soulèvement épidermique, véritable bulle, indice 
de la violente exsudation séreuse, intrapapuleuse. 

Il faut souligner l’intensité de ces phénomènes. 
Ici, ils sont visibles et leur existence ne peut être 
discutée. Ils montrent que les viscères cachés 
peuvent produire des réactions analogues, qu’il 
ne faut pas mettre sur le compte de l’intoxication 
médicamenteuse et qui sont justiciables dès lors 
d’une continuation thérapeutique et non de la 
cessation (1). 

3 0 L’apparition au cours du traitement, puis la 


reviviscence à chaque injection, d’une poussée 
de dermite érysipélateuse du sein, exemple des plus 
démonstratifs du biotropisme microbien (2), qui 
explique.nombre d’accidents de la thérapeutique 
arsenicale. 

Sept jours après la première injection de novar- 
sénobenzol, deux jours après la seconde, apparut au 
coude droit une lymphangite tre nculaire, qui, dix 
jours après la première injection, se développait au 
sein gauche. Le sein devenait rouge, gonflé, aug¬ 
menté de volume d’un tiers, chaud, turgescent, 
le tout accompagné d’une température de 4o°,5. 
La poussée érysipélateuse diminua en deux jours, 
mais ne disparut pas, le sein restant encore gros et 
sensible ; à chaque injection de uovarsénobtnzol, 
dans les heures qui suivaient ou le lendemain, lesein 
redevenait turgescent et volumineux pour deux 
ou trois jours ; à l’une des injections, la rougeur 
érysipélateuse se propagea même jusqu’au flanc, 
sur une vaste étendue, pour retomber ensuite. 

4° Cette reviviscence streptococcique s’étei¬ 
gnit après l’injection sous-cutanée de 50 centi¬ 
mètres cubes de sérum polyvalent de Leclainche. 
Le sérum fut administré le même jour que la 
onzième injection de novarsénobenzol. La revi¬ 
viscence streptococcique se produisit encore après 
cette onzième injection, mais s’éteignit définiti¬ 
vement à partir de cette époque. 

I'aut-il voir là une vaccination progressive de 
l’organisme après chaque poussée streptococcique 
dont chacune devenait successivement moins in¬ 
tense? Cela est possible,carj’en ai observé des exem¬ 
ples pour les furonculoses se produisant au cours des 
traitements par l’arsénobenzol. Mais l’intervention 
subite du sérum de Leclainche, suivie de la dispa¬ 
rition subite de ces poussées streptococciques, qui 
jusqu’alors se produisaient systématiquement, 
me paraît d’autant plus le facteur de guérison que 
ce sérum 111’a fréquemment donné d’excellents 
résultats thérapeutiques dans diverses variétés 
d’infections dont le streptocoque 11’était pas exclu. 

5° Huit jours après l’injection de sérum, 
apparition au point piqué d’une vaste plaque 
érythémateuse érysipélatoïde, prurigineuse, immé¬ 
diatement après la douzième injection de novar¬ 
sénobenzol et à son occasion. Une deuxième injec¬ 
tion de sérum faite en un autre point du corps 
(la cuisse), treize jours après la première, pro¬ 
voqua une réaction locale encore plus violente 
que celle survenue primitivement et immobilisa 
la malade douze jours au lit. 

Nous signalons simplement ce dernier fait sans 
chercher à l’interpréter. 


(1) Voy. à ce sujet JVI11.IAN, La réaction d’Herxheimer (Paris (2) Miman, Erythèmes, arsénobenzol et rubéole [Paris mW- 
mcdical, 15 nov. 1913, page 537). cal, 11 août 1917, page 131). 



94 


PARIS MEDICAL 


ACTUALITÉS MÉDICALES 

Signe de Babinski et température des 
pieds. 

D’après Noica et A. Radoirci (Rcv. neurolog., 1919. 
ii° 12), la température locale de la plante du pied influe 
sur la production du signe de Babinski. De refroidisse¬ 
ment de cette région fait diminuer ou disparaître le 
phénomène en question ; il en est de même de l’anesthésie 
au chlorure d’éthyle, même dans les cas où la région était 
primitivement insensible. Par contre, en réchauffant les 
pieds, on peut faire apparaître le réflexe de Babinski dans 
des cas où il semblait faire défaut. D'ailleurs, Babinski et 
Fromentontdéjà signalé (1916) la réapparition du réflexe 
plantaire normal en flexion chez un blessé de guerre, après 
l'immersion des pieds pendant un quart d'heure dans 
l’eau à 40 0 . Il résulte de ces faits, qu’il convient de 
rechercher le signe de Babinski chez les malades couchés, 
dont les pieds sont maintenus chauds par les couvertures, 
surtout pendant les saisons froides. D. B. 

Etudes expérimentales sur le 
pneumothorax. 

D’introduction du pneumothorax artificiel dans la 
thérapeutique de la tuberculose pulmonaire a attiré de 
nouveau l’attention des médecins sur l’élasticité des 
parois de la cavité pleurale et sur la mesure de la capacité 
de cette cavité. D'après E. Rist et A. Stroih, (Ann. de 
méd., 1919, n° 5), quand on introduit du gaz dans la 
plèvre eu observant à chaque instant la pression existante 
dans la cavité pleurale, 011 peut, eu portant en abscisses 
les quantités de gaz introduites, et en ordonnées les 
pressions intrapleurales constatées, construire mie 
courbe qui renseigne sur la manière dont se comporte la 
cavité pleurale. D’examen de ces courbes montre que les 
membranes pleurales se comportent très différemment 
selon le nombre et la solidité des adhérences patholo¬ 
giques qui unissent les deux feuillets de la plèvre. Des 
variations dans l'inclinaison de la courbe renseignent 
sur la rapidité de progression du gaz par la mise en jeu 
de l’élasticité propre du poumon ; un redressement 
brusque indique le moment où le décollement des deux 
feuillets séreux est terminé, et le degré d’inclinaison de 
cette partie de diagramme permet d’estimer le degré de 
rigidité des parois de la cavité ; de même, une chute 
brusque de la courbe indique un accroissement soudain 
de la cavité pleurale par suite de la rupture d’adhérences. 

De procédé proposé par Bard, en 1901, pour évaluer le 
volume d’un pneumothorax, donne des résultats complè- 
■ teiuent inexacts, parce qu’il ne tient pas suffisamment 
compte de l’élasticité des parois de la cavité pleurale. Eu 
pratique, dans le pneumothorax artificiel, les renseigne¬ 
ments d’ordre morphologique fournis par l’examen 
radioscopique constituent des données très suffisantes 
sur le volume de gaz restant dans la cavité pleurale. 

D. B. 

Septicémie streptococcique avec ictère. 

E. Quénu, G. Kuss et M. Brui,É ont observé (Rev. de 
chir., sept.-oct. 1919), chez une femme de soixante-sept 
ans, ayant eu déjà plusieurs poussées d’ictère, un ictère 
léger accompagné de fièvre à grandes oscillations rap¬ 
pelant la fièvre bilioseptique. Des caractères de la courbe 
thermique joints à l’ictère pouvaient faire songer à une 
infection des voies biliaires ; mais il n’y avait aucune 
douleur à leur niveau, et le foie était petit. Une collection 
purulente superficielle se développa spontanément dans 


31 Juillet iQ2o. 

la région du dos ; après ouverture et drainage de cette 
collection, les accidents infectieux disparurent. D’hé¬ 
moculture montra la présence, dans la circulation géné¬ 
rale, d’un streptocoque pathogène non hémolytique, 
ayant cette particularité de pousser facilement dans les 
milieux additionnés de bile, ce qui le rapprochait de l’en¬ 
térocoque. De même microbe fut retrouvé dans le pus de 
l'abcès dorsal. 

Il 11e faut donc pas se hâter de porter, eu pareil cas, 
le diagnostic d’angiocholécystite ; la rétention biliaire 
et l'ictère ne font alors que traduire la lésion du paren¬ 
chyme hépatique par l’agent pathogène qui circule dans 
le sang. D. B. 

Le pied des tranchées. 

Bien que le pied des tranchées ne soit plus d’actua¬ 
lité, E. Chauvin a voulu (Rev. de chir., sept.-oct. 1919) 
tirer une conclusion des observations faites sur un mil¬ 
lier de cas. D’après Raymond et Parisot, le pied des 
tranchées est un mycétome, une affection mycosique due 
à un parasite identifié par Vuillemin avec le Scopula- 
riopsis Koningii Oudemans, et on doit lui appliquer le trai¬ 
tement borato-camphré. DaConférence chirurgicale inter¬ 
alliée a adopté cette opinion ; elle a séparé le pied des 
tranchées des gelures vraies, parce qu’il s’observe parfois 
dans des conditions où la température ne descend pas 
à o degré et que, d’autre part, on 11’y constate pas le spha- 
cèle massif qui caractériserait les gelures. On a invoqué 
encore, comme causes occasionnelles ou prédisposantes : 
l’humidité, la gêne de la circulation de retour dans les 
membres inférieurs, l’immobilité dans la station debout, 
le mauvais état général, les dystrophies ou hypotrophies 
des membres inférieurs. 

D’action du froid est seule constante ; le pied des tran¬ 
chées 11’apparaît que dans les saisons froides ; mais il 
n’est pas nécessaire que le froid soit très vif; la durée 
d’action entre en ligue de compte et l’humidité ne cons¬ 
titue ici qu’un facteur de réfrigération. D’autre part, 
l’infection 11'est pas douteuse ; elle peut rester localisée 
et aboutir à la gangrène humide ; elle peut aussi donner 
lieu à une lymphangite gangreneuse, avec plaques se¬ 
condaires de sphacèle superficiel ; elle peut enfin se géné¬ 
raliser sous forme d'une septicémie grave qui relègue 
au second plan la lésion primitive. Mais l’infection est 
surajoutée et secondaire ; le pied des tranchées est une 
froidure, et cette froidure résulte souvent de la réfrigé¬ 
ration intense que subissent les pieds plongés pendant 
de longs jours dans l’eau froide. D. B. 

Traitement électrique et radiothérapique 
des sciatiques. 

Des procédés très nombreux de physiothérapie sont 
usités dans le traitement des sciatiques ; depuis les moyens 
mécaniques, élongation et injections d’air, jusqu’aux 
modalités électriques les pins variées : faradisation, étin¬ 
celle électrique, courant continu, introduction d’ions 
analgésiques dans le membre douloureux, bains de lu¬ 
mière, applications thermiques et radiothérapie. A. Ziu- 
MERN a spécialement étudié (Journ. de radiol. et d’élcc- 
trol., 1919, n° 12) le traitement électrique et radiothéra- 

U’ancienne distinction entre la sdatique-névralgie 
et la sciatique-névritc est abandonnée. Abstraction faite 
des sciatiques secondaires, ou parasciatiques, Zimmcm 
admet, avec Sicard, que la sciatique vulgaire résulte le plus 
souvent d’une irritation des racines du nerf eu aval de la 
dure-mère (funiculite de Sicard), irritation vraisembla- 





SOCIÉTÉS SAVANTES 


■ blement provoquée par une arthrite vertébrale propagée 
au trou de conjugaison ; ce qui explique les heureux ré¬ 
sultats de la radiothérapie radiculaire. 

Certaines méthodes électriques de traitement ont une 
action uniquement analgésique, ha plus employée de ces 
méthodes est le courant continu, dont l'application est 
soumise aux trois principes suivants : hautes intensités, 
de 50 à roo milliampères ; faible densité, et par consé¬ 
quent larges électrodes ; longue durée d'application, qui 
ne doit pas être inférieure à quarante minutes. L’intro¬ 
duction électrolytique des médicaments (improprement 
appelée ionisation), en particulier de l’ion salicyle, est éga¬ 
lement usitée, et donne des résultats variables. L’air chaud 
a, par contre, une action sédative manifeste. 

La médication révulsive semble plus puissante que la 
médication analgésique. H faut renoncer aux pratiques 
douloureuses de la faradisation avec le pinceau de Du- 
chenne de Boulogne, de l’étincelle statique, etc. Aux 
pointes de feu et aux pulvérisations de chlorure de mé¬ 
thyle, il convientde substituer les douches d’air chaud sous 
pression, l’électrode coudensatrice de Oudin ou les élec¬ 
trodes à vide de Mac-Intyre. Ces méthodes révulsives ne 
doivent être appliquées d’abord qu’à doses modérées, 
surtout .dans les périodes aiguës de la sciatique. 

Le moyen thérapeutique le plus efficace est certaine¬ 
ment la radiothérapie radiculaire, pratiquée sur les gout¬ 
tières vertébrales, au niveau des 4 0 et 5® vertèbres lom¬ 
baires, des i 1 ® et 2° sacrées. On utilise un rayonnement 
très pénétrant, correspondant aux numéros 8, 9 ou xo du 
radiocliromoinètre de Benoist, avec filtre de 2 à 4 milli¬ 
mètres. Avec 2 H par séance, et en répétant cette dose trois 
fois en moyenne, l’amélioration s’installe progressivement. 
Si le résultat est incomplet après une première série de 
trois séances, il faut attendre huit ou dix jours et re¬ 
prendre ensuite une série, en élevant la dose à 3 H ou 
même à 5 H par séance. La radiothérapie radiculaire doit 
être employée sans adjonction d’autres procédés élec¬ 
triques ; en attendantla 6édation procurée par les rayons, 
on conseillera l’aspirine, l’antipyrine ou la phénacétine. 

L. B. 

Les Anophèles dans les Ardennes. 

La guerre a fait naître de petits foyers épidémiques de 
paludisme sur le frout français. G. PÉJU, qui a signalé, 
en 19x8, un de ces foyers en Argonne, a étudié plus ré¬ 
cemment (Bull, de la Soc. de pathol. exotique, 1920, n° 1) 
la répartition des Anophèles dans les Ardennes. De fin 
mars au 15 octobre 19x9, il avait rénni 5 000 échantillons 
de cette variété de moustiques. Les foyers principaux où 
se groupent les Anophèles sont : x° les rives de l’Aisne et 
de ses affluents (la Retourne, la Suippe, le Py), dès leur 
entrée dans les Ardennes ; des gîtes à larves s’y trouvent 
en assez grand nombre ; il en existe même le long du 
canal de la Vesle, jusqu’aux portes de Reims : 2° les rives 
de la Bar, de son origine à la Meuse ; quelques échantil¬ 
lons d’Anophèles ont été recueillis aussi sur les rives du 
canal des Ardennes ; ces deux foyers prolongent vers le 
nord le foyer .de l’Argonue ; 3 0 les rives de la Meuse, de 
Stenay à Mézières; mais les larves y sont peu nombreuses; 
Mézières paraît être moins un foyer d’anophélisme qu’un 
centre important d’hibernation d'Anophèles ; 4 0 le vallon 
boisé occupé par le modeste village de Sécheval ; on y 
trouvait, en juin et juillet, 17 p. 100 d'Attonophcles macu- 
îipennis et 2,5 p. 100 d ‘Anopheles bifurcatus contre 
80 p. 100 de Culex ; 5® enfin, au nord des Ardennes, le 
plateau élevé et marécageux de Rocroi, où on a recueilli, 
à la même époque, 61 p. 100 A’Anopheles maculipennis, 


95 

et 22 p. A'Anopheles bifurcatus contre 17 p. 100 seulement 
de Culex ; ce dernier foyer a de larges prolongements 
versHirson et la frontière belge. Les Anophèles se trou¬ 
vent dans les maisons et les étables, où ils hivernent en 
grand nombre ; les larves vivent dans les mares et les petits 
étangs. 

Le paludisme, qui sévissait encore, à une époque peu 
éloignée, dans les Ardennes, a disparu devant les progrès 
de l’hygiène; on n’y observe plus de cas autochtones de 
fièvre palustre ni la grosse rate infantile qui est la mani¬ 
festation habituelle du paludisme endémique ; mais les 
Anophèles y persistent. La rigueur du climat rend ici 
l’anophélisme peu dangereux ; il est prudent, toutefois, 
d’écarter les paludéens de ces centres d’Anophèles, sous 
peine de voir éclore çà et là de petits foyers de paludisme. 

L. B. 


SOCIÉTÉS SAVANTES 

ACADÉMIE DES SCIENCES 

Séance du X2 juillet 1920. 

La fièvre aphteuse et la production laitière. — M. Por¬ 
cher, dans une note lue par M. Roux, montre que l'on a 
tort de ne pas traire les vaches atteintes de fièvre aph¬ 
teuse. II s'ensuit une rétention lactée qui aura pour con¬ 
séquence de réduire ultérieurement la quantité de lait 
qu'elles sont capables de produire. Bien que leur lait soit 
inutilisable, il importe néanmoins de traire ces vaches 
régulièrement. 

Action de la chloroplcrlne sur les ferments solubles. — 
MM. Gabriel Bertrand et Rosenbach ont déjà rapporté 
l’action de la chloropicrine sur les végétaux et les ani¬ 
maux; ils ont montré que ce gaz arrête le développement 
des microorgauismes. Ils exposent dans leur note que 
cette action est nulle sur les ferments solubles. 

Les céphalopodes des grands fonds marins. — Dans une 
étude présentée par le prince de Monaco, M. Joubrin 
décrit les caractères des céphalopodes recueillis au cours 
des croisières océanographiques de 1898 à 1910. Ces 
grands mollusques ont été péchés à des profondeurs va¬ 
riables, jusqu’à 5 000 mètres. 

Pour la première fois, l'auteur a rencontré un céphalo¬ 
pode, le Melanotcuthis lucens, portant sur la face dorsale 
deux organes lumineux de fortes dimensions. Générale¬ 
ment, les organes lumineux sont toujours ventraux chez 
les invertébrés et les poissons marins. Les études de 
M. Joubin portent sur 52 espèces réparties entre 38 genres. 

Action du cuivre sur les végétaux. — M. Haquenne 
examine l’action très puissante des sels de cuivre, surtout 
dusulfate, sur les végétaux. Le cuivre se comporte comme 
une diastase minérale. Il agit à des doses extrêmement 
faibles, de un cent-millionième, équivalant à 1 milli¬ 
gramme de cuivre dissous dans un hectolitre d’eau. Il 
n’existe qu’un très petit nombre de matières minérales 
présentant une pareille action. 

Station assise et travail. — M. de Chardonnet rap¬ 
porte qu'en Amérique, les personnes qui travaillent as¬ 
sises utilisent un siège dont le dossier est mobile et 
s’infléchit à volonté en avant ou en arrière, quelle que soit 
la position du corps. La colonne vertébrale s’appuie donc 
sur un support rigide qui la soutient ; la fatigue est dimi¬ 
nuée et la respiration sen-iblement facilitée. 

Action des radiations solaires. — M. Miramond de 
LaroüTOTTE montre que les rayons chimiques, surtout 
les ultra-violets, sont très peu pénétrants et absorbés de 
suite ; ils peuvent déterminer très vite des effets des- 




PARIS MEDICAL 


96 

tracteurs mais superficiels. Les rayons calorifiques et 
lumineux sont plus pénétrants et ont des effets diffusés 
plus profonds. Pour les plantes, les animaux et les 
hommes, les diverses radiations solaires ont le plus sou¬ 
vent des effets utiles qui s’additionnent et se complètent. 

H. Maréchal. 


SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX 

Séance du 9 juillet 1920. 

Corps anaplasmatlques endoglobulalres dans un Ictère 
splènomégallque. — M. Maurice Renaud. — Il s'agit de 
corpuscules arrondis, de 1 à 3 n de diamètre, qui sont, soit 
une lésion particulière du globule rouge, soit un para¬ 
site de la catégorie des anaplasmes. 

Un cas de nævus du membre supérieur à topographie 
pseudo radiculaire. — MM. Laignel-Lavastine et Tinel 
montrent que la topographie de ce n evus correspond à 
un territoire sympathique. Us mettent aussi en évidence, 
par l’exagération de la contratilité idio-musculaire des 
fibres musculaires lisses des petits vaisseaux, que ce nævus 
résulte d’une paralysie vaso-motrice. C'est donc un syn¬ 
drome sympathique caractérisé par une paralysie sans 
qu’il çxiste du reste aucun trouble des fibres pilo-motrices 
ou sécrétoires. 

Etude sémiologique d’un cas de syndrome de Brown- 
Sequard. — MM. Georges Guillain et LÉCHELEE pré¬ 
sentent un homme atteint d’un syndrome de Brown- 
Sequard typique consécutif à un coup de couteau ayant 
atteint la moelle; la pointe du couteau cassée est d’ailleurs 
restée incluse dans la moelle entre la septième et la hui¬ 
tième vertèbre dorsale, ainsi que le montre la radiographie. 
Dans ce cas. quelques particularités symptomatiques 
méritent d’être signalées. Les troubles de la sensibilité 
osseuse, contrairement à l’opinion classique, existent du 
côté opposé à la paralysie motrice, fait signalé d’ailleurs 
par AL Guillain dans un cas antérieur. Il est à remarquer 
que, malgré une anesthésie tactile, thermique et doulou¬ 
reuse de l’hémi-verge et de l'hémi-scrotum, le sujet per¬ 
çoit les vibrations d’un diapason appliqué sur la peau 
tendue de ces régions ; cette persistance de la seule sensi¬ 
bilité vibratoire sur une zone cutanée sacrée n’a pas en¬ 
core été signalée et peut être rapprochée des faits men¬ 
tionnés par M. Babinski, de conservation de la sensibilité 
dans les zones sacrées lors de certaines lésions médullaires. 
Les réflexes de défense chez ce malade sont très exagérés 
du côté des troubles moteurs et ne sont pas provocables 
du côté anesthésié. L’inversion du réflexe cutané plan¬ 
taire du côté paralysé a une zone diffusée, car il peut être 
déterminé par toute excitation jusqu’au niveau de la 
cuisse. AIAI. Guillain et Léchelle signalent enfin l’élévation 
de la température du côté des troubles sensitifs et une 
augmentation de la tension artérielle maxima de 4 centi¬ 
mètres de mercure du côté anesthésié par rapport au côté 
où existe la paralysie motrice, la tension minium n'étant 
pas modifiée. 

Technique pratique de transfusion veineuse.—MM. Noël 
Kiessinger et Henri Janet présentent un dispositif de 
fortune qui permet l’aspiration rapide à la veine d'une 
grande quantité de sang et qui, par un système de pompe 
aspirante et foulante, permet l'injection de sang citraté 
dans la veine du sujet à transfuser. 

Typho-bacllloso avec érythème polymorphe et conges¬ 
tion pulmonaire aiguë tuberculeuse. — A1 M. G. Caussade 
et Edmond Doumer publient l’observation d’une malade 
qui a marqué le début d’une septicémie tuberculeuse à 
allure de typho-baclllose, longue et sévère, par une 
poussée d’érytlième noueux sur les membres, d’érytliêine 
vésiculeux eii placards sur la face et les mains. Elle a pré¬ 
senté ensuite à la base droite des signes de congestion pul¬ 
monaire ù caractères splénopiieumoniques, avec bacilles 
de Koch dans les crachats lors de sa résolution. Cette 
malade a donc fait la preuve de la nature tuberculeuse de 
son infection, non pas, comme il est classique, par un petit 
épanchement pleural à lymphocytes, mais par une lésion 
pulmonaire tuberculeuse. Il s’agit d’une lésion pulmonaire 
tuberculeuse ù caractères inflammatoires banaux et non 
pas nécrotiques. 

Les signes, physiques, l’expectoration, l’évolution 
franche et rapide du foyer, sa terminaison par la guérison 
complète plaident en faveur d’une telle conception. L’en¬ 
semble des conditions au cours desquelles elle est apparue, 
cette façon d'évoluer et cette terminaison heureuse 
donnent une physionomie particulière ù cette forme de 
foyer pulmonaire congestif aigu tuberculeux. La formule 


31 Juillet IQ20. 

sanguine a été caractérisée par un nombre considérable de 
mononucléaires (48 p. 100), surtout à type de lympho¬ 
cytes (39). Pendant la convalescence, l’intradermo-réac- 
tion a provoqué un élément d’érythème noueux typique. 

Sur la contagion de l’encéphalite léthargique. Atteinte 
successive des trois enfants d’une même famille. — 
AI. Pierre-Paul Lévy rapporte l’histoire de trois enfants 
chez lesquels l'encéphalite a évolué sous trois formes 
différentes. 

L’aînée, âgée de treize ans, fit une encéphalite à forme 
méningée, caractérisée par une céphalée intense et une 
grosse réaction lymphocytaire du liquide céphalo¬ 
rachidien. La mort survint brusquement dans lTiypo- 
thermie. Chez le frère puîné âgé de sept ans, la maladie 
s’était manifestée uniquement par une paralysie du voile 
du palais et du cpnstncteur du pharynx. On avait pensé 
d’abord à une paralysie survenue à la suite d’une diphtérie 
méconnue ; la réaction de Scliick permit d’écarter ce dia¬ 
gnostic et de rattacher la lésion à sa véritable cause. Le 
frère cadet, âgé de cinq ans, fit une forme myoclonique 
assez légère, malgré l’apparition de troubles cardio- res¬ 
piratoires inquiétants. 

Le deuxième cas se produisit quatre mois après le pre¬ 
mier ; le troisième, un mois après le second. Il est difficile 
de fixer, d’après ces observations, la durée approximative 
de l’incubation : si les deux derniers enfants furent 
séparés de leurs sœurs dès le début de sa maladie, d'une 
part ils ont pu conserver le germe dans leur gorge depuis 
ce moment tout en restant sains; d’autre part, durant les 
mois suivants, ils sont restés en contact avec leurs parents 
qui eux aussi pouvaient être porteurs de virus. 

En tout cas, ccs faits confirment l’opinion de AI. Netter 
sur la résistance de ce virus dans l’organisme. 

Les variations d’étendue de la phonendoscopie pulmo 
nalre. — AI. Et. AIay examine l’étendue de l’aire cutanée 
sur laquelle le frottement de la paroi thoracique est perçu 
par l’auscultation à l’aide d’un stéthoscope bi-auriculaire 
que l’on place successivement au sommet, au niveau du 
hile et en pleine base pulmonaire. Chez les sujets normaux, 
le frottement ne s'entend que dans une zone peu étendue 
autour du pavillon du stéthoscope. Cette aire phonendo- 
scopique est très peu modifiée dans les affections qui 
s’accompagnent d’une condensation du parenchyme 
pulmonaire — pneumonie, broncho-pneumonie, conges¬ 
tion pulmonaire, tuberculose à forme ulcéro-caséeuse. Au 
contraire, dans les scléroses pulmonaires, surtout quand 
elles s’accompagnent d’emphysème, l’aire phonendosco- 
pique est parfois très augmentée et peut s’étendre sur 
toute la hauteur d'un ou même des deux poumons. Il 
semble donc qu’il y ait là un signe nouveau, d’une consta¬ 
tation aisée, et qui est de nature à faciliter le diagnostic 
des scléroses pulmonaires. 

Cholécystite chronique traitée par l’urotropine en 
Injections Intraveineuses. — AI. Jean AIinet rapporte 
l’observation d’une malade de trente-trois ans, atteintte 
depuis dix ans de coliques hépatiques subintrantes qui ne 
lui ont laissé que de courtes périodes de rémission. Lae 
malade était prête à se confier au chirurgien, lorsque 
AI. AIinet eut l’idée de lui faire des injections intravei¬ 
neuses d’urotropine. Le résultat fut merveilleux : après 
quinze injections représentant 2i“ r ,25 du médicament, 
tous les signes, objectifs et subjectifs, avaient disparu, 
et la malade retournait chez elle guérie. 

Cette observation mérite d’être retenue et encourage, 
même dans les cas les plus invétérés, à ne recourir à la 
cholécystectomie qu'après avoir essayé l'urotropine en 
injection intraveineuse. 

Un nouveau cas parisien de spirochétose ictérigène, 
forme de transition entre les spirochétoses Ictérlques et 
anictériques. — MM. AIaurice Villaret, H. Bénard et 
Dumont présentent un nouveau cas de spirochétose icté¬ 
rigène contracté à Aubervillers. La particularité de cette 
observation fut la faible intensité et la fugacité de l'ictère, 
qui cependant fut suivi d’une recrudescence fébrile. Le 
diagnostic en fut posé par la spirochéturie constatée au 
vingt et unième jour, et le résultat positif de la séro¬ 
agglutination. Bar contre, les inoculations furent néga- 

Les auteurs rapprochent ce cas de celui qu’ils ont 
publié antérieurement, dans lequel le séro-diagnostic fut 
constamment négatif, mais où par contre l’inoculation fut 
positive. Il n'y a donc pas de parallélisme étroit entre les 
résultats de ces différentes épreuves de laboratoire, et 
celles-ci doivent toujours être pratiquées systéma¬ 
tiquement et au complet, chaque fois qu’on suspecte 
l’existence d’une spirochétose ictérigène. 


Le Gérant: J.-B. BAILLIÎ5RE. 


7865-20. — Corbeil. Imprimerie CréTé. 



L. SAUVÉ. — LA 

REVUE ANNUEEEE 


LA GYNÉCOLOGIE EN 1919 


le 0' Louis SAUVÉ 

Chirurgien des hOpitaus de Paris. 

I,a dernière revue de gynécologie a paru dans ce 
journal en 1913 sous la signature de mon maître, 
collègue et ami Schwartz ; et depuis, malgré le temps 
écoulé, les travaux de gynécologie se sont faits rares, 
tant l’attention était concentrée sur tout ce qui con- 
Cîrnait la pathologie de guerre. Mais depuis que se 
sont terminés les grands événements auxquels nous 
avons assisté, la reprise des travaux gynécologiques, 
ébauchée à la fin de 1918, s’amplifie mensuellement en 
1919 ; et je ne saurais avoir la prétention de relater 
par le menu tout ce qui a paru en igig, mais seule¬ 
ment ce qui m'a semblé le plus important. Je tiens 
néanmoins à rappeler, au début de cette revue, deux 
événements qui illustrent cette reprise de la gyné¬ 
cologie en 1919.Tout d’abord le premier Congrès des 
gynécologues et obstétriciens de langue française, 
tenu à Bruxelles, les 25, 26 .et 27 septembre, magni¬ 
fique et symbolique manifestation de solidarité scien¬ 
tifique dans la capitale de l’héroïque Belgique; ensuite 
la leçon d’ouverture de la Clinique gynécologique du 
professeur J.-B. Faure qui, de cette tribune, fit re¬ 
tentir ces phrases d’un verbe superbe dont on n’est 
pas près d’oublier l’élévation de la pensée ni la magni¬ 
ficence de l’accent, et dans laquelle se trouve précisée 
la comparaison de la gynécologie française et de la 
gynécologie allemande dans des pages désonnais cé¬ 
lèbres. 

De l’innombrable quantité des travaux parus en 
1919 sur une des branches les plus considérables de la 
chinirgie contemporaine, on peut dégager d’emblée 
une idée d’ensemble qui pennet de les classer en deux 
grands groupes : les travaux qui précisent des points 
maintes fois étudiés et discutés, et ceux qui expo¬ 
sent l’application à la gynécologie des méthodes les 
plus récentes de traitement et de diagnostic. D’appli¬ 
cation du radium, des rayons X à la chirurgie des 
tumeurs de l’appareil génital, les méthodes de labo¬ 
ratoire appliquées au diagnostic de la gravidité, la mé¬ 
dication hypophysaire en gynécologie et en obsté¬ 
trique appartiennent au second groupe. L’étude des 
grossesses extra-utérines, particulièrement poussée 
en cette année 1919, le traitement du cancer utérin 
et ses résultats, la technique et les indications des 
hystérectomies pour suppurations annexielles, les 
voies d’abord des organes génitaux par laparotomie, 
l’histologie de lésions jusqu’alors jieu étudiées, telles 
que les chorio-épithéliomes des différents organes 
génitaux, font partie du premier groupe. 

Après avoir signalé ces deux groupes très différents 
de travaux, j’étudierai par organes les différentes 
N° 32. — 7 août 1920. 


9 7 

branches de la gynécologie, eu commençant par 
l’exposé des données^générales (technique, anatomie, 
physiologie) acquises en 1919. 

Données générales (anatomie, physiologie*, 
voies d’accès). 

Jayle a fait paraître en 1918-19 une Anatomie 
morphologique de la femme très intéressante au 
double point de vue artistique et chirurgical ; 
Auvray, Alary, ont rapporté de nouveaux casd’uté- 
rus didelphes ; Kif.ffer (1), étudiant ce qu’il appelle 
l’appareil hémostatique de l’utérus humain, a montré 
que le système veineux hitra-utérin acquiert chez la- 
femme une structure hautement différenciée. Des 
ampoules veineuses se trouvent placées sur la circu¬ 
lation de retour, entre les veines émanant de la mu¬ 
queuse utérhie et les branches convergeant vers les 
veines iliaques ; elles sont entourées' d’un système 
musculaire obturateur qui leur donne la valeur de 
véritables cœurs veineux intra-utérins, formant des 
sphincters qui, au‘moment des contractions utérines, 
collaborent à la tonicité générale de l’organe et, au 
moment de la délivrance, constituent l’appareil 
hémostatique autonome de l’utérus. 

Cet appareil hémostatique n’existe pas chez les 
petits mammifères, apparaît chez les primates et est 
à un haut degré de spécialisation chez la femme. 

De nouveaux cas de pseudo-liermapliroditisme ont 
été rapportés, dont le plus curieux par Ed. Schwartz 
(Acad, de méd., 2 décembre 1919). 

De nombreux travaux ont paru sur la physio¬ 
pathologie de l’appareil génital féminin (2) ; les plus 
nouveaux ont trait aux relations unissant la sécré¬ 
tion interne du lobe postérieur de l’hypophyse et la 
physio-pathologie de l’appareil génital. Eecène et 
Morax l’avaient déjà étudié chez l’homme à la 
Sociétéde chirurgie en novembre 1914 ; Gqndal en a 
donné une étude détaillée dans sa thèse de Paris 
de 1919. L’obésité rapide et progressive, l’atrophie 
des organes génitaux coïncidant avec la disparition 
des fonctions sexuelles et l’impubérisme régressif, 
l’association très fréquente des troubles cérébraux et 
visuels caractérisent ce syndrome adiposo-génital 
d’ordre hypophysaire, que les injections d'extrait de- 
lobe postérieur de l’hypophyse sont parfois impuis¬ 
santes à combattre, et dans lequel la trépanation du: 
sphénoïde et la décompression de la loge hypophy¬ 
saire se sont montrées héroïques dans la belle obser¬ 
vation de Eecène. 

D’autre part, Pquliqt, Schwaab et bien d’autres, 
ont montré le parti qu’on pouvait tirer de l’emploi 

(1) Kieffer (deBruxelles), Acad. méd.de Paris, 13 niai 1919. 

(2) Tilmant, Relations du goitre exophtalmique avec 
l'insuffisance ovarienne ( Presse méd., 21 mars 1919). — 
M lle Gaboriau, Métrorragies essentielles de la ménopause 
Thèse Paris, 1919. — Kaiin, OliésitcVt métrorragies. Thèse 

Paris, 1919- Richardson, Effets de l’hyslérectomie sur les- 

f on étions de l’ovaire. 


GYNECOLOGIE EN 1919 


N» 32 



PARIS MEDICAL 


98 

des extraits hypophysaires en obstétriqueet gynécolo¬ 
gie (Schwaab, Presse méd., 5 juin 1919). Ces extraits 
sont de remarquables excitants de la contractilité des 
muscles lisses, et spécialement du muscle utérin. Ils 
peuvent trouver en "tous temps des indications dans 
les hémorragies utérines: mais, surtout, ils com¬ 
battent efficacement l’inertie utérine au moment de 
la période d’expulsion. On 11e devra pas les employer 
avant le travail, ni pendant la délivrance, ni dé¬ 
passer la dose de oe r ,2o au delà de laquelle ils sont 
toxiques. 

Les voies d’abord par laparotomie ont fait l’objet 
d’un rapport de Rouffart au Congrès de Bruxelles 
(valeur des différentes incisions dans les laparo¬ 
tomies). Rouffart préfère l’incision transversale 
(Pfannenstiel et autres) à la vieille laparotomie 
médiane, à laquelle il reproche d’être inesthétique, 
de se prêter à l’éventration ultérieure, et de ne pas 
permettre le lever précoce des opérées. Cette opinion 
11’a pas rallié la majorité de l’opinion du Congrès au 
cours de la discussion qui s’ensuivit; J.-h. Faure, 
WALTHERSont restésfidèles à la laparotomie médiane, 
seule applicable dans les cas vraiment difficiles ; 
Brindeau, Bégouin, qui l'avaient abandonnée pour 
lui préférer l’incision transversale, regrettent cette 
infidélité et sont revenus à la vieille voie classique, à 
grande raison selon nous. 

Enfin, le lever précoce des opérées et des accou¬ 
chées a fait, au même Congrès de Bruxelles, l’objet 
d’un rapport intéressant deBpuRCART. Ici, l’unani¬ 
mité a été, bien entendu, plus facile, et si la majorité 
des auteurs hésite encore à faire lever les opérées dès 
le deuxième ou le troisième jour, tout le monde s’en 
est déclaré partisan une fois écoulée la première se¬ 
maine, et à condition que les suites fussent apyré¬ 
tiques. 

Chirurgie de l’utérus. 

Technique générale. — La multiplicité des pro¬ 
cédés d’hystérectomie pouvait donner à penser que 
l’ère des procédés nouveaux était close : c’était 
compter sans l’ingéniosité des chirurgiens. Depuis la 
dernière revue de gynécologie, quatre nouveaux pro¬ 
cédés ont été décrits à ma connaissance. 

Carvaiæo, en 1914 (Lima), a décrit un nouveau 
procédé d’hystérectomie, dénommé hystérectomie par 
le procédé sud-américain, qui consiste, l’hémostase du 
ligament large et du pédicule ovarien étant faite pro¬ 
visoirement de chaque côté par une seule pince, à 
remplacer la ligature définitive par le surjet de péri¬ 
tonisation passant par-dessus la pince qui est retirée 
à la dernière boucle du surjet passant au-dessus 
d’elle. Ce procédé est sans doute simple et rapide : 
mais une telle rapidité remplace-t-elle avantageuse¬ 
ment la sécurité que nous dorment les ligatures clas¬ 
siques directement posées sur des pédicules aussi 
étroits que possible méthodiquement pratiquées? 

Bécqotn, àlaSociétéde chirurgie de février 1918, a 
décrit un « procédé de l’évidement dans l’hystérec¬ 


7 Août IQ20. 

tomie abdominale pour fibromes » tout à fait analogue 
à l’évidement dans l’hystérectomie vaginale : ce pro¬ 
cédé s’appliquerait avec avantage aux fibromes très 
enclavés. Morestin a fait remarquer que Richelot 
employait depuis longtemps ce procédé ; Quénu, 
Pozzi n’en sont pas partisans, et comment ne pas 
préférer à ce procédé nos procédés habituels qui 
vraiment, dans presque tous les cas, viennent à bout 
des fibromes les plus difficiles en opérant presque à 
blanc ? 

BeuTTner a décrit un procédé d 'excision transver¬ 
sale cunéiforme du fond de Vutérus , remplaçant l’hysté- 
rectomie dans les suppurations annexielles, que 
Rqukrt d’Erxst (Genève) a précisé dans les A anales 
de gynécologie et d’obstétrique de 1919 (t. XIII, 
p. 300). Il consiste à enlever par une excision cunéi¬ 
forme le fond de l’utérus avec les annexes malades 
qui y tiennent, et à refermer ensuite par deux plans 
de suture le restant de l’utérus : on tâche, autant que 
possible, de conserver l’ovaire le moins malade en 
même temps que l’utérus, de façon à ce que les 
opérées conservent leurs fonctions menstruelles et 
leur sécrétion ovarienne. Est-il besoin de noter que le 
procédé ne saurait s’appliquer qu’à des annexites pen 
graves ? 

Enfin Florenzo d’Ercliia a décrit un procédé d’hys¬ 
térectomie abdoinino-vagmale après césarienne, 
dans les cas d’infection considérable de l’utérus 
( Annali di ostretrica e ginccologia de Milan, t. XI,, 
n° 5-6, 1918). . 

Les fibromes de l'utérus ont donné lieu à de nom¬ 
breux travaux. 

Leur étiologie, comparée à celle du cancer utérin, 
a étéétudiée par le professeur Hartmann etM n ° Yak- 
cliitch (Annalesde gyn. et obst., t. XIII, n° 1), d’après 
une statistique portimt sur 908 opérées. De cette 
très importante statistique il résulte : x° que le 
maximum de fréquence des fibromes et des cancers 
survient au même âge, entre quarante et quarante- 
neuf ans ; 2 0 que la stérilité est nettement plus fré¬ 
quente chez les fibromateuses que chez les cancé¬ 
reuses ; 3 0 que les fausses couches sont phis fréquentes 
chez les femmes atteintes de cancer du col que chez 
celles qui sont atteintes de fibromes ou de cancers 
du corps ; 4° enfin que 48 p. roo seulement des gros¬ 
sesses survenant chez des fibromateuses arrivent à 
terme, alors que la proportion est de 75 p. 100 dans 
les cancers du corps et de 83 p. 100 dans les cancers 
du col. 

Leur anatomie pathologique a donné surtout lieu à 
des travaux sur les adénomyomes utérins et leur 
évolution. Le travail capital est celui de Cui.len (i), 
précédé des travaaxdeSTRQNG(2)etd’HEn>fEBERG(3). 
Ces tumeurs sont caractérisées par l’inclusion au sein 

(1) Th. S. Cullen, X,a distribution des adénomyomes 
contenant du tissu utérin (Americ. Journ. 0/ obst. and diseases 
of wom. and child., t. I.XXX, n° 2, août 1919). 

(2 Strong, Adénomes polypiformes de Tntérus (Ibid., avril 
1919, t. LXXIX, n“ 4). 

(3) Hbqibberg, Adénomyomes de l'espace recto-vaginal 
(Ibid., 191g, t. I,XXIX, n° 24). 



L. SAUVE. — LA GYNECOLOGIE EN 1919 


de fibromyomes généralement diffus, d’îlots glandu¬ 
laires partis de la muqueuse utérine. Ces îlots mu¬ 
queux peuvent devenir l’origine de dégénérescence 
épithéliale de ces adénomyomes ; et d'autre part, 
•ces adénomyomes peuvent s’extérioriser hors ducorps 
utérin et venir occuper la cloison recto-vaginale, la 
base des ligaments larges, les ligaments ronds. C’est 
encore à eux qu’il faut rapporter certains fibro¬ 
sarcomes de la cloison recto-vaginale (Heineljerg) ; 
c’est aussi à eux qu’il faut rapporter les myames 
malins du corps de l’utérus étudiés par Estager 
(Tli. Montpellier, 1919). 

Mais c’est surtout leur traitement qui a été l’objet 
de nombreux travaux ; surtout leur traitement par 
les rayons X. Tandis que les. radiologistes, à la suite 
des travaux de Béclère qui s’appuyait sur 400 cas, 
de Jaugeas, de Ledoux-Lebard, de Ménard et Delval, 
de Bouchacourt, pour ne parler que de quelques tra¬ 
vaux français, ne voient dans le traitement radiothé¬ 
rapique des fibromes que des succès, et qu’ils con¬ 
seillent, un peu au hasard, d’appliquer à tons les 
fibromes la rœutgéuisatiau avant de tenter l’acte 
opératoire, les chirurgiens, au contraire, n’ont pas 
été sans observer de graves inconvénients, qui ont 
donné naissance à la Société de chirurgie, eu 1919- 
1920, àune très intéressante discussion, dont le point 
de départ a été le rapport de Delbet sur troiscas de 
dégénérescence très maligne de fibromes traités par 
lés rayons" X, observés par Mornard. 

Tandis que les uns, tels que Chifoliau, rapportaient 
des cas d’inefficacité absolue, ainsi que Routier, 
Thierry, d’autres, tels que Tukfier, J .-T,. Favre, 
apportaient de nouveaux cas de dégénérescence ma¬ 
ligne, et enfin Souligoux venait mettre en valeur la 
déchéance physique que l’on observait souvent chez 
les femmes ainsi traitées. La statistique de Chifoliau 
porte sur 47 fibromes opérés par lui à Cochin sans 
mortalité ; 7 d’entre eux avaient été traités par les 
rayons X sans succès. Il n’y avait eu diminution nette 
de volume que dans un cas ; l’action avait été nulle 
ou incertaine dans les 6 autres ; par contre, les hémor¬ 
ragies avaient été d’abord influencées favorablement, 
mais transitoirement. 

Citons la très intéressante statistique de Fredet : 
sur 121 fibromes qu’il a opères, dans plus d’1111 tiers 
des cas (56 sur 121) les fibromes étaient associés à des 
lésions annexielles ou appendiculaires très impor¬ 
tantes ; si l’on joint à ces 56 cassas cas d’enclave¬ 
ment commandant l’opération, ou voit que dans 
plus de la moitié des cas (71 sur iai) l’action 
des rayons X eût été contre-indiquée. 

Ou ne saurait conclure de cette discussion plus 
exactement que ne l’ont fait les professeurs Quénu et 
J.-L,. Faure. L’action des rayons X n’est pas contes¬ 
table ; mais elle présente des risques (radiodennites, 
dégénérescence maligne, déchéance physique) qui 
ne sont pas négligeables ; elle présente de plus des 
limites, et 011 ne devra pas perdre du temps à rœnt- 
géïiiser : i° les fibromes de diagnostic douteux; 


2° les fibromes avec lésions associées ; 3 0 les fibromes 
à évolution rapide ; 4 0 les fibromes multiples, durs, 
madréporiques de Bouilly. 

Il semble donc que si la roentgenisation peut être 
efficace, elle n’est ni sans insuccès (et combien la 
statistique de Béclère semble-t-elle heureuse), ni 
sans dangers, ni sans contre-indications dans plus de 
la moitié des cas. 

Ajoutons que, d’après le Congrès gynécologique 
américain de 1918, et d’après J.-L. Faure, la radium- 
thérapie donnerait dans les fibromes des résultats 
plus constants et moins dangereux que les rayons X. 

Les cancers de l’utérus ont donné surtout lieu à des 
discussions thérapeutiques ; néanmoins leur étude 
histologique a donné lieu à la description que J ayle et 
Halpériue ont faite des chorio-épithéliomes (cancers 
d’origine placentaire) (Presse méd., 10 juillet 1919), 
à l'étude que le professeur Hartmann et M llc de J ong 
ont faite de 3 cas de néoplasmes malins de l’utérus et 
de l’ovaire simultanés (Ann. de gyn. et obst., 1919, 
t. XIII, n° 5). 

La thérapeutique des cancers utérins est toujours 
la grosse affaire ; et si certains chirurgiens comme 
II. Hartmann et Desmarets ont été découragés par la 
fréquence des récidives au point que Hartmann a pu 
dire au Congrès de Bruxelles : « Dans le cancer du col, 
j’en ai fini avec le bistouri », d’autres comme Forgue 
(rapport du Congrès de Bruxelles) et J.-L- Faure 
(Société de chirurgie, 1920) ont donné des résultats 
bien meilleurs. Sur 83 opérées, J.-L. Faure compte 
9 morts (io,8 p. ioo), et sur 70 malades guéries opé- 
ratoirement qu’il a pu suivre, 36guérisons (52,9p. 100) 
et 34 récidives (47 p. 100). Sur les 36 guérisons, il en 
a 10 datant de un à trois ans, 1 o de trois à six ans, 
7 de six à neuf ans, et 8 de neuf à douze ans. E11 se 
plaçant au point de vue opératoire, J.-L. Faure 
divise les cas opérés en : 


17 bous cas, avec culs-de-sac \ 
libres et utérus mobile... I * 

f H 


mort opératoire 

récidives. 

guérisons. 


27 cas médiocres, avec eu-( , . , . 

' . . . * , ( 2 morts operator 

vahissement séreux des 1 , .,. 

, . . . U récidives. 

euls-dc-sac, mais bonne j , . 
mobilité utérine.( 14 guérisons. 


p Ts 

12.5 

8 7i5 

7.4 

44 

5Û 


36 cas mauvais, à la limite 
de l’opérabilité.. 


6 morts opératoires 16,6 


21 récidives. 72,4 

8 guérisons. 27,3 


Ainsi la mortalité s’élève de 7,4 p. 100 (cas mé¬ 
diocres) à 17 p. 100, dès qu’on passe aux cas mau¬ 
vais; et la guérison, qui était encore de 56 p. 100 dans 
les cas médiocres, tombe à 27 p. 100 dans les cas mau¬ 
vais. 

Ces résultats sont très comparables à ceux de la 
statistique de Violet (Lyon) : 26 opérées, 4 morts, 
10 récidives, 9 guérisons depuis plus de neuf ans ; de 
celle de Cobb (Boston) (i) : 60 opérées, avec n,6p. xoo 

(i) J.-L- Faure, Sur le traitement du cancer du col de 
l’utérus par l’hystéreetomle large (Société de chirurgie, n° 12, 









100 


PARIS MEDICAL 


de morts et 66 p. ioo de non-récidives datant de plus 
de cinq ans. 

Ce sont aussi les conclusions du rapport de Forgue, 
qui, sur 40 cas personnels, a eu 4 morts, 20 récidives 
et 13 cas non récidivés dont 6 datent de plus de 
cinq ans. De plus, Forgue préfère au Wertheim l’hys- 
térectomie vagino-abdominale avec premier temps 
vaginal qui permet d’enlever le cancer en vase clos. 

De traitement du cancer par le radium gagne néan¬ 
moins d’année eu année des partisans, comme le 
constate Faure qui, partisan de l’opération, tente de 
réagir contre une tendance qu’il estime fâcheuse. Des 
travaux sur le radium dans le cancer du col sont 
;nombreux et anciens ; les travaux de BAiLEY(i),de 
/, **■' Î^EpRAïS (Congrès de Bruxelles), Dascaux (Th. de 
’ / . 1919). Jarnevay (2) sont les plus marquants. 

C ■.^'.'Jàritevay, contrairement à l’usage classique, emploie 
: • " . •■^.de^'tubes multiples ; ses résultats sont les suivants : 

« " 




4 cancers récidivés du col 


5 cancers vulvaires . 


t ° inopéraWes. t „ succès se maintc . 

nant de six mois à 
°P, ^ , l 1 '( trois ans et demi. 

4 opérables. V 

2 succès complets (datant de 
seize et vingt-cinq mois. 

1 amélioration. 

1 échec. 

2 succès (datant de quatorze et 
vingt et un mois). 

3 succès (entre seize et vingt 
et un mois). 

1 amélioration. 

1 échec. 


Da thèse de Dascaux, particulièrement bien pensée, 
marque d'une façon très juste l’état de la question 
(Radiumthérapie associée à la chirurgie dans le cancer 
opérable de l'utérus). 

Il a montré qu’il fallait opérer : i° parce que les 
non-récidives datant de plus de cinq ans sont raris¬ 
simes dans les cas traités par le radium ; 2°parce que, 
point fondamental, dans les cancers irradiés la gué¬ 
rison histologique n’est pas totale, et l’on trouve dans 
le tissu scléreux de guérison des îlots néoplasiques 
épargnés;.30 parce que l’action des rayons X ne 
s’exerce guère au delà de 2 centimètres (Dascaux). 

Opération et radium sont donc deux méthodes 
qui, loin de s’exclure, doivent s’associer: et la propor¬ 
tion des guérisons sans récidives devient considé- 

p. 502-511). —Forgue, Traitement opératoire du cancer du 

col (Rapport Congrès de Bruxelles, 26-27 septembre 1919). _ 

Cobb, Journal ojthe American medic. Assoc., 3 janvier 1920. — 
EsCudié, Hystérectomie totale, technique et résultats. 
Thèse Paris, 191g. 

(1) Bailey, Amcrtc. Journal of obstelrics and dis. of wom. 
and child,, t. I,XXX, n° 3, septembre igig. 

(2) Jarnevay, Radiumthérapie du cancer génital de la 
femme (S«rg., Gy«rt:.«»(?0&î/f/.,t. XXIX, n° 3, septembre 1919 ). 


7 Août IÇ20 - 

rable chez les opérées traitées par le radium. Dascaux 
préconise non seulement l’irradiation post-opératoire, 
mais encore l’irradiation préopératoire, augmentant 
la bonne opérabilité des tumeurs, et diminuant les 
chances d’ensemencement pendant l’opération, en- 
cicatrisant préalablement les lésions (M me Fabre, 
Congrès de Bruxelles). Ces conclusions sont loin d’être 
partagées par J.-D. Faure, qui a constaté plus de réci¬ 
dives chez ses opérées irradiées que sur celles qui ne 
l’étaient pas, et qui pense que, dans certains cas 
d’application défectueuse, le radium provoque l’exci¬ 
tation et non la régression du cancer. 

J’en aurai fini avec la chirurgie utérine en abor¬ 
dant l’étude des prolapsus utéro-génitaux, après 
avoir signalé en passant la thèse de M 1Ie Bonnerqt 
sur la sclérose utérine. 

Des prolapsus utérins ont fait surtout l’objet 
d’études thérapeutiques. D’on se rappelle sans doute 
qu’avant la guerre Denomiant avait rajeuni et réglé 
l’opération de Bouilly (amputation haute du col et 
colpectomie dans les prolapsus) (3) ; cette opération-, 
qui détruisait définitivement toutes les connexions 
de l’utérus avec ce qui pouvait rester des ligaments 
delà base, semble avoir été peu pratiquée, bien qu’elle 
ait trouvé en 1919 un défenseur dans de Fourcrand- 
(Th. de Montpellier, 1919). Da discussion a surtout 
porté cette année sur l’opération de Millier, prônée à 
la Société de chirurgie (23 juin 1919) par Savariaud-. 
Cette colpectomie, sans hystérectomie, en suppri¬ 
mant la cavité vaginale et en la remplaçant par une 
colomie cicatricielle, empêche la vessie et le rectum 
de se dérouler sous la poussée abdominale ; combinée 
à lapérinéorraphie, elle donne, d'après Savariaud, des 
résultats parfaits ; et bien que Dapointe, à la même 
Société, l'accuse de laisser en place l’utérus sans issue 
pour ses sécrétions, Savariaud, rapportant 10 col¬ 
pectomies de Desmarets mais avec hystérectomie 
vaginale préalable, n’a jamais vu d'inconvénient à 
l’opération de Müller sans hystérectomie, à l’âge 
surtout où les femmes, ayant dépassé la ménopause, 
présentent de grands prolapsus génitaux. 

Notons aussi le procédé de Mercadé, pratiquant 
la suture antérieure des releveurs. 


Grossesses ectopiques. 

Des grossesses extra-utérines ont donné lieu à une 
efflorescence de nombreux travaux en 1919, et elles 
sont une des rares branches de la gynécologie où 
l’activité se soit continuée pendant la guerre. Faut-il 
rapprocher ce fait d’un autre fait qui semble net, 
l’énorme proportion d’hématocèles et de grossesses 
extra-utérines observées actuellement dans les hôpi¬ 
taux de Paris ? 

D 'étiologie des grossesses extra-utérines a été parti- 

(3) Denormant, Journal de chir., t. XII, avril 1914, p. 425- 
436. 





101 


L. SAUVÉ. — LA GYNÉCOLOGIE EN 1919 


culièrement étudiée par H. Hartmann et Berge- 
ret (1) se basant sur un matériel de 186 cas observés 
précocement. Delbet avait déjà noté la fréquence 
des fausses couches antérieures (28 fois sur 56) ; elle 
est de nouveau notée par Hartmann et Bergeret 
(48 fois sur 114). 

De même la fréquence des lésions utéro-annexielles 
antérieures, remarquée par tous les auteurs, est pré¬ 
cisée par Hartmann et Bergeret qui les ont ren¬ 
contrées 64 fois sur 114, qui ont noté la fréquence des 
grossesses tubaires (150 fois sur 153). 

Ces auteurs concluent également à la fréquence 
plus grande des grossesses extra-utérines aux annexes 
droites ; ils les ont vues fréquemment récidiver de 
l’autre côté (13 p. 100), mais par contre, dans une 
proportion égale (13,8p. 100),permettre des grossesses 
normales ultérieures. Enfin, d’après eux, les gros¬ 
sesses ampullaires donnent le plus souvent des 
hématosalpinx qui dans 74 cas sur 93 sont sans 
embryon reconnaissable. 

DilianFarrar (2) a basé sur 309 cas un très impor¬ 
tant travail qui confirme le précédent : fréquence 
des lésions annexielles, rareté de l’inondation cata¬ 
clysmique, début insidieux habituel. Il a recherché 
systématiquement l’hyperleucocytose sanguine et a 
constaté que, tandis qu’en cas d’infection elle se main¬ 
tenait à un taux élevé, en cas d’hématocèle non 
infectée elle revenait à la normale en quarante-huit 
heures. 

D’évolution de ces 309 cas est intéressante à con¬ 
naître : 81 fois il y a eu avortement tubaire, 169 fois 
rupture, 29 fois non rupture, inondation 8 fois, en¬ 
fants vivants 2 fois, états non définis 21 fois. 

Au point "de vue symptomatique, 011 a surtout 
rapporté des cas curieux d’évolution très avancée de 
ces grossesses extra-utérines. De 29 juillet, un cas cu¬ 
rieux de Perdoux a déclenché la discussion : il s’agit 
d’une grossesse tubaire ayant évolué jusqu’à terme 
et que Perdoux eut l’occasion de diagnostiquer et 
d’opérer vingt-deux mois après la mort du fœtus. A 
cette occasion, Potherat rappelle qu’il a rapporté, il y 
avmgt ans, à cette société un cas de fœtus vivant, et 
que, à ce propos, un collègue d’Amérique lui avait fait 
remarquer que c’était le quatre-vingtième cas de 
fœtus extra-utérin arrivé à terme. 

Presque simultanément, le 9 août 1919, une sem¬ 
blable discussion éclatait à la Royal Society de 
Dondres ( Sectionof obstetrics and gynecol., p. 140 à 191) 
au sujet de deux observations de Gordon Dey de 
grossesse extra-utérine à terme avec, du reste, fœtus 
morts dans les deux cas. Il passe en revue à ce sujet 
100 cas qu’il a pu recueillir dans la littérature de gros¬ 
sesses ectopiques ayant dépassé huit mois. 

Ces faits 11e sont pas seulement des curiosités scien- 

(1) H. Hartmann et Bergeret, Quelques remarques à 
propos de iSûcas de grossesse extra-utérines observées dans les 
premiers mois (A nn. de gynêc. et obstét., t.XIII, n°6,avril 1919). 

(2) I.ilian Farrar, Analyse de 309 cas de grossesses extra- 
utérines au Woman’s Hospital de New-York (Am. Journal of. 
obst. and dis. of wom. and child., t. I,XXIV, n° 6, juin 1918). 


tifiques ; ils soulèvent en outre des problèmes théra¬ 
peutiques importants. 

i° Faut-il, après le sixième mois d’une grossesse 
ectopique, opérer de suite, ou retarder l’opération 
pour avoir un fœtus viable? 

2 0 Faut-il enlever tout le kyste fœtal ou le marsu- 
pialiser simplement? 

Da majeure partie des auteurs pense avec Gordon 
Dey, Potherat, etc., que les chances d’extraire un 
fœtus viable 11e sont pas à mettre en balance avec les 
risques, tant d’infection que d’hémorragie, auxque’s 
expose l’expectation. Il faut donc, en présence 
d’une grossesse ectopique très avancée, suivre la 
règle habituelle et intervenir de suite. 

Quant à la technique idéale, elle est plus discutée. 
Si tous sont d’avis que l’extirpation est l’opération 
idéale, nombre sont d’avis avec Savariaud, Arrou, 
Potherat, Daunay, Gordon Dev, que l'extirpation est 
souvent aussi difficile que périlleuse, alors que la 
marsupialisation, moins brillante, est également 
plus sûre. 

Certains, avec Daunay et Souligoux, ont égale¬ 
ment fait remarquer, avec raison, que l’opération, 
faite à une époque éloignée, est infiniment moins 
grave que lorsqu'elle est pratiquée sur un kyste con¬ 
tenant un fœtus vivant. Après la mort du fœtus, en 
effet, les organes de nutrition s’atrophient, le kyste 
devient très peu vasculaire et l'extirpation se fait 
sans incident. 

Il serait difficile d’énumérer tous les cas curieux 
qui ont été rapportés. Williamson a par exemple 
rapporté le cas d’un fœtus ectopique ayant séjourné 
dans l’utérus pendant cinquante-deux ans. Andrews, 
à Tendres, Tuffier, à Paris, ont relaté des cas très 
curieux de grossesses évoluant normalement et se 
terminant par un accouchement, alors que neuf ans 
auparavant dans le cas d’Andrews, quelques mois 
avant la grossesse dans celui de Tuffier, une gros¬ 
sesse ectopique s’était produite, ce qui fut vérifié par 
l’opération post partum. 

Dans ces discussions et dans tous les travaux que 
nous venons de citer, ainsi que dausceluideSpROAT 
IIoaney, un fait est bien mis en valeur : la rareté de 
l’inondation cataclysmique, la fréquence du début 
insidieux. 

D’autres travaux ont étudié l’histologie de cer¬ 
taines grossesses ectopiques rares : Vaudescal (Th. de 
Paris, 1919) aétudié la grossesse interstitielle et Beau 
(Th. de Paris, 1919) la grossesse isthmique : très sou¬ 
vent dans ces deux cas l’hystérectomie s’impose. 

Da grossesse ovarienne a fait l’objet de plusieurs 
travaux, notamment de Meyer et Wynne (3). O11 a 
longtemps contesté la réalité des grossesses ova¬ 
riennes (Dawson Tait) ; Meyer et Wynne eu relèvent 
58 cas qu’ils considèrent comme démontrés pour la 
dernière décade ; ils estiment que l’absence d’em¬ 
bryon ne permet pas de conclure à l’inexistence de 
la grossesse ; l’examen histologique, en démontrant 

(3) Meyer et Wynne, Bulletin of the John Hopkins Hospit., 
t. XXX, n“ 388, avril 1919. 


32... 



102 


PARIS MEDICAL 


la présence de villosités choriales ou de vésicule, 
entraîne la conviction en l’absence d’embryon qui 
peut passer inaperçu ou même s’être résorbé. 

Des grossesses abdominales ont été relatées par 
Bishkow (i) et Franklin Dorman (2) . Le premier cas 
est, si je puis dire, artificiel : une femme est l’objet 
de manœuvres abortives au premier mois de la gros¬ 
sesse qui semble continuer à évoluer ; quatre mois 
après, sous la pression d’événements graves, elle 
est opérée : on trouve le fœtus au milieu des anses 
grêles ainsi que ses annexes. Lors des manœuvres 
criminelles, l’avortement s'était fait dans le péri¬ 
toine ; le fœtus s’y était enkysté, et c’est la rupture 
de ce kyste fœtal secondaire qui avait déterminé les 
accidents récents. 

A côté des formes classiques de l’hématocèle, on 
peut avoir des hématocèles antérieures. De Rou- 
ville (3) en a rapporté un cas, dans lequel la localisa¬ 
tion anté-utérine de l’hématocèle était due à l’adhé¬ 
rence intime du bord inférieur du grand épiploon à 
la face postérieure des annexes gauches, siège de la 
grossesse. 

Affeotions inflammatoires et néoplasiques 
des annexes. 

Si les hématosalpinx reconnaissent fréquemment 
comme cause une grossesse tubaire, ils peuvent être 
dus soit à une cause inflammatoire, soit à une malfor¬ 
mation congénitale. C’est cette dernière qu’étudie 
Fogt (Th. de Paris, 1918-1919). 

Les suppurations annexielles ont donné lieu au 
rapport de J.-L. Faure et Bégouin au Congrès de 
Bruxelles (4). Us ont abouti aux conclusions sui. 
vantes : i° L’hystérectomie subtotale doit être pré¬ 
férée à la totale ; elle est moins dangereuse, plus 
facile ; le traitement médical a facilement raison de 
la métrite du col laissé eu place, et la dégénérescence 
cancéreuse de celui-ci est infiniment rare. 2 0 Des 
différents procédés employés, celui de Terrier semble 
le mohis bon, et le procédé par hémisection le pro¬ 
cédé de choix. 

Dans la discussion qui s’ensuivit, Hartmann, 
Walther se séparèrent des rapporteurs et affirmèrent 
l’excellence, à leur avis, de l’hystérectomie totale dans 
les annexites. 

Cette opinion radicale n’est pas partagée par tous. 
Nous avons vu plus haut R. d’Ernst rajeunir l’opé¬ 
ration conservatrice deBEUTTNER dans les suppura¬ 
tions annexielles ; Convert (Thèse de Lyon), dans une 
thèse remarquable, a redéfendu les opérations con. 
servatrices dans les salpingo-ovarites (résultats 
éloignés), suivant en cela les opinions de son maître 

(1) Hisiikow, Journal 0/ the Americ. medic. Assoc., 3r mal 
1919, t. LXXII. 

(2) Franklin Dorman, Americ. Journ. of Obst., t. I.XXIV, 
n° 6, juin 1918. 

(3) DE Rouville, Réunion obslét. et gyn. de Montpellier, 

3 décembre 1919. 

(4) Premier Congrès des gynlc. et obst. de langue française. 
indications et technique de l’iiystérectomie dans les suppura¬ 
tions annexielles. 


7 Août IÇ20. 

Pollosson. Il apu revoir, en 1914,102 malades ayant 
subi des opérations conservatrices éloignées pour 
salpingo-ovarites : 39 lésions unilatérales ont donné 
77 p. 100 de guérisons et ro p. 100 de grossesses ; les 
lésions bilatérales ont donné, suivant la gravité, de 
c 5 à 75 p. 100 de bons résultats. 

Malgré cette belle statistique, et le travail de 
Cahstens qui prône l’abstention et la non-salpingec¬ 
tomie dans les péritonites tuberculeuses d’origine 
annexielle, nous ne pensons pas que ces tendances 
conservatrices correspondent à l’opinion de la majo¬ 
rité des chirurgiens, quand ils ont du moins à soigner 
des femmes auxquelles l’état social ne permet pas le 
traitement de repos prolongé. 

Signalons enfin la description que Patel et Dujol 
ont donnée des pyosalpinx et pelvi-péritonites à coli¬ 
bacille pendant la grossesse (Presse mêdic., 28 août 

1919). 

Le prolapsus douloureux de l’ovaire a été étudié 
par Garcin dans sa thèse (Paris, 1919). L’auteur 
estime que cette affection existe en dehors de toute 
infection annexielle. Il en distingue trois variétés 
fondamentales : le prolapsus isolé, dont les signes 
essentiels seraient : la douleur à la défécation et pen¬ 
dant le coït, la tumeur ovarienne sentie dans le cul- 
de-sac postérieur; le traitement serait l’oophoro- 
pexie par fixation à la corne utérine de l’extrémité 
externe du ligament utéro-ovarien ; le prolapsus 
associé aux rétro-déviations, et le prolapsus avec 
ovaire sclérokystique. 

Des tumeurs de l’ovaire ont fait l’objet d’un travail 
de Knyvett Gordon (5) qui a rapporté deux cas 
d’hypernépliromes non malins, trouvés par hasard au 
cours d’opérations pour fibromes. Roquemaure (Th. 
de Montpellier, 1919-1920) a étudié le cancer primitif 
de l’ovaire, en rappelant qu’il est bilatéral très sou¬ 
vent et qu’il survient plus précocement que les autres 
cancers. Amadou (Th. de Montpellier, 1919) a décrit, 
d’après Massa buau et Martin, des cancers ovariens 
analogues aux séminomes du testicule. HENRY (TA. 
Montpellier, 191g) décrit les fibromes de l’ov&ire, 
fibromes purs ou fibromyomes, s’accompagnant 
dans la moitié des cas d’ovaire sclérokystique de 
l’autre côté, et pouvant devenir malins. 

Kynoch (6) a rapporté un cas de chorio-épithéliome 
primitif de l’ovaire ; il est vraisemblable que de sem¬ 
blables tumeurs se greffent snr d’anciennes gros¬ 
sesses ectopiques. 

Savariaud.ù la,Société de chirurgie, 30 juillet 1919, 
a montré l’importance des kystes dermoïdes paro- 
variens inclus dans le ligament large comme cause de 
dystocie. Il a rapporté le cas d’une parturiente, à 
laquelle Ribemont-Dessaignes dut pratiquer une 
césarienne ; 'Savariaud pratiqua secondairement 
l’ovariotomie, et extirpa un kyste dermoïde tout à 
fait indépendant de l’ovaire. 

Les greffes ovariennes ont été étudiées par Rou¬ 
fs) Deux cas d’hypeméphroine de l’ovaire (British mcd. 
Journ., n" 3068,18 octobre 1919). 

(6) Voy. analyse in Jourml de chirurgie, t. XV, p. 566. 



E. FORGUE. — LE CHOIX DE L’ANESTHESIE EN GYNECOLOGIE 103 


ville et Coiier ( i ) qui ont pratiqué deux fois des auto- 
greffes humaines, avec les deux fois constatation de 
l'activitédes greffons. Ils avaient été greffés les deux 
fois dans le tissu cellulaire sous-cutané de la paroi 
abdominale. 

Vagin et vulve. 

IvARDENNOis, de Reims, a rapporté au Congrès 
français de cliirurgie un beau cas de vagin artificiel 
par abouchement à la vulve d’une anse iléale sé¬ 
parée du reste du tractus intestinal. 

Hartmann (Th. de Paris, 1918-1919) a étudié les 
kystes du vagin. Ils peuvent reconnaître, d’après lui, 
deux origines : 1 " l'origine embryonnaire, soit aux 
dépens du canal de Müller, soit à ceux des canaux 
de Gaertner, soit par accolemeut des feuillets du 
cul-de-sac de Douglas ; 2 0 l 'origine traumatique par 
inclusion épithéliale : l’accouchement jouerait uu 
rôle considérable. 

Des fistules vésico-vaginalcs post-opératoires ont 
été étudiées par le professeur Legueu à la Société de 
chirurgie du 29 janvier 1919. Il préconise pour elles 
la voie abdominale. Il pratique par cette voie la 
taille vésicale, expose l’orifice vésical de la fistule, 
ouvre ensuite le vagin, le sépare de la vessie, et, après 
avivement des deux'orifices de la fistule, suture indi¬ 
viduellement le vagin et la vessie : il procède ainsi à la 
séparation de deux organes et non de deux orifices. 
Sur 12 opérations, il a eu ainsi 11 guérisons com¬ 
plètes, et une mort par intoxication chloroformique. 
Ce procédé est surtout applicable aux fistules hautes 
post-opératoires. 

Il faut rapprocher de ce procédé celui qu’a exposé 
Deleuil dans sa thèse de Montpellier (1919), qui 
passe en dehors du péritoine, et le procédé décrit 
par M. de Oliveira Molta (2). 

Enfin, h. BDrard et Dunet ont étudié (3) le 
kraurosis vulves. Ils en distinguent deux variétés : 
i° le kraurosis blanc, kraurosis leucoplasique de 
Bouilly ; 2 0 le kraurosis rouge, kraurosis inflamma¬ 
toire de Lawson Tait. Il s’accompagne toujours 
d’atrophie rétracile des organes génitaux externes ; 
parfois sous la dépendance de l’insuffisance ova¬ 
rienne, comme l’a montré J ayle chez les castrées, il 
reconnaît surtout comme cause l’infection, et le seul 
traitement à lui opposer est l’exérèse des tissus ma¬ 
lades. 

(1) Sociétt des sciences médicales et biologiques de Montpellier, 

16 janvier 1920. 

(2) Traitement d’une fistule vèsieo-utérine par voie abdomi¬ 
nale (Rivista de Cinecol. e de Pedialr., Rio-dc-Janeiro, n° 2, 
février 1919). 

(3) 4nn. de gynéc. et d’obst., t. XIII, n° 8. 


LE CHOIX DE L'ANESTHÉSIE EN 
GYNÉCOLOGIE 

PAR 

Emile FORGUE 

Professeur de clinique cliirurtîlcalc à l’Université de Montpellier. 

Quelle est, présentement (car c’est une question 
en continuelle évolution) l’anesthésie de choix en 
gynécologie ? — Il est de toute évidence, dès 
l’abord, qu’il serait illogique et peu clinique d’y 
répondre par une formule absolue. La chirurgie 
gynécologique comporte toute une gamme d'in¬ 
terventions, qui vont des opérations simples et 
brèves, comme un curettage ou une amputation 
du col, ou superficielles, jusqu’aux problèmes 
techniques les plus complexes, les plus difficiles qui 
puissent être posés à un chirurgien, comme les 
hystérectomies élargies pour cancer infiltré dans 
le paramètre ou comme certaines opérations pour 
suppuration pelvienne. Il n’en est pas moins vrai 
qu’il y a avantage et profit à échanger nos vues 
sur ce point, à confronter nos pratiques et nos 
résultats, de façon à fournir à ceux qui débutent 
et, souvent, nous consultent à ce propos, une 
direction, sinon une règle. 

Car, au point de vue général, il est curieux 
d’observer que, tandis que la technique opératoire 
tend partout à s’unifier, la question de l’anesthésie 
continue à garder une grande diversité de solutions, 
d’un pays à l’autre, et, dans uu même pays, d’un 
centre chirurgical à l’autre. Cette guerre elle-même 
qui, par les occasions de comparaison et dՎ 
change interallié d’idées, de méthodes et d'appa¬ 
reils, a uniformisé nos principes de thérapeutique 
générale, 11’a point amené ici un progrès décisif, 
de doctrine ni de pratique, malgré quelques inno¬ 
vations et un luxe superflu d’outillage emprunté 
aux Américains. Nous avons le défaut, les uns et 
les autres, de marquer, en cette question, des 
opinions, plutôt des habitudes, exclusives : cha¬ 
cun de nous se tient pour satisfait du mode 
d’anesthésie, je n’ose dire de la routine, qui pré¬ 
vaut dans son service et se transmet d’un per¬ 
sonnel à l’autre ; et, alors que nous accueillons 
volontiers toute nouveauté de technique opéra¬ 
toire, nous sommes peu disposés à changer notre 
anesthésie coutumière, à refaire notre apprentis¬ 
sage. C’est là, probablement, la raison pour 
laquelle la rachianalgésie n’a point rencontré par¬ 
tout un accueil favorable il n’est pas douteux 
que, pour la juger avec exactitude, il faut en 
acquérir une pratique expérimentée ; il faut donc 
se remettre à l’école, en tout cas se perfectionner 
de plus en plus dans son exécution technique, ce 
qui est la condition de sa valeur, et s’y mettre 



104 


PARIS MEDICAL 


soi-même, personnellement, alors que, pour la 
narcose par inhalation, nous déléguons ces fonc¬ 
tions, et cette responsabilité, à notre aide-anes¬ 
thésiste. 

Or, il est incontestable que, surtout en matière 
de grande chirurgie gynécologique, c’est-à-dire 
de ces éventualités opératoires malaisées, telles 
qu’elles résultent de l’inclusion ligamentaire, de 
l'englobement cancéreux des paramètres et des 
lésions de l’uretère qui en peuvent être la consé¬ 
quence, des adhérences propres aux vieilles pelvi- 
péritonites, la qualité de l’anesthésie est capable 
d'influer considérablement sur la valeur technique 
de l'intervention, sur la précision de son accom¬ 
plissement, sur la sécurité de ses suites, sur l’effi¬ 
cacité de ses résultats. C’est donc, indirectement, 
travailler aux progrès de la technique opératoire que 
de chercher la perfection de l’anesthésie ; et, sur ce 
point, aucune proposition, bien étudiée, garantie 
par l’autorité de l’observateur, vérifiée par une 
série clinique suffisante, ne doit nous laisser indif¬ 
férents. 

Une règle essentielle se dégage de la somme des ' 
travaux des chirurgiens de tous pays, visant la 
formule moderne de l’anesthésie : la localisation, 
la limitation de l'analgésie à la région opératoire 
est l’objectif à poursuivre. Notre effort doit donc 
se porter vers la réduction de la narcose par inhala¬ 
tion ; nous ne devons pas oublier que, dans toute 
anesthésie générale, l’insensibilisation des parties 
ne s'obtient qu’au prix d’un certain degré d’in¬ 
toxication totale de l’organisme, avec ses risques, 
immédiats ou retardés, que nous connaissons bien 
maintenant. Et il y a, en gynécologie, toute une 
clientèle de malades qui sont particulièrement 
menacées par ces actions toxiques, primitives ou 
secondaires, des anesthésiques généraux. Telles, 
ces fibromateuses à grosse tumeur, chez lesquelles 
la dyspnée d’effort, la faiblesse du pouls, l’obscu¬ 
rité des bruits, font craindre une dégénérescence 
graisseuse du myocarde ; celles qui font de l’azo¬ 
témie et dont le rein et le foie doivent être gardés 
contre la moindre destruction cellulaire toxique ; 
telles ces matrones obèses à coeur gras ; telles les 
cancéreuses qui font, par résorption toxique, de 
l'insuffisance polyviscérale latente, et dont le 
sang subit, par hémolyse, mie rapide diminution 
globulaire. Plus ou vieillit dans la pratique de la 
grande gynécologie, plus on apprend à redouter 
ces complications post-opératoires imprévues, qui 
ne permettent pas à la mortalité, pour certaines 
interventions, de s’abaisser, malgré la sûreté de 
la technique et de l’asepsie, au-dessous d’un taux 
m inimum , fixe déjà depuis quelques années. Et il 
est certain que la meilleure garantie que nous 


7 Août IÇ2Ù. 

puissions avoir contre ces ruptures brusques d’un 
équilibre fonctionnel instable, c’est de préserver 
les grands viscères contre toute imprégnation 
toxique. 

1/anesthésie locale, en gynécologie, a, forcé¬ 
ment, un champ restreint. U’extirpation des 
kystes de la glande de Bartholin, l’ablation des 
tumeurs de la vulve, des cancroïdes des grandes 
lèvres et du vagin, constituent les meilleures indi¬ 
cations de cette méthode. Nous avons, maintes 
fois, pratiqué, sous l’anesthésie locale, l’amputa¬ 
tion du col ; deux fois, l’hystérectomie vaginale, 
dans le cas de prolapsus total de l’organe, où 
l’utérus, selon le mot de notre ami Reclus, se 
trouve sous les yeux et entre les doigts de l’opé¬ 
rateur. Certes, on peut, avec la novocaïne infiltrée 
par étages successifs, muqueuse, peau, cloison, 
releveurs, réaliser la colpo-périnéorrapliie et nous 
y avons, plusieurs fois, réussi ; néanmoins, hormis 
le cas d’une colporrapliie antérieure ou d’une 
restauration périnéale lieu compliquée, nous avons 
abandonné l’anestliésie locale pour ces interven¬ 
tions : leur condition d’efficacité, de consolida¬ 
tion, suffisante et stable, c’est la dissection large 
des plans anatomiques, leur découverte nette, 
leur affrontement parfait en profondeur et en 
surface ; la multiplicité des injections retarde et 
trouble la conduite de l’opération ; il est si facile, 
avec une dose homéopathique de 5 à 6 centi¬ 
grammes en injection rachidienne, d’obtenir mie 
absolue insensibilisation des plans périnéaux, mie 
docilité musculaire totale, une facilité de ma¬ 
nœuvre incomparable, que c’est bien là une des 
occasions où l’on apprécie le mieux ce calme pro¬ 
fond dans l’analgésie, cette immobilité de la 
malade qui demeure en position fixe au bord de 
la table, cette excellente présentation des espaces 
disséqués, que nous devons à la rachianesthésie. 
Reclus croyait que la novocaïne en injection 
locale serait suffisante dans nombre de cas de fis¬ 
tules vésico ou recto-vaginales : nous avons l’opi¬ 
nion inverse ; les rares fistules qu’il nous est 
donné de traiter sont compliquées, mal acces¬ 
sibles ; il faut manœuvrer à l’aise et au large et, 
pour cela, il faut une insensibilisation à fond, sans 
défense musculaire : là, encore, la racliiaualgésie 
affirme sa supériorité. Est-il possible aussi de 
recommander l’anesthésie locale pour le curettage, 
alors que quelques bouffées de chlorure d’éthyle 
nous donnent, si simplement, la très brève anes¬ 
thésie suffisante à l’exécution parfaite de l’inter¬ 
vention? Enfin, les indications sont bien excep¬ 
tionnelles de faire à l’anesthésie locale le grand 
honneur d’une laparotomie pour kyste de l'ovaire, 
a fortiori pour fibrome utérin : quand nous n’a- 



E. FORGUE. — LE CHOIX DE L’ANESTHESIE EN GYNECOLOGIE 105 


vions que le chloroforme, nous avons pratiqué, 
trois fois, chez des malades dont le cœur et les 
reins contre-indiquaicàt l’anesthésie générale, 
l’ovariotomie par infiltration cocaïnique de la 
paroi et du pédicule ; mais ces cas, surtout ceux 
des kystes végétants à adhérences multiples, 
nous paraissent le triomphe de la rachianalgésie, 
parce que, mieux que toute autre méthode, elle 
insensibilise et immobilise l’abdomen ; et les par¬ 
tisans de l’anesthésie locale sont bien forcés de 
reconnaître que l’ovariotomie présente alors de 
graves difficultés, la malade poussant et chassant 
ses anses ; d’où, risques d’infection, et, au total, 
avec un but de simplification, une aggravation 
de l’acte opératoire. 

h’anesthésie para-verlébrale bilatérale 

gagne, actuellement, du terrain, à l’étranger ; un 
Allemand n’allait-il pas, récemment, jusqu’à la dé¬ 
nommer, avec un lyrisme excessif : « l’Eldorado de 
tous les procédés » ! Il est possible que la méthode 
ait quelque domaine d’application ; mais il faut 
reconnaître qu’elle se complique par la multipli¬ 
cité des injections nécessaires : pour faire mie 
hystérectomie, Pauchet nous dit que vingt-quatre 
piqûres, au moins, sont indispensables, puisqu’il 
faut injecter douze paires de chaque côté, les six 
derniers intercostaux, trois lombaires et trois 
sacrées. Et, encore, Reinhard, qui est un des 
ardents défenseurs de la méthode, juge-t-il indis¬ 
pensable de préparer le patient par une injection 
de scopolamine-morphine ! Voilà bien des com¬ 
plications pour atteindre, à l’état dispersé, à la sor¬ 
tie des trous intervertébraux, des nerfs qu’il est 
plus commode d’impressionner, en masse, par 
l'injection lombaire intradurale ! Pour les viscères 
unilatéraux, auxquels convient et suffit une hémi¬ 
analgésie (cæcostomie, appendicectomie, ferme¬ 
ture de fistule intestinale, résection du segment 
iléo-cæcal ou de l’anse sigmoïde), cette méthode 
vaut la peine qu’on l’étudie, qu’on s’y entraîne 
et mérite peut-être de se substituer à la rachi ; 
pour les interventions portant sur les viscères 
médians ou bilateraux comme l’utérus et les 
annexes, la double série des injections nécessaires, 
et les lacunes possibles du champ d’analgésie qu’il 
faut compléter par la narcose, sont une infériorité 
technique qui borne sûrement l’avenir de cette 
méthode d’anesthésie régionale.— Quant à Y anes¬ 
thésie irans-sacrée, que peut-elle nous permettre? 
Une intervention pour prolapsus, quelques opé¬ 
rations sur les grandes lèvres ou le vagin, une 
amputation du col ; et, tout cela, nous pouvons le 
faire avec une technique plus simple, par la locale 
ou la rachi à faible dose. 

1 1 anesthésie épidurale mérite-t-elle, en gyné¬ 


cologie, d’entrer en concurrence avec la rachi¬ 
analgésie? Il est intéressant de noter la faveur 
dont cette proposition, française, puisque Cathelin 
en est l’initiateur, jouit actuellement en Alle¬ 
magne, sous le tenue, moins anatomiquement 
justifié, de Sakralanâstbesie. Faut-il chercher 
la raison de cet engouement pour l’extra-durale 
dans les mécomptes que l'analgésie rachidienne 
intradurale aurait fournis à nos adversaires et 
convient-il d’expliquer ces mécomptes par une 
technique moins précise que la nôtre, par des 
doses moins mesurées, par un outillage de moindre 
finesse? A en juger par quelques observations que 
nous avons pu faire avant la guerre, dans cer¬ 
taines cliniques d’Outre-Rhin, ces critiques ne 
sont pas sans quelque fondement. Toujours est- 
il que, surtout sous l’impulsion de Krônig, de 
Schlimpert, de Kehrer, l 'anesthésie extra-durale 
haute est, de l’autre côté du Rhin, appliquée aux 
opérations majeures de la gynécologie, et remonte 
même jusqu’à des interventions sur les reins et 
les voies biliaires. Mais il faut arriver, chez l’a¬ 
dulte, à des doses considérables pour hausser ainsi 
la zone d’anesthésie : 60 à 70 centimètres cubes 
de novocaïne à 1,5 p. 100, avec suprarénine, 
injectés, lentement, en trois minutes, par l’hiatus 
sacré, en position haute du bassin. Or, cette injec¬ 
tion épidurale, surtout chez les femmes grasses, 
n’est pas sans difficultés et Schlimpert lui-même, 
dans son étude sur la narcose en gynécologie, a dû 
les*reconnaître ; l’assistant de Krukenberg, L,ie- 
bich, confesse que quiconque s’adonne à l'anes¬ 
thésie extradurale a besoin d’un bon appren¬ 
tissage. Cette quantité forte de o’r.cjo de novo¬ 
caïne, que Kehrer considère comme normale, 
n’est pas sans risques, sous cette forme de péné¬ 
tration, d’autant qu’une préparation de subnar¬ 
cose allant jusqu’à ce qu’ils appellent le sommeil 
crépusculaire, par la scopolamine-morphine, ou le 
véronal-morphine, à haute dose (ils n’y vont pas 
de main-morte : 0,03 de pautopon et 0,003 de 
bromhydrate de scopolamine, selon Bleck !), est 
indiquée comme complément nécessaire de l’ex¬ 
tradurale. Et, dès maintenant, nous pouvons 
juger et condamner ces tentatives allemandes 
pour exhausser la zone anesthésique dont l’épi¬ 
durale est capable : la méthode est infidèle ; et, 
entre autres exemples, les deux cas mortels 
observés à la clinique de Krukenberg montrent 
qu’elle est périlleuse. 

Voilàdixans quejepratiquel’anesthésie rachi¬ 
dienne et l’ai soumise au contrôle des faits, 
exempt de tout parti pris, inspiré plutôt, au début, 
par une médiocre confiance (puisque je la repre¬ 
nais avec Riche, alors que ses meilleurs partisans 




PARIS MÉDICAL 


106 

la délaissaient), et m’astreignant constamment à 
la règle d’un examen critique impartial et sévère, 
avec notation détaillée des modifications physiolo¬ 
giques qui ont marqué chacune de mes rachianes- 
thésies. J’ai ainsi dépassé, à l’heure actuelle, ma 
quinze-centième rachi et crois avoir quelque droit 
de conclure. 

J’estime que, pour les grandes interventions 
pelvi-abdominales de la gynécologie, la rachi- 
analgésie peut remplacer la narcose par inhalation, 
qu’elle lui est supérieure au double point de vue 
de ses avantages pendant l’opération et de la sim¬ 
plification des suites opératoires. Je déclare, me 
fondant sur une série d’observations démonstra¬ 
tives, que l’analgésie rachidienne est particulière¬ 
ment précieuse dans les cas où précisément (pour 
des contre-indications rénales, hépatiques, pul¬ 
monaires, cardiaques) la narcose par inhalation 
constitue le risque de l’opération et peut même la 
rendre impraticable. J'insiste sur la nécessité de 
limiter scrupuleusement les indications de l’anes¬ 
thésie lombaire, de 11e la point employer dans les 
cas où convient une anesthésie locale bien maniée, 
dans les opérations rapides et simples où suffit une 
courte anesthésie générale (je ne fais plus de rachi 
dans les ligamentopexies, dans les ovariotomies 
à kystes libres, dans les appendicites chroniques, 
dans les hernies non compliquées) : c’est compro¬ 
mettre l’avenir de la rachi que de l’appliquer à 
des cas qui n’en valent pas la peine, ou de vouloir, 
au contraire, sauf indications exceptionnelles* la 
hausser à des opérations hautes qui dépassent, au- 
dessus du diaphragme, la zone de ses applications 
prudentes. 

Ce qui fait le prix de la rachi-analgésie, dans les 
opérations majeures de la gynécologie, c’est ce 
« silence abdominal », ce calme plat du ventre qui, 
vraiment, a transformé nos hystérectomies élar¬ 
gies pour cancer utérin, nos énucléations pour 
inclusions graves, nos décortications d’annexites 
très fixées. Toutes les fois qu'une résolution mus¬ 
culaire parfaite est d’un bon secours, qu’un travail 
technique de précision est indispensable, la rachi 
nous donne une heure, au moins, d’analgésie tran¬ 
quille, pendant laquelle, si l’on ne lambine pas, on 
a le temps de mener à bout la grande majorité des 
interventions les plus malaisées de la chirurgie 
pelvi-abdominale. Aucune anesthésie 11e donne, 
au même degré, cette immobilisation des viscères, 
cette chute stable du paquet intestinal vers le 
diaphragme, ce vide total et permanent du bassin, 
cette netteté des manoeuvres qui fait que l’acte 
opératoire se poursuit, temps par temps, avec 
autant de précision qu’à l’amphithéâtre. 

Tà où cet avantage apparaît dans toute son 


7 Août IÇ20. 

évidence, c'est dans ces laborieuses interventions, 
;pour cancers utérins infiltrés vers le paramètre, que 
nous abordons, depuis quelques années, depuis que 
nous avons reculé le degré d’opérabilité de ces tu¬ 
meurs. Il est incontestable que ces cas graves, à la 
limite, constituent parfois la synthèse des difficultés 
techniques que le chirurgien ait à résoudre : l’exci¬ 
sion du paramètre infiltré, la réparation des lésions 
opératoires de la vessie et de l’uretère, la profon¬ 
deur de l’hémostase, les irrégularités de la périto¬ 
nisation, en font, plus que toutes autres, des inter¬ 
ventions atypiques, compliquées d’imprévus, où 
il s’agit de ne rien négliger et, cependant, de ne 
point prolonger trop l’opération. Ce sont ces cas 
qui, avec le chloroforme ou l’éther, comportent, 
ou des insuffisances techniques, ou des imprégna¬ 
tions toxiques trop massives ; avec 14 à 16 centi¬ 
grammes de syncaïne.nous arrivons à avoir devant 
nous une heure et quart, une heure et demie 
d’analgésie parfaite, à ventre plat et calme, et 
nous réussissons toujours à finir correctement le 
travail, même avec une somme de complications, 
comme dans un fait récent où nous avons pu 
obtenir la guérison opératoire, après résection 
partielle de la vessie, excision des portions pel¬ 
viennes des deux uretères et urétéro-néocysto- 
stomie double. 

1 1 inclusion intraligamentaire n’est plus, comme 
au temps où Terrillon écrivait, considérée comme 
« la plus grosse question de la chirurgie abdomi¬ 
nale » : depuis la position inclinée de Trendelen- 
burg, et grâce à l'hystérectomie complémentaire, 
ce travail de décortication de la tumeur 
ligamentaire s’est bien simplifié. Il n’en est pas 
moins vrai qu'il est des tumeurs rétro-péritonéales, 
qui, après dédoublement du ligament large, se 
développent au r dessous de la séreuse, plus ou 
moins loin vers les flancs et les lombes, et dont 
l’énucléation risque d’entraîner et de léser l’ure¬ 
tère : dans ces cas gravement inclus, nous avons, 
plusieurs fois, apprécié les services de clairvoyance 
et de commodité que nous devons à larachi.—Ta 
même sécurité technique nous est assurée dans 
ces hystérectomies difficiles pour lésions annexielles 
fixées par des adhérences très denses (ainsi que 
nous l’avons surtout noté dans les pelvi-périto- 
nites tuberculeuses), avec des poches purulentes 
cloisonnées :quiconque a assisté à un de ces labo¬ 
rieux décollements des annexes, apprécie, par 
comparaison, avec la moyenne des narcoses d’in¬ 
halation, l’avantage de la rachi pour la recherche 
des plans clivables, pour le décollement patient 
et lent des parties très adhérentes, pour la préser¬ 
vation du péritoine dans le cas de « crevaison » 
de poches purulentes, pour la clarté de l’hémo- 



E. FORGUE. — LE CHOIX DE L’ANESTHESIE EN GYNECOLOGIE 167 


stase: J.-I/. Faure a raison de dire qu’il suffit alors 
d’une faute légère pour entraîner des désastres 
irréparables ; et nous avons la conviction que, 
plusieurs fois, la raclii nous a permis d'éviter cette 
faute. 

Combien se simplifie aussi, grâce à la rachi- 
syncaïne, l'intervention dans les colpo-périnéor- 
raphies, dans les hystérectomies vaginales, dans 
les fistules vésico-vaginales ! 1/opérée reste eu 
position fixe, jambes immobiles sur les antennes, 
périnée au bord de la table ; et l’on n’a pas ces 
retraits de siège, ces déplacements intempestifs, 
qui accompagnent, parfois, la narcose d’inhala¬ 
tion, même bien conduite ; toute la musculature 
du plancher pelvien est veule et flasque, et les 
organes descendent plus docilement sous la trac¬ 
tion de la pince. Même simplification pour les 
opérations intravésicales de fistules vésico-vagi¬ 
nales, ou pour l’intervention trans-péritonéale que 
nous ayons été le premier à aborder, grâce à la 
rachi. 

Faut-il craindre la position déclive, parce qu’elle 
peut renverser, vers le bulbe et l’encéphale, le 
liquide céphalo-rachidien et porter l’analgésique, 
dont il est chargé, vers le centre cardiaque ou 
respiratoire? Si cela était, la cause de la raclii se 
trouverait très compromise ; car, en vérité, entre 
ces deux avantages techniques, la commodité de 
l’analgésie rachidienne et le progrès dû à la posi¬ 
tion de Trendelenburg, notre choix est fait et nous 
opterions pour le second. Sans doute, tout chirur¬ 
gien, expérimenté en rachi-analgésie, sera forcé de 
reconnaître que nous ne sommes pas encore maîtres 
de régler, absolument, le niveau supérieur de l’anes¬ 
thésie ; il dépend de multiples conditions : surtout, 
de l’abondance de l’évacuation du liquide céphalo¬ 
rachidien ; de la dose anesthésique employée ; 
à dose égale, de la concentration et de la densité 
de la solution (notion où Krônig a plagié Barker), de 
la force avec laquelle l’injection est poussée. Mais, 
en nous tenant à nos doses et à notre technique 
habituelles, nous pouvons dire que les craintes de 
Krônig et Gauss ne sont pas motivées, que la posi¬ 
tion haute du bassin est supportée sans incidents 
respiratoires ou cardiaques, à condition d’être 
lentement établie, et que, d’ailleurs, en raison de 
l'inertie de la paroi, la rachi nous permet souvent 
d'obtenir, avec une moindre déclivité, une éva¬ 
cuation du pelvis aussi parfaite, ce qui est un 
avantage chez les grosses dames, à cœur gras, 
emphysémateuses, que congestionne fortement la 
position de tête en bas. Ce qu’il faut éviter, ce 
sont les secoussés brusques, de l’horizontale vers 
la déclivité ou inversement ; ainsi, lorsqu’à la fin 
de l'opération on revient à l’horizontalité, il faut 


l’atteindre par étapes, sinon quelques vomisse¬ 
ments traduisent ce brusque reflux céphalo¬ 
rachidien, comme le coup de tangage amène le 
mal de mer. 

Il y a ; sans qu’on puisse parler d’échec, des 
malades qui se plaignent pendant la rachi-anal¬ 
gésie : ce sont des timorées, des nerveuses, des 
jeunes femmes qui manquent de courage ou sim¬ 
plement de patience, des sujets qui ont des idées 
préconçues ou que l’on a dissuadées (nous voyons 
bien, dans nos services, ces alternatives d’en¬ 
gouement ou de méfiance à l’endroit de la « pi¬ 
qûre »). Parce qu'elle a conservé les sensations de 
tact, la patiente croit éprouver des sensations 
douloureuses. Après trois quarts d’heure, l’impa¬ 
tience s’accroît : ce n’est pas qu’elle souffre, mais 
qu’elle se trouve en position inconfortable (il faut, 
pour cette raison, couvrir la table d’un petit 
matelas stérilisable), qu’elle a hâte de voir l’opé¬ 
ration s’achever, d’être reportée à son lit. C’est 
donc affaire de psychisme déficient, plutôt que 
d’anesthésie insuffisante. Chez les jeunes femmes 
au-dessous de la trentaine, chez les grandes ner¬ 
veuses, dans la clientèle exigeante et peu habituée 
à souffrir, nous faisons, une heure avant la rachi, 
une injection de pantoponou de spartéo-morphine. 
Il est bon, aussi, de ne pas laisser à jeun la ma¬ 
lade ; il est utile qu’un aide, pendant l’interven¬ 
tion, lui tienne conversation, s’emploie à distraire 
sa pensée, et cette diversion psychique est souvent 
efficace. 

Une des objections, en effet, qu’on a faites à la 
rachi-analgésie, c’est son infidélité. Mais il faut 
distinguer les vrais échecs, des insuffisances 
d’ordre psychique. Et, même pour les premiers, 
il est réel, selon la formule de Strauss, que le 
nombre des insuccès est en raison inverse de l’expé¬ 
rience opératoire. Dans nos observations nouvelles, 
nous n’avons pas 2 p. 100 d’anesthésies insuffi¬ 
santes ou d’anesthésies courtes : cela tient incon¬ 
testablement à ce que nous avons, à chaque série, 
gagné en précision technique. 

D adoption de la novocaïne nous paraît, jusqu’à 
découverte d’une substance moins toxique encore, 
un progrès capital ; et c’est le mérite des maisons 
françaises (Clin, Lumière, Usines du Rhône) 
de nous avoir libérés de la fabrication allemande. 
Notre choix s’est porté sur la syncaïne Clin, dont 
les solutions stérilisées nous sont fournies en 
ampoules de 3 centimètres cubes. Après divers 
essais, nous avons adopté, pour la chirurgie abdo¬ 
minale, la solution pure, sans adrénaline, de syn¬ 
caïne à 8 p. 100 : nos doses courantes vont dei cen¬ 
timètre cube (soit 8 centigrammes) pour les 
opérations périnéales, vaginales, pour les appendi- 


32.-. 



io8 


PARIS MEDICAL 


cectoinies, les cures de hernie, les ligamentopexies, 
à i centimètre et demi (soit 12 centigrammes, dose 
moyenne pour les laparotomies), et jusqu’à près 
de 2 centimètres (soit 14 à 16 centigrammes, pour 
les interventions laborieuses ou élevées, hystérec¬ 
tomies pour cancer, pour annexâtes complexes et 
fixées, pour les opérations sur le foie, le rein, l’es¬ 
tomac : à cette dose maxima, mais maniable avec 
sécurité si la technique est bonne, nous disposons 
d’un temps d’anesthésie capable de parer à toutes 
éventualités techniques (une heure et demie et 
plus) et d’une zone haute d’analgésie, qui remonte 
aux mamelons. C’est plus qu’il ne faut ; mais, 
notre confiance s’affermissant avec notre expé¬ 
rience, nous en sommes venu, quand la gravité 
du cas autorise et nécessite la durée et la hauteur 
de l’analgésie, à craindre moins cette dose forte 
que la complication d’une insuffisante anesthésie 
qui, en fin de séance, chasse les anses, gêne les 
derniers temps opératoires, et force à une narcose 
complémentaire. 

ha. perfection de la technique est, nous le répé¬ 
tons, une condition majeure de la sécurité. Notre 
instrumentation : aiguille de Gentile, en nickel ou 
en platine, à biseau court, à mandrin aseptisable 
à l’étuve sèche, et seringue de Strauss-Collin, de 
2 centimètres cubes, à piston d’amiante, stérilisée 
par ébullition dans l’eau pure. Ponction, dans la 
région lombaire, dans le troisième ou quatrième 
espace, sur la ligne médiane, la malade étant en 
décubitus latéral et faisant le gros dos. Evacua¬ 
tion de 10 à 20 centimètres cubes, selon la tension : 
il est certain que, d’une part, l'ascension de la zone 
d’analgésie est fonction de la quantité évacuée et 
que, d’autre part, l’hypertension étant le facteur 
dominant des petits accidents de la rachi (cépha¬ 
lée, vomissements), il y a avantage à détendre le 
liquide céphalo-rachidien ; pour une basse tension 
(goutte à goutte), tenez-vous-en à 10 ou 15 centi¬ 
mètres cubes ; pour les tensions élevées (liquide en 
jet), attendez le goutte à goutte, pour retirer 8 à 
10 centimètres cubes. Adaptez soigneusement à 
l’embout dé l’aiguille la seringue chargée de la 
solution et poussez lentement, par un appui doux 
et progressif, à raison d’un quart de centimètre 
cube par minute. L’injection faite, la malade est 
remise doucement sur le dos ; elle peut être sans 
inconvénient placée progressivement en Trende- 
lenburg, mais, pour atteindre les positions très 
déclives, il vaut mieux attendre une dizaine de 
minutes ; l’anesthésie apparaît rapidement et se 
complète ordinairement en cinq à dix minutes. 

E11 vérité, c’est un rôle encore ingrat, chez nous, 
que de patronner la rachi-analgésie : ses opposants, 
qui restent nombreux, réclament d’elle la cons¬ 


7 Août 1920. 

tance, l’innocuité absolue, immédiate ou à suivre. 
A ce compte, quel est le mode d’anesthésie qui 
garantisse la pleine sécurité? Il s’agit de compa¬ 
rer, impartialement, les inconvénients et les 
risques ; et dix ans de pratique de la rachi "m’ont 
convaincu que cette comparaison est à son avan¬ 
tage. Il y a des rachi-analgésies parfaites : l’expé¬ 
rience technique aidant, elles deviennent la très 
grande majorité. Il y a des incidents bénins (pâleur 
de la face, mal-être comparable au mal de mer, 
état nauséeux êt angoissé) que le chirurgien doit 
envisager sans émoi : apaisez l’inquiétude de 
l’opérée, faites une injection de caféine, appliquez 
sur le crâne une calotte d’eau chaude ; tout cela 
se dissipe. Entre la vingtième et la trentième 
minute, des vomissements peuvent se produire : 
ils sont annoncés par la patiente, manquent de 
violence en raison de la parésie de la paroi, et 
permettent une contention aisée des viscères ; il 
est rare qu’ils se répètent vers la fin de l'opération, 
hormis le cas d’une horizontalité trop brusquement 
rétablie ; mais il y a, sur ce point, des variantes 
individuelles. Le pouls descend presque toujours 
vers 60, quelquefois 50, et reste ralenti pendant 
la plus grande partie de l’anesthésie, pour se rele¬ 
ver vers la fin ; cette chute du pouls peut être 
assez brusque ; et, par une série de mesures oscillo- 
métriques, nous avons étudié ces variations de la 
pression : Hédon, qui les a commentées avec nous, 
nous a rassuré en les interprétant, non comme des 
actions sur les centres, mais comme des réactions 
vaso-motrices périphériques. Les cas de collapsus 
vrai deviennent exceptionnels, sous la condition 
d’une technique parfaite : une série de 625 lapa¬ 
rotomies, dont la majorité répondaient à des cas 
difficiles, exemptes de toute alerte grave, nous 
autorise cette affirmation. Il y a actuellement, 
dans la littérature, trois à quatre douzaines de 
morts par collapsus, dont on fait état contre la 
rachi-analgésie ; mais, quand on les soumet à 
un examen critique, on voit que le plus grand 
nombre de ces décès ne saurait être mis au passif 
de la méthode : métastases cancéreuses ; embolie 
pulmonaire ; collapsus cardiaque chez des malades 
gravement intoxiquées ou shockées ; erreurs de 
doses ou de technique ; emploi de la stovaïne ou 
de cocaïne non purifiée. 

Le grief des accidents tardifs est celui qui a le 
plus nui à la rachi-analgésie. Or, en règle presque 
générale, la rachi, avec la syncaïue, nous a paru 
exempte de toute séquelle ; c’est même cette sim¬ 
plicité des suites post-anesthésiques qui est une 
des raisons décisives de la supériorité de l’anal¬ 
gésie lombaire sur les narcoses d’inhalation. Ces 
troubles consécutifs peuvent, cependant, se mani- 



G. SCHICKELÉ. — RETENTION 

fester sous leur forme la plus bénigne : céphalée, 
rachialgie, qui durent peu et cèdent à l’aspirine 
ou au pyramidon ; dans 3 cas, nous avons vu des 
céphalalgies prolongées ; une fois seulement nous 
avons dû pratiquer une ponction lombaire de 
détente. Quant aux accidents à long terme, j’ai 
pu suivre la majorité de mes rachi-anesthésies : 
jusqu’à présent aucune évolution tardive d’acci¬ 
dents médullaires n’est venue contredire mon 
appréciation favorable. 

Il est hors de doute, par contre, que les suites 
opératoires des grandes interventions gynécolo¬ 
giques sont plus simples qu’après l’anesthésie 
générale : nos infirmières sont unanimes à déclarer 
combien leur besogne de garde se simplifie. Le 
choc post-opératoire est à peu près nul : le faciès 
reste normalement coloré, la respiration régulière 
et calme ; le pouls peut rester ralenti pendant 
quelques heures, mais rarement au-dessous de 60. 
La soif .est bien moins vive et peut être plus préco¬ 
cement calmée par l’ingestion de boissons. Nos 
laparotomisées ne vomissent pas, ne tirent pas 
sur leurs sutures en vomissant. Le rétablissement 
de la péristaltique intestinale est très rapide ; et 
cela contribue, entre autres facteurs, à la sup¬ 
pression de ces iléus dynamiques qui étaient, 
autrefois, un échec. Aucun mode d’anesthésie 
générale, pour inhalation, ne respecte, autant que 
la rachi-analgésie, le foie, les reins et le poumon. 
Il nous a même paru que, grâce à elle, les throm¬ 
boses et les embolies, qui sont notre cauchemar 
après les grandes interventions gynécologiques, se 
sont manifestement raréfiées. Et, au total, c’est 
la mortalité opératoire qui baisse, surtout pour la 
catégorie des cancers utérins. 

En conclusion, je me garde de toute formule 
absolue ; j’ai voulu simplement juger ce point de 
pratique avec exactitude et mesure. Et je déclare 
avoir reçu, de cette série de plus de 600 raclii- 
analgésies pour laparotomies gynécologiques, une 
impression assez favorable pour en recommander 
l’essai loyal à nos collègues. J’ai la conviction que, 
grâce à elle, j'ai pu sauver des opérées qui n’eus¬ 
sent point supporté un autre mode d'anesthésie. 


DE DEBRIS PLACENTAIRES 109 

A PROPOS DE 

LA RÉTENTION PROLONGÉE 
DE DÉBRIS ET POLYPES PLACENTAIRES 

le D' G. SCHI2KELÉ 

Professeur de dinique gynécologique et obstétricale de la Faculté 
de Strasbourg. 

On a par trop négligé l’étude et particulière¬ 
ment l’examen microscopique des rétentions'de 
débris placentaires. Hanté de l’idée du chorio- 
épithélioma, on crut en voir la première étape 
dans le polype placentaire. De ce chef tant de 
femmes, qui auraient pu continuer à avoir des 
enfants, ont dû subir ! hystérectomie ! Il aurait 
suffi de connaître un peu l’anatomie pathologique 
des rétentions placentaires pour éviter pareille 
erreur. Car c’est en vérité le microscope seul qui 
pourra prononcer l’arrêt, l’évolution clinique 
étant dépourvue de tout signe particulier, ou tant 
soit peu précis. 

Les symptômes cliniques se réduisent en somme 
à quelques points. Après un avortement, ou moins 
fréquemment après un accouchement à terme, une 
femme continue à saigner plus ou moins fort, avec 
ou sans intervalle ; parfois son état général s’en 
ressent, la pâleur de la face et des muqueuses fait 
preuve de la perte de sang. Les suites des couches 
peuvent être normales, les époques reviennent 
comme avant l’acouchement, puis petit à petit 
elles deviennent plus abondantes, elles se suivent 
d’une façon irrégulière et obligent la malade de 
consulter. On connaît encore les cas où l’accouche¬ 
ment est suivi d’une aménorrhée de quelques mois, 
puis subitement paraissent des hémorragies qui, 
d’emblée fortes, continuent en augmentant et 
nécessitent finalement une intervention chirurgi¬ 
cale. L’évolution clinique sera parfois accom¬ 
pagnée de fièvre, d’écoulements fétides, rarement 
de frissons ou de signes importants d’infection 
intra-utérine. Il faut enfin mentionner les obser¬ 
vations qui sont constituées purement par des 
hémorragies sans indiquer de rapport avec un 
avortement préalable. Ce dernier, datant des pre¬ 
mières semaines, passera inaperçu. 

Dans la plupart de ces cas on sera facilement 
amené à penser à la présence de débris placen¬ 
taires, du moment qu’un accouchement préalable 
dirigera l’attention du médecin de ce côté. Si par 
contre il y a eu un retard des règles peu important, 
ou que les époques n’ont jamais manqué et que 
l’abondance ou l’irrégularité des pertes seule 
oblige la malade de consulter, le médecin n’aura 
pas de quoi établir un rapport avec une grossesse 
précédente. L’utérus augmenté de volume fera 
penser à un fibrome ou, s’il a gardé ses dimensions 



IIO 


PÂRIS MEDICAL 


y Août 1920. 


normales, et que l’état général de la malade a été 
mis à contribution, ce sera peut-être le diagnostic 
d’un cancer qui viendra s’imposer. En ce cas il 
y a grande chance que l’hystérectomie suive de 
bien près. 

A ces deux groupes cliniques, le premier en rap¬ 
port connu avec l’accouchement précédent, le 



Polype placentaire, adhérant par une base large à la paroi 
utérine, vascularisation assez bonne (grandeur naturelle) 
(fig. 1). 


second n’indiquant pas ce rapport, les groupes 
anatomo-pathologiques ne correspondent pas 
exactement. Des débris que l’on retire de la 
cavité utérine peu de temps après l'accouche¬ 


ment révolu, se composent d’un noyau de villo¬ 
sités en état de régression, de caillots de sang 
et de fibrine et de caduque. Ils peuvent être reliés 
par un genre de pédicule avec la paroi utérine, 
sans cependant être alimentés par les vaisseaux 
utérins. C’est la dégénérescence qui domine, la 
rétention ne sera pas de longue durée. Dans le 
second groupe, qui représente la majorité des 
observations, des éléments de la caduque sont 
mêlés à une muqueuse utérine redevenue normale ; 
parmi les caillots de sang et les dépôts défibriné, 
on rencontre soit des villosités choriales en voie de 
régression plus ou moins avancée, soit des artères 
ou veines utéro-placentaires, et enfin des cellules 
fœtales ectodermales du type Danghans. I,a réten¬ 
tion de ces débris peut durer[des semaines êt~cfës 
mois. De troisième groupe enfin est représenté par 
les polypes placentaires proprement dits : une 
petite tumeur d’environ 2 sur 3 centimètres de 
volume, fixée à la paroi utérine sur une base large, 
fait saillie dans la cavité utérine (fig. 1). Il peut 
s’agir d’un simple polype fibrineux dans le centre 
duquel se trouvent des restes de vaisseaux utéro- 
placentaires d’assez gros calibre (fig. 2). Ce genre 
est bien moins intéressant qu’un autre qui est cons¬ 
titué par des restes'dejvillosités entourées de cel- 
lules ectodermales parfois parsemées en for me de 
petits îlots' ou" dejf'bandelettes étroites, mais pou- 




Prollférallon des cellules ectodermales, dont une partie en voie de dégénérescence. Coupe provenant de la tumeur de la 
figure 1 (agrandissement 60) : a, artère; v, veine ; ch, villosité choriale (fig. 2). 



G. SCHICKELÉ. — RÉTENTION DE DÉBRIS PLACENTAIRES m 


vant aussi former une large nappe (fig. 3) et 
venant se grouper autour des vaisseaux utéro- 
placentaires. fies villosités avec les autres élé¬ 
ments cellulaires peuvent être en très bon état 
si la circulation sanguine est encore suffisamment 
assurée, sinon elles seront en état de dégéné¬ 
rescence. Mais dans ce cas on verra assez sou- 



ont subi une transformation hyaline et sont parsemées de 
cellules ectodemiales en bon état de nutrition. Ce polype 
ne contient ni restes de caduque, ni de villosités choriales. 
Il est constitué par des amas de fibrine et de sang coagulé 
autour des moignons (fig. 3). 

vent les cellules ectodermales survivre à tous 
les autres éléments cellulaires. Ce serait avancer 
par trop dans les détails que de vouloir suivre 
toutes les variations histologiques possibles, fie 
point le plus important, qui doit attirer notre at¬ 
tention tout particulièrement, est représenté par 
les cellules ectodermales du type de fianghans. On 
trouvera encore par-ci par-là des restes rares de 
syncytium ou quelques cellules géantes, mais cela 
sera plutôt rare. 

Pour bien comprendre la pathogénie de ces 
'polypes placentaires, il faut connaître la prove¬ 
nance de ces cellules ectodermales. 

Dans chaque placenta de n’importe quelle phase 
de la grossesse on trouve toujours, abstraction 
faite du revêtement épithélial des villosités 
choriales, des cellules ectodermales en proliféra¬ 
tion. Partout où il y a arrêt ou ralentissement de 
la circulation intervilleuse, dans les parages des 
dépôts de fibrine, sous la membrane choriale, près 
des sinus circulaires, il y aura des amas de ces cel¬ 
lules. Elles ne manquent presque jamais parmi les 
éléments des soi-disant infarctus. Il faut se rap¬ 
peler que les infarctus — qui ne justifient du reste 


en rien ce nom— ont double provenance : ce sont 
ou bien des villosiés choriales dégénérées, entou¬ 
rées de fibrine striée et hyaline, ou bien des throm¬ 
boses localisées dans certaines parties des espaces 
intervilleux, entourées ou parsemées de villosités 
choriales. Dans les deux catégories, des traînées ou 
placards de cellules du type de celles de fianghans 
prendront part à l'organisation du noyau villo- 
fibrineux. On les rencontre encore formant parfois 
une large nappe soudée à la caduque ou à ses ru¬ 
bans de fibrine et constituant ainsi une partie de 
la cloison des espaces intervilleux. Et enfin, par- 
tantdecertainesvillositéscrampons,ellesessaiment 
dans la profondeur de la caduque qu’elles traversent 
pour venir inonder — particulièrement dans les 
premiers quatre à cinq mois de la grossesse—les 
abords du tissu musculaire et se grouper autour 
des vaisseaux utéro-placentaires. Vers la fin de la 
grossesse, les parois hyalines de ces vaisseaux 
leur donnent souvent un abri ; pour qui les con¬ 
naît ici, il sera toujours facile de les identifier, 
même si leur nombre est restreint. Elles se main¬ 
tiennent encore pendant des semaines après 
l’acouchement dans la région de la zone placen¬ 
taire ; de les trouver dans les débris ramenés par 
un curettage peut assurer le diagnostic d’une 
grossesse révolue (fig. 4). fia présence de ces cel- 



Débtis placentaires ramenés par un curettage, vaisseaux utérc» 
placentaires à parois en transformation hyaline semées de 
cellules ectodermales. Dans d’autres parties des coupes se 
trouvent des villosités choriales en dégénérescence très 
avancée (fig. 4). 

Iules dans les parois des vaisseaux à large bande 
hyaline suffit à elle seule pour reconnaître qu’il y 
a eu grossesse, même si des semaines ou des mois 
ont passé depuis. 

Or les débris ou polypes placentaires, étant des 
particules de cotylédons, des restes de villosités, 




PARIS MEDICAL 


112 

entourés de fibrine, de caillots de sang, de cadu¬ 
que, de moignons de vaisseaux utéro-placentaires j 
contiendront très souvent, pour ne pas dire presque 
toujours, des restes de ces amas de cellules ectoder- 
males. Proliférations de nature absolument bénigne 
dans le placenta normal, elles garderont ce carac¬ 
tère dans les polypes placentaires et jamais on ne 
trouvera dans ces derniers, parmi ces cellules, 
des mitoses ou n’importe quel signe de proliféra¬ 
tion récente. Ces cellules gardent leur vitalité 
très longtemps; elles sont parfois les derniers sur¬ 
vivants d’une grossesse parmi les autres unités en 
régression. 

Voilà pourquoi le polype placentaire ne saurait 
jamais être qualifié de néoplasme, fût-ce même 
bénin. Selon l’intensité de la vascularisation qui 
alimente les éléments du polype, ce dernier sur¬ 
vivra plus ou moins longtemps, mais, fût-il même 
en rétention pendant des mois, il sera voué 
d’emblée à la régression fatale. Il faut bien con¬ 
naître cette pathogénie pour ne pas être surpris 
parles cellules ectodermales parfois très nombreuses 
et qui paraissent douées d’une grande vitalité. Ce 
seront toujours les mêmes images que l’on rencon¬ 
trera dans chaque placenta normal. Comme d’abord 
dans le placenta avant son expulsion incomplète, 
elles font encore maintenant partie des débris ou 
du polype en rétention dans la cavité utérine. 
Après la fin de l’accouchement il n’y a certaine¬ 
ment plus eu de formation d’aucune cellule ecto- 
dermale. Cependant le nombre et l’étendue de ces 
cellules peuvent être tels, qu’une ressemblance, 
quoique vague, avec un chorio-épithélioma aty¬ 
pique peut s’imposer ; mais pour qui sera tant soit 
peu versé dans ces questions, une erreur impor¬ 
tante sera exclue. 

Voilà douze années depuis mes premières re¬ 
cherches, que j’ai l’occasion de suivre l’étude de 
ces rétentions et d’examiner des débris placen¬ 
taires en très grand nombre : jamais un polype 
de ce genre n’a évolué vers la malignité, jamais 
son apparition n’a été suivie d’un chorio-épithé¬ 
lioma. Des polypes placentaires qui, selon l’avis 
de certains auteurs, auraient représenté la pre¬ 
mière phase de ce néoplasme malin, étaient en 
vérité déjà des chorio-épithéliomas au moment 
où on les a caractérisés de polypes placentaires, à 
défaut de connaissance de cause. 

Da conséquence pratique de ce fait qui ne subit 
pas d'exception est de la plus grande importance. 
I/a femme qui nous arrive avec des hémorragies 
prolongées, avec ou sans symptômes précis de 
rétention placentaire, doit subir d’abord un curet¬ 
tage de la cavité utérine ; les débris que l’on aura 
ramenés seront examinés au microscope et, la 


7 Août IQ20. 

nature des restes placentaires reconnue, la néces¬ 
sité de l’hystérectomie sera définitivement écartée. 
Il est inadmissible que l’on pratique l'hystérec- 
tomie sans avoir fait préalablement un examen 
microscopique des débris ramenés par le curettage 
précurseur. De cette façon, il sera facile d’éviter 
une opération mutilatrice qualifiée d’inutile. 

C’est avec plaisir que je viens de trouver dans 
un travail de M. Decène la confirmation de ce qui 
m’a paru bien établi et avéré depuis longtemps (i) : 
le lecteur intéressé trouvera dans ce tavail 
une bonne partie de la bibliographie. Il importe 
de relever la bénignité absolue de ces polypes 
et débris placentaires, fussent-ils même recueillis 
après une grossesse hydatiforme. En ce cas, il est 
vrai, le diagnostic peut être des plus délicats et 
même présenter des difficultés tout à fait parti¬ 
culières. On n’hésitera pas tant de reconnaître le 
chorio-épithélioma malin typique ; ses attributs 
sont si nets, la malignité de ce néoplasme domine 
à tel point la scène, que le diagnostic s’imposera. 
Mais, par contre, les limites entre les proliférations 
bénignes qui se trouveront dans les polypes et la 
forme atypique du chorio-épithélioma peuvent 
être à tel point effacées, qu’il faudra un examen 
microscopique particulièrement minutieux et por¬ 
tant sur la totalité des débris pour trancher la 
question. Et encore restera-t-elle peut-être en sus¬ 
pens pour quelque temps. De tou te façon, l’évolu¬ 
tion clinique décidera assez rapidement, car la 
malade ou bien cessera définitivement de saigner 
— et alors la bénignité de l’affection est assurée— 
ou bien elle verra les hémorragies continuer. Dans 
ce cas il faudra pratiquer un nouveau curettage, 
tout en faisant une exploration digitale de la cavité 
utérine après dilatation préalable du col. S’il y a 
un chorio-épithélioma atypique, le doigt sentira 
l’ulcère pénétrant dans la paroi utérine. Da nature 
maligne du néoplasme sera reconnue et l'hysté- 
rectomie sera pratiquée de plein droit. 

(i) IyEcÈNE, Ann. de g yn. et d’ubst., t. XIII, n° g, oc¬ 
tobre 1919. 




R. PROUST. — LE SIGNE DU DOUGLAS 


LE SIGNE DU DOUGLAS 
DANS LES RUPTURES DE GROSSESSE 
TUBAIRE 

H. PROUST 

Professeur agrégé il la Faculté de médecine de Paris, 
Chirurgien de l'hôpital Tenon. 

Dans l’immense majorité des cas, le diagnostic 
de la rupture d’une grossesse tubaire se fait avec 
facilité, avec évidence même; mais, dans certains 
autres cas, ce diagnostic peut être difficile, et 
c’est pourquoi je crois bon d’attirer l’attention 
sur un signe que j’ai maintes fois observé, qui est 
constant dès qu’il y a du sang épanché dans le 
péritoine, et que j’ai appelé le signe du Douglas. 

Lorsqu’on examine une femme atteinte d’inon¬ 
dation péritonéale, il est impossible de percevoir, 
au toucher bimanuel, le sang liquide répandu dans 
le Douglas. Mais si, à ce moment, on fait la pal¬ 
pation profonde de ce cul-de-sac, on détermine 
une de ces douleurs dont on a l’habitude de dire 
qu’elles sont exquises, douleur tellement perçante 
que, chez les malades en demi-syncope, on leur 
arrache encore une plainte. 

Cette douleur profonde, jointe à la parfaite 
dépressibilité du Douglas, constitue ce que j’ap¬ 
pelle le signe du Douglas. 

Il se passe, pour la sensibilité du Douglas, 
quelque chose de comparable à l’hyperesthésie de 
la paroi abdominale dans certaines formes de péri¬ 
tonite. 

Un point est intéressant à noter : la présence de 
sang, qui est suffisante à exalter la sensibilité 
péritonéale au point qu’on réveille par le vagin 
un réflexe analogue à celui que donne, au cours des 
laparotomies, l’attouchement direct du cul-de-sac, 
cette présence de sang dans le ventre n’agit nulle¬ 
ment sur les muscles grands droits, qui ne sont pas 
contracturés. C’est: là un des symptômes dont le 
groupement permet d’établir le diagnostic d’épan¬ 
chement sanguin. 

Ce signe du Douglas, que j’ai signalé dans un 
article de janvier 1914, m’avait déjà frappé 
antérieurement, et je ne l’ai jamais vu manquer 
dans les hémorragies des grossesses tubaires que’ 
j’ai eu à soigner. 

fcjjll ne faut pas le confondre avec la sensibilité du 
cul-de-sac de Douglas telle qu’on l’observe dan s 
le cas d’annexite ou d’ovaire prolabé. 

Ce qui est frappant dans les inondations péri¬ 
tonéales, c’est le contraste entre la palpation des 
culs-de-sac qui ne revèle aucune modification de 
forme et la douleur extrême que détermine leur 
palpation profonde. 

Une 'maladie qui, sans^s’accompagner de cou- 


113 

tracture de l’abdomen ni de modifications ana¬ 
tomiques des culs-de-sac, crée une sensibilité 
exaltée ne peut guère être qu’une hémorragie 
intrapéritonéale. Reste maintenant à en apprécier 
la modalité et les caractères accessoires. 

Ce qui prouve bien que c’est la sensibilité du 
Douglas qui est en jeu, et non la sensibilité de la 
trompe rompue ou déchirée, c’est que, dans des 
cas où il ne s’agit que d’une rupture très minime, 
difficile même à trouver au cours de l’opération, 
impossible à sentir par la palpation, la sensibilité 
du Douglas n’en reste pas moins absolument 
nette. 

Il suffit du reste de se souvenir des constata¬ 
tions opératoires habituelles dans la rupture de la 
grossesse tubaire pour comprendre ce qui se passe 
au niveau du Douglas. Lorsqu’on incise la paroi 
abdominale, au cours d’une inondation périto¬ 
néale, on arrive, après avoir traversé des tissus 
complètement exsangues, sur un péritoine bleu⬠
tre et qui semble imbibé par le sang qui est con¬ 
tenu dans la cavité abdominale. 

C’est cette modification du péritoine; cette imbi- 
bition qui, en se rencontrant également au niveau 
du cul-de-sac de Douglas, permet, selon mon 
hypothèse, d’en exalter la sensibilité révélée par 
la palpation profonde. 

Passant de ces conceptions théoriques aux 
applications pratiques, voyons dans quelles condi¬ 
tions on est amené à rechercher la sensibilité du 
Douglas. 


Pour bien apprécier les modalités du diagnostic, 
j’ai coutume de m’appuyer sur la genèse des acci¬ 
dents hémorragiques. Grâce aux travaux de Cou- 
velaire et de Muret, il est facile d’établir le schéma 
suivant : La grossesse isthmique donne lieu à 
une rupture très précoce avec inondation péri¬ 
tonéale ; la grossesse ampullaire donne lieu à des 
accidents plus tardifs et se termine par un avorte¬ 
ment tubaire qui entraîne des hémorragies à^répé- 
tition, lesquelles évoluent fréquemment vers le 
type d’hématocèle rétro-utérine. Cela est vrai 
comme schéma, mais ce n’est que du schéma et 
bien des modifications sont possibles. Quoi qu’il 
en soit, 011 peut discuter les diagnostics dans le 
cadre de ce schéma et admettre pratiquement qu’il 
y a deux tableaux cliniques distincts de l’hémor¬ 
ragie dans la grossesse tubaire. 


Dans le premier cas, une femme avec un retard 




PARIS MEDICAL 


114 

de règles minime, quelquefois même sans retard 
de règles du tout, est prise d’une violente douleur, 
siégeant dans le bas ventre ; le teint est d’une 
pâleur extrême, il y a des tendances à la syncope, 
des éblouissements et on note des signes de grande 
anémie aiguë. Parfois du sang sort du vagin. 

De_ diagnostic est alors souvent évident dans 
cette forme brutale, mais il peut être parfois plus 
embarrassant, c’est alors qu’on hésite entre le 
diagnostic de rupture de grossesse tubaire et celui 
d’avortement utérin à tendance syncopale. Il faut 
en effet bien' savoir que certains avortements 
présentent des phénomènes syncopaux frappants 
et inquiétants. Tout alors concourt à égarer le 
chirurgien, et on se rend compte combien il serait 
désastreux, par suite d’une erreur, de faire une 
laparotomie dans ces cas. Or, dans ces avorte¬ 
ments utérins,il n’existe jamais d’hypersensibilité 
du Douglas. Je 11e l’ai jamais rencontrée et elle 11e 
peut exister. Evidemment le diagnostic entre 
l'avortement utérin et la rupture de grossesse 
pourrait se faire par l’évolution des accidents dans 
les heures qui vont suivre, mais en cas de rupture 
on ne peut attendre, il faut un diagnostic et une 
décision immédiats. 

Je me suis trouvé appelé récemment auprès 
d'une jeune femme qui venait d’être prise de 
violentes douleurs abdominales, après un très 
léger retard de règles; elle perdait du sang en 
abondance par le vagin et'était tombée dans un 
état demi-syncopal, qui faisait qu’elle pouvait à 
peine répondre aux questions. Da nature des acci¬ 
dents faisait croire à son entourage qu’il s’agissait 
d’un avortement que l’on craignait provoqué. 
Subballonnement du ventre. Aucune contracture 
des muscles grands droits. Au toucher vaginal, on 
constate un utérus mobile de volume normal et les 
culs-de-sac absolument libres et souples. Ta ma¬ 
lade, qui est très affaiblie, se laisse examiner sans 
un mot ; mais la palpation profonde du Douglas, en 
refoulant la paroi vaginale postérieure, provoque 
immédiatement : « le cri du Douglas »; la malade 
sort de sa torpeur pour se plaindre. De diagnostic 
est fait. D’intervention immédiate confirme ce 
diagnostic, en nous montrant une rupture très pré¬ 
coce de la trompe gauche avec une grande inon¬ 
dation péritonéale. 

Tout récemment, les 10 et 11 juin, j’ai eu la 
confirmation nouvelle de la valeur diagnostique de 
ce signe que personnellement j’ai toujours trouvé 
depuis que je le cherche, c’est-à-dire depuis un 
dizaine d'années. Une jeune femme de vingt-neuf 
ans est prise, le 9 juin dans la matinée, de violentes 
douleurs^ abdominales, mais sans vertige, sans 
bourdonnement d’oreille, sans syncope; il y a eu 


7 Août IÇ20. 

un vomissement. A l’interrogatoire, cette malade 
dit être normalement réglée et avoir eu ses règles 
le 24 mai ; le ventre est dépressible, quoique 
légèrement ballonné; le fades est pâle, décoloré, 
mais sans refroidissement du nez et de la langue ; 
le pouls est à 150,1a température à 370,8.011 voit 
en somme qu’il s’agit d’un tableau clinique qui est 
loin de présenter l’allure typique habituelle des 
acddents de la grossesse tubaire. 

Toutefois, la violence de la douleur abdominale, 
l’absence de contracture posent le diagnostic de 
grossesse tubaire malgré l’absence de retard. 

De toucher vaginal fait reconnaître un utérus 
mobile; il n’y a aucune tumeur annexielle, mais 
il y a une hyperesthésie du cul-de-sac de Douglas. 
Ce signe semble suffisant à mon interne, M. Portes, 
pour poser le diagnostic : il s’agit bien d’une rup¬ 
ture de grossesse tubaire. D’intervention montre 
une perforation de la trompe droite au niveau de la 
portion isthmique, avec un épanchement notable 
de sang dans le ventre. 

De lendemain, un cas analogue se présentait 
encore à notre examen. Une femme de vingt- 
quatre ans entre dans mon service le 11 juin, dans 
le courant de l’après-midi, en se plaignant de 
violentes douleurs qui l'ont prise dans la matinée. 
Cette malade, qui a fait une fausse couche en 
décembre, a depuis été toujours mal réglée. Elle a 
perdu pendant tout le mois de mai, si bien que la 
notion de retard est excessivement difficile à 
apprécier. Depuis la douleur du matin, état nau¬ 
séeux marqué. Ventre légèrement subballonné 
mais sans aucune contracture des grands droits. 
De fades n’est que légèrement pâle, mais le nez est 
froid. Au toucher vaginal, culs-de-sac libres, mais 
hyperesthésie considérable du Douglas. Diagnostic 
de rupture de grossesse tubaire. A l’intervention, 
perforation de l’ampoule tubaire droite, ventre 
pldn de sang. 

Je ne peux multiplier les exemples dans le 
cadre étroit de cet article, car il faudrait citer, pour 
ainsi dire, toutes les observations de grossesses 
tubaires que j’ai eu à examiner, car ayant toujours 
cherché le signe de Douglas, je l’ai toujours 
constaté. Souvent ce signe ne faisait que confirmer 
un diagnostic par ailleurs évident; d'autres fois, 
comme dans les derniers cas que je viens de rappe¬ 
ler, il a permis d’établir fermement un^diagnostic 
quijsemblait hésitant. 


Dans la deuxième catégorie des acciden ts2.de 
l’évolution des grossesses tubaires, c’est à-dire 
dans les avortements de grossesse ampullaire, 



H. VIGNES.— L’OBSTETRIQUE EN 1920 


les signes cliniques sont différents. Il s’agit, en 
général, d’une femme qui a un retard de règles 
nettement appréciable et chez laquelle apparaît 
une crise douloureuse accompagnée de métror¬ 
ragies en général peu abondantes, mais répétées. 
I/état général est moins rapidement touché que 
dans l’inondation, quoiqu’il y ait au début des 
éblouissements, des bourdonnements d’oreille, 
de la tendance à la syncope ; un peu d’accalmie 
survient fréquemment, mais les métrorragies, que 
mon cher et regretté maître Pozzi appelait métror¬ 
ragies distillantes, continuent; de nouvelles pous¬ 
sées se succèdent et l’hématocèle se constitue petit 
à petit. D’après mon expérience personnelle, le 
plus habituellement, dans ces cas, l’hématocèle ne 
se compose pas seulement des caillots accumulés 
dans le Douglas, mais elle comprend aussi, enrobée 
dans ceux-là, la trompe distendue et gravide qui a 
été le point de départ des accidents. Dans les 
formes de rupture un peu tardive ou d’avortement 
des grossesses ampullaires, il est en effet fréquent 
que la trompe, augmentée de volume, se prolabe et 
surplombe ainsi le Douglas dans lequel elle va 
saigner au moment de la poussée congestive. 

J’insiste sur ces faits pour montrer que, dans 
cette forme de grossesse tubaire, les renseigne¬ 
ments à demander à la palpation du Douglas ne 
sont pas tout à fait les mêmes. En effet, il peut 
arriver dans ces cas, et il arrive fréquemment, que 
les culs-de-sac ne soient pas libreset qu’avant toute 
constitution d’hématocèle le doigt sente la trompe 
augmentée de volume et prolabée. Elle est alors 
nettement douloureuse si elle a commencé à se 
fissurer, mais le cul-de-sac de Douglas, dans sa 
partie restée encore dépressible (nous supposons 
qu’il s’agit des tout premiers jours de la formation 
de l'hématocèle), l’est également. 

Dans ces formes, le diagnostic le plus embarras¬ 
sant est celui d’une salpingite accompagnée d’une 
poussée de périinétrite. C’est un diagnostic sou¬ 
vent très difficile et dont l’importance est grande, 
car la laparotomie en poussée de périmétrite est 
souvent dangereuse et toujours difficile. Tant que 
les caillots ne se sont pas solidifiés dans le Douglas 
et qu’il subsiste du sang liquide, la douleur ex¬ 
trême, jointe à la dépressibilité, continue à donner 
au signe de Douglas toute sa valeur et toute sa 
clarté. Dans la péritonite, la douleur du Douglas 
existe, mais sans dépressibilité. 

Plus tard, quand l’hématocèle rétro-utérine est 
constituée, le cul-de-sac est bourré de caillots, le 
signe disparaît. C’est alors d’après les signes 
propres de l’hématocèle rétro-utérine qu'il con¬ 
vient de faire le diagnostic. 


115 

Ce signe du Douglas : douleur à la pression, 
accompagnée de dépressibilité, peut se rencontrer 
dans des épanchements péritonéaux purulents, 
dans lesquels tout le ventre est douloureux, mais 
alors ce 11’est qu’un point particulier de la re¬ 
cherche de la douleur abdominale et la contracture 
de vigilance des muscles grands droits vient com¬ 
pléter le tableau clinique de la péritonite. 

Au contraire, dans la rupture de la grossesse 
tubaire, il est permis de dire que le signe du Dou¬ 
glas (douleur et dépressibilité) est positif pendant 
que la contracture des muscles grands droits de 
l’abdomen est négative. L’association d’un signe 
du Douglas positif avec la constatation négative 
de la contracture des muscles abdominaux m'a 
toujours paru caractéristique d’un épanchement 
sanguin intrapéritonéal lié à la rupture ou l’avor¬ 
tement d'une grossesse tubaire. 

REVUE ANNUELLE 

L’OBSTÉTRIQUE EN 1920 

le D' Henri VIGNES 

Depuis la dernière revue d’obstétrique que mon 
maître, M. Funck-Brentano, publiait ici même en 
1913, s’écoulèrent des années pendant lesquelles les 
circonstances, défavorables aux recherches médi¬ 
cales, le furent plus particulièrement aux recherches 
obstétricales. Cependant, au cours de ces sept ans, il 
y eut une production scientifique abondante qu’il 
est difficile de résumer sans omission (i). 

Anatomie et physiologie obstétricales. 

Il faut signaler le travail de Retterer et Neuville 
(Soc. de biol., 29 mai 1915) sur le placenta, et l’article 
de Michel de Kervilly (A. M. G. O., 1916, p. 93),qui 
a étudié les mitochondries du revêtement villositaire 
et leur rôle dans la physiologie des échanges fœto- 
maternels. 

D’autre part, il faut lire le très important travail 
d’Hassan et Fouad Diwany, inspiré par Prenant, sur 
le passage du fer de la mère au fœtus (Soc. de biol., 
séance du 20 nov. 1919)- 

Il se fait à l’état normal, à la limite des villosités 
choriales, de petits foyers hémorragiques provenant 
des vaisseaux utérins ; les villosités plongent dans ces 
foyers et leurs cellules de revêtement, pourvues d’un 
pouvoir absorbant, y puisent des éléments ferrugi- 

(1) Abréviations : S. G. O. (Surgery, Gynccology and Obste- 
tries), J. A. M. A. (Journal of the American medical Association), 
P. M. (Presse médicale), G. et O. (Gynécologie et Obstétrique), 
A. G. O. (Annales de gynécologie et d'obstétrique), A. M. G. O. 
(Archives mensuelles de gynécologie cl d’obstétrique), A. J. O. 
(A merican Journal ol obstetrics). 




n6 


PARIS MEDICAL 


lieux. I,es villosités choriales n’ont pas seulement en 
ceci une fonction d’absorption ; il semble qu’elles 
soient le siège d’une sécrétion susceptible d’agir sur 
cet hématome placentaire. 

Le sérum des femmes enceintes mis en présence 
de placenta dédouble l'albumine placentaire, ce 
qui est le fondement de la réaction d’Abderlialden. 
La thèse d’Écalle, qui est un monument de travail 
(Paris, 1917), en a fait l’étude. Entreprise avec 
enthousiasme, exécutée avec conscience, elle arrive 
à des résultats un peu décourageants que nous 
traduirons ainsi : la réaction est intéressante pour 
la biologie de la gestation, mais sa valeur est à 
peu près nulle au point de vue du diagnostic clinique. 
Van Slyke et Vinograd Villchur (A. J.O., 1916, p. 293) 
dénient à la réaction d’Abderlialden toute valeur 
pour le diagnostic tant positif que négatif de la 
gestation. D’autres auteurs ayant étudié ce sujet 
sont arrivés au même résultat et certains ont été 
jusqu’à dire que, s’il y a digestion de l’albumine pla¬ 
centaire, c’est grâce à l’exaltation de tous les fer¬ 
ments organiques et sans qu’il y ait pour cela aucune 
spécificité anti-placentaire. 

Ancel et Bouin, recherchant la date de la fécon¬ 
dation chez la femme, pensent que la ponte a lieu 
douze à quatorze jours avant les règles et que la 
fécondation aurait lieu peu après, soit quinze à dix- 
sept jours après le début des dernières règles. 

J.-L- Baer (S. G. O., nov. 1916) a étudié la leucocy- 
tose de la gestation, qui est constante au neuvième 
mois et légère, et la leucocytose du travail (moyenne 
18255), qui est constante et bien plus marquée chez 
la primipare que chez la pluripare. 

Enfin il ne faut pas oublier de signaler un ouvrage 
merveilleux d’embryologie, l'Œuf et les facteurs de 
l’ontogenèse par le professeur Bracliet, leçons pro¬ 
fessées au collège de France où a enseigné ce maître, 
chassé de Liège par les Allemands. 

Pathologie de la gestation. 

Vomissements graves. — Delagenière (1914) 
a publié plusieurs observations où des vomisse¬ 
ments graves furent guéris par l’appendicectomie. 
Cœsar ( Medical Record, 24 nov. 1917, p. 897), 
utilisant les idées d’Abrams sur le réflexe dilatateur 
cinquième dorsale-pylore, préconise la percussion de 
cette vertèbre au cours de cette affection. Car}' (Soc. 
gyn. de Chicago, 19 janvier 1917) a eu d’excellents 
résultats par l’opothérapie placentaire. Billiard 
(Thèse de Lyon, 1919-1920) fait un chaud plaidoyer 
pour le traitementdes vomissementsgravesparl’adré- 
naline et l’opotliérapie surrénale. Lacourbas ( Thèse de 
Paris, 1919) inspiré par Devraigne, Cardot (Thèse de 
Paris, 1917). Hirst (A. J. O., mars 1919), eux, ont eu de 
non moins bons résultats par l’extrait de corps jaune. 

Enfin Seba ( Missouri State Med. Ass., mai 1915) 
considère les vomissements comme dus à la coliba¬ 
cillose et les soigne par des vaccins anti-coli. 

Convulsions éclamptiques. — Le traitement 
maintenant classique des convulsions éclamptiques 


7 Août 1920. 

(prophylaxie par le lait, thérapeutique par la saignée, 
abstention de manœuvres obstétricales) a été l’objet 
de la thèse de Guillemet ( Thèse de Paris, 1914) qui 
résume des amiées de statistique de la clinique 
Baudelocque. Fauvette ( Thèse de Paris, 1920), 
Tilson (J. A. M. A., 2 septembre 1916), Snyder 
(•>ibidem, 1917) ont eu recours à la ponction lombaire 
et ont retiré jusqu’à 25 centimètres cubes de liquide. 

De Lee (Bull, of the Lying in Hosp. of the city of 
N. Y., janvier 1917) pense que l’éclampsie, de par 
son allure étiologique et clinique, domie l’impression 
d’une maladie infectieuse : il y aurait de vrais foyers 
épidémiques d’éclampsie. 

Hastings Tweedy, dont l’opinion n’est jamais 
négligeable, a vu des cas où le lait aurait été toxique 
pour les éclamptiques. 

Au point de vue chimique, 011 a noté au cours de 
cette affection : 

1 “une hyperglycémie passagère (Morriss, Slemons) 
qui ne serait d’ailleurs pas proportionnelle à l’inten¬ 
sité des accès (Widen) ; 

2 0 de la glycuronurie (Jean, Thèse de Paris, 1915) 
qui serait constante ; 

3° de la cliolestérinémie (Huffmann, Pisani et 
Savare) ; 

4° de l’hypolécithinémie (Slemons, non confirmé 
par Écalle) ; 

5° de l’amino-acidurie qui semble être augmentée 
de façon constante, sans que l’on doive faire de cette 
augmentation l’essence même de cette maladie, 
comme d’aucuns l’avaient cru. 

Chorée.—Lepage (A. G. O., août 1913) pense 
que cette affection est rarement aggravée par la 
gestation, mais qüe, s’il y a aggravation, les signes en 
sont : l’intensité des mouvements, les troubles men¬ 
taux, la tachycardie, l’hyperthermie, les éruptions 
morbilliformes, et au surplus que cette affection n’est 
jamais améliorée par l’accouchement provoqué. 

Pyélonéphrite. — Couvelaire (un article in La 
Médecine, avril 1920 etlhèseàz Bœda, Paris, 1919- 
1920) envisage ainsi le traitement de la pyélonéphrite 
gravidique : pour la forme légère, le traitement médi¬ 
cal ; pour la fonne moyenne, le traitement médi¬ 
cal, mais, en cas d’échec, on aura recours à la 
distension vésicale, au cathétérisme des uretères et, 
au cas d’insuccès, à l’accouchement prématuré. S’il 
y a un gros rein, c’est à la néphrotomie ou la néphrec¬ 
tomie qu’il faudra avoir recours. Danforth (S. G. O., 
juin 1916) a signalé les insuccès de la vaccinotlié- 
rapie anticolibacillaire. 

Lithiase biliaire. — Le professeur Audebert a 
étudié la cholécystite gravidique ( Journ . de méd. de 
Paris, 20 juin 1914). 

Grippe. — C’est une complication grave de la 
gestation (Malartic, Grillet, Thèses de Paris, 1918- 
1919 ; Le Bourliis, Thèse de Bordeaux, 1919-1920 ; 
Fornero, Annali di ost. e ginec., 31 déc. 1918 ; Ifauch, 
G. et O., janvier 1920, p. 55). Pour Petersen (G. et O., 
janv. 1920, p. 37), la grippe est très grave lorsqu’elle 
est encore en activité au moment du travail. L’accou- 



H. VIGNES. — L’OBSTETRIQUE EN 1920 


clieinent est généralement très rapide. Il faut ne pas 
intervenir pendant la dilatation, être sobre d inter¬ 
ventions pendant l’expulsion, et, si.une intervention 
devient urgente, employer l’anestliésie générale en 
se rappelant cependant qu’elle est dangereuse. On 
réduira au minimum les examens (il est inutile de 
remuer une malade pour l’ausculter alors que le 
diagnostic s’impose, car ces manœuvres sont très 
shockantes ; il faut les éviter, quitte à laisser passer 
inaperçue une pleurésie purulente). 

Encéphalite léthargique. — Elle a été étudiée 
dans ses rapports avec la gestation par Schulze 
(J. A. M. A., 1920), par Andérodias (/. de méd. de 
Bordeaux, 10 mai 1920), Couvelaire (G. et O., janv. 
1920). Elle est plus grave qu’en dehors de la gesta¬ 
tion. 

Cardiopathies.—Pelissier (A. M. G. O., mai 1915, 
p. 185) a étudié la tension artérielle et la viscosité du 
sang chez les femmes enceintes atteintes de cardio- 
patliie. Dans l’insuffisance aortique, pendant la 
gestation, la tension maxirna est un peu élevée et la 
minima abaissée. Dans l'insuffisance mitrale, la ten¬ 
sion reste normaleen général, ou, s’ily ade la dyspnée, 
les deux tensions s’abaissent. 

Dans le rétrécissement mitral bien compensé, la 
maxima reste normale et la minima baisse. L’asys- 
tolie peut être annoncée par des irrégularités de la 
tension, puis par un abaissement de la maxima et 
une élévation de la minima, puis par un abaissement 
parallèle des deux tensions. 

Cleisz et Powilevicz (Soc. d’obst. et de gyn. de Paris, 
7 juillet 19x9) ont publié l’observation d’une femme 
qui, malgré une énorme ectasie de la crosse aortique, 
eut un accouchement tout à fait favorable. Bright 
Bannister ( Lancet , 15 août 1914) a pratiqué la césa¬ 
rienne chez deux asystoliques sous rachianesthésie. 

Résumons enfin le très important article de Sir 
James Mackenzie (1) (Lancet, 12 janvier 1918, p. 50). 
Mackenzie n’admet pas (d’après l’examen de 
100 femmes) qu’il se produise une hypertrophie du 
ventricule gauche sous l’influence de la gestation. Ce 
qui a pu le faire croire, c’est le déplacement du cœur 
sous l’influence de la tumeur abdominale. Par ailleurs 
ce n’est pas la diminution de la réserve-for ce qui sera 
un signe pronostique. Il faut plutôt rechercher les 
signes de progression de cette diminution. Ces signes 
sont : l’œdème, la dyspnée progressive, l’œdème des 
poumons et l’augmentation durable de la rapidité ou 
de la violence du battement cardiaque consécutif à un 

(1) Mackenzie commence son article par une réaction contre 
l'habitude de prononcer le nom d'insuffisance cardiaque sur la 
simple constatation d’un souffie ou sur la simple constatation 
d’une arythmie. L'insuffisance cardiaque est affaire de myo¬ 
carde. La force du myocarde doit être considérée sous deux 
aspects : une force nécessaire pour assurer la circulation quand 
le corps est au repos (rest force) et uue autre qui intervient 
lors des efforts (reserve force). C'est la seconde qui diminue 
d’abord. La malade se rend compte que des efforts qui ne lui 
coûtaient nulle peine déterminent quelque gêne. Un cteur non 
malade peut se comporter ainsi lorsqu’il a le surcroît de la 
estation. Il n’y a là encore aucun danger. 


effort. En ce qui concerne l’œdème, il y a d’autres 
causes de production au cours de la gestation (affec¬ 
tion rénale, compression des veines par l’utérus). Il n’a 
pas de valeur lorsqu'il est isolé. L’ortliopnée est une 
indication à l'interruption de la gestation. 

L’œdème des poumons est le plus fidèle des signes. 
Mackenzie a l’habitude, eu commençant sou examen, 
de regarder de quel côté la patiente est couchée. Puis 
il la fait asseoir et ausculte sa base de ce côté. Il n’est 
pas rare, chez uue femme enceinte normale, que la 
première respiration profonde soit accompagnée de 
crépitants. Mais si ceux-ci persistent, s’il y a une 
modification à la percussion, c’est un signe assez grave 
pour qu’on interrompe la gestation. Une persistance 
du pouls au delà de 100 après un effort léger est aussi 
une indication. Il en est de même pour un pouls de 
Corrigan et pour un battement violent au delà de la 
ligne mamelonnaire. 

Tuberculose et gestation. —Péaud (Thèse de 
Paris, 1920) a étudié les rapports réciproques de la 
tuberculose et de la puerpéralité, d’après les statis¬ 
tiques de la clinique Baudelocque de 1904 à 1914. Ses 
conclusions ne sont pas particulièrement pessimistes, 
de même que celles de Walsli (A. J. O., février 1918). 
Pour ce dernier, les femmes atteintes de tuberculose 
latente traversent la gestation sans grands risques, et 
celles dont la tuberculose est en évolution courent un 
risque, mais les opérations abortives ont uue morta 
lité telle que la continuation de la gestation leur est 
préférable. 

M. Demelin (La Médecine , avril 1920) est également 
adversaire des interruptions provoquées de gestation 
pour tuberculose. Il n’est pas partisan des moyens 
proposés pour accélérer la dilatation et pense qu’il 
faut intervenir seulement pour hâter l’expulsion. 

Maladies infectieuses diverses. - Remlinger 
a prouvé le passage du virus rabique de la mère au 
fœtus. Becardit (Thèse de Paris, 1918-1919) a trouvé 
du pneumocoque dans le sang d’un fœtus dont la 
mère était morte de septicémie pneumococcique au 
cours d’une grippe. Gentili (La Rassegna d’Ostetricia, 
mai 1919) a étudié la possibilité de transmission 
transplacentaire du paludisme et a répondu par la 
négative. 

Le Conseil médical russe, étudiant l'hérédité de la 
lèpre en 1915, a également répondu par la négative, à 
de très rares exceptions près. 

Syphilis et gestation. — L’important travail 
d’Arnaud Routli (Lancet, 14 janvier 1918) sur la 
syphilis héréditaire s’inspire de la théorie de Mac 
Donagh ; Routh pense qu’il existe des granules 
résultant de la fragmentation du spirochète, véri¬ 
tables spores qui peuvent se transformer en spiro¬ 
chètes adultes et qui sont les agents de l’hérédo- 
syphilis tardive. La syphilis serait volontiers latente 
chez la mère pendant la gestation pour Routh, ce qui 
serait dû à l’action des ferments d’origine choriale sur 
le spirochète. 

Adair a insisté sur ce que la syphilis n’est 
pas un facteur d’avortement comme cela s’en- 




n8 


PARIS MEDICAL 


7 Août IQ20. 


seigne souvent (ce qui, naturellement, ne veut pas 
dire qu’elle ne soit pas une cause fréquente de mort 
de l’enfant in utero). 

Meyer ( Zeitsch. f. Geb., 1915) pense que le placenta 
ne laisse pas passer le salvarsan, mais agit favora¬ 
blement sur l’enfant eu empêchant la production et 
la transmission d'éléments nuisibles. 

Môle hydatiforme. — Davaris, inspiré par 
Couvelaire, a publié une très intéressante observa¬ 
tion de môle hydatiforme coïncidant avec mie dégé¬ 
nérescence kystique desovaires ( Thèse de Paris, 1915). 
Alors qu’habituellement, la môle étant expulsée, la 
lésion ovarienne régresse, dans le cas rapporté il y 
eut augmentation de volume continuelle des ovaires, 
mais, justement,dans l’utérus extirpé, on trouva un 
noyau de cliorio-épithéliome. 

Acromégalie gravidique. — Willys Andrews 
(S. G. O., déc. 1916) décrit mie acromégalie tempo¬ 
raire gravidique caractérisée par une augmentation 
de volume du nez et des doigts, de la somnolence, de 
la glycosurie. Ceci est à rapprocher d'une observation 
de Marek (Zentr.fur Gyn., 14 février 1914) sur un cas 
d’acromégalie gravidique, lequel récidiva lors d’une 
gestation ultérieure, mais sans s’aggraver. 

Fibromes et gestation, — Chavaimaz ( Congrès 
français de chirurgie, octobre 1919) a décrit trois cas 
d’une complication rare des fibromes : la nécrobiose 
et la suppuration. L’intervention doit être précoce, 
soit par myomectomie, soit par hystérectomie. 

Cancer du col et gestation. — Guérin-Valmale, 
dans un cas de gestation et cancer du col inopérable, 
fit une césarienne suivie d’hystérectomie subtotale, 
parce que l’utérus était inextirpable, et parce que cet 
utérus se fût infecté en masse s’il avait été conservé. 

Bencegoa a traité un cancer du col par le radium. Ce 
traitement peut sembler dangereux pour le fœtus, 
étant donné ce qu’on sait de l’action des rayons X 
sur les cellules jeunes ; pourtant, dans ce cas particu¬ 
lier, il y eut amélioration du cancer sans aucun dam 
pour l’enfant. 

Cancer du sein et gestation. — Dévé (Soc. 
d’obst. et de gyn. de Paris, 6 juillet 1914) a observé un 
cas de squirredu sein qui avait débuté trois ans avant 
la gestation et qui ne fut nullement influencé par cet 
état, à la différence d’un cas qui avait été suivi par 
Pinard et Faure. 

Kyste de l’ovaire et gestation. — La plupart 
des auteurs sont de plus en plus favorables à l’ova- 
riectomie aussi précoce que possible. R.-W. Holmes 
(S. G. 0.,nov. 1915) est d’avis qu’il faut, par une extir¬ 
pation pratiquée à temps, permettre à la gestation 
d’aller à terme. S’il se produit un avortement, c’est 
un moindre inconvénient que de laisser la femme 
aller à terme, lui faire une section césarienne et 
l’exposer à mie itérative lors de chaque accouche¬ 
ment ultérieur, étant donnée la fragilité des cica¬ 
trices utérines. Grosse, à propos d’un cas personnel, 
a fait une statistique des cas d’ovariotomie bilaté¬ 
rale au cours des quatre premiers mois de la gestation 
et a vu qu’il y avait seulement 13 p. 100 d’interrup¬ 


tion. L’intervention très précoce est de mise non seu¬ 
lement pendant la gestation, mais pendant les suites 
de couches si le diagnostic n’est fait qu’à ce moment 
(Ferrand, Thèse de Paris, 1919-1920). 

Avortement. 

Adam (Rev. méd. de l’Est, 19 mars 1920) insiste, 
avec d'intéressantes observations à l’appui, sur la 
fréquence des malformations utérines comme cause 
d’avortement. 

De Lee (Bull, of the Lying in hospital of the 
City of N. Y., 1 l ' r janvier 1917, p. r) a publié plusieurs 
observations de fœtus dont les mères avaient eu des 
foyers d’infection streptococcique légère au cours de 
la gestation et qui sont nés morts avec du streptocoque 
dans le sang. Pour lui, il y a là un fait qui est capital 
pour expliquer la genèse de bien des avortements 
habituels et de bien des morts du fœtus in utero ; les 
formes atténuées d’une telle infection expliqueraient 
bien des malformations congénitales. Curtis (J. A. M. 
A., 9 déc. 1916) a publié deux observations d’avorte¬ 
ment dans des conditions analogues ; l’hioculation des 
streptocoques àdes lapinespleines les fit avorter ou fit 
mourir les embryons. A ce sujet, De Lee a rappelé les 
notions bien connues des vétérinaires sur l’avorte¬ 
ment épizootique et il se demande si une femme ne 
pourrait pas faire un avortement infectieux après 
avoir bu du lait de vache infectée. P.-F. William et 
Kolmer (A. J. O., 1917, p. 194) rapportent que chez 
cinquante femmes ayant avorté, ils ont cherché avec 
un résultat négatif la réaction de fixation du complé¬ 
ment par l’antigène du bacille de Bang. Mais ils 
estiment qu’étant donnée la présence dë ce bacille 
dans le lait, il serait utile d’essayer d’immuniser les 
bêtes injectées avant de livrer leur lait à la consom¬ 
mation. H.-P. de Forest a étudié le même sujet (A. J. 
O., 1917, p. 221). 

M mc Nageotte (P. M., 20 déc. 1917) a signalé le 
rôle que peuvent jouer les tentatives d’avortement 
restées infructueuses sur le déterminisme des mal¬ 
formations. Dans un premier cas, il s’agissait de 
toute une série de malformations qu’011 pouvait 
rattacher à un trouble de la vie intra-utérine survenu 
à la sixième semaine. Or les parents n’avaient, par 
ailleurs, aucun état pathologique susceptible de 
créer cette tare. Mais on finit par savoir que, vers 
cette date, la mère, désireuse d’éviter la gestation, 
avait essayé tous les moyens médicaux supposés 
susceptibles de déterminer l’avortement : pédiluves, 
drastiques, etc. Dans une seconde observation, sur 
quatre enfants de parents très sains, le troisième 
avait des tares qu’on peut rattacher à l’ingestion de 
substances abortives. 

Reiny, à propos d’une femme qui expulsa, plusieurs 
mois après un avortement, im placenta absolument 
frais et inodore, conclut que celui-ci a vécu en parasite 
greffé sur la muqueuse utérine (Soc. de méd. de Nancy, 
1918). Pour Zarate (A. G. O., nov.-déc. 1916, p. 343), 
ces tissus n’ont pas une vitalité vraie. Il s’agit d’une 
nécrobiose lente, de quelque chose d’analogue à la vie 
prolongée des tissus stériles greffés selon la méthode 



H. VIGNES. — L’OBSTETRIQUE EN 1920 


de Carrel ; il y a dégénérescence cellulaire. Decène et 
Proust (A. G. O., 1919) pensent de même que les 
masses placentaires décrites par certains sous le nom 
de « placentome bénin » ont été considérées à tort 
comme des tumeurs bénignes susceptibles d’acquérir 
secondairement des caractères de malignité. Si la 
transformation en cliorio-épitliéliome n’est pas 
a priori impossible, elle doit être considérée en tout 
cas comme tout à fait exceptionnelle. De même le 
polype placentaire ne peut être considéré comme un 
néoplasme bénin. En effet, il ne se développe pas par 
prolifération de ses éléments propres, refoulant les tis¬ 
sus environnants à la manière des tumeurs bénignes. 
De placenta en rétention n’est qu’un très médiocre 
greffon qui peut continuer à vivre, il est vrai, très 
longtemps, grâce à la persistance de la circulation 
maternelle, mais qui doit être définitivement éliminé. 
D’acroissement apparent de ce débris ne se fait que 
par accumulation et organisation de caillots. 

En ce qui concerne le traitement des avortements 
infectés, il faut retenir les plaidoyers de Ries (S. G. O., 
avril 1918) et J.-O. Polak (Med. Record, 24 fé¬ 
vrier 1917) contre le curettage et les interventions 
locales, — un article d’Audebert et Fournier sur la 
nécessité d’être très précoce en matière d’abcès de 
fixation, —■ un cas d'infection post abortum traité 
avec succès par le sulfate de cuivre ammoniacal 
intraveineux (Saïssi, Soc. des chir. de Paris, 1920). 

Gestation ectopique. 

Sencert et Aron (Rev. de gyn. et de chir. abd., i er juil¬ 
let 1914) ont rapporté un cas très intéressant de ges¬ 
tation ovarienne datant de deux ans et s’accompa¬ 
gnant d’aménorrhée. Après l’extirpation de la tu¬ 
meur qui contenait un placenta vivant, la mens¬ 
truation s’est rétablie et la femme est redevenue en¬ 
ceinte. Des auteurs attribuent l’aménorrhée à une 
couche de cellules glandulaires périplaceutaires, ana¬ 
logue peut-être à un corps jaune gestatif. 

Scliil (A. M. G. O., février 1914), après avoir insisté 
sur la fréquence des lésions du corps jaune en cas de 
gestation tubaire, leur reconnaîtuu rôle patliogéuique 
et pense qu'elles sont dues à une perte de la contrac¬ 
tilité tubo-utérine consécutive à ces lésions. 

Signalons une singulière observation où Wallace 
(S. G. O., mai 1917) opérant une femme pour gesta¬ 
tion tubaire, put greffer l’œuf dans l’utérus et où la 
gestation aurait continué jusqu’à terme. 

Ditchteustein (Zenlralblatt fur Gynâk., 31 mai 1919) 
préconise, en cas d’inondation péritonéale par rup¬ 
ture tubaire, la réinjection intraveineuse du sang 
recueilli au cours de la laparotomie. 

Anesthésie obstétricale. 

Il est de pratique assez courante de calmer momen¬ 
tanément par la morphine les douleurs du travail 
lorsqu’elles sont exagérées et que cette exagération 
même retentit sur la bonne marche du travail. 
Certains accoucheurs ont essayé par ce produit 
d’obtenir un accouchement complètement sans 


HQ 

douleur et sans shock, et, comme il est dangereux 
pour l’enfant de donner de trop hautes doses de mor¬ 
phine, on a eu recours à un autre médicament cal¬ 
mant, la scopolamine, pour en prolonger et en ren¬ 
forcer l’action. C’est la tocaualgésie, le twilight 
sleep, le dâmmerschlaf, la parto-analgesia. En Amé¬ 
rique, la méthode importée d'Allemagne a des par¬ 
tisans résolus et des adversaires. De public se pas¬ 
sionne fort pour cette lutte, et il existe à New-York 
une association philanthropique extra-médicale qui 
mène la croisade pour le twilight sleep. Martin Maurice 
a consacré sa thèse à ce sujet (Paris, 1918-1919), de 
même que Deroy (Paris, 1919) (1), inspiré par Funck- 
Brentano. Pour cet auteur, il 11e faut employer que 
des doses faibles et fractionnées de scopolamine- 
morpliine (4 dixièmes de milligramme et 12 milli¬ 
grammes respectivement). D’effet est rapide, mais 
les contractions diminuent de nombre et d’intensité, 
et il y a parfois une déficience de la rétractilité post 
partum. Da durée du travail est augmentée. Deroy n’a 
pas eu d’accidents d'intoxication, comme en ont pu¬ 
blié Bandler, Baer, Reed : ce dernier auteur aobservé 
2 cas de mort sur 100 femmes, et 8 cas de mort 
d’enfant. 

On emploie beaucoup, en Amérique, l 'analgésie 
légère au protoxyde d'azote. On ne peut pas obtenir une 
anesthésie profonde et jnolongée, et dès qu’une inter¬ 
vention est nécessaire ou lorsque la tête franchit la 
vulve, il faut administrer de l'étlier. Mais le pro¬ 
toxyde permet de soulager la patiente pendant toute 
la longue, pénible et fastidieuse période de dilatation 
et pendant la plus grande partie de l’expulsion. De 
protoxyde est employé seul ou associé à l’oxygène. 
Un masque spécial permet l'inhalation, qui est com¬ 
mencée dès que commence la douleur (car l'analgésie 
est obtenue de suite) et qui est cessée avant la fin de 
la contraction. Il 11e faut pas atteindre le stade 
d’anesthésie. Da plupart des femmes sont cons¬ 
cientes des contractions, mais n’ont pas de sensa¬ 
tions douloureuses. D’action est à peu près constante. 
Da conscience 11’est pas troublée. Des contractions 
utérines 11e sont pas modifiées, à condition de s'en 
tenir au stade analgésique. Dans certains cas, elles 
sont augmentées par augmentation de l'acide carbo¬ 
nique du sang. Au total, le travail n'est pas prolongé. 
Aucun effet toxique sur la mère, ni sur l’enfant. Un 
des grands inconvénients de cette méthode est le 
prix de revient élevé du protoxyde. 

Paul Delmas (La Médecine, avril 1920) recom¬ 
mande son procédé de racliianalgésie cocaïnique pour 
les interventions obstétricales, en particulier chez les 
femmes en état grave du fait d'hémorragie ou de 
convulsion. 

L’accouchement. 

Pituitrine. — Da pituitrine (comme les produits 
d’origine hypophysaire) a été l’objet de nombreuses 
publications, presque toutes louangeuses. Il 11e semble 

(1) Vov. sur ce sujet une revue générale dans le Journal de 
médecine et de chirurgie pratique, 10 février 1918. 




120 


PARIS MEDICAL 


pourtant pas que ses détracteurs aient trouvé leur 
chemin de Damas. D’autre part, ses adeptes lui 
reconnaissent peut-être des indications pluiS rares. 
Pour expliquer que ce médicament, qui est 
réellement très et trop actif dans certains cas, ne 
donne dans d'autres cas aucun effet, Pouliot ( La 
Médecine, avril 1920) conclut avec un robuste opti¬ 
misme qu’il y a eu des erreurs de technique dans les 
cas défavorables. 

Ouant aux accidentsde lapituitrine, de nombreuses 
observations en ont été publiées : plusieurs ruptures, 
un cas d’inversion (Bang, Ugeskrift for LSger, 
20 mars 1913). 

Toucher rectal au cours du travail. — De 

toucher rectal pratiqué pour suivre les progrès de la 
dilatation et de l’accouchement a été très prôné 
en Amérique (R.AV. Holmes, Moore, De Lee). 
D’aucuns n’ont pas hésité à dire que cette méthode 
est une des plus importantes découvertes modernes. 
Par contre, Arteaga (Rev. de med. y. cir.dela Havane, 
25 janvier 1915) y est assez hostile. De fait est 
qu’il est facile de suivre ainsi le travail ; mais les 
inconvénients sont multiples. Au surplus, la mé¬ 
thode n’est pas inédite et, en 1897, une thèse était 
soutenue à Paris sur ce sujet (Baumgarten). 

Délivrance. — D'Américain John Osbom Polak 
et l’Irlandais Gibson ont insisté sur l’intérêt qu’il y a 
à ne pas pratiquer de manipulations intempestives 
pendant la période de délivrance. 

Notons aussi le très intéressant article de Demelin 
( Jount. des Pral., 29 juin 1918) sur les hémorragies 
de la délivrance par atonie musculaire et les hémor¬ 
ragies par hypertonie. 

Présentation du siège. — Marchand, dans sa 
thèse (Paris, 1914), a recherché, d’après 612 observa¬ 
tions relevées sur dix ans de statistiques de la cli¬ 
nique Baudelocque, les causes de la présentation 
du siège. Da plus fréquente, 69 p. 100 des cas, est 
l’insertion basse du placenta sur le segment inférieur. 

Da thèse de Saxe (Paris, 1918-1919, n° 269), un 
article du professeur Couvelaire (Gyn. et Obst., jan¬ 
vier 1920, p. 95) préconisent la dilatation préfœtale 
du vagin par ballon de Champetier de Ribes dans 
l’accouchement par le siège chez les primipares. Da 
durée moyenne de l'expulsion est diminuée de moi¬ 
tié ; les lésions périnéales sont bien moins fréquentes 
et la mortalité fœtale passe de 1/9 à 1/21. Romola 
Costa ( Annali di Ostetriciae Ginecologia, Milan, 1916) 
préconise pour la tête dernière la ponction lombaire ( 
qui permettrait la réduction en cas de difficulté et 
qui ne produirait aucune compression nuisible de 
l’encéphale (?). 

Procidence du cordon. — Balard (A. M. G. O., 
mai 1919) rappelle que l’absence de pulsation du 
cordon procident et même l’auscultation négative 
n’impliquent pas la mort du fœtus, et il ajoute de 
plus que l’absence de pulsations n’implique pas 
nécessairement l'interruption de la circulation fœto¬ 
placentaire, mais peut être due à l’uniformisation 
du cours du sang dans le cordon en raison d’une com¬ 
pression modérée. 


7 Août IÇ 20 . 

Application de la radiologie à l’obstétrique. 

— Deux méthodes de radio-pelvimétrie ont été mises 
sur pied, celle de Guilbert et Gimbert (A. G. O., mars- 
avril 1918) et celle particulièrement précise de Révy- 
Solal (G. et O., mars 1920). 

James T. Case (S. G. O., mars 1917) a diagnostiqué 
in utero par l’étude radiologique un cas d'anencépha¬ 
lie. Il s’agissait d’un gros œuf pour lequel on n’avait 
pu faire le diagnostic de la présentation. 

Hémorragies par insertion du placenta sur 
le segment inférieur. —Wallich et Abrami (A. G. 
O., 1914, p. 72) ont étudié les signes hématologiques 
qui, dans les hémorragies obstétricales abondantes ou 
répétées, permettent de porter un pronostic sur le 
degré de résistance. Dans un premier groupe, le plus 
favorable, on note l’anisocytose, des hématies gra¬ 
nulées et de la polychromatophilie ; dans un second, 
de la poïkilocytose et, dans un troisième, ou voit 
apparaître les globules rouges nucléés. 

Ru ce qui concerne le traitement des hémorragies 
par insertion basse, Stratz ( Zeitsch. j. Gcb., 1915) et 
Tliies(fîosfo« med.and surg.Joum., 1917) condamnent 
formellement l’accouchement forcé sous toutes ses 
formes. Krôuig, après avoir essayé la césarienne vagi¬ 
nale avec un pourcentage de succès insuffisant, en est 
venu à pratiquer la césarienne abdominale pour toute 
hémorragie, de parti pris, sans aucune sélection 
(Deutsche mediz. iVochen., 1916), ce qui, évidemment, 
lui donne une statistique flatteuse. Da plupart d’entre 
les accoucheurs qui emploient volontiers la césa¬ 
rienne sont cependant moins absolus : Scliickelé 
(G. et O., janvier 1920) y a recours seulement eu cas 
d’hémorragie initiale brusque avec dilatation insuf¬ 
fisante pour laisser entrevoir une terminaison 
rapide avec bonnes chances pour la mère et pour 
l’enfant. Tressider ( Lancet, 21 octobre 1916), Gray 
(Virginia med. semi-montlily, 1915, p. 521), Dapthom 
Smith, bien d’autres encore y ont recours si le col est 
non dilaté, s’il y a obstacle osseux et si la femme n'est 
pas infectée. Stein pense qu’une seule hémorragie 
grave est une indication à la césarienne. 

Une discussion a eu lieu récemment à ce sujet 
à la Société d'obstétrique et de gynécologie de Paris, 
à propos d'une observation de Grosse qui avait fait 
avec succès une césarienne au début du travail 
pour hémorragie abondante. Potocki, De Dorier 
préfèrent le traitement obstétrical. Couvelaire con¬ 
clut la discussion en différenciant les cas purs qui 
relèvent du traitement obstétrical et les cas com¬ 
plexes qui nécessitent un traitement chirurgical, 
soit qu’il y ait un obstacle osseux ou cervical (et 
alors ou aura recours à la césarienne), soit que la 
femme soit très anémiée et infectée (et alors on fera 
une hystérectomie). 

R.-W. Holmes est d’un avis analogue. Quant à 
W. Williams, il pense que l’indication de l’opération 
« est extrêmement rare, car ordinairement le placenta 
anormalement implanté détermine prématurément 
le ramollissement et la dilatation du col. Rn consé¬ 
quence, le meilleur traitement consiste généralement 
dans l’introduction du ballon de Champetier de Ribes 



121 


H. VIGNES. — L’OBSTETRIQUE EN 1920 


qui jugule l’hémorragie et détermine la dilatation 
complète du col dans une limite de temps raisonnable, 
après quoi la délivrance s'effectue par version et 
extraction. „ 

Décollement prématuré. — W. Williams 
(S. G. O., 1916) signale la gravité des lésions du 
muscle utérin dans certains cas de décollement pré¬ 
maturé du placenta normalement inséré. Des artères 
utérines présentent des lésions comme celles qu’on 
voit dans l’envenimation. Ahlstrom (Arkiv for 
Kirurgi, mars 1919) insiste également sur la fré¬ 
quence assez grande des lésions du muscle utérin, 
qui obligent parfois à l’hystérectomie. 

Dilatation artificielle du col. - Des ballons 
de Champetier ou leur imitation, les ballons de 
Voorhess, restent les meilleurs moyens de dilater le 
col. Da césarienne vaginale est une méthode longue, 
compliquée et dangereuse. Des procédés de dilatation 
manuelle ne sont que procédés de fortune. Dans cer¬ 
tains cas, on a pu avoir recours avec succès aux inci¬ 
sions de la portion vaginale du col qu’a étudiées Euri- 
quez (Thèse de Paris, 1915) inspiré par Potocki. 
Ces incisions sont latérales et mesurent de 2 à 3 cen¬ 
timètres; elles 11e sont que l’imitation de ce que fait la 
nature chez mi grand nombre de femmes ayant 
accouché. Ces incisions ne doivent pas dépasser l'in¬ 
sertion vaginale. Elles s'appliquent aux rigidités 
soit primitives, soit secondaires. Pour les pratiquer, 
il faut essayer de se rendre compte si la dilata¬ 
tion du segment inférieur et du col est suffisante pour 
que, à la suite des incisions, l’orifice ainsi agrandi 
permette le passage de la tête. Pour cela, l’auteur 
rejette le critérium de Durlisenn, à savoir l’effa¬ 
cement complet du col. IL estime nécessaire que la 
présentation remplisse bien le segment inférieur, 
qu’elle soit bien descendue par conséquent, et que la 
tête ait franchi la zone d'insertion du vagin, enfin 
que la dilatation mesure 4 centimètres (c’est-à-dire 
à peu près une pièce de 5 francs). 

Des incisions sont indiquées par l’état de souffrance 
de la mère ou du fœtus dû à la rigidité ; les divers 
modes de dilatation utiles en cas d’inertie sont ici 
dangereux. Elles deviennent utiles lorsqu’il y a une 
ébauche de déchirure cervicale. Jamais l’auteur n’a 
vu d’hémorragie ni d’infection. 

A ces incisions latérales, Cathala préfère (G. et O., 
février 1920) deux incisions médianes, l’une sur la 
lèvre antérieure et l’autre sur la postérieure, 

Pelvitomies.— l’eu de choses ontété écrites sur ces 
interventions assez rarement employées maintenant. 
Notons cependant que Titus (S. G. O., déc. 1916), dans 
les cas de présentation de la face bloquée définitive¬ 
ment en mento-postérieure dans un bassin rétréci, 
rejette formellement le forceps et préconise comme 
opération de choix la symphyséotomie. 

Fieux, d'autre part, chez une femme ayant un 
P S P de 10 centimètres, trois faux promontoires et 
des antécédents obstétricaux déplorables, a pratiqué 
la symphyséotomie ante partum qui a été suivie de 
l’accouchement normal d’un enfant vivant. Cette 


symphyséotomie est d'une simplicité et d’une rapidité 
surprenante; en particulier, l’hémorragie rétrosym- 
physaire est nulle, à la différence de ce qui se voit 
parfois dans les cas de symphyséotomie ante partum. 
Enfin la plaie ne risque pas d’être infectée et les 
manœuvres d'extraction sont singuli èrement facilitées. 

Technique de la césarienne classique. — Stein 
(Amer. J. of Surgery, 1916), Jefferson ( Practitioner , 
déc. 1917) emploient, au lieu d'ergotine, la pituitrine. 
Daptliom Smith ( Practitioner , déc. 1917) insiste sur 
les dangers de blessures vésicales : il a dû opérer une 
femme pour des calculs organisés autour des soies de 
suture dans un cas où la lésion de la vessie lui était 
passée inaperçue au cours de l’intervention. Green 
(Boston med. and sitrg. /., mars 1916) est partisan 
d’un matériel de suture résorbable. T.-J. Wil¬ 
liams (A. J. O., 1916, p. 425) recommande de faire 
les sutures bien profondes pour obtenir une bonne 
cicatrice et Gibson (Dublin J. of med. Sc., mai 1916). 
Webster (S. G. O., février 1916) a pratiqué 14 césa¬ 
riennes sous anesthésie locale. 

Indications do la césarienne. — Il faut lire la 
communication du professeur Bar à l’Académie de 
médecine (1919) et le très judicieux article de 
W. Williams (S. G. O., août 1917, traduit in A. G. O., 
1917, p. 108) sur les abus de la césarienne. Ces abus 
sont d'ailleurs bien plus grands aux États-Unis et en 
Allemagne qu’eu France. Eu particulier on a beau¬ 
coup trop opéré pour les bassins limites. 

Pour beaucoup, le simple diagnostic d'un bassin 
rétréci, sans tenir autrement compte du degré, est 
considéré comme indication suffisante d'opérer. Ceci 
révèle un manque profond de connaissances obstétri¬ 
cales et l'ignorance du fait que 75 à 80 p. 100 de toutes 
les femmes à bassin rétréci accoucheront naturelle¬ 
ment si on leur en laisse l'opportunité. 

On abuse également de la césarienne en cas de 
placenta bas, en cas de convulsions éclamptiques et eu 
cas de présentations anormales (présentation trans¬ 
verse, siège, face, front) en dehors de la coexistence 
avec un certain degré de rétrécissement pelvien ou 
un développement fœtal excessif tel qu’il puisse 
donner lieu à de sérieuses disproportions. 

R.-W. Holmes (S. G. O., nov. 1915) proteste contre 
la trop grande facilité à poser l’indication à mie césa¬ 
rienne : « On ne doit pas faire de césarieime quand 
011 peut avoir un enfant vivant par d’autres moyens. >■ 

Césarienne supra-symphysaire. — Cette opéra¬ 
tion a été l’objet de nombreuses publications. M. Bar 
(A. M. G. O., février 1919), au cours d’un intéressant 
article sur la place qu’il faut attribuer à la césarienne 
haute classique, considère la supra-symphysaire 
connue assez facile. Jlaisles blessures delà vessie uesont 
pas toujours évitables, la délivrance est parfois difficile 
et le risque de rupture lors d’une gestation ultérieure 
n’est pas moindre que par les autres méthodes. 
M. Doleris (A 'c. de mêd., 1919) considère cette tech¬ 
nique comme inutilement compliquée et pense qu’elle 
11e garantit pas contre les accidents infectieux mor¬ 
tels. W. Williams (S. G. 0 ., août 1917), De Eee (Illi- 




122 


PARIS MEDICAL 


nois med. Journ., 1916) sont d’un avis analogue. Au 
contraire, Scliikelé (G. et O., janvier 1920) est par¬ 
tisan d’employer la voie supra-sympliysaire quand, 
ayant mie indication pour césarienne, on voit la 
femme tard au cours du travail. 

Pour conclure, nous dirons avec Couvelaire, dans le 
chapitre qu’il consacre à cette méthode dans son 
Introduction à la chirurgie utérine obstétricale (1913) : 
«En résumé, les complications opératoires: lésions 
vésicales, hémorragies graves... décliirures ou ouver¬ 
ture involontaire du péritoine, ne sont pas tellement 
rares que l’on puisse s’enthousiasmer pour la section 
césarienne supra-symphysaire ou extra-péritonéale. 
L’infection opératoire du paramètre étant au moins 
aussi grave que l’infection du péritoine, il ne reste à 
l’actif de cette variété d’hystérotomie que des désa¬ 
vantages. » 

Suites de couches. 

Physiologie des suites découches.—Fabre et 
Petzetakis (A. M. G. O., 1914, p. 533) ont étudié la 
bradycardie des suites de couches; ils la considèrent 
comme étant d’origine nerveuse et non myogène. 

En ce qui concerne la mamelle et le lait, il faut faire 
une mention spéciale d’un très beau livre : celui de 
Monvoisin sur le Lait [physiologie, chimie, utilisation, 
1920). Dans le même ordre d’idées, Meigs et Blatlier- 
wick (J. of biol. Chem., 1918) 'ont montré que la 
graisse du lait se forme au niveau des cellules mam¬ 
maires, aux dépens de la lécithine des globules rouges. 
Porcher [Ac. des Sc., 24 nov. 1913) a prouvé que les 
matières colorantes peu toxiques injectées dans le 
sang ne passent pas dans le lait. Donc l'épithélium 
mammaire est un filtre très électif. L’étude de P. Guil¬ 
lemet et H. Vignes sur la température locale de la 
région mammaire au cours de l’établissement de la sé¬ 
crétion lactée a montré d’une part que, chez presque 
toutes les femmes, il y a ascension thermique le jour 
de la montée laiteuse et baisse consécutive, et, fait 
intéressant, que, dans un quart des cas, la tempéra¬ 
ture locale dépasse la température rectale (A. G. O., 
1919, u» 10-11). 

Infections. — Signalons d’abord le très intéres¬ 
sant travail de Fabre et Dujol (Bull, de la Soc. d'obsl. 
et de gyn. de Paris, 1914, p. 200) sur la gonococcie au 
point de vue clinique et bactériologique. 

Casares Perez, inspiré par Potocki, a étudié (Thèse, 
Paris, 1914) la bactériologie des lochies dans les 
suites de couches physiologiques. Recueillies dans 
le vagin, les lochies contiennent des microbes variés ; 
dans l'utérus, elles sont stériles dans 84 p. 100 des cas, 
et, dans les autres cas, il n’y avait jamais qu’une 
seule espèce microbienne (coli, strepto). Donc la pré¬ 
sence d’un microbe unique en culture pure ne pro¬ 
voque pas fatalement de réaction fébrile. 

Potocki (A. G. O., 1918), étudiant après cela les 
cas infectés, a eu 40 p. 100 d'hémocultures positives. 

Plus rapide et plus intense est le développement des 
microbes dans le sang et plus l’infection est grave. 

La propriété hémolytique est un facteur de gravité. 

La bactériémie n’est pas un signe sûr de pronostic 


7 Août IÇ 20 . 

mortel, mais elle entraîne une mortalité de 33 p. 100 
au lieu de 8,5 p. 100 si le sang est stérile. 

La bactériémie avec frissons donne une mortalité 
de 62 p. 100, alors que le frisson sans bactériémie 
donne une mortalité de 10 p. 100. 

Le streptocoque est le plus grave agent d’infection. 
Mais le staphylocoque et le gonocoque peuvent 
donner des formes mortelles. 

La bactériémie est d’habitude monomicrobienne. 
Il arrive parfois qu’un microbe se substitue à un autre 
au cours des hémocultures successives. 

Les microbes, trouvés dans le sang, existent tou¬ 
jours dans les lochies. La réciproque n’est pas vraie. 

Le traitement de l’infection puerpérale se 
modifie actuellement suivant une évolution tout à 
fait salutaire : il devient de moins en moins interven¬ 
tionniste, surtout en ce qui concerne les manœuvres 
intra-utérines (injection, curettage, mèches, drains). 
J’en prends pour exemple, entre bien d'autres publi¬ 
cations, un article de De Lee (Chicago medical Recor¬ 
der, 1916, p. 314). De Lee est abstentionniste au point 
que, connaissant ou soupçonnant une rétention pla¬ 
centaire, il fait un curage digital seulement s’il a la 
main forcée par mie hémorragie, car il désire ne bous¬ 
culer en rien la barrière protectrice que l’organisme 
a commencé à édifier. Les douches vaginales ne lui 
semblent pas utiles et peuvent être nuisibles. Il a 
renoncé, après essai, à l’usage de la mèche iodée. Il 
injecte 200 centimètres cubes de sérum antistrepto¬ 
coccique. Les vaccins ne lui ont donné aucun résul¬ 
tat net. Il se garde d’employer l’électrargol ou le 
dangereux collargol. 

Un grand nombre d’auteurs français emploient, 
en plus de ces moyens, l’abcès de fixation, qui semble 
inconnu à certaines écoles étrangères. 

A cette thérapeutique conservatrice, s’oppose mie 
tendance beaucoup plus extrémiste : Cadcnat, le 
Jemtel, Nyulasy ont préconisé vivement dans 
certains cas l’hystérectomie. Il est vraisemblable que 
cette intervention reprendra une place notable dans le 
traitement de l'infection, mais suivant des indications 
encore à préciser. 

Turenne (Revista med. del Uruguay, juillet 1917) 
a publié un très intéressant mémoire sur les signes 
de la thrombo-phlébite utéro-pelvienne et sur les indi¬ 
cations du traitement chirurgical. 

Autres affections du puerpérium. — Champeau 
a mis au point en une excellente thèse (Paris, 1914) la 
question du thrombus périvulvaire et périvaginal. 

Gautiez et Tissier (A. M. G. O., mai 1915) ont 
attiré l’attention sur la tarsalgie et les autres causes 
de boiterie des suites de couches. 

Suites de naissance. 

L’allaitement'.. — Harold K. Waller (Lancet, 
17 juillet 1915), pour fixer le nombre des tétées, se 
place non pas au point de vue de l’enfant, mais à celui 
delà mère.La sécrétion lactée est périodique : le sein 
se gonfle et durcit et la femme en a conscience. Cette 
périodicité spontanée doit être unguideprécieux pour 
fixer l’heure des tétées. Sa persistance est un signe qué 




DEMELIN. — LES HEMORRAGIES DE LA DELIVRANCE 


123 


l’allaitement est bien supporté et sa disparition doit 
faire craindre quelque danger. 

Spencer Pierrepont, H. K. Waller ont beau¬ 
coup insisté sur ce que les femmes présentant des 
lésions dentaires accentuées sont mauvaises nour¬ 
rices jusqu’à ce qu’elles aient été soignées. Ils pensent 
même que les infections pérideutaires de la femme 
enceinte peuvent être un facteur d’hypotrophie pour 
le fœtus in utero. 

Schæfer (Quarterly Journ. of exp. phys., 1915, 
p. 377) a montré que l’hypophyse n’a aucun effet 
galactagogue, mais uniquement un effet lacto-excré- 
toire. Heaney (S. G. O., nov. 1915) se loue fort de 
la ventouse de Bier comme galactagogue. 

Affections congénitales. — Rowell (Interstate 
nied. Journ., juillet 1916) a vu un cas de sarcome 
mélanique de l’œsophage à la naissance. Ilourmou- 
ziadès a étudié les affections congénitales des voies 
lacrymales des nouveau-nés qui souvent eu im¬ 
posent pour une conjonctivite [Thèse de Paris, 1916). 

Affections d’origine obstétricale. •— On a 
publié plusieurs travaux sur les hémorragies intra¬ 
crâniennes des nouveau-nés (Sloan, Cleveland med. 
J., déc. 1915 ; Brindeau, A. M. G. O., avril 1918) et 
sur leur traitement cliirurgical. Inversement, Balard 
{Gaz. liebd. des Sc. mèd. de Bordeaux, 13 avril 1918) se 
loue fort des bons résultats que lui a donnés la ponc¬ 
tion lombaire. 

Vallois est intervenu avec succès par trépanation 
chez un nouveau-né qui avait des accidents convul¬ 
sifs du membre supérieur droit. 

Affections des premiers jours. — Monje [la 
Ped. espanola, 15 avril 1915) a rapporté un cas de 
tétanos d’origine ombilicale, débutant au cinquième 
jour et guérissant par la sérothérapie. 

Ilymanson et Hertz (A. J. O., 1917, p. 662), 
cherchant l’origine des infections des nouveau-nés, 
ont trouvé 16 fois des microbes virulents dans la 
bouche et 4 fois seulement ces microbes étaient les 
mêmes que ceux des voies génitales de la mère. 

W.-G. Spiller (/. of nervous and mental discases, 
mars 1915) a observé quatre nouveau-nés ayant 
eu un ictère intense au cours de la première semaine, 
qui ont ultérieurement présenté une diplégie spas¬ 
modique, sans doute due à des lésions corticales toxi¬ 
ques ou à des hémorragies. 

Bonnaire, Durante et Ecalle {La Gynécologie, 
mars 1914) ont étudié un cas d 'ulcère perforant du 
duodénum chez le nouveau-né. 

Ba transfusion intraveineuse ou intramusculaire 
de sang maternel citraté a fait merveille dans un 
grand nombre de cas désespérés d 'hémorragies gastro¬ 
intestinales chez le nouveau-né. 

Enfin il nous faut mentionner un travail de Strauss 
(J. A. M. A., 7 septembre 1918) sur la technique pour 
radioscoper un nouveau-né atteint de sténose pylo- 
rique, ce qui permet des interventions précoces, dans 
les cas graves. 

L'obstétrique et la guerre. 

Et voici, pour finircette revue, le chapitre tragique, 


et où doivent prendre place : l’histoire de la femme 
qu’ont observée Saint, Gôllinger et Poiré, qui, en¬ 
ceinte de six mois, reçut un éclat d’obus pénétrant 
à travers la paroi abdominale jusque dans l’utérus et 
à qui l’on dut faire une césarienne d’urgence, — les 
dix observations de la thèse deR. Duzois (Paris, 1916). 
qui sont un effroyable réquisitoire contre la bestialité 
de l’envahisseur vis-à-vis de nos femmes, — le récit 
qu’ont fait Vanverts et Paucot sur ce que fut la 
grande misère des accouchées à la Maternité de Bille 
pendant l’occupation allemande (A. M. G. O., 1919I, 
et ce fait divers que fut l’obus de la Bertlia, éven- 
trant la Maternité de Paris, tuant une sage-femme, 
trois accouchées et un nouveau-né, blessant griève¬ 
ment deux sages-femmes et plus de douze accou¬ 
chées et nouveau-nés. 

Pendant ce temps, des milliers de bonnes volontés 
s'évertuaient à améliorer le sort des mères et dès 
enfants. Be professeur Pinard organisait dans le 
camp retranché de Paris une coordination modèle 
des efforts de tous vers ce but sacré. B'Angleterre , 
pays jusque-là désintéressé des choses de la puéri¬ 
culture, parce que riche d’hommes, entrait dans la 
voie où nous cheminons depuis plus de trente ans, et 
d’emblée se créaient des centaures de centres de 
Maternily and Child Welfare, cependant que toute 
une série de mesures très réalistes prises dans cer¬ 
taines villes populeuses abaissaient la mortalité 
infantile de plus de 30 p. 1000 d’uue année à l’autre. 

Enfin, à l’autre bout du monde, en Nouvelle- 
Zélande, un médecin de campagne, le D r Truby 
King, aidé par la vice-reine, mettait sur pied une 
extraordinaire orgamsation de la puériculture anté 
et post-natale, en sorte que la mortalité infantile 
tombait à 40 p. 1 000. 

NOTE SUR L’ÉTIOLOGIE ET LA PATHOGÉNIE 
DES HÉMORRAGIES DE LA 
DÉLIVRANCE (1) 

le D' DEMELIN 

Accoucheur chef de service à l’hôpital I^ariboisière, 
Professeur agrégé, chargé de cours de cliuique annexe à la Faculté. 

La distension utérine (des types hydramnios, 
grossesse gémellaire et multiple, fœtus volu¬ 
mineux) est citée comme une cause efficacement 
prédisposante à l’inertie utérine, avec hémorragie 
au moment de la délivrance. On admet que l’élon¬ 
gation, par étirement, des libres musculaires, 
entraîne une déperdition de force, une atteinte 
au pouvoir contractile, qui complique l’expulsion 
du placenta, comme précédemment elle retardait 
celle du fœtus. 

Rien n’est plus exact que la lenteur de la dilata¬ 
tion dans certains cas d’hydramnios (mais non 

(1) Jour mil des Praticiens, 29 juin igiS, n” 26-Coursée 

la Faculté, 1918 et 1920.— Leçons de Lariboisière, 1919-1920. 




124 


PARIS MEDICAL 


dans tous). Pour l’accouchement gémellaire et 
celui du gros fœtus, ce symptôme est déjà moins 
fréquent. Mais rien n’est plus vrai aussi que le 
réveil de la puissance utérine dans les instants qui 
suivent la rupture artificielle ou naturelle des 
membranes, et l’écoulement du flot qui en est la 
conséquence. N’y a-t-il pas déjà là une présomp¬ 
tion que l’inertie disparaît, du moment que la 
paroi musculaire est soulagée en totalité ou en 
grande partie du liquide contenu, et que ce retour 
de vigueur peut se prolonger jusqu'à la délivrance? 

Mais les raisonnements ne prévalent pas contre 
les faits. Vérité qui autorise à suspecter les syllo¬ 
gismes par habitude ou par analogie. Da nécessité 
s’impose-t-elle de comparer le sac utérin au 
réservoir urinaire? Da puissance et la résistance 
des parois contractiles se proportionnent à leur 
épaisseur, et finalement à la masse et à la densité 
du contenu. 

D’après ce que j’ai pu voir, l'hydramnios, con¬ 
trairement aux idées reçues, détermine rarement 
l’hémorragie de la délivrance. Sans peine, j’ai 
rassemblé 23 observations où le liquide amnio¬ 
tique était surabondant ; et de ces 23 cas, deux 
seulement se compliquèrent de pertes sanguines. 
Encore faut-il remarquer que l’une de ces pertes 
succéda à des tractions précoces et énergiques sur 
le cordon ombilical (le forceps amena, non sans 
efforts vigoureux, un enfant dont le cou se crava¬ 
tait de trois circulaires serrés) ; et que l’autre fut 
nettement imputable à une délivrance artificielle, 
exfoliante pour la couche interne de la paroi 
utérine (l’hémorragie devenant incoercible après 
l’extraction du délivre, et le microscope attes¬ 
tant la présence de fibres lisses à la surface de 
plusieurs cotylédons). 

A titre d’exemples, je résumerai les deux faits 
suivants (les dix-neuf autres leur étant très 
comparables) : 

i° Dariboisière, 1919, n° 1 246. — Quatrième 
grossesse. Syphilis. Da dilatation du col s’effectue 
en douze heures. Quand elle est complète, on 
ouvre artificiellement les membranes. Il s’écoule 
alors peu de liquide, la tête étant bien engagée. 
Mais, au moment où l’expulsion (spontanée) 
s’achève, on recueille et mesure 10 litres d’eau 
amniotique. D'enfant a de l’ascite; il pèse 3 kilo- 
graihmes. De placenta pèse 700 grammes. Déli¬ 
vrance spontanée, rapide (dix minutes après la 
naissance), et sans hémorragie. 

2° Dariboisière, 1916, n° 635. — Quatrième 
grossesse. Rétrécissement mitral. Accouchement 
gémellaire;hydramnios du deuxième œuf d’où sort 
un fœtus achondroplase. Expulsion assez rapide 
et spontanée. Délivrance sans hémorragie. 


7 Août 1920. 

Comme conclusion, je crois que la distension, 
par elle-même (et sans l’intervention concomi¬ 
tante d’autres facteurs beaucoup plus actifs), 
prédispose faiblement aux hémorragies de la 
délivrance. Encore la formule que j’emploie se 
plie-t-elle à des concessions vis-à-vis de l’ensei¬ 
gnement traditionnel. 

De grand espace intraplacentaire, où les villo¬ 
sités fœtales baignent dans le sang maternel, se 
limite, du côté de l’utérus, par la caduque séro- 
tine. Celle-ci est trouée (comme une écumoire, dit 
Varnier) par les artérioles qui apportent le sang 
de la paroi contractile, et par les veinules qui l’y 
réintègrent. A la périphérie du placenta, rampe, 
dans la caduque bordante, une couronne veineuse 
dite sinus circulaire, qui draine les cotylédons du 
pourtour au profit des sinus utérins du voisinage. 
Si le sinus circulaire vient à se rompre, le sang 
coule et peut apparaître au dehors, même sans 
aucune trace de décollement utéro-placentaire. 
Ce sont-là des particularités connues, sur lesquelles 
Duncan et Budin ont insisté. D’hémorragie est 
alors alimentée par le grand espace intraplacen¬ 
taire qui communique avec l’extérieur par la plaie 
de la couronne veineuse. Quand, à l’heure de la 
délivrance physiologique, le clivage s’effectue 
normalement, les orifices vasculaires se bouchent 
instantanément à leur tranche utérine par le jeu 
des ligatures vivantes : celles-ci, en effet, fonction¬ 
nent sans frein, en raison même de leur contracti¬ 
lité, libérée par le décollement. Du côté placen¬ 
taire, nulle trace de fibres lisses ni de tissu élas¬ 
tique ou rétractile : le sang coule, venant 
du grand espace placentaire, jusqu’à ce qu’un 
caillot se forme, bouchon assez précaire de l’orifice 
ouvert dans le plancher sérotinien. Si, au contraire, 
un fragment de ce plancher demeure fixé à la paroi 
utérine, d’une- part, la bouche vasculaire reste 
béante du côté de cette paroi, parce que la rétrac¬ 
tion est empêchée, justement à cause de l'adhé¬ 
rence ; et d’autre part, le plancher sérotinien, 
plus ou moins entamé, se creuse d’un trou large 
en proportion, par où s’échappe le sang de l’espace 
intraplacentaire. Dans les cas de pénétration 
insolite de quelques-unes des villosités choriales 
jusqu’au milieu du tissu musculaire utérin (par 
atrophie sérotinienne et adhérences anormales du 
placenta), ou encore, à l’occasion d’un décolle¬ 
ment artificiel ou d’un curettage appuyé, la 
couche de fibres lisses est entamée, il y a, à vrai¬ 
ment dire, déchirure incomplète interne, et impo¬ 
tence fonctionnelle des ligatures vivantes (tout 
le monde sait que la rupture de l’utérus en déter¬ 
mine l’inertie) : de là une hémorragie grave, 
persistante, qui ne cède pas à l’extraction du 



SOCIETES SAVANTES 


125 


délivre, et qui peut entraîner la mort. 

En d’autres termes, l’arrachement dangereux 
se fait, soit en dedans du plan normal de clivage, 
aux dépens du tissu sérotinien (et le grand espace 
intraplacentaire s’ouvre par une déchirure béante 
d’où le sang s’échappe) ; soit en dehors de ce plan 
normal de clivage, quand il y a rupture incom¬ 
plète interne de la couche musculaire, et inertie 
consécutive avec impotence fonctionnelle des 
ligatures vivantes. Eu égard aux causes efficientes 
de ces arrachements, ce sont surtout ces tractions 
intempestives sur le cordon ombilical, tantôt, 
avant la naissance de l’enfant (par brièveté acci¬ 
dentelle et naturelle ou par obliquité utérine, la 
force expulsive poussant le fœtus sur le placenta 
encore adhérent, de telle sorte qu’il le décolle 
suivant le mécanisme de l’hématome vaginal au 
moment de l’accouchement, ou, en pathologie 
externe, de la contusion accidentelle qui désin- 
sère les tissus sous-cutanés de l’aponévrose fascia 
lata) ; et tantôt après la naissance de l’enfant 
(par tractions impatientes sur le cordon avant 
le décollement spontané du placenta, ou encore 
par massage violent de l’utérus et tentatives d’ex¬ 
pression rapide), etc. 

A mon avis, la véritable perte par inertie uté¬ 
rine succède à d’énergiques efforts d’expulsion qui 
ontvainementlutté contre un obstacleàla descente 
du fœtus, telpar exemple que le défaut de flexionet 
de rotation dans une occipito-postérieure, ou bien 
un rétrécissement rachitique du bassin : l’atonie 
secondaire, communément attribuée à l’épuise¬ 
ment ou au surmenage, s’explique mieux, je crois, 
par des ruptures incomplètes internes plus ou 
moins localisées. 1/inertie primitive sans solutions 
de continuité ne me paraît pas entrer en ligne de 
compte dans le mécanisme des hémorragies. 

Tes femmes qui saignent à chaque délivrance, 
ont l’utérus malade dans sa muqueuse, et en 
même temps dans les strates les plus internes de 
sa musculeuse. Ea lésion se distribue de telle sorte 
que la nidation et le développement de l’œuf 
restent possibles ; mais que le clivage utéro-pla- 
centaire s’effectue vicieusement. Alors, ou bien 
la sérotine, trop friable, se déchire et laisse des 
fragments fixés à la couche profonde non caduque 
de la muqueuse ; ou bien, c’est cette couche pro¬ 
fonde, avec participation des fibres musculaires 
adjacentes, qui s’entame : dans ces conditions, les 
ligatures vivantes fonctionnent mal, parce qu’il 
y a sclérose (ou dégénérescence quelconque) des 
fibres lisses. 

Un dernier mot. Ees hémorragies classique¬ 
ment attribuées à l’inertie se traduisent par la 
flaccidité, l’atonie du corps utérin qui se laisse 


par suite remplir de sang liquide ou coagulé. Il est 
d’autres pertes sanguines qui s’accompagnent, 
non d’inertie, mais au contraire de rétraction 
normale, voire de rigidité du sac utérin (un anneau 
de stricture occupant ou l’orifice interne du col, 
ou la base d’une corne, comme dans certains 
enchatonnements). Nul signe alors de ramollisse¬ 
ment au palper, ni d’augmentation de volume : 
et pourtant, la perte vient du corps, et non du 
col, ni du vagin. Pourquoi ces différences de 
tonicité? C’est que, dans ces faits que j’ai désignés 
sous le nom d’hypertonies, les ligatures vivantes 
sont restées normales, actives, sans déchirures : 
c’est le placenta qui saigne, le tissu musculaire 
de la paroi commençant par faire effort, par se 
contracter, se contracturer même, à fin d’expul¬ 
sion ou de compression du placenta saignant, aussi 
longtemps qu’il gardera la même tension intersti¬ 
tielle, aussi 1 ongtemps que tardera la syncope utérine 
(pourrait-on dire), souvent prévenue dans ces 
formes par la syncope cardiaque. Assurément, 
polir obtenir un pareil résultat, le nombre et le 
calibre des bouches ouvertes par la déchirure séro- 
tinienne seront assez restreints ; si, par contre, 
ils prennent de l’importance, si surtout la couche 
musculeuse elle-même est exfoliée, déchirée sur 
une assez grande surface, alors la tension intra- 
pariétale baisse brusquement, tant est copieuse 
la quantité de sang répandu, et l’utérus se relâche, 
de même qu’une érection tombe au moment où 
les aréoles du tissu caverneux se vident. 


SOCIÉTÉS SAVANTES 

ACADÉMIE DES SCIENCES 

Séance du 19 juillet 1920. 

Recherche des éléments du sang. — MM. Desgrëz et 
Meunier, avec le sang et le sérum de cheval desséché, 
obtiennent une incinération complète vers 500°. Par 
cette méthode, les matières minérales ne peuvent réagir 
les unes sur les autres, on peut obtenir des quantités de 
matières aussi considérables que l'on veut ; les caractères 
et la séparation des éléments sont donc faciles, même s’ils 
sont en très faible quantité. Les deux auteurs ont établi 
d’une façon indiscutable la présence et les proportions 
du cuivre, du manganèse et du lithium dans le sang. 
Il est vraisemblable que d’autres éléments s’ajouteront 
à cette liste. 

Sur les colonies de termites. — M. Fëvtau, de Bor¬ 
deaux, indique que la facilité avec laquelle les termites 
ailés fondent des colonies et la production rapide de 
nouveaux ailés capables d’en fonder à leur tour rendent 
plus évident le danger que les termites font courir aux 
constructions en bois dans les régions envahies. 

Embryogénie des entozoalres et chromosomes des 
Insectes. — Note de M. Deeage. 

H. M. 



126 


PARIS MEDICAL 


ACADÉMIE DE MÉDECINE 

Séance du 20 juillet 1920. 

Sur la vaccination précoce des nouveau-nés. — 
M. Camus estime qu’il n’y a pas lieu de revenir sur les 
dispositions du décret du 27 juillet 1903 qui n'unpose pas 
la vaccination avant l’âge de trois mois. Les enfants 
au-dessous de trois mois sont peu menacés par la variole 
en temps ordinaire toutefois la pratique des accoucheurs 
qui vaccinent dès la naissance ne peut que rendre service 
si les opérations sont suivies de succès. Pour vacciner 
avec succès des enfants âgés de moins de trois mois, il 
faut faire choix d’un vaccin frais iris actif, car les nouveau- 
nés sont moins sensibles à la vaccine que les enfants pins 
âgés. Un bon vaccin pour uu enfant de six mois n’est 
pas toujours un vaccin suffisamment actif pour vacciner 
un entant âgé de moins de trois mois. 

La crise hémoelasique dans la maladie de Raynaud. — 
Mil. Souques et Moreau se sont demandé s’il n’existait 
pas dans cette affection des troubles vasculo-sanguins 
analogues à ceux du choc anaphylactique et à ceux qui 
ont été trouvés dans l’hémoglobinurie paroxystique, 
l'urticaire et l'asthme. 

Par l'immersion des mains dans l’eau froide, ils ont 
déterminé chez trois sujets atteints de maladie de Ray¬ 
naud des accès d’asphyxie locale symétrique et étudié les 
modifications vasculo-sanguines survenant dans ces 
conditions, en particulier l’état de la pression artérielle 
et de la. formule sanguine. 

A la suite des diverses observations qu’ils rapportent, 
ces auteurs concluent qu'au point de vue humoral comme 
an point de vue clinique il existe deux formes de maladie 
de Raynaud, l’une avec choc hémoelasique et phéno¬ 
mènes généraux, l’autre, peut-être pins commune, ré¬ 
duite au simple accès d’asphyxie locale. Les auteurs se 
proposent de reprendre leurs recherches en saison froide 
et de tenter quelques essais d’autosérothérapie. 

L’azote albuminoïde dans le sérum sanguin des can¬ 
céreux. ■— D’après les auteurs allemands, la teneur du 
sérum sanguin en matières albuminoïdes est abaissée 
chez les cancéreux. D’après ses recherches, M. Robin 
montre que cette proposition n’est exacte que pour 
25 p. 100 des cas. 

Dans 75 p. 100 des cas, au contraire, il y a hyper- 
albuminose. Le sérum, du sang cancéreux contient 
15 p. 100 d'albumine de plus que le sang normal. L’hyper- 
albuminosc sérique est donc de règle dans le cancer> 
tandis que l’hypoalbuminose sérique y est plutôt rare 
et en rapport avec la diminution de l’alimentation, les 
oedèmes, l’anémie, la cachexie dont elle peut aider à faire 
connaître le degré. 

Suite de la discussion sur les Instituts médicaux. — 
M. Delorme fait une importante communicatiuu sur ces 
Instituts comme centres de recherches biologiques. Ce 
ne sont ni les locaux des laboratoires et des Instituts qui 
manquent, ni le matériel. Ce sont les hommes de science, 
les chercheurs, et ils manquent parce qu’ils ne sont pas 
affranchis des préoccupations de la vie matérielle, que 
leur vie n’est pas assurée honorablement et que leurs 
budgets de recherches sont budgets de misère. Changez 
les conditions et vous aurez de savants biologistes. Leur 
plan d’étulde est tout tracé ; c’est la thérapeutique des 
deux maladies les moins curables et les plus répandues, 
la tuberculose et le cancer, qui doit avant tout les prér 
•occuper. 

M. Delorme reviendra ultérieurement sur ces ques¬ 
tions pour les approfondir. 


7 Août 1920. 

Un nouveau cas de virilisme cortico-surrénal. — 

M. Mauclaire rapporte le cas d'une femme ayant trente- 
deux ans en 1914, et chez laquelle se développa une 
tumeur abdominale avec suppression des règles. En. même 
temps des caractères masculins apparurent : faciès, poils 
sur la face, le con, le tronc, atrophie des seins, disparition 
de i’adipose sous-cutanée, etc... L’opération faite en 
avril 1920 montra que la tumeur était développée aux 
dépens de la couche corticale de la capsule surrénale 
droite. L’auteur énumère les cas semblables qui ont été 
rapportés. Les formes et les causes dû virilisme sont 
multiples. Nous connaissons beaucoup de portraits de 
femmes à barbe, mais nous ne connaissons pas assez 
l'état de leurs glandes endocrines. 

H. Maréchal. 


SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX 

Séance du 16 juillet 1920. 

Des rapports du. frottement ausculté et de la sonorité 
thoracique. — MM. Crouzon et Béhague étudient de 
nouveau le frottement ausculté qu’ils ont décrit le 3 juil¬ 
let 1920 à la Société médicale des hôpitaux et discutent 
les résultats obtenus par M. Et. May par l’emploi de leur 
méthode. 

Us admettent l’exagération de ce signe dans l’emphy¬ 
sème pulmonaire, mais alors que M. Et. May le considère 
comme lié à la sclérose pulmonaire, MM. Crouzon et 
Béhague pensentqu’il est dû à l’exagération de la sonorité 
thoracique, ainsi qu’ils l’ont rencontré dans d'autres 
états morbides. 

Lésions du « locus niger » dans trois cas de paralysie 
agitante. — MM. Souques et TréTiakoee apportent les 
résultatsde l’examen histologique du locus niger et du noyau 
lenticulaire dans trois cas de paralysie agitante classique. 

La lésion du locus niger est constante dans ces trois cas. 
Elle consiste en une dégénération des cellules nerveuses 
qui aboutit, par endroits, à la disparition d’un nombre 
plus ou moins grand de cellnles. Cette dégénérescence 
se fait lentement, cellule par cellule, mais elle n’aboutit 
jamais à la disparition de toutes les cellules ; elle ,se fait 
généralement par îlots et débute souvent au voisinage 
des vaisseaux. Ces derniers, en dehors d’une légère dila¬ 
tation et d’une légère sclérose des parois, n’offrent jamais 
d’altérations graves. 

A la place des cellules nerveuses disparues, la névroglie 
et le tissu conjonctif prolifèrent modérément et abou¬ 
tissent à la formation d’un véritable tissu cicatriciel. Eu 
dehors de cette sclérose du tissu de soutènement et des 
vaisseaux, on n’observe aucun phénomène réactionnel. 
Le processus est donc d’ordre dégénératif. 

Il n'existait pas, dans ces trois cas, de lésion appré¬ 
ciable du globus pallidus ; les vaisseaux du noyau lenti¬ 
culaire étaient intacts. 

En résumé, constance des lésions du locus niger ; topo¬ 
graphie des lésions en îlots disséminés et souvent péri¬ 
vasculaires ; dégénération lentement progressive et tou¬ 
jours incomplète des cellules, nerveuses, paraissant en 
rapport avec l’évolution progressive de la maladie de 
Farkinson. 

Les auteurs pensent qn’il y a un rapport de causalité 
entre la lésion du locus niger et la paralysie agitante. 

Chorée de Sydenham bénigne et apyrétique, consécu¬ 
tive à une encéphalite léthargique, chez une enfant. — 
MM. Souques et Lacommh présentent une enfant de 
six ans qui offre tous les symptômes de la chorée de 
Sydenham typique. Les mouvements involontaires et 





SOCIETES SAVANTES 


12 7 


incoordonnés, qui ont débuté d’une façon insidieuse et 
évolué lentement, durent depuis six semaines. Ils ont _ 
ajrparn quelques jours après la terminaison d’une encé¬ 
phalite léthargique. 

Il serait irrationnel d’invoquer une coïncidence ; ici, 
la relation de causalité s’impose. 

Cette observation montre que, dans quelques cas, la 
chorée de Sydenham bénigne et apyrétique peut être 
déterminée par l'encéphalite dite léthargique. 

Dilatation Idiopathique de l’œsophage et mégaœsophage. 
— MM. CEttingER et Cabaeeero présentent deux 
malades atteints de dilatation idiopathique, qu’ils consi¬ 
dèrent comme liée à une malformation oesophagienne 
comparable au mégacôlon. 

A propos de la contagion de l’encéphalite léthargique. — 

Sur 174 cas observés, M. NETTER a observé 8 fois (moins 
de 5 p. 100) la contagion. Dans la méningite cérébro- 
spinale, sur 400 cas, il a vu un peu plus de 3 p. 100 de cas 
de contagion. Donc la contagiosité des deux maladies est à 
peu près la même, et on ne peut pas la nier plus pour 
l’encéphalite épidémique que pour la méningite cérébro- 
spinale. 

Myoclonus et formes myocloniques suraiguës, malignes 
dans l’encéphalite léthargique. — M. F. BoSC. 

Syndrome alterne de kinésalgie droite ot d’hémiatrophie 
linguale gauche, séquelle de névraxite épidémique. — 
MM. Sicard et CeERC présentent une jeune fille de 
vingt ans, convalescente d’encéphalite épidémique, chez 
laquelle persistent des mouvements ehoréo-athétosiques 
douloureux du membre supérieur droit, suivant la moda¬ 
lité motrice de M. P. Marie et M»« Bévy, et qui, en outre, 
est atteinte d’une séquelle de névraxite non encore 
signalée, une hémiatrophie linguale caractéristique, à 

Ainsi s’affirment une fois de plus les types alternes de 
cette maladie polymorphe, avec lésion directe d’un ou 
de plusieurs nerfs crâniens et perturbation croisée <Ju 
faisceau pyramidal. 

Plaie du ventricule gauche opérée il y a dix ans. Gué¬ 
rison. Troubles de conduction cardiaque ultérieurs, consta¬ 
tés à l’électrocardiogramme. — M. Proust. 

Particularités radioscopiques de l'aorte descendante. — 
MM. Ch. Baubry et B. MAEEKT apportent une série 
d’orthodiagrammes destinés à préciser quelques particu¬ 
larités radioscopiques de l'aorte descendante et à com¬ 
pléter sur ce point les données classiques bien mises en 
lumière par Vaquez et Bordet. 

Conformément aux données anatomiques qui montrent 
l’aorte longeant le flanc gauche de la colonne vertébrale 
et ne rejoignant la ligne médiane qu’au niveau de la 
dixième dorsale, il leur a paru possible d’objectiver l’ombre 
du vaisseau. On le voit se profiler au-dessous de l’arc 
aortique sous forme d’une bande de teinte assez discrète 
et de dimensions assez minces comblant le sinus formé 
par l’arc supérieur et Parc moyen. Cette ombre rubannée, 
vue d’ordinaire en position frontale, n’est jamais perçue 
en position oblique antérieure gàuche. 

Il n’en est pas de même à l’état pathologique et en 
particulier chez les vieillards, les malades atteints d’aor¬ 
tite spécifique et les angineux. Bes auteurs décrivent à ce 
sujet différents aspects de l’aorte descendante qui s’étale 
plus ou moins régulièrement et largement dans le champ 
pulmonaire, allant rejoindre plus ou moins lias le bord 
gauche du cœur. Dans ces conditions, l'examen en position 
oblique antérieure gauche montre que l’ombre ainsi 
perçue appartient bien à l’aorte descendante. 

Ces considérations apparaissent importantes aux 


auteurs : 1" pour le diagnostic des aortites simples et des 
anévrysmes ; 2" pour l’interprétation de l'ombre ainsi 
perçue qui peut être due soit à l’élargissement en masse 
de l'aorte, soit à son déplacement consécutif à la péri- 
aortdte voisine ; 3° pour l’interprétation de certaines dou¬ 
leurs angineuses à irradiations postérieures. 

SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE 

Séance du 29 juin 1920. 

Traitement des fractures ducoldu fémurpar le vissage.— 

M. DEEBET faisant illusion à la communication de 
M. Dujarier, qui rejette ce mode de traitement chez les 
sujets âgés et eu particulier chez les femmes, à la suite 
d’un cas où il y a eu effondrement de la tête fémorale, 
apporte ses résultats personnels. 

11 a opéré 7 cas de fractures Ivanscervicales chez des 
femmes de scixante-ilix à quatre-vingts ans avec 6 ré¬ 
sultats excellents ; la septième, devenue gâteuse, a été 
placée daus un asile. 

Sur 4 cas de pseudartkroses ainsi traitées sur des sujets 
de soixaute-slx, soixante-huit, soixante-neuf, soixante- 
quinze ans, il a obtenu deux bous résultats ; une troisième 
malade est devenue gâteuse, une quatrième a cassé sa 
greffe. 

Dans les cas de fractures cervico-trochantértenues, il a eu 
également de beaux résultats. Il est évident que, pasiKl- 
soixante-cinq ans, le résultat n’est pas assuré ; il n’en est 
pas lupins vrai qu’il serait déplorable de refuser le béné¬ 
fice d’une opération anodine, praticable sous anesthésie 
locale, à ces malades qui sans cela vont occnper des lits 
dans les asiles, devenant une charge pour la société. 

Traitement -des tuberculoses ostéo articulaires par la 
méthode dos Injections sclérogènes. — M. Waeïiier 
rapporte 3 observations de M. Charrier (de Bordeaux) 
ayant trait à des sujets âgés traités par des injections de 
solution à 1 p. :o et à 1 p. 30. répétées tous les huit ou 
quinze jours (intervalles un peu trop courts d’après le 
rapporteur) et guéris depuis neuf, treize et seize ans. 

Traitement chirurgical de l’épilepsie traumatique. — 
M. Bknormant étudie longuement cette question à 
l’occasion d’une observation de M. Brauet-Tapie (de 
Fau). Un blessé ayant présenté en 1917 une plaie de la 
région pariétale supérieure droite, avec hémiplégie gauche, 
suppuration de la plaie, hernie cérébrale, voit survenir 
cinq mois après sa première crise d’épilepsie. Bes crises se 
répètent tous les huit ou quinze jours, pnis en novembre 
1919 elles deviennent subintrantes, se répétant de trois eu 
trois minutes, menaçant l’existence. 

A l’intervention on trouve un noyau cicatriciel conte¬ 
nant un kyste à liquide clair ; le noyau cicatriciel est 
évidé et aminci aux ciseaux ; suture. 

Fendant quinze jours, pas de modification, puis on 
observe successivement : i° la disparition des douleurs 
accompagnant la crise dans le pied et la jambe ; 2° les 
convulsions du membre inférieur ; 3 0 les douleurs du 
membre supérieur ; 4“ les convulsions du membre supé¬ 
rieur. Enfin, en dix jours, tout a disparu et l’hémiporésie 
gauche qui persistait, s’atténue. On ne peut parler de 
guérison définitive, mais la disparition des crises persiste 
encore actuellement. 

M. Bcnormant, envisageant la question daais son en¬ 
semble, insiste sur les points suivants : 

Ba fréquence de l’épilepsie traumatique ne peut être 
actuellement connue, faute d’une statistique globale des 
plaies cranio-cérébrales. 

Ba. date d'apparition est variable : habituellement 
quelques mois, parfois deux à trois ans. 




128 


PARIS MEDICAL 


Parmi les conditions qui favorisent son apparition, 
à l’étranger on fait jouer un rôle considérable aux anté¬ 
cédents névropathiques ; en France, c’est le trauma qui 
est le facteur principal, et à ce point de vue, sont suit rut 
suivies d’épilepsie traumatique : les plaies atteignant le 
cerveau, les plaies de gravité moyenne, les plaies mal 
désinfectées, non suturées, ayant suppuré. 

Les lésions trouvées à l’intervention sont bien connues ; 
tout au plus peut-on souligner la présence assez fréquente 
des kystes bien étudiés par M. Auvray, et l’importance du 
noyau cicatriciel, du bloc fibreux dont la valeur épilepto- 
gène est certaine. 

Le pronostic est grave ; les crises se répètent, se généra¬ 
lisent, la maladie s’aggrave progressivement. Au point de 
vue du traitement on est, à l’étranger, extrêmement inter¬ 
ventionniste. Kn France, et notamment lors de la dernière 
discussion à la Société de chirurgie, on s’est montré très 
réservé en ce qui concerne les résultats du traitement chi¬ 
rurgical, et même, d’après le rapporteur, d’un pessimisme 
un' peu outré. Cependant M. Quénu a cité une rémission 
de dix-huit ans, M. Tuffier de quatorze ans ; les malades 
peuvent donc bénéficier tout au moins de guérisons tem¬ 
poraires assez longues. Iît de plus, que faire, devant des 
crises subintrantes qui meuaçant l’existence, sinon inter- 

II ne faut donc pas rejeter toute tentative de traite¬ 
ment chirurgical dans ces cas. 

M. Lenormant termine en discutant quelques points de 
technique. 

Ligature de la carotide primitive. -— M. Decherfs, 
chez un homme porteur, à la suite d’un accident de che¬ 
min de fer, d’un anévrysme caverneux, a fait la compres¬ 
sion de la carotide primitive gauche, puis sa dénudation 
sympathique, puis finalement sa ligature. 

Bon résultat ; mais, depuis quelque temps, les troubles 
paraissant en voie de reproduction, M. Decherfs se de¬ 
mande si son blessé pourra supporter une ligature de la 
carotide primitive droite. C’est également la question 
que pose M. Broca, rapporteur. 

M. Lenormant a vu signalés des cas de ligature bila¬ 
térale, notamment par M. de Lapersonne deux ou trois cas 
dont un de Barnsby. La survie est possible, mais il y a 
amoindrissement des facultés intellectuelles. 

M. Thiéry a vu Lefort faire la ligature double à 
quatre mois d’intervalle chez une jeune femme qui a été 
absolument guérie sans troubles. 

M. J.-L. Faure, qui a vu l’opéré de Barnsby, n’a pas eu 
l’impression qu’il ait présenté un amoindrissement intel¬ 
lectuel bien caractéristique. 

M. Broca conclut que si le blessé de M. Decherfs pré¬ 
sente une aggravation notable, on sera autorisé à prati¬ 
quer chez lui la ligature du deuxième côté. 

Les zones neutres de la paroi abdominale. — M. Jean 
( rapport de M. Louis Bazy) étudie sous ce titre les zones 
dépourvues de vaisseaux et surtout de nerfs dont la sec¬ 
tion amène des éventrations paralytiques. Il conclut que 
la plupart des incisions actuellement employées sont 
bonnes, sauf les longues incisions latérales. 

Traitement des Infections chirurgicales par le bouillon 
de Delbet. — M. Potuerat a obtenu des résultats remar¬ 
quables dans les 6 cas qu’il rapporte en détail (2 cas 
d’abcès mammaire, un anthrax de la nuque, un de la 
lèvre supérieure, un phlegmon diffus du membre supé¬ 
rieur, un cas de furoncles multiples du membre inférieur). 

Traitement du cancer testiculaire. — M. PIERRE Bazy 
montre que la castration simple et la castration avec 
curage ganglionnaire lombo-iliaque ont chacune des succès 


7 Août IÇ20. 

à leur actif. Il s’agit de poser les indications de l’une et de- 

A ce point de vue, M. Bazy a montré l’importance de- 
l’état du cordon ; si celui-ci est normal, souple et mince, il 
n’y a pas lieu de rechercher les ganglions lombaires. S’il 
est épaissi, œdémateux, on fera le curage lombo-abdomi¬ 
nal. Déjà certaines constatations opératoires ont montré 
la valeur de ce signe ; on verra si de nouvelles consta¬ 
tations viendront à l’appui des précédentes. 

Jean Madier. 

SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE 

Séance du 10 juillet 1920. 

La période antéallèrglque dans la tuberculose expéri¬ 
mentale du cobaye. — MM. R. Debré, J. Parae et I,. 
Dautrebandk ont étudié les variations de la durée de la 
période antéaleigique delà tuberculose expérimentale du- 
cobaye suivant la voie d’inoculation du bacille. 

Par injection intrapéritonéale, l’intradermo-réaction 
apparaît pour une même dose de bacilles dans les mêmes 
délais que par injection sous-cutauée. Par contre, en 
iuoculant le cobaye par voie intracardiaque, il y a un 
retard constant dans l’apparition de l’allergie : la période 
antéallergique dure huit à treize jours de plus qu’aprês 
l’inoculation sous-cutanée. 

L’autopsie des animaux montre que l’apparition de 
l’intradermo-réaction positive coïncide exactement avec 
l’éclosion de la lésion perceptible au niveau des viscères 
(granulie splénique et pulmonaire). 

A propos d’uns noto de M. Ch. André sur l’élimination- 
des matières colorantes par le rein. — M. Jean Turciiini. 

La croissance des végétaux. — M. J.-C. Boss (de Cal¬ 
cutta) expose ses recherches sur la croissance des plantes, 
que l’on peut suivre d’instant eu instant à l’aide d'im¬ 
puissant appareil d'amplification optique (crescographe). 
Il a étudié l’influence sur la croissance des végétaux des 
différentes excitations physiques oh chimiques des 
substances toxiques ou anesthésiques, et conclut à l’exis¬ 
tence chez les végétaux d'une sensibilité en tous points 
analogues à celles des organismes animaux. 

Un cas de rouget du porc chez l’homme. — MM. J. Sa- 
BRA 7.ÈS et L. MURATET. 

Kyste séreux du rein. — M. Sabrazès. 

Augmentation paradoxale de l’albumine du sérum chez 
certains cancéreux. — MM. LiëpëR et Tonnet signalent 
chez les malades atteints de tumeurs malignes les varia¬ 
tions notables du taux des albumines totales du sérum : 
tantôt normales, tantôt accrues, et tantôt diminuées. 

La diminution tient souvent à l’hydrémie, plus sou¬ 
vent encore à la cachexie. L’augmentation, aux vomis¬ 
sements abondants et à l’assèchement des tissus. 

L’hyperalbuminose réelle de 86 et même de 90 p. roo 
se voit dans les grosses tumeurs de l'ovaire, du sein, de 
l’estomac, et surtout du foie. File s’oppose à l’augmen¬ 
tation déjà signalée du ferment éreptique, et semble tenir 
à la mobilisation des albumines d’une tumeur volumi¬ 
neuse et fragile et à leur passage dans le sang. 

Les anticorps dans l'entérococcie expérimentale, leur 
mise en évidence par la réaction de fixation du complé¬ 
ment. — M. Raoul Tricoire, étudiant la réaction de 
fixation du complément dans l’entérococcie expérimen¬ 
tale, montre qu’elle apparaît très rapidement, et persiste 
longtemps. 

Cette réaction met en évidence une parenté de groupe 
assez étroite entre le pneumocoque et le streptocoque, et 
sépare nettement ces microbes du streptocoque. 

Le critère osclllométrlque, élément de diagnostic et de 
pronostic de l’Insuffisance cardiaque au cours de la puer- 
péralité. — M. P. Bai,arm. 

Elections. — MM. Fourneau et Comandon sont élus 
membres titulaires. Paul Jacquet. 


Le Gérant: J.-B. BAILLIÈRE. 


7865-20. — Corbeil. Imprimerie CréTé. 




W. JANOWSKI. — RHUMATISME MUSCULAIRE ET ARTICULAIRE 129 


SUR QUELQUES RARES LOCALISATIONS 
DU RHUMATISME MUSCULAIRE 
ET ARTICULAIRE 


le D' W. JANOWSKI 

Professeur agrégé, médecin de l’hôpital de l’Enfant Jésus ù Varsovie 

La littérature clinique des dernières dizaines 
d’années s’occupe relativement peu des parti¬ 
cularités dans le décours des infections rhumatis¬ 
males. C’est là une réaction naturelle contre la ten¬ 
dance des vieux auteurs de confondre beaucoup de 
tableaux cliniques, d’origines les plus diverses, 
avec les infections rhumatismales. Au fur et à 
mesure des progrès de la bactériologie et de la 
neuropathologie, on devenait toujoursplus prudent 
pour porter le diagnostic de rhumatisme. Ceci 
concerne non seulement les affections articulaires, 
où nous tâchons de distinguer le plus exactement 
le rhumatisme ordinaire des inflammations aiguës 
articulaires qui compliquent la scarlatine, la 
dysenterie, la grippe, le typhus abdominal,, la 
gonorrhée, etc., mais encore à un degré plus élevé, 
les affections musculaires et celles des gaines 
tendineuses. Autant on attribuait auparavant 
avec facilité l’origine rhumatismale aux diverses 
formes cliniques d’affections de ces dernières, 
autant chaque clinicien expérimenté contemporain 
considère, comme son devoir, d’exclure toutes les 
autres infections causant des lésions du système 
musculaire et des gaines tendineuses, avant d’a¬ 
vouer leur origine rhumatismale. Grâce à ces 
précautions, beaucoup de cas d’affections du sj t s- 
tème musculaire, qui étaient considérées aupara¬ 
vant à tort comme rhumatismales, sont actuelle¬ 
ment reconnues comme dépendant d’autres 
infections, comme la morve, le typhus récurrent, 
exanthématique, la septicémie, la grippe, la 
blennorragie, la tuberculose, la syphilis, etc. Les 
autres groupes d’affections, où les douleurs étaient 
attribuées auparavant au décours chronique du 
rhumatisme, sont maintenant diagnostiqués 
comme dépendant de la méningite, de la radicu- 
lite, de la neurite, du tabes, de la syphilis, etc. 
Grâce à ces précautions, on est arrivé à la prudence 
indispensable dans le diagnostic du rhumatisme, 
surtout de ses formes musculaires. Pourtant, ici 
comme ailleurs, les précautions ne doivent pas 
aller trop loin pour ne pas oublier certains tableaux 
morbides qui, bien qu’ils soient d’une certaine 
rareté pour le rhumatisme, arrivent néanmoins 
et doivent être vite bien reconnus. En partant 
de ce point de vue, j’appellerai ici l’attention sur 
quelques formes plus rares du rhumatisme, que 
j ’ai eu l’occasion de soigner. 

N° 33 — 14 aviV 1920. 


I. —Quant aux formes musculaires du rhuma¬ 
tisme, je crois que le nombre d’affections de cette 
sorte a augmenté considérablement durant la der¬ 
nière guerre, dans le milieu militaire. Ceci est 
dû au séjour prolongé dans les tranchées, aux 
longues marches et aux autres circonstances qui 
exposent le système musculaire aux traumatismes 
thermiques et mécaniques fréquents, violents et 
durables, circonstances d’une influence indiscu¬ 
table sur la localisation de l’infection rhuma¬ 
tismale. J e ne parlerai pas de la grande fréquence 
des affections rhumatismales des muscles et des 
gaines tendineuses des membres inférieurs. Ces 
affections se manifestent pendant la guerre telle¬ 
ment souvent, qu’elles demandent une grande 
prudence pour distinguer la vérité de la simulation, 
d’autant plus que, dans certains cas, l’affection des 
muscles et des gaines tendineuses des membres 
inférieurs est secondaire, par exemple après une 
angine ou une légère grippe, tandis que dans 
d’autres cas ces sortes de manifestations se pro¬ 
duisent indépendamment, d’où il peut quelquefois 
résulter que les plaintes des malades semblent 
être simulées. Je n’attire ici l’attention que sur 
deux tableaux cliniques des affections rhumatis¬ 
males des muscles du tronc, qui sont plus rares 
et causent pour cette raison des erreurs diagnos¬ 
tiques bien désagréables, 

a. J’ai observé que, durant la dernière guerre, 
un nombre considérable d’officiers souffraient du 
rhumatisme des muscles du thorax, ce qui a été 
souvent diagnostiqué comme pleurésie. Cette 
erreur est compréhensible dans des cas d’affection 
des muscles des parties inférieures du thorax. Le 
malade se plaint alors d’une douleur dans ces 
muscles qui, comme je l’ai constaté 6 fois dans le 
courant de l’année 1915, a été reconnue comme 
signe de pleurésie à cause de la dite localisation 
des douleurs et d’une élévation de température 
atteignant dans ces cas jusqu’à 38°,4. Je suis 
pourtant d’avis que l’absence du frottement 
et de la toux dans de pareils cas doit conduire le 
médecin à une palpation soigneuse de la peau, des 
os et des espaces intercostaux de la partie infé¬ 
rieure du thorax. On constate alors une sensibilité 
bien localisée des muscles intercostaux, qui est 
très prononcée dans des cas accompagnés de 
fièvre. De cette simple manière on évite une erreur 
qui, dans les cas où le malade se plaint de douleurs 
dans la partie inférieure du thorax, peut être jus¬ 
tifiée, comme je viens de le dire, mais qui est frap¬ 
pante dans des cas où le malade se plaint d’une 
douleur dans la partie antéro-supérieure du 
thorax, comme je l’ai observé 4 fois en 1915. Dans 
tous ces cas, on a porté chez les officiers correspon- 
N° 33 



130 


PARIS MEDICAL 


dants le -diagnostic d’une pleurésie sèche, quoique 
la localisation de l’affection ait été contre ce dia¬ 
gnostic. Un examen plus minutieux a montré dans 
deux de ces cas une douleur prononcée des muscles 
intercostaux dans les trois espaces intercostaux 
supérieurs, en dehors de la ligne mamelonnaire. 
Dans deux autres cas j’ai pu constater non seule¬ 
ment la dite douleur dans ces deux espaces inter¬ 
costaux supérieurs, mais aussi un œdcme inflam¬ 
matoire de la peau et une sensibilité très vive au 
point de j onction des ' parties osseuses des 
deuxième et troisième côtes avec leur partie car¬ 
tilagineuse. Evidemment, ici comme ailleurs, le 
résultat négatif de l’auscultation seul ne peut 
autoriser à rejeter le diagnostic de pleurésie. 
Néanmoins, avant de reconnaître cette mala¬ 
die, malgré l’absence des symptômes ausculta- 
tifs du côté de la plèvre, il convient toujours 
de palper systématiquement et avec grand soin 
tout le thoTax, eu se rappelant bien que le 
résultat positif de la palpation des muscles, 
notamment leur sensibilité vive, u’a rien à 
faire avec la pleurésie sèche. 

b. Cette précaution est devenue mon principe 
depuis le cas suivant, que j’ai observé dans mon 
service à l’hôpital de l’Enfant Jésus à Varsovie, 
il y a quinze ans. Le malade arrive à mon service 
avec une température de 39 0 , se plaignant d’une 
douleur violente dans toute la moitié droite du 
thorax. Cette douleur durait déjà depuis plus 
de vingt-quatre heures. L’état objectif du 
malade était grave. D’auscultation la plus mi¬ 
nutieuse du poumon droit n’a rien donné, ni du 
côté des poumons, ni du côté delà plèvre. J ’ai donc 
supposé qu’on avait affaire à un état initial 
d’une pneumonie croupeuse avec une vive irrita¬ 
tion de la surface diaphragmatique de la plèvre. 
Malgré l’absence du crachat caractéristique, une 
extrême faiblesse du bruit respiratoire dans tout 
le poumon droit plaidait pour cette supposition. 
Le lendemain, l’état du malade empira. Il 
ue pouvait pas littéralement respirer. Ayant 
fait asseoir le malade pour l’ausculter et eu ap¬ 
puyant, comme d’habitude, pour le contrôle ma 
main sur la moitié droite du thorax, je fus étonné 
que ce contact léger causait au malade une si vive 
douleur. Le résultat de l’auscultation et de la 
percussion était de nouveau négatif. Mais la pal¬ 
pation du thorax a démontré une sensibilité ex¬ 
trême de tous les muscles du côté droit du thorax. 
J’ai constaté une douleur très vive des muscles 
intercostaux, du grand pectoral et du petit pectoral, 
des muscles dentelés antérieur et postérieur, 
et même des parties supérieures du muscle oblique 
externe de l’abdomen et de la partie supérieure du 


14 Août IQ20. 

Buscle doit de l’abdomen {1), faisant partie du 
thorax. La douleur de ces muscles était si vive que 
j’ai été forcé de reconnaître non seulement une 
inflammation diffuse de tous les muscles précités, 
mais aussi de leurs adhérences tendineuses. Ceci 
nous fit comprendre la cause de l’affaiblissement 
.si extraordinaire du bruit respiratoire sur toute 
la surface du poumon droit. J’ai porté le diagnostic 
de rhumatisme de tous les muscles respiratoires 
du côté droit du thorax et j’ai appliqué six doses 
par jour de salicylate de soude à 0,6. Déjà après 
vingt-quatre heures, la température tomba jusqu’à 
la normale et la respiration redevint tranquille. 
Notre malade, qui nous sourit gaiement, confirma 
la justesse de notre diagnostic. J’avoue n’avoir 
jamais vu un cas pareil ni avaut, ni après, malgré 
mes trente années de pratique clinique. Ce qui a été 
frappant dans ce cas, c’est la localisation de cette 
affection qui englobait tous les muscles du côté 
droit du thorax et de l’épigastre droit, ce qui donnait 
l’impression bizarre d’une infection de rhuma¬ 
tisme aigu « systématique », localisée dans tous 
les muscles respiratoires du côté droit, excepté les 
muscles du cou. j e n’ai pas pu trouver l’explica¬ 
tion, pourquoi l’affection rhumatismale, dans ce 
cas, n’a attaqué que cette partie limitée du sys¬ 
tème musculaire, en laissant absolument intacts 
les autres muscles et toutes les articulations. 
Depuis ce temps, j’ai eu pour règle de palper 
soigneusement les muscles du thorax dans chaque 
cas accompagné de résultats négatifs d’ausculta¬ 
tion des poumons et de la plèvre. J e puis recom¬ 
mander cette précaution à tous ceux qui veulent 
éviter la faute de ne pas reconnaître d’une ma¬ 
nière exacte le rhumatisme et les autres affections 
de la paroi du thorax. 

II.—Quant aux affections rhumatismales des ar- 
ticulations, jene veux appeler ici l’attention que sur 
trois localisations de cette affection, notamment : 
dans la synarthrose sacro-iliaque, dans les articu¬ 
lations intervertébrales, ainsi qu’à la jonction des 
côtes avec la colonne vertébrale. 

a. Les affections rhumatismales delà synaithrose 
sacro-iliaque sont très rares. D’après les auteurs 
cités dans la monographie de Pribram (2), 
les cas où cette articulation est prise avec d’autres 
ne font que 0,2 à 0,7 p. 100 de tous les cas de 
rhumatisme en général. La localisation exclusive 
du rhumatisme dans ces articulations est d’une 
si grande rareté, quel le n’est pas même comprise 

(1) Je rappelle ici, que le muscle grand oblique commence 
par huit dents attachées à la surface extérieure des où tes 
inférieures, et que le muscle grand droit de l'abdomen corn 
mence par trois dents attachées au cartilage des 4', y et 7° 
cotes, au processus ensTorme et au ligament costo-xiphoMien. 

(2) Nolhnagel’s sper. path. Ther., 1B99. 





RHUMATISME MUSCULAIRE ET ARTICULAIRE 131 


W. JANOWSKI. — 

dansla statistiquedelalittératureàma portée. — 
Pendant les vingt-quatre premières années de 
mon expérience dinique, je n’ai observé que deux 
cas de la sorte. Re premier de ces cas (en 1901) 
concernait un ingénieur, âgé de trente-six ans, 
arthritique, qui, à cause des douleurs qu’il 
ressentait dans ses jambes, se considérait comme 
atteint de névralgie sciatique. Entré dans une 
baignoire, il ressentit une si forte douleur dans le 
sacrum, qu’il luia été impossibled’eu sortir,et que 
j’ai dû l’en faire retirer sur des draps. A l'examen, 
j’ai constaté que le malade avait de la fièvre, 
qu’il ne souffrait pas de sciatique ni de lumbago, 
que je soupçonnais avant de l'examiner, mais d’une 
inflammation bilatérale isolée de la synarthrose 
sacro-iliaque, acompagnée d’affection de la synar- 
tlirose du coccyx. Retraitement par les doses habi¬ 
tuelles de salicylate de soude a guéri le malade au 
bout de huit jours, après lui avoir apporté une 
amélioration suffisante pour rester tranquille¬ 
ment au lit, au bout de deux j ours. 

J’ai constaté que, pendant la dernière guerre, 
l’affection rhumatismale des articulations sacro- 
iliaques était sensiblement plus fréquente, ce qui 
pour moi est prouvé par le fait que j’ai observé 
8 cas de la sorte pendant la période de 1901 à 1916. 
Deux de ces cas concernaient des femmes, atteintes 
si gravement, qu’elles étaient dans l’impossibilité 
de faire le moindre mouvement au lit, même pour 
uriner ou pour aller à la selle. Ra particularité 
de la localisation de cette affection était proba¬ 
blement la cause que tous mes malades préten¬ 
daient être atteints d’une grave sciatique Cepen¬ 
dant le résultat de l’examen permettait de porter 
immédiatement le diagnostic juste, confirmé 
successivement par le résultat rapide obtenu par 
l’emploi du salicylate de soude (0^,6 cinq fois 
par jour) et de la pommade salicylée de Bour¬ 
get. 

Re second des cas analogues, que j'avais observé 
avant la guerre, démontre combien il est important 
de se souvenir de la possibilité del’affection rhuma¬ 
tismale des articulations sacro-iliaques. Re cas con¬ 
cernait un mathématicien connu à Varsovie, 
atteint depuis quelques années de rh umatism e 
récidivant articulaire. En février 0:911 il prétendait 
être atteint d’une forte douleur à la partie gauche 
du bassin. Cette douleur était accompagnée d’une 
grande fièvre. Re malade consulta un chirurgien ; 
celui-ci porta le diagnostic d’une ostéomyélite de 
l’os iliaque gauche. On décida une opération à 
cause de l’état grave du malade et d’une très 
grande douleur dans la partie gauche du bassin, 
dans des conditions tellement brusques, que je 
fus appelé auprès du malade déjà lavé et 


étendu sur la table d’opération. R’-anamnèse 
et le résultat de l’examen m’ont permis de 
diagnostiquer catégoriquement l’affection rhu¬ 
matismale de l’articulation sacro-iliaque gauche. 
Nous avons donc décidé d’appliquer le trai¬ 
tement avec l’acide salicylique et l’onguent 
salicylé de Bourget. Re résultat fut rapidement 
efficace, car la température redevint normale et 
les douleurs s’apaisèrent complètement au bout de 
deux jours.Cependant, après huit jours, des oscilla¬ 
tions de la température, d’abord peu importantes, 
reparurent sans être accompagnées de douleurs du 
côté de sacrum. Après un mois la températurea pris 
le caractère de la fièvre pyémique, et on a pu cons¬ 
tater un abcès extrapéritonéal du côté gauche du 
bassin. R’abcès fut ouvert par uu autre chirurgien; 
après quoi, le malade guérit rapidement. J’ai la 
conviction que, si le malade avait été traité dès le 
début par les salicylates, il n’eût pas fini une 
complication suppurative. Ra formation d’un 
abcès quelques semaines après la trépanation déci¬ 
dée du bassin est facile à expliquer. Re malade 
restant quelques jours sans traitement approprié, 
il s’est développé sur une partie très restreinte 
des lésions plus graves et la partie atteinte 
d'une manière si grave n’a pu guérir sans uu tout 
petit séquestre superficiel, qui causa la suppura¬ 
tion. 

b. En ce qui concerne les articulations interver 
tébrales, j’ai observé nu cas de rhumatisme affec¬ 
tant les articulations des quatre vertèbres du 
cou, de la deuxième à la cinquième. R’intensité de 
l’affection était telle, qu’à cause de la sensibilité 
des articulations intervertébrales et de l’œdème 
inflammatoire des tendons des muscles pro¬ 
fonds de la colonne vertébrale, le tableau cli¬ 
nique était très grave et eût pu justifier l’er¬ 
reur commise, qu'il se serait agi d’une méningite 
basale. Mais le résultat très prompt du traite¬ 
ment avec des salicylates, appliqué par moi, con¬ 
firma que le diagnostic de processus rhumatismal 
était juste. 

J’ai aussi observé quelques cas d’affectiou 
rhumatismale des articulations intervertébrales 
dorsales. R’insidiosité de ces sortes d’affections 
consiste en ce que l’affection peut se développer 
d’une façon subaiguë, simulant en quelques points 
le mal de Pott, ou la syphilis de la colonne verfcé- 
tébrale. Res combinaisons des symptômes du 
rhumatisme inverbébral subaigu peuvent, dans 
quelques conditions, devenir vraiment extraordi¬ 
naires. Ainsi, il y a douze ans, j’ai été appelé pour 
consulter certain archéologue, chez lequel on 
avait supposé un rétrécissement de l’œsophage 
d’origine carcinomateuse. Mais, après avoir exa. 



132 


PARIS MEDICAL 


14 Août 1920. 


miné soigneusement le malade, j'ai pu porter le 
diagnostic d’inflammation subaiguë des trois arti¬ 
culations intervertébrales dans la partie dorsale 
supérieure, ce qui a été ultérieurement confirmé 
par le résultat rapide du traitement. 

c. J ’ai observé plusieurs fois une localisation de 
l’affection rhumatismale à la jonction des côtes 
avec la colonne vertébrale. Ceci concerne d’habi¬ 
tude les quatre ou cinq côtes inférieures. Le malade 
se plaint alors d’habitude d’une douleur dans le 
côté, le plus souvent dans le droit. Si une pareille 
affection est accompagnée d’une élévation de 
température, elle est parfois diagnostiquée comme 
pleurésie, ou elle demande l’exclusion d’une 
pyélite ou d’une paranéplirite. Au décours apyré¬ 
tique de cette affection, il faut exclure la névralgie 
intercostale et des attaques atypiques de cholé- 
lithiase, pour laquelle les cas de la sorte sont 
quelquefois pris pendant des mois et des mois. 
Après avoir exclu les affections précitées, le résul¬ 
tat ultérieur de l’examen permet de constater que 
cette sensibilité « dans le côté » augmente consi¬ 
dérablement aux mouvements forcés du tronc 
à droite et à gauche, exécutés après une fixation 
du bassin du malade. Une palpation soigneuse 
ultérieure montre d’ordinaire une sensibilité 
prononcée à la jonction de la protubérance costale 
avec le processus transversal de la colonne verté¬ 
brale, et décide le diagnostic. 

En outre, on constate parfois que la palpation 
des quatre à six processus spinosus voisins est 
douloureuse, de même que la palpation des arti¬ 
culations chondro-costales, des sixième, septième 
. et huitième côtes. Dans tous les cas de la sorte, le 
résultat éclatant d’application intérieure et exté¬ 
rieure des salicylates met le diagnostic hors de 
tous les doutes. 


CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DES 
LÉSIONS ANATOMIQUES DANS 
LA TUBERCULOSE DES NOIRS 

le D r H. GROS, 

Médecin principal de réserve de la diarine. 

Kn qualité de médecin-chef de l’hôpital maritime 
complémentaire n° 2 à Sidi-Abdallah (Tunisie), 
j’ai pu pratiquer du I er octobre 1917 au 31 mars 
1919 cinquante-sept autopsies de soldats noirs 
décédés des suites de tuberculose pulmonaire. 

Je n’ai pas en ma possession le double des 
feuilles cliniques de ces malades et il ne sera 
question ici que des lésions d’anatomie macrosco¬ 
pique relevées au cours de nécropsies trop rapides. 
Tous ces sujets, à l’exception d’un Malgache, 


étaient originaires de l’Afrique Occidentale. Ils 
étaient évacués deSalonique sur Sidi-Abdallah par 
navire-hôpital et nous parvenaient dans un état 
lamentable. Pour 47 d’entre eux, dont les dates 
d’entrée et de décès ont été portées sur le protocole 
d’autopsie, le séjour fut de très courte durée : en 
moyenne, quarante-deux jours et demi. 

Six ont séjourné moins de huit jours (l’un d’eux, 
atteint de dysenterie amibienne concomitante, a 
succombé le lendemain de son entrée ; 

Quatre ont séjourné moins de quinze jours; 

Douze, moins d’un mois ; 

Douze, moins de deux mois ; 

Huit, de deux à trois mois; 

Trois, de trois à quatre mois ; 

Deux, de cinq à six mois. 

Je ne suis pas en mesure de préciser la date du 
début de l’affection, ni la durée et le nombre des 
hospitalisations dans les formations sanitaires de 
l’armée d’Orient. Mais les chiffres ci-dessus 
montrent que la maladie a eu une allure très 
rapide. 1/autopsie m’a procuré une double satis¬ 
faction, si cette expression est permise en pareille 
occurrence : elle m’a montré l’inanité de tous les 
traitements chez des malades aussi gravement 
atteints. Elle m’a permis aussi de vérifier l’exacti¬ 
tude d’un diagnostic et d’un pronostic établis 
après examen aussi complet que possible des 
sujets. 

Tous ces malades étaient des tuberculeux 
ouverts. Us nous arrivaient très cachectisés, très 
amaigris, fébricitants continus. I v eur organisme 
était profondément touché par le bacille de Koch 
et ses toxines. I y es hémoptysies étaient rares. Un 
seul malade a succombé à cette cause. Mais l’appé¬ 
tit était presque toujours conservé ; souvent même 
ces noirs étaient d’une extrême voracité. Sur le 
vivant, il était nécessaire de rechercher avec le 
plus grand soin les manifestations pathologiques, 
si complexes, comme on va le voir, de la tuber¬ 
culose. De graves lésions osseuses, notamment, 
ont été méconnues à Salonique. Ces hommes étaient 
taciturnes, peu expansifs, tristes, prescients du 
sort qui les attendait. En raison de l’innombrable 
quantité des dialectes, chez ces noirs pour la plu¬ 
part ignorants de notre langue, l’interrogatoire 
présentait parfois des difficultés insurmontables. 

I. Cavité thoracique. Appareil respiratoire 
et annexes. — À. Poumons. — Chez cinq sujets 
les poumons ne présentaient pasdelésionstubercu¬ 
leuses apparentes à l’œil nu. Mais la tuberculose 
était attestée par l’atteinte d’autres organes : 
trois fois la péritonite tuberculeuse ; une fois la tu¬ 
berculose osseuse (troisième côte droite et onzième 
côte gauche). 



H. GROS. — LA TUBERCULOSE DES NOIRS 


133 


I,a phtisie granuijquE pure a été rarement 
constatée, puisqu’elle n’a été rencontrée que 
cinq fois, soit dans 8,7 p. 100 des cas. I Y es deux 
poumons étaient lésés avec prédominance d’un 
côté. Ces organes étaient à peine augmentés de 
poids. Sur les cadavre, sou trouvait des lésions 
tuberculeuses dans tous les organes abdominaux, 
mais particulièrement dans la rate. Il en était 
ainsi chez le tirailleur G’ning Mahmadou, où l’on 
trouvait quelques granulations disséminées dans 
la rate ; chez le tirailleur Mahmadou Dembilé : 
rate 510 grammes, farcie de gros nodules tuber¬ 
culeux'; chez le tirailleur Sako Diko : nombreuses 
granulations dans la rate, à la surface et à la 
coupe, quelques-unes en voie de ramollissement ; 
chez le tirailleur Kaba Yatara : rate 280 grammes, 
grosses granulations à la surface et à la coupe 
de l’organe, quelques-unes ramollies, très gros 
- ganglions au hile de la rate. 

J e reviendrai plus loin sur les lésions de la rate 
dans la tuberculose des noirs. D’ores et déjà, je 
dois dire qu’elles sont très fréquentes au cours 
de toutes les formes de la phtisie de cette race et 
qu’elles ne sont peut-être pas étrangères à la 
prédominance relative des manifestations tuber¬ 
culeuses dans le poumon gauche et à la base. 

Chez ces malades, les reins, le péritoine, le foie, 
beaucoup moins souvent la muqueuse intestinale, 
participaient aussi à l’infection. 

ha forme pneumonique est beaucoup plus 
commune. Elle est même presque constante dans 
lesformes subaiguës delà phtisie commune, où 011 la 
voit associée aux cavernes. Tout un lobe, tout un 
poumon parfois, est infiltré d’une matière caséeuse, 
gris jaunâtre, lardacée, répartie irrégulièrement 
au milieu d’un tissu rouge, condensé, fournissant 
peu de suc et mal aéré. A la coupe, le poumon 
prend l'aspect de la mortadelle de Bologne, com¬ 
paraison beaucoup plus exacte que celle classique 
avec le fromage de Roquefort. 

Des poumons sont augmentés de poids, ne s’af¬ 
faissent pas à l’ouverture du cadavre, crépitent 
mal sous le doigt, sont friables, surnagent mal ou 
plongent dans l’eau. 

A l’état de pureté, je 11e l’ai jamais pourtant 
rencontrée ; mais elle prédominait chez dix ma¬ 
lades, c’est-à-dire que chez eux on trouvait dans 
l’un des deux poumons la phtisie pneumonique 
et dans l’autre ou dans les autres organes des gra¬ 
nulations ou de gros tubercules. 

Dans tous les autres cas, soit dans 65 p. iuo des 
autopsies, la phtisie était arrivée à la période 
d’excavations plus ou moins vastes, plus ou 
moins nombreuses. De poumon était considéra¬ 
blement augmenté de poids. Dans une autopsie 


(tirailleur Bourima Diallo), le poumon droit 
pesait 1 840 grammes. O11 constatait des adhé¬ 
rences intimes de la plèvre au diaphragme et à la 
paroi thoracique dans presque toute l’étendue du 
poumon. I,a plèvre, en certains points, atteignait un 
centimètre et demi d’épaisseur. Elle avait l’aspect 
d’une membrane blanc nacré, fibro-eartilagineuse, 
très résistante. I,e lobe supérieur était en totalité 
occupé par des blocs caséeux ; le lobe moyen 
était creusé de cavernes au milieu de tissu pulmo¬ 
naire caséifié ; le lobe inférieur était aussi trans¬ 
formé en une masse caséeuse ; le poumon gauche 
pesait yCm grammes. 11 était libre d’adhérences, 
parsemé de foyers, de nodules tuberculeux. 
Mêmes lésions de pachypleurite chez le tirailleur 
Malé Sané. I,e poumon droit pesait 1470 grammes ; 
il était entouré d’une coque épaisse atteignant au 
sommet un demi-centimètre d’épaisseur. Il pré¬ 
sentait au sommet quelques tubercules disséminés 
et à la base des foyers de broncho-pneumonie 
caséeuse. De poumon gauche pesait 640 grammes. 
O11 y reconnaissait la présence de quelques 
foyers de pneumonie caséeuse et de quelques 
nodules caséifiés. 

Dans l’augmentation de poids du poumon, il 
faut tenir compte de plusieurs éléments étrangers 
au tissu pulmonaire et difficiles ou impossibles à 
isoler : i° l’épaississement parfois considérable de 
la plèvre viscérale ; 2° l’énorme hypertrophie des 
ganglions broncho-pulmonaires profonds ; 3 0 le 
contenu des cavernes. Mais l’augmentation du 
poids de l’organe n’en est pas moins surtout due 
à la condensation du tissu pulmonaire, hépatisé ou 
spléuisé. Des poids de 1200 à 1 500 grammes ne 
sont pas rares sans lésions de la plèvre et sans 
hypertrophie trop notable des ganglions. 

En général, les cavernes n’occupaient qu’un 
seul côté. Huit fois seulement il y en avait dans les 
deux poumons. Seize fois elles occupaient exclu¬ 
sivement le poumon gauche, et quinze fois le pou¬ 
mon droit. Elles siégeaient de préférence au lobe 
supérieur ou au lobe moyen, à droite. Souvent une 
vaste caverne chevauchait sur deux lobes réunis 
par la disparition de la scissure. Une seule fois 
(tirailleur Gouété-bi-Gala), il m’a été donné de 
constater l’ouverture d’un vaisseau dans une 
petite caverne siégeant au sommet gauche. Au- 
dessous de celle-ci était une vaste caverne, remplie 
de sang, creusée dans un tissu caséifié et occupant 
la partie inférieure du lobe supérieur et la partie 
supérieure du lobe inférieur. Tout le poumon était 
caséifié et criblé de géodes. 

J’ai été souvent surpris de la petite surface de 
tissu pulmonaire sain, avec laquelle les malades 
avaient pu respirer. 



134 


PARIS MEDICAL 


En résumé, dans ces tuberculoses des noirs à évo¬ 
lution rapide, la pratique des autopsies me porte à 
croire à l’extrême fréquence de la forme de phtisie 
pneumonique, passant successivement par les 
phases d’hépatisation rouge, d’hépatisation grise 
ou de caséification massive et de fonte très accé¬ 
lérée. 

B. Plèvres. — De même que chez les tubercu¬ 
leux de notre race, les lésions de la plèvre ont été 
souvent constatées. Pourtant, sur neuf cadavres, 
soit dans 15,8 p. 100 des cas, cette séreuse était 
exempte de toute altération, malgré la présence 
de lésions pulmonaires parfois considérables. 
C’étaient, pour la plupart, des malades qui 11’ont 
fait que passer à l’hôpital. Parmi eux figure le 
tirailleur décédé le lendemain de son entrée. Celui 
qui a fait le plus long séjour n’est resté que trente- 
huit jours'en traitement. On peut présumer par là 
que chez eux la tuberculose a eu une marche 
exceptionnellement rapide. Je serais porté à 
croire que l’infection des plèvres dans la race 
noire est le plus souvent secondaire à une phtisie 
à marche subaiguë et qu’elle constitue un processus 
de défense contre le pneumothorax et l’infection 
purulente de la séreuse. Ea rareté relative de la 
présence de granulations tuberculeuses sur la 
plèvre — celles-ci n’ont été rencontrées que quatre 
fois — semblerait aussi le démontrer. 

Dans six autopsies, il a été constaté des adhé¬ 
rences pleurales unilatérales et dans huit des 
adhérences bilatérales. Ces adhérences siégeaient 
presque toujours en arrière et sur les parois laté¬ 
rales. Elles étaient fréquemment scissurales. 
Mais presque toujours elles intéressaient la plèvre 
diaphragmatique. Elles étaient parfois si solides 
que le tissu pulmonaire se déchirait en enlevant 
le volet thoracique, ou bien le diaphragme ne 
pouvait être séparé du poumon. 

Sur quinze cadavres, j’ai trouvé un épanche¬ 
ment d’un côté et des adhérences de l’autre ; sur 
neuf un épanchement unilatéral et sur’dix autres 
un double épanchement sans adhérences. 

Ea quantité de liquide épanché a varié de 
200 centimètres cubes à 4 litres (tirailleur Kekouta 
Keïta) : 4 litres de liquide citrin dans la plèvre 
droite, un litre dans la plèvre gauche; poumon 
gauche 1320 grammes, adhérent à la base (hépa¬ 
tisation rouge et infiltration tuberculeuse totale) ; 
poumon droit 790 grammes (hépatisation grise et 
cavernes dans toute l’étendue du poumon) ; rate 
430 grammes, congestion et infiltration tubercu¬ 
leuse en masse pancréas 200 grammes, transformé 
en une masse caséeuse présentant des cavernes; 
granulations tuberculeuses dans la substance 
corticale du rein droit.— Même quantité de liquide 


14 Août 1920' 

et lésions tout aussi avancées chez les tirailleurs 
Koumba Keïta, Massy Soko, Markan Tofana. 
Chez ce dernier, il y avait 4 litres de liquide 
purulent enkysté à droite, dans une loge limitée 
en haut par des brides fibreuses adhérentes au 
sommet, en arrière par une cloison fibreuse par¬ 
tant de la ligne axillaire postérieure. Malgré la 
présence de ces 4 litres, le poumon droit 
pesait 1 260 grammes, formait un seul bloc com¬ 
pact où toute trace de scissure avait disparu. 
Ee lobe supérieur était occupé par une énorme 
caverne empiétant sur le lobe moyen. Ee lobe 
moyen et le lobe inférieur étaient criblés de petites 
cavernes creusées dans un tissu caséifié et alter¬ 
nant avec des nodules en voie de ramollisse¬ 
ment. Six litres de pus dans la plèvre gauche du 
tirailleur Omar Diallo (pyopneumothorax consé¬ 
cutif à l’ouverture d’une caverne au sommet). Ee 
mauvais état général du sujet s’opposait à toute 
intervention chirurgicale. Ees ponctions répétées 
ne suffirent pas à amener l’évacuation du pus. 

Ea pleurésie a été le plus souvent séro-fibrineuse; 
quatre fois l’épanchement fut nettement purulent 
et trois fois hémorragique. Elle ne fut, en tous les 
cas, qu’un épiphénomène accessoire qui n’aggrava 
pas sensiblement l’évolution de la maladie. 

C. Ganglions médiastinaux, ganglions hi¬ 
laires et ganglions broncho-pulmonaires. — 
Assez souvent (20 cadavres), on n’a pas noté de 
réaction ganglionnaire appréciable, malgré des 
lésions pulmonaires très avancées parfois. Ainsi, 
par exemple, chez le tirailleur Mansomé Momar, 
le poumon droit pesait 1 690 grammes; il était 
creusé d’une énorme caverne remplie de pus dans 
toute l’étendue du lobe supérieur ; le lobe moyen 
et le lobe inférieur étaient transformés en un bloc 
compact de pneumonie caséeuse. Ee poumon 
gauche pesait 1 290 grammes ; il présentait à la 
partie supérieure du lobe inférieur une caverne 
du volume d’une orange,remplie d’un pus crémeux, 
épais ; la base seule était perméable à l’air. En 
dépit de ces désordres, il est expressément constaté 
qu’il n’y a pas d’augmentation de volume des 
ganglions broncho-pulmonaires ou médiastinaux. 
Sur 22 cadavres, les ganglions du hile, les ganglions 
broncho-pulmonaires étaient très hypertrophiés, 
soit seuls, soit concurremment avec les ganglions 
médiastinaux. Chez le tirailleur Massouma Sou- 
khouma on trouvait à droite un ganglion hilaire, 
très gros, crétacé, sans traces apparentes de tuber¬ 
cules dans ce poumon. Ee poumon gauche était 
farci de petites granulations. 

Ees ganglions médiastinaux étaient neuf fois 
seuls hypertrophiés. Chez le tirailleur Rakoto- 
rahalahy, du 5e tirailleurs malgaches, on trouvait 



H. GROS. — LA TUBERCULOSE DES NOIRS 


135 


à droite trois gros ganglions diaphragmatiques. 

Enfin chez les tirailleurs Yas-bi-Iré et Far-Rané, 
il existait un chapelet de gros ganglions inter¬ 
costaux et mammaires internes. Tous ces ganglions 
étaient le plus souvent hypertrophiés, d’autres 
fois caséifiés, crétacés, plus rarement ramollis, 
deux fois seulement en voie de suppuration. 

Outre la présence des ganglions très hypertro¬ 
phiés, il a été à plusieurs reprises constaté de 
l’œdème du tissu cellulaire du médiastin. 

D. Larynx. — Le larynx n’a été trouvé lésé 
qu’une seule fois : tirailleur Seriba Toboga (épais¬ 
sissement de l’épiglotte et des cordes vocales; 
décoloration de la muqueuse). 

E. Cœur. — Le myocarde, l'endocarde et les 
valvules ont été rarement atteints, à part une 
teinte feuille-morte du muscle cardiaque ren¬ 
contrée dans maintes autopsies. 

Une fois le cœur, considérablement hypertro¬ 
phié, pesait 580 grammes. Chez le tirailleur 
Seye Mandiéyé, on trouvait à la pointe du cœur 
quatre gros tubercules blancs du volume d’une 
fève, faisant saillie sur le muscle. L’un d’eux 
siégeait tout à fait à l’extrémité du ventricule 
gauche. Il y avait en outre un cerc e de petites 
granulations autour de l'oreillette gauche et une 
granulation tuberculeuse sur la valve antérieure 
de la tricuspide, une autre sur la valvule mitrale. 
Le péricarde contenait une petite quantité de 
liquide hémorragique. Chez le tirailleur-Ahmadi 
Koulibali, le cœur, du poids de 275 grammes, était 
décoloré, œdématié à sa surface, avec une granu¬ 
lation tuberculeuse sur la face antérieure du ven¬ 
tricule gauche et quelques granulations de même 
nature sur la valve antérieure de la mitrale. 

Il n’en va pas de même du péricarde. C’est tout 
d’abord la symphyse, l’adhérence intime de la 
plèvre gauche au péricarde rencontrée quatre fois, 
moins souvent il la plèvre droite (deux fois). C’est 
ensuite la symphyse péricardique proprement dite 
avec transformation gélatineuse, œdémateuse de 
la séreuse très épaissie, impossible à séparer du 
muscle, rencontrée quatre fois. Dans tous ces 
cas, il y avait en même temps œdème du tissu 
cellulaire du médiastin. L’exemple le plus carac¬ 
téristique est le cas du tirailleur Kandora 
Mahassoula. Le péricarde était intimement uni à 
la plèvre droite. Il avait cessé d’exister entant 
que membrane séreuse. Il apparaissait comme 
une masse gélatiniforme, tremblotante, d’envi¬ 
ron 4 centimètres d’épaisseur, intimement unie 
au muscle cardiaque. Dans cette masse étaient 
inclus de gros ganglions lymphatiques caséifiés. 
Le cœur avec le péricarde pesait 690 grammes. 

Chez 22 malades, l’épanchement péricardique, 


supérieur à 100 centimètres cubes, était séreux. 
Sur deux cadavres,la quantité de liquide atteignait 
un litre. 

Sur quatre autres sujets, la péricardite était 
hémorragique. 

La péricardite a été en définitive constatée 
dans plus de la moitié des cas. Elle n’est d’ailleurs, 
comme la pleurésie dans la tuberculose des noirs, 
qu’un épiphénomène accessoire, sans aggravation 
sensible pour le pronostic. Elle a toujours coïncidé 
avec des lésions pulmonaires très étendues. 

F. Diaphragme. — Du côté du diaphragme, la 
pleurésie est fréquente, pleurésie sèche et adhérences 
parfois si solides que le poumon ne peut être 
séparé du muscle. Chez le tirailleur Seye Mandiéyé, 
l’épaisseur du muscle était triplée. 

II. Cavité abdominale. — A. Foie. — Le 
foie est un organe très souvent intéressé dans la 
phtisie des noirs. En dehors de la tuberculose, 
trois facteurs interviennent : le paludisme, la 
syphilis et l’alcoolisme qui s’est si répandu chez 
nos sujets, même chez les musulmans, à la faveur 
de la guerre. 

Tout d’abord la périhépatite adhésive a été 
constatée vingt-cinq fois. 

La cirrhose hypertrophique ou atrophique a été 
reconnue six fois ; la congestion treize fois ; la 
dégénérescence graisseuse trois fois. 

Chez trente-quatre autres malades, il y avait des 
lésions tuberculeuses plus ou moins étendues. Ces 
lésions se bornaient parfois à la présence de petites 
granulations miliaires. Quand celles-ci étaient 
peu nombreuses, elles étaient presque toujours 
sous-capsulaires. Rarement ou les trouvait dans le 
parenchyme hépatique sans qu’il y en eût à la 
surface. Sept fois on a trouvé de gros noyaux 
tuberculeux avec des géodes remplies d’un 
liquide coloré en jaune par la bile. 

Les ganglions du hile du foie sont fréquemment 
hypertrophiés. 

R. Rate. — La rate est, encore plus souvent 
que le foie, le siège des néoformations tubercu¬ 
leuses (chez 40 sujets, soit 70,17 p. 100 des auto¬ 
psies). La périsplénite est non moins fréquente que 
la périhépatite. Les ganglions voisins de la rate 
sont très hypertrophiés. Plus encore que le foie, la 
rate est augmentée de volume et de poids. La rate 
dutirailleurMamma Soukhouma pesait 820 gram¬ 
mes. Sa surface était farcie de grosses nodosités 
tuberculeuses. Sur les coupes, celles-ci appa¬ 
raissaient encore plus volumineuses et plus con¬ 
fluentes. En certains points, elles formaient des 
îlots autour desquels la substance splénique 
était réduite à une mince travée. 

La rate du tirailleur Adiouma Semba pesait 



PARIS MEDICAL 


136 

830 grammes. >Sur les coupes on constatait des 
tubercules caséeux et de la sclérose de la rate. La 
capsule était transformée en une coque fibreuse 
très résistante. Dans les poumons, tous deux aug¬ 
mentés de poids, (870 et 770grammes), on trouvait 
surtout des lésions de sclérose .pulmonaire, sans 
tubercules apparents ; les ganglions hilaires 
étaient caséifiés ; le foie était augmenté de 
volume et de poids (2 060 gr.). 

Les tubercules, dans la rate, se présentent tantôt 
sous forme de petites granulations miliaires sié¬ 
geant plutôt sous la capsule que dans l’intimité 
du tissu splénique, tantôt sous forme de gros tu¬ 
bercules. Ceux-ci donnent à la coupe de la rate 
l’aspect d’un filet de bœuf piqué de lard ; le 
ramollissement de ces tubercules est exceptionnel. 
Une seule fois, on pouvait soupçonner l’origine 
tuberculeuse des deux abcès, l’un du volume d’une 
noisette, l'autre un peu plus volumineux, ouvert 
dans la loge splénique qui contenait environ 
100 centimètres cubes de pus. 

Dans les cas où il n’y avait pas de lésions 
tuberculeuses apparentes, la rate était le plus sou¬ 
vent augmentée de poids et de .volume, tantôt 
ramollie, plus souvent dure et fibreuse. 

Les lésions tuberculeuses de la rate sont peut- 
être favorisées parles altérations pathologiques 
de cet organe dues à la syphilis et au paludisme, si 
fréquents chez les noirs de l’Afrique Occidentale. De 
ce que la fonte des tubercules n’a pour ainsi dire 
jamais été rencontrée dans la rate, on 11e pourrait 
en conclure que l’infection de cette glande est de 
beaucoup postérieure à l’invasion du poumon. Tout 
au plus pourrait-on penser que le ramollissement 
dans la rate, organe clos, se fait beaucoup moins 
rapidement que dans le poumon en communica¬ 
tion avec l’air extérieur. 

C. Pancréas. — La lésion la plus communé¬ 
ment rencontrée n’intéresse pas, à vrai dire, le 
pancréas lui-même ; c’est l’hypertrophie souvent 
considérable des ganglions lymphatiques situés 
devant, au-déssous et à l’extrémité de cet organe. 
L’aspect du pancréas est variable. Sa couleur 
était tantôt blanc nacré, tantôt jaunâtre, 
tantôt gris rosé, tantôt rouge congestif, presque 
apoplectique. Souvent le tissu était dur, fibreux, 
criant sous le couteau ; il avait perdu son aspect 
lobulé. Son poids était parfois considérablement 
augmenté. Les lésions tuberculeuses proprement 
dites sont fort rares. 

Chez le tirailleur Sara N’diaye, la tête pré¬ 
sentait de l’infiltration tuberculeuse diffuse. Chez le 
tirailleur G’ning Mahmadou, le pancréas pesait 
180 grammes. On trouvait une induration consi¬ 
dérable de toute la tête, très résistante, et de 


T4 Août IÇ20. 

grosses granulations jaunes; la portion caudale 
était normale. — Le pancréas du tirailleur Baba 
Diaye pesait 120 grammes. Il présentait au niveau 
de la queue du pancréas une poche volumineuse à 
parois blanches, épaisses, fibreuses, résistantes, 
contenant un liquide louche avec quelques gru¬ 
meaux. Semblable kyste chez le tirailleur 
Koano, où la tête présentait une cavité kystique 
du volume d’une noix contenant un liquide 
louche grumeleuxPancréas de 200 grammes 
chez le tirailleur Kekouta Keïta : infiltration 
énorme avec cavernes. Enfin chez le tirailleur 
Markan Tofana, foyer hémorragique du volume 
d’une noisette, â 4 centimètres de la queue du pan¬ 
créas. 

D. Reins. — Les reins se sont montrés presque 
constamment lésés dans les autopsies que j’ai 
faites. Ils n’ont eu l’apparence de l’intégrité que 
quatre fois. 

La lésion la plus fréquemment observée est la 
congestion constatée dix-huit fois ; puis des 
lésions de néphrite (gros rein blanc huit fois et 
deux fois petit rein atrophié). 

Quant aux manifestations tuberculeuses pro¬ 
prement dites, elles ont été constatées vingt et une 
fois.- Quatre fois le siège des granulations n’a 
iras été précisé. Qatre fois elles occupaient la 
surface de l’organe ; trois fois elles étaient répar¬ 
ties dans la totalité du rein ; sept fois elles 
intéressaient exclusivement la substance corti¬ 
cale, et trois fois exclusivement la substance mé¬ 
dullaire. Eu général, les tubercules se montraient 
sous forme de granulations miliaires, peu nom¬ 
breuses. 

Sur un cadavre, le rein gauche était transformé 
en une poche kystique fibreuse, ne présentant plus 
trace d’organisation ; le rein droit, d’apparence 
saine, pesait 230 grammes. Chez le tirailleur Djigué 
Boaré, le rein gauche était atteint de pyéloné¬ 
phrite ; la substance médullaire avait disparu ; 
l’organe pesait 185 grammes, le rein droit conges¬ 
tionné 140 grammes. 

E. Capsules surrénales. — Rien n’a été noté 
en ce qui les concerne pour vingt-six cadavres. 
Dans dix autopsies, l’intégrité de ces glandes est 
expressément spécifiée; neuf fois la présence de 
granulations tuberculeuses, toujours peu nom¬ 
breuses, a été relevée : elles ont été trouvées deux 
fois hypertrophiées, trois fois congestionnées, et 
deux fois presque hémorragiques ; deux fois elles 
flottaient dans une atmosphère celluleuse œdé¬ 
matiée, une fois dans un tissu cellulaire impré¬ 
gné d’une sérosité sanguinolente. 

F. Intestin. — Quarante-six fois, aucune alté¬ 
ration n’aété rencontrée à l’autopsie. Onze fois des 



SOCIETES SAVANTES 


lésions tuberculeuses ont été constatées : savoir 
sept fois des granulations, trois fois des ulcérations, 
une fois des ulcérations et des granulations. 

G. Péritoine. — Le péritoine n’a été, par contre, 
trouvé indemne que dix-sept fois. La lésion la plus 
fréquente est l'hypertrophie des ganglions mésen¬ 
tériques, sans qu'il ait été du reste nécessairement 
constaté des désordres intestinaux apparents à 
l’œil nu. L’épanchement de liquide séreux en 
quantité variant de i litre à n ou 12 litres a été 
constaté' seize fois. Chez le tirailleur Massiba, 
l’épiploon était recouvert d’un exsudât jaune 
verdâtre, épais ; les anses intestinales étaient 
adhérentes entre elles et aux organes voisins. Chez 
le tirailleur Vassui Konouma, l’épiploon était 
transformé en une masse granuleuse très épaisse, 
recouverte d’un exsudât jaune verdâtre. Les 
anses intestinales étaient intimement soudées 
les unes aux autres et avec les organes voisins. A 
l’ouvertüre de l’abdomen s’était évacuée une 
grande quantité de liquide séro-sanguinolent 
provenant d’une loge située dans le flanc gauche. 
L’épiploon du tirailleur Djigué Boaré était inti¬ 
mement adhérent à la paroi abdominale et par¬ 
semé, çà et là, de granulations tuberculeuses. Sur 
six autres cadavres, ou constatait encore des 
granulations et des adhérences. 

III. Cavité crânienne.—La cavité crânienne 
n’a été ouverte que sur cinq sujets ayant pré¬ 
senté pendant la vie des troubles cérébraux ou 
nerveux. Chez trois d’entre eux les lésions étaient 
insignifiantes: un léger épanchement séreux,ou une 
légère congestion des méninges. Chez le tirailleur 
Sako Diko, on a trouvé un tubercule gros comme 
une noisette, blanc, ramolli, friable, siégeant sur 
le bord supérieur du sillon de Rolando, à droite ; 
sur les lobes frontaux on trouvait des néoforma- 
tions semblables. Ce soldat n’avait pas présenté 
de paralysies pendant la vie ; il n’avait pas eu de 
convulsions. Mais pendant tout son séjour à l’hô¬ 
pital il fut atteint d’un délire tranquille. Ainsi il 
tentait de s’évader sans argent en tenue de ma¬ 
lade et faisait ses besoins à côté de son lit. Sur 
l’encéphale du tirailleur Zingui Toumi, on consta¬ 
tait des adhérences de la dure-mère à l’arachnoïde 
et aux circonvolutions, sur le bord supérieur des 
deux hémisphères, au niveau du sillon de Rolando. 
Sur l’hémisphère droit, quelques granulations 
sur le bord supérieur du lobe occipital ; une zone 
de ramollissement tuberculeux superficiel à la 
partie antérieure de la circonvolution de l’hippo¬ 
campe. Sur l’hémisphère gauche, zone de ramollis 
sement tuberculeux à la partie moyenne et au 
niveau du gyrus redus. 

Bacilloses osseuses et articulaires.— Des lé¬ 


137 

sions de tuberculose osseuse ont été rencontrées sur 
7 sujets (soit 14,35 p. 100 des autopsies) : mal de 
Pot; 3 fois ; ostéite tuberculose des côtes 3 fois; 
tuberculose de i’os coxal i^fois. 

Organes génito-urinaires. — Sur un s ul 
cadavre, on a constaté la tuberculose de l’épidi- 
dyme. 

En résumé, dans cette série de cinquante-sept au¬ 
topsies de soldats noirs : i p la tuberculose pulmo¬ 
naire a affecté de préférence la forme pneumo¬ 
nique ou broncho-pneumonique. 

2° La pleurésie est fréquente, mais elle est 
presque toujours secondaire à l’atteinte du pou¬ 
mon. 

3° La péricardite s’observe beaucoup plus 
souvent que dans la race blanche : plus de 50 p. 100 
des cas. 

4° La tuberculose de la rate (70 p. 100 des ca¬ 
davres) est beaucoup plus commune que chez l’Eu¬ 
ropéen adulte; la tuberculose du foie est aussi plus 
fréquente ; la séreuse abdominale a été plus sou¬ 
vent lésée que l’intestin. 

5° Au contraire, la séreuse de l’encéphale a été 
rarement atteinte. 

6° Les lésions osseuses (un sixième des cas) 
sont également plus fréquentes que dans la race 
blanche. 

A certains égards (fréquence de la forme pneu¬ 
monique, fréquence des atteintes des grandes sé¬ 
reuses, du foie et de la rate, des os), la tuberculose 
des noirs doit être rapprochée de l’évolution de la 
phtisie chez l’enfant de notre race. 


SOCIÉTÉS SAVANTES 

ACADÉMIE DES SCIENCES 

Séance du 26 juillet 192b. 

Les vitamines et la nutrition des végétaux. — M. Aug 

Lumière montre que les vitamines ne sont pas indis¬ 
pensables à la nutrition des végétaux. Il est exact que si, 
à des milieux trop pauvres sur lesquels des champignons 
poussent mal, on ajoute des produits organiques, comme 
de l’infusion de raisins secs ou de la levure de bière, ces 
champignons ont une évolution très sensiblement amé¬ 
liorée. Mais ce résultat n’est nullement en rapport avec 
la proportion d’aliments vitaminés contenus dans ces 
produits organiques. Après avoir fait disparaître des 
produits ainsi ajoutés toutes les vitamines, par chauffage 
d’ime heure à 130 0 , par filtration sur la terre à foulon ou 
par précipitation, M. Aug. Lumière a obtenu des résultats 
tout aussi satisfaisants et, dans certains cas, même supé¬ 
rieurs. 

Sur l’utlllsatloh de la force des marées. — M. Bigour- 
dan décrit ce nouveau dispositif, qui consiste à construire 
une sorte de volumineuse cloche à plongeur communi¬ 
quant avec la mer ; celle-ci, à la montée, comprime l’air 
dans le haut de cette cloche et, à la descente, y fait un 



138 PARIS MEDICAL ja Août 1020. 


■vide partiel. Compression et détente peuvent donc fournir 
une force motrice importante. 

De l'Influence de l'humidité de l’air sur les épidémies. — 
M. Tw 1,1,AT montre l’influence favorisante de la présence 
de -traces de matières étrangères dans l’humidité de l'air, 
dans la transmission des épidémies. A la notion du rôle 
de l'humidité en épidémiologie, il y a Heu d’ajouter celle 
de l’influence de la composition de cette humidité. De là 
l’intérêt que présenterait l’étude de la composition chi- ' 
inique des brouillards, et, au point de vue de l’hygiène, 
l'utilité d'évacuer les buées respiratoires qui constituent 
un malien particulièrement favorable à la multiplication 
des microbes. 

Diverses communications sont faites par MM. Ma¬ 
yenne et Demoussy sur l’action du sulfate de cuivre sur 
la végétation ; par M. Trüfeaut sur la stérilisation par¬ 
tielle des terres par le chlorure de sodium et la naphtaline ; 
par M. Baieeaud sur la comète Tempel-z retrouvée au 
Japon et observée à Nice. 

Au début de la séauce M. DëSEANDRES, président, 
avait prononcé l’éloge funèbre du professeur Guyon. 

H. M. 

ACADÉMIE DE MÉDECINE 

Séance du 27 juillet 1920. 

De la réaction méningée au cours de certaines formes 
d’intoxication oxycarbonée. — MM. LECRY et Jacques 
LKRïioyez signalent, à propos d’une observation d’intoxi¬ 
cation par l’oxyde de carbone, les résultats intéressants 
fournis paT la ponction lombaire, recherche pratiquée 
pour la première fois en 1908 par MM. Legry et Duvoir. 
I.’hémorragie méningée abondante, constatée dans ce 
nouveau cas, confirme le rôle invoqué par Mil. Chauffard 
et Jean Troisïer, dn processus cortico-pie-mérien con¬ 
gestif et hémorragique dans la production de la réaction 
méningée au cours de certaines formes d*intoxication oxy¬ 
carbonée. Ce cas démontre aussi, comme l'avaient établi 
MM. Balthazard et Nicloux pour d’autres altérations 
organiques, l’importance des tares nerveuses dans 
l’aggravation des accidents toxiques. Enfin, il a suggéré 
aux auteurs l’idée de l’utilisation du saug contenu dans 
le sac rachidien et retiré par ponction lombaire pour le 
diagnostic rétrospectif de l'intoxication oxycarbonée, 
quand le poison a eu le temps d’être éliminé de la circu¬ 
lation générale et ne peut plus être décelé par les moyens 
d’exploration habituels. 

La'diathèse bacillaire et les bacilloses histologiques. — 

Sous ce nom, M. LENobeE (de Brest) désigne l'impré¬ 
gnation des appareils par le bacille de Koch et leur inocu- 
labilité positive au cobaye. Ses expériences sont an 
nombre de 73 (inoculations ou recherche du bncillc sur 
les 'coupes ou 1 m frottis) dont 57 positives. Elles portent 
sur la plupart des appareils. 

La diathèse bacillaire ne se manifeste d’ordiniare par 
aucun signe spécial ; l’albuminurie persistante a toutefois 
une certaine valeur. Les appareils peuvent être trouvés 
sains. Le plus souvent les lésions sont médiocres, mais 
peuvent se constater dn côté du rein, des capsules sur¬ 
rénales, de l’intestin, du foie, de la moelle et du système 
nerveux. Ces lésions peuvent guérir avec ou sans séquelles. 
Elles peuvent être le point de départ des tuberculoses 
vlmurgicale on médicale (néphrites, cirrhoses, etc...). 
La port de l'organisme est prépondérante lorsque les 
lésions se systématisent dons le rein par exemple. 

La patiiogéme de pareils étals est variable : embolies 


bacillaires ; influence de la tuberculose intestinale sur 
le foie ; phlébite spécifique pour les veines. 

Il s'agit là de phénomènes d’allergie humorale, de 
véritables « phénomènes de Koch » dont l'importance 
pronostique egt considérable. 

M. Layeran annonce à l’Académie le décès de 
M. Armand Gautier. II prononce l’éloge funèbre du 
professeur Guyon et la séance est levée en signe de deuiL 
L'Académie s’ajourue au premier mardi d’octobre. 

H. M. 

SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX 

Séance du 23 juillet 1920. 

Deux observations de spirochétose ictérigène bénigne 
d’origine parisienne. — MM. Menëtrier et Durand 
rapportent deux cas d’ict.ère infectieux observés eu 
mars 1920 simultanément. L’existence de douleurs 
musculaires d’intensité anormale allant, dans un cas, 
jusqu'à simuler une Téaction méningée, de petites hémor¬ 
ragies nasales répétées, d’un ictère fébrile sans déco¬ 
loration des matières, fit penser à la [spirochétose, 
diagnostic que confirma le séro-diagnostic pratiqué par 
M. I’ettit. 

Les deux malades n’avaient pas quitté Paris depuis 
de longs mois. 

Plaques pigmentaires buccales et syphilis. — MM. André 
LÈRi et Cochez présentent deux malades, atteints l’un 
et l’autre de pigmentation en plaques de la muqueuse 
buccale. 

Ils ont toujours vécu en France, et il ne peut s’agir 
de pigmentation d’origine ethnique. Us ne présentent pas 
de signe de maladie d'Addison. Mais tous deux sont des 
syphilitiques très anciens, l’un avec ectasie aortique, 
l’autre avec signes de tabes incipieus. Ce dernier, a, en 
outre, un vitiligo extrêmement étendu. Or, on_sait les 
relations qui ont été étahHes entre le vitiHgo et la syphilis. 

En présence de ces faits et d’autres analogues recueillis 
dans la littérature, il y a Heu de se demander si certaines 
pigmentations buccales jusqu’ici considérées comme 
physiologiques ne sont pas, en réaHté, d’origine syphi¬ 
litique, s'il ne s’agit pas d'un véritable «vitiHgo des 
muqueuses » spécifique. 

Peut-être même peut-on penser que ces pigmentations 
anormales de la peau et des muqueuses sont en rapport, 
ainsi que l’hypothèse en a été émise pour les syphilides 
pigmentaires (Darier), avec l’atteinte par le virus syphi¬ 
litique des plexus nerveux péricapsulaircs. 

Chancres syphilitiques multiples et réinfection après un 
traitement par le 6o6.— M. Pierre VaeEËXY-RadoT (pré¬ 
senté par M. Apert) montre un malade qui a présenté 
en 1913 deux chancres syphüitiques de la verge (contrôlés 
par l’examen des frottis des chancres et la réaction de 
Wassermann), traité par quatre injections de 606 et chez 
lequel il a observé 'en 3918 un chancre induré typique 
siégeant en un point différant des deux nremiers, avec 
adénopathie classique. 

La présence de tréponèmes dans les frottis, le Wasser¬ 
mann et les données de l'examen clinique permettent 
d'affirmer la rêinïection syphilitique et d'éliminer l’hypo¬ 
thèse d’accidents cliancriformes on de chancre nedux. 

Coûte membraneuse.—MM. Feorand et Giraueï.— 
Il s’agit d’une femme dont la coHte était due à l’abus des 
lavages intestinaux. Elle guérit très rapidement par la 
suppression de ceux-ci et la médication biliaire. 

Syphilis gastrique à forme de gastrite chronique. — 




SOCIETES SAVANTES 


139 


>151. Feorand .et Giraci.T. — Guérison par le traite¬ 
ment spécifique sans modification du régime. 

Syphilis gastrique à forme de dyspepsie banale. — 
JIM. Feorand et Gtrauet. 

>1. LENOIR fait observer qu'il n’est pas besoin du 
traitement biliaire pour guérir la colite membraneuse due 
à l’abus des lavages : la suppression de ceux-ci suffit. 

M. Mn,us signale, dans des cas de gastrites cher, des 
syphilitiques, avoir observé une anachlorhydrie absolue 
-simulant le cancer. Le traitement donna amélioration 
mais non guérison. 

Syndrome pluriglandulaire avec diabète insipide : effi¬ 
cacité de l’opothérapie hypophysaire sur la polyurie. - - 

JIM. Crouzon et BouTTIER Telateut l'observation d’une 
malade atteinte d'un syndrome adiposo-génital caracté¬ 
risé par l’adiposité, l'aménorrhée, la polyurie auxquelles 
se joignent quelques symptômes d’apparence myxœdé- 
mateuse. Un rétrécissement du champ visuel, une para¬ 
lysie oculaire permettent de penser à une localisation 
hypophysaire ou juxta-hypopliysaire. I,e traitement par 
l’extrait du lobe postérieur d’hypophyse a en une action 
élective ou exclusive sur les signes de diabète insipide. 

Pyothorax considérable par rupture d’un abcès amibien 
du foie dans la plèvre guéri, sans opération, par de simples 
ponctions, l’émétine et le novarsénobenzol. —JIM. Robert 
PROUST et Louis Ramonç tirent de cette observation les 
condusious suivantes : L’action bienfaisante du traite¬ 
ment émétino-arsenical ne se limite pas au foie amibien, 
elle peut s’étendre à certaines de ses complications. Il est 
donc nécessaire de l'instituer d’abord, et d’une manière 
i utensive, devant toute suppuration hépatique amibienne, 
même compliquée, et de n’opérer, à moins d’iudication 
l’urgence, qu'après la preuve de son insuffisance à assurer 
la guérison complète. Pour le pyothorax consécutif à la 
rupture intrapleurale de la collection hépatique,eu parti¬ 
culier, l’opération de l’empyème ne saurait plus être 
envisagée comme moyen de thérapeutique ; la thora- 
eentèse même peut n’être pas nécessaire, elle ne doit 
servir en tout cas qu’à pallier les accidents mécaniques 
engendrés par l’abondance de l’épanchement et permettre 
ainsi d’attendre les résultats de la cure par l'émétine et 
le novarsénobenzol, capable à elle seule d’assurer la gué¬ 
rison complète. 

Un cas de scorbut parisien, étude biochimique. — 

M. LabbÉ, IlAGUENKAU et NERVEUX relatent l’obser¬ 
vation d’un scorbutique qui a contracté sou affection à 
Paris sous l’influence d’une alimentation carencée com¬ 
posée exclusivement de pain et d’un peu de charcuterie. 
Plu deux mois le scorbut était arrivé à un degré de gravité 
considérable avec grande anémie, hémorragies cutanées 
et intramusculaires, gingivite fongueuse, amaigrissement. 
11 guérit rapidement sous l’influence d’une alimentation 
mixte et de jus de citron. Sauf l’anémie, les altérations 
du saug ne présentaient rien de caractéristique. Mais il 
existait un trouble profond du métabolisme protéique. 
11 y eut une rétention’ d’urée pendant la maladie avec 
décharge considérable au moment du déclin ; en un jour, 
le malade élimina 112 grammes d’urée et 69 grammes 
d’azote total urinaire. Pendant la maladie, on observa 
une amino-addurie avec ammomnrie considérable (jus¬ 
qu’à 4 grammes d’acide aminé par jour), avec rapport 
azoturique abaissé à 52 p. 100. Daim le sang il y avait 
une augmentation de l’azote résiduel avec hyponaotémie. 
Les auteurs insistent sur ce trouble du métabolisme 
prolonge. 

Défaut de perceptibilité radiologique des épaississe¬ 
ments pleuraux. — M. P. Aheuhee présente un cas de 


pachypleurite fibreuse chez une tuberculeuse ancienne 
où l’épaississement de la plèvre, qui était supérieur à 

1 centimètre, ’ a échappé complètement à l’exploration 
radiologique et laissé intacte la transparence du thorax. 
Il ne s’agit pas d’uu fait exceptionnel, et il faut, pour que 
les épaississements pleuraux modifient la transparence 
du thorax, qu’ils atteignent une épaisseur d’au moins 

2 centimètres et même davantage, faute de quoi ils 
échappent complètement aux investigations radiolo¬ 
giques. 

Contracture des muscles de ia paroi abdominale au cours 
des pleurésies. — MM. Félix Ramond et DEROCHE ont 
observé la contracture des muscles droits et des muscles 
larges au cours de la pleurésie. Ce signe est constant au 
cours de tous les épanchements pleuraux de nature inflam¬ 
matoire. 11 est à peine ébauché dans les épanchements de 
nature mécanique ; par contre, il est très uet au cours des 
pleurésies sèches. Ce symptôme complète celui des spi¬ 
naux, dont il a la même signification. 

Syndrome adiposo-génital chez un malade porteur d’une 
tumeur de l’hypophyse ; radiothérapie ; régression des 
symptômes. —■ JU1. Reverciion, Worms et RouquiER 
(du Val-de-Grâce). —- Le malade eu question, porteur 
d’une tumeur de l’hypophyse, avec atrophie optique 
bilatérale, a été traité par les rayons X sans opothérapie. 
Les auteurs ont observé un arrêt manifeste dans l’évolu¬ 
tion du syndrome : l'obésité a diminué; la moustache, qui 
avait complètement disparu, commence de repousser, 
ainsi que les poils de l’aine et du pubis. Faut-il expliquer 
cette amélioration par un arrêt spontané dans le déve¬ 
loppement de la tumeur, ou l’attribuer au traitement 
suivi? 

Oxycêphalie et nanisme. - JIM. Isoea, Butter et 
J.-C. JIussio-Fournier, de Jlontovideo, présentés par 
JL Sergent. 

Encéphalite léthargique à forme délirante et halluci¬ 
natoire.--JIM. EsciiBAcn et JloTET. — Encéphalite dont 
le début est marque paT un accès de confusion mentale 
hallucinatoire et qui se poursuit par la juxtaposition au 
délire de paralysies oculaires et d'hypersomnie. Les 
troubles psychiques se transforment, au déclin de la mala¬ 
die et pendant la convalescence, en dépression mélanco- 

Fr. Saint-Girons. 


SOCIÉTÉ DE DERMATOLOGIE 
ET DE SYPHILIGRAPHIE 

Séance du 24 juin 1920. 

Xanthome généralisé. - JIM. Queyrat et Laroche 
présentent un cas de xanthome généralisé, de type macu- 
leux, développé depuis quatre ans chez un homme de 
quarante-huit ans. On n’a pas trouvé, dans les coupes des 
lésions, de cellules xanthélasmiques ; mais on a constaté, 
après coloration au Soudan, une infiltration en masse par 
des lipoïdes. L’hypercholestérinémie est de Il 

existe, chez ce malade, de l’azotémie, déjà améliorée par 
le tégiine, et qui indique un certain degré d’hypofonc- 
tiouneiucnt du rein. L’urine ne contient ni sucre, ni albu¬ 
mine, mais on note une diminution du coefficient d’oxy¬ 
dation du soufre, ce qui révéle un certain degré d'insuf j 
fisance hépatique. L’hypercholestérinémie ne suffît pas à 
expliquer la production du xanthome et peut exister sans 






140 


PARIS MEDICAL 


M. Bauer a observé la guéi ison d’un xanthome géné¬ 
ralisé par un traitement consistant en un régime anti- 
cholestérinémique : térébenthine à l'intérieur, et bains 
_d’émulsion de térébenthine. M. Dariiîr a employé aussi 
la térébenthine, mais avec peu de succès ; il traite le 
xanthélasma des paupières par la galvano-cautérisation, 
qui donne des cicatrices peu apparentes. H. Hudki, 0 a vu 
le xanthélasma des paupières récidiver après extirpation 
chirurgicale. M. Queyrat se propose de traiter le malade 
par la radiumthérapie. 

Ostéomes chez un tabétique. -- MM. Qukyrat, Mé¬ 
nard et RabuT présentent un cas d’arthropathie de la 
"hanche chez un tabétique. On constate chez ce malade, 
d’une part une résorption de la tête et du col du fémur 
gauche qui est luxé vers l’aile iliaque, et d’autre part, des 
productions ostéitiques envahissant les muscles et les liga¬ 
ments voisins. Le malade présente, notamment, un volu¬ 
mineux ostéomejles adducteurs. M. Cr,. Simon et M. I.E- 
REDDE conseillent le •traitement antisyphilitique, bien 
que le liquide céphalo-rachidien soit normal. M. Mieian 
a observé plusieurs cas d’arthropathie tabétique avec 
exostoses”péri-artieulaires ; il s'agit vraisemblablement 
d’ostéites syphilitiques, indolentes en raison du tabes, 
mais qui ne sont pas dues à un trouble trophique ; le traite¬ 
ment antisyphilitique peut entraîner une régression 
partielle des phénomènes périostiques. 

Tubercule de Carabelli. — M. Marcki, Pinard, à la 
suite d’une enquête faite dans divers milieux sur le tuber¬ 
cule de Carabelli, conclut que ce tubercule a une valeur 
considérable'pour le diagnostic de la syphilis héréditaire. ' 
M. Queyrat, M. Mii.ian et M. Bai.zer considèrent égale¬ 
ment le tubercule de Carabelli comme une dystrophie en 
rapport'avec la syphilis héréditaire, mais qui ne justifie 
pas, à elle seule, un traitement antisyphilitique. M. Da- 
rier fait des réserves, en raison du fait, signalé par 
M. Jeansehne, que ce tubercule se rencontre chez les 
animaux. D’après M. LKREDdk, la question ne pourra 
être résolue, tant qu’on"ne connaîtra pas le nombre des 
hérédo-syphilitiques en France. 

Analyse de l'arsénobenzol. — M. Cousin montre 
l'importance qu’offre le dosage de I’arsénoxyde pour 
reconnaître la qualité d’un échantillon d’arsénobenzol. 

Dispensaire antisyphllitlque. — M. Queyrat expose le 
fonctionnement du dispensaire du pavillon Hardy, à 
l’hôpital Cocliin, pendant l’année 191g. !.. B. 


SOCIÉTÉ CLINIQUE DE MÉDECINE MENTALE 

Séance du 19 juillet 1920. 

Présidence de M. le D r Semkeaigne. 

Deux accès de zoopathle interne chez le même malade. 
Guérison. Présentation de malade. —■ MM. Marcel Briand 
et Boree présentent un homme de cinquante-sept ans, 
chez lequel, à deux reprises et à vingt ans de distance, 
est survenu un délire de zoopathie interne : parasite du 
mouton dans le premier épisode ; ingestion de couleuvre 
dans le second. Ce qu’il y a d’intéressant dans l’obser¬ 
vation de ce malade, c’est, d’une part, que l’on assiste à 
la genèse de l’idée délirante qui n’est, en somme, que 
l’interprétation par un débile de sensations douloureuses 
vraies : Henri P... est porteur d’un ulcère d’estomac. 
D’autre part, chacun des épisodes s’est terminé par la 
guérison : la première fois, après un traitement médica¬ 
menteux prescrit par un médecin, ce qui a tué la bête ; 
la deuxième à la suite d’absorption de teinture d’iode 
mélangée à du lait, remède préparé par le malade lui- 
même, dans le même but. Une selle noirâtre rejetée deux 
jours après fut interprétée par Henri P... comme étant 
le cadavre de son commensal. Depuis, la guérison s’est 


t 4 Août IÇ20. 

maintenue, malgré la persistance des douleurs gastriques, 
diminuées cependant. Ce fait semble donner raison à 
ceux qui ont essayé de traiter de tels malades par des 
opérations simulées ; il prouve aussi la persistance des 
états i îterprétatifs. Morte la bête, mort le venin, mais 
toujours vivante la crédulité. 

Un cas de paralysie générale juvénile. Présentation de 
malade. - MM. TrüEEEE et Brousseau montrent une 
jeune fille de dix-neuf ans présentant un syndrome cli¬ 
nique réalisant classiquement celui de la paralysie géné¬ 
rale au début, tant au point .de vue mental qu'au point 
de vue physique. Wassermann positif dans le sang et le 
liquide céphalo-rachidien, lymphocytose également posi¬ 
tive. Accouchement datant du 7 juin dernier. I,a question 
de savoir s’il s’agit d’une syphilis acquise ou héréditaire 
n’est pas encore résolue ; les probabilités semblent plutôt 
en faveur de la première hypothèse. 

Syndrome de Cotard consécutif à des idées de persé¬ 
cution. — MM. Marcel Briand et Porcher présentent un 
nialade âgé de cinquante-trois ans qui, depuis six ans, 
manifeste des idées de négation d’organes. Les idées de 
négation font suite, sous une forme stéréotypée, à une 
période délirante avec idées de persécution, de ruine et 
d’auto-accusation. Files paraissent avoir succédé brusque¬ 
ment à cette première phase qui s’étendrait sur une pé¬ 
riode de vingt annéesavantd’avoirnécessitél’iutemement. 

Pour les auteurs, les idées de négation apparaîtraient 
quelquefois au cours des délires de persécution au lieu et 
place des idées ambitieuses et de grandeur, ainsi qu’ils l’ont 
déjàiudiquéà l’occasion d’une précédente communication. 

Un cas d’hystéro-épilepsle à crises séparées.—M. Sara- 
zin présente un jeune soldat du service de M. Colin, sujet 
depuis six mois à des crises convulsives dont certaines 
sont de nature comitiale : début brusque, morsure de la 
langue, auinésie consécutive. D’autres, au contraire, relè¬ 
vent de l’hystérie. Elles surviennent à la suite de contra¬ 
riétés, de malaises (séjour dans une atmosphère confinée). 
Le malade les prévoit, cherche à les éviter. Toutefois il 
ne garde aucun souvenir de la crise même au cours de 
laquelle il fait de grands mouvements désordonnés bientôt 
suivis de tremblements généralisés et de sommeil : pas de 
pâleur de la face, pas de morsure de la langue, pas d’incon¬ 
tinence. 

Ce malade, jamais examiné au point de vue hystérie 
jusqu’à son entrée à Villejuif, offre les stigmates suivants : 
hémianesthésie gauche à la piqûre, absence de réflexe 
pharyngé, réflexe rotulien très diminué à droite, aboli 
à gauche, anesthésie testiculaire à la pression. Ce cas est 
conforme à la description si souvent donnée par Charcot 
de l’hystéro-épilepsie à crises séparées, et l’auteur se 
demande s’il n’en est pas de même des cas d’épilepsie 
consciente et amnésique publiés à différentes reprises. 

Hallucinations lilliputiennes au cours d’un érysipèle de 
la face. — M. Jean Saeomon relate un cas d’hallucinations 
lilliputiennes qui, outre quelques particularités, offre 
l’intérêt de se présenter à l’état de pureté, à l’exclusion 
de tout autre trouble psychique, chez un sujet exempt 
de toute tare pathologique. 

Ces troubles, survenus au cours d’un érysipèle de la 
face, confirment l’origine toxi-infectieuse de ces phéno¬ 
mènes hallucinatoires très particuliers sur lesquels 
M. Leroy a le premier attiré l’attention. 

Les petits signes de i’hyperémotivlté. — M. Louis LivKT 
énumère un certain nombre de symptômes qu’il a observés 
chez les sujets particulièrement émotifs et auxquels il 
attache une grande importance: éclat mouillé du regard, 
tremblement palpébral, et ce que l’auteur désigne sous le 
no-.n de syndrome chirognomonlque. 


Le Gérant: J.-B. BAILLIÈRE. 


7865-20. — Corbeie. Imprimerie CrLtE. 



G. M1LIAN. — L’ICTÈRE SYPHILITIQUE PRIMAIRE 


L’ICTÈRE SYPHILITIQUE 
PRIMAIRE 

le D T G. MILIAN 

Médecin de l’hôpital Saint-Inouïs. 

L’ictère syphilitique secondaire est classi¬ 
quement connu depuis longtemps dans ses 
deux formes bénigne ou grave. Ricord, Gubler, 
ont été des premiers à le décrire; Fournier lui 
■consacre une part importante dans son Traité 
de la syphilis (i). 

Au contraire, je ne sache pas qu’on ait encore 
décrit l’ictère comme contemporain du chancre, 
■comme ictère syphilitique primaire. Les trois obser¬ 
vations que nous rapportons ci-dessous appar¬ 
tiennent à cette catégorie ; elles montrent en 
outre l'affinité toute particulière, déjà si remar¬ 
quable et si connue chez le nourrisson hérédo- 
syphilitique, du tréponème pour le foie. 

Nul doute que, l’attention une fois attirée 
sur ces faits, de nombreux cas semblables ne 
viennent enrichir l’histoire de la syphilis pri¬ 
maire. 

Observation I. — M... Marcelle, âgée de vingt et 
un ans, brodeuse, est entrée le 6 février à l'hôpital 
Saint-Louis dans un service de chirurgie parce que, 
s’étant trouvée mal chez elle dans l’escalier, elle avait 
fait une chute et s’était légèrement éraflé la tête. Le 
chirurgien constata que le cuir chevelu était à peine 
touché et, comme la malade avait la jaunisse, il la 
passa en médecine dans notre service, le 8 février 1920. 
{Observation H. 335). 

Il existe une gale assez discrète et une phtiriase légère 
du cuir chevelu. L 'ictère est marqué aux téguments et 
aux muqueuses. Les urines sont hautes en couleur, 
couleur acajou, et donnent les réactions de Gmelin et 
de Hay, ce qui indique la présence de pigments et de 
sels biliaires. Elles ne renfermentni sucre ni albumine. Les 
matières fécales sont décolorées, couleur mastic. Il 
n’existe ni circulation collatérale veineuse abdominale, 
ni ascite. Le foie est peut-être légèrement augmenté de 
volume, donnant 10 centimètres de hauteur de matité 
sur la ligne mamelonnaire. 

La rate est perceptible à la percussion. 

La langue est un peu blanche. Il y a eu quelques 
vomissements bilieux la veille de l’entrée de la malade 
dans le service. Il n’y a ni diarrhée, ni constipation. La 
température est à 370,2. 

La malade, d’ailleurs très nerveuse, se plaint de dou¬ 
leurs vagues un peu partout, dans la région cæcale, aux 
jambes, le long des tibias. Elle aurait en outre un peu de 
céphalée le soir depuis six jours. 

On ne retrouve à l’origine de cet ictère aucune intoxi¬ 
cation, aucun excès alimentaire. La soeur de la malade, 
qui vit de la même vie domestique, n’a pas présenté le 
moindre trouble de ce genre. 

Les divers organes sont normaux. L’examen de la 
vulve, pratiqué systématiquement et sans que la malade 

(i) I’ournier, Traité de la syphilis, t. I, fasc. 2, p. 724. 

N° 34. — si août 1920. 


ait attiré notre attention de ce côte, nous montre cinq éro¬ 
sions de la dimension d’une pièce de o fr. 20, aux lèvres 
et à la fourchette, ayant tous les caractères de chancres 
syphilitiques. On y retrouve le tréponème en abondance. 
Elles s’accompagnent de ganglions inguinaux bilatéraux 
du volume d’un haficot à une noisette. La malade ignora.' t 
l’existence de ces érosions. On ne peut donc en connaître 
le début. Il n’existe aucune autre manifestation spéci¬ 
fique cutanée ou muqueuse. Le col de l’utérus est indemi: e. 

M... a été réglée à dix-huit ans seulement. Elle s’est 
mariée à dix-neuf ans et n’a encore eu aucune grossesse. 

Elle présente quelques stigmates de syphilis hérédi¬ 
taire. C’est une rousse qui a le nez en selle, dont les 
incisives médianes supérieures chevauchent les m-.es 
sur les autres, qui a le lobule des oreilles soudé et qui sur¬ 
tout présente aux commissures labiales des cicatrices 
radiées'caractéristiques. Ajoutons-y le retour de la menc- 
truation. Son père est mort de cause inconnue. Sa mère 
est vivante, bien portante, et a eu deux grossesses : un fils 
bien portant et une fille, la malade. 

Le 11 février, la malade est passée à la pommade eu 
polysulfure comme traitement de sa gale. 

Le 12 février, l’ictère est stationnaire : la réaction 
du Gmelin est négative ; celle de Hay est positive. La 
séro-réaction de Wassermann est négative. 

Le 16 février, la réaction de Wassermann est douteuse : 
Sw + ? 

Le 17 février, l’ictère a presque disparu, les matières 
fécales sont recolorées. Les réactions de Hay et de 
Gmelin sont négatives. La température atteint 3S 0 . 
La malade se plaint toujours de souffrir des jambes. La 
pression des tibias est douloureuse. Les lésions vulvaires 
se sont élargies et ont, de plus en plus, l’aspect de chancres. 

Le 20 février, la séro-réaction de Wassermann est posi¬ 
tive. 

Le 27 février, l’ictère est complètement disparu. Les 
urines restent hautes en couleur, mais les réactions de Hay 
et de Gmelin sont toujours négatives. Elles ont toujours 
oscillé autour d’un litre par vingt-quatre heures. Le foie 
a 11 centimètres sur la ligne mamelonnaire et la rate 
mesure t ois travers de doigt. Le 28 février, cinq taches 
érythémateuses sur l’abdomen. 

Le 6 mars, roséole très abondante. 

Le traitement antisyphilitique est commencé, sous 
forme de quatre injections intraveineuses de cyanure de 
mercure suivies d’une série de novarsénobenzol. Une 
réaction de Herxheimer notable accompagne le cyanure, 
et la roséole, le lendemain de la première injection de 
novarsénobenzol, a subi une recrudescence passagère mais 
très accusée. D’abondantes crêtes de coq se sont ulté¬ 
rieurement développées à la vulve. 

Obs. H. — D... Victor, vingt-sept ans, entre à l’hô¬ 
pital Saint-Louis, salle Bichat, n° 5 (observation H. 334), 
le 29 janvier 1920 pour deux plaies delà verge datant de 
trois semaines et survenant un mois après un coït 
suspect. Il s’agit d'un chancre du frein.de la surface de 
o fr. 50 et d’un autre chancre de même dimension il 
peu près, siégeant à la face interne du pré; uce à droite. Il 
s’agit de deux lésions érosives avec induration parche¬ 
minée typique. Elles s’accompagnent d’un certain degré 
de phimosis avec inflammation jambonnée du prépuce. 

Il existe des ganglions inguinaux bilatéraux, multiples, 
durs, caractéristiques. 

Au moment de l’apparition du chancre, trois jours avant, 
au dire du malade, s’était déclarée une jaunisse qui existe 
encore aujourd’hui et pour laquelle il fut hospitalisé 4 
N* 34 



142 


PARIS MEDICAL 


l’hôpital Saint-Antoine, dans le service de M. Siredey. 
Il y fut considéré comme atteint d'ictère catarrhal et 
mis au régime lacto-végétarien ainsi qu'au « calomel : 
o« r ,o5 renouvelés deux ou trois fois à cinq jours d'in¬ 
tervalle » (renseignement fourni à ma demande par le 
D r Siredey). Bien que presque disparu en sortant de 
l’hôpital Saint-Antoine, cet ictère a repris et se présen¬ 
tait très accentué à l’entrée du patient à Saint-Louis. 
Conjonctives, muqueuse buccale, téguments étaient de 
coloration foncée. Les matières fécales étaient décolorées, 
couleur mastic. Les urines acajou donnaient la réaction 
de Gmelin et celle de Hay. Les urines étaient de 2 litres 
par jour et 11e renfermaient ni sucre ni albumine. Le foie 
était un peu gros, débordant légèrement les fausses côtes. 
La rate, de volume normale. Le pouls était à 68. Les 
autres organes étaient normaux. 

Cet homme n’avait pas d'antécédents pathologiques 
notables, mais il était alcoolique ; il avouait sans honte 
qu’il buvait énormément et énumérait comme ration 
journalière : 3 litres de vin, une dizaine d’apéritifs, et un 
petit verre de rhum chaque matin. 

Le 2 février, la réaction de Wassermann était néga¬ 
tive. Le 3 février, apparaissait un début de roséole. 

Sous l'influence du régime lacté, l’ictère rétrocéda 
rapidement. Le 5 février, les réactions de Gmelin et de 
Hay étaient négatives. Même constatation le 10 février. 

Eu même temps que la roséole, s’établit une polyurie 
constante qui oscilla entre 3 000 et 4000 grammes par jour. 

Le 9 février, la séro-réaction était positive. Le traite¬ 
ment fut immédiatement commencé sous la forme de 
quatre injections intraveineuses de cyanure immédiate¬ 
ment suivies d’une cure de novarsénobenzol. 

Le 13, février, il persistait encore un peu de subictère, 
mais sous l’influence des quatre injections de cyanure, les 
réactions de Gmelin et de Hay reparurent deux jours de 
suite, les 13 et 14 février. 

Le 15, on voyait encore les taches de roséole. Elles 
disparaissaient totalement le 18. En même temps tout 
phénomène de rétention biliaire avait rétrocédé. Le 
chancre s’épidermisait seulement le 20 février. 

ObS. III. — Le 21 octobre 1913 m’est envoyé par 
un médecin M. C..., avocat à la Cour de Paris, âgé de 
trente-neuf ans, qui avait présenté eu août à la verge 
deux petites plaies a caractéristiques de chancres syphili¬ 
tiques » et qui avaient été accompagnées de roséole. 
Le malade avait reçu cinq injections intramusculaires 
d’olarsol, la dernière le 10 octobre (observation V. 2617). 

Malgré cela, il persistait encore, le 21 octobre, des gan¬ 
glions inguinaux assez volumineux, durs et mobiles, carac¬ 
téristiques de l’adénopathie syphilitique primaire, et 
en outre les amygdales volumineuses et rouges présen¬ 
taient à droite des érosions muqueuses typiques. 

Je continuai le traitement commencé sous la forme 
d’injections intraveineuses de novarsénobenzol : le 
22 octobre 0*^30, le 29 octobre of,45, le 4 novembre 
o« r ,6o, le 10 novembre o«r,75, le 17 novembre or,90. Il 
prit ensuite eu décembre 30 cachets de calomel de or.oi, 
autant du 17 janvier 1914 au ir février. Il prit ensuite 
60 pilules de Dupuytren du 24 février au 24 mars et 
de 8 avril au 6 mars, et reprit du calomel du 21 mai 
au 18 juin. 

Le 26 juin et le 31 juillet 1914,1a réaction de Wasser¬ 
mann était négative. 

Pendant la guerre, le malade prit, en 1915, 2 centi¬ 
grammes par jourdecalomel en janvier, autant du iw au 
30 mars, du x 0r mai au 30 mai, du xer juillet au 31 juillet, 


21 Août 1920. 

du i Cr septembre au 30 septembre ,du I er novembre a 
30 novembre. Une réaction de Wassermann faite le 
12 juin fut négative. 

En 1916-1917-1918, aucun traitement ne fut institué. 
Je rencontrai à deux ou trois reprises ce malade aux 
armées pendant la guerre et ne lui constatai aucun 
accident. Pendant ses permissions, il put faire faire à Paris 
diverses réactions de Wassermann, elles furent toutes 
négatives: les I e * février et i Cr août 1916, le 21 mai 1917, 
le i»'’juin 1918, le 1°'janvier 1919. 

Le malade revint me voir dès notre démobilisation 
commune. Je ne lui trouvai, le 11 février 1919, aucun 
signe de syphilis active ; le système nerveux était 
intact. Je proposai de lui faire un e réactivation pour juger 
de l’état de sa syphilis. 

Je lui fis le 17 février une injection intraveineuse de 
45 centigrammes de 914. Du sang fut pris le 3 mars, 
c’est-à-dire quatorze jours après l’injection et le 13 mars, 
soit vingt-quatre jours après l’injection; à ces deux 
analyses, la réaction fut négative. 

Or, trois mois après cette épreuve, le 7 juin 1919, 
M. C... venait me montrer uueérosion de la dimension d’une 
lentille siégeant à la face interne du prépuce, à gauche, 
apparue depuis quatre jours, quinze jours après un coït 
suspect et ayant tous les caractères d’un chancre syphi¬ 
litique: Une adénopathie croisée, inguinale droite, accom¬ 
pagnait cette érosion. Je songeai tout d’abord à une 
lésion chancriforme malgré l’adénopathie concomitante, 
car je n’y trouvai pas de tréponème à l’ultramicroscope, 
à un examen rapide. 

Le 10 juin 1949, soit au septième jour du chancre, la réac¬ 
tion de Wassermann était négative. Le 17 juin, l’érosion 
s’était agrandie à la dimension d’une pièce d’un franc ; 
l’adénopathie s’accentuait. Depuis deux jours, soit 
douze jours après le début du chanvre, sans autre phéno¬ 
mène que de la fatigue et un peu d’anorexie, sans troubles 
digestifs, était apparu un ictère léger avec sellés un peu 
décolorées. 

Le 19 juin, l’ictère était devenu très foncé. Les urines 
tachaient la chemise en jaune et donnaient la réaction 
de Gmelin, mais ne renfermaient pas d’albumine. Les 
matières étaient partiellement décolorées. Le foie mesu¬ 
rait 15 centimètres de matité sur laligue mamelonnaire, 
la rate trois travers de doigt. 

La réaction de Wassermann était encore négative 
le 19 juin. 

•f Malgré notre idée qu’il s’agissait d’un accident primitif, 
et quitte à ne. pas en avoir la preuve par l’apparition de 
la roséole, le malade fut mis au traitement par l’huile grise, 
quitte à manquer la preuve de la réinfection. 

Le 24 juin, l’érosion chancriforme a grandi et dépasse 
le diamètre d’une pièce de deux francs. Les matières sont 
un peu jaunes. L’ictère est plus foncé. Une deuxième 
injection d’huile grise est faite. 

Le 30 juin,l’érosion préputiale est stationnaire. L’ictère 
diminue d’intensité. 

Troisième injection d’huile grise. 

Le 3 juillet, l’état général est excellent, a Je commence 
à me sentir toutà fait solide », dit le malade ; c’est dire 
que le traitement mercuriel a tout de suite influencé la 
guérison de l’état hépatique. 

Le 7 juillet 1919, l’érosion de la verge est franchement de 
couleur chair musculaire avec une induration typique ; 
il est apparu malgré l’huile grise une cinquantaine 
de taches de roséole très marquées, rose vif, un peu 
œdémateuses, de la dimension d’une pièce de o fr. 20, 
siégeant sur l’abdomen, les flancs et le bas du dos. La réac- 





143 


G. MILIAN. — L’ICTÈRE SYPHILITIQUE PRIMAIRE 


tion de Wassermann est devenue positive :Sw-i-. Une 
quatrième injection d’huiie grise est faite. 

Cette roséole est ainsi apparue trente-quatre jours 
après le début du chancre, c’est-à-dire un peu en avance 
sur les délais usuels. Elle confirme le diagnostic de 
chancre. Ee io juillet,la roséole pâlit un peu. Il ne semble 
pas y avoir d'éléments nouveaux. E'induration du chan¬ 
cre est très marquée et donne le ressaut caractéristique 
quand le malade « décalotte ». 

Il n’existe plus qu’un peu de subictère. 

Ee 12 juillet, la cicatrisation du chancre marche à 
grands pas. Ea roséole persiste. Ees éléments sont tou¬ 
jours un peu urticariens et ont un peu grandi. 

Ee 19 juillet, la roséole est presque effacée. Ee chancre 
est cicatrisé. Une sixième et dernière piqûre d’huile grise 
est faite et le 25 juillet une série d’injections intravei¬ 
neuses de novarsénobeuzol est poursuivie aux doses 
de 30, 30, 45, 60, 75, 90, 100, suivie elle-même d’une 
nouvelle cure d’huile grise, suivie elle-même d'une nou¬ 
velle cure d’arsénobeuzol. 

Depuis le 10 avril 1920,1e malade est eu observation. 
Il ne présente pas d’accidents ; et sa séro-réaction reste 
négative. 

Il est à noter que ce sujet est dépourvu de tout passé 
hépatique et que ses antécédents personnels patholo¬ 
giques sont nuis. 

Ces trois observations montrent incontesta¬ 
blement qu’il existe un ictère syphilitique pri¬ 
maire, c'est-à-dire un ictère syphilitique contem¬ 
porain du chancre, antérieur à la roséole. 

Il apparaît quelques jours après, ou en même 
temps ou même deux ou trois jours (observation II) 
avant le chancre, sans phénomènes généraux 
notables, sans troubles digestifs (une fois seule¬ 
ment il y eut quelques vomissements). Ea langue 
est humide, non saburrale, peut-être parfois un 
peu blanche, Ee foie est un peu augmenté de 
volume, la rate également; les urines sont bilieuses, 
donnant la réaction de Gmelin et celle de Hay. 
Ees matières fécales sont décolorées au prorata de 
l’intensité de l’ictère. Il n’y a ni albumine, ni 
sucre dans les urines. 

Ea fièvre est nulle au début ; elle monte légère¬ 
ment à 37°,5-38° au moment où la réaction 
de Wassermann devient positive. Il y a de la 
fatigue générale, de l’anorexie et un peu de sen¬ 
sibilité du foie à la palpation du creux épigas¬ 
trique. 

Il faut noter que cet ictère débute avant que la 
réaction de Wassermann ne soit positive. Il peut 
même guérir avant l’apparition de celle-ci. 

E’évolution en est généralement rapide. Il 
peut guérir spontanément par le simple régime 
lacté, en suivant à peu près l’évolution du chancre, 
guérissant en même temps que lui. 

Ea durée a été de douze jours (observation I), 
vingt-deux jours (observation II), vingt-sept jours. 
Dans ces deux derniers cas, la roséole a rejoint 
l’ictère et la guérison de l’ictère a été amenée par 
le traitement spécifique en même temps que les 


autres accidents syphilitiques. Dans un cas 
(observation II), l’ictère disparu est reparu à 
l’occasion du traitement (injections intraveineuses 
de cyanure) pendant quarante-huit heures. Il 
était à peine visible, mais les deux réactions de 
Gmelin et de Hay ont reparu pendant quarante- 
huit heures. Il s’est agi d’une véritable 'réaction 
d’Herxheimer. 

Notons que dans aucun de ces cas d’ictère pri¬ 
maire, nous u’avons rencontré le prurit. Il en est 
d’ailleurs usuellement ainsi dans tous les ictères 
syphilitiques que nous avons observés depuis 
deux ans que nous recherchons ce symptôme 
avec éoin. 

Ajoutons que la séro-réaction de Wassermann 
ne devient positive qu’à la date normale où elle 
le devient dans le chancre, et que par suite 
l’ictère est incapable de faire apparaître, comme 
on l’a dit, une réaction de Wassermann positive. 

Ces ictères syphilitiques primaires sont sur¬ 
venus surtout .chez des patients présentant 
une syphilis assez rebelle, la réaction d’Herxhei¬ 
mer y étant usuelle. E’alcoolisme paraît, dans 
l’un des cas (observation II), avoir été une cause 
prédisposante importante. 

■ * 

* * 

Ees raisons qui permettent d’invoquer la 
nature syphilitique de cet ictère, apparaissant en 
même temps que le chancre, sont, eu dehors de la 
coïncidence, l’évolution parallèle au chancre, la 
tendance à la guérison spontanée comme le chancre, 
l’absence de toute autre cause perceptible d’ictère, 
rien en particulier qui ressemble à l’ictère catar¬ 
rhal, puisque la fièvre est nulle et le tube digestif 
à peu près normal. 

Rien d’ailleurs ne s’oppose théoriquement à la 
possib'lité d’un ictère syphilitique primaire. Au 
contraire, cela cadre parfaitement avec les don¬ 
nées acquises ces dernières années. 

Nous ne sommes plus au temps où l’on croyait 
que le chancre, accident initial, était à son appa¬ 
rition et durant toute son évolution jusqu’à la 
roséole, la seule manifestation du tréponème dans 
l’organisme. Il est aujourd’hui prouvé que déjà 
au moment du chancre, il y a des tréponèmes 
en circulation dans l’économie et capables de 
se fixer pour y déterminer des manifestations vis¬ 
cérales. 

Audry (1) a montré qu’il existait des albu¬ 
minuries contemporaines du chancre et l J un des 
premiers a révélé la syphilis viscérale préroséo- 
lique. « Qui voit son chancre a sa vérole s>, a-t-il 
dit trè ; justement. Boidin a publié un cas de 

(1) iVudry,- Néphrite et chancre syp’iIUtlque (néphrite 
réroséolique) (Ann. derm., 1912, p. 277). 





144 


PARIS MEDICAL 


paralysie faciale préroséolique. Enfin dernière¬ 
ment, Nicolau (i) (de Bucarest) a prouvé qu’on 
pouvait rencontrer une inégalité précoce pendant 
le chancre, et qu’aussi la lymphocytose céphalo¬ 
rachidienne, bien que discrète [io à 20 lympho¬ 
cytes par champ (?)], n’était pas d’une absolue 
rareté à cette période, etc. 

1/ expérimentation a d’ailleurs fourni une 
preuve de cet essaimage précoce du tréponème 
dans l’économie. Erich Hoffmann (2), par l’inocu¬ 
lation au singe, a montré que le sang des syphi¬ 
litiques, quoique renfermant peu de virus, est 
contagieux déjà quarante jours après l’infection, 
alors qu’il faut attendre encore trois à quatre 
semaines pour voir apparaître la roséole. 

DEUX OBSERVATIONS 

D’HÉMIPLÉGIE ORGANIQUE 

AU COURS DE L’INFECTION SYPHILITIQUE 
RÉCENTE 


le D' Eugène GELMA 

Chargé de cours à la Faculté de Strasbourg. 

Voici deux cas d’hémiplégie avec contracture 
précédée d’attaques convulsives partielles, témoi¬ 
gnant de l’atteinte en foyer de l’écorce cérébrale 
par l’infection syphilitique récente. 

Observation I (3). —- L... Antoine, gendarme de la 
] revoté de la n° division, âgé de vingt-neuf ans, céliba¬ 
taire, entre au ccntrede neuropsychiatrie de la Vil» armée, 
le3i janvier 1917, avec ce billet d'hôpital : « Hémiparésie 
•droite syphilitique remontant à vingt-deux mois ». Marche 
fente, parole scandée, pénible. 

Début des accidents le 6 décembre 1916 : le so r vers 
20 heures, perte de connaissance, clonus des muscles 
peauc ersde la faceducôtédroit, puis paralysie flasque des 
muscles de la région sous-orbitaire et de la main droite, 
•Cette paralysie disparaît après trois quarts d'heure. 

Le lendemain matin à 8 heures, seconde attaque et 
1 émiplégie droite qui n'a plus rétrocédé. Le chancre 
remonte à avril 1915. Le traitement du début a été 
incomplet. 

État du malade à l’entrée dans le service: j as de 
troubles de la réflectivité pupillaire. 

Côté droit, membre inférieur : Réflexes tendineux, idio-- 
musculaires, ostéo périostés vifs. Polycinésie. Pas de. 
clonus, ni de signes de l’orteil, mais Cppenheim très net. 
Paralysie faciale du type inférieur. Parole scandée, lente, 
traînante. Dysarthrie très nette sur les mots d'épreuve, 

(1) Nicolau, Re -herc e; : ur le li .uije tép alj-rac. i ien 
dans h péri > ’e prim ire de la s. p' ilis ( Annales de dermato¬ 
logie et de syf>hiligraphie, 1919, n°» 5 et 6 réunis, p. aco, et 
Ibid,, 1919, p. 283). 

(2) Ericii Hoffmann, Deul. med. Woch., 29 mars 1906, 
p. 496 - 499 - 

(3) Ces deux observations proviennent du centre de neuro¬ 
psychiatrie de Say-sur Saône ; elles sont publiées avec 
l’assentiment de M. le Professeur agrégé Sorel, ancien méde¬ 
cin-chef du centre. 


21 Août IÇ20. 

précédée durant quelques jours d’une anarthiie presque 
complète. L’épreuve de la lecture à haute voix montre la 
répétition des syllabes, l’achoppement. Pas d’aphasie. 

Côté droit, membre supérieur : Hémiparésie, syncinésie. 
Force musculaire diminuée. Les mouvements d’ensemble 
de flexion et d’e tension des doigts sont possibles lorsqu’ils 
agissent simultanément; les mouvements ne peuvent se 
faire isolément. 

L’adduction et l’abduction des doigts sont impos¬ 
sibles ; les mouvements d’adduction et d’opposition du 
pouce sont nuis; seule la flexion est conservée. 

Maladresse du’ membre supérieur droit. Incapacité 
absolue d’exécuter synergiquement avec les deux mains 
des mouvements rapides. Dans l’acte de mettre alterna¬ 
tivement les mains sur la face palmaire et dorsale, la 
droite frappe sur son bord cubital. 

Troubles stéréognosiques de la main droite. Les objets 
suivants mis dans cette main sont ainsi reconnus : 
« un couteau » pour une cuiller, a un objet dur » pour un 
sou, « des ciseaux » pour un crayon, « un objet froid ca-i é... 
rectangulaire » pour une bougie. Discrimination tactile 
très troublée, élargissement considérable des cercles de 
Weber. 

Signes de Souques, de P. Marie et Weill. Hémitrem¬ 
blement, hypothermie, cryesthésie du côté malade. 

Conclusion : Hémiplégie droite, légère, sans ap'-asie. 
Réactions de B-W. positives (effectuées au labora¬ 
toire d’armée). Malade évacué sur l’intérieur le 20 février 
1917 sans amélioration sensible après traitement (cyanure 
de mercure intraveineux). 

Obs. II. — D... .André, sergent d’une section de che¬ 
min de fer de campagne, trente-deux ans, entre au centre 
le 24 janvier 1917 pour hémiplégie fruste droite avec 
contracture. 

Chancre syphilitique remontant â six mois (août 1916) 
traité dès le début, par deux injections de galyl et des 
pilules de protoïodure de la pharmacie régimentaire. 

Début des accidents : 19 janvier 1917. A 13 heures, 
attaque convulsive partielle, à type Bravais-Jackson, 
commençant par l’orbiculaire et gagnant la face, le cou, 
le membre supérieur, puis inférieur du côté droit. Rémis¬ 
sion rapide des accidents. 

Le lendemain, vers 19 heures, nouvelle crise identique 
répétée les deux jours suivants. 

A l’entrée dans le service on constate : hémiplégie 
fruste avec contracture du côté droit, sans aphasie ni 
trouble du langage. Pas d’. phtalmoplégie externe ou 
interne. 

Parésie du côté droit. Démarche spastique, raideur de 
la jambe droite. 

Réflexes tendineux, ostéo-périostés, idiomusculaires, 
très vifs du côté droit. Clonus de la rotule, signe net de 
l’orteil en extension. Phénomène des interosseux et tous 
les autres petits signes de l’hémiplégie organique avec 
tendance à la contracture. Syncinésie. 

Pas de trouble astéréogn sique. Rien de particulier 
dans le domaine de la sensibilité. 

A signaler, dans les antécédents, que le malade est un 
absinthique chronique, qu’il a un passé agité (désertion, 
amnistie, service à la légion étrangère, cicatrice d’un 
coup de poinçon reçu au cours d’une attaque nocturne). 

Placards d’eczéma sec sur la poitrine et le dos. 

Le traitement est institué le 26 janvier. Le 28, à 
20 heures, céphalée, légère attaque convulsive intéressant 
la moitié inférieure de la face, le cou, le membre supé¬ 
rieur et inférieur du côté droit. 



E. GELMA. — HEMIPLEGIE ORGANIQUE 145 


Le 31, à 8 heures du matin, durant la visite nouvelle 
•crise, clonus des muscles du membre supérieur droit 
pendant que la main gauche du malade soutenait le 
membre convulsé. Pas de perte de connaissance. Durée : 
cinq minutes. 

Le malade dut être évacué sur l’intérieur le surlen¬ 
demain avec une hémiplégie droite fruste sans aphasie, 
sans trouble psychique. Réaction de B-W. du sérum 
sanguin positive. 


D’hémiplégie syphilitique est de connaissance 
assez récente, puisque les premières observations 
remontent aux travaux de Virchow, Steinberg et 
surtout de Heubner (1874), celui qui étudia d’une 
façon si complète, la même année que Duret, 
l’anatomie des artères cérébrales. Depuis, les 
observations abondent et la question est ample¬ 
ment traitée dans des ouvrages tels que ceux de 
Cross etDancereaux, Fournier, Welsch, les articles 
de Thibierge, Detulle, la monograpliie de Damy, 
le livre de Darier, le travail d’ensemble de 
Dagaue. 

D’hémiplégie syphilitique -précoce est rarement 
observée, comme, d’ailleurs, la plupart des déter- ' 
minations nerveuses à cette période de l’infection 
syphilitique. Des hémiplégies des artérites, des 
formations scléro-gommeuses surtout, se voient 
tardivement ; aussi, l’hémiplégie de la syphilis 
chronique est-elle beaucoup plus fréquente. 

Il est assez difficile de fixer une étiologie précise 
de l’hémiplégie syphilitique. Il y a actuellement 
une tendance, chez certains biologistes, à voir dans 
la syphilis plusieurs espèces de syphilis et de 
séparer le tréponème demiotrope du tréponème 
neurotrope. Des recherches récentes de A. Marie 
-et Devaditi semblent confirmer cette hypothèse 
et peut-être nous expliquerons-nous, à la lumière 
de nouvelles expériences, pourquoi les syphilitiques 
du système nerveux sont souvent indemnes de 
toute autre atteinte de syphilis viscérale. 

Da pathogénie de l’hémiplégie syphilitique pré¬ 
coce est obscure. Ce que l’on sait, c’est que son 
histoire anatomique est celle de l’artérite et que 
l’artérite provoque l’ischémie dans des territoires 
■corticaux dont l’irrigation est indépendance. Cette 
hypothèse de l’artérite syphilitique peut 
s’admettre chez nos deux malades dont l’infec¬ 
tion remonte à quelques mois. Elle est improbable 
chez d’autres où l’hémiplégie survient au début 
fie la période secondaire, peu de jours après le 
chancre, comme chez un jeune homme de dix- 
neuf ans, que j’ai vu en 1913, dans le service du 
P’ Gaucher à Saint-Douis, et qui présentait, avec 
d’autres accidents syphilitiques nerveux graves, 
une hémiplégie gauche avec contracture, quel¬ 


ques jours seulement après la cicatrisation du 
chancre. 

On connaît les lésions les plus habituelles de 
l’hémiplégie syphilitique récente : 

i° D’endartérite de Heubner : lésions sous-endo¬ 
théliales, sans atteinte de l’adventice, réalisant 
lentement l’atrésie et l’oblitération de l’artère 
terminale ; 

2 0 Da périartérite de Baumgarten : lésions 
adventitielles par excellence, avec infiltrats nodu¬ 
laires abondants ; 

3° Da panartérite décrite par Detulle, où toutes 
les tuniques sont envahies par une infiltration 
lymphoïde diffuse et aiguë ; les éléments muscu¬ 
laires, la lame élastique interne sont détruits. 

A la lumière de ces notions anatomiques, on 
sera en mesure de prévoir certains symptômes. 
C’est ainsi que l’ischémie progressive rend compte 
des accidents convulsifs qui précèdent souvent 
l’hémiplégie, comme chez nos deux malades. On 
sait aujourd’hui le rôle de l’anémie du tissu 
cérébral dans la genèse des paroxysmes comitiaux. 
Tout récemment, M. Hartenberg a basé sur des 
observations une ingénieuse hypothèse bientôt 
confirmée par l’expérimentation. Pour M. Har¬ 
tenberg, les paroxysmes convulsifs sont liés à la 
chute de la pression sanguine dans un territoire 
cérébral, et l’oscillomètre de Pachon a montré 
la chute brusque de la pression sanguine au mo¬ 
ment de la crise. 

Des éblouissements, l’aphasie, les paralysies 
transitoires s’expliquent fort bien par l’existence 
de méiopragies en rapport avec l’arrêt partiel 
ou total de la circulation dans certains territoires 
cérébraux, ischémie non compensée par l’existence 
d’anastomoses dans le système vasculaire cortical 
(Duret et Heubner). 

Da symptomatologie de l’hémiplégie de la 
syphilis récente se différencie de l’hémiplégie 
ordinaire par quelques petits signes prodromiques 
plus ou moins constants : céphalalgie intense, pro¬ 
fonde, diffuse, à type nocturne, surdité subite 
unilatérale, migraine ophtalmique. Puis surviennent 
des attaques convulsives, générales ou partielles, à 
type bravais-jaksonien ou seulement localisées à 
un petit groupe de muscles. D’hémiplégie s’installe 
après ces prodromes, insidieusement ou par 
poussées d’hémiplégies transitoires répétées. 
Tantôt tous les membres, qui seront ultérieure¬ 
ment frappés, sont atteints ; tantôt quelques-uns 
seulement; tantôt l’hémiplégie, devenue défini¬ 
tive, se porte sur des segments respectés par les 
petites attaques antérieures. Tantôt, comme dans 
l’observation de Klippel et Charrier, rapportée 
par Dagane, la paralysie atteint la cuisse droite. 



PARIS MEDICAL 


146 

puis tout le côté droit, la face et, pendant le 
traitement, durant la guérison de l'hémiplégie 
droite, c’est le côté gauche qui se prend. 

Tantôt l’hémiplégie est noyée dans un com- 
plexus symptomatique (méningite, épilepsie, 
éclampsie, etc.) comme chez le jeune malade dont 
j’ai parlé plus haut et qui présentait une hémi¬ 
plégie au cours d’accidents convulsifs et de symp¬ 
tômes de méningite. Ou bien, l’hémiplégie 
s’accompague de paralysie des nerfs crâniens, 
en particulier de la III e paire, événement qui 
permet d’établir un diagnostic. étiologique des 
plus fermes (Fournier). 

Enfin, il est des cas où l’hémiplégie revêt 
l’aspect d’une hémiplégie banale avec ou sans 
ictus. 

I/intensité des troubles moteurs, l’étendue 
plus ou moins grande des territoires frappés, le 
siège des lésions donnent à l’hémiplégie syphili¬ 
tique toutes les formes possibles. Et le diagnostic 
est rendu souvent difficile par des associations 
telles que l’atteinte bulbo-protubérantielle (avec 
céphalée violente, vertiges, nausées, embarras de 
la parole, titubation, aspect d’un homme ivre, 
ictus) ; l’atteinte de la moelle (avec syndrome de 
Brown-Séquard, hémiplégie spinale bilatérale 
syphilitique), l'atteinte cérébro-spinale comme 
dans un cas de Gilles de la Tourette et Hudelo (un 
mois après le chancre : paralysie faciale, céphalée 
atroce, hémiplégie et paraplégie). 

Fixer un pronostic n’est pas toujours possible. 
On aura fait œuvre vraiment utile lorsque l’on 
aura pu rapporter à l’infection syphilitique pré¬ 
coce l’origine de l’hémiplégie, si l’anamnèse 
manque, quand, ce qui n’est point si rare, le malade 
ignore son chancre. 

L’artérite, lorsqu’elle n’est pas trop avancée, 
peut rétrocéder sous l’influence du traitement. 
Alors l’ischémie cesse et tout rentre dans l’ordre. 
Un traitement précoce, énergique, complet, les 
antisyphilitiques et les iodures sont de rigueur 
si l’on veut obtenir un résultat. Et le malade 
devra être averti que sa guérison n’est pas com¬ 
plète et que la récidive est fréquente. 


21 Août IÇ20. 

TECHNIQUE 
DE L’OSTÉOSYNTHÈSE 
PAR PLAQUE VISSÉE 

le D r DUPUY de FRENELLE 

Lorsque, dix jours après l’accident, la radiogra¬ 
phie prise de face et de profil montre une défor¬ 
mation importante qui a résisté aux efforts de 
réduction, la réduction sanglante suivie de l’os¬ 
téosynthèse paraît indiquée. Pratiquée aseptique- 
ment sur une fracture aseptique, cette opération 
est inoffensive. Les différents temps de cette opé¬ 
ration présentent des détails de technique qui sont 
la condition principale de son succès. 

Choix de la plaque. — Pour que la plaque 
ne gêne pas le travail du cal.il faut qu’elle ait 
avec l’os le minimum de points de contact. La 
plaque ne doit reposer sur l’os que par les bords 
de ses extrémités. Toute la partie de la plaque 
intermédiaire aux trous nécessaires pour planter 
les vis ne doit avoir aucun contact avec l’os. Elle 
ne doit pas former un large couvercle qui, en 
comprimant le foyer de fracture, gêne et retarde 
l’évolution du cal, qui, en cas d’infection, entraîne¬ 
rait un véritable désastre en formant cavité 
close. Dans un précédent travail, j’ai décrit les 
nombreux modèles que j’ai fait construire pour 
appliquer à chaque modalité de fracture la plaque 
qui lui convenait le mieux (1). 

Le modèle suivant est celui dont je me sers le 
plus couramment. Il convient à la majorité des 
cas que l’on rencontre en chirurgie de paix. La 
plaque est formée d’un corps et de deux extré¬ 
mités. Le corps est robuste, étroit, légèrement 
arqué en pont, en sorte qu’il n’ait aucun point de 
contact avec l’os. Les extrémités, qui comportent 
deux ou trois trous chacune pour planter les vis, 
sont cintrées légèrement en sorte qu’elles ne repo¬ 
sent sur l’os que par leurs bords. La longueur de la 
plaque choisie pour l’ostéosynthèse est réglée par 
la distance qui sépare les points qui, sur chaque 
fragment, offriront assez de résistance pour y 
implanter solidement les vis. Cette longueur se 
calcule de la façon suivante : i° Avec une fine 
mèche américaine montée sur le perforateur à 
manivelle, sonder chacun des deux fragments à 
ostéosynthéser. Rechercher sur chaque fragment 
le point de l’os le plus rapproché du trait de frac¬ 
ture qui offre par sa dureté une résistance marquée 
à la pénétration de la mè:he. 2 0 Mesurer la dis¬ 
tance qui sépare les deux points compacts repérés 

(1) tes conditions de succès de l’ostéosynthèse ( Paris, 
chirurgical, juin-juillet 1918). 



DUPUY DE FRENELLE. — TECHNIQUE DE L’OSTEOSYNTHESE 147 


sur les fragments. 3 0 Choisir la plaque dont la lon¬ 
gueur du corps étroit (mesurée par l’intervalle 
qui sépare les deux trous de vis les plus voisins de 
ce corps) est égale à la distance qui sépare les 
deux points compacts les plus rapprochés sur l’os. 
Faute de cette précaution, l’opérateur s’expose à 
choisir une plaque trop courte, quel que soit le 



La longueur,du corps de la plaque choisie est calculée d’après 
la distance qui sépare les deux points compacts les plus 
rapprochés du trait de fracture (Pg. i). 

modèle employé, en sorte que, une extrémité de la 
plaque une fois vissée sur l’un “des fragments, il 
ne trouve plus d’os assez résistant sur l’autre 
fragment pour fixer solidement les vis (fig. 1). 

Application de la plaque. — Fa plaque, 
maniée à bout de pince ou de davier, ne doit à 
aucun moment toucher ui les doigts même gantés 
du chirurgien, ni les lèvres de la plaie. Suivant les 
difficultés que présente la contention des fragments 
réduits, son application se fait par des procédés 
différents. Forsque la réduction obtenue se main¬ 
tient facilement, on fixe successivement chaque 
extrémité de la plaque sur le fragment correspon¬ 
dant. Chaque fragment est immobilisé pendant 
le vissage par un crochet qui, passé sous la face 
profonde de l’os, résiste à l’effort du chirurgien. 

Parmi les cas où la réduction se maintient diffi¬ 
cilement, lorsque les fragments ont tendance à 
chevaucher en hauteur, —surtout lorsque la réduc¬ 
tion a nécessité la manœuvre d’inflexion, — il est 
indispensable de fixer la réduction au moment 
même où elle s’opère, avec un davier de Tuffier ou 
mieux avec un davier coudé de Fambotte. Forsque 
l’on utilise les plaques à pont étroit, il est facile 
de placer la plaque sur la partie de l’os restée 
découverte au delà de l’extrémité des mors du 
davier. Forsque l’on utilise une plaque large, la 
mise en place de cette plaque est rendue difficile 
par ce fait que, dès qu’on entr’ouvre le davier pour 
placer la plaque, la déformation se reproduit. Pour 
tourner la difficulté,j’ai fait construire,il y a une 
dizaine d’années, un davier dont le mors supé¬ 
rieur est formé par la plaque elle-même. Cette 
plaque est rattachée au davier par une vis dont 


l’extrémité est vissée au centre de la plaque, dont 
le corps passe à frottement dur dans une fente 
pratiquée à l’extrémité du davier et dont la tête 
aplatie en papillon sert à orienter convenable¬ 
ment la plaque pendant le serrage des mors du 
davier. Fa plaque une fois vissée dans l’os, il 
suffit, pour la séparer du davier, de dévisser la 



(fig- 2)- 

vis qui la rattache à l’extrémité correspondante de 
l’instrument (fig. 2). 

Forsque les fragments ont une forte tendance 
à se redéplacer en largeur ou en épaisseur et 
que l’on veut utiliser une plaque large, on la 
ffice en deux temps. On visse d’abord une extré¬ 
mité de la plaque sur le fragment le plus super¬ 
ficiel. Pour fixer ce fragment pendant le vissage, 
on l’immobilise par un crochet qui, passé sous sa 
face profonde, résiste à la pression du perfora¬ 
teur à manivelle. On réduit le déplacement du 
fragment profond en l’amenant au contact de la 
plaque avec un crochet, puis on le fixe avec un 
davier à crémaillère. On visse alors l’extrémité cor¬ 
respondante de la plaque à ce fragment (fig. 3 et 4). 

Les vis.— Files sont, comme celles de Fambotte, 
munies à leur extrémité d’une mèche perfora¬ 
trice munie d’un taraud. Ces vis doivent être 
taillées dans un acier très dur et munies d'une 
mèche bien traiwhante. Fes vis de Fambotte, faites 
avec une mèche non affilée et en métal mou, sont 
défectueuses. Fa tête de mes vis est carrée et 
légèrement conique. Fa rainure de la tête est 
profonde. Cette profondeur est indispensable pour 
que le tournevis qui achève de planter la vis 
dans l’os compact ne dérape pas. Ces vis, stéri- 




PARIS MEDICAL 


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Usées dans de l’huile de vaseline par plusieurs 
passages à 120 0 au Poupmel, n’ont jamais cassé, 


La plaque est a'abord fixée au Le fragment profond est 
fragment le plus superficiel ramené au contact de la 
{fig. 3). plaque vissée sur lefrag- 

nient superficiel(fg. 4). 

bien que je me sois resservi souvent des mêmes. 

Vis pour pratiquer plusieurs ostéosynthèses. 
— Ces vis sont de deux grosseurs. Les vis pour 
os compact ont un diamètre de 2 miUimètres 
et une longueur de 2 centimètres. Les vis des¬ 
tinées à être implantées dans de l’os spongjpux, 
poreux ou épiphysaire sont plus grosses et plus 
longues. Leur dir mètre est de 2 millimètres 
et demi, leur longueur de 3 à 4 centimètres. 
Lorsque les vis sont implantées à fond, 
leur pointe pénètre souvent dans le canal médul¬ 
laire. Je n’en ai jamais observé d’inconvénient. 
J’ai même implanté plus de cent vis dans des os 
infectés (foyer largement ouvert), sans observer 
d’infection du canal médullaire par les vis. 

Le plante-vis dont je me sers depuis dix ans 
avec satisfaction est une sorte de porte-fusain qui 
se monte sur le perforateur à manivelle de Collin. 
Les extrémités des brandies du porte-fusain 
sont creusées d’une matrice qui, par leur rappro¬ 
chement, forme une mâchoire carrée, légèrement 
conique, qui saisit solidement la tête carrée, 
légèrement conique de la vis. Les deux branches 
du porte-vis sont serrées à bloc par une vis trans¬ 
versale ou par une bague. La résistance et la sou¬ 
plesse des brandies sont calculées en sorte que, si 
la pénétration de la vis dans l’os rencontre une 
trop forte résistance,lesbranches dérapent autour 
de la tête et préviennent le chirurgien par leur 
dérapage qu’il est préférable de terminer le vis- 


21 Août IÇ20. 

sage avec un tournevis à main moins brutal. 

C’est peut-être à ce dispositif que je dois de 
11e pas casser les vis en les implantant directe¬ 
ment dans l’os compact sans forage préalable. 

Le plantage direct des vis à mèche perfora¬ 
trice avec mon plante-vis monté sur le perfora¬ 
teur à manivelle de Collin nécessite certaines pré¬ 
cautions. 

Le montage de la vis. — Il faut que la vis 
(maniée avec une ‘pince) soit fixée très exactement 
dans l’axe du porte-vis pendant le serrage de ses 
branches. Pour réaliser aisément cet acte, la pince 
porte-vis de Lambotte est pratique, elle n’est pas 
indispensable. Je rappelle à ce propos que la vis 
ne doit jamais être prise avec les doigts. 

Le forage de l’os. — Au moment du forage 
de l’os par la mèche de la vis, il est indispensable 
que celle-ci soit appliquée bien perpendiculaire¬ 
ment à la surface de l’os. Si la pression ne s’exerce 
pas perpendiculairement à la surface de l’os pen¬ 
dant le forage, la vis, insuffisamment tenue par 
mon plante-vis, a tendance à dévier, ce qui rend 
le forage très difficile, sinon impossible. 

Pour que les vis tiennent solidement dans l’os, 
il faut i° que la vis soit implantée dans de l’os dur... 
Il faut : qu’au moment de sa pénétration dans l’os, 
la mèche rencontre une grande résistance ; que 
le vissage de la vis dans l’os rencontre une résis¬ 
tance marquée telle qu’elle exige un effort notable 
de la main, qui est obligée de quitter la manivelle 
du perforateur, pour faire tourner directement 
la roue dentée en prenant point d’appui sur son 
levier ; il faut qu’en arrivant au contact de la 
plaque, la tête de la vis bloque. Si la tête tourne 
indéfiniment sous le tournevis alors qu’elle est 
arrivée au contact de la plaque, le rôle de la vis 
plantée peut être considéré comme à peu près nul. 

Lorsque, meme en s’éloignant beaucoup du 
trait de fracture, le chirurgien ne rencontre pas 
dans l’os une zone suffisamment compacte pour y 
visser solidement des vis, s’il ne veut pas s’exposer 
à un insuccès, il doit avoir recours au cerclo- 
. plaquage fait avec une plaque dont les extrémités 
sont perforées de trous placés symétriquement 
par deux. Le cercle métallique est passé à travers 
l’os ou autour de l’os, les extrémités du fil sont 
passées dans les trous de la plaque, puis tirées for¬ 
tement et tordues sur la plaque. 

,, 2 0 Pour que les vis tiennent, il est préférable 
qu’elles soient implantées directement dans l’os. 
Pendant la guerre, faute de vis spéciales, j’ai été 
obligé parfois de planter des vis sans mèche, 
après forage préalable de l’os. Ces vis ont tenu 
moins solidement que celles plantées directement 
dans l’os. 





BRUNEAU DE LABORIE. — 

Depuis dix ans, je plante directement les 
vis dans l’os sans aucun forage préalable. Pour 
pratiquer ce vissage direct, je me sers de vis spé¬ 
ciales et d’un plante-vis spécial. 

3° Pour que la vis tienne bien, il est nécessaire 
qu’elle soit implantée dans l’os perpendiculairement 
à sa surface. Au début du forage de l’os par la 
vis, il faut appuyer peu surleperforateur. Amesure 
que la mèche pénètre dans l’os, la pression de la 
main s ur le manche d 
perforateur se fait pro¬ 
gressivement plus éner¬ 
gique. Il est important 
que cette pression, opé¬ 
rée sur le manche, se 
fasse bien dans l’axe du 
perforateur et que celui- 
ci ne soit pas influencé 
latéralement parla ma¬ 
nivelle de l'instrument 
(fig- 5 )- 

Lorsque par exception 
lavis doit être implantée 
obliquement, le forage 
par la mèche de la vis 
doit commencer perpen¬ 
diculairement à la sur¬ 
face de l’os. Ce n’est 
que lorsque la mèche a 
pénétré dans l’os que 
l’on doit commencer à 
l’obliquer la vis. 

Généralement, pen¬ 
dant le plantage de lavis, 
pour résister à la poussée de l’instrument, un cro¬ 
chet large est passé sous la face profonde de l’os, 
qu’il maintient solidement. 

Il y a, je crois, tout avantage à planter les 
vis dans l’os directement, sans forage préalable. 
Cette façon de procéder est plus rapide, elle 
supprime un temps de l’opération qu’elle sim¬ 
plifie. De plus gros avantage est que les vis im¬ 
plantées directement dans l’os tiennent mieux et 
plus longtemps. 

Il m’est arrivé souvent de retirer, au bout de 
trente à soixantejours.des vis implantées dans de 
l’os nécrosé en milieu infecté. Cesvistenaientencore 
solidement et nécessitaient pour leur ablation 
l’emploi du tournevis lorsqu’elles avaient été 
implantées au début dans de l’os compact. Il 
m’est arrivé d’arracher d’un seul bloc la plaque 
et le segment d’os nécrosé sur lequel elle était 
vissé. La coupe de ce fragment d’os mort et en 
voie de dégénérescence lacunaire m’a montré que 
les pas de vis sculptés par les vis au moment de 


T RA ITEMENT DU LUPUS 149 

leur pénétration dans l’os étaient restés absolument 
intacts dans leur forme, dans la profondeur de 
leur relief et dans leur résistance. Ce détail vient 
à l’appui des recherches de Leriche et Policard 
qui concluent : << Le déchaussement des vis est 
un phénomène vital dans lequel l’infection ne 
joue aucun rôle; il tient à la raréfaction du tissu 
osseux qui se fait parfois au niveau des vis — pro¬ 
bablement quand primitivement elles ont un peu 
de jeu. » Il m’est arrivé, sur une fracture du maxil¬ 
laire inférieur infectée avec large perte de subs¬ 
tance médiane, d’être obligé de changer trois fois 
la plaque qui maintenait les fragments éloignés. 
Les vis, réimplantées trois fois en quarante jours 
dans les mêmes trous, ont parfaitement tenu. 

Conclusion. — Le déchaussement des vis 
tient à quatre principaux facteurs : i° vis implan¬ 
tée dans de l’os insuffisamment dur; 2° vis implan¬ 
tée dans un trou préalablement foré dans l’os ; 
3° vis implantée obliquement ou incomplètement ; 
4° vis infectée au me ment